00:01Tech&Co, la quotidienne, la start-up.
00:05Bonsoir Thibaut, c'est la main.
00:07Enchanté.
00:07Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:09Vous êtes fondateur et président de Nanoz, fondé en 2012 à Rousset, près de Marseille.
00:15Vous êtes une deep tech française qui est spécialisée dans la conception de cacteurs gaz miniaturisés et intelligents.
00:23C'est intéressant parce que vous créez des nés électroniques.
00:26Exactement.
00:27Finalement.
00:27C'est exactement ça.
00:28Et c'est vrai qu'on parle beaucoup, même dans l'intelligence artificielle aujourd'hui, du son, de la vidéo,
00:34mais pas de l'odorat et de tout ce qui touche à l'olfactif, finalement.
00:40Exactement, c'est tout à fait ça.
00:41Aujourd'hui, on ne travaille pas justement sur ce sens-là.
00:45C'est pour ça que depuis aujourd'hui, comme vous l'avez dit, 2012, on a fait 7 ans de
00:49R&D avec le CNRS,
00:515 ans d'industrialisation, et ça fait un an qu'on commercialise, pour développer ce petit composant de 2,8
00:56mm.
00:57Waouh, alors qu'on ne va pas voir à la télé parce qu'il est tout petit, vraiment, il a
01:00la taille d'une coccinelle, quoi, vraiment.
01:01Et ce petit composant a la particularité d'être sensible à peu près à toutes les molécules gazeuses.
01:07Et grâce à l'intelligence artificielle, on va le rendre unique pour un cas d'usage.
01:11Donc ça va être potentiellement détecter des maladies dans la laine, ça va être détecter le taux d'alcool en
01:18mettant son doigt,
01:20détecter des problèmes sur les batteries électriques des voitures avant qu'ils arrivent, la qualité de la nourriture dans les
01:25frigos,
01:27et j'en passe.
01:28Mais vous êtes assis sur un tas d'heures, monsieur !
01:30J'espère !
01:32Alors, juste une chose, est-ce que vous êtes les seuls à fabriquer ce type de capteurs, ou est-ce
01:35que vous avez des concurrents ?
01:36On a des concurrents, pas des moindres, il n'y en a pas énormément, mais pas des moindres, il y
01:40a Bosch.
01:41Ok, oui, qui est un gros acteur.
01:44Un gros acteur, Sandserion et Figaro au Japon, pour citer les plus gros.
01:48Mais on a un avantage concurrentiel énorme, grâce à un brevet du CNRS et à Ex-Marseille Université, sur lequel
01:53on a une licence exclusive Monde,
01:55qui nous permet d'être uniques, et d'être les seuls à pouvoir, sur un composant, plus l'intelligence artificielle,
02:00à faire cette sélectivité ou ce née électronique.
02:03Les autres ont besoin de plusieurs composants, pour pouvoir faire la même chose, sont beaucoup chers.
02:06Ce seul petit capteur, qui trouverait sa place dans un smartphone finalement, avec une IA, pourrait détecter des centaines de
02:16signaux différents.
02:17C'est ce que vous disiez.
02:18Exactement. Aujourd'hui, on travaille par exemple avec une société américaine, qui a développé et qui a présenté au CES
02:25ce dispositif, pour le diabète dans la laine.
02:27Ok.
02:28Mais on pourrait très bien imaginer demain, dans un téléphone, pour commencer sur certaines maladies, puis au fur et à
02:33mesure étendre sur d'autres maladies.
02:36Incroyable.
02:37Aujourd'hui, vous êtes dans quel... Est-ce que quelqu'un commercialise votre capteur, en fait ? Vous le vendez
02:43déjà ?
02:44Alors, on le vend, mais ils ne sont pas encore sur le marché, puisque nos clients sont en train de
02:48finaliser les développements de leurs produits.
02:49Ok.
02:50Donc on a deux clients qui sont en train de développer aujourd'hui, dans le monde de l'automobile, deux
02:54constructeurs européens, pour des cas d'usage, notamment autour de l'alcool, pour démarrer un véhicule avec son doigt.
03:00Donc ce n'est pas que l'odeur, en fait.
03:02Parce que finalement, c'est quoi ? Vous allez détecter...
03:05Les gaz émis par la peau.
03:06Les gaz émis par la peau. Quand j'ai trop bu, j'émets en fait des gaz qui traversent la
03:14peau, c'est ça ?
03:14Exactement. Quand vous buvez beaucoup...
03:17Cela dit, quand on souffle dans un éthylotest, c'est pareil, en fait.
03:22Tout à fait.
03:22Sauf que là, c'est beaucoup plus subtil, on va dire.
03:25C'est plus subtil. Le bouton start and stop, par exemple, pour démarrer le véhicule.
03:29Et on arrive aujourd'hui, avec votre capteur, à mesurer le taux d'alcoolémie précisément, simplement en appuyant sur le
03:37bouton pour démarrer la voiture.
03:38Tout à fait.
03:39Waouh ! Mais c'est génial !
03:41Donc on travaille sur ça.
03:42Donc ça va arriver sur des véhicules, bientôt ?
03:47Je pense que le temps, le marché de l'automobile est un peu long. D'ici 2-3 ans, je
03:50pense que ce sera dans des véhicules.
03:52D'accord. Et là, là-dedans, vous avez un Eldorado dans ça, non ?
03:57Alors, tout à fait. La particularité, c'est qu'aujourd'hui, pour aller légèrement dans la technique,
04:01aujourd'hui, notre composant est ce qu'on appelle un composant analogique.
04:03Donc il a besoin d'autres composants pour fonctionner.
04:06Pour pouvoir aller dans un téléphone, il faut qu'on le digitalise, qu'on internalise tous les autres composants dans
04:11le même composant.
04:12Waouh ! Ça, c'est important.
04:13Pour pouvoir aller dans un téléphone.
04:14Et alors ?
04:15Et bien, ça fait partie des financements qu'on cherche actuellement pour pouvoir financer notre croissance
04:21et aussi pour pouvoir digitaliser ce composant, pour pouvoir aller attaquer le marché du smartphone.
04:24Parce qu'on parle beaucoup d'IA de plus en plus intelligente, qui veut reproduire l'humain en ayant tous
04:31les sens, en fait, de l'humain.
04:33Je parlais tout à l'heure de l'audio et de la vidéo, mais on peut imaginer que demain, on
04:37pourrait entraîner aussi des IA sur les odeurs, en fait, non ?
04:41Exactement. Alors, on essaye de contacter en ce moment les sociétés de la robotique, puisqu'on voit beaucoup les robots.
04:46On se dit que ça pourrait très bien aller dans les robots pour avoir un nez artificiel, pour reconnaître des
04:50odeurs.
04:51Mais notamment dans le marché industriel, on a beaucoup de cas de maintenance prédictive par une électronique, détection d'événements.
05:00Un câble qui surchauffe, un arc électrique, des gaz, etc.
05:06Souvent, quand on parle de l'alphaltique, on parle des animaux, parce que c'est vrai que, par exemple, les
05:10chiens ont, on va dire, un sens qui est beaucoup plus aiguisé que le nôtre.
05:14Je crois que c'est plusieurs milliers de fois fort, en fait.
05:17On peut comparer, en fait, le petit capteur que vous avez mis au point à une truffe d'un chien,
05:23par exemple ?
05:24On est entre les deux. On est entre le chien et l'humain, en termes de précision.
05:28C'est-à-dire qu'on n'arrive pas à avoir le degré de sensibilité d'un chien, c'est
05:31ça ?
05:32Pas encore.
05:34On n'est pas encore assez sensibles pour être au niveau du chien, mais on pourrait, quand j'ai discuté
05:38avec le CNRS, on pourrait développer un jour un capteur de truffes, par exemple.
05:42C'est alors. Et là, il y aurait pas mal de clients potentiels qui pourraient être intéressés.
05:48Mais vous parliez tout à l'heure de la médecine, c'est intéressant.
05:50C'est-à-dire qu'on pourrait détecter des maladies, des pathologies, même naissantes, simplement avec la laine, c'est
05:58ça ?
05:58Tout à fait.
05:59Je prenais l'exemple du chien, parce qu'il y a des chiens qui arrivent à détecter des cancers, simplement,
06:04en se rapprochant, en fait, de personnes qui sont malades, finalement.
06:09C'est possible aussi avec votre capteur ?
06:11On a une société en Angleterre qui travaille sur le cancer pour détecter, justement, avec nos capteurs, qui sont en
06:18train de faire des tests cliniques et développer des produits.
06:20On a des contacts avec différents laboratoires qui travaillent, notamment aux US, qui ont déjà démontré qu'ils sont capables
06:25de détecter différentes maladies avec nos capteurs.
06:28Et il y a plusieurs publications scientifiques qui démontrent que, par les gaz émis, par notre haleine, on peut détecter
06:33des maladies.
06:34D'accord. Et là encore, vous avez des chercheurs qui sont intéressés et qui essaient d'avancer avec votre technologie
06:42?
06:42Alors, c'est ce qui se passe beaucoup aux US, actuellement.
06:45Des laboratoires, et notamment l'Université d'Indiana aux US, travaillent avec nos capteurs pour développer et tester différentes maladies.
06:51Et après, c'est internalisé par des sociétés américaines, comme pour le diabète, c'est ce qui s'est passé.
06:56Oui. Et on peut imaginer que dans l'industrie aussi, vous avez un potentiel énorme, non ?
06:59Pour détecter des débuts d'incendies. Enfin, ça existe déjà, des capteurs comme ça, mais du gaz ou des choses
07:07comme ça, non ?
07:07Détection de fuite de gaz, d'hydrogène, maintenance prédictive des machines. Il y a énormément de cas d'usage.
07:13Vous avez un boulevard. Espérons que tout cela se confirme. Donc là, vous attendez quoi ? En fait, des levées
07:20de fonds, des choses comme ça ?
07:21On a lancé depuis deux mois maintenant une recherche d'investisseurs pour financer notre croissance.
07:28D'accord.
07:29Et pour justement passer à la phase digitale, pour pouvoir aller attaquer le marché du smartphone.
07:35Ça s'appelle Nanoz, si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas. Merci beaucoup.
07:39Merci à vous.
07:40Thibaut Selam, fondateur et président de Nanoz, donc basé à Rousset, près de Marseille.
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