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  • il y a 19 minutes
Ce vendredi 11 septembre, Sébastien Lalevée, directeur général de Montpensier Arbevel, Léa Dunand-Chatellet, directrice générale de Mirova, Emmanuel Lechypre, éditorialiste BFM Business, et Ana Boata, directrice de la recherche macroéconomique d'Allianz Trade, se sont penchés sur la hausse des taux, les placements adaptés au contexte actuel ainsi que le top et le flop de la semaine, dans la semaine de Marc dans l'émission C'est Votre Argent présentée par Marc Fiorentino. C'est Votre Argent est à voir ou écouter le vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:02BFM Business présente
00:06C'est votre argent
00:08Marc Fiorentino
00:09Et on se retrouve dans le débat, je peux vous dire que le débat a continué sur la BCE pendant
00:15que vous n'étiez pas là.
00:16On m'a dit que je n'étais pas ouvert aux avis des autres, j'étais un peu psychorigique, ce
00:19qui est quand même incroyable
00:20parce que c'est vraiment tellement pas moi. Allez, on passe tout de suite au marché.
00:26Bon, la semaine n'était pas terrible. La semaine n'était pas terrible. Alors regardez, on a une belle carte
00:30maintenant.
00:30Alors pour ceux qui sont à la radio, tant pis pour vous, à la télé, maintenant on nous a fait
00:33une belle carte.
00:34On voit que ça a baissé un peu partout. Tout est rouge sur la semaine et puis le début de
00:39l'année.
00:39Ce qui est terrible, le début de l'année, on ne va pas encore se fageller, mais quand même,
00:44S&P 10%, Nasdaq 12%, le MSCI World 10%, l'Eurostock 8% et nous on est à zéro.
00:52Sur le CAC 40. Franchement, ça fait mal au cœur, ça me perturbe.
00:57Alors je voulais vous parler d'un sujet, évidemment, je vais vous demander ce que vous pensez surtout aux gérants,
01:02enfin même aux directeurs généraux de boîte de gestion, je ne sais plus si on peut dire gérants maintenant.
01:07Je voulais vous parler de ce que j'avais remarqué, c'est cette divergence assez rare actuellement sur les marchés,
01:12avec des taux qui montent, des indices boursiers certes qui ont baissé un peu cette semaine,
01:15mais pas beaucoup, ils sont proches de leur record de hausse.
01:18Alors c'est arrivé, évidemment, on le sait tous à quelques reprises.
01:21Quand il y avait une surchauffe de la croissance, qui était évidemment positive pour les taux
01:26et positive pour les résultats des entreprises, donc ça, ce n'était pas trop grave.
01:29Et puis les veilles de craques.
01:30Donc Léa, est-ce qu'on est à la veille d'un craque ?
01:32Qui se trompe en fait ? C'est les taux ou les actions ?
01:35Ça, c'est une très bonne question.
01:37Merci, mais je t'envoie votre réponse.
01:38Non, mais en réalité, veille de craque, ça fait quand même un moment qu'on l'attend.
01:42Et là, on commence à avoir beaucoup, beaucoup d'ingrédients sur la table qui font penser à ça.
01:47La décorrélation que vous évoquez, ça fait quand même aussi très longtemps qu'on l'a.
01:51Pas tant que ça ?
01:52La décorrélation ?
01:53Oui, enfin, l'accélération de la hausse des taux, oui.
01:57Oui, là, ça s'est fait en très, très peu de temps.
01:59Et cette décorrélation, elle aurait dû être beaucoup plus massive.
02:02Mais en réalité, ce qui se passe sur le marché aujourd'hui, dans les entreprises avec lesquelles on parle, c
02:06'est que ça va encore bien.
02:07Donc, c'est pour ça que personne ne s'inquiète.
02:09Et on l'a dit, ça fait des mois qu'on explique que les résultats des entreprises seront très importants
02:14pour pouvoir orienter les investissements.
02:16Et pour l'instant, on n'a pas de signaux négatifs.
02:17C'est ça la clé, en fait.
02:18Mais oui.
02:19Mais quand même, quand on est un investisseur un peu averti, quand on entend ce qui se passe en termes
02:23de géopolitique, la persistance effectivement de ces problèmes,
02:26on parlait du CAC 40 qui est à zéro, c'est quand même à l'image de ce qui est
02:29en train de se passer sur le territoire français.
02:32C'est à l'image de la répartition de notre indice.
02:35On a un indice qui n'est absolument pas techno, il n'y a pas d'IA, on n'a
02:38que du luxe.
02:39Et quand le VMH est plombé, malheureusement, on est plombé.
02:41Oui, et n'oublions pas que dans cet indice, c'est des entreprises internationales.
02:44Donc, en général, elles ne sont pas que liées à l'économie française.
02:46En fait, on est lié à un ou deux secteurs qui ne sont pas les secteurs qui ont l'actualité.
02:49D'une part, et au momentum négatif sur la France.
02:52Donc, quand on voit en dessous, c'est évident.
02:55C'est évident pour vous, Sébastien ?
02:57Parce que moi, je me suis dit, en fait, le CAC 40, si on est plombé, c'est parce qu
03:00'on est surreprésenté dans des secteurs qui n'ont pas la cote, comme le luxe.
03:04Principalement, mais au niveau des...
03:06LVMH perd 50% ?
03:07Non, mais je sais, mais c'est parce qu'effectivement, la répartition sectorielle de la France n'a à voir
03:12avec l'Eurostox.
03:13Parce que la première pondération de l'Eurostox, c'est ASML, qui est à peu près 9% de l
03:20'indice.
03:21Et ASML, donc, qui fait des machines pour les machines, pour les semi-conducteurs.
03:25Et ils ont une roadmap à 2038.
03:28C'est-à-dire que si vous posez des questions sur le prochain trimestre d'ASML, vous avez d'autres
03:33sujets plus importants que ça.
03:34Alors qu'en France, effectivement, nos principaux fleurons, LVMH, c'est un peu compliqué.
03:40Voilà, donc par contre, sur les plus petites valeurs, moi, je pense, et c'est ma peur aujourd'hui, c
03:45'est que sur la France, on n'a rien vu.
03:47C'est-à-dire que le risque politique qu'on a vraiment vu le jour de l'idée géniale de
03:52la dissolution,
03:53dans les semaines qui ont suivi, il y a eu une décote française qui a été massive,
03:56qui me rappelait la décote liée aux bêtises de François Hollande.
04:00Comme Léa, vous dites, il y a eu une décote française.
04:02Elle n'est pas arrivée encore.
04:02Elle n'est pas arrivée.
04:04Elle a commencé, mais factuellement, quand vous parlez aux intervenants,
04:10notamment les gens qui ont beaucoup d'argent actif et mobile,
04:14on est encore un peu loin de la date de l'élection, le sujet français n'est pas encore là.
04:19Cette décorrélation aujourd'hui, un peu macro, entre les taux et les indices, ça vous frappe ou pas ?
04:26Quand on a vu la journée de jeudi, par exemple, avec une accélération de la hausse des taux,
04:30qui était spectaculaire quand même, ça approche des 5%, et on a vu les indices américains perdre un petit pourcent.
04:36Marc, je vais reprendre la même chose, c'est qu'on est toujours dans des marchés aujourd'hui
04:40dont les drivers et dont les flux sont essentiellement algo passifs.
04:44C'est-à-dire que les mêmes causes ont des effets 10 fois plus puissants qu'avant.
04:49Donc si on regarde les taux et le pétrole, l'accélération qu'on a eue en quelques jours,
04:54avant on n'avait jamais ça, ça mettait beaucoup de temps à se passer.
04:57Donc aujourd'hui, on se dit, ah, catastrophe, 5%, c'est une horreur.
05:00Il n'y a rien, si ça se calme à Hormuz, après c'est de la géopolitique,
05:03on est peut-être à 4,5 dans 10 jours.
05:05Donc en fait, la vérité d'aujourd'hui, c'est pour ça que tout est extrêmement rapide,
05:10mais c'est pas ça 10 fois plus vite.
05:12D'un point de vue macro, cette dichotomie, cette divergence entre les taux,
05:18c'est-à-dire des taux qui montent et des indices boursiers
05:21qui restent relativement stables et assez élevés,
05:24c'est choquant d'un point de vue macro ou pas ?
05:26Ça montre les déséquilibres aujourd'hui, puisqu'en fait, effectivement,
05:30la plupart de la croissance des indices boursiers, ça vient par l'IA.
05:34Et effectivement, aujourd'hui, l'IA prend de plus en plus de place dans le financement.
05:39Il y a même des effets un petit peu crowding out.
05:41Ça veut dire que si t'es une entreprise un peu dans un secteur traditionnel,
05:45même si t'as une trajectoire de croissance intéressante,
05:47même si t'es investment grade, t'attires pas le même taux de financement
05:50qu'une entreprise dans l'IA.
05:52T'attires pas les mêmes capitaux.
05:54Et effectivement, on en parlait tout à l'heure,
05:57sur justement cette différence entre les taux
06:01et à quel point les États arrivent à attirer le capital.
06:06Et d'ailleurs, il y a beaucoup de déséquilibres qui continuent à croître,
06:10puisque je voyais justement aussi la bourse en Chine.
06:12Il ne faut pas oublier quand même que la Chine prend de plus en plus de poids dans l'IA
06:16aussi,
06:17puisqu'elle représente presque 20% des biens exportés liés à l'IA.
06:22Et son surplus commercial, il est de 1% du PIB.
06:25Donc en fait, ils vont continuer à challenger, si vous voulez, le modèle américain.
06:30Le prix, la compétitivité du modèle américain.
06:33La question va se poser vraiment sur quoi choisir entre un modèle américain et un modèle chinois.
06:39Sébastien, votre perception sur l'évolution de la bourse dans les mois qui viennent ?
06:46On parle de la bourse française, donc si je vous entends bien, vous nous dites aux abris ?
06:51Non, ce que je dis, c'est qu'en tant que gérant d'actif et en tant que client de
06:55produit de gestionnaire d'actif,
06:57il est important aujourd'hui d'avoir une vision géographique.
07:02C'est-à-dire qu'avant, il y avait beaucoup de fonds qui étaient Pure France, par exemple.
07:06Aujourd'hui, je pense que c'est une erreur fondamentale d'acheter un produit purement français.
07:10Il y en a encore ?
07:11Il y en a de moins en moins et il faut raisonner au niveau européen en tant que...
07:16Vous, vos produits, par exemple, sont tous...
07:17Aujourd'hui, ils sont tous...
07:18Même les produits small qui sont entre guillemets les produits les plus locaux sont aujourd'hui foncièrement européens.
07:24Et si vous regardez le poids de la France dans les indices, en réalité, dans les indices small cap, c
07:29'est moins de 20%.
07:30Léa, c'est pareil chez vous ?
07:31Oui, absolument. J'aime beaucoup cette idée d'absence de régionalisation parce que les portefeuilles,
07:36aujourd'hui, c'est la diversification qui fait la différence, on le voit bien.
07:39Et malheureusement, c'est sûr que les valeurs françaises, bien qu'elles ne soient pas liées qu'à l'économie
07:44française,
07:44ça, j'insiste, ça va être très compliqué pour ces marchés de momentum.
07:48Y compris les grandes valeurs.
07:50Y compris, bien sûr, bien sûr.
07:51Surtout les grandes valeurs.
07:52Emmanuel, ça vous inspire quoi ?
07:54Un peu ce qui se passe sur les bourses par rapport au taux d'intérêt, par rapport à l'environnement,
07:59par rapport à ce qu'on vient d'entendre quand même,
08:02sur lequel je n'étais pas totalement persuadé qu'il y avait un risque déjà politique
08:05dans le pricing des actions françaises ?
08:09Le risque politique, vous le retrouvez dans ce qu'on pourrait appeler finalement un risque plus macro de compétitivité globale.
08:17C'est-à-dire que ce qu'il y a dans ce risque politique, c'est qu'est-ce qui
08:20va se passer sur le plan réglementaire.
08:22Or, on sait que tout ce qui est réglementation, etc., c'est un des aspects de la compétitivité des entreprises.
08:27Qu'est-ce qui va se passer sur le plan fiscal dans un pays où on vous agite en permanence
08:33la taxation des grandes entreprises,
08:36des grandes fortunes ?
08:38Je pense que ce n'est pas neutre si cette semaine, par exemple, est à contre-temps par rapport à
08:46l'agenda politique,
08:48alors que l'urgence réclamerait, par exemple, un petit soutien à la consommation.
08:52Ce n'est pas neutre si, au contraire, la seule mesure qu'annonce le Premier ministre,
08:57c'est d'envoyer une lettre au chef d'entreprise pour dire qu'on va baisser la surtaxe sur l
09:01'IS, etc.
09:03C'est-à-dire que là, il y a un vrai danger sur la compétitivité de l'entreprise France au
09:10sens large,
09:11avec le risque de voir effectivement des entreprises ne pas venir.
09:16Et c'est ça qui est le plus terrible, en fait.
09:18C'est qu'en fait, une usine qui ne se crée pas, ça ne se voit pas, un emploi qui
09:22n'est pas créé,
09:23personne n'ira défiler quelque part pour le défendre.
09:26Et c'est ça qui est compliqué.
09:27Et même dans le discours aujourd'hui sur la fiscalité des plus riches,
09:30on voit bien qu'il y a LFI, il y a une grande offensive Zuckman qui se prépare à nouveau,
09:36etc.
09:37Le danger, moi, ce qui m'inquiète, ce n'est pas les riches d'aujourd'hui,
09:41c'est plutôt les riches...
09:42Ceux qui sont capables de créer de la richesse.
09:44Et qui vont aller la créer ailleurs.
09:46Qui vont la créer ailleurs ou qui ne vont pas la créer.
09:48Et je pense que ce risque macro global, il existe aujourd'hui.
09:54Dans ce contexte, on va essayer quand même de vous trouver un placement.
09:57Est-ce que vous nous avez apporté un petit placement qu'il faudrait privilégier ?
10:01Léa, tiens, on commence par vous.
10:02Oui.
10:03Dans la corbeille, Rova, est-ce qu'il y a un petit truc ?
10:06Oui, je mettrais quand même de côté, de manière assez globale, les actions.
10:10Au moins, temporairement.
10:12Vu les niveaux des marchés, même si effectivement, là, ça vient de baisser,
10:16ça reste quand même, dans ce contexte actuel, compliqué.
10:18Les taux, c'est pareil.
10:20Toute la partie crédit, corporate, il va y avoir quand même des points de vigilance.
10:24Donc bon, ça ne veut pas dire qu'il faut tout vendre.
10:26Mais en tout cas, je ne reviendrai pas tout de suite.
10:28Je commencerai à regarder un peu plus les actifs longs.
10:30Je vous en parlais.
10:32Les actifs longs, c'est toutes ces infrastructures qu'il va falloir financer.
10:3580% du financement des infrastructures à venir va passer par l'argent privé.
10:39Et les rendements sont déjà, d'une part, intéressants.
10:42Mais surtout, ce qui, moi, m'intéresse le plus, c'est qu'en fait,
10:44on sort de cette logique de marché extrêmement court-termiste.
10:47On est sur, effectivement, des investissements...
10:50Moi, qu'elle achète un job, hein ?
10:51Oui, mais je découvre quelque chose que je connaissais, bien sûr,
10:54mais que je n'avais pas regardé autant en profondeur.
10:57Pour les gens qui nous écoutent, ça veut dire quoi ?
10:58Parce que c'est quoi, les produits ?
10:59C'est des produits.
11:01Alors, il y a le private equity, mais il y a surtout des fonds d'infrastructure.
11:03Des fonds d'infrastructure, d'accord, ça existe.
11:06Qui financent les entreprises, soit par la dette, soit par les actions,
11:10mais qui ne sont pas cotés.
11:11C'est des fonds de dette privés qu'on peut avoir...
11:15Qu'on peut trouver, oui, oui, bien sûr.
11:17Des infrastructures, c'est quoi ? C'est des routes ?
11:19Alors, il y a tout type d'infrastructures, c'est une très bonne question.
11:22C'est vrai.
11:23Voilà, exactement.
11:23Alors, l'infrastructure, telle qu'on l'entend habituellement,
11:25c'est effectivement les stades, les hôpitaux, les écoles, etc.
11:28Mais il y a des fonds plus spécialisés.
11:30Nous, on fait de la transition énergétique,
11:31mais on s'élargit aussi vers d'autres sujets.
11:33Il y a des fonds sur la défense.
11:34Il y en a qui sont sortis sur la data, la sécurité informatique.
11:38Tout ça, j'essaie d'être pratique.
11:40Tout ça, ça se trouve où ?
11:41Ça se trouve dans les réseaux qui les ont référencés, bien sûr.
11:44Et on peut les mettre dans de l'assurance-vie ?
11:46On peut les mettre dans des PER ?
11:48Alors, ça dépend de la manière dont ils ont été construits.
11:50On le renseignerait de manière très technique.
11:51Mais oui, il y a différents moyens de pouvoir entrer.
11:53Et d'ailleurs, j'allais dire la retailisation, pardon pour l'anglicisme,
11:57va être un enjeu.
11:58Parce que capter, ça t'épargne vers ce type de projet long.
12:01Il y a déjà beaucoup de produits réitaires d'infrastructure.
12:03Oui, il y en a absolument.
12:05Donc, vous, c'est l'infrastructure.
12:07Ça y est, on voit qu'elle a changé de maison.
12:10Sébastien, elle est passée de gérante à il faut voir long,
12:13il ne faut pas être collé au marché.
12:15C'est pas mal.
12:16Sébastien, c'est quoi le placement ?
12:18Pour Emmanuel Lechypre, qui vient d'engranger des primes monstrueuses.
12:22Le paradoxe de cette période instable, c'est qu'il n'y a jamais, à mon avis,
12:27rarement et autant de possibilités structurelles.
12:30C'est-à-dire ?
12:31C'est-à-dire que, bon, malheureusement, la défense est devenue aujourd'hui
12:35un endroit où on peut investir de façon structurelle.
12:37Et l'intelligence artificielle, aujourd'hui, les blocages,
12:41ils sont, comme elle a dit, à juste titre, l'infrastructure et l'énergie.
12:45Si on met bout à bout tous les projets d'investissement des GAFA et des hyperscalers,
12:52le nombre de centrales nucléaires à construire dans les 4-5 prochaines années
12:56se compte en centaines.
12:58D'accord.
12:58Mais moi, pratiquement, pour les gens qui m'écoutent, qui nous écoutent,
13:01qu'est-ce qu'on leur dit ?
13:02Aujourd'hui, chez Montpensier-Arbevel, il y a deux classes d'actifs
13:05sur lesquelles on a collecté cette année de façon importante.
13:08C'est des obligations convertibles.
13:10C'est un produit hybride qui est à la fois un peu de l'action et de l'obligataire,
13:14qui représente un compromis rentabilité.
13:16Côté ou non coté ?
13:17Côté.
13:18Ok.
13:18Et on collecte aussi pas mal sur la partie micro, small cap.
13:22Pourquoi ?
13:23Ah bon ?
13:23Oui.
13:24Une raison simple, c'est qu'en réalité,
13:27effectivement, on ne maîtrise pas à court terme le marché,
13:29mais quand vous avez un point d'entrée,
13:32vous achetez des sociétés 5, 6, 7 fois l'EBIDA,
13:36vous savez que vous n'achetez pas cher.
13:37Et quand on n'achète pas cher et qu'on se positionne à 4-5 ans,
13:41vous dites, ça peut planter demain,
13:42mais mon argent, je le retrouverai.
13:44L'européen ou mondial ?
13:46Là, nous, c'est des produits européens.
13:47Donc, je vous dis, là où on collecte en ce moment
13:50et où les gens se positionnent.
13:52Ils sont intéressés.
13:53Top ou flop de la semaine ?
13:56On commence par vous, Anna.
13:57Top ou flop ?
13:58Top.
13:59Et je pense que Léa va aimer.
14:03Elle sort un livre, bientôt.
14:04Je ne commente pas.
14:07Donc, alors, je pensais à un top parce qu'il y a beaucoup de flops en ce moment.
14:12Il faut remonter le moral des gens qui nous écoutent.
14:14Il y a aussi des choses qui vont bien parce qu'en fait,
14:16on cherche un titre pour expliquer aux gens pourquoi c'est résilient.
14:20Et c'est qu'en fait, il y a une économie à plusieurs vitesses.
14:23Il y a vraiment des secteurs qui vont bien, à part l'IA.
14:26Et un qui va bien en ce moment, c'est le renouvelable.
14:29Parce qu'on a besoin de diversifier.
14:34Et moi, je suis contente aussi
14:35puisque je pense à l'avenir de l'Europe
14:37qui n'est pas dans le pétrole,
14:40pas seulement dans le gaz.
14:41On est bon là-dessus sur les renouvelables ?
14:43On commence à avoir de la profitabilité.
14:45C'est ça mon top.
14:46Parce qu'en fait, il y avait du renouvelable,
14:47mais il y avait aussi des défauts dans le secteur.
14:49Donc, c'était quand même compliqué.
14:50Et là, en fait, sur les 12 mois à venir,
14:52la croissance de la profitabilité,
14:54ce qu'on appelle le earning growth,
14:55c'est attendu à 40%.
14:57Et c'est le top, c'est le secteur...
15:00Donc, c'est un secteur qui, peut-être,
15:02un jour, va devenir rentable.
15:03Bon, en tout cas, ça serait bien
15:04puisqu'en fait, en Asie, on a bien compris
15:06qu'il faudrait diversifier ses sources d'énergie.
15:10Et ils le font beaucoup plus vite que nous.
15:11Donc, ça serait bien qu'on agisse aussi
15:13puisqu'on n'est pas mieux placé qu'eux
15:14en termes de dépendance énergétique.
15:17Sébastien, top ou flop ?
15:18Les deux.
15:19Les deux, en général.
15:20Je pense que j'en profite.
15:22Le flop, ça a été un choix des années 80
15:24sous les gouvernements socialistes
15:25du refus de la sélection à l'université.
15:28Qui a, à mon avis, à une époque
15:30où on avait 30% de succès
15:31d'une génération qui arrivait au baccalauréat.
15:34Le refus de la sélection,
15:35c'est le nivellement par le bas.
15:36Et quand on a des scores PISA aussi pourris,
15:38c'est juste parce qu'on refuse la sélection
15:40et on refuse l'excellence.
15:42Donc, le nivellement par le bas
15:43n'est jamais une solution,
15:45surtout quand le reste du monde
15:46n'a pas cette philosophie.
15:47Et le top ?
15:48Ça, c'était le flop.
15:48Et le top, alors, c'est un peu un paradoxe.
15:51C'est le fait que OpenAI a publié
15:54le fait que son nouveau modèle,
15:56enfin, pas celui qui est public,
15:57mais qui n'est pas public,
15:58a cassé un problème de mathématiques
16:00qui n'était pas résolu depuis 90 ans,
16:02en 10 jours, avec l'aide de 90 agents.
16:07Ce que ça m'inspire,
16:09c'est que je pense qu'on n'a rien vu
16:11en termes de développement santé
16:13et de nouveaux médicaments
16:14dans les années à venir.
16:16Donc, il y a des raisons d'être positifs,
16:18même si le gars qui a dit
16:19que l'IA allait tous nous tuer
16:20a fait 150 millions de vues
16:22en quelques jours.
16:23Donc, le problème de l'IA
16:24à moyen terme,
16:25ça va être l'acceptation par les gens.
16:27On ne l'a pas vu.
16:28Et ça va monter fort.
16:31Léa ?
16:31Alors d'abord, ça va être un flop,
16:34mais en partie pris par Sébastien.
16:36Mais je vais d'abord remercier Anna
16:37parce qu'elle est une très bonne ambassadrice
16:39et je ne voulais pas remettre la couche
16:40de « il y a un investissement qui marche bien,
16:42c'est effectivement la transition énergétique ».
16:43Le flop, c'est PISA.
16:45PISA, je viens de l'éducation nationale,
16:47j'ai été professeure
16:48et c'est catastrophique en fait.
16:50Et c'est à l'image de tout ce qui a été dit
16:51en introduction en fait
16:52dans la partie de dépenses publiques.
16:55Et donc, ça veut dire que
16:56si on pousse le trait encore plus loin,
16:58moi je me pose cette question,
16:59on va avoir l'ensemble
17:01de nos services publics,
17:02et c'est déjà le cas
17:03pour un certain nombre d'entre eux,
17:04qui se dégradent.
17:05Mais dont on a vu une dégradation lente,
17:07c'est une crevaison lente en fait.
17:08Et là, on est en train d'en voir
17:09maintenant les conséquences.
17:11Et je dirais même le résultat,
17:13mais en fait, ça a commencé
17:14il y a bien plus longtemps
17:15que les discussions qu'on a là.
17:16Et ça, c'est des générations entières sacrifiées.
17:19Et surtout, ce qui est intéressant,
17:20enfin intéressant et déprimant,
17:22c'est que j'ai vu le parallèle
17:24entre la dégradation scolaire
17:26et la dégradation économique.
17:27C'est-à-dire que notre classement
17:28en PIB par habitant,
17:29il suit presque la dégradation
17:31de notre classement PISA,
17:32c'est-à-dire à 4-5 ans près.
17:33Et donc, les deux sont liés.
17:35Et donc, c'est pas très bon
17:36pour notre avenir, malheureusement.
17:38Emmanuel, il faut rappeler
17:39qu'un des grands moteurs
17:40des gains de productivité
17:41du progrès au XXe siècle,
17:43ça a été l'élévation
17:43du niveau mondial d'éducation.
17:45Là, on est dans une dégradation
17:47du niveau mondial d'éducation
17:48et ça va être très compliqué.
17:49Allez-moi un petit top.
17:50Allez.
17:51Franchement, c'est un peu déprimant.
17:53Il ne faut pas se laisser abattre.
17:54J'ai bien aimé la façon
17:56dont l'Union européenne
17:58est en train de revoir
17:59sa stratégie de commande publique
18:00pour être un peu moins naïf
18:02et défendre un peu plus
18:04le Made in Europe.
18:05C'est 2500 milliards par an,
18:07la commande publique.
18:08C'est 15% du PIB européen, je crois.
18:11Et il était temps quand même
18:12d'être un peu moins naïf
18:13face aux Américains et aux Chinois.
18:15Et pratiquement,
18:15qu'est-ce qui va se passer ?
18:16Ça veut dire qu'il y a
18:17des nouveaux critères.
18:18En gros, avant,
18:19la philosophie de l'Europe,
18:21c'était on achète
18:22le moins cher possible
18:23parce que ça fait du pouvoir d'achat
18:25et c'est bon pour le consommateur.
18:26Maintenant, on se rend compte
18:27que la stratégie
18:28d'acheter le moins cher possible,
18:29c'est pas forcément celle
18:30qui est la meilleure
18:30pour l'économie européenne.
18:31Donc, il y a des nouveaux critères
18:32dans lesquels on pondère
18:33un peu moins le prix
18:33et il faut que ce soit
18:34un peu plus fabriqué en Europe.
18:36Donc, à la limite,
18:36si c'est pour acheter
18:38du produit China,
18:38au moins qu'ils viennent
18:39le fabriquer en Europe.
18:40Mais c'est le cas déjà
18:42sur la défense.
18:42Alors, c'est le cas déjà sur la défense.
18:43Les dernières 50%
18:44d'entrants européens,
18:45même si on n'y arrive pas.
18:47Et là, moi,
18:47je trouve que ça va
18:48dans le bon sens.
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