- il y a 2 jours
Les informés du matin du 7 mai 2025
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00:10Bonjour et bienvenue dans les informés si vous nous rejoignez.
00:13C'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:15Bonjour Renaud Blanc.
00:16Bonjour Agathe.
00:17Au sommaire aujourd'hui, deux sujets.
00:20Le porte-avions Charles de Gaulle en route vers le Détroit d'Ormos.
00:24Est-ce qu'Emmanuel Macron est en train de tenter un coup diplomatique ?
00:28Et est-ce que ça marche ? Est-ce que la France et l'Europe arrivent à peser dans ce
00:32conflit ?
00:33Et puis, 2027, tous les grandes manœuvres qui débutent au centre,
00:37quand la gauche est toujours aussi désunie, la campagne a-t-elle démarré ?
00:42On verra les forces et les faiblesses de tous les camps avec nos informés.
00:47Louis Auxalter, journaliste politique au Figaro. Bonjour Louis.
00:50Bonjour.
00:50Et Antoine Oberdov, journaliste politique à l'Opinion. Bonjour Antoine.
00:54Renaud, donc on commence avec ce premier sujet.
00:58La situation au Moyen-Orient, étant dit que le porte-avions fait route vers Hormuz.
01:02Donald Trump cherche toujours une sortie de crise.
01:04Effectivement, Washington attend une réponse de l'Iran pour une reprise des négociations.
01:08Donald Trump se montre optimiste.
01:09Il assure qu'un accord est très possible.
01:12Optimiste, mais toujours menaçant.
01:15On va voir si l'Iran va être d'accord pour un accord, un accord satisfaisant à nos yeux.
01:23Nous contrôlons déjà le Détroit, le blocus est d'une efficacité remarquable.
01:28C'est un nouveau mur d'acier.
01:31Nous verrons également s'il y a un accord avec les Iraniens.
01:36S'ils ne sont pas d'accord, eh bien, voilà, la réponse est la toute faite.
01:40Évidemment, ce que l'on suit en France, nous, c'est le déplacement du porte-avions Charles de Gaulle
01:44qui se dirige vers le Détroit d'Hormuz.
01:46Un signal qui montre que la coalition montée par Paris et par Londres se tient prête,
01:50prête à sécuriser le Détroit.
01:52Il devrait être sur zone dans moins d'une semaine.
01:54L'Elysée précise toujours que ce qui compte, c'est la désescalade.
01:57Paris continue de vouloir se tenir à l'écart du conflit.
02:00Mais ce déplacement du porte-avions français est tout de même une évolution,
02:05que notre position évolue véritablement.
02:08Ce mouvement du Charles de Gaulle vers Hormuz, Louis Salter,
02:11est-ce que ça remet un peu la France au centre du jeu diplomatique ?
02:15Ce qu'on dit côté français, en tout cas, c'est que ça donne du poids diplomatique.
02:19C'est l'adage selon lequel un porte-avions, c'est 10 000 tonnes de diplomatie.
02:23En effet, là, le Charles de Gaulle, seul porte-avions européen
02:27à pouvoir être déployé aussi rapidement.
02:29Le fait qu'il se rapproche de la zone de conflit envoie en tout cas un signal.
02:33Le signal que la coalition formée autour de la France avec les pays qui ne sont pas belligérants
02:40mais qui souhaitent le déblocage du détroit d'Hormuz se tiennent pas loin de la région prêts à intervenir.
02:46Mais pour l'instant, il n'y a aucune intervention.
02:48Il y a un intérêt commun à tous ces pays qui sont européens mais qui sont aussi asiatiques
02:53parce qu'il ne faut pas sous-estimer l'énorme impact de la crise d'Hormuz sur les pays asiatiques.
02:57Il y a déjà des pénuries, il y a des restrictions.
02:59Il y a une crise énergétique qui est encore plus prononcée que ce que nous ressentons, nous, en Europe.
03:03Donc, il y a une occasion pour l'Europe d'aller au-delà de la coalition habituelle, on va dire,
03:08de l'Union Européenne plus le Royaume-Uni, d'une coalition qui serait strictement occidentale, disons,
03:13et d'aller chercher d'autres partenaires.
03:16À ce stade, c'est purement défensif.
03:17C'est-à-dire qu'il n'y a évidemment aucune participation au combat,
03:20aucune intervention directe sur les zones de conflit.
03:23Et ça reste conditionné à quelque chose sur lequel la France et les Européens n'ont pas de prise,
03:28qu'il y ait cette négociation épisodique entre les Etats-Unis et l'Iran et un potentiel accord.
03:35Les dernières déclarations de Donald Trump laissent entendre qu'un accord pourrait être trouvé,
03:40mais on se méfie toujours de la dernière déclaration de Donald Trump, souvent contredite vers la suivante.
03:44Et la réalité, Antoine, c'est que la France n'est pas dans les négociations,
03:46mais vous aussi, vous pensez que, disons que c'est quoi ?
03:49C'est un coup diplomatique, on envoie le porte-avions pour essayer de peser ?
03:53En tout cas, c'est une bonne manière de la part d'Emmanuel Macron de tenir la ligne qui a
03:57été la sienne depuis le début,
03:58à savoir celle d'une puissance d'équilibre qui ne franchit jamais le seuil du passage en force ou de
04:02la cobelligérance,
04:02mais qui sait avancer ses pions et entraîner avec elle, notamment les Britanniques,
04:07mais aussi des pays européens et asiatiques.
04:10Effectivement, sur le plan des négociations, la France a peu de prise.
04:13Ce qu'elle souhaiterait en réalité, et ce que répète instantanément le Quai d'Orsay,
04:16c'est de dissocier la négociation sur le déblocage du détroit d'Hormuz des autres motifs de contentieux,
04:23notamment, évidemment, les négociations entre l'Iran et les États-Unis sur le nucléaire.
04:28Le problème, c'est que c'est sans doute une bonne idée de décorréler ces deux problématiques-là,
04:32mais ni l'Iran ni les États-Unis, les deux parties prenantes au conflit, ne le souhaitent.
04:36C'est un peu le propre des Français que d'avoir des bonnes idées, mais qui ne sont partagées que
04:40par elles.
04:41Pas de pétrole, mais des idées.
04:42Mais surtout, en plus, Hormuz, c'est un levier de guerre pour l'Iran, un levier de guerre économique.
04:47Depuis le début, le fait de tenir le détroit d'Hormuz, d'enclencher son blocage,
04:51permet à l'Iran d'avoir des succès non pas militaires,
04:54mais d'impacter gravement l'économie américaine et mondiale.
04:57Donc, ça fait partie de la guerre, le détroit d'Hormuz, et c'est très dur à dissocier du reste
05:00des opérations.
05:01C'est pour ça, d'ailleurs, que le président français parle avec le président iranien.
05:05Et puis, rappelez-vous de cette phrase d'Emmanuel Macron,
05:06« Il faut débloquer ce fichu détroit. »
05:09De la même manière, quand il parle avec le président Pézéchkian, Emmanuel Macron,
05:14ils ne sont pas si nombreux à le faire.
05:16Et il dit quelque chose de simple.
05:18Les Iraniens ont cette carte en main du détroit d'Hormuz,
05:20la possibilité d'exercer un chantage par l'instauration d'un droit de douane
05:25ou par le fait d'y compromettre la liberté de circulation.
05:27Et Emmanuel Macron envoie un signal clair.
05:29Vous pouvez tenter d'enfoncer des coins dans l'unité des Européens,
05:33de nous diviser, de nous fracturer.
05:34Mais sur la question sensible de la liberté de circulation, nous serons unis jusqu'au bout.
05:40Et évidemment, c'est une posture défensive, comme le rappelait Louis.
05:42Mais si d'aventure, lorsque les négociations se seraient engagées,
05:46il y avait un porte-conteneur, comme ça a été le cas du navire de l'armateur français CMA-CGM,
05:53il y a de ça quelques jours, était tapé,
05:56eh bien, il y aurait des frégates françaises pour réagir
05:59et dissuader les Iraniens d'aller plus loin avec leur drone, par exemple.
06:02Donc, c'est quand même une posture intéressante de la part des Français.
06:05Et d'ailleurs, Louis Ouzalter, la position de la France n'est pas si contestée que ça en France,
06:11à part la gauche qui a critiqué Emmanuel Macron.
06:13Gabriel Attal a invité à 8h30 sur France Info,
06:16qui est très dur avec Emmanuel Macron sur beaucoup de sujets,
06:19sur le plan international, alors que lui-même est un partisan de la force.
06:24Il dit qu'Emmanuel Macron s'est bien comporté, il a bien agi.
06:27Pourquoi personne ne remet en cause cette action ?
06:30Alors que c'est plutôt le bon ton de critiquer un président en fin de mandat.
06:32Il y a deux choses.
06:33D'abord, il y a un consensus, il y a un constat évident sur le fait
06:36que la guerre n'a pas été déclenchée par la France ni par Emmanuel Macron.
06:39À la fois, nous n'avons aucune prise sur ce conflit,
06:41mais nous n'en sommes pas du tout non plus un élément déclencheur.
06:44Et que désormais, le rôle du président français est d'être protecteur,
06:49de protéger contre les effets de la crise,
06:50qui est un rôle qu'il a plutôt endossé immédiatement
06:53et qui lui est crédité, sinon par l'opinion publique,
06:56en tout cas par la classe politique.
06:57Il est difficile de s'opposer à cela.
06:59Et deuxièmement, personne ne va lui reprocher non plus
07:02d'essayer d'agir sur la racine des retombées économiques,
07:06à commencer par l'explosion des prises du carburant.
07:08Cette racine, c'est le blocage du D3 d'Hormuz.
07:09Personne ne va lui reprocher d'essayer, en tout cas,
07:12avec des partenaires diplomatiques,
07:14d'aller vers un déblocage même partiel du D3
07:17et d'un rétablissement d'une relative liberté de circulation
07:20qui aurait un effet, on l'espère, direct sur les prix de l'énergie
07:24en France et en Europe.
07:25Il y en a un qui lui reproche tout de même
07:27et qui campe sur son rôle de premier opposant à Emmanuel Macron.
07:29C'est sans surprise Jean-Luc Mélenchon.
07:30Et vous, vous êtes spécialiste de la gauche.
07:33Et puis à gauche, on critique quand même pas mal la France.
07:35À la fois sur les prix du carburant,
07:37on dit qu'il faudrait mettre en place un blocage des prix, tout ça.
07:39Mais aussi sur la ligne diplomatique.
07:41La gauche fait toujours référence à l'Espagne.
07:43Tout à fait.
07:45Pourquoi la gauche fait référence à l'Espagne ?
07:46Y compris pour avoir une attitude plus ferme à l'égard des Etats-Unis.
07:51La proposition que fait par exemple Jean-Luc Mélenchon hier
07:53dans son tweet où il parle de gesticulation
07:55au sujet de l'envoi du Charles de Gaulle,
07:57c'est de sommer les Etats-Unis,
07:58de plier le bras de Donald Trump
08:00pour qu'il lève le contre-blocus américain
08:02dans le détroit d'Hormuz.
08:03Je n'ai jamais vu personne objectivement arriver
08:05à plier le bras de Donald Trump
08:07jusqu'à preuve du contraire.
08:08Et c'est la raison pour laquelle en fait
08:09les oppositions enragent de voir Emmanuel Macron
08:12dans la dernière année de son deuxième quinquennat
08:14jouir jusqu'au bout des attributs du pouvoir
08:16qui sont liés à sa fonction de chef des armées.
08:18Et effectivement, Emmanuel Macron en la matière
08:21bénéficie d'un totem d'immunité,
08:23n'est pas attaqué effectivement par certains
08:25de ses anciens proches comme Gabriel Attal
08:27qui pourtant ne manque pas d'essayer
08:29de faire un pas de côté par rapport à sa politique.
08:31Et il sait par ailleurs que sur le front intérieur,
08:33évidemment, son premier ministre Sébastien Lecornu
08:35arrive à court de solutions quant au soulagement
08:38du pouvoir d'achat des Français.
08:39Gardez une chose en tête, à l'heure où on se parle,
08:41les aides par exemple aux grands rouleurs,
08:43ces aides au carburant pour les aides soignantes,
08:45pour tout un tas de professions qui ont besoin
08:47de leur véhicule,
08:48eh bien le portail, la plateforme
08:49qui sert à candidater, à souscrire à ces aides,
08:52elle n'est pas ouverte.
08:53Elle n'est pas ouverte.
08:54Donc les Français, aujourd'hui,
08:55pour le soulagement de leur pouvoir d'achat,
08:57ils ne ressentent rien.
08:58Mais alors comment on l'explique, ça lui alter,
09:01le fait qu'il n'y ait pas de révolte,
09:04pas de colère sourde qui gronde,
09:06comme à l'époque des Gilets jaunes ?
09:07Ce n'est pas le même état d'esprit ?
09:08Même les Français sont un peu résignés ?
09:12Il y a aussi, je pense que l'opinion
09:14fait la distinction entre un acte politique
09:17qui était la taxe carbone,
09:18parce que c'est quand même ça,
09:19la racine des Gilets jaunes,
09:20il y a les 80 km heure,
09:21et puis il y a la taxe carbone.
09:22Donc il y a des mesures imposées,
09:25ressenties comme imposées d'en haut par Paris,
09:27par un gouvernement technocratique.
09:29Et donc là, l'opinion comprend
09:31qu'il s'agit d'une politique délibérée
09:33qui la met en difficulté,
09:34et ça a donné la révolte des Gilets jaunes.
09:36Là, dans le cas présent,
09:37on paye juste,
09:38comme au moment de la guerre en Ukraine
09:39et du choc énergétique,
09:41on paye juste des chocs exogènes,
09:43des chocs géopolitiques.
09:44Et je crois d'ailleurs
09:45qu'on commence à s'habituer à ce monde
09:48où le chaos géopolitique,
09:51les surprises causées
09:52par telle décision de Trump
09:53ou telle décision d'un autre dirigeant puissant
09:57ont un impact direct, chiffrable, immédiat
10:00sur le pouvoir d'achat des Français,
10:03sur la consommation quotidienne,
10:04sur la société, tout simplement.
10:06Donc l'opinion fait bien distinction
10:08quand il s'agit d'un acte politique interne
10:10pris par le gouvernement français
10:12ou des conséquences d'un choc
10:13qui ne sont pas maîtrisés, malheureusement,
10:15par la France et les Européens.
10:16Ça peut avoir des conséquences
10:17à l'approche de la présidentielle, Renan ?
10:19Ça en a déjà.
10:19Prenez le discours de Mélenchon
10:21dimanche soir quand il est candidat.
10:22Il commence par quoi ?
10:23Il dit « Je suis l'homme qui a de l'expérience. »
10:25Donc là, on joue sur l'expérience.
10:26François Hollande joue exactement la même carte.
10:28Dans un contexte chamboulé ?
10:30Exactement, dans un contexte chamboulé.
10:31Il faut rassurer les Français.
10:32Moi, je sais, j'ai parlé avec les plus grands.
10:34Et si vous prenez Dominique de Villepin,
10:36on ne sait pas s'il sera candidat,
10:37mais disons qu'il est audible aujourd'hui.
10:39Pourquoi ? Parce qu'il y a la guerre.
10:40Et donc il se rappelle au bon souvenir
10:41en disant qu'il vient d'un vieux continent
10:42face aux Américains.
10:44Ça rappelle 2003.
10:44L'homme qui a tenu tête aux Américains.
10:46Dans un instant, les informés,
10:47justement, on va parler de la campagne
10:49qui s'accélère pour 2027
10:50avec Gabriel Attal
10:51qui était l'invité de France Info ce matin.
10:54Mais pour l'instant, il est 8h, 9h17.
10:56Et c'est l'info en une minute avec Maureen Suignard.
10:59Une enquête est ouverte pour assassinat
11:01et un homme de 23 ans
11:02est en ce moment en garde à vue.
11:03Il a été interpellé
11:04après la mort d'une collégienne de 14 ans hier.
11:07Morte après avoir été poignardée
11:09à plusieurs reprises au coup.
11:11Les enquêteurs s'interrogent
11:12sur le lien entre le suspect et la victime.
11:14Ils ont pu entretenir une relation auparavant.
11:17Nuit agitée en région parisienne
11:18après la qualification du PSG en finale
11:20de la Ligue des champions de football.
11:22Ce sera face à Arsenal le 30 mai prochain.
11:25127 personnes ont été interpellées,
11:27annonce ce matin le ministre de l'Intérieur.
11:29On compte aussi un blessé grave
11:30à cause d'un mortier d'artifice.
11:32Deux drones en provenance de Russie
11:34se sont écrasés cette nuit en Lettonie,
11:36annoncent les autorités du pays.
11:38L'un a provoqué un bref incendie
11:39sur un site de stockage pétrolier.
11:41La Lettonie fait partie de l'Union Européenne
11:43et de l'OTAN.
11:43Et puis, il dénonce les réorganisations
11:46du groupe ferroviaire.
11:47Plusieurs syndicats de la SNCF
11:48annoncent une grève.
11:49Ce sera le 10 juin prochain.
12:03Les informés avec deux journalistes politiques.
12:07Aujourd'hui, Antoine Oberdoff pour l'Opinion
12:09et Louis Halter pour le Figaro.
12:11On parle de la campagne présidentielle.
12:14Renaud, on peut dire que ça s'accélère
12:16depuis quelques jours.
12:16Il y a eu la candidature de Jean-Luc Mélenchon,
12:18le meeting de la gauche qui veut une primaire.
12:20Et puis, il y a quelques minutes,
12:21vous receviez Gabriel Attal.
12:23Il est resté relativement discret.
12:24Mais on sent quand même les ambitions
12:26de l'ancien Premier ministre.
12:27Ce qu'il veut éviter, c'est un duel
12:28entre l'ERN d'un côté
12:29et Jean-Luc Mélenchon de l'autre.
12:31Et il revient sur cette question,
12:33sur ses relations avec Édouard Philippe,
12:36concurrent et partenaire.
12:37Ce qui rendra un rassemblement impérieux,
12:39c'est si, effectivement,
12:40il y a un risque de deuxième tour
12:41entre l'FI et l'ERN.
12:42Moi, je ne veux pas ça pour la France.
12:44Je pense que ce serait catastrophique
12:45pour le pays, pour son économie,
12:47pour, voilà, y compris le climat dans le pays.
12:50Vous savez, c'est beaucoup de violence
12:51des deux côtés.
12:52Et donc, il faut l'empêcher.
12:54C'est pour ça que j'ai proposé
12:55qu'il y ait un comité de liaison,
12:57une instance qui réunisse
12:58des représentants d'Édouard Philippe,
13:00des représentants de mon parti.
13:01On a tous les deux accepté cette idée-là,
13:03qu'ils se réunissent, qu'ils discutent,
13:04qu'ils échangent.
13:04Voilà, qu'ils discutent, qu'ils échangent.
13:06En attendant, le 12 mai,
13:07Renaissance devrait introniser,
13:09entre guillemets, Gabriel Attal
13:10comme potentiel candidat à la présidentielle.
13:12On peut dire qu'on est entré
13:14dans la campagne présidentielle, Antoine,
13:16ou c'est encore trop tôt ?
13:17Non, non, nous y sommes à pieds joints,
13:20sans aucun doute.
13:22Alors, vous avez toute la panoplie
13:23des expressions possibles
13:24pour dire que vous êtes candidat
13:25sans réellement l'être.
13:27Je me prépare, je réfléchis, je suis prêt.
13:29Mais vous voyez combien il y a
13:30une pluie de candidatures, en réalité,
13:32qui s'annoncent.
13:33Ce qui m'inquiète, simplement,
13:35c'est qu'elles sont souvent
13:36inversement proportionnelles
13:37au nombre d'idées neuves,
13:38très franchement.
13:39Et on voit combien,
13:40dans cette pré-campagne,
13:42en réalité, la seule perspective
13:44qu'offrent la plupart des candidats
13:45du Bloc central,
13:46mais c'est un peu pareil
13:47pour la gauche non-mélenchoniste,
13:49c'est de conjurer
13:50le scénario cauchemar pour eux
13:52d'un second tour
13:53entre Jean-Luc Mélenchon
13:54et possiblement Marine Le Pen,
13:56ou peut-être plus probablement,
13:57aujourd'hui, Jordan Bardella.
13:58En dehors de ça,
14:00je ne vois pas aujourd'hui,
14:02c'est-à-dire le rejet des extrêmes,
14:04je ne vois pas
14:04quelles sont les idées neuves.
14:06Et je crains fort pour
14:08tous ceux qui alimentent
14:10cette musique-là
14:10qu'à force de tisser
14:12la toile du référendum
14:14anti-Mélenchon,
14:15anti-Bardella,
14:17il n'est pas l'oreille des Français.
14:18Sur tout un tas de sujets
14:20qui pourtant mériteraient
14:21d'être traités,
14:22a fortiori après une campagne
14:23de 2022
14:23dont nous avons souvent déploré
14:25qu'elle avait été escamotée,
14:26les Français,
14:27peut-être,
14:28vont avoir en tout cas
14:29à un moment donné
14:30les oreilles ouvertes
14:31pour des idées neuves
14:32sur leur pouvoir d'achat,
14:33sur l'éducation de leurs enfants,
14:34sur le régalien.
14:36Mais pour le moment,
14:37on est bien en peine
14:37de s'avancer là-dessus.
14:38D'ailleurs,
14:39le Bloc central
14:40qui pourrait avoir un boulevard
14:41face aux Français
14:42qui ne veulent ni de LFI
14:43ni du RN,
14:45ils n'arrivent pas
14:46à se mettre d'accord,
14:46ils sont divisés,
14:47qu'est-ce qu'ils font ?
14:48Ils se poussent du col, Louis ?
14:50Non, mais je suis d'accord
14:50avec Anton.
14:51Déjà, le fait
14:51de ne s'inscrire uniquement
14:52en contre,
14:53de dire,
14:53nous, notre ligne,
14:54ce n'est ni RN
14:55ni LFI.
14:56Ça ne fait pas un programme.
14:56Voilà, et puis on ne sait pas
14:57pourquoi ils sont en réalité.
14:59Et j'ai l'impression
15:00que dans le Bloc central,
15:01dans l'ère post-macroniste
15:02qui s'ouvre
15:03dans ce champ politique
15:05qui était celui
15:06d'Emmanuel Macron,
15:07pour l'instant,
15:07c'est un simple concours
15:08de marketing
15:09entre Gabriel Attal
15:10qui parle de son parcours,
15:12de sa vie privée,
15:14Édouard Philippe
15:15qui ne met pas d'idées
15:16sur la table
15:16alors qu'il avait promis
15:17un programme massif.
15:19Elisabeth Borne
15:20qui lance un mouvement
15:21avec quelques personnes
15:24autour d'elle
15:25en expliquant
15:26qu'elle est en désaccord
15:26avec Gabriel Attal.
15:27Tout le monde est en désaccord
15:28avec tout le monde.
15:29Très bien.
15:29Tout le monde veut
15:30battre le RN et LFI.
15:32Très bien.
15:32Mais on ne sait pas
15:33pourquoi sont ces gens.
15:34Et surtout,
15:35on ne voit pas
15:36de renouvellement
15:38du logiciel
15:39macroniste
15:39si tant est qu'il n'y en avait un.
15:41Emmanuel Macron,
15:41lui, avait réussi
15:42à disrupter.
15:43C'était le grand mot
15:45de ses partisans
15:46en 2017
15:47en créant lui
15:48un mouvement
15:48à lui,
15:49une boutique à lui
15:50qui avait marché
15:51et en mettant
15:51quelques idées
15:52dans le débat.
15:53Pour l'instant,
15:53on ne voit aucune
15:54de ses grandes idées
15:56mais même
15:56dans aucun camp politique.
15:59Il y avait un alignement
16:00des planètes
16:00parfait quand même
16:01en 2017.
16:02Ah oui, tout à fait.
16:03Il y a eu des circonstances.
16:05Progressivement.
16:06Il n'avait pas
16:06dès le début
16:07l'alignement des planètes.
16:08Mais là,
16:09l'importance
16:09de cette campagne
16:10quand même
16:10pour la France,
16:11c'est que c'est une campagne
16:12de renouvellement
16:13puisque le président
16:13ne peut pas
16:15se représenter.
16:16Et comme le disait Antoine
16:17en 2022,
16:18on n'a pas vraiment
16:18eu de campagne présidentielle
16:19à cause du choc
16:20de la guerre en Ukraine
16:21survenue
16:22pendant la campagne.
16:23Donc là,
16:24il y a quand même
16:25une nécessité cruciale
16:27d'avoir des idées
16:28qui sont sur la table
16:29parce que sinon,
16:30vous vous retrouvez
16:30avec un grand malentendu
16:31comme il y a eu en 2022
16:32où Emmanuel Macron
16:33n'a obtenu
16:33qu'une majorité relative
16:35qui a ensuite
16:35été contraint.
16:36En tout cas,
16:36c'est comme ça
16:37qu'il expliquait
16:38de dissoudre l'Assemblée.
16:39Ça a plongé
16:40la vie politique
16:40dans un blocage
16:41qui aujourd'hui
16:43consterne tout le monde
16:44et surtout ne permet pas
16:45de faire avancer le pays.
16:46Donc il y a vraiment
16:46une nécessité
16:49à ne pas manquer
16:49le rendez-vous de 2027
16:51et donc à mettre
16:52des idées sur la table
16:52dès maintenant.
16:53Et pour l'instant,
16:54on a l'impression
16:54qu'on se positionne
16:55surtout par rapport
16:55à Emmanuel Macron
16:56dans le bloc central.
16:57Gabriel Attal
16:57a essayé d'expliquer
16:58qu'il était toujours
16:59pour le dépassement
17:00mais pas en même temps.
17:01Attention, nuance.
17:03Et Elisabeth Borne,
17:04elle,
17:04claque la porte
17:05de la direction
17:06de Renaissance
17:07parce que sur le macronisme,
17:09justement,
17:09elle n'est pas d'accord
17:10avec Gabriel Attal.
17:11Elle trouve qu'il est
17:12trop en rupture.
17:13Mais c'est normal
17:14qu'Elisabeth Borne
17:14ne puisse pas être d'accord
17:17sur la substance
17:17de ce qu'était
17:18le macronisme originel
17:20vis-à-vis de Gabriel Attal
17:21parce qu'il n'y a jamais eu
17:22de doctrine macroniste.
17:24Il n'y a jamais eu
17:25cet effort
17:26pour donner
17:26un semblant de substance
17:28indépendamment
17:28de la personne
17:29d'Emmanuel Macron
17:30à ce qu'est le macronisme.
17:32Donc dans ce grand fourre-tout,
17:33évidemment,
17:33les héritiers d'Emmanuel Macron
17:35trouvent matière
17:35à s'épanouir
17:36et puis surtout
17:37à se flanquer des gifs
17:38les uns aux autres.
17:39Mais sur quoi,
17:39par exemple,
17:40Elisabeth Borne rond
17:41parce que quand on met en scène
17:42quand même une rupture politique,
17:43il faut qu'il y ait du fond.
17:45Dans ce qu'elle semble nous dire,
17:47l'ancienne première ministre,
17:48elle nous dit qu'au fond,
17:49elle n'est pas d'accord
17:50avec l'idée
17:50qu'il faudrait
17:51s'affranchir
17:52de certaines normes
17:53constitutionnelles
17:54ou pourquoi pas
17:55supranationales,
17:55européennes,
17:56pour réformer ce pays.
17:58On garde à l'esprit
17:59que Gabriel Attal,
18:00lorsqu'il a voulu renforcer
18:01l'arsenal juridique
18:02sur les mineurs,
18:04sur la justice des mineurs,
18:05il a été largement censuré,
18:06retoqué
18:07par le Conseil constitutionnel.
18:08Est-ce cela
18:09qu'Elisabeth Borne désapprouve ?
18:10Est-ce que,
18:11ce faisant,
18:12elle range Gabriel Attal,
18:14ancien premier ministre,
18:15Renaissance,
18:16dans la même catégorie,
18:18dans le même sac
18:19que Bruno Retailleau
18:20qui disait
18:20que l'état de droit
18:21n'était pas intangible
18:22ni sacré ?
18:23C'est là où,
18:25très franchement,
18:26il faut aller jusqu'au bout
18:27des choses,
18:28il faut aller jusqu'au bout
18:28des sujets.
18:29Lorsqu'on s'attaque,
18:30par exemple,
18:31à la question
18:31de la hiérarchie des normes,
18:32il faut dire les choses,
18:34parler vrai aux Français
18:34de la même manière.
18:35On a un débat vertigineux
18:37qui s'annonce
18:37sur la question
18:38du vieillissement démographique.
18:39Il n'y a pas mille options,
18:41il y a ceux
18:41qui préconiseront
18:42l'immigration de travail,
18:43ceux qui resteront
18:45sur des recettes natalistes
18:46qui n'ont jamais,
18:47honnêtement,
18:47montré leur preuve.
18:48Mais il faut répondre
18:49à ces questions-là.
18:50Sans quoi,
18:51je crois que les Français
18:52trancheront en défaveur
18:54de tous ceux
18:54qui n'auront pas avancé d'idée.
18:56Est-ce que ça va mieux
18:56du côté de la gauche, Renaud ?
18:58Non, pas vraiment,
18:58parce qu'on a parlé
18:59de Jean-Luc Mélenchon
19:00qui est le maître des horloges
19:02un petit peu
19:03en lançant sa campagne.
19:04On a eu ce meeting
19:05effectivement
19:06de ceux qui souhaitent
19:07une primaire.
19:07Et puis,
19:07il y a une troisième gauche,
19:08Agathe Kella,
19:09qui attend,
19:10qui n'est ni mélenchoniste
19:11ni pour cette primaire.
19:12On sait bien
19:12qu'un François Hollande
19:13ou qu'un Raphaël Glucksmann
19:15ne vont pas se reconnaître
19:16dans une candidature,
19:17par exemple,
19:17d'un Ruffin
19:18ou d'une Clémentine Autain.
19:19Donc,
19:20c'est aussi
19:20la cacophonie à gauche
19:22avec ceux qui sont partis,
19:24ceux qui subissent
19:24et ceux qui attendent.
19:25Vous qui suivez la gauche
19:26au quotidien,
19:27Antoine Oberdov,
19:28pour l'opinion,
19:29comment ça va se terminer
19:30cette histoire ?
19:30Est-ce que vous pensez
19:31que cette troisième gauche
19:32qui attend,
19:34Raphaël Glucksmann,
19:35François Hollande,
19:36qui sera candidat ?
19:36C'est une gauche
19:37pour le moment
19:37du nini
19:38et l'anti-mélenchonisme
19:39ne fait pas non plus
19:40un projet.
19:41Pour le moment,
19:42ils sont en train,
19:43si vous voulez,
19:43de se dépêtrer
19:45des sables mouvants
19:45d'une primaire
19:46dont le Parti Socialiste
19:48aimerait en fait
19:49bien sortir
19:49mais n'ose pas le dire
19:50parce qu'il ne faut
19:51évidemment pas
19:52avoir à porter
19:53devant le peuple de gauche
19:54mythifier
19:55le mystigri de la division.
19:57Olivier Faure
19:57était d'ailleurs
19:58à ce meeting.
19:59Olivier Faure
19:59était à ce meeting
20:00et personnellement,
20:01on était à la Bellevillois
20:02sur les hauteurs
20:03du 20e arrondissement
20:04de Paris.
20:05Honnêtement,
20:06pour retrouver
20:06l'oreille des Français,
20:07il y a mieux.
20:08Par ailleurs,
20:09on avait un Olivier Faure
20:10qui consommait la rupture
20:12avec Jean-Luc Mélenchon
20:12et disait qu'il ne fallait
20:13aucune ambiguïté,
20:14ce qui a dû faire plaisir
20:15soit dit en passant
20:16à Raphaël Glucksmann
20:17qui plaide depuis toujours
20:18pour la clarification.
20:19Mais il était à côté
20:20d'une Clémentine Autain
20:22par exemple
20:22qui plaidait pour embarquer
20:24la sphère insoumise
20:25dans la primaire.
20:26Donc si vous voulez,
20:27cette cacophonie-là
20:28ne permet pas
20:29à la gauche non-mélenchoniste
20:30de se rendre audible.
20:31Il y a deux candidatures
20:32qui aujourd'hui émergent
20:33un petit peu dans les sondages.
20:34Celle de Raphaël Glucksmann
20:35et celle de François Hollande.
20:36Autant vous dire
20:37que ce dilemme,
20:37le fait de devoir trancher
20:38entre ces deux candidatures
20:39pour un Olivier Faure
20:40à la tête du PS,
20:41ça relève du cauchemar.
20:42Si vous deviez mettre une pièce,
20:44ça vous altère rapidement
20:45Raphaël Glucksmann
20:45ou François Hollande,
20:46lequel ira au bout ?
20:47Je crois que François Hollande
20:48a plus de savoir-faire
20:51en la matière.
20:52Un savoir-faire
20:52que Raphaël Glucksmann
20:53n'a pas montré pour l'instant.
20:55Mais je crois globalement
20:56que la gauche,
20:57comme elle a perdu
20:57l'oreille des Français
20:58parce qu'elle a perdu
20:58une bonne partie
20:59de la bataille des idées
21:01par volonté
21:02de ne pas aborder
21:03certains sujets,
21:04je crois que ce sera
21:04très compliqué
21:05pour la gauche en général
21:05en vue de 2027.
21:06Et François Hollande
21:07avait déjà essayé
21:07de revenir en 2021.
21:09On n'est pas dans un trou
21:09de souris,
21:10on est dans un trou
21:10de hamster.
21:12On verra si ça se confirme.
21:14À la ligne de l'opinion,
21:15on parle d'un autre candidat,
21:17Antoine Oberdov.
21:17Oui, on parle de Bruno Retailleau.
21:19Bruno Retailleau
21:20qui, lui,
21:21patiemment,
21:21essaye de construire
21:22et espère émerger
21:24dans la dernière ligne droite.
21:25Merci beaucoup les informés.
21:26Merci Antoine Oberdov.
21:27Merci Louis Halter
21:28pour le Figaro.
21:30Merci Renaud.
21:31Merci.
21:31Les informés reviennent
21:32ce soir à 20h
21:33avec Victor Maté.
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