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Blindés 130 Saison 2
Le char lourd français le B1 bis
Le char lourd français le B1 bis
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00:10Au combat, on se prépare, pilote frais, chargeur prête.
00:26Le BNB, c'est le géant de l'armée française en 1940, un véhicule fort roulant qui sème la panique
00:33chez l'ennemi.
00:34Sa protection est telle qu'il peut encaisser des dizaines de projectiles sans broncher,
00:40ce qui lui vaut la réputation d'invincibilité lors de certains duels héroïques.
00:45Cependant, ce colosse a des failles majeures.
00:49Très gourmand en carburant et complexe à piloter, il tombe fréquemment en panne d'essence
00:54et se retrouve souvent immobilisé loin des combats.
00:58De plus, son chef de char est totalement débordé car il doit diriger, viser et tirer presque seul,
01:04ce qui rend le véhicule difficile à manœuvrer dans l'urgence.
01:09Finalement, malgré sa puissance brute, il n'a pas pu contrer la rapidité de l'invasion allemande.
01:35L'idée d'un char de bataille, d'où le B, remonte à 1921, sous l'impulsion du général Etienne.
01:43Cependant, le concept technique n'est figé qu'en 1926.
01:47Le tout premier prototype du modèle original, le Cher B1, est achevé par les usines Renault en 1929.
01:54Ce prototype subit des tests rigoureux pendant plusieurs années pour valider son système de direction hydrostatique complexe
02:02et son armement double avant que la production de la première série, le B1 standard, ne débute réellement en 1934.
02:09Le modèle B1 bis, et la version améliorée, la plus célèbre du char, voit sa conception finalisée en 1936.
02:18Cette évolution répondait aux besoins d'un bladage plus épais passant de 40 mm à 60 mm
02:24et d'un moteur plus puissant pour compenser l'augmentation du poids.
02:29La fabrication de cette version bis commence véritablement en 1937.
02:34La production est alors repartie entre plusieurs constructeurs français de renom pour tenter d'accélérer la cadence.
02:41Malgré la puissance industrielle mobilisée, la complexité mécanique du char et le coût de fabrication très élevé
02:47ont limité le nombre d'unités disponibles au moment du choc de 1940.
02:53Au total, 403 exemplaires du Cher B1 bis ont été produits et livrés à l'armée française entre 1937 et
03:00juin 1940.
03:02Si l'on ajoute les 34 exemplaires du modèle B1 d'origine, moins blindés, la famille des chars B totalise
03:09437 unités.
03:11A titre de comparaison, ce chiffre était bien inférieur au nombre de Panzer III et IV produits par l'Allemagne
03:17à la même période,
03:19ce qui explique en partie pourquoi ces forteresses n'ont pas pu inverser le cours de la guerre
03:25malgré leur supériorité tactique en duel.
03:28Le Cher B1 bis se distinguait avant tout par son armement atypique,
03:33héritage direct des réflexions tactiques de la première guerre mondiale.
03:38Il ne possédait pas un, mais deux canons au rôle bien distinct.
03:43En Tourelle, on arborait un canon de 47 mm, le SA-35.
03:48Une arme de précision redoutable, capable de percer n'importe quel blindé allemand de l'époque.
03:53En parallèle, une pièce de 75 mm était encastrée directement dans la coque.
04:01Ce second canon massif servait principalement à l'appui d'infanterie et à la destruction de fortifications.
04:08Sa particularité résidait dans son montage fixe.
04:12Pour viser horizontalement, le pilote devait faire pivoter l'intégralité du char grâce à un système de direction hydrostatique complexe,
04:20le système Nader.
04:22Sur le plan de la protection, le B1 bis était une véritable forteresse mobile.
04:26Avec un bladage frontal et latéral atteignant 60 mm, il surclassait largement ses contemporains.
04:34En 1940, les canons anti-chars allemands de 37 mm, surnommés avec dérision, les tapes à la porte, par leur
04:42propre servant, s'avéraient incapables d'entamer sa carapace.
04:47Cette invulnérabilité a donné lieu à des exploits héroïques, notamment lors de la bataille de Stone, où certains chars français
04:54ont encaissé plus d'une centaine d'impacts directs sans être mis hors de combat, tout en balayant les colonnes
05:01entières de Panzer.
05:02Malgré cette puissance brute, le char souffrait de lacunes ergonomiques et logistiques fatales.
05:09La plus critique était sans doute sa tourelle monoplace.
05:13Contrairement aux chars allemands, où trois hommes se partageaient le travail, le chef de chair français devait à lui seul
05:20observer le champ de bataille, diriger l'équipage, charger le canon, viser et tirer.
05:26Cette surcharge de travail mentale ralentissait considérablement la cadence de tir et la réaction tactique.
05:34De plus, sa consommation de carburant gargantuesque et sa faible autonomie ont causé sa perte.
05:41Faute de camions-citernes capables de les suivre sous le feu, de nombreux béimbissons étaient abandonnés intactes par leur équipage
05:48après être tombés en panne sèche.
05:50Enfin, une grille de refroidissement située sur le flanc gauche constituait un véritable talon d'Achille.
05:57Une zone de vulnérabilité que les tankistes allemands apprenaient vite à cibler pour atteindre le moteur.
06:05Le béimbiss pesait environ 31,5 tonnes et nécessitait un équipage de 4 hommes, un chef de chair, un pilote
06:13canonnier, un net pilote chargeur et un radio.
06:17Bien que puissant, il restait lent avec une vitesse de pointe de 28 km par heure sur route,
06:23ce qui limitait sa capacité à mener des contre-attaques rapides face à la mobilité de la Blitzkrieg.
06:30Après la défaite française, nombre d'entre eux furent intégrés à la Wehrmacht sous la dénomination de Panzerkombwagen B2 740F.
06:51C'est parti, c'est parti, c'est parti, c'est parti.
07:27Le premier véritable engagement opérationnel du char B1bis a lieu lors de la percée allemande en mai 1940.
07:34Bien que quelques unités aient été mobilisées dès le 10 mai, le baptême du feu massif et significatif se déroule
07:42entre le 15 et le 16 mai 1940.
07:46Le 15 mai, le char B1bis rencontre les Panzer de Rommel près de Flavion en Belgique.
07:52C'est un combat tragique.
07:54Les chers français, bien que techniquement supérieurs en duel, sont surpris en plein ravitaillement en essence ou dispersés.
08:02Malgré leur blindage qui repousse les obus allemands, ils sont submergés par le nombre et la coordination adverse.
08:09C'est ici que le monde réalise que le B1bis est un monstre de puissance, mais qu'il est paralysé
08:15par sa logistique.
08:17C'est au même moment, un peu plus au sud des Ardennes, que le B1bis entre dans l'histoire lors
08:23de la bataille de Stone.
08:25Ce village stratégique pour protéger le flanc de la percée allemande à Sedan va changer de main 17 fois en
08:334 jours.
08:34Bien que ces derniers engagements aient prouvé que le B1bis était le char le plus redoutable du champ de bataille,
08:40en combat singulier, ils ont aussi révélé ses limites fatales.
08:45Tout d'abord, le manque de soutien.
08:48Les chers combattaient souvent sans infanterie, pour les protéger des soldats allemands qui s'approchaient avec des mines.
08:54Mais aussi la panne sèche.
08:56A Flavion comme à Stone, de nombreux B1bis ont dû être abandonnés ou détruits par leur propre équipage
09:02parce qu'ils n'avaient plus une goutte d'essence.
09:05Les camions de ravitaillement étaient détruits ou perdus.
09:09Fait ironique de l'histoire, certains B1bis ont fini leur carrière en combattant leurs anciens ravisseurs.
09:15Lors de la libération de Paris en août 1944,
09:19les résistants et les forces françaises ont récupéré quelques exemplaires stockés dans les dépôts ou abandonnés par les Allemands.
09:27Aujourd'hui, il ne reste que peu d'exemplaires complets de ce géant d'acier.
09:32Le temps et la ferraille ont eu raison de la quasi-totalité de la flotte.
09:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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