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  • il y a 2 jours
Les informés du matin du 6 mai 2026

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00:08Bonjour et bienvenue, si vous nous rejoignez dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de
00:13l'actualité.
00:14Avec vous, Renaud Blanc, aujourd'hui, bonjour.
00:16Bonjour Agathe.
00:17Au programme, ces deux sujets, Sébastien Lecornu se résout à aller plus loin dans les aides face à la hausse
00:24des prix du carburant.
00:25Quelles sont ses marges de manœuvre ? Et puis, on apprend à l'instant qu'un porte-conteneur de l
00:30'armateur français CMA-CGM a été touché dans le détroit d'Hormuz.
00:35Quelles conséquences cela peut-il avoir dans cette crise entre l'Iran et les Etats-Unis qui touche le monde
00:42entier ?
00:42On parlera aussi de la gauche non-éléphiste qui s'est réunie. Cette gauche est-elle encore crédible ?
00:48A-t-elle un espace pour nous éclairer, nous informer ce matin ?
00:52Franck Boisise, vous êtes journaliste à Libération. Bonjour Franck.
00:56Bonjour Agathe.
00:56Henri Vernet, éditorialiste à Radio-Orient France 24 et France Info TV. Bonjour Henri.
01:01Bonjour Agathe.
01:01On commence donc, Renaud, avec toujours les conséquences de la situation dans le détroit d'Hormuz en France.
01:08Hier, Sébastien Lecornu s'est adressé aux députés.
01:12Le Premier ministre a pris un ton assez grave pour parler de la situation dans le détroit.
01:16Sébastien Lecornu est désormais résolu à envisager une hausse des aides pour faire face à la prolongation de la guerre.
01:22Moyen-Orient, car le conflit va durer.
01:25Cela va durer, c'est systémique et la question énergétique fait partie des guerres hybrides
01:30qui seront menées à un continent comme l'Europe et singulièrement à la France.
01:34Et donc, il va falloir en permanence marcher sur deux jambes.
01:38Les aides de court terme, je vais y revenir dans un instant, il n'est pas question d'abandonner les
01:41gens,
01:41mais sans leur mentir, évidemment, sur le long terme.
01:44Alors désormais, et c'est une autre phrase importante du Premier ministre,
01:48désormais il va falloir changer d'ampleur et d'échelle.
01:50Le Premier ministre promet donc des annonces en début de semaine prochaine.
01:54Et Agathe, vous le disiez, on a appris, on a eu la confirmation effectivement
01:57qu'un navire de l'armateur CMACGM, l'armateur français, a bien été touché
02:03et que certains marins ont été blessés.
02:06Ce qui prouve que la situation est très tendue.
02:08J'ajoute que, point de vue de l'international, il y a cette nouvelle volte-face de Donald Trump
02:13qui stoppe son projet, l'opération donc Liberté, stoppé après 48 heures simplement dans le détroit d'Hormuz.
02:21On peut avoir du mal à se le figurer parce que ça nous paraît loin, le détroit d'Hormuz,
02:27mais il y a des bateaux, il y a des marins qui sont bloqués et là, en l'occurrence, qui
02:30sont blessés.
02:31Le bateau d'un armateur français, CMACGM, Franck Boisiz,
02:36c'est quoi la conséquence ? Est-ce que ça fait de nous des belligérants
02:41ou c'est quelque chose qui était inévitable finalement ?
02:45La première conséquence, c'est que je pense que le message qui est adressé
02:47à l'ensemble des armateurs du monde qui envisageaient de traverser le détroit d'Hormuz
02:51avec ou sans escorte américaine, c'est que c'est quasiment devenu impossible.
02:55On peut imaginer que la seconde conséquence, c'est que les assureurs vont dire
02:58qu'il est hors de question de couvrir le moindre navire qui va traverser le détroit d'Hormuz.
03:03Et dans ce débat aujourd'hui, c'est un peu les assureurs qui font la loi.
03:05Parce qu'un bateau qui n'est pas assuré ne va pas se risquer, avec sa cargaison, à prendre un
03:09missile.
03:10Donc, on peut imaginer qu'après cet épisode sur CMACGM, qui est quand même le troisième armateur mondial,
03:16plus beaucoup des grands armateurs, en tout cas qui battent pavillons européens
03:21ou qui ne sont pas ni chinois ni russes, vont se risquer à traverser ce détroit.
03:26Sachant qu'en plus, après la déclaration de Donald Trump,
03:28il n'est plus question qu'il y ait la moindre escorte américaine pour les accompagner.
03:31Henri Vernet, c'est bon, des soldats français ont été tués.
03:35Aujourd'hui, c'est un porte-conteneur d'un armateur français.
03:39Pour autant, la France se tient le plus possible éloignée de ce conflit.
03:44Et pas question que cela change.
03:46Éloignée physiquement ne l'est pas, cela étant.
03:48Entre le groupe aéronaval, donc avec le porte-avions Charles de Gaulle,
03:50qui est sur zone, non pas dans la zone du Golfe, mais de l'autre côté, en Méditerranée.
03:55Néanmoins, il fait des opérations de soutien.
03:57Il est là aussi pour le Liban.
03:59Mais donc, il y a cette présence qui est assez forte en termes de navires.
04:02Et puis, bien sûr, il y a une présence militaire qui est là,
04:04notamment dans les Émirats arabes unis, par les avions Rafale qui y sont,
04:08par un dispositif naval également, beaucoup plus léger, au moins avec une frégate.
04:12Et puis, des hommes, des militaires.
04:13Il y a un dispositif terrestre qui est également aux Émirats,
04:16parce que nous avons des accords de défense assez engageants avec ce pays.
04:20Et le fait est que depuis le début de la guerre,
04:22alors bon, dans ce qui ressemble aujourd'hui de moins en moins à cesser le feu,
04:25mais en tout cas, pendant les 40 et quelques jours qu'a duré vraiment ce conflit,
04:29avec des attaques iraniennes importantes contre les Émirats arabes unis,
04:33la France, les Rafales et les missiles français ont intercepté nombre de missiles et de drones.
04:39Si vous voulez, en gros...
04:40On a un rôle défensif actif.
04:41Défensif.
04:42Et c'est la posture de la France, c'est vraiment être dans la défense.
04:45Alors, est-ce qu'il faudrait aller jusqu'à une escorte des derniers ?
04:48Bon, ben là, on voit bien que les Américains eux-mêmes,
04:51alors c'était d'abord par la voix du secrétaire d'État,
04:53donc le ministre des Affaires étrangères, Rubio,
04:55de dire que cette opération était au minimum suspendue, l'opération Freedom.
05:00Alors, juste pour expliquer,
05:01Donald Trump a annoncé donc une mission d'escorte des navires
05:03pour libérer ces navires bloqués, parfois depuis deux mois, dans le Détroit.
05:07Et cette opération, elle a duré quoi ? Quelques heures ?
05:10Oui, mais pour quelle efficacité ?
05:12Avec un bateau touché en plus.
05:14Avec en plus un bateau touché.
05:15Et un tiers de saumon, c'est au minimum, contre un bateau, pour le coup,
05:18militaire américain, mais ça, c'est les Iraniens qui l'ont revendiqué.
05:21Mais tout cela pour quelques 900 navires, 20 000 marins qui sont là.
05:26Et pendant ces 48 heures, qu'est-ce qui s'est passé ?
05:28Il y a deux bateaux, enfin deux navires de commerce,
05:32deux cargos qui ont pu sortir avec cette escorte.
05:35Mais vous vous rendez compte, deux en 48 heures sur 900 qui sont bloqués.
05:39Donc d'une part, l'efficacité, elle est nulle, il faut bien le dire.
05:43D'autre part, à raison, vous soulignez le rôle des assureurs.
05:46Évidemment, ils ne vont pas assurer les bateaux, sachant que le risque de se faire frapper,
05:49escorte américaine ou pas, n'y est pas.
05:51Mais juste un dernier mot, le fait quand même qu'il y ait cette suspension,
05:54ça veut aussi dire que les négociations, quelque part,
05:57parce que c'est quand même ça l'essentiel, les négociations entre émissaires américains et iraniens,
06:02alors via le Pakistan, peut-être via d'autres canaux,
06:05se poursuivent.
06:06Mais oui, pour rouvrir ce détroit, c'est le seul moyen,
06:09ce n'est pas de forcer le blocus avec des navires de guerre.
06:12Il va falloir regarder dès ce matin, comme conséquence à cet accident
06:17et le fait qu'un bateau ait été touché, c'est l'évolution du prix du baril.
06:21C'est-à-dire qu'à partir du moment où la moindre tentative de traverser le détroit
06:25se solde de cette manière-là, on peut nécessairement,
06:28et sans vouloir jouer les ozones mauvaise augure,
06:29imaginer qu'à partir de maintenant, le baril qui était à 113, 114 dollars
06:33va continuer à grimper.
06:34Et on voit à quel point c'est volatile, l'autre jour, il y a quelques jours,
06:37c'était plus de 125 dollars, aujourd'hui, vous dites un peu moins,
06:41mais du jour au lendemain, ça peut...
06:43Au gré des annonces ou des événements, Agathe.
06:45Et juste, quand ça augmente comme ça, le prix du baril,
06:48à quel moment ça augmente à la pompe dans les stations de service ?
06:51Il y a quand même des stocks qui sont faits,
06:52on a pu constater que certains savaient d'ailleurs très bien
06:55constituer des stocks au moment où c'était un petit moins cher,
06:57donc en général, on a un décalage de plusieurs semaines quand même.
07:00Henri Vernais ?
07:00Je voulais juste revenir sur ce terme accident,
07:03je comprends bien votre pensée,
07:04mais non, c'est tout sauf un accident.
07:05Alors, on n'en sait rien, c'est vrai que pour l'instant,
07:07les infos tombent au moment où nous parlons.
07:09Néanmoins, ce n'est pas le premier bateau frappé.
07:11On parle du bateau, c'est ma cérémonie.
07:12Absolument, donc armateur français, c'est forcément un tir,
07:16donc ça veut dire forcément un tir iranien,
07:18que ce soit un drone, un missile, tout ça, on verra bien,
07:19ou un navire de la flotte moustique.
07:21Mais ça veut dire quoi ?
07:22C'est le message qu'adressent les Iraniens pour dire,
07:24attention, ceux qui contrôlent les détruits d'Ormus,
07:27pour l'instant, c'est encore nous,
07:28c'est-à-dire nous, nous, Iraniens.
07:30Donc, l'aspect est bien précis.
07:32Et en plus, il y a une flotte importante,
07:34celle de l'armateur français.
07:36On parlait des négociations, effectivement,
07:39qui sont toujours là, en coulisses.
07:40Il faut savoir que les Iraniens et les Chinois se sont parlés,
07:43se parlent, puisque le ministre des Affaires étrangères iranien
07:45est à Pékin, et que dans une grosse semaine,
07:47c'est Donald Trump qui sera en Chine.
07:49Donc, la Chine va peut-être jouer un rôle,
07:51parce qu'évidemment, ils ont tout intérêt
07:53à ce que ça se débloque assez vite.
07:55Franck Boisy ?
07:55De manière plus directe, Emmanuel Macron a tweeté hier,
07:59je crois qu'il devait s'entretenir avec le président iranien.
08:03Absolument.
08:03Donc, on peut imaginer que, ce qui n'est pas un accident,
08:05vous avez raison, Henri,
08:06ce qui est arrivé au bateau de la CMA-CGM
08:09va faire l'objet quand même de discussions directes
08:11entre Paris et Téhéran sur le thème.
08:13Mais, si je peux être un peu trivial,
08:15pourquoi est-ce que vous tapez un de nos bateaux ?
08:16Et demander des explications et des comptes.
08:19Et ce qui lancera de l'avenir.
08:21D'autant qu'un navire CMA-CGM a été passé,
08:23justement, il y a quelques semaines,
08:24quand il y avait ces histoires de péage.
08:26Effectivement, un des verres navires qui avaient pu passer,
08:27c'était un navire CMA-CGM
08:29de la famille Saadé, grand armateur.
08:32Et même si Paris ne pèse pas dans la région,
08:33malgré tout, il y a encore le contact avec Téhéran.
08:35On l'a vu, ne serait-ce qu'à l'occasion de la libération
08:38des deux otages qui étaient détenus à l'ambassade,
08:40Cécile Colère et Jacques Paris.
08:42C'est compliqué à suivre,
08:44parce que, d'un côté, vous nous dites,
08:45il y a des négociations qui se poursuivent,
08:46et en même temps, on a l'impression d'être dans une impasse totale
08:50avec des conséquences en France très concrètes,
08:52la hausse des prix à la pompe.
08:53Dans ce contexte, Sébastien Lecornu,
08:55hier, a semblé
08:58au fait d'aller plus loin
09:00dans les aides.
09:01Franck Boisys, qui est spécialiste
09:03de l'économie à Libération,
09:05est-ce qu'on peut se permettre d'aller plus loin ?
09:08Où les marges de manœuvre du Premier ministre ?
09:10Il va aller plus loin,
09:11mais je crains que ça ne soit à très petits pas.
09:14C'est-à-dire que,
09:15regardons ce qui se passe jusqu'à présent,
09:17ce qui augure de ce qui pourrait se passer à l'avenir.
09:18Jusqu'à présent, on a eu une série de mesures
09:21extrêmement catégorielles,
09:22ce qu'on a appelé les gros rouleurs
09:23sur le carburant,
09:24avec des remboursements ou des facilités
09:26qui sont finalement assez mesurées.
09:28Et l'absence de marge de manœuvre budgétaire
09:31fait qu'on va sans doute assister
09:33à un empilement de mesures catégorielles.
09:35Donc, tout à l'heure,
09:36ce sera peut-être les compagnies aériennes,
09:37demain, ce sera peut-être les taxis
09:39qui sont dans la file d'attente,
09:40si j'ose dire,
09:41pour avoir leur chèque.
09:42Et ce n'est absolument pas moqueur,
09:44mais il n'y a pas visiblement...
09:46Pas de changement de philosophie,
09:46parce que Sébastien Lecornu
09:47a parlé de changement d'ampleur
09:49et d'échelle.
09:51Oui, enfin,
09:51quand il dit changement d'ampleur
09:52et d'échelle,
09:53il ne cesse de répéter
09:54ou de faire répéter
09:54par ses ministres aussi
09:55que les caisses sont vides, quand même.
09:56Et que donc,
09:57un changement d'échelle
09:58tel qu'on pourrait le comprendre dans la gâte,
09:59ce serait une sorte de quoi qu'il en coûte.
10:01Il n'en est pas question.
10:02Il n'est pas question
10:03de mesures généralisées,
10:04de soutien à l'économie,
10:05mais plutôt d'aller aider ponctuellement
10:08et de manière mesurée dans le temps,
10:10finalement,
10:11ceux qui souffrent,
10:12quand je dis ceux qui souffrent le plus,
10:13les professions qui sont les plus touchées
10:15par la hausse du prix du carburant.
10:16Et le ministre Tabarro,
10:17le ministre des Transports,
10:18était ce matin sur France Info.
10:19Ça a été très, très flou.
10:21C'est-à-dire qu'on sent effectivement
10:22qu'on est sur des tout petits pas
10:24et que la marge de manœuvre budgétaire,
10:26si je puis dire,
10:27elle est quasiment nulle.
10:28Quasiment nulle.
10:29Et dans ce contexte,
10:29il y a Total
10:30qui est devenu un symbole politique.
10:32Oui, c'est vraiment un enjeu politique.
10:35Total, on sent bien
10:35que le Premier ministre
10:36est gêné aussi sur cette question.
10:38Alors, il ne dit pas de Total bashing,
10:40mais sur X,
10:40un message de Matignon,
10:42la guerre ne doit enrichir personne.
10:43Total a d'ailleurs réagi
10:45en disant
10:45si on nous taxe sur les super profits,
10:47c'est terminé
10:48le plafonnement des prix à la pompe.
10:49Sébastien Lecornu
10:51va sortir, si je puis dire,
10:52d'un certain centrisme.
10:53Sur cette question, en tout cas,
10:55lui, il préfère le plafonnement
10:56à la taxe.
10:57Henri Vernet,
10:59Total cristallise le débat.
11:01On avait David Lissnard,
11:03très libéral,
11:04tout à l'heure,
11:04qui s'agaçait à 8h30
11:05sur France Info
11:07de ce Total bashing,
11:09de cette volonté de taxer Total.
11:10Mais on a aussi la gauche
11:11qui dit
11:11mais l'argent, il est là.
11:135 milliards de bénéfices
11:14au premier trimestre pour Total.
11:16C'est vrai,
11:16pourquoi on ne va pas chercher l'argent ?
11:17Bien sûr, la gauche,
11:19mais pas que la gauche,
11:20parce que le RN,
11:21même si c'est ambigu,
11:22parce qu'on a bien vu
11:22que Le Pen et Bardella,
11:23là-dessus,
11:24ne sont pas totalement alignés.
11:25Bardella, un peu plus libéral.
11:26Parce que Marine Le Pen
11:27a digné avec le président Total.
11:29Néanmoins,
11:30à la fin,
11:30on sent quand même
11:31qu'il y a un ralliement.
11:32Pourquoi pas,
11:33après tout,
11:33s'il faut aller taxer
11:34de manière momentanée.
11:36Mais même Sébastien Lecornu,
11:37alors c'est vrai que,
11:38c'est amusant,
11:39enfin c'est amusant,
11:40non c'est dramatique
11:40dans ce contexte,
11:41mais la formule sur la géopolitique
11:42qui est désormais
11:43dans le carburant des Français,
11:44il a raison,
11:45parce que,
11:45qu'est-ce qu'il voit les Français ?
11:47Il voit quand même d'abord
11:48le prix à la pompe.
11:49Et là-dessus,
11:49c'est vrai que Patrick Pouyanné,
11:50le patron de Total,
11:51il joue un peu de son,
11:52comment dire,
11:53le quasi-chantage
11:54qu'il exerce en bas de le gouvernement
11:55en disant,
11:55attention,
11:56moi,
11:56si vous me taxez,
11:57très bien,
11:57mais dans ce cas-là,
11:58je ne plafonne plus.
12:00J'arrête de plafonner.
12:00Mais voilà.
12:01Mais sauf que l'automobiliste,
12:02il peut entendre son langage
12:03dans la mesure où lui,
12:04son premier bénéfice,
12:05c'est quand même d'avoir
12:07un sans-plomb à moins de 2 euros
12:08et le diesel à moins de 2,20 euros.
12:11Je crois que c'est ça la limite.
12:12Tandis qu'une taxe,
12:13certes,
12:14sur le plan de justice fiscale,
12:16bien sûr que ce serait sans doute
12:17beaucoup plus à la fois
12:18morale, politique,
12:19tout ce qu'on voudra.
12:20Mais simplement,
12:21ça ne se répercute pas forcément
12:22immédiatement
12:22sur le prix à la pompe.
12:24D'autre part,
12:24ça a été déjà essayé.
12:26Rappelez-vous,
12:272022-23,
12:28juste après l'invasion de l'Ukraine
12:30par la Russie,
12:31donc cette grande crise énergétique.
12:32Il y a eu des taxes
12:33sur les super profits
12:34à ce moment-là
12:35des énergéticiens.
12:36Et ça n'a pas rapporté grand-chose.
12:37Total,
12:38c'était quelques dizaines de millions
12:39au lieu de 3 milliards à espérer.
12:42Donc,
12:43il y a quand même cette réalité.
12:44Dernier point,
12:45quand même,
12:45malgré tout,
12:46ça peut tout de même,
12:47ce débat,
12:47il peut quand même exister.
12:48On a vu hier
12:49le patron de la Banque de France
12:51qui a dit,
12:52qui n'a pas totalement écarté ça.
12:53Alors,
12:54comme conseil,
12:54il n'a aucun pouvoir décisionnaire.
12:55Il s'en va.
12:56Mais à condition que ce soit très...
12:57C'est la France.
12:58Non,
12:58oui,
12:59justement,
13:00en tant que partant,
13:01il peut distiller d'autant plus facilement
13:02des conseils
13:03qui ne l'engageront pas.
13:04Mais,
13:05il a dit,
13:05pourquoi pas,
13:06mais à condition que ce soit très temporaire.
13:08Ce que n'aiment pas les grands industriels,
13:09c'est quand vous avez un impôt,
13:11en général,
13:11il est là pour longtemps.
13:13Franck Bouéziz ?
13:13Moi,
13:14je pense que Patrick Pouyanné,
13:15il faut l'observer dans toute cette séquence
13:16depuis le début de la guerre.
13:17Le patron de Total.
13:18Le PDG de Total,
13:19enfin,
13:19le directeur de Général de Total,
13:21il est décidé
13:21à ne pas se laisser faire du tout
13:22et être assez offensif
13:24sur ces questions-là.
13:25Il n'y a pas longtemps,
13:25sur une télé américaine,
13:26il a quand même été dire,
13:28j'ai expliqué à Emmanuel Macron,
13:31lui,
13:31Patrick Pouyanné,
13:32que si,
13:33jusqu'à présent,
13:34on avait du pétrole en France,
13:35c'est parce que j'ai accepté
13:36de le payer
13:36plus cher que les Asiatiques.
13:38Hier,
13:38il fait cette interview
13:39à Sud-Ouest
13:40dans laquelle il dit,
13:41attention,
13:41vous me taxez,
13:42j'arrête le plafonnement.
13:43Donc,
13:44il ne veut rien lâcher
13:45et à ça s'ajoute
13:46une considération technique
13:47qu'on a un peu oubliée,
13:48c'est qu'effectivement,
13:50Bercy,
13:50avec toute l'armée
13:51des fiscalistes de Bercy,
13:52a essayé de faire passer
13:53Total à la caisse
13:54il y a deux ans
13:55et que Total,
13:56qui lui aussi est armé
13:57et qui a une armée de juristes,
14:00a réussi à planquer
14:01ses bénéfices
14:01depuis la France
14:02sur la Hollande
14:03et échappé ainsi
14:04à une surtaxation
14:05de ses bénéfices.
14:06Donc,
14:06quand je dis que Total
14:07est bien décidé
14:08à ne pas se laisser faire,
14:09c'est que ce groupe
14:10utilisera tous les moyens
14:12pour payer le moins
14:13d'impôts possible
14:14dans ce pays
14:14et il le fera savoir.
14:16Dans un instant,
14:16les informés,
14:17on va parler de la situation
14:19à gauche,
14:20difficile aussi
14:21pour la gauche
14:21or et les filles
14:22d'exister en ce moment
14:23mais pour l'instant,
14:24il est 9h20
14:25et c'est l'info
14:25en une minute
14:26avec Maureen Sunia.
14:27Un bateau de l'armateur français,
14:29CMA-CGM,
14:30a été touché
14:31par des tirs
14:31dans le détroit d'Hormuz.
14:33Plusieurs membres
14:33de l'équipage
14:34ont été blessés
14:35et évacués.
14:36Pas plus d'informations
14:36à ce stade.
14:37Cette nuit,
14:38le président américain
14:39a annoncé la suspension
14:39de l'opération américaine
14:41pour aider les navires
14:41à quitter le détroit.
14:43Une centaine de drones
14:44et trois missiles
14:45qui évacusent la Russie
14:46d'avoir mené
14:47une nouvelle série d'attaques
14:48cette nuit.
14:49Des attaques alors
14:49que l'Ukraine a décrété
14:50un cessez-le-feu unilatéral.
14:52La Russie a de son côté
14:53annoncé un cessez-le-feu
14:54pour vendredi et samedi,
14:56les jours des commémorations
14:57de la fin
14:57de la Seconde Guerre mondiale.
14:59Plusieurs malades
14:59seront évacués
15:00dans les prochaines heures
15:02vers les Pays-Bas.
15:03Des malades présents
15:04sur un navire de croisière
15:05immobilisé au large
15:06du Cap-Vert.
15:07Un foyer d'antavirus
15:08qui provoque
15:09des troubles respiratoires
15:10a été détecté
15:11sur le bateau.
15:12Trois personnes sont mortes.
15:13Les passagers
15:14qui sont en bonne santé
15:15vont pouvoir débarquer
15:16en Espagne
15:16d'ici 3-4 jours.
15:17Et puis,
15:18un investissement de taille
15:19annoncé en France
15:2015 milliards d'euros
15:21en 3 ans.
15:22Le géant du e-commerce
15:23Amazon dit notamment
15:24vouloir construire
15:25de nouveaux sites
15:26en Eureloir,
15:27dans l'Oise,
15:28dans le Rhône
15:29et le Haut-Rhin.
15:32France Info
15:35Les informés
15:37Agathe Lambret
15:39Renaud Blanc
15:42Les informés
15:43avec Franck Boisys,
15:44journaliste au service
15:44Économie de Libération,
15:46Henri Vernet,
15:47éditorialiste à Radio Orient,
15:48France 24
15:49et France Info TV
15:51et Renaud Blanc.
15:52Bien sûr,
15:53on passe à notre
15:53deuxième débat.
15:54Les partisans
15:55d'un front unitaire
15:57et promoteur
15:58d'une grande primaire
15:59de gauche
15:59étaient réunis hier
16:00à Paris.
16:01Qu'est-ce que ça donne ?
16:02Effectivement,
16:02Clémentine Autain,
16:03François Ruffin,
16:04Marine Tondelier,
16:04même Olivier Faure
16:05autour d'un même combat
16:07finalement,
16:07une candidature unique
16:08sauf qu'il y a déjà
16:09un certain insoumis
16:10qui se présente
16:12et justement hier,
16:13la cible de cette gauche
16:14c'était Jean-Luc Mélenchon,
16:16une gauche en mode
16:18tonton flingueur.
16:19J'en veux
16:20à Jean-Luc Mélenchon
16:22d'imposer sa candidature
16:23loin de l'union.
16:25Jean-Luc Mélenchon
16:26a choisi une voie
16:27qui n'est plus celle
16:28du rassemblement,
16:29une voie qui fracture,
16:31qui polarise,
16:32qui préfère l'affrontement
16:34spectaculaire
16:35à la construction patiente.
16:37Voilà,
16:37vous avez reconnu
16:38Clémentine Autain
16:38et Olivier Faure.
16:39Cette autre gauche
16:40est-elle audible ?
16:41Peut-elle présenter
16:42un ou une candidate
16:43qui pourrait rivaliser
16:44justement avec
16:44Jean-Luc Mélenchon ?
16:45Clémentine Autain
16:46a résumé la situation
16:47en disant la question
16:47est de savoir si
16:48ce 5 mai,
16:49donc hier soir,
16:49c'était le chant du cygne
16:50ou le sursaut ?
16:51Alors là,
16:52moi j'ai du mal
16:53à comprendre,
16:54Henri Vernet,
16:54on les entend
16:55et critique Jean-Luc Mélenchon.
16:57Est-ce que la rupture
16:58est si claire que ça ?
16:59Est-ce qu'ils sont crédibles
17:00sur ce créneau-là ?
17:02Alors crédibles,
17:03déjà ce qui manque un peu
17:04en termes de crédibilité,
17:05c'est l'affiche.
17:06C'est-à-dire qu'il n'y a pas
17:06toute la gauche
17:07hors-mélenchoniste
17:08qui était rassemblée
17:09hier soir à la Bellevilloise.
17:10Il manque quand même
17:10des figures de gauche,
17:12alors gauche au sens large,
17:13mais quand même,
17:14à commencer par Raphaël Glucksmann,
17:16François Hollande,
17:16Bernard Cazeneuve,
17:17je ne cite là
17:17que des gens
17:18qui sont quasiment
17:19quasi-déclarés
17:20en 2019.
17:22Oui, mais le camp social-démocrate
17:23jusqu'à preuve du contraire
17:24est fait partie de la gauche.
17:25Même si vous avez raison
17:26de le souligner,
17:27le mot n'apparaît pas vraiment,
17:28vous savez,
17:29dans le programme,
17:29le pré-programme
17:30en quelque sorte PS
17:31qui a été présenté
17:32il y a une quinzaine de jours
17:33qui ne comporte pas moins
17:33de 800 idées.
17:34C'est un pré-programme.
17:36Mais justement,
17:36il n'y a pas plus une rupture.
17:38Et Boris Vallaud,
17:38le patron des députés socialistes,
17:40il dit
17:40moi je ne suis pas social-démocrate.
17:41Donc en fait,
17:42au sein de la gauche,
17:43il y a la tendance Mélenchon,
17:44il y a eux
17:45et il y a encore
17:45une autre tendance en fait.
17:47Exactement,
17:47voilà,
17:47qui est en quelque sorte,
17:49qui se situerait entre les deux.
17:51Et alors,
17:51par rapport à votre,
17:53comment dire,
17:54à votre question initiale,
17:55même par rapport à Mélenchon même,
17:56vous avez raison,
17:57les débats ils sont là
17:58parce que là,
17:58on vient d'entendre
17:59les extraits avec Clémentinotin
18:00et Olivier Faure.
18:01Néanmoins,
18:02entre les deux,
18:02il y a quand même une nuance
18:03pour Olivier Faure,
18:04donc patron du PS,
18:05mais qui lui-même
18:06n'a pas,
18:07est encore loin
18:07d'avoir réussi
18:08d'imposer cette idée
18:10de la primaire
18:13partie tout simplement.
18:13Peut-être que ce sera le cas
18:14fin juin avec un vote,
18:16mais pour l'instant,
18:16on n'en sait rien.
18:17Mais entre les deux,
18:18il y a quand même,
18:19lui pour lui,
18:19c'est fermé.
18:20Pas plus question de LFI.
18:21On a vu à quel point
18:22ils se sont déchirés,
18:23notamment au moment
18:24des municipales.
18:25Pour Clémentinotin,
18:26c'est un peu différent.
18:26Bien sûr,
18:27comme il dit,
18:27elle en veut à Jean-Luc Mélenchon.
18:29Elle lui en veut.
18:30Pourquoi ?
18:30Parce qu'elle considère
18:31que de toute façon,
18:32lui,
18:32il ne serait pas apte
18:33à gagner un second tour,
18:35donc à gagner à la présidentielle.
18:36C'est vrai aussi
18:37que quand on regarde
18:43c'est aujourd'hui,
18:43Jean-Luc Mélenchon,
18:44la personnalité
18:45la plus détestée,
18:47peut-on dire,
18:47des Français.
18:48Il a devancé,
18:49en général,
18:50c'était l'apanage
18:50des figures du RN,
18:52du Front National.
18:53Là,
18:53ce n'est plus le cas.
18:54Donc c'est vrai
18:54que pour un deuxième tour,
18:55on considère qu'il lui serait
18:57quasiment impossible
18:57de gagner.
18:58Donc c'est au nom de cela
18:58qu'elle lui en veut.
19:00Mais elle n'écarte pas
19:01quand même
19:02d'embarquer à la fin de compte,
19:04de retrouver
19:04une candidature unitaire,
19:06y compris avec la LFI.
19:07Donc là,
19:08il y a une nuance
19:08quand même
19:08entre les différentes familles.
19:10J'ai envie de reprendre
19:11la métaphore de Renaud
19:13qui nous parlait
19:14d'un détenteur-flingueur.
19:17Je trouve qu'on a une gauche
19:18éparpillée façon puzzle,
19:19pour reprendre
19:19ce que disait
19:20Michel Audiard
19:20à une époque.
19:21Et il y a un détail
19:22qui est assez intéressant
19:23dans Libération de ce matin.
19:24La journée de service politique
19:25qui a suivi
19:26la réunion de la Bellevilloise
19:27de ce meeting
19:28qui se tenait hier soir,
19:30nous explique qu'en fait,
19:32ils sont censés donner,
19:33en tout cas
19:34ceux qui étaient réunis
19:35à Bellevilloise hier,
19:35une image d'unité.
19:37Et finalement,
19:37hier soir,
19:38ils se sont succédés
19:38à la tribune.
19:39Les uns derrière les autres.
19:40Et pour les avoir ensemble,
19:42les photographes
19:42ont dû attendre
19:43la fin du meeting.
19:44Et le diable est souvent
19:44dans les détails,
19:45mais je trouve que
19:45c'est extrêmement révélateur
19:46du fait que même
19:47cette réunion d'hier soir
19:49qui se volait unitaire
19:50par rapport aux autres
19:51composantes de la gauche
19:52qui sont contre la primaire,
19:53montre quand même
19:54entre les différents membres
19:56de cette gauche unitaire
19:57déjà des nuances.
19:58Et c'est d'ailleurs
19:59ce que leur reprochent
19:59les sociodémocrates.
20:00Ils disent,
20:01et c'est pour ça
20:01qu'ils ne veulent pas
20:02participer à cette primaire.
20:03En tout cas,
20:03Raphaël Glussman,
20:03il dit,
20:04on n'est pas d'accord
20:05sur des sujets
20:05comme l'Union Européenne,
20:07comme la Défense,
20:08avec des ex-insoumis
20:09comme Clémentine Autain
20:11et François Ruffin.
20:12Alors que eux,
20:13on les entend dire,
20:14on a fait la rupture
20:14avec Jean-Luc Mélenchon,
20:15pour les sociodémocrates,
20:16ils ne s'en sont pas
20:17assez éloignés en fait.
20:18Et en entendant tout cela,
20:19évidemment,
20:20Mélenchon,
20:20lui,
20:20il boit du petit lait
20:21puisque comme il l'a rappelé
20:22dimanche dans son interview,
20:23nous,
20:24la boutique,
20:24elle est carrée.
20:25Il y a un projet,
20:27enfin un programme,
20:28une équipe et un candidat.
20:29Évidemment,
20:30c'est exactement le contraire.
20:32Néanmoins,
20:33moi je trouve que c'est
20:33un petit peu paradoxal
20:34dans la mesure
20:35après tout une primaire,
20:36c'est quand même là
20:37justement que vous confrontez
20:37les idées.
20:38C'est là qu'il y a un débat.
20:39En quelque sorte,
20:39une primaire,
20:40c'est une pré-présidentielle
20:41et c'est ça qui avait fait
20:42le succès des primaires
20:43qui ont vraiment marché.
20:44En réalité,
20:45c'est celle de 2012 à gauche
20:46qui était la plus exemplaire
20:48parce que justement,
20:49il y avait de vraies confrontations
20:50quand même au sein peut-être
20:51d'une vaste famille politique,
20:53d'accord ?
20:53Mais quand même avec des nuances,
20:54avec des divergences.
20:55Ça a été également le cas
20:56de la primaire
20:57qui a beaucoup moins marché
20:58par la suite,
20:58mais celle de la droite
20:59en 2017
21:00où il y avait également
21:01des gens qui étaient...
21:022011,
21:02primaire de la gauche,
21:04François Hollande
21:05est le seul candidat
21:06qui gagne une primaire
21:07et qui remporte ensuite
21:08la présidentielle.
21:09C'est pour ça que je dis
21:09que c'est ça
21:09qui est la plus exemplaire.
21:10Et pourtant,
21:12dans une interview
21:13très récente,
21:14François Hollande
21:14dit que finalement,
21:15cette primaire,
21:15ça avait été une erreur
21:16en disant
21:16qu'il y avait à peu près
21:17le même parcours
21:19et le même programme
21:20et finalement,
21:20il ne faudrait pas le refaire.
21:21Vous voyez comme quoi
21:21il l'avait gagné,
21:22il l'avait emporté,
21:23il est devenu président
21:23et pourtant,
21:24il garde un mauvais souvenir
21:25de cette primaire.
21:25Il a un mauvais souvenir
21:26parce qu'aujourd'hui,
21:26il ne veut pas de primaire.
21:27C'est surtout pour ça
21:28qu'il a un mauvais souvenir.
21:29Merci beaucoup,
21:30les informés.
21:31Merci Henri Vernet,
21:32je rappelle que vous êtes
21:34éditorialiste à Radio Orient,
21:35France 24 et France Info TV.
21:37Merci beaucoup,
21:37France Boisie,
21:38journaliste au service
21:39d'économie et de libération.
21:40Vous avez la une de libération.
21:41On s'intéresse
21:42à la fortune de Trump
21:43qui a gagné beaucoup d'argent
21:44depuis qu'il est président.
21:45Précipitez-vous
21:46dans les bons kiosques.
21:47Merci Renaud Blanc.
21:48A demain.
21:48On se retrouve demain
21:49et les informés reviennent
21:50ce soir à 20h
21:51avec Victor Mettet.
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