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Blindés 95 Saison 2
FCM 2c char lourd français.
FCM 2c char lourd français.
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00:30Début 1917, le ministère de l'armement suggère la construction de trois catégories de chars en fonction de leur poids, léger, moyen et lourd.
00:44Le lourd correspondait au niveau projet.
00:46Néanmoins, le char FCM2C intéressait fortement le général Jean-Baptiste Eugène Etienne, qui commandait la nouvelle unité de chars.
00:56Il avait collaboré étroitement avec Renault pour développer le char FT.
01:02Grâce à cette collaboration, il était bien informé sur l'autre projet de chars.
01:07Etienne craignait que la production de chars lourds monopolise toute la capacité de production disponible,
01:14empêchant ainsi la fabrication du FT, qui est plus léger et bien plus pratique.
01:18Il était favorable à la production de chars lourds, mais en quantité limitée,
01:24et à condition que cela n'entrave pas la fabrication du char FT.
01:28Le comité consultatif de l'artillerie d'assaut, CCAA, avait été créé le 13 décembre 1916,
01:35et s'était réuni pour la première fois le 17 décembre.
01:38Lors de cette première session, il avait été apporté que Renault et FCM coopéraient sur un projet de chars lourds de 30 tonnes.
01:46Lors de la réunion suivante, fin décembre, le général Etienne fut surpris de découvrir qu'un canon de 105 mm était prévu.
01:56Alors qu'il préférait un 75 mm, étant absent lors de la réunion du 17 janvier,
02:01mais il avait informé le comité par lettres qu'il trouvait le projet bien présenté et satisfaisant,
02:08et qu'il était d'accord avec la construction rapide de deux prototypes.
02:11En précisant, sa préférence pour un canon de 75 mm à la place du 105 mm.
02:17Début février, le général Mouret avait déjà ordonné le développement simultané de trois prototypes de version A allégés,
02:24pesant 30 tonnes, mesurant 6,92 mètres de long, avec une suspension comprenant 29 roues jumelées,
02:324 bougies principaux et 5 rouleaux supérieurs,
02:35propulsée par deux moteurs de 200 chevaux, soit 150 kW, est équipée d'un canon de 75 mm.
02:42Afin de répondre à la commande initiale du 20 octobre, la version B de 45 tonnes,
02:48avec une coque allongée à 7,39 mètres, armée d'un canon de 75 mm et de deux mitrailleuses,
02:54avec une suspension comprenant 30 roues, 5 bougies principaux et 6 rouleaux supérieurs,
03:00utilisant un nouveau moteur de 380 chevaux, soit 280 kW, et une transmission hydraulique.
03:07Et la version C de 62 tonnes, avec un canon de 75 mm, une longueur de 9,31 mètres,
03:14une suspension comprenant 45 roues, 6 bougies principaux et 9 rouleaux supérieurs,
03:20ainsi que 4 moteurs de 110 chevaux, soit 80 kW, combinés à une transmission électrique.
03:28Un plan visant à commander immédiatement 50 véhicules pratiquement identiques au modèle réduit fut donc rejeté.
03:35La commande de deux prototypes supplémentaires passés le 1er février fut confirmée par le CCAA le 7 février.
03:42Finalement, le FCM1A serait développé avec un canon de 105 mm,
03:46et le FCM1B utiliserait une transmission mécanique.
03:51Le 17 novembre, le FCM1A est présenté au CCAA.
03:56Il s'agissait d'un banc d'essai qui ne correspondait pas exactement aux spécificités originales de la version A.
04:03L'entreprise, dans ses efforts pour préparer un véhicule le plus rapidement possible,
04:08avait construit un prototype largement basé sur la maquette originale,
04:11et donc beaucoup plus proche du concept B.
04:13avec un canon de 105 mm et une transmission mécanique,
04:17la transmission hydraulique ayant été abandonnée par le CCAA.
04:21C'était le plus grand char construit jusqu'à cette date.
04:24Il avait une longueur de 8,35 mètres, une largeur de 2,84 mètres,
04:29une hauteur de caisse de 1,98 mètres,
04:32une hauteur de tourette de tourelle de 2,785 mètres,
04:36une coupole incluse 3 mètres.
04:38C'était également le premier char avec une protection contre les obus explosifs d'artillerie.
04:46Le blindage frontal de la caisse était de 35 mm d'épaisseur,
04:50tout comme la tourelle.
04:52Les côtés et l'arrière étaient de 21 mm,
04:55le haut et le toit de 15 mm.
04:57Le poids total était de 41,4 tonnes,
05:02dont 5,5 tonnes de blindage de caisse
05:04et 1,3 tonnes de blindage de tourelle.
05:07La caisse du FCM 1A était très allongée
05:11afin de franchir les larges tranchées.
05:15Elle était plus ou moins compartimentée en 4 sections,
05:19mais celle-ci n'était pas séparée par des cloisons.
05:22Un compartiment conducteur relativement court à l'avant,
05:25un compartiment de combat avec une tourelle à son sommet,
05:28une salle de munitions plus grande
05:30et enfin un grand compartiment moteur à l'arrière.
05:34Ce dernier était élargi des deux côtés au-dessus des chenilles
05:38pour créer de l'espace pour le long réservoir de carburant rectangulaire.
05:44A l'origine, un équipage de 7 personnes était prévu,
05:47mais en décembre 1917, ce nombre fut réduit à 6.
05:50Le chef de char à gauche de la tourelle pointait le canon,
05:54un deuxième homme à droite de la tourelle
05:56qui combinait les fonctions de tireur,
05:59mitrailleur et chercheur.
06:01Un net chargeur debout,
06:03remettant de nouvelles munitions au chargeur.
06:06Au début, deux d'entre eux avaient été jugés nécessaires,
06:09un conducteur, un mitrailleur avant
06:11et un mécanicien qui faisait également office de mitrailleur arrière.
06:15L'armement principal était un 105 mm raccourci
06:18pour réduire son recul afin de l'intégrer dans la tourelle.
06:23Il tirait un obus explosif de 4 kg d'explosifs
06:25à une vitesse initiale de 240 mètres par seconde.
06:29Le chef de char pointait le canon en observant la cible
06:32à travers une lunette à réticule montée sur le toit de la tourelle
06:37depuis sa coupole rectangulaire.
06:40Il y avait deux mitrailleuses de 8 mm
06:42dans des positions fixes à rotule.
06:45Une mitrailleuse ou des pistolets de réserve
06:47pouvait être tirée à travers 5 fentes verticales
06:51qui pouvaient être bouchées.
06:53Une à l'arrière de la tourelle,
06:56deux sur les côtés de la tourelle
06:58et deux sur les côtés de la caisse
07:00sous l'arrière de la tourelle.
07:03Dans le prototype,
07:05un seul moteur de 220 chevaux,
07:07soit 160 kW,
07:08était installé,
07:09donnant une vitesse maximale de 10 km par heure
07:12et une vitesse minimale de 2 km par heure.
07:15La transmission était mécanique,
07:18utilisant un embrayage à disque
07:19entraînant les chenilles via un pignon arrière.
07:24La suspension était à bogie,
07:26à ressort à lame,
07:27deux quatre roues chacune
07:28avec des brides externes et internes alternées.
07:34Les chenilles de 600 mm de large
07:36donnaient une pression au sol de 0,6 kg par cm².
07:40La garde au sol était de 400 mm.
07:45La conception n'avait délibérément pas
07:47de section avant ou arrière en surplomb,
07:51ce qui avait grandement entravé
07:52la mobilité des chers français précédents
07:54comme le Schneider CA et le Saint-Chamot.
07:59Le chers pouvait franchir un obstacle vertical
08:01de 1 m de haut
08:02et de traverser une tranchée de 3,5 m de large.
08:06Le 20 décembre 1917,
08:08le premier prototype était prêt à être présenté
08:10à une commission d'enquête du CCAA.
08:14Le FCMAA, avec son aspect futuriste pour l'époque,
08:18a fait une excellente impression
08:20sur les personnes présentes.
08:23Il a été démontré que le vitilleul
08:24était capable de sans effort
08:26de traverser des tranchées de 3,5 m de large,
08:30de gravir des murs de 90 cm de haut
08:33et de descendre dans des cratères
08:35de 6 m de large et de 4 m de profondeur.
08:40Dans les bois, il pouvait briser une épaisseur
08:43de 28 cm de pas
08:44et en faire chuter un de 35 cm de diamètre.
08:50Une vitesse de 6 km par heure a été atteinte.
08:53Le principal problème était qu'il s'avérait difficile
08:57de le diriger
08:58en raison de sa longueur de chenille extrême
09:01et de son profil de maillon de chaîne insuffisant.
09:06Les chenilles glissaient facilement
09:07quand elles étaient freinées.
09:09Le moteur a une tendance à surchauffer
09:11et son manque de puissance
09:13l'a limité à une escalade maximale de 65 %.
09:16Bien que le premier canon raccourci de 105 mm
09:20ait été reçu en octobre,
09:22les premiers essais de tir en direct
09:24n'ont lieu que le 5 et 7 février 1918
09:26avec des résultats satisfaisants.
09:30Le général Etienne avait déjà pris sa décision
09:32de choisir la version la plus lourde,
09:34le C, pour la production.
09:36Ce qui nécessitait un tout nouveau prototype
09:40et causait un retard considérable.
09:43Ensuite, le haut commandant Pétain
09:45a exigé des chiffres de production
09:47déraisonnablement élevés,
09:49retardant ainsi la planification
09:51et déclenchant un conflit politique.
09:54Dans un premier temps,
09:55la commande de production pour le char 2C
09:57a été annulée.
09:59Cependant, malgré la fin des hostilités,
10:01une forte pression politique
10:02pour adopter de nouveaux projets
10:04de chars lourds persistait,
10:06étant donné qu'il y avait désormais
10:08une capacité de production excédentaire
10:10considérable dans l'industrie lourde.
10:14Pour stopper cela,
10:15la direction de l'artillerie d'assaut,
10:17sur incitation d'Etienne,
10:19décida en avril 1919
10:21de se procurer 10 chars 2C
10:23et d'utiliser cela comme argument
10:26pour rejeter tout autre projet.
10:29Les 10 chars ont été livrés en 1921
10:31et modifiés par l'usine jusqu'en 1923.
10:35Le 12 juin 1940,
10:36il était ordonné d'embarquer sur voie ferrée
10:38les 8 chars encore disponibles.
10:41Deux chars tombent en panne à Marville,
10:44le numéro 95,
10:46et à Pienne, le numéro 92.
10:50Les 6 chars restants embarquent le 13
10:52dans la gare de Landre à bord de deux trains.
10:55Dans la nuit du 13 au 14,
10:57ceux-ci subissent des bombardements imprécis
10:59de l'évolution italienne.
11:00Après maintes péripéties
11:03symptomatiques de la désorganisation
11:06des forces françaises
11:07durant la bataille de France,
11:08ils durent être sabotés
11:10par leur équipage
11:11le 15 juin 1940 à 19h,
11:13alors que les trains qui les transportaient
11:15se trouvaient coincés
11:16dans une courbe
11:17derrière 5 autres trains,
11:20eux-mêmes bloqués
11:21par un convoi de carburant en flamme
11:22à l'entrée du village de Meuse,
11:24à une cinquantaine de kilomètres
11:25au sud de 9 châteaux
11:27alors qu'ils se dirigeaient
11:28vers la gare de Culemont.
11:29Charles André
11:30et Yves sur Thiel.
11:33Un seul char
11:34dont la mise à feu des charges
11:35n'avait pas fonctionné,
11:36le numéro 99,
11:38il a été capturé
11:39par un régiment de Panzer,
11:41amené à Berlin
11:42pour être exposé
11:43comme trophée de guerre
11:44jusqu'à disparaître en 1948.
11:47Après la guerre,
11:48les rumeurs circulaient
11:50selon laquelle
11:51le véhicule a été capturé
11:52par les soviétiques
11:53et emmené en Union soviétique.
11:56Soit il reste caché
11:57dans un hangar d'un musée en Russie
11:58ou aurait été démantelé
12:00peu après la fin de la guerre.
12:01Sous-titrage Société Radio-Canada
12:34...
13:04Suite à une décision prise en décembre 1922, le chair qui deviendra plus tard le Champagne fut modifié entre 1923 et 1926 pour devenir le chair de ses BIS.
13:20Ce modèle expérimental était équipé d'un obusier de 150 mm loché dans une tourelle arrondie en acier moulé.
13:29L'obusier avait une vitesse initiale de 200 mètres par seconde.
13:33Deux nouveaux moteurs furent installés et les trois postes de mitrailleuse indépendants furent supprimés.
13:38Dans cette configuration, le chair pesait environ 74 tonnes.
13:46Cependant, cette modification ne fut que temporaire car le véhicule retrouvera sa configuration précédente après 1934.
13:54La nouvelle tourelle fut utilisée dans la ligne Marrette en Tunisie.
13:59Entre novembre et décembre 1939, le Lorraine, qui servait de chair de commandement de compagnie, fut expérimentalement surblindé.
14:09L'objectif était de le rendre invulnérable au canon anti-chair allemand standard.
14:14Le blindage frontal fut porté à 90 mm et le blindage latéral à 65 mm.
14:19Dans cette configuration, pesant environ 75 tonnes, le Lorraine possédait à cette époque le blindage le plus épais de tous les chars opérationnels.
14:29Et il est probablement encore aujourd'hui le char opérationnel le plus lourd jamais construit.
14:35Le FCM2C est très moderne en sa conception générale, mais il avait de gros défauts qui expliquent aussi sa faible notoriété historique.
14:44Ce sont sa masse, sa fiabilité, sa lenteur, sa consommation et les contraintes de déplacement logistique.
14:52L'énorme masse du 2C correspondait aux yeux de ses concepteurs à sa fonction de chair de rupture.
14:59Or, historiquement, il ne justifie pas et était largement superflu.
15:05Une des raisons du peu d'intérêt que souleva le 2C, c'est à sa mécanique peu fiable.
15:10Tout au long de sa carrière, il se caractérisa par un taux de disponibilité épouvantablement bas, moins de 60%.
15:18Sans parler de sa vitesse maximale qui était seulement de 12 km par heure.
15:23Cela résultait de sa masse, mais surtout de l'absence de suspension.
15:27Cette vitesse était admissible en 1920.
15:30Elle ne l'était plus dès 1930, où le progrès des chenilles firent gagner 10 voire 20 km par heure.
15:36Le 2C était dès lors inapte à son rôle.
15:40Il constituait une cible facile.
15:44Pour des raisons futiles, le 2C a évincé le modèle 1A.
15:48Lorsqu'on considère celui-ci avec un recul, on constate en effet qu'il correspond beaucoup plus aux chars à venir.
15:56De conception similaire au 2C, il disposait aussi d'un canon long en tourelle, mais ne pesait que 30 tonnes.
16:04C'était donc un engin plus raisonnable, susceptible de développement ultérieur.
16:10Cette absence de chars moyens se fera lourdement sentir en 1940.
16:15Quoi qu'il en soit, le 2C aurait dû être la base de tous les chars.
16:20Il les affluença, mais la filiation fut cassée par les circonstances dans lesquelles il naquit.
16:25Son prix, le manque de fiabilité et le poids du matériel qui faisait que seul un autre 2C pouvait le tirer et que son levage relevait de l'équipement portuaire.
16:37Le peu d'attrait de l'infanterie pour un tel matériel firent que ce char fort intéressant resta un événement sans suite.
16:45Sous-titrage Société Radio-Canada
16:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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