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La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et Europe 1, c'est Maude Bréjon.
00:03Bonjour à vous.
00:04Bonjour.
00:04Parole du gouvernement, ministre délégué chargé de l'énergie.
00:07On va revenir sur les aides annoncées hier par Sébastien Lecornu pour le mois de mai,
00:11prolongées et augmentées pour les pêcheurs-agriculteurs, étendues aux taxis et VTC ainsi qu'au secteur du BTP.
00:16Il y a 3 millions de travailleurs modestes, grands rouleurs, avec une réduction en moyenne de 20 centimes d'euros
00:21par litre.
00:22On va y revenir, mais il y a beaucoup de Français qui sont déçus parce qu'ils ne font pas
00:24partie de ce dispositif.
00:26Qu'est-ce que vous leur dites ce matin, Maude Bréjon ?
00:27D'abord, je sais que beaucoup de Français sont dans une situation qui est très compliquée,
00:31que beaucoup de Français subissent la hausse des prix à la pompe, n'ont pas d'autre choix que de
00:34faire le plein pour aller au travail,
00:36emmener leurs enfants à l'école, aller faire les courses.
00:39On a choisi une solution qui était, pour nous, la plus efficace.
00:44Soutien à l'activité, soutien aux Français les plus modestes qui travaillent et en même temps, respect du cadre des
00:50finances publiques.
00:51Et c'est cet équilibre-là qu'il faut qu'on arrive à trouver.
00:54Encore une fois, on ne lâche pas les Français qui travaillent et notamment les plus modestes.
00:58On ne lâche pas les entreprises, je pense aux transporteurs, je pense aux agriculteurs, je pense aux pêcheurs,
01:02qui ont besoin qu'on les aide pour pouvoir continuer à travailler.
01:05Et en même temps, il y a une réalité qui est celle du déficit, qui est celle de la dette.
01:09Et donc, on ne peut pas faire n'importe quoi avec l'argent du contribuable.
01:13Pour les gros rouleurs, comment est-ce que ça va se passer pour ces 3 millions de Français qui sont
01:18des travailleurs modestes ?
01:20Quels seront les critères ? Qui va recevoir cette dette ? Sous quelle forme ? Et à quel moment, votre
01:24région ?
01:24Il y a d'abord un critère de revenu qui est ce qu'on appelle les déciles 1 à 5,
01:29c'est-à-dire moins de 1500 euros net par mois pour une personne seule.
01:33Ça vous donne un indice de référence.
01:36Deuxième critère...
01:37En couple, c'est un peu plus, c'est ça ?
01:38En couple, c'est évidemment un peu plus.
01:39Deuxième critère, c'est être en activité.
01:42Et troisième critère, c'est évidemment avoir une voiture.
01:44Et puis, justifier, déclarer sur l'honneur, sur un portail qu'on va ouvrir,
01:49effectuer plus de 8000 kilomètres par an.
01:52Là encore, l'objectif, c'est les Français qui travaillent et les Français les plus modestes.
01:56Sans les fliquer, c'est ça ? L'idée, c'est pas de fliquer les Français ?
01:58Sans les fliquer, bien sûr.
02:00L'État n'a pas à savoir combien vous roulez précisément par jour.
02:03Et on est sur un dispositif qui est un dispositif de confiance.
02:06Et puis, de toute façon, on sait bien que les Français qui gagnent moins de 1500 euros
02:10et qui sont obligés d'aller faire le plein, ils subissent évidemment cette hausse.
02:15Donc, l'objectif, c'est d'être dans une aide et dans un rapport de confiance.
02:18Et ce portail que vous avez évoqué, quand est-ce qu'il sera en action ?
02:22Quand est-ce qu'il va ouvrir ?
02:23Et puis, est-ce que ça ne va pas être un espèce d'enfer bureaucratique
02:26comme un certain nombre d'autres l'ont été auparavant ?
02:29Non, on a déjà fait ça par le passé. Encore une fois, l'administration fiscale connaît vos revenus de référence.
02:36Vous aurez à déclarer sur l'honneur, encore une fois, à effectuer plus de 8000 km par an.
02:41Et ce sera versé en juin, donc le plus rapidement possible.
02:44Ça prend quelques semaines.
02:47Vous savez que c'est une aide forfaitaire qui se situe à 50 euros par personne.
02:52Là encore, avec ces critères de revenus, mais je ne vais pas y revenir, on en a déjà parlé.
02:56Par personne par quoi ? Par litre ? Par quoi ?
02:59Pas par litre, 50 euros par personne pour cette première durée de trois mois.
03:05C'est pour ça qu'on estime à environ…
03:0650 euros par…
03:07On estime que ça représente à peu près 20 centimes par litre pour quelqu'un qui effectue 8000 km.
03:14Là encore, l'idée, c'est d'être en appui, d'être aux côtés de Français qui travaillent, qui sont
03:19en difficulté.
03:20Et on continue à le faire, par ailleurs, pour les secteurs d'activité, agriculteurs, pêcheurs, transporteurs.
03:26BTP, pourquoi ? Parce que derrière, c'est des emplois, c'est des salaires, et donc c'est le niveau
03:30de vie des gens.
03:31Pourquoi est-ce que vous vous accrochez à ce totem de ne pas vouloir baisser les taxes sur le carburant
03:35?
03:35Tous nos voisins européens quasiment l'ont fait.
03:37Il n'y a que la France qui s'accroche, évidemment.
03:38Elle n'a pas les mêmes finances publiques, effectivement, que ses voisins.
03:40Mais c'est une réalité qu'il faut prendre en compte.
03:42Quand on demande une baisse de la TVA à 5,5 %, comme je l'entends au Rassemblement national…
03:47Tu redonnes l'art, elle a le proposé hier.
03:48C'est plus de 10 milliards d'euros.
03:50Il faut qu'on m'explique où est-ce qu'on trouve ces 10 milliards d'euros.
03:52L'Italie a mis des grosses aides sur la table.
03:55Ils ont coupé dans l'éducation nationale, ils ont coupé dans la santé, ils ont coupé dans la sécurité.
04:00On a aujourd'hui un déficit qu'on doit tenir à 5 %.
04:03Pourquoi ? Parce que ce qu'on dépense aujourd'hui, c'est de l'argent que les Français, d'une
04:07manière ou d'une autre,
04:08que ce soit par les impôts ou par moins d'investissements dans les secteurs publics essentiels,
04:13tels que sont encore une fois santé, sécurité et éducation, les Français paieront d'une façon ou d'une autre
04:17si on dépense trop aujourd'hui.
04:18Il y a d'autres solutions proposées par Michel-Édouard Leclerc ou David Lysnard.
04:22La suspension des certificats d'économie d'énergie, ça pourrait faire baisser immédiatement le litre de carburant de 15 à
04:271700 litres.
04:28Tim, pourquoi est-ce que vous le refusez ?
04:29D'abord, ces certificats d'économie d'énergie, ce n'est pas un impôt que l'État perçoit.
04:34Il faut expliquer ce que c'est aux gens.
04:35C'est une obligation de contribution des énergéticiens, obligation qui les amène à financer des dispositifs de transition énergétique.
04:42On ne peut pas le suspendre temporairement pour deux ou trois mois ?
04:44Je crois que là encore, il faut apporter une double réponse face à cette crise.
04:48Il y a une réponse conjoncturelle, une réponse de court terme, et c'est ce qu'on fait pour les
04:52Français les plus modestes et pour les secteurs d'activité.
04:54Et puis il y a une réponse de long terme, ce qui protégera durablement les Français.
04:59C'est l'éco-taxe ?
05:00Non, c'est la transition énergétique.
05:02Quand vous dépendez à 60% et pour l'équivalent de 60 milliards d'euros, du gaz que vous importez
05:07d'Algérie, des États-Unis et du pétrole du Moyen-Orient,
05:11ça pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des Français.
05:14Vous n'en maîtrisez pas le prix.
05:15Donc moi, je n'ai pas envie d'une France qui soit dépendante pour ses factures d'énergie,
05:20des décisions prises par M. Tebboune, par M. Trump ou hier par M. Poutine.
05:25La souveraineté, c'est aussi ça.
05:26D'accord, ça veut dire qu'on ne baisse aucune taxe dans ce pays, ça c'est clair.
05:29Ça veut dire qu'on a une double réponse, qui est de court terme pour aider les Français,
05:33et qui est de long terme pour les accompagner, encore une fois, à passer d'un véhicule thermique à un
05:39véhicule électrique,
05:40à changer de mode de chauffage.
05:41Les Français, en interview, nous disent qu'on n'a pas les moyens d'acheter les voitures électriques.
05:45Et ça prend du temps, et on en a parfaitement conscience.
05:48On sait que ce qui est lourd à supporter, c'est le coût d'investissement,
05:51et ces certificats d'économie d'énergie,
05:53ça permet notamment, et là encore pour les Français les plus modestes,
05:56de baisser ce coût d'investissement.
05:59Donc on n'y touche pas, ça une fois de plus.
06:01Mais on ne peut pas dire passer du gaz ou du pétrole à l'électrique,
06:06et en même temps débrancher les aides, sans mauvais jeu de mots.
06:08Il faut qu'on arrive à faire les deux,
06:10et je crois que là encore, on peut se complaire dans un système
06:13où on dépend entièrement des décisions des autres,
06:18mais on voit bien que ça mène les Français dans le mur à la fin.
06:21Un tout petit mot des économies que vous envisagez,
06:236 milliards d'euros, 4 milliards sur les différents ministères,
06:26et 2 milliards sur la sécurité sociale.
06:28Où est-ce que vous allez tailler dans l'expérience sociale ?
06:30Là encore, pardonnez-moi, je fais un petit pas de côté
06:32par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure.
06:34Ceux qui nous demandent 10 milliards d'euros pour baisser la TVA
06:37font semblant de ne pas voir qu'aujourd'hui,
06:39le conflit est en train de coûter 6 milliards d'euros à la France.
06:42Pourquoi 6 milliards d'euros ?
06:43Parce qu'il y a une baisse de la consommation,
06:44parce qu'il y a une baisse de la croissance,
06:45et parce qu'il y a une augmentation des taux,
06:47et donc des intérêts de la dette,
06:50de la charge de la dette.
06:514 milliards d'euros devront être économisés
06:53sur les dépenses de l'État,
06:56donc sur le budget des ministères.
06:57Ce sera arbitré dans les tout prochains jours.
06:59L'ensemble des ministères, sans exception,
07:02devront faire un effort et présenter...
07:04Sauf la défense ?
07:05La défense qui, par définition,
07:08a un budget qui augmente du fait du conflit,
07:10mais mis à part la défense,
07:11l'ensemble des ministères devront faire un effort.
07:14Et sur les dépenses sociales, qu'est-ce que vous allez couper ?
07:152 milliards sur les dépenses sociales.
07:18Là encore, ce sera arbitré dans les tout prochains jours.
07:20C'est plus, donc, pour l'instant ?
07:20Mais il y a un travail qui est mené avec l'ensemble des ministères.
07:23Encore une fois, ça a été annoncé hier.
07:25L'objectif, je le redis,
07:27c'est de maintenir ce déficit à 5% pour cette année,
07:31ce qui est déjà beaucoup,
07:33mais c'est ce qui doit nous permettre,
07:34dans la durée de retrouver de l'oxygène.
07:36Et donc, de pouvoir investir,
07:37vous parlez beaucoup de sécurité sur votre plateau,
07:39vous parlez beaucoup de pouvoir d'achat.
07:40Beaucoup d'international aussi.
07:41Vous parlez, bien sûr, bien sûr,
07:42mais vous parlez beaucoup d'impôts,
07:45de nécessité de baisser les impôts.
07:46C'est en maintenance déficit
07:47qu'on arrivera à attendre vers tout ça.
07:49On imagine que le prochain budget de 2027
07:51va encore être homérique à l'Assemblée nationale ?
07:53Ça risque, de toute évidence,
07:55d'être un moment compliqué,
07:56avec beaucoup de discussions.
07:58On n'a toujours pas de majorité.
07:59On a un cadre budgétaire qui est extrêmement contraint.
08:01Revenons sur la souveraineté énergétique.
08:03Vous êtes ministre délégué chargé de l'énergie.
08:06On a l'impression que ça y est,
08:07c'est le tout électrification qui est mis en route,
08:09que c'est un train qu'il nous faut absolument prendre.
08:11Sébastien Lecornu a proposé des mesures
08:14pour renforcer le marché d'électrique
08:15avec la production de deux voitures neuves
08:16sur trois d'ici 2030.
08:18Est-ce que c'est réaliste ?
08:19Est-ce que c'est étonnant
08:20quand on voit les résultats
08:21de la filière automobile française,
08:23je pense à Stellantis notamment,
08:25qui est absolument catastrophique ?
08:27Deux choses.
08:28D'abord, quand vous regardez les ventes
08:29des véhicules neufs
08:30depuis le début de l'année,
08:31environ un tiers sont des véhicules électriques.
08:33Et donc, ça montre bien
08:34que ce changement de modèle,
08:37il est en train de s'opérer.
08:39Et ensuite, dans toutes les aides
08:40qu'on met en place,
08:41on a un critère de préférence
08:43qui est évidemment le made in France
08:46et dans une moindre mesure,
08:48de toute façon,
08:48des voitures fabriquées en Europe.
08:50Donc, on a les moyens de le faire.
08:52Maintenant, si vous me demandez
08:54est-ce que ça prendra du temps,
08:55bien sûr que ça prendra du temps.
08:57Mais on dépend aujourd'hui,
08:58pour 60% de ce qu'on consomme,
09:00du pétrole qu'on importe
09:01et du gaz qu'on importe
09:02de pays qui ne nous veulent
09:04pas toujours du bien.
09:05Et on a vu,
09:06dans les différentes crises,
09:07à quel point ça pesait
09:08sur la souveraineté française,
09:09à quel point ça pesait
09:10sur le pouvoir d'achat des Français.
09:12Rappelez-vous l'augmentation
09:13des prix du gaz
09:14au début de la guerre en Ukraine.
09:16Regardez ce qu'on vit aujourd'hui
09:17avec les prix à la pompe.
09:19Il y aura d'autres crises.
09:20Ce n'est pas la dernière crise énergétique.
09:22Et là, elle va durer jusqu'à l'hiver,
09:23nous dit par exemple
09:24Michel-Édouard Leclerc.
09:24C'est une crise actuelle.
09:25Moi, je n'ai pas de boule de cristal.
09:27Je pense qu'il faut être extrêmement prudent
09:28avec ce qui se passe aujourd'hui
09:29au Moyen-Orient.
09:30Mais en revanche,
09:30je sais qu'il y aura
09:31d'autres crises énergétiques.
09:32Je sais que l'énergie
09:33est devenue une arme de guerre.
09:35Et donc, si on veut protéger
09:37les Français
09:37et encore une fois,
09:39regagner en indépendance,
09:40il faut qu'on produise
09:41nous-mêmes de l'énergie,
09:43en l'occurrence de l'électricité,
09:45puisque nous n'avons pas de gaz
09:46et pas de pétrole.
09:47Et donc, petit à petit,
09:48on mette en place cette transition.
09:50Vous savez, dans les années 70,
09:52quand Valéry Giscard d'Estaing
09:53défend le nucléaire français
09:54et avance sur la construction
09:56de tout ce parc nucléaire
09:57avec ses 58 réacteurs à l'époque,
10:03dont on est très fiers aujourd'hui,
10:04il le fait précisément
10:05pour les mêmes raisons
10:07que nous connaissons aujourd'hui.
10:08Il le fait pour ne pas dépendre
10:09des prix fixés par les autres,
10:11des décisions fixées par les autres
10:13et de l'énergie qu'on importe.
10:14J'entends votre raisonnement.
10:15Pourquoi Emmanuel Macron a fait
10:16exactement l'inverse
10:17en début de premier mandat ?
10:18Pourquoi est-ce qu'il a fermé Fessenheim ?
10:19Pourquoi il a interrompu
10:22un certain nombre de programmes ?
10:23Pourquoi est-ce qu'il a fermé
10:24certaines filières ?
10:25D'abord, le nucléaire a beaucoup avancé
10:27depuis dix ans.
10:28Il y a eu la fermeture de Fessenheim.
10:30Je ne vais pas y revenir.
10:31J'ai eu l'occasion de m'exprimer dessus.
10:33Je ne voudrais pas qu'on laisse penser ici
10:35que la filière nucléaire ne va pas bien.
10:39La filière nucléaire,
10:40c'est des femmes et des hommes,
10:42des gens généreurs, des techniciens
10:44qui sont capables de choses
10:46absolument extraordinaires.
10:47Regardez ce qu'on a fait à Flamanville,
10:48l'EPR qui a été couplé au réseau.
10:50On est en train partout
10:51de prolonger la durée de vie
10:52de nos réacteurs.
10:53Là encore, parce qu'il y a des gens
10:54qui bossent,
10:55qui ont des compétences
10:55absolument remarquables.
10:57Ce qu'on est en train de faire,
10:58la construction de nouveaux réacteurs,
11:01six réacteurs EPR2,
11:02ça va être le chantier du siècle.
11:03Ça va prendre du temps,
11:04Madame Réjean.
11:05Je crois qu'on a le droit,
11:06je crois qu'on a le droit,
11:07mais je ne dis pas que tout va bien.
11:08Je crois qu'on a le droit
11:09d'être fiers
11:10de ce que la France sait faire parfois.
11:12Bien sûr,
11:12mais tout ça va prendre
11:13évidemment beaucoup de temps.
11:14Un réacteur nucléaire,
11:15par définition,
11:16ça prend un petit peu de temps
11:17à comprendre.
11:18Vous y croyez vraiment ?
11:20Vous pensez que vraiment
11:20c'est l'avenir,
11:21c'est le nucléaire ?
11:22Il faut arrêter l'éolien ?
11:23Il faut arrêter
11:24les énergies alternatives ?
11:25Non, je dis qu'il faut les deux.
11:26Et je dis que quand on veut
11:27sortir du gaz et du pétrole,
11:29on n'a pas le luxe
11:30de choisir
11:30entre les énergies renouvelables
11:31et l'énergie nucléaire.
11:32C'est deux notions de temps
11:33qui sont de toute façon
11:34très différentes.
11:35On a besoin des deux,
11:36les deux sont complémentaires.
11:38Et encore une fois,
11:39quand on dépend
11:39à 60% d'énergie
11:40produite par les autres,
11:42la question de savoir
11:43si on préfère
11:44des parcs éoliens en mer
11:45ou des centrales nucléaires
11:46est une question
11:47qui est complètement décalée
11:48au regard de ce qu'on est
11:49en train de vivre.
11:49Maud Bréjean,
11:50vous êtes sur CNews
11:51et sur Europe 1
11:52et parlons aussi
11:53de l'immigration.
11:53En Espagne,
11:54le gouvernement socialiste
11:55de Pedro Sanchez
11:55a commencé une campagne
11:56de régularisation massive
11:58qui pourrait bénéficier
11:59à plus de 500 000 clandestins.
12:01Est-ce que c'est un mouvement
12:02que vous avez anticipé ?
12:04Est-ce qu'il pourrait avoir
12:05un impact sur l'immigration
12:07dans notre pays ?
12:08Quelle est votre position
12:09là-dessus ?
12:09Celle du gouvernement ?
12:10La position,
12:11c'est la position française.
12:12Nous, on dit une chose simple.
12:14Il faut lutter
12:15contre l'immigration irrégulière.
12:18On n'est pas
12:18pour l'immigration zéro.
12:20On a besoin
12:20d'une immigration de travail.
12:22Mais on a besoin
12:22de femmes et des hommes
12:24qui rentrent légalement
12:25sur le territoire français,
12:26qui respectent nos valeurs.
12:28L'égalité femmes-hommes,
12:30la laïcité,
12:30pour ne citer que ces deux exemples.
12:32Bruno Retailleau
12:33menace de mettre l'Espagne
12:34au banc des nations européennes
12:35pour endiguer ce phénomène.
12:37Oui, je ne sais pas bien
12:38ce que ça veut dire.
12:40Mettre l'Espagne
12:41au banc des nations européennes.
12:43Donc, il est difficile
12:44pour moi de faire un commentaire.
12:46Si vous avez compris,
12:47je suis preneuse d'une explication.
12:48En tout cas,
12:48il fait le lien, Bruno Retailleau,
12:49entre l'immigration légale,
12:51il dit que la plupart des gens
12:52arrivent avec un visa
12:53et en fait,
12:54ça maintient illégalement
12:55sur le territoire
12:56ou français ou européen.
12:56Oui, mais ça,
12:57ça nous ramène à la question
12:58de l'obtention
12:59des laissés-passés consulaires,
13:00d'une politique internationale,
13:03de comment est-ce qu'on applique
13:04les obligations
13:04à quitter le territoire français,
13:06de la construction
13:06d'avantages de places
13:08en centres de rétention administrative.
13:10Autant de sujets
13:11sur lesquels la France
13:11est en échec.
13:12Autant de sujets
13:13sur lesquels on avance.
13:14Vous savez,
13:14la politique qui a été menée
13:15par Bruno Retailleau,
13:16moi je l'ai soutenue,
13:17j'étais dans son gouvernement,
13:18j'étais porte-parole
13:19du gouvernement de Michel Barnier
13:20quand Bruno Retailleau
13:21était ministre de l'Intérieur
13:22et j'ai été très fière
13:24d'appartenir
13:25au même gouvernement
13:27que lui.
13:28Je considère
13:28que la ligne
13:29qu'il porte
13:30et la ligne
13:31qu'attendent les Français
13:32et la ligne
13:33que porte Laurent Nunez
13:34n'est pas différente
13:35de celle
13:36que portait Bruno Retailleau.
13:38Laurent Nunez
13:39porte la même ligne
13:40que Bruno Retailleau.
13:41Il n'y a pas eu
13:41d'alternance
13:42dans la ligne
13:43qui a été portée.
13:44Encore une fois,
13:44il y a une ligne
13:44de bon sens
13:45qui est le combat
13:47contre l'immigration irrégulière
13:49et en même temps
13:50l'intégration
13:50de celles et ceux
13:51qui viennent légalement
13:52et qui veulent travailler
13:53sur le sol français.
13:54Les résultats sont là.
13:55La plupart,
13:56selon une information européenne,
13:57la part des détenus étrangers
13:58expulsés de France
13:59a augmenté de 70%
14:00entre 2024 et 2026.
14:03C'est le résultat
14:04de nouvelles mesures
14:04prises par Gérald Darmanin.
14:06Vous vous en félicitez ?
14:07Oui,
14:07et je crois que c'est le résultat
14:09de ce qui a été porté
14:10ces dernières années,
14:12notamment par Gérald Darmanin
14:13lorsqu'il était
14:13ministre de l'Intérieur.
14:15Rappelez-vous
14:15cette loi immigration
14:18qui a abouti
14:19dans la douleur ?
14:20On a entendu,
14:22voilà,
14:22là encore,
14:22beaucoup d'opposition
14:23nous montrer du doigt,
14:25nous dire qu'on était
14:26d'extrême droite
14:26parce qu'on voulait contrôler
14:27et réguler l'immigration
14:28en France.
14:29Au final,
14:30c'est toutes ces mesures
14:31qui finissent par aboutir.
14:32Et là encore,
14:34ça prend du temps,
14:35mais c'est ce que les Français
14:36attendent légitimement de nous.
14:37Et ensuite,
14:38il y a ce qu'on fait
14:38sur le plan national
14:39et je le redis,
14:40il y a ce qu'on fait
14:40sur le plan international.
14:42Et c'est extrêmement complexe,
14:44les relations notamment
14:45avec l'Algérie,
14:46il n'y a pas que ça.
14:47Il faut plus de fermeté
14:48dans les relations
14:49avec l'Algérie ?
14:49Il faut de la fermeté
14:50et en même temps,
14:51on voit que le zéro dialogue
14:53ne fonctionne pas.
14:54Bien sûr.
14:55Non, non,
14:55c'est une expression communément utilisée.
14:57Mais bien sûr.
14:592027,
14:59on évoque Gérald Darmanin,
15:01on pourrait parler
15:01de Gabriel Attal
15:02qui fait la promotion
15:03en ce moment
15:03de son livre
15:04En Hommes Libres,
15:05il y a évidemment
15:05Édouard Philippe.
15:06Comment est-ce que
15:07ce fameux bloc central,
15:08je ne sais pas
15:08si l'expression
15:09est très heureuse,
15:11va s'articuler
15:13pour arriver
15:14à une candidature unique ?
15:16D'abord,
15:17c'est bien de le dire.
15:18Moi,
15:19je pars d'un constat
15:19assez simple
15:21qui est presque mathématique.
15:22Si la droite
15:22et le centre
15:23arrivent désunis
15:24à l'élection présidentielle,
15:25personne ne sera au second.
15:26Mais qui va déterminer ça ?
15:27C'est pas l'arbitre.
15:28D'abord,
15:28la question
15:29qu'il faut poser
15:29à tous les messieurs
15:31que vous venez de citer
15:32dans votre introduction,
15:33est-ce qu'on est d'accord
15:34pour dire que
15:36de renaissance
15:37aux Républicains,
15:38on doit arriver
15:38à travailler
15:39à un projet commun
15:40et à aboutir
15:41à une candidature unique ?
15:42Donc vous mettez
15:42les Républicains
15:43dans cet arc central.
15:43Si la réponse est oui,
15:44on aura déjà avancé.
15:45Je mets évidemment
15:46les Républicains
15:46dans cet arc
15:47et pourquoi je le fais ?
15:48Parce qu'on est
15:48au gouvernement ensemble
15:49depuis deux ans.
15:50Je vous disais tout à l'heure
15:51que j'appartenais
15:52il y a un an et demi
15:53au même gouvernement
15:54que Bruno Retailleau.
15:55On travaille ensemble
15:55selon les nationales,
15:56on travaille ensemble
15:57au Sénat.
15:59Être unis
16:00aux prochaines élections
16:00présidentielles,
16:01à la prochaine élection
16:02présidentielle,
16:02c'est à la fois cohérent
16:03et absolument nécessaire.
16:04La question que les uns
16:05et les autres doivent se poser,
16:06c'est est-ce qu'ils veulent
16:07faire courir le risque
16:08au pays d'un second tour
16:10entre M. Mélenchon
16:12et M. Bardella
16:13ou Mme Le Pen ?
16:15Gabriel Attal
16:16a mis en place
16:17un comité de liaison
16:18qui irait de renaissance
16:20au Modem,
16:21à Horizons et Ludie,
16:22sans mettre les LR.
16:23C'est une erreur ?
16:24Je crois que toutes les instances
16:26qui visent à créer du dialogue
16:27sont bienvenues,
16:28mais là encore,
16:30pour ma part,
16:31je pense, oui,
16:32qu'il faut aller
16:32jusqu'aux républicains.
16:34Je pense qu'on a tout à faire
16:35avec des gens
16:36comme Gérard Larcher.
16:37Je pense qu'on sait
16:38s'entendre avec Bruno Retailleau
16:40sur bon nombre de sujets.
16:41Sinon,
16:41on n'aurait pas été ensemble
16:42au gouvernement.
16:43Il y avait,
16:44je ne sais plus,
16:45sept ou huit ministres
16:46renaissances
16:46qui étaient,
16:48encore une fois,
16:49dans ce même gouvernement.
16:50Et on est aujourd'hui
16:50avec des ministres,
16:52les Républicains,
16:53avec qui on travaille très bien.
16:55sans nier les nuances
16:57qu'il peut y avoir entre nous.
16:58Et je vais vous dire,
16:59il y a des nuances
16:59au sein même
17:00des partis politiques.
17:01Et au sein même
17:01des renaissances.
17:02Et on ne pense pas tous pareil.
17:03On n'est pas des clones.
17:05Mais enfin,
17:06on a quand même aujourd'hui
17:07un nombre de convergences
17:09suffisamment importants,
17:09je vous remercie,
17:10on a un nombre de convergences
17:11suffisamment importants
17:12pour arriver unis aux élections.
17:13Est-ce qu'il faut une primaire,
17:14Maud Bréjean,
17:15pour départager ses candidats
17:17si la raison ne l'emporte pas ?
17:20Moi, je doute de notre capacité
17:21aujourd'hui
17:22à organiser une primaire
17:23entre 4, 5, 6 partis politiques différents
17:25en un laps de temps
17:26qui est extrêmement court.
17:27On prend souvent l'exemple
17:28de la primaire de 2016,
17:29la primaire de 2016
17:31qui a été en soi,
17:33en tout cas sur les premiers temps,
17:35une réussite.
17:364 millions de votants,
17:38je ne balai pas ça
17:39d'un revers de main.
17:40Ça a été préparé
17:41deux ans en amont.
17:43Là, c'est trop tard.
17:44C'est ce que vous nous dites
17:45ce matin.
17:46Je pense qu'au lieu
17:47de se parler entre nous
17:48et d'être dans des compétitions internes,
17:50il est urgent
17:51de s'adresser aux Français
17:52et de porter un projet.
17:55Ce qui compte,
17:56c'est de mettre les uns
17:56et les autres autour de la table
17:57et de comparer
17:58sur quoi on est d'accord,
17:59pas d'accord
17:59et de voir dans quelle mesure
18:00est-ce qu'on peut converger.
18:01Une dernière question
18:02sur le rapport
18:02de la commission d'enquête
18:03sur l'audiovisuel public
18:04qui sera soumis au vote
18:05de la trentaine de députés
18:06de la commission
18:07le 27 avril prochain.
18:08Est-ce qu'il doit être publié,
18:10selon vous,
18:11s'il est enterré ?
18:11Nous ne pourrons pas avoir accès
18:13aux conclusions
18:14ni à toutes ces auditions
18:15qui se sont déroulées
18:16pendant plusieurs mois.
18:16Vous savez que par principe,
18:18je n'ai pas lu ce rapport ?
18:20Non, personne.
18:21A priori, il n'y a pas...
18:21Voilà.
18:22Donc vous me demandez
18:23de me positionner
18:24sur un rapport
18:25que je n'ai pas lu ?
18:25Sur le plan démocratique,
18:26est-ce que vous pensez
18:27qu'il est sain
18:27que ces auditions
18:29qui se sont déroulées
18:29pendant quatre mois,
18:30tout le monde
18:30va avoir accès aux conclusions
18:31de ce rapport ?
18:32Moi, par principe,
18:35j'estime que le travail parlementaire
18:37de toute façon
18:38doit être publié.
18:39Maintenant,
18:40un, je n'ai pas lu ce rapport
18:41et deux,
18:42c'est la responsabilité
18:43des parlementaires.
18:43Bah si, c'est un petit peu
18:44Ma question, c'est ce que vous souhaitez
18:45que ce soit rendu public
18:46et que les Français
18:46aient accès à cette information-là.
18:48Mais si je lis le rapport,
18:49je vous donnerai mon...
18:50Ah, parce que s'il ne vous convient pas
18:51le rapport,
18:52il vaut mieux l'enterrer ?
18:52Vous me demandez
18:53de me positionner
18:54sur quelque chose
18:54que je n'ai pas lu,
18:55Laurent Ferreri.
18:56Non, je vous demande
18:56de me positionner
18:57sur un principe démocratique.
18:58On publie, on publie pas.
19:00On enterre, on enterre pas.
19:01C'est une commission d'enquête
19:01auxquelles je n'ai pas participé,
19:03je ne suis pas parlementaire.
19:04Vous n'y êtes pas intéressée
19:05du tout, Maude Boisson ?
19:06Je n'y ai pas participé.
19:08Non, mais vous ne vous êtes
19:09pas intéressée ?
19:10Je ne dis pas que je ne m'y suis pas
19:10intéressée, mais vous voyez,
19:11je suis porte-parole du gouvernement,
19:12ministre de l'Énergie.
19:13Est-ce que l'exercice démocratique
19:14veut qu'on le publie ou pas ?
19:16Je n'ai pas lu ce rapport.
19:17Laurent Ferreri,
19:17vous avez le droit...
19:17Mais c'est très clair,
19:18vous ne voulez pas vous engager là-dessus ?
19:19Vous me posez les questions
19:20que vous voulez,
19:21je vous donne mes réponses.
19:22Encore une fois,
19:23je n'ai pas eu l'occasion
19:24de lire.
19:25Les députés qui vont voter
19:26sur la publication de ce rapport
19:29le feront en toute connaissance
19:31de cause.
19:31Ils auront le temps
19:32de lire ce rapport avant,
19:33ce qui est en fait assez normal.
19:35Mais ce n'est pas en fonction
19:35du contenu qu'on se décide
19:36sur la publication
19:37ou pas d'un rapport.
19:38Allez, on arrête là.
19:39J'ai entendu vos réponses.
19:40Merci beaucoup, Maude Bréjohn.
19:41C'était votre grande interview
19:42sur CNews et sur Europe 1.
19:43Bonne journée.
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