- il y a 8 heures
« BFM POLITIQUE » est LE rendez-vous média incontournable rythmant la vie politique française. Chaque dimanche, en direct et en public, l’émission présentée par Guillaume Daret donne la parole aux personnalités de tous bords. Durant deux heures, un représentant politique au cœur de l’actualité répond aux questions de la journaliste de BFMTV, puis débat dans le « face à face » avec un contradicteur sur un sujet qui les oppose.
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TVTranscription
00:00Mes côtés, Amandine Attalaya, bonjour, Ludovic Ligon de la Tribune dimanche.
00:03C'est un invité exceptionnel, Bruno Le Maire, l'ancien ministre de l'économie.
00:06Merci d'être à nos côtés.
00:08Cette bascule du monde qui est en train de se produire sous nos yeux,
00:11vous allez nous aider à la décrypter, à l'analyser.
00:13C'est justement ce qui est très présent dans votre dernier ouvrage que vous venez de publier,
00:18le temps d'une décision aux éditions Gallimard.
00:21On va bien sûr voir aussi l'impact économique majeur de cette guerre.
00:25La plus grave crise énergétique de l'histoire,
00:27selon un responsable de l'agence internationale.
00:30On l'a entendu à l'instant, Téhéran et Washington qui continuent de se jauger.
00:35Donald Trump qui doute que le plan iranien soit acceptable.
00:39Comment vous décryptez ce moment de tension extrême que nous vivons
00:43et cette escalade qui semble encore s'accentuer ?
00:46Ce plan d'abord n'est pas un plan, c'est une provocation,
00:50puisqu'il ne traite pas la seule question essentielle
00:53qu'est la question du nucléaire militaire et de l'accès de l'Iran au nucléaire militaire,
00:58qui serait une menace pour la région tout entière,
01:00et qu'il maintient la perspective d'avoir un péage dans le détroit d'Hormuz,
01:05ce qui est évidemment inacceptable du point de vue du droit,
01:08et qui ne ferait que renforcer les gardiens de la révolution
01:11et le régime en place à Téhéran.
01:13Donc c'est une impasse totale dans laquelle nous sommes aujourd'hui.
01:17C'est la preuve supplémentaire, ça en était besoin,
01:19parce qu'on va voir un plan toutes les semaines qui va se succéder à un autre,
01:23que la force sans le droit, ça ne mène nulle part.
01:27Et c'est ce que je raconte dans le livre.
01:29À l'origine de la crise iranienne, ne l'oublions pas,
01:31il y avait cette initiative européenne en 2003
01:34que nous avions lancée avec Jacques Chirac et Dominique de Villepin
01:37de traiter la question majeure du nucléaire iranien,
01:40comment empêcher les Mollahs d'avoir accès à la bombe,
01:43par le droit et par la diplomatie.
01:46Ça avait conduit à un accord, le fameux accord de 2015.
01:49Je pense que l'erreur que nous avons commise, nous, Européens,
01:52c'est de ne pas comprendre que le droit, désormais,
01:55doit être appuyé sur la force.
01:57Donald Trump qui dit qu'il est prêt à nouveau à frapper,
01:59comment vous décryptez cela ?
02:01C'est une menace qu'il fait depuis très longtemps.
02:03Lui ne croit qu'à la force.
02:04Moi, je ne crois qu'au droit appuyé sur la force.
02:08Et si les Européens ont aujourd'hui un rôle à jouer,
02:11c'est justement dans les mois qui viennent
02:13et dans les années qui viennent, car cela prendra du temps,
02:16de comprendre que désormais, ils sont seuls,
02:19ils ne peuvent plus compter ni sur le soutien des États-Unis
02:22ni sur le soutien d'autres alliés,
02:24et qu'ils doivent de toute urgence
02:26constituer des forces militaires,
02:28des forces énergétiques, des forces financières,
02:31des forces technologiques,
02:32pour faire face au monde qui vient,
02:34que je décris dans le livre,
02:35c'est-à-dire un monde de force brute.
02:38Dans les médias, vous dites que nous sommes dans une impasse.
02:40Est-ce que pour vous, cette guerre s'annonce longue ?
02:44On semble être en fait dans une sorte de guerre des nerfs,
02:46par ailleurs, entre les États-Unis et l'Iran.
02:49Guerre longue, et qui a la main aujourd'hui ?
02:51Je ne lis pas dans le mar de café,
02:53donc je vais me garder de prévisions qui seraient hâties,
02:56mais je ne vois pas de porte de sortie aujourd'hui,
02:59sauf à ce que le président américain accepte de renier
03:02tout ce pourquoi il s'est engagé en Iran.
03:04Je ne vois pas de porte de sortie,
03:06parce que les Iraniens résistent,
03:09et parce que, ne l'oublions pas,
03:10derrière l'Iran, il y a le soutien de la Russie,
03:12qui s'est manifestée de manière de plus en plus claire,
03:15et il y a le soutien de la Chine.
03:16Et que tout cet ensemble,
03:18qui est radicalement hostile au monde occidental,
03:21n'a aucun intérêt à donner la victoire à Donald Trump.
03:26Donc nous, Européens, nous devons,
03:28dans tous les cas de figure,
03:30nous préparer à un conflit qui peut être long,
03:32avec des conséquences sur la vie quotidienne de nos compatriotes,
03:35le prix de l'essence, le prix du diesel,
03:38des conséquences immédiates sur la sécurité de nos troupes,
03:42et des conséquences de plus long terme sur la croissance économique.
03:45Mais vous comprenez quelle est la stratégie de Donald Trump ?
03:48Dans votre livre, Le temps de décision,
03:49vous écrivez que pour conquérir sa base,
03:51il a toujours besoin de résultats rapides et spectaculaires.
03:54On en est loin.
03:55Je pense que c'est une stratégie de fuite en avant.
03:58Si la stratégie, c'était éliminer l'arme nucléaire,
04:01alors là, je ne comprends pas très bien.
04:02Il joue sur la mémoire de poissons rouges que nous avons tous.
04:04Mais il me semble qu'il y a quelques mois,
04:06il avait lourdement bombardé avec des bombes très spéciales
04:09les installations iraniennes,
04:11et que la conclusion était qu'il n'y avait plus de menaces nucléaires iraniennes.
04:16Donc pourquoi cette opération,
04:17s'il n'y avait plus de menaces nucléaires iraniennes ?
04:20C'était le temps du droit de la diplomatie,
04:22et plus le temps de la force.
04:24Est-ce que c'est renverser le régime des Mola ?
04:25Visiblement, hélas, malheureusement,
04:27car ce régime est détestable pour la population iranienne,
04:31le régime est toujours en place.
04:33Est-ce que c'était une opération sur le pétrole ?
04:35L'opération est visiblement manquée,
04:37puisque le prix du baril était autour de 60 dollars au début de l'année,
04:41et qu'il dépasse les 100 dollars aujourd'hui.
04:43Donc pour moi, c'est une stratégie de fuite en avant,
04:46où la démonstration de force succède à la démonstration de force,
04:49mais où la capacité à rétablir une paix globale n'existe pas.
04:54– C'est-à-dire que vous doutez, vous l'avez dit,
04:56qu'il y a une porte de sortie,
04:57et donc vous craignez une nouvelle escalade, finalement.
04:59– Je crains une nouvelle escalade,
05:01je ne vois pas aujourd'hui de porte de sortie,
05:03mais j'espère que les événements me démentiront.
05:06Et je pense que la leçon que doivent en tirer les Européens,
05:08je la tire dans ce livre,
05:10je l'ai dit et écrit dans plusieurs interventions depuis un an,
05:14c'est que les Européens comprennent que désormais ils sont seuls,
05:17et qu'ils doivent se séparer des États-Unis d'Amérique de Donald Trump.
05:21– Ça veut dire quoi ça, concrètement ?
05:23– Concrètement, se séparer des États-Unis ?
05:24– Se séparer des États-Unis, ça veut dire sur tous les volets
05:27sur lesquels nous avons accepté depuis 50 ans,
05:30une dépendance totale vis-à-vis des États-Unis d'Amérique,
05:34rattraper de toute urgence le retard pour être indépendant sur les armées.
05:38Mais regardez ce que vient d'annoncer Donald Trump,
05:41le retrait de 5 000 hommes d'Allemagne,
05:43mais attendez-vous à ce que demain il retire toutes les troupes américaines d'Europe.
05:48Si demain la Russie devait attaquer l'Europe,
05:50et le nord de l'Europe, ce qui est une option haute et probable,
05:53croyez-vous vraiment que les Américains viendront à notre rescousse
05:57et utiliseront l'article 5 de l'OTAN ?
05:59Probablement pas.
06:00Donc quand je dis qu'il faut nous séparer des États-Unis et être indépendant,
06:04ça veut dire être indépendant militairement,
06:06ça veut dire, j'en parle beaucoup dans mon livre,
06:07être indépendant technologiquement,
06:09parce qu'on ne va pas continuer à dépendre à 100% de Microsoft, de Google,
06:13ou des satellites en orbite basse de M. Musk et de Starlink,
06:18être indépendant sur les semi-conducteurs,
06:21qu'il faut fonctionner tout ce qu'il y a sur ce plateau
06:23et tout ce qui organise notre vie quotidienne,
06:26et plus important que tout peut-être,
06:29être indépendant mentalement.
06:31Se dire qu'il y a les États-Unis d'un côté,
06:33il y a l'Europe de l'autre,
06:34et que malheureusement,
06:36ce ne sont plus les mêmes valeurs,
06:37et ce ne sont plus les mêmes intérêts.
06:38– C'est encore un allié ou ça ne l'est plus Donald Trump ?
06:42– Mais un allié n'aurait pas déclenché une opération militaire en Iran
06:46sans nous avertir.
06:49Un allié n'aurait pas accueilli Vladimir Poutine,
06:53qui a agressé l'Ukraine en grande pompe sur le territoire américain.
06:59Un allié ne frapperait pas au moment où la croissance européenne est si faible,
07:02et où toute notre industrie automobile est en si grande difficulté
07:06à cause des surcapacités chinoises,
07:08qu'il n'aurait pas imposé des tarifs de 25% sur l'automobile européenne
07:12comme il s'apprête à le faire.
07:13Non, le comportement de Donald Trump n'est pas celui d'un allié,
07:17il est le comportement d'un adversaire
07:18qui ne respecte rien sinon la force,
07:21et qui a décidé, chacun doit le comprendre,
07:24d'affaiblir le continent européen.
07:26– Alors justement, on le voit évidemment,
07:27cette crise militaire, cet affrontement, cette guerre,
07:30entraîne une crise diplomatique, une crise économique.
07:33Au cœur de cela, et bien sûr, ça fait partie du plan iranien,
07:37il y a le blocage du détroit d'Ormuzin.
07:39Super tanker iranien serait passé,
07:41on est en train de vérifier effectivement ces informations.
07:43On voit que ça bloque économiquement le monde entier.
07:47Est-ce que vous jugez qu'aujourd'hui, nous vivons un choc pétrolier ?
07:50– Oui, ne tournons pas autour du pot.
07:53Un choc pétrolier, c'est quand le prix du pétrole flambe.
07:56Je regarde très basiquement les faits,
07:58c'est toujours mieux de regarder les faits et les chiffres.
08:0060 dollars, 110 ou 105 dollars, ça varie d'une journée à l'autre.
08:06C'est forcément un choc.
08:08Quand j'entends en revanche le patron de l'Agence internationale de l'énergie dire que c'est le choc…
08:12– La plus grave crise énergétique de notre histoire, dit-il.
08:14– Oui, ça je pense que c'est totalement faux.
08:16– Pourquoi ?
08:16– Et je le dis parce que j'ai vécu une des crises énergétiques les plus graves
08:20quand j'étais ministre des Finances, celles provoquées par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
08:26Et là, vous aviez non seulement les prix du pétrole qui augmentaient fortement,
08:29mais les prix du gaz qui ont été multipliés par 3, 4, 5, 6, jusqu'à 10,
08:34causant une inflation à deux chiffres dans tous les pays européens.
08:38On n'en est pas là.
08:39On n'en est pas là.
08:40Donc gardons la mesure de ce qui se passe, c'est un choc pétrolier.
08:44Il a un impact sur la vie de tous nos compatriotes qui nous regardent aujourd'hui
08:47et qui voient à la pompe que le prix du diesel peut être à 2,22, 2,23, 2,24
08:52et qui n'arrivent même plus à se payer un plein pour aller travailler,
08:56pour circuler dans de bonnes conditions.
08:57Donc dans la vie quotidienne de nos compatriotes, c'est un choc.
09:00Et de ce point de vue, la seule stratégie bonne,
09:04c'est d'accélérer la décarbonation de l'économie française
09:08et réduire notre dépendance aux énergies fossiles.
09:1060 milliards d'euros.
09:11Qu'est-ce qu'il faut faire pour rouvrir ?
09:12C'est ce que nous continuons à dépenser chaque année pour les énergies fossiles.
09:15Qu'est-ce qu'il faut faire pour rouvrir, comme le dit le président Macron, ce fichu détroit ?
09:18Il faut envoyer la marine française ?
09:19Qu'est-ce qu'il faut faire pour nous rouvrir ce détroit ?
09:21Mais certainement pas.
09:23On ne va pas les menacer, mettre sous un risque maximal,
09:28dans une nasse, nos marins et nos soldats,
09:32alors que nous ne sommes pas partis à ce conflit
09:34et qu'il n'y a pas aujourd'hui de perspective, de diplomatie,
09:38de droit et d'accord de paix plus global.
09:41Je pense que ce serait une véritable erreur.
09:44Dans cette crise sur le pétrole,
09:47une entreprise française au moins fait des bénéfices majeurs,
09:51c'est Total, puisqu'elle a vu ses bénéfices bondir
09:53de plus de 50% au premier trimestre.
09:56Est-ce que, comme le Premier ministre français vous appelait Total
09:59à participer, à continuer d'aider les Français avec ce plafonnement et même plus,
10:05est-ce qu'il faut, à l'inverse, taxer les super profits de Total ?
10:09Assez avec les taxes.
10:11Pendant sept ans, j'ai garanti la stabilité fiscale de notre pays.
10:15Sept ans.
10:16Nous avons baissé l'impôt sur les sociétés,
10:19baissé le prélèvement forfaitaire unique,
10:21et nous nous sommes assurés que les Français aient une visibilité fiscale.
10:26Cette instabilité fiscale, elle tue la nation française.
10:29Alors là, ce serait à titre exceptionnel.
10:31Oui, mais tout est à titre exceptionnel.
10:33Mais le problème, c'est que le provisoire en France,
10:35surtout en matière fiscale, ça a tendance à durer.
10:38Je rappelle qu'il y a déjà une surtaxe à l'impôt sur les sociétés,
10:41qu'il y a déjà une surtaxe à l'impôt sur le revenu,
10:43que c'était censé durer pour la surtaxe à l'impôt sur le revenu à peine un an
10:48et qu'elle est en place depuis plus de dix ans.
10:51Et croyez-moi, je suis prêt à parier beaucoup de bouteilles de champagne
10:54avec les journalistes qui sont autour de ce plateau.
10:56La surtaxe à l'impôt sur les sociétés,
10:58je pense qu'on n'est pas prêt de la voir disparaître.
11:01Donc oublions les taxes,
11:02soyons fiers de nos entreprises qui réussissent
11:04et qui font la force de la nation française.
11:06En revanche, je partage ce qu'a dit le Premier ministre.
11:09Total fait déjà un effort en plafonnant à 1,99€ le prix de l'essence.
11:14S'ils pouvaient avoir la même politique pour le diesel
11:17et pour tous ceux qui aujourd'hui roulent au diesel,
11:20je pense que ce serait juste
11:21et je pense que ce serait un geste apprécié de tous les Français.
11:25Face à la hausse des carburants,
11:26le gouvernement de Sébastien Lecornu a pour l'instant choisi
11:28de décider uniquement des aides ciblées,
11:32compensées par des coupes budgétaires égales.
11:35Est-ce qu'il en fait assez ?
11:36Est-ce qu'il faut faire autre chose ?
11:37Non, je pense qu'il a raison.
11:39On a été payé pour voir que la fuite en avant
11:42pour dépenser toujours plus d'argent sur les carburants,
11:45c'est tout simplement de l'argent jeté par les fenêtres.
11:47Qu'on aide ceux qui en ont le plus besoin,
11:49c'est ce que fait le gouvernement.
11:51Les gros rouleurs, ceux qui ne peuvent pas se passer de leur voiture
11:54pour aller travailler.
11:55J'ai été élu 15 ans d'une circonscription rurale.
11:58Donc les ouvriers, les salariés,
11:59qui ne peuvent pas faire autrement que prendre leur voiture,
12:02qu'on les aide, c'est une question de justice.
12:05La justice, c'est ce qu'il y a de plus important en politique.
12:08En revanche, il y a de l'argent à mettre quelque part,
12:10mais accélérons la décarbonation,
12:13augmentons le leasing social
12:14pour permettre à tous ceux qui veulent un véhicule électrique
12:17de s'en procurer un, parce que ça reste trop cher,
12:19le véhicule électrique pour la majorité de nos compatriotes.
12:22Accélérons la décarbonation de l'économie,
12:24c'est là qu'il faut mettre l'argent.
12:26Mais mettre plus d'argent
12:28pour financer du pétrole ou du gaz
12:29que nous ne produisons pas
12:31et qui ira uniquement dans la main des producteurs de pétrole du Golfe,
12:34c'est pourtant ce qu'on a fait il y a quelques années.
12:35La piste, on a la pompe, c'était une erreur pour vous ?
12:37Je pense que je me suis beaucoup battu pour qu'elle soit limitée.
12:40À chaque fois, c'était de la surenchère,
12:41on ne sait pas assez, il faut faire plus.
12:43Mais à quoi est-ce que ça a servi ?
12:45Très franchement.
12:46Donc sachons tirer les leçons de l'expérience
12:48pour nous dire qu'on ne va pas refaire la même chose.
12:51Nous n'en avons ni les capacités,
12:53ni l'intérêt, puisque nous ne produisons pas de pétrole.
12:56S'il y a de l'argent à mettre,
12:58c'est pour aider ceux qui sont le plus en difficulté.
13:00C'est fait.
13:00Et le gouvernement a raison de s'en tenir à cela.
13:03Pour le reste, investissons dans les énergies décarbonées
13:07et dans l'électrification du pays.
13:09Mais les Français voient ce qui se passe au-delà des frontières.
13:13Par exemple, l'Allemagne va baisser provisoirement
13:14la taxe sur l'énergie qui est appliquée au carburant.
13:16Et ce n'est pas rien, ça ferait 17 centimes par litre de moins,
13:19au moins jusqu'à la fin du mois de juin.
13:20Les Français se disent, mais pourquoi on ne fait pas pareil ?
13:23Mais l'Allemagne, il y a une marge budgétaire
13:24que la France n'a plus.
13:26La faute à qui, si nous ne l'avons plus ?
13:29La faute à un modèle social qui, aujourd'hui,
13:31est totalement déséquilibré.
13:33La vraie raison pour laquelle, aujourd'hui,
13:35vous avez un niveau de dette qui est aussi élevé
13:37et un niveau de difficile qui est si dur à réduire,
13:39c'est que nous avons un modèle social
13:42qui a été créé dans les années 40, 1946,
13:45pour être tout à fait précis,
13:46où il y avait beaucoup d'enfants et peu de prestations.
13:50Depuis 80 ans, on a multiplié des prestations
13:53et on a toujours moins d'enfants.
13:55Moyennant quoi, depuis 40 ans,
13:57nos comptes publics dérivent.
13:59Et depuis 2007, pour être tout à fait précis,
14:02la part de la dette dans notre richesse nationale
14:04est passée de 60 % à plus de 110 %.
14:07Donc, si vous voulez vraiment résoudre ce problème,
14:10il faut aller à la racine du problème,
14:12avoir un modèle social qui soit financé.
14:14– Mais vous qui avez été cette année à Bercy,
14:16vous ne plaidez pas un peu coupable ?
14:18– J'ai évidemment ma part de responsabilité.
14:22– Mais je pense que si on s'amuse,
14:24comme on le fait trop souvent sur tous les sujets,
14:27à faire des chasses à l'homme,
14:29plutôt que de définir les problèmes fondamentaux d'un modèle,
14:34vous allez faire partir les gens,
14:35et puis le problème ne sera pas réglé.
14:36La preuve, Ludovic Vigogne,
14:38je suis parti il y a deux ans.
14:40La dette a augmenté de 250 milliards depuis deux ans.
14:43Donc vous pouvez liquider les ministres des Finances
14:45les uns après les autres,
14:46en disant que c'est lui le responsable.
14:48Si vous n'allez pas à la racine des problèmes,
14:50c'est-à-dire un modèle qui dépense trop
14:52par rapport aux richesses qu'il produit,
14:55vous continuerez à avoir une dette
14:57qui continue de progresser.
14:59Or, moi ce que je souhaite,
15:00c'est que nous traitions le problème à la racine
15:02et que nous apportions des réponses
15:04que les Français sont en droit d'attendre.
15:07Réduire la place de l'État Providence
15:09pour choisir vraiment ce qui est indispensable
15:11pour ceux qui en ont réellement besoin.
15:13Produire plus, avec plus de croissance
15:16et plus d'emplois,
15:17en utilisant notamment la chance exceptionnelle
15:19que sera l'IA
15:20pour améliorer la productivité d'un autre pays.
15:23Et enfin, dernier volet de la réponse du futur,
15:26avoir une organisation politique
15:28où on sait qui fait quoi,
15:31qui est responsable de quoi.
15:33Cette espèce de gigantesque désorganisation politique française
15:36fait qu'on ne sait jamais
15:37qui est responsable de quoi.
15:39Là aussi, ça participe de l'augmentation de la dette
15:41et de la dépense publique.
15:42– Bruno Le Maire, ce qui est passionnant dans votre ouvrage,
15:44c'est que vous décrivez ce qui est en train de se passer
15:46finalement sous nos yeux au niveau mondial.
15:48Dans cet affrontement, cette guerre au Moyen-Orient,
15:51on le dit, une bascule qui est en train de se faire.
15:54Certains considèrent que cette guerre au Moyen-Orient,
15:56c'est une bascule géopolitique
15:58telle qu'on l'a vécue au moment de la chute du mur.
16:00Est-ce que vous partagez cette opinion ?
16:02– Oui, sauf que la chute du mur,
16:04c'était une bascule positive qui a fini très mal.
16:09Peut-être que cette bascule qui est la bascule
16:11vers les régimes autoritaires pourra finir bien.
16:14C'est ce que je raconte dans le livre
16:16avec les souvenirs de 1989.
16:18En 1989, on pensait tous,
16:20le mur de Berlin est tombé, le communisme est vaincu.
16:22C'est l'ère de la démocratie, de la paix perpétuelle.
16:25On a été payés pour voir ce qui s'est passé.
16:27Ça a été l'heure des régimes autoritaires,
16:28des prédateurs que je décris,
16:30les Xi Jinping, les Poutines, les Donald Trump.
16:33Et nous avons vu le retour de la guerre sur le sol européen.
16:37L'épisode que nous vivons aujourd'hui,
16:39qui est celui de l'Iran, qui est celui de l'Ukraine,
16:42c'est le retour de la force brute,
16:44la force pour la force comme seul règlement des conflits.
16:47C'est une opportunité historique pour l'Europe
16:50d'affirmer enfin ce qu'elle est
16:53comme continent de droit, de paix, de liberté,
16:56pour montrer à tous ces régimes autoritaires
16:59que la force pour la force ne fait que conduire
17:01le monde au bord du chaos et au bord du désastre.
17:04C'est un moment d'affirmation européenne
17:07qui doit être massif et immédiat.
17:09– Ludovic.
17:10– Mais vous avez le sentiment que la prise de conscience européenne est là ?
17:12On n'en a pas encore vraiment le sentiment.
17:14– Je pense qu'il y a une prise de conscience des peuples.
17:17– Alors, où est le problème ?
17:19– Et malheureusement, pas des dirigeants.
17:21Je vais vous donner un exemple très concret.
17:22Quand Donald Trump nous frappe avec des tarifs à 15%
17:26et que nous, au lieu de dire c'est inacceptable,
17:30on va dans un golfe de M. Trump pour dire
17:32c'est formidable, 15% c'est quand même pas trop,
17:34c'est bien la preuve que les peuples, eux, ont compris
17:36qu'il fallait se protéger, résister, défendre nos intérêts,
17:41là où les dirigeants, en l'occurrence la présidente
17:43de la Commission européenne, n'a pas utilisé l'instrument
17:45qui était à sa disposition, l'instrument anti-coercition,
17:49mis en place il y a deux ans,
17:50qui dotent la Commission européenne de tous les pouvoirs
17:54pour riposter quand les États-Unis
17:56ou n'importe quel autre pays du monde
17:58vous attaquent commercialement.
18:00Il y a juste pour les Européens,
18:03et quand je dis les Européens, ce sont les dirigeants européens,
18:05la nécessité de prendre conscience de notre propre puissance.
18:08Nous sommes un des premiers marchés de la planète.
18:10Nous avons 450 millions de consommateurs.
18:12– Mais militairement, qu'est-ce que tu fais ?
18:13– Nous sommes riches, mais nous pesons déjà économiquement.
18:16Et quand vous pesez économiquement,
18:17vous pouvez peser militairement.
18:19Mais si vous ne faites pas usage de votre arme économique
18:22en ripostant à Trump,
18:24en faisant des mesures protectionnistes
18:27contre les surcapacités industrielles chinoises,
18:30largement subventionnées par l'État chinois,
18:33qui demain vont submerger l'économie européenne
18:37et éliminer des pans entiers de notre industrie,
18:40à commencer par l'industrie automobile.
18:42Si vous n'êtes pas capable de faire une preuve
18:44d'une démonstration de force,
18:45nous serons broyés entre la Chine et les États-Unis.
18:49– Vous dites chacun dévore l'autre dans ce nouveau monde.
18:52Je cite, le monde est suspendu aux décisions de trois hommes
18:55qui, à Washington, Pékin et Moscou,
18:57ont la paix et la guerre entre leurs mains.
19:00Ce monde qu'on voit se dessiner sous nos yeux,
19:02qu'on voit avec cette guerre au Moyen-Orient,
19:04c'est un monde sans règles à vos yeux ?
19:05Ou c'est le règne de la force ?
19:07– C'est les deux.
19:08C'est la force brute et la force n'a pas de règles.
19:11Or, dans un monde amoral,
19:14le rôle de l'Europe,
19:16c'est de remettre des principes et de la morale.
19:18C'est ça notre destinée historique aujourd'hui,
19:21dans les décennies qui viennent,
19:22de montrer que la force brute ne règle absolument rien
19:24et que nous avons besoin, sur le commerce,
19:27sur la définition des frontières,
19:29sur les intérêts économiques,
19:30de règles, de principes, de lois et de droits.
19:34Mais nous y arriverons, je le redis,
19:36que si l'Europe prend conscience de sa force
19:39et est capable d'imposer à la Chine et aux Etats-Unis
19:42les coûts qu'ils nous imposent.
19:43– Dans l'immédiat, vous avez dit tout à l'heure
19:45que Donald Trump était un adversaire.
19:47Vous dites aussi dans votre livre
19:49qu'il n'est plus très loin de franchir le pas
19:51d'un pays qui ne sera bientôt plus une démocratie.
19:54Est-ce que vous considérez que Donald Trump,
19:56je ne sais pas comment le dire,
19:57mais est un danger aujourd'hui pour son pays et pour le monde ?
20:00– J'ai toujours confiance dans les Etats-Unis d'Amérique
20:03et dans leur capacité à défendre l'État de droit.
20:06Mais ce que je constate, c'est que la dérive de Donald Trump,
20:10c'est la dérive d'un régime kleptocratique,
20:13où la mélange des intérêts financiers privés
20:16et des intérêts politiques est totale et constante.
20:21Je constate que des éléments clés d'un État de droit,
20:24par exemple l'indépendance de la Banque centrale,
20:27sont en train d'être remises en cause par le président Trump,
20:29et que la dérive vers un régime autoritaire se fait jour après jour.
20:34Donc ce n'est ni ma conception,
20:36ni la conception qui devrait être celle des Européens
20:40et des dirigeants européens.
20:41C'est pour cela que j'appelle à dire très clairement,
20:43très sereinement, sans pertes et fracas,
20:46nous devons désormais nous séparer des Etats-Unis d'Amérique,
20:49que chacun vive sa vie tranquillement.
20:51Mais dans l'immédiat, est-ce que pour vous,
20:54on est à la veille d'une crise beaucoup plus majeure,
20:56déjà économique, à cause de tout ce qui est en train de se passer ?
20:59Inflation, taux d'intérêt, prix, énergie ?
21:02Et est-ce qu'on est même, au-delà de la crise économique,
21:05à la veille d'une guerre sur le continent européen ?
21:08Jusqu'où peuvent aller les dérapages ?
21:10D'abord, la guerre, elle est déjà sur le sol européen.
21:12Oui, en Ukraine.
21:14La menace que Vladimir Poutine puisse intervenir,
21:19soit par une cyberattaque, soit par une attaque militaire,
21:22sur un autre pays européen, elle est permanente.
21:25Je pense que tous nos concitoyens en ont conscience.
21:28Mais à court terme, du coup ?
21:29Oui, à court terme.
21:30Quand je dis à court terme, c'est dans les mois qui viennent.
21:32Si dans les mois qui viennent, vous avez une cyberattaque massive
21:36sur les Etats-Baltes ou un missile russe
21:38qui, par provocation, atterrit à Varsovie ou en Pologne,
21:43je pense que personne ne serait véritablement surpris.
21:46C'est une option que chacun a en tête.
21:49Sur la situation économique,
21:50mais nos compatriotes la vivent déjà.
21:52Ils voient déjà que les prix flambent à la pompe,
21:54que les prix alimentaires peuvent augmenter
21:56et que nous courons le risque en Europe
21:58d'avoir, en 2026, une croissance faible
22:01et une inflation forte.
22:03Donc c'est là que j'appelle les pays européens
22:05à prendre toute la mesure de la situation où nous sommes.
22:08De mobiliser les forces qui sont à notre disposition,
22:12résister aux surcapacités industrielles chinoises,
22:16riposter aux menaces de Donald Trump sur les tarifs
22:19et accélérer l'intégration européenne
22:21pour avoir des capacités d'investissement dans l'innovation,
22:24dans la tech, dans l'intelligence artificielle
22:25et dans l'industrie verte le plus rapidement possible.
22:28On a été capables,
22:30je l'ai fait avec le président de la République,
22:32Madame Merkel et M. Scholz,
22:33qui étaient ministres des Finances à l'époque,
22:35face au Covid,
22:35de lever 750 milliards d'euros pour nous protéger.
22:39Pourquoi ne serait-on pas capable de lever la même somme
22:42pour investir, innover, développer l'IA partout en Europe
22:46et retrouver de la croissance et de la production ?
22:49Bruno Le Maire, vous disiez que sur cet affrontement au Moyen-Orient,
22:52vous ne semblez pas en voir à l'issue.
22:53On le disait, les Iraniens disent il y a quelques instants
22:55que c'est soit une opération impossible pour les Américains
22:58ou un mauvais accord.
22:59Le président Trump, dans son côté,
23:03difficilement possible et doute que le plan iranien soit acceptable.
23:06Ça veut dire quoi ?
23:07On se prépare à des mois de blocus à Hormuz.
23:10Qu'est-ce qu'il faut faire ?
23:12Est-ce que les Américains, néanmoins,
23:13doivent faire ce qu'on appelle une frappe décisive ?
23:15Concrètement, qu'est-ce qu'on fait militairement ?
23:17C'est à eux de le décider.
23:19Je n'aurais pas la prétention de me définir
23:23comme le stratège de ce conflit.
23:25Simplement, je veux faire part de l'expérience qui est la mienne
23:28et des convictions fortes qui m'animent sur ce sujet.
23:32La première chose à faire, c'est de dézoomer.
23:34Ce n'est pas les États-Unis face à l'Iran.
23:37C'est l'ensemble de la région du Golfe qui est impliquée.
23:39C'est tous les États du Golfe, Arabi Saoudite,
23:41Émirats arabes uniques, Qatar, Koweït, qui sont menacés.
23:44C'est Israël qui continue à mener ses opérations au sud-Liban.
23:49Si on dézoome encore un peu plus derrière l'Iran,
23:52je le disais tout à l'heure, vous avez la Russie,
23:55vous avez la Chine, vous avez tout un bloc de pays
23:57qui se dit que c'est le moment clé
23:59où nous pouvons montrer la faiblesse de l'Occident,
24:03la faiblesse de ses valeurs puisqu'ils interviennent sans le droit
24:06et sa faiblesse tout court puisqu'ils ne sont pas capables
24:08de ramener l'Iran à une meilleure politique
24:12et de les faire céder.
24:13Quel peut être le rôle de l'Europe là-dedans ?
24:16Certainement pas de s'allier aux côtés des États-Unis
24:19dans une opération militaire dont on ne connaît pas les buts
24:22et qui n'obéit pas à des règles de droit.
24:24Mais en revanche, être capable de ramener tout le monde
24:27autour de la table de négociation
24:28en montrant que ce n'est l'intérêt de personne,
24:30y compris de la Chine,
24:32d'avoir un conflit militaire qui s'étend...
24:35Mais personne ne nous écoute parce que nous ne parlons pas d'une seule voix.
24:38Le jour où nous serons capables,
24:40et les choses peuvent progresser,
24:42tout travail qui a été fait en Ukraine sur la coalition des volontaires
24:45montre que l'Europe, quand elle parle d'une seule voix,
24:47ça progresse.
24:48Alors ça met trop de temps, je suis d'accord.
24:49Ce n'est pas encore assez puissant.
24:51Mais la capacité, elle existe.
24:53Donc si l'Europe, sur l'Iran, parle d'une seule voix
24:57pour réclamer d'urgence des négociations
25:00qui ne se limiteraient pas à l'Iran et aux États-Unis,
25:03mais qui seraient plus globales,
25:04il y a une possibilité d'arriver à un accord de paix.
25:07– Est-ce que vous diriez,
25:08comme certains même responsables européens le disent,
25:10que les États-Unis, dans cette guerre,
25:13ont été humiliés par l'Iran ?
25:15– C'est ce qu'a dit Mertz.
25:17– Le chancelier.
25:17– Moi, je n'emploierai pas ces mots.
25:19Je veux dire pour une raison qui est très simple.
25:20C'est que l'Iran est un des régimes
25:22les plus détestables de la planète.
25:23– Vous souhaitez sa chute ?
25:25– Évidemment que je souhaite sa chute.
25:26Je souhaite la disparition du régime des Mollah.
25:29Je dis simplement que la meilleure manière
25:31de voir disparaître le régime des Mollah
25:32n'est malheureusement pas de l'attaquer de l'extérieur,
25:35car j'ai bien peur que ça le renforce.
25:37C'est l'illustration une nouvelle fois
25:39de ce que j'ai connu en 2003 en Irak,
25:41quand nous nous sommes opposés à la guerre en Irak,
25:44parce qu'elle n'avait pas de légitimité
25:46contre le président Bush.
25:48L'usage seul de la force
25:49ne sème que le chaos
25:51ou le renforcement de nos adversaires.
25:53– Mais nous sommes dans le chaos là.
25:55– Nous sommes aujourd'hui dans le chaos
25:56et dans une impasse totale.
25:58La carte que peut jouer l'Europe,
25:59la carte que doit jouer l'Europe,
26:01avec toute sa puissance,
26:02du premier marché de consommateurs de la planète,
26:05de ses capacités financières,
26:07de ses capacités technologiques,
26:08c'est de dire d'une seule voie,
26:11retour à la table de négociations,
26:13dans des négociations qui ne seront pas simplement Iran-États-Unis,
26:17mais des négociations beaucoup plus globales.
26:19– Merci beaucoup Bruno Le Maire,
26:21un plan iranien qui a été mis sur la table.
26:23Chloé Giraud, bonjour, merci d'être avec nous.
26:26Qu'est-ce qu'il y a très concrètement
26:28dans ce plan iranien proposé aux Américains ?
26:30– Alors on va commencer par les propositions
26:31qui concernent très directement
26:34la fin des opérations militaires dans la région.
26:37Tout d'abord, l'Iran demande des garanties,
26:40des garanties contre toute action militaire à son encontre,
26:44mais aussi contre le Liban,
26:46et ça c'est un détail qui est important,
26:48mais aussi le retrait des forces américaines autour de l'Iran.
26:53On pense notamment aux troupes américaines
26:54qui sont déployées par exemple en mer d'Arabie
26:57sur les porte-avions depuis plusieurs semaines.
27:00Et puis l'Iran fait également des propositions
27:02qui concernent le détroit d'Hormuz.
27:05On va le voir, il prévoit sa réouverture tout d'abord,
27:09mais aussi la fin du blocus naval imposé par les Etats-Unis
27:13et des sanctions liées à ce blocus naval,
27:15ainsi que, je cite, un mécanisme pour le détroit d'Hormuz.
27:20Alors pour l'instant, ce n'est pas encore très clair,
27:22mais on peut se demander si ces sanctions,
27:24ce mécanisme, pourraient prendre la forme par exemple
27:26d'un droit de passage pour les navires
27:29qui sont considérés comme ennemis.
27:31Et puis, en ce qui concerne le calendrier,
27:34l'Iran donnerait donc un mois aux Etats-Unis
27:36pour conclure un accord sur les points que l'on vient de voir.
27:39Il y a une question qui n'a pas été abordée,
27:41vous l'avez peut-être remarqué,
27:42c'est celle du programme nucléaire iranien
27:46Effectivement, les Iraniens souhaitent d'abord conclure
27:48un accord pour mettre fin au conflit
27:51et donneraient ensuite un mois supplémentaire
27:53pour un autre accord, cette fois-ci,
27:54uniquement sur le nucléaire.
27:56Merci beaucoup, Chloé Giraud.
27:58Général Patrick Dutarte, bonjour.
27:59Merci de nous avoir rejoints.
28:01Général Loire Medler, ancien leader de la patrouille de France.
28:04On voit cette tension qui reste extrême entre les deux camps.
28:07Il y a quelques heures, c'est le président américain
28:10qui a affirmé qu'il allait examiner ce plan,
28:12mais que ça lui semblait peu probable, effectivement, qu'il soit acceptable.
28:15Il y a quelques minutes, c'est Téhéran de son côté,
28:18qui par la voix de ses responsables,
28:20affirme, je cite, que les États-Unis n'ont le choix
28:22qu'entre une opération impossible ou un mauvais accord.
28:26C'est ça le choix pour Washington ?
28:27Opération impossible ou mauvais accord ?
28:28C'est l'opinion iranienne, ou en tout cas des gardiens de la Révolution.
28:33Mais c'est vrai qu'avec d'autres mots, soit on trouve un consensus.
28:38La bonne nouvelle de tout ça, quand même, c'est qu'il y a un dialogue.
28:41Enfin, un dialogue.
28:42Il y a des échanges de propositions, via notamment le Pakistan.
28:46Et ça, plutôt qu'il n'y ait aucun essai de coordination entre les deux,
28:51c'est plutôt un bon point.
28:53Mais manifestement, ce n'est pas satisfaisant.
28:55même si, au bout du bout, quand on voit ces 14 points,
28:58plus un mois pour discuter des modalités,
29:01plus un mois pour évoquer le nucléaire,
29:03il y a quand même une petite porte pour le nucléaire.
29:06La première chose que veut Washington,
29:09et notamment le président Trump,
29:10c'est qu'on arrête le programme nucléaire.
29:13Et ça, ce n'est pas mis en avant.
29:16C'est rédhibitoire pour les Américains ?
29:18Je crois que c'est quand même la raison principale
29:21du déclenchement de la guerre.
29:22Donc, Trump n'arrête pas de le redire.
29:26Il n'envisage pas une seule seconde
29:28que l'Iran puisse se doter de l'arme nucléaire.
29:31Et on peut le comprendre.
29:32Donc, ce point-là n'étant pas mis en évidence,
29:37à mon avis, c'est le point principal d'achoppement.
29:41Mais tout est possible.
29:42On sent aussi que le président Trump ne veut pas
29:45se précipiter pour une opération.
29:47Il aimerait trouver un accord.
29:49Manifestement, c'est l'intérêt de personne
29:51que ce conflit perdure.
29:53Mais évidemment, pas à n'importe quel prix.
29:55Donc, il y a des options militaires
29:56qui sont sur la table.
29:57Et ces options militaires,
29:58il les a nouveau évoquées,
30:00évoquées effectivement il y a quelques heures.
30:02Écoutez ce qu'il a répondu au micro des journalistes
30:04quand la question lui a été posée.
30:05Est-ce que c'est encore possible ?
30:06Ces frappes sont-elles probables ?
30:08S'ils se comportent mal,
30:12s'ils font quelque chose de mal,
30:13mais pour l'instant, on verra bien.
30:16Mais c'est une possibilité
30:17qui pourrait sûrement se présenter.
30:20Une possibilité qui pourrait se présenter
30:22pour de nouvelles frappes.
30:23Mais effectivement, avec quelle cible ?
30:25Et pour quoi faire, Amandine ?
30:25Oui, c'est ce que vous disiez.
30:26Plusieurs scénarii sont sur la table militaire.
30:28Lesquels, selon vous,
30:29qu'est-ce qui pourrait maintenant être utile
30:31au président Trump ?
30:34Moi, je pense qu'au bout d'un moment,
30:37ils bloquent les Trois-Dormous,
30:38on débloque les Trois-Dormous.
30:40Ça, je pense que c'est le point clé.
30:42Et militairement,
30:44on devrait pouvoir faire quelque chose.
30:45Mais est-ce qu'il va y avoir la volonté ?
30:47Est-ce que les risques calculés sont acceptables ?
30:51Ça, c'est des modes opératifs
30:54proposés par le Pentagone,
30:56en détail,
30:57qui doivent être évalués.
30:59En permanence, d'ailleurs, réévalués
31:00en fonction du renseignement,
31:02en fonction de la position.
31:03Parce que ça veut dire uniquement des frappes
31:05ou des troupes au sol aussi,
31:06s'il s'agit d'aller débloquer ?
31:08Alors moi, je pense que,
31:10techniquement,
31:11s'il fallait débloquer ce Dormous,
31:12il faut faire des opérations
31:14sur 200 kilomètres autour du Détroit,
31:16sur la bande iranienne, évidemment,
31:17à 100 kilomètres,
31:18un petit peu sur les îles,
31:20essentiellement aérien,
31:21d'aller frapper,
31:22une permanence H-24, d'ailleurs,
31:23de vecteur aérien
31:24pour attaquer toute vedette
31:26qui voudrait bouger.
31:28H-24, en général,
31:29c'est-à-dire que vous avez
31:30des avions prêts à décoller ?
31:31Ah non, non, 24h24,
31:32vous avez des aéronefs
31:35qui tournent,
31:35soit des drones,
31:36soit des avions de combat
31:37qui peuvent intercepter
31:39n'importe quel type
31:41éventuellement de missiles
31:42ou de drones,
31:43mais également des petites vedettes rapides,
31:45comme il y en a encore quelques-unes,
31:47essentiellement, à mon sens,
31:48des semi-rigides,
31:50et puis forcer le blocus,
31:53c'est-à-dire que des navires
31:54s'engagent pour protéger la côte
31:56et commencer à débloquer le blocus.
31:58Est-ce que les États-Unis disposent d'armes
32:00dont ils n'ont pas fait usage
32:02jusqu'à présent ?
32:03Pas beaucoup,
32:04dans notre connaissance.
32:06Si vous voulez,
32:07qu'est-ce que c'est qu'une arme ?
32:08C'est un moyen
32:09pour détruire
32:13un objectif enterré,
32:15détruire des ponts,
32:17le cas échéant,
32:18quand ils sont stratégiques
32:19pour acheminer du renfort.
32:20D'ailleurs, à mon avis,
32:21ce serait utilisé,
32:22s'il y avait une campagne de frappe,
32:24pour quelque part isoler un peu la côte,
32:27autant que faire se peut,
32:28pour qu'on puisse activer
32:30ce déblocage entre guillemets
32:33et puis toucher, bien sûr,
32:34des installations militaires,
32:36des dépôts de carburant,
32:38tout objectif, entre guillemets,
32:39d'intérêt militaire
32:40ou d'intérêt stratégique.
32:42Mais il n'y a pas d'armes secrètes.
32:44Effectivement,
32:44il y a le nouveau missile.
32:46L'arme fatale,
32:47disent certains Dark Eagle.
32:48Ça ne peut pas l'être ?
32:49Oui, Dark Eagle.
32:50Chacun, en tout cas,
32:50en général,
32:51met sur le devant de la scène
32:53ce qu'il présente
32:54comme des armes décisives
32:55et pour certains,
32:56des armes fatales.
32:57On va parler dans un instant
32:58de Arash 3,
32:59c'est un drone iranien,
33:01et effectivement,
33:01les Américains
33:02qui brandissent Dark Eagle.
33:04Est-ce que c'est l'arme fatale
33:05d'Ark Eagle ?
33:05De quoi il s'agit ?
33:06C'est seulement un missile
33:08sol-sol
33:10qui décolle d'un point,
33:12que ce soit en Irak,
33:13que ce soit au Koweït
33:14ou que ce soit aux Émirats
33:16ou en Arabie Saoudite,
33:17et qui a une portée assez longue.
33:18Et la caractéristique
33:19de ce missile,
33:20c'est d'aller frapper des cibles
33:21d'une part avec une grande précision,
33:23mais surtout avec une hypervélocité,
33:26c'est-à-dire hypersonique,
33:28ça fait à peu près
33:28plus de 5000 km heure,
33:30donc très difficile à intercepter.
33:32Or, il se trouve qu'en l'occurrence,
33:33aujourd'hui,
33:35l'Iran dispose de peu
33:36de systèmes solaires.
33:37Enfin, pratiquement,
33:38tous les systèmes solaires
33:38ont été détruits.
33:39Il existe encore
33:40des petits systèmes solaires,
33:41ce qu'on appelle des manpads,
33:43c'est-à-dire des petits missiles
33:44à guidage,
33:45notamment infrarouge,
33:46que vous portez sur l'épaule,
33:47pour ça qu'on appelle manpads,
33:50et qui vont se guider
33:51sur une source infrarouge,
33:53soit d'un drone,
33:54soit d'un avion de combat.
33:55C'est peut-être ça, d'ailleurs,
33:56qui a touché le fameux F-15,
33:59qui a été touché, vous savez,
34:00et qui s'est craché
34:02au-dessus de l'Iran.
34:03Et pour l'instant,
34:03ils n'en ont pas fait usage.
34:05Dark Eagle n'a pas été utilisé
34:06par les Américains.
34:06Non, pas que l'on sache,
34:08mais en toute honnêteté,
34:09je pense que ça ne changerait
34:11pas grand-chose
34:12au niveau des opérations militaires.
34:15L'Iran aussi qui exhibe
34:16de nouvelles armes.
34:17Oui, avec l'ARACH-3,
34:19notamment,
34:20est-ce que vous pouvez
34:21nous décrire un petit peu
34:22ce dont il s'agit ?
34:23Et est-ce que l'Iran
34:25conserve vraiment encore
34:26des capacités militaires
34:27importantes aujourd'hui ou pas ?
34:29C'est très difficile à dire.
34:30Et ce qui est même étonnant,
34:31c'est que les Israéliens,
34:32qui sont théoriquement
34:33les plus renseignés
34:36sur le théâtre iranien,
34:38ne nous donnent pas
34:38beaucoup d'informations
34:39sur les capacités militaires
34:42résiduelles de l'Iran.
34:43On sait que les plus
34:45grandes infrastructures
34:45ont été touchées,
34:46mais ce qu'on ne sait pas,
34:47par exemple,
34:47c'est justement ces types
34:48de missiles de croisière,
34:50enfin de drones de croisière,
34:51pardon.
34:53Ces petits drones,
34:54c'est un développement
34:55du drone Shahed,
34:57qui peut peut-être
34:58aller un peu plus loin,
34:59un peu plus vite,
35:00un peu mieux protégé,
35:01mais qui reste de ce type
35:03quelque part de bombe volante,
35:05le type de V1
35:05qu'on avait malheureusement
35:07observé durant la Première
35:08Deuxième Guerre mondiale,
35:09pardon,
35:09au-dessus de Londres.
35:11Ça veut dire qu'ils sont
35:12toujours en train
35:12d'en construire,
35:13qu'ils ont encore
35:14cette capacité-là ?
35:14À mon avis,
35:15leur capacité,
35:16on ne connaît pas en détail
35:17les 13 000 cibles
35:18qui ont été touchées
35:20par les Américains
35:21et les Israéliens
35:22pendant les 30 ou 35 jours
35:24de campagnie aérienne,
35:25mais essentiellement,
35:27bien sûr,
35:27les sites de construction
35:28faisaient partie.
35:29Ce qu'on ne mesure pas
35:30vraiment bien,
35:31c'est les armes
35:32qui sont enterrées,
35:33c'est-à-dire
35:34qui sont en souterrain
35:36et qui peuvent sortir.
35:37Regardez ces images,
35:38d'ailleurs,
35:38en général.
35:39On voit,
35:39c'est ça,
35:40ils ont des tunnels entiers
35:41où ils ont enterré leurs armes.
35:42Exactement.
35:42Exactement.
35:43Alors,
35:43certains d'entre eux
35:44ont été touchés
35:45au niveau des entrées,
35:46mais manifestement,
35:48on n'a pas touché
35:49toutes les entrées
35:49de ces tunnels.
35:50Et c'est ça,
35:51à mon avis,
35:52si une nouvelle campagne aérienne
35:53devait être déclenchée,
35:54elle irait,
35:56en particulier,
35:57toucher l'entrée
35:58de ces abris.
35:59Et ça veut dire
36:00qu'ils sont allés
36:00enterrer les Iraniens
36:01depuis des années ?
36:02C'est peut-être
36:03une des raisons,
36:04d'ailleurs,
36:04qui a conduit Israël
36:06à pousser Washington
36:07à attaquer l'Iran
36:09pour diminuer cette menace.
36:10Pourquoi ?
36:11Parce que ça devient
36:12extrêmement difficile
36:13à toucher
36:15à partir du moment
36:15où c'est très protégé.
36:17Et la stratégie iranienne,
36:19c'était d'enterrer
36:21tous ces matériels
36:23pour éviter
36:24d'être touchés
36:24par les bombardements.
36:25Mais on a sous-estimé
36:26leur capacité de résistance ?
36:27Non,
36:28les renseignements...
36:29Mais c'est vrai
36:29que personne ne s'attendait
36:30peut-être
36:31à ce qu'il y en ait autant.
36:32Donc ça veut dire
36:33que quand les Iraniens disent
36:34nous pouvons encore tenir
36:35des années,
36:36c'est peut-être vrai ?
36:37Des années,
36:38je ne pense pas.
36:39Mais quelques semaines,
36:40voire quelques mois,
36:41avec ces capacités résiduelles,
36:44tout dépend
36:44de ce qui a été touché.
36:45Mais c'est vrai
36:45que quand vous voyez
36:46qu'on s'est enterré
36:48sous...
36:50bien protégé
36:50dans les bunkers,
36:51on ne peut toucher
36:52que l'entrée.
36:53Qu'est-ce qu'on voit ?
36:54C'est des drones, là ?
36:55Ce sont des tunnels ?
36:56Alors il y avait des drones,
36:57c'est ça ?
36:57Effectivement,
36:58des drones Shed,
36:59essentiellement,
36:59qui sont alignés
37:01les uns derrière les autres
37:01et donc ils en avaient
37:02des centaines,
37:03des milliers d'ailleurs.
37:05Mais combien en restent-ils ?
37:06Combien ils ont sorti ?
37:06Puis vous voyez aussi
37:07des vedettes,
37:08c'est exactement ça,
37:10des vedettes rapides
37:11qui ont été mises
37:12en souterrain en fait.
37:13Et comment est-il possible
37:13que ni la CIA,
37:14ni le Mossad,
37:15ni les services de renseignement
37:17n'arrivent à avoir
37:18ce type d'informations ?
37:19Ça paraît être
37:20de gigantesques infrastructures ?
37:22Oui, parce qu'il y a
37:22des limites à tout,
37:23mais je pense que
37:24c'est la priorité
37:25depuis 3-4 semaines,
37:26c'est de trouver
37:26l'entrée de ces tunnels.
37:27Ça veut dire,
37:29on le disait,
37:30que les Iraniens
37:31se sont préparés
37:32depuis des décennies ?
37:33Oui, des décennies.
37:34C'est ça ?
37:34Absolument.
37:35Depuis des décennies,
37:36ils ont, vous vous souvenez...
37:38Je veux dire,
37:38il faut des années
37:39pour les creuser,
37:39c'est une agence.
37:40Bien sûr,
37:41depuis Roménie,
37:43l'Amérique,
37:44c'est le grand Satan
37:45et le petit Satan,
37:46c'est Israël.
37:47Donc ils sont restés
37:47dans cette dynamique
37:48et ils ont mis
37:49beaucoup, beaucoup,
37:50beaucoup d'énergie
37:50et de moyens
37:51dans le développement
37:52de ce type de matériel.
37:54Ce qu'on voit aussi
37:55très concrètement,
37:55c'est que les Américains,
37:57pour l'instant,
37:57n'ont pas réussi
37:58à détruire
37:59ce type de tunnel,
38:00en tout cas,
38:01et que donc
38:02les médias américains
38:03disent que les Iraniens
38:04sont en train
38:05de déterrer ces armes.
38:06Oui, c'est ce qu'il faut faire
38:08quand vous êtes
38:09chef des opérations.
38:10Vous allez essayer
38:10de sortir certains
38:12de ces matériels
38:13dans la mesure
38:13où ils sont disponibles.
38:15Mais ça veut dire quoi ?
38:16C'est qu'il y a
38:17un mode opératif
38:18qu'il va falloir trouver
38:18pour détruire ces matériels.
38:22Est-ce que l'Iran
38:22est en train de profiter,
38:23enfin,
38:24a intérêt à ce que
38:25cessez le feu dur,
38:26à ce que tout ça
38:27s'étend dans longueur
38:28pour précisément
38:29arriver à reconstituer
38:30des stocks ?
38:31Alors, reconstituer,
38:31à mon avis,
38:32c'est beaucoup plus difficile
38:33parce que les attaques
38:35ont été faites aussi
38:35sur des usines
38:37de fabrication.
38:38C'est ça qu'il faut identifier.
38:39Je pense qu'on n'a pas été
38:40aussi assez vigilants.
38:41Par exemple,
38:41vous voyez,
38:42sur tous ces shades
38:42que l'on voit à l'image,
38:45qui fabrique ces moteurs ?
38:47Qui fabrique ces moteurs
38:48de drones ?
38:49Ces moteurs.
38:50Il faut trouver les origines.
38:51Est-ce qu'ils sont commandés
38:52en Chine ?
38:53Est-ce que l'Iran
38:55a ses propres capacités
38:56de production ?
38:57Et c'est là qu'il faut toucher.
38:58Si vous enlevez le moteur,
38:59déjà,
38:59c'est déjà beaucoup plus compliqué.
39:01Donc,
39:01il faut aller chercher
39:02la racine,
39:03en fait,
39:03de ces moyens
39:05de combat.
39:06C'est extrêmement important.
39:07On le disait,
39:08au cœur du plan
39:09qui a été mis sur la table
39:10par les Iraniens,
39:11il n'y a pas le nucléaire,
39:12mais il y a bien sûr
39:13la question du détroit d'Hormuz,
39:14dont eux demandent
39:15le déblocage immédiat
39:16de la part des Américains.
39:18On le disait,
39:19ça provoque évidemment
39:19une crise économique mondiale.
39:21On retrouve tout de suite
39:21l'une de nos envoyées
39:23spéciales sur place,
39:24Marie Gentric,
39:25avec Anthony Métro.
39:26Bonjour Marie.
39:27On vient d'apprendre
39:27que des responsables iraniens
39:29reconnaissent que le pays
39:30a donc commencé
39:32à réduire
39:32sa production de pétrole.
39:34Pourquoi ?
39:37Oui,
39:38c'est ce que
39:39de nos responsables iraniens
39:40ont déclaré
39:41aux médias Bloomberg.
39:42Ils ont expliqué
39:43que l'Iran avait décidé
39:45de réduire la voilure
39:46concernant sa production
39:47de pétrole
39:47pour éviter
39:49la saturation
39:50des cuves.
39:51En fait,
39:52si les cuves arrivent
39:52à saturation,
39:53ça veut dire
39:53qu'il va falloir
39:54arrêter la production
39:55de pétrole.
39:56Or,
39:56l'arrêt brutal
39:59de la production
40:00de pétrole
40:00peut entraîner
40:01de gros dégâts
40:02pour l'économie
40:03et la remise en marche
40:04de cette production
40:05peut être extrêmement compliquée.
40:06Donc,
40:07il est plus prudent,
40:08disons,
40:08de réduire la voilure
40:10pour repousser
40:11le plus possible
40:12la date limite,
40:13en gros,
40:14pour gagner du temps
40:14et éviter
40:15la saturation
40:16des cuves de pétrole.
40:17Ce qui est très intéressant,
40:18en fait,
40:19c'est de voir
40:19que l'Iran n'a pas du tout
40:20l'intention de céder
40:21mais qu'au contraire,
40:22elle est en train
40:22de s'adapter
40:23au blocus naval
40:24que les États-Unis
40:26ont mis en place.
40:26D'ailleurs,
40:26ce n'est pas un hasard
40:27que de haut dirigeant iranien
40:29ait fait ces déclarations
40:29à la presse américaine.
40:30En gros,
40:31ils veulent montrer
40:32que l'Iran est en train
40:33de mettre en place
40:33une économie de résistance.
40:35La question est maintenant
40:36de savoir
40:36jusqu'à quand
40:37cette économie de résistance
40:38va-t-elle justement
40:39pouvoir résister
40:40parce que
40:41ces hauts officiels iraniens
40:44disent à Bloomberg
40:45qu'effectivement,
40:46ça leur permet
40:46de gagner du temps,
40:48que ça leur permet
40:48de repousser la date limite
40:50mais que cette solution
40:51n'est que provisoire
40:52et que ça ne va pas pouvoir
40:53marcher jusqu'à l'infini.
40:55Merci beaucoup
40:56avec Anthony Métrault,
40:58Marie Jantric
40:58depuis Abu Dhabi.
41:00Vous êtes sur place.
41:01On le voit effectivement,
41:02mon général,
41:03que cette question
41:03du détroit de Hormuz
41:04et du stockage du pétrole
41:05est absolument essentiel
41:07parce qu'ils ont
41:08les ressources militaires
41:09mais les ressources économiques,
41:10ça c'est l'autre,
41:11si j'ose dire,
41:12angle mort.
41:13Absolument.
41:14On sent d'ailleurs,
41:14on ne s'attendait pas
41:16à ce contre-blocus
41:17effectué par les Américains
41:19et on voit bien
41:19que ça touche.
41:21On a senti les réactions
41:22qui étaient très épidermiques
41:23à ce blocus.
41:25On voit les sites effectivement,
41:26c'est la fameuse île de Kang
41:27qu'on voit à l'image.
41:28De Karg, oui.
41:30Et là-dedans,
41:31il y a effectivement
41:31ces 90%
41:32de la production iranienne
41:34qui sort de cette île
41:38et lorsque vous produisez
41:39comme ça en masse,
41:40il faut stocker.
41:41Si vous n'avez pas
41:41des bateaux
41:42qui repartent
41:43avec leur 1 à 2 millions
41:44de barils par bateau,
41:48la production iranienne,
41:50je crois qu'avant le début
41:52de l'hostilité,
41:53c'était 3,5 à 4 millions
41:55de barils par jour
41:57et donc il faut les sortir
41:59ou les stocker.
42:00Donc les cuves sont pleines.
42:02Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
42:03Ils ont rempli aussi
42:04des bateaux qui étaient vides
42:06entre guillemets
42:06mais maintenant,
42:07ça devient,
42:08ils arrivent à saturation
42:09donc si on ne veut pas
42:10arrêter complètement
42:11la production,
42:11il faut trouver une solution
42:12au minimum,
42:13c'est bien sûr
42:13de diminuer cette production.
42:15Ça veut dire quoi
42:15sans entrer
42:16dans des spécificités économiques
42:17mais en termes de conséquences,
42:19déjà à minima
42:19qu'on est sur des conséquences
42:20de long terme.
42:23Courts et moyens
42:23et long terme,
42:24d'ailleurs,
42:25personne ne maîtrise bien
42:27les difficultés économiques
42:28sur le terrain iranien,
42:29on n'a pas de journalistes
42:31qui nous fassent vraiment
42:32le point de situation économique
42:33ou ne sont pas autorisés
42:34à le faire
42:34et évidemment,
42:36l'économie iranienne
42:37de l'Iran
42:38souffre énormément,
42:40je sais qu'il y a
42:40beaucoup de chômage
42:41et surtout,
42:42le prix des moyens
42:43de consommation quotidien
42:45ont doublé
42:45voire triplé
42:46notamment le café,
42:46le poulet,
42:48la viande
42:49d'une manière générale
42:49et donc,
42:50on sent que c'est
42:51un véritable souci
42:53donc c'est de l'intérêt
42:54effectivement des Iraniens
42:55que le blocus
42:57soit levé.
42:58Finalement,
42:58on voit des Iraniens
42:59qui résistent
43:00ou en tout cas
43:00qui revendiquent
43:01de résister militairement
43:02mais qui vont peut-être
43:04être asphyxiés économiquement,
43:05c'est ça ?
43:05Eh bien,
43:06on le sait
43:06mais en fait,
43:07il n'y a pas de limite,
43:07vous savez,
43:08au bout d'un moment,
43:08un pays,
43:09qu'est-ce qu'il fait ?
43:09Il se retraite,
43:10il se retraite,
43:11mais il ne s'arrête
43:11jamais complètement
43:12donc ça peut durer
43:14des semaines,
43:14des mois,
43:15peut-être même des années
43:15mais évidemment,
43:17c'est la population
43:17qui souffre.
43:18En tout cas,
43:19il y a un tanker iranien
43:21et les Iraniens
43:22revendiquent,
43:23il faut toujours être prudent
43:24parce qu'il y a aussi
43:24un aspect de communication
43:26qui revendique
43:26le fait qu'il aurait réussi
43:27à passer le blocus américain.
43:30Est-ce que c'est de la com
43:31ou est-ce que effectivement
43:32les Iraniens cherchent
43:32à passer coûte que coûte ?
43:34Alors,
43:35je pense qu'ils cherchent
43:37coûte que coûte
43:37pas forcément
43:38mais c'est possible
43:39mais je ne sais pas,
43:39ce n'est pas un
43:40qui était destiné à l'Inde
43:42donc est-ce qu'il y a
43:43un accord
43:43où on laisse passer ?
43:46Les Indiens souffrent,
43:47les Chinois aussi,
43:49ça va être un sujet
43:50dans quelques jours
43:51à Pékin
43:53entre Xi Jinping
43:54et le président Trump.
43:55Quelle est la place
43:55là-dedans des Européens
43:56parce que Bruno Le Maire
43:57avant nous disait
43:58mais il y a quand même
43:59une place pour nous
44:00pour pousser vers
44:01des négociations.
44:02Vous pensez qu'on a encore
44:03voix au chapitre ou pas ?
44:04Pour les négociations,
44:06là je suis d'accord
44:08avec M. Le Maire
44:09sur le fait
44:09que l'Europe doit exister
44:10dans son homie stratégique,
44:12économique et militaire
44:14bien sûr et politique
44:15mais aujourd'hui
44:16on ne pèse pas beaucoup
44:16en fait en dehors
44:17comme la Chine.
44:19On n'entend pas la Chine.
44:20Pourquoi on n'entend pas la Chine ?
44:22Alors que pourtant
44:23elle aurait les moyens
44:24de peser.
44:24Parce qu'elle est très discrète
44:26là-dessus,
44:26elle l'observe,
44:27je pense que ça va être...
44:29Elle entend granger
44:30de l'affaiblissement américain
44:32qui pourrait...
44:33Ce n'est pas véritablement
44:34un affaiblissement,
44:35c'est vrai qu'on pourrait
44:35l'entendre plus fort quand même,
44:37plus fortement la Chine
44:38quelque part,
44:39c'est presque étonnant.
44:41La Chine a quand même dit hier
44:42que les deux ou trois entreprises
44:45qui ont été ciblées
44:46par les Américains
44:47qui pourraient subir
44:48des rétorsions,
44:49il n'en est pas question.
44:51Donc elle ne veut pas
44:51se laisser faire
44:52à n'importe...
44:53Évidemment,
44:54dans n'importe quelle circonstance.
44:55Et je pense que ça va être
44:56le sujet majeur
44:58entre Xi Jinping
44:59et le président Trump
44:59dans quelques jours.
45:00On voit les Américains
45:01qui reconstituent leur stock,
45:02les Iraniens qui le disent
45:03qu'ils sont prêts
45:04effectivement à un affrontement
45:05pendant des mois,
45:06des années.
45:06Et en même temps,
45:07toute la région
45:08qui continue de s'armer,
45:09les États-Unis ont confirmé
45:10qu'ils allaient vendre
45:11un nouveau système
45:12d'anti-missiles patriotes
45:13au Qatar,
45:15que le Koweït,
45:16les Émirats arabes unis,
45:17Israël aussi allait acheter.
45:18Au total,
45:19c'est 8,6 milliards
45:20millions
45:21effectivement
45:21d'armements achetés.
45:23Plus que jamais...
45:24Les Israéliens vont commander
45:27deux escadrons de chasse,
45:29un escadron de F-35
45:30et un escadron de F-15.
45:31Donc plus que jamais,
45:32c'est une course aux armements
45:33qui est engagée dans la région ?
45:34Très tristement, absolument,
45:37parce qu'aujourd'hui,
45:39c'est la loi du plus fort,
45:40ce n'est pas les moyens
45:40soit d'attaquer,
45:41soit de vous défendre.
45:43Essentiellement,
45:44les moyens qui sont développés
45:46pour les pays du Golfe,
45:47c'est des moyens défensifs,
45:48c'est-à-dire des systèmes solaires.
45:49Ça sert à quoi, par exemple,
45:50ce qu'on dit,
45:51on entend souvent parler
45:52du système patriote ?
45:53C'est quoi le système patriote ?
45:54En fait, c'est le meilleur,
45:55avec le SMPT franco-italien,
45:58le meilleur système
45:58de défense aérienne.
46:00Vous savez, moi,
46:00j'ai connu les patriotes
46:01pendant la guerre du Golfe,
46:04la première guerre du Golfe,
46:05où vous aviez les scuds
46:07tirés par Saddam Hussein
46:10sur l'Arabie Saoudite,
46:12des villes comme Riyad, Daran,
46:14et dans le PC enterré,
46:17comme ça,
46:17on allait alerte scud, alerte scud,
46:19toutes les bases aériennes
46:20étaient, avec les casques lourds,
46:22se protégeaient dans les abris.
46:23Et puis là,
46:24on se retournait dans le PC enterré
46:26et on voyait M. Patriot,
46:27c'était M. Patriot,
46:28le patron de la défense.
46:29Et puis,
46:30il actionnait ses systèmes solaires.
46:32Et même à la fin,
46:34on sortait des abris enterrés
46:37pour voir quoi ?
46:38Pour voir le missile,
46:39comme on voit tout à l'heure,
46:40en fond,
46:40là, d'écran,
46:42intercepté,
46:43donc le missile Patriot
46:44qui allait intercepter le scud.
46:45Donc,
46:46c'était les débuts du Patriot.
46:49Tout ça pour vous dire
46:50que le Patriot,
46:50c'est une longue histoire.
46:52C'est aujourd'hui,
46:52effectivement,
46:53le missile le plus perfectionné
46:55pour intercepter
46:55des missiles balistiques.
46:58Et il est en permanence,
46:59en amélioration,
47:00et ce n'est pas étonnant.
47:01On a une capacité
47:02très intéressante
47:03avec l'Aster
47:04et le SMPT franco-italien,
47:06puisque
47:07nos amis ukrainiens
47:08sont très satisfaits
47:10sur le théâtre de l'Ukraine.
47:11Ça veut dire aussi
47:11que ces pays du Golfe
47:14se préparent
47:15à être durablement
47:16la cible de l'Iran,
47:18peut-être d'autres pays,
47:19et que donc,
47:20ils s'arment.
47:20Si j'ose dire,
47:21comme certains l'ont dit,
47:22la Suisse du Moyen-Orient
47:23s'est terminée.
47:25Oui, enfin,
47:25la paix d'une Suisse
47:28dans une Europe en paix,
47:30c'est vrai que
47:31Abu Dhabi,
47:32qui était un peu
47:32le symbole de ça,
47:33et Dubaï,
47:34évidemment,
47:35ça s'éloigne un peu,
47:36mais c'est une prise de conscience.
47:38Vous savez,
47:38moi, j'ai beaucoup travaillé
47:39avec les Émiratis,
47:40et leur ennemi juré,
47:42c'était l'Iran.
47:44Donc,
47:45on était même venus
47:46avec un radar à wax
47:47observer un peu
47:48ce qui se passait
47:49sur la côte iranienne.
47:50Moi,
47:50je travaillais pas mal
47:51avec le patron
47:52de la Défense aérienne
47:53et le patron
47:54de l'armée de l'air émiratis.
47:55C'était leur sujet sensible.
47:57C'est pour eux qu'ils allaient
47:57acheter d'ailleurs
47:57des chasseurs français.
47:59Mirage 2000, Rafale,
48:00et puis ils sont très contents
48:01de la coopération
48:02avec nos chasseurs.
48:03Ce qu'on va développer,
48:04ça c'est clair,
48:05et tous ces pays-là,
48:06c'est des intercepteurs
48:07de drones Shahid
48:08ou Shahid, pardon.
48:10Ce sera la nouveauté
48:10de ce conflit.
48:11Absolument.
48:12Ça, c'est la nouveauté
48:12et c'est la prise de conscience aussi
48:14côté américain
48:15comme côté occidental,
48:16européen ou français.
48:17Mais du côté américain,
48:18est-ce qu'il ne peut pas y avoir
48:19aussi à un moment donné
48:20un problème de stock ?
48:22Vous savez,
48:23ils ont les plus grands stocks
48:24du monde.
48:25Donc, évidemment,
48:26tout pays a ses limites,
48:28mais aucun pays au monde
48:29n'a autant de stock
48:30d'armement
48:31que les Américains.
48:33Et regardez les Russes,
48:344 ans de guerre
48:36à haute intensité,
48:37ils avaient peut-être
48:37moins de stocks.
48:38En fait,
48:39ils avaient des vieux stocks,
48:40mais ils sont toujours
48:41en train de tirer
48:41400 ou 500 vecteurs aériens
48:44tous les jours,
48:45tous les jours
48:46sur l'Ukraine.
48:46Pourtant,
48:46ils disent quand même
48:47qu'ils rapatrient
48:48un certain nombre
48:48de matériel et d'armes,
48:49par exemple,
48:50de la région Indo-Pacifique.
48:51Les Américains ont prévenu
48:52qu'il y aurait peut-être
48:53des possibles retards
48:54de livraison d'armes
48:56pour les pays européens
48:57autour de l'Ukraine.
48:58Ça veut dire quand même
48:59que s'il n'y a pas
49:00un problème de stock,
49:01en tout cas,
49:01il y a une question
49:02sur l'utilisation
49:03de toutes ces armes.
49:04Vous avez tout à fait raison.
49:05En fait,
49:05ce sont surtout
49:06les systèmes
49:06les plus sophistiqués.
49:07C'est-à-dire,
49:08c'est essentiellement
49:09les patriotes.
49:10Tout ce qui est
49:10système solaire
49:11de haute performance
49:12ont été extrêmement sollicités
49:14parce que,
49:14grosso modo,
49:15il y a deux pays au monde
49:16qui envoient comme ça
49:17des bombes volantes
49:19sol-sol.
49:20C'est un,
49:21la Russie
49:22et deux,
49:22l'Iran.
49:24Et donc aujourd'hui,
49:25on n'a pas forcément
49:26les moyens
49:27d'en avoir
49:28sur les deux frontières.
49:28Nous,
49:29on n'a pas d'armement.
49:30On n'a aucun armement
49:30qui fait ça, en fait.
49:31Donc,
49:33on a essentiellement
49:34des moyens défensifs
49:35évidemment
49:36qui peuvent être utilisés
49:37en protection
49:38quand même
49:38de manière offensive
49:39dans certains cas.
49:40Est-ce que ces difficultés
49:42aujourd'hui
49:43que connaissent
49:43les États-Unis
49:45sont de nature
49:46à freiner,
49:46vous pensez,
49:47Donald Trump
49:48pour d'autres conquêtes
49:51militaires
49:51ou d'autres crises
49:52internationales
49:52ou pas ?
49:53On sait que le président
49:54américain envisage
49:55par exemple
49:55d'aller à Cuba.
49:57Est-ce que d'ailleurs
49:57ça peut être pour lui
49:58aussi une façon
49:58de s'en sortir
49:59à un moment donné
49:59et de basculer
50:00sur un autre front ?
50:00Oui,
50:01je ne crois pas
50:02une seconde
50:03qu'il y aura
50:03un conflit armé
50:04avec Cuba,
50:05qu'il y ait
50:07une affaire
50:08type Venezuela
50:09ou un blocus
50:10ou un truc comme ça
50:11mais un conflit armé
50:12avec le visuel
50:13je n'enviège pas.
50:13Quelque chose
50:13d'extrêmement rapide
50:14quelques jours ?
50:16Il l'a dit peut-être
50:17mais pour l'instant
50:18il a suffisamment
50:19à faire
50:19avec l'Iran
50:20et
50:22les moyens
50:24qui doivent être
50:25déployés
50:25en fait
50:25au Moyen-Orient
50:27c'est essentiellement
50:28des moyens défensifs
50:28d'interception
50:29c'est rien d'autre
50:30que ça
50:30et puis évidemment
50:32des armements
50:33qu'on peut retirer
50:34des armements
50:34d'attaque
50:35parce que
50:3513 000 objectifs
50:37ça veut dire
50:3713 000
50:39bombes quand même.
50:40Au moins 16 sites américains
50:42ont été endommagés
50:43dans la région
50:43depuis le début
50:44de la guerre
50:44c'est ce qu'a confirmé
50:45CNN
50:46Ça c'est une surprise
50:48Pourquoi ?
50:49C'est une surprise
50:49parce que regardez
50:50vous voyez toute l'histoire
50:51des 50 dernières années
50:53aucune fois
50:54des sites américains
50:55ont été ciblés
50:56quasiment.
50:57Et comment vous l'expliquez alors ?
50:58Tout simplement
50:59parce qu'il y avait
50:59une supériorité aérienne
51:00parce que fort heureusement
51:02l'Irak
51:02Saddam Hussein
51:03n'avait pas cette intelligence
51:05de vouloir attaquer
51:06les bas aériens
51:07en dehors de ces Scuds
51:08qui étaient essentiellement
51:10sur les villes d'ailleurs
51:11pratiquement plus
51:12que sur des bases aériennes
51:13et là ces petits systèmes
51:15maintenant d'abord
51:16ils ont fait beaucoup de progrès
51:17avec leur système balistique
51:18très grande précision
51:19donc ils peuvent viser
51:21un endroit militaire stratégique
51:23donc comme une base américaine
51:24et puis ces drones
51:25ces drones Shade
51:26pour lesquels
51:27on s'est tous endormis
51:28que les choses soient claires
51:29les Américains
51:30les Européens
51:31les Français
51:32comme les autres
51:33les Émiratis aussi
51:34on n'a pas pris en compte
51:35suffisamment
51:36cette menace
51:37alors on l'intercepte
51:38pour info
51:38à 90%
51:40à partir des Émirats
51:41Arabes Unis
51:42mais ça nous coûte
51:43extrêmement cher
51:44parce qu'on n'a pas
51:45les moyens
51:45les plus adaptés
51:46Merci beaucoup
51:47Général Patrick Dutartar
51:49quand la tension
51:49reste extrêmement forte
51:50entre Téhéran
51:52et Washington
51:52ce soir édition spéciale
51:54du 20h avec Alice Darfeu
51:55Guerre en Ir
51:55en prix des carburants
51:56on
51:56on
51:56on
51:56on
51:57– Sous-titrage FR 2021
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