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  • il y a 5 heures
Ce vendredi 24 avril, la fragilité de la Chine au niveau de l'énergie a été abordée par Annalisa Cappellini dans sa chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On le dit souvent, la fermeture du détroit d'Ormuz a mis en évidence une certaine fragilité de la Chine
00:05au niveau de l'énergie, du pétrole notamment.
00:07Est-ce qu'elle peut contourner sa dépendance, Annalisa Capellini ?
00:11Oui, elle peut au moins partiellement, mais pour le faire, elle doit se tourner vers d'autres partenaires et en
00:15particulier vers l'Afrique du Nord.
00:17C'est ce qu'elle fait justement en ce moment. Il faut dire que cette région a beaucoup d'avantages
00:21pour les Chinois.
00:22Elle est évidemment beaucoup plus stable par rapport au Moyen-Orient et ça, ça rassure les milieux économiques.
00:27Et puis, c'est un carrefour stratégique, idéalement situé entre l'Europe et l'Afrique.
00:31Et puis, la Chine, en réalité, y investit déjà depuis des années avec ses nouvelles routes de la soie, avec
00:36sa Belt and Road Initiative.
00:38Donc, elle y a déjà installé un réseau d'infrastructures et de collaborations économiques assez poussé.
00:43Donc, vous voyez, ça fait plusieurs années que la Chine investit en Afrique du Nord.
00:46En ce moment, c'est d'autant plus important parce que ça permet à Pékin de ne plus mettre tous
00:50ses œufs dans le même panier.
00:51L'Afrique du Nord et plus précisément l'Algérie.
00:54Oui, l'Algérie qui est très importante sur les hydrocarbures pour la Chine.
00:57Parce que oui, c'est vrai que Pékin travaille énormément sur l'électrification, sur les énergies vertes, mais elle a
01:02quand même besoin de pétrole.
01:03Ça représente 18% de sa consommation énergétique environ.
01:07Le problème pour la Chine, c'est que presque tous ses fournisseurs, si on enlève la Russie, sont des pays
01:13qui exportent leur pétrole à travers le détroit d'Hormuz.
01:16Il y a l'Arabie Saoudite, il y a l'Irak, il y a les Émirats Arabes Unis, il y
01:19a Oman.
01:20Tous passent par le détroit d'Hormuz.
01:22Donc l'Algérie est une bonne solution parce que ça permet justement de contourner.
01:26Et puis l'Algérie est un grand producteur qui d'ailleurs en ce moment augmente sa capacité de production.
01:32Et d'ailleurs, les deux pays sont déjà très liés.
01:34Donc il suffit juste d'augmenter les contrats qui les lient déjà.
01:37Par exemple, Sonatra, qui est la compagnie pétrolière nationale algérienne, travaille déjà avec les Chinois.
01:42C'est le même raisonnement pour le gaz.
01:44Ce sont les Chinois, par exemple, qui exploitent à travers la société Sinopec le grand gisement de Guernaguesa II.
01:50L'Algérie, mais pas seulement, ça dépend des ressources.
01:53Oui, effectivement, parce que la Chine a deux volets en ce moment.
01:56D'abord, il faut diversifier les fournisseurs d'hydrocarbures, c'est ce qu'elle fait avec l'Algérie.
02:00Et puis, il faut accélérer la transition vers l'énergie propre.
02:03Et c'est ce qui intéresse davantage la Chine à long terme par ailleurs.
02:06C'est pour ça qu'elle regarde vers le Maroc.
02:08Le Maroc, pourquoi ? Pour l'hydrogène vert et pour les batteries.
02:11Surtout, il faut penser qu'il y a eu ces deux dernières années,
02:1410 milliards de dollars d'investissement chinois au Maroc dans le domaine des batteries pour les voitures électriques,
02:19avec des gigafactories, notamment.
02:21Il y en a une, par exemple, celle de Kenitra, qui ouvre dans deux mois,
02:24qui va permettre aux Chinois de commencer à produire des batteries pour les véhicules électriques.
02:28Par ailleurs, ça permet aussi aux Chinois de contourner les sanctions sur les véhicules chinois,
02:32puisque désormais, ces véhicules seront produits au Maroc.
02:36Et puis, il y a l'Égypte, qui est le troisième pilier de ces nouveaux axes chinois.
02:40Et c'est un pilier logistique, parce que l'Égypte offre des routes alternatives
02:43par rapport au détroit d'Hormuz, encore une fois.
02:46Et puis, parce que ça peut accueillir des projets d'infrastructures de grande envergure,
02:50par exemple, des parcs éoliens et des parcs photovoltaïques.
02:54Évidemment, vous vous en doutez, le problème pour la Chine,
02:56c'est qu'ils ne sont pas les seuls du tout à s'intéresser à cette région.
02:59Il y a beaucoup d'autres pays qui regardent ce qui se passe en Afrique du Nord,
03:01à commencer par les Européens.
03:03Je pense à l'Espagne, je pense à l'Italie, mais à d'autres pays aussi.
03:06Et puis, il y a les États-Unis aussi, qui veulent sécuriser des chantiers et de ressources.
03:10Donc, vous voyez, cette guerre en Iran, finalement, va faire émerger une autre guerre,
03:14beaucoup plus discrète, beaucoup plus silencieuse et purement énergétique.
03:17Et c'est la guerre pour les ressources de l'Afrique du Nord.
03:19Merci beaucoup, Annalisa Capellini.
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