00:00La French Tech avec François Veyron ce matin, fondateur et associé gérant de Newfound, bonjour.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous. Newfound, ça a été créé en 2008, c'est de l'investissement dans les startups.
00:11Concrètement, dans quel type de startup, même si on va parler des cas dans un instant,
00:15mais vous investissez depuis le départ ?
00:18Alors dans le positionnement, on est dans ce qu'on appelle l'amorçage, donc au démarrage.
00:22Et c'est ça qui nous passionne aussi, c'est un peu au moment où tout se joue.
00:24On a commencé très généraliste, on a investi aussi bien dans Fairmoney qui est une espèce de révolut africain
00:32que dans Infinite Orbit qui lance des nanosatellites dans l'espace.
00:37Mais de plus en plus, on a vu émerger les sujets médicaux, santé numérique, notamment santé numérique cerveau.
00:44Et on a décidé de lancer ce fonds spécialisé sur la santé numérique du cerveau.
00:49Un fonds qui s'appelle ECA, vous levez 60 millions là-dessus.
00:52Et donc la Brentech, qui est un secteur à part entière, finalement, qui est en gros développement.
01:004,2 milliards de dollars ont été levés par les startups de la Brentech l'année dernière.
01:04Alors la figure de Proust et Neuralink, c'est très invasif, mais en fait il y a énormément d'autres
01:08choses.
01:08Il y a beaucoup d'acteurs qui, en gros, se focalisent sur les découvertes scientifiques qui sont extrêmement nombreuses et
01:18s'accélèrent en ce moment.
01:19Le cerveau, c'était un peu une boîte noire, sans mauvais jeu de mots.
01:22Et avec l'intelligence artificielle, évidemment, toutes les nouvelles technologies d'imagerie, l'IRM fonctionnelle, la magnéto-encéphalographie, l'EEG.
01:32Ça, c'est des noms un peu barbares, mais qui permettent de vraiment voir dans le cerveau.
01:35Et aujourd'hui, il y a beaucoup de startups qui se saisissent de ces découvertes pour faire des produits, des
01:40solutions, on espère accessibles au plus grand nombre.
01:42Alors, c'est quoi l'enjeu pour vous derrière ? Analyser cette boîte noire du cerveau, ça va servir à
01:48quoi concrètement ?
01:49C'est, par exemple, trouver des solutions pour les maladies neurodégénératives pour lesquelles on n'a pas de réponse aujourd
01:54'hui, pour Alzheimer, pour Parkinson ?
01:56On a des espoirs de ce côté-là en utilisant la technologie, justement ?
01:59Oui, alors aujourd'hui, on voit les symptômes.
02:02On voit neurodégénérescence, on voit qu'on perd la mémoire, on peut voir qu'on est dépressif, qu'on est
02:08triste, etc.
02:10Et on ne comprend pas encore complètement d'où ça vient.
02:13Il y a très probablement, je dirais quasiment certainement, une cause biologique.
02:20Notre cerveau, c'est un immense système de câblage, c'est 86 milliards de neurones.
02:2586 milliards de neurones, pour vous donner une idée, un chien, c'est pas bête, un chien, c'est 500
02:29millions de neurones,
02:30un chimpanzé, c'est 7 milliards de neurones. Donc c'est vraiment ce qui fait la spécificité de l'espèce
02:33humaine, c'est cette complexité.
02:36Et dès que ça va mal, il y a toute une série de conséquences, de problèmes.
02:43Et aujourd'hui, là où la science avance, c'est cette compréhension de d'où viennent les problèmes.
02:49Une fois qu'on a compris d'où ça vient sur le plan scientifique,
02:51il faut encore pouvoir trouver la manière d'intégrer ça dans les processus cliniques, les processus médicaux,
02:58pour que quand vous allez voir votre médecin, il y ait réellement un impact.
03:02Et bien c'est là-dessus qu'on a levé ce fonds.
03:03Et là du coup, dans les entreprises, vous n'allez pas pouvoir toutes les citer évidemment,
03:07mais dans lesquelles vous investissez, il y en a neuf.
03:09J'ai regardé, elles sont toutes fascinantes, mais si on devait en retenir,
03:11allez, deux ou trois, expliquez-nous ce qu'elles font là, et faites-nous un peu rêver.
03:17Alors, je vais prendre deux exemples très différents.
03:20Je commence par Aurea Biosciences.
03:21Aurea Biosciences, c'est un spin-off de PSL, l'université parisienne.
03:27Souvent d'ailleurs, nos entreprises, les entreprises qu'on finance,
03:29sont vraiment des spin-offs de très grandes institutions de recherche française, européenne.
03:33Ce qu'ils font, c'est qu'ils ont pris des cellules,
03:36en gros, ils les font péter, si je parle un peu vulgairement,
03:39et on récupère ce qu'il y a à l'intérieur de la cellule, outre le noyau,
03:43donc ça peut être ce qu'on appelle des lysosomes, des mitochondries,
03:46des petits éléments qui sont fondamentaux quand ils fonctionnent mal,
03:50qui sont des éléments d'explication, de maladies.
03:53Typiquement, on parle de Parkinson, par exemple, pour les mitochondries.
03:56Avant, c'était très compliqué, avant qu'ils arrivent,
03:58c'était très compliqué d'avoir ces petits éléments,
04:00et donc les acteurs pharmaceutiques,
04:05qui passent leur temps à essayer de trouver des molécules
04:07qui peuvent trouver des cibles pour changer le fonctionnement de nos organismes,
04:12ne pouvaient pas travailler sur ces éléments-là.
04:16Et donc, eux, ils sortent des millions de lysosomes,
04:19des millions de mitochondries, on appelle ça les organiques,
04:22ce qui est à l'intérieur de la cellule,
04:23et fournit ça à l'industrie pharmaceutique.
04:25Donc, on peut dire que ça, c'est de la plomberie,
04:26c'est de la tuyauterie.
04:27Ça permet à la pharma de travailler sur des choses
04:30sur lesquelles ils ne pouvaient pas travailler avant.
04:32Ce qui est intéressant, c'est que vous êtes,
04:33parce que ça va très vite,
04:34vous êtes placé entre la France et les États-Unis
04:37pour finalement assembler les avantages des deux continents.
04:43En France, il y a un avantage scientifique majeur en neurosciences,
04:46et puis aux États-Unis, peut-être que ça va plus vite,
04:48il y a plus d'argent, c'est ça que vous faites ?
04:50C'est exactement l'idée, oui.
04:52En France, on va dire, et en Europe,
04:54on a des scientifiques de très très haut niveau,
04:57plus de 50% des publications dans les domaines dont on parle,
05:01en psychiatrie, en neurosciences, sont faites en Europe.
05:04Le marché est beaucoup plus petit,
05:06les levées de fonds sont plus difficiles,
05:08et donc si on veut donner à nos start-up les moyens
05:10de réellement faire la différence,
05:12il faut pouvoir aller très vite aux États-Unis
05:14pour lever là-bas et commencer à commercialiser.
05:17On a le temps pour un deuxième exemple, très rapidement.
05:19Deuxième exemple, Nurea,
05:21un spin-off de l'Université de Bordeaux et du CHU de Bordeaux,
05:25un travail en collaboration, c'est un thésard à l'origine,
05:27qui lance une société qui est là pour faire une simulation 3D
05:32des vaisseaux sanguins dans le cerveau
05:34pour prévenir notamment les AVC.
05:36Vous avez, on l'a dit, neuf start-up,
05:39investi dans neuf start-up actuellement.
05:41Le but d'ici 2030, ce sera d'en faire combien ?
05:44Parce que, voilà, il y a beaucoup de champions qui émergent.
05:47Oui, il y a énormément de start-up.
05:48Il y a vraiment beaucoup de choses dans ce domaine
05:50et les fondateurs sont absolument passionnés.
05:54On règle des gros problèmes.
05:56Et il y a une, j'irai,
05:57c'est à la fois une grande thèse d'investissement
06:00et puis c'est aussi la capacité d'être utile.
06:02Donc, 2028, on vise 30 start-up.
06:04Et si ça se passe bien, on lèvera avec à deux.
06:06Il faudra revenir sur ce plateau.
06:08J'espère.
06:08François Véron, associé gérant chez Newfound.
06:11Merci d'être venu ce matin.
06:12Merci.
06:12Merci.
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