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  • il y a 2 semaines
Ce vendredi 31 juillet, la question du financement des campagnes politiques par les banques a été abordée par Étienne Bracq et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le chiffre, le débat ce matin, face à le chiffre, il y a Étienne Braque et nous allons
00:04parler des banques
00:06et du financement des candidats à l'élection présidentielle.
00:09Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale a annoncé qu'il ne le ferait pas,
00:12financer les candidats de l'élection présidentielle.
00:15Le groupe bancaire estime que le risque est trop important.
00:18Étienne, est-ce que c'est le rôle des banques de faire ça ?
00:20Pas vraiment. Alors pour rappel, une banque, elle ne prend pas vraiment de risque en finançant des grands partis
00:25puisque l'État rembourse les dépenses de campagne si le candidat arrive au-delà des 5%.
00:31Donc pour une banque, financer un grand parti politique, ce n'est pas vraiment un risque.
00:34Non, si vous écoutez Daniel Ball du Crédit Mutuel, le plus grand des risques,
00:37c'est le fait qu'à la fin, le candidat ne se fasse pas valider les comptes de campagne.
00:42Et puis alors le deuxième argument qui n'est pas mis en avant, mais qu'il faut comprendre entre les
00:46lignes,
00:46c'est le risque de réputation.
00:48Une banque, même si elle ne fait pas de politique, elle pourrait être accusée de soutenir tel ou tel parti
00:52et de financer sa campagne pour un parti d'extrême.
00:55Aujourd'hui, le risque de réputation, il est quand même très grand pour une banque française.
01:00Et c'est l'un des pires pour les banques.
01:01Regardez le nombre de fois où les banques françaises ont été accusées de greenwashing
01:05ou d'appel au boycott car elles ont financé souvent, en plus pour des montants totalement négligeables,
01:09des projets gaziers ou pétroliers.
01:11Vous vous retrouvez avec des assemblées générales qui sont perturbées,
01:13des clients qui vous disent « Ah bah, puisque c'est comme ça, moi je m'en vais, je clôture
01:16mon compte ».
01:17Donc en fait, à la fin, quand vous faites la balance bénéfice-risque,
01:21ça ne vaut pas le coup d'y aller.
01:22C'est-à-dire qu'en fait, vous allez financer quelques millions d'euros,
01:24donc les revenus potentiels sont totalement négligeables.
01:27Et derrière ça, vous vous retrouvez avec du bad buzz,
01:29beaucoup d'articles dans la presse, du débat public.
01:32Et ça, après, vous allez le traîner pendant des mois, voire même des années.
01:35Emmanuel Lechypre.
01:36Ah, je suis totalement en désaccord avec tout ce que vient de dire Étienne.
01:40Pauvres banquiers qui prennent en fait très peu de risques,
01:43parce que la réalité, c'est que dès qu'une banque risque de faire faillite,
01:46tout le monde la sauve avec les impôts.
01:47Donc ce serait bien normal, quand même, que les banques contribuent un minimum à la vie démocratique.
01:53Parce que, un, sans financement, vous n'avez pas de pluralisme démocratique.
01:58C'est ça la réalité.
01:59Effectivement, une campagne, aujourd'hui, c'est plusieurs millions d'euros.
02:02Très peu de partis disposent d'une trésorerie suffisante.
02:06Donc, si vous n'avez pas d'accès au crédit, ça veut dire quoi ?
02:08Il n'y a que les grands partis déjà installés qui pourront faire campagne.
02:11Il n'y a que les plus riches qui pourront être candidats,
02:13ceux qui ont des fortunes personnelles, genre Donald Trump.
02:16Ah bah oui, on veut des candidats riches à la Donald Trump, bien sûr.
02:19Ou bien seront candidats ceux qui sont financés par des donateurs plus ou moins obscurs,
02:23dont on ne sait pas très bien d'où ils tirent leur argent.
02:25Ça veut dire que vous ne laissez aucune chance d'émergence à des nouveaux mouvements politiques.
02:29Ça veut dire que vous n'avez aucune chance d'avoir des candidats de la société civile qui puissent apparaître.
02:35Donc, en gros, on ne demande pas aux banques de financer une idéologie.
02:38On demande juste aux banques de financer la vie démocratique.
02:42Et puis, les banques n'hésitent pas quand même à financer des activités beaucoup plus risquées
02:47que celles qui sont liées à une élection.
02:51Quand vous prenez des risques avec des start-up, avec des PME fragiles,
02:55avec des projets immobiliers, avec des entreprises en restructuration,
02:58on pourrait quand même prendre ces risques-là.
03:00Alors, le remboursement, il est quand même largement garanti par l'État.
03:03Étienne a évoqué effectivement les 5%.
03:05La problématique aujourd'hui, c'est plutôt cette problématique d'invalidation des comptes de campagne
03:11où là, il n'y a plus de remboursement qui tienne.
03:13Mais il n'y a pas grand-chose à inventer.
03:16En fait, il y a déjà eu une réunion au mois de juillet entre les banques et Matignon
03:19pour essayer de régler ce problème-là.
03:21Alors, ça ne satisfait pas le crédit mutuel.
03:24Mais bon...
03:24D'ailleurs, est-ce que toutes les banques sont égales face aux problèmes, justement ?
03:27Oui, alors il y en a quelques-unes qui déjà ne financent plus.
03:31Beaucoup sont restées assez silencieuses jusqu'à maintenant sur le sujet.
03:34On sait que la Société Générale, par exemple, ne finance plus de partis.
03:37Bon, c'est un choix.
03:38Mais du coup, vous vous retrouvez, encore une fois,
03:40avec des risques de financement qui sont beaucoup plus problématiques.
03:44Et puis, on demande quand même aux banques d'avoir, oui, un comportement civique.
03:48Donc moi, je pense qu'il devrait y avoir une obligation,
03:49un peu comme vous avez l'obligation de vous assurer.
03:51Il devrait y avoir une obligation pour les banques
03:54de faire des propositions aux partis.
03:56Et après, les partis...
03:57Et puis, on invente une petite garantie.
03:59Ce n'est quand même pas la mer à avoir.
04:00Mais c'est trop facile aujourd'hui.
04:02On comprend qu'elles ont peur de tout.
04:03De toute façon, les banques, elles ont peur de tout.
04:05Dès qu'on les accuse de financer...
04:06Etienne a raison.
04:07Dès qu'on les accuse de financer des projets un peu trop gris
04:10et pas sévères, on leur tombe dessus, etc.
04:12Bon, c'est un métier qui est devenu un métier excessivement frileux.
04:16Donc, ils ne sont pas courageux, nos banquiers.
04:17Et ça, il faut les obliger à participer à la vie démocratique.
04:20Etienne, pour finir ?
04:21On arrive quand même au bout de quelque chose.
04:23Quand vous voyez le RN qui est obligé de se tourner vers une banque hongroise.
04:26C'était le cas notamment en 2022 pour trouver 10 millions d'euros
04:29parce qu'il n'y a aucune banque qui voulait les financer.
04:31Qu'on soit d'accord ou pas avec le RN,
04:32ça pose quand même des questions de se tourner vers une banque étrangère.
04:35En plus, à l'époque, c'était une banque qui était proche
04:37de l'ex-premier ministre hongrois, Victor Orban.
04:40Des questions de dépendance, d'ingérence politique.
04:42Quand vous regardez la France insoumise,
04:44alors eux, ils tournent le problème différemment.
04:45Ils vous disent, de toute façon, on ne veut pas se tourner vers le système bancaire.
04:49On fait appel à des dons, mais aussi à des prêts à taux zéro.
04:54C'est-à-dire que vous avez des militants et des filles
04:55qui prêtent de l'argent à taux zéro pour financer la campagne présidentielle.
05:00Vous voyez bien quand même que tous les partis ont aujourd'hui des problèmes.
05:03Donc, il faut trouver un système qui passe par l'État.
05:06Sachant qu'une finie, dans la plupart des cas, à la fin,
05:08c'est quand même l'État qui paye.
05:09C'est-à-dire qu'en plus de prêter, derrière, elle financerait tout cela.
05:12Et ça permettrait aujourd'hui l'émergence de petits partis politiques
05:15qui n'arrivent pas à financer leur campagne.
05:17Oui, mais la vie démocratique a un coût
05:19et les banques doivent aussi l'assumer.
05:22Une démocratie sans crédit, c'est une démocratie réservée aux riches.
05:25Et ça, c'est insupportable.
05:26Merci beaucoup, messieurs.
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