Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 minutes
Alain Bauer, professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers, sur le régime en Iran qui fragilise mais qui n’est toujours pas à genoux : «Le régime des mollahs n’existe plus». 

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il n'existe plus. Pendant ce temps-là, un coup d'État, ce qui ressemble à un coup d'État...
00:05C'est-à-dire qu'il n'existe plus ?
00:06Sous l'Ayatollah Khomeini, les Molahs avaient le pouvoir, c'était la molarchie.
00:11L'arrivée de l'Ayatollah Khamehnaï, le père de l'actuel, a permis un rééquilibrage entre gardiens de la révolution
00:18d'un côté,
00:20système molarchique de l'autre, et une petite apparition d'un régime civil avec des présidents plus ou moins pragmatiques
00:28ou plus ou moins réformistes tolérés par le système.
00:31Tout ça n'existe plus.
00:33L'élimination massive de toute la direction iranienne d'un seul coup a permis l'apparition d'un groupe centralisé
00:40qui s'appelle le Cercle Habib.
00:43Ce sont les anciens combattants de la guerre d'Iran-Irak, tous issus des gardiens de la révolution,
00:47qui aujourd'hui ont tous les pouvoirs, tous.
00:50Les Molahs sont écartés.
00:52Que l'Ayatollah Khamehnaï soit vivant ou pas n'a plus aucune espèce d'importance.
00:58C'est une enveloppe, un emballage.
01:02Mais la réalité, ce sont un certain nombre de gardiens de la révolution,
01:06le conseiller militaire, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale
01:11et surtout l'homme qui a inventé la défense mosaïque,
01:15qui est aujourd'hui une sorte de directeur du centre d'études stratégiques,
01:18ancien commandant des gardiens de la révolution,
01:20et qui a inventé l'extraordinaire décentralisation de la République.
01:23Il s'améliore, il n'y en a plus une, il y en a 31.
01:25Qu'est-ce qu'ils ont dans la tête ?
01:27Durée.
01:27Par rapport au Molah ?
01:29Durée.
01:29Eux, ce sont à la fois des radicaux, pragmatiques et corrompus.
01:35L'avantage, c'est qu'ils soient corruptibles.
01:38Ce qui était l'enjeu de ce que Donald Trump voulait faire en disant
01:41« je vais faire comme au Venezuela ».
01:43Mais ça n'a pas marché car il n'a pas trouvé le bon interlocuteur.
01:46Il espérait que ce serait Ali Larijani, l'ancien secrétaire du Conseil de sécurité nationale.
01:50Ça n'a pas marché.
01:50Il espérait trouver quelqu'un.
01:52Et quand il dit « je n'arrive plus à discuter avec personne »,
01:54c'est parce que dès qu'il trouve un interlocuteur,
01:56celui-ci est remis en cause par une autre faction qui ne s'en cache pas.
01:59Puisque les insultes grossières contre le ministre des Affaires étrangères
02:04sont venues des gardiens de la révolution eux-mêmes.
02:07Donc on sent bien qu'il y a un déplacement du pôle de direction.
02:11Le président Pézeskian, une fois qu'il a dit « je m'excuse auprès de mes voisins du Golfe »,
02:15s'est fait aussi rattraper par la patrouille.
02:18On sent bien qu'il y a aujourd'hui un renforcement.
02:20Et donc la question c'est, est-ce qu'ils peuvent parler avec les gardiens de la révolution ?
02:23C'est là où le rôle du Pakistan est essentiel.
02:26Parce que le chef d'état-major pakistanais, qui est beaucoup plus important
02:29et que le président de la République et que le ministre des Affaires étrangères pakistanais,
02:32et qui est très proche du président Trump,
02:34est en situation, lui, de rétablir une voie de communication,
02:38ce qu'il s'essaye à faire, y compris en laissant passer des bateaux iraniens
02:42comme acte de bonne volonté.
Commentaires

Recommandations