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Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview au CNews et Européens, c'est Franz Olivier Gisberg.
00:04Bonjour et bienvenue.
00:06Bonjour.
00:06Bonjour, Frère.
00:07Auteur de « Voyage dans la France d'avant » aux éditions Gallimard.
00:10Et la France est-elle un pays communiste aux éditions Plon ?
00:12La réponse est oui, la France est toujours un pays communiste.
00:16Mais d'abord, parlons, mon cher Franz, des préoccupations des Français.
00:19La crise du pouvoir d'achat étrangle nos concitoyens.
00:22Les prix du carburant sont toujours assez hauts.
00:24Il y a une montée en pression évidemment sur le gouvernement.
00:27Est-ce que le gouvernement est coincé, Franz Olivier Gisberg ?
00:29Est-ce qu'il devra lâcher du lest sur ses prix du carburant ?
00:32Il est coincé, il ne peut pas trop lâcher de lest parce qu'il y a les marchés qui nous
00:36surveillent.
00:36Il y a beaucoup de gens qui nous surveillent aujourd'hui.
00:38Pourquoi ? Parce qu'on a cette dette.
00:40Cette dette dont il ne faut pas parler.
00:42Heureusement qu'il y a eu Bayrou pour apprendre aux Français qu'il y avait ce gros problème.
00:46C'était le premier homme politique à en parler vraiment.
00:48Dès 2007.
00:503 526 milliards aujourd'hui et puis ça continue à tourner.
00:55Ce qui veut dire 51 000 euros par Français.
00:59Si on regarde par habitant.
01:01Alors simplement, évidemment, c'est la dette globale et ce n'est pas ça le plus important.
01:04Parce que bon, on peut toujours renégocier, en parler, on verra bien.
01:08Mais il y a quelque chose qui est fondamental, c'est la charge de la dette.
01:11La charge de la dette, ça va être bientôt 100 milliards.
01:13Cette année, ce sera 60.
01:14100 milliards en 2029.
01:16Il faudra sortir cet argent pour l'intérêt de la dette simplement.
01:20Et si on arrête, évidemment, le ciel nous tombe sur la tête.
01:23Et c'est la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui.
01:25Donc, on a un gouvernement qui est tenu, qui n'a pas de marge de manœuvre.
01:29Oui, mais qui est coincé aussi parce que les Français n'en peuvent plus.
01:33Pourquoi ils n'en peuvent plus ?
01:34Attendez, parce qu'ils ont raison.
01:36Mais ça, c'est tout le système d'ailleurs.
01:37Le budget a confirmé une politique absurde qui est menée depuis 1981.
01:44On augmente tout le temps les dépenses pour faire de la croissance.
01:46On ne fait pas de croissance.
01:47On augmente les prélèvements obligatoires sans arrêt, qui aussi freinent la croissance.
01:52Ce sont des budgets anti-croissance les uns après les autres.
01:56C'était vrai depuis 2017, mais c'était vrai avant aussi.
01:58Ça a commencé depuis longtemps.
02:00Et les Français, il y a une réalité qui a été très peu soulignée par les médias.
02:05Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs.
02:06Mais que le pouvoir d'achat en 2025 des Français a déjà diminué de moins 0,8%.
02:12Et puis, avec la croissance qui s'annonce cette année, qui sera très faible,
02:17s'il y en a une, ce n'est même pas sûr, on va encore vers une baisse du pouvoir
02:22d'achat.
02:22Alors, le problème de l'essence, c'est que de toute façon, il y a un système qu'on a
02:27inventé
02:27avec 61% de prélèvements, de taxes, etc., sur le prix de l'essence.
02:32Donc, évidemment, plus l'essence augmente, plus le fric rentre dans les caisses.
02:38Oui, mais il y a la colère sociale.
02:39On n'est pas loin quand même, peut-être, d'une colère comme type gilet jaune,
02:44où le prix du carburant était bien plus bas, pourtant.
02:46Vous avez raison, mais le problème, c'est, bon, le pouvoir, le gouvernement,
02:52il est là pour protéger.
02:53Ça, c'est sûr, c'est un mot qu'ils emploient tout le temps.
02:55Voilà, on est là pour protéger.
02:56L'État nounou.
02:57Oui, mais c'est vrai, c'est sa fonction, la protection.
03:00Et donc, là-dessus, il doit aider.
03:01Mais quand on a cette politique ultra-dépensière depuis des années,
03:06ça ne marche pas, on n'a plus d'argent.
03:08Et c'est ça, le problème.
03:10Le pauvre Lecornu, je ne sais pas trop ce qu'il peut faire, d'ailleurs,
03:14en dehors d'essayer de...
03:16C'est une politique de bout de ficelle.
03:17D'accord, des petites rustines, ici ou là, pour permettre de commencer à tenir bien.
03:20Voilà, et alors, on va voir, évidemment.
03:21Il doit annoncer de nouvelles aides cette semaine.
03:22Une partie des Français, enfin, je veux dire, d'abord ceux qu'on appelait jadis les Gilets jaunes,
03:28qui sont là et qui peuvent revenir, qui font des kilomètres et des kilomètres pour aller travailler.
03:32Et puis, les agriculteurs aussi, qui consomment...
03:35Ils manifestent aujourd'hui à l'eau.
03:37Oui, c'est normal, parce qu'ils morflent déjà énormément.
03:40Et tout ça, c'est tout un système, vous voyez.
03:42Bon, ben, eux, particulièrement, ça, ce n'était pas dans le sujet,
03:46mais c'est vrai que c'est aussi tout ce qui pèse sur eux.
03:50Il n'y a pas seulement tout ça.
03:51Il y a aussi les normes.
03:52La bureaucratie, la paperasse.
03:54Oui, la paperasse.
03:55On a inventé une société où tout le monde remplit des papiers.
03:57Vous avez les pauvres médecins, ils sont...
04:00Bon, je ne parle pas des paysans avec, sans arrêt, des contrôles.
04:04Donc, il faut montrer ceci, il faut montrer cela.
04:06Pâtes blanches, enfin, avec 400 000 normes,
04:08il paraît que ça coûte 87 milliards, d'après certaines estimations, aux entreprises.
04:12Moins de normes.
04:13Bon, là, c'est...
04:14On dit toujours qu'on va arranger, qu'on va simplifier, mais il n'y a jamais rien.
04:19La France était un pays communiste, oui, disais-je,
04:21parce que Total Energy, qui est notre champion français de carburant,
04:25à l'étranger notamment, est sous le feu des critiques.
04:28Et la France insoumise, désormais, demande la nationalisation de Total Energy.
04:32Emmanuel Bompard, hier, sur nos antennes, jugé envisageable,
04:35et même extrêmement rentable, l'éventuelle nationalisation de Total Energy.
04:39Ça va monter.
04:39Le jour, ils vont demander l'arrestation, d'ailleurs, des dirigeants,
04:43parce que c'est ce que j'appelle la criminalisation des bénéfices.
04:47C'est-à-dire que ce n'est pas bien de faire des bénéfices.
04:50On appelle ça tout de suite des super-profits.
04:52Et puis voilà, c'est tout juste si on ne veut pas arrêter les auteurs de ces super-profits.
04:56Mais c'est un système, là encore, complètement dingue.
04:59C'est-à-dire que nous, notre problème aujourd'hui en France, c'est de créer de la richesse.
05:03Parce que si on peut créer...
05:05Parce qu'on a un système qui redistribue, il n'y a pas d'argent.
05:08Donc on emprunte.
05:09On emprunte pour payer les retraites.
05:11On emprunte pour payer les prestations sociales.
05:13Parce que beaucoup de ces retraites sont déficitaires.
05:15que chacun sait, et le gouvernement abonde, notamment en certaines retraites de fonctionnaires.
05:21Et tout ça nous enfonce.
05:23Et le problème, c'est qu'on ne peut s'en sortir que d'une seule façon.
05:28Tous ces imbéciles, il ferait mieux d'écouter Philippe Aguillon,
05:31prix Nobel d'économie l'an dernier,
05:33qui est d'ailleurs de gauche, ouvertement de gauche,
05:36et qui dit que le problème, c'est la création de richesses.
05:39Vive M. Aguillon, et lui, il devrait être au pouvoir.
05:41Mais il cautionne la taxe Zuckman ou pas ?
05:43Évidemment que non.
05:45Pourquoi ? Parce que la taxe Zuckman, c'est une folie.
05:48C'est une machine à faire fuir les entrepreneurs,
05:51puisque ça attaque directement leur outil de travail.
05:54Et puis, c'est une façon aussi pour l'État de rentrer dans leur outil de travail,
05:59parce que beaucoup d'entre eux n'ont pas forcément assez d'argent pour rembourser.
06:03Donc, ils fileront peut-être des parts de leurs entreprises.
06:07François-Olivier Gisberg, on est sur l'État, on vous en est compte ?
06:10On va parler de Emmanuel Macron dans un instant.
06:12Un tout petit mot de la sécurité,
06:13parce que les Français sont excédés par le problème de pouvoir d'achat,
06:16mais aussi par la montée de l'insécurité.
06:19Chaque victoire sportive, désormais, est ponctuée de violences,
06:22d'affrontements avec les forces de l'ordre.
06:24On se rappelle de ce qui s'est passé après le match PSG-Bayern en Ligue des Champions.
06:29127 interpellations, 4 comparutions.
06:314 comparutions.
06:32Comment est-ce que vous voulez que les délinquants se réfrènent ?
06:36Non, mais c'est complètement absurde.
06:37Mais de toute façon, écoutez, ça résume.
06:40Macron, il y a quelques qualités.
06:42Bon, il n'a pas des masses de qualités pour gouverner,
06:44pour présider, pour diriger un grand pays comme la France.
06:47Mais bon, il a quand même des qualités.
06:50Il reste qu'il a laissé filer l'endettement, c'est clair.
06:54Ce n'est pas lui, ce n'est pas pour son petit plaisir personnel,
06:57mais il a laissé faire parce qu'il avait peur.
06:58Donc, il a laissé.
06:59L'État continue à s'endetter comme jamais.
07:04Ensuite, il a laissé filer l'immigration parce qu'il n'ose pas contrôler.
07:08Et il laisse filer l'autorité.
07:10Donc, voilà.
07:10Tout ça, ça vient du sommet.
07:12C'est-à-dire que ce n'est pas...
07:13C'est l'hésitation présidentielle qui fait qu'on arrive à cette situation-là ?
07:18À la fois, une sorte de déni parce que quand il y a des problèmes, il reconnaît.
07:21C'est un peu Alice au pays des merveilles.
07:23Emmanuel Macron, bien sûr.
07:25Oui, il ne sait pas où il va, mais il pense que le chemin le mènera quelque part.
07:32Il vit un petit peu au jour le jour, mais il n'y a pas...
07:34Comment dire ?
07:35Ce n'est pas tenu comme une petite entreprise doit être tenue.
07:39C'est-à-dire, vous savez...
07:40Mais c'est la célèbre phrase de De Gaulle qui est géniale,
07:42qu'on trouve dans les mémoires de Foucault, de Jacques Foucault,
07:45qui était son collaborateur, chargé des affaires spéciales,
07:48qui était...
07:49Gouverner, c'est être dur.
07:50De Gaulle était dur, mais bien sûr.
07:52Et diriger même une PME, c'est être dur.
07:54Mais là, lui, il ne sait pas être dur.
07:56Donc le pays n'est pas tenu.
07:57Il ne sait pas dire non.
07:59Et puis il a peur, il a peur, il a peur.
08:01Et voilà, c'est comme ça.
08:01Vous savez, le problème, c'est pour gouverner l'intelligence,
08:05mais je ne saurais jamais le répéter, ce n'est pas important.
08:08Ce qu'il faut, c'est du courage, de la volonté.
08:11Mais il y a tellement de textes qui disent ça et qui l'expliquent,
08:13à commencer par des textes de De Gaulle.
08:15Mais c'est évident et c'est ça qui lui manque.
08:17C'est ça qui lui manque.
08:18Alors il a du courage, c'est vrai, avec Poutine,
08:21quand c'est loin, avec Trump, etc.
08:23Mais dès que ce sont les Français, il a peur.
08:26Parlons d'Emmanuel Macron,
08:27et vous avez évoqué la question de l'immigration.
08:29Il y a quelque chose qui se joue avec la relation avec l'Algérie
08:31et Emmanuel Macron.
08:33Il veut restaurer un dialogue efficace avec Alger.
08:35Il fustige les postures de politique intérieure des derniers mois
08:38qui ont, selon lui, causé beaucoup de tort aux deux pays.
08:40Il vise Bruno Retailleau, bien sûr.
08:44Tout ça est idiot, il faut dire les choses.
08:46Comment on négocie avec un pays comme l'Algérie ?
08:48On négocie avec un bâton et une carotte
08:50comme on négocie avec tout le monde,
08:52y compris avec nos pires adversaires.
08:54Mais c'est comme ça qu'il faut négocier.
08:55C'est-à-dire qu'il faut tendre la main,
08:57et puis de l'autre côté, montrer qu'on est la France.
09:00On ne peut pas se faire marcher dessus.
09:02On n'est pas un paillasson.
09:04C'est incompréhensible.
09:05Moi, je ne comprends pas que...
09:06Bon, alors, soi-disant, c'était génial.
09:09Retailleau était parti, donc Christophe Gleiz allait être libéré.
09:13Christophe Gleiz, journaliste innocent,
09:15juste coupable d'aller voir des sportifs cabiles.
09:18C'était une histoire de dingue.
09:20Il est en prison.
09:21On ne sait pas combien de temps ça va durer.
09:23Ça montre, d'ailleurs, le côté dégénéré du système algérien
09:27qui ne peut pas durer comme ça éternellement
09:28parce que ce sont quand même en grande partie des prévaluateurs.
09:32Bon, il suffit d'aller voir certaines grandes rues de Paris
09:35quand on voit tous ces beaux appartements.
09:39Ça, c'est l'argent du pétrole, quoi.
09:40Tout ça a été détourné.
09:41Et ce pouvoir-là, il s'accroche, comment dire ?
09:46Oui, à ce que d'ailleurs Macron a appelé un jour la rente mémorielle.
09:49C'est-à-dire, oui, parce que ce peuple a beaucoup souffert
09:52pendant la guerre d'Algérie, la France lui devrait beaucoup.
09:55Mais à ce moment-là, excusez-moi, on pourrait aussi demander des comptes
09:59aux Romains, enfin aux Romains maintenant, aujourd'hui, aux Italiens
10:02puisque nous avons été occupés autrefois par les Romains.
10:06Nous avons été occupés aussi par les Vandales qui venaient de Germanie.
10:08Donc, il faut demander des comptes aussi aux...
10:10Donc, il faut arrêter, il faut tourner la page.
10:12Mais oui, la colonisation, attendez, la colonisation.
10:15Et en plus, la farce de cette affaire, c'est que quand il expliquait
10:18que pour complaire aux dirigeants algériens
10:22que la colonisation avait été un crime contre l'humanité,
10:26bon, il oubliait que les Arabes avaient colonisé l'Algérie
10:30qui était berbère.
10:31C'est le peuple d'origine, c'est le peuple berbère.
10:34Les Arabes l'avaient colonisé.
10:36Mais avant les Arabes, il y avait aussi les Ottomans.
10:40Et les Ottomans, excusez-moi, là aujourd'hui,
10:43il y a des accords entre l'Algérie et Erdogan,
10:46et voilà, la Turquie, et tout se passe très bien
10:48parce qu'ils s'aiment, ils s'embrassent.
10:50Tout ça est absurde.
10:52Ce sont des prétextes.
10:53François-Louis Gisbert, Emmanuel Macron est en ce moment
10:55en tournée africaine, quatre jours,
10:57qui ressemble un peu à une tournée d'adieu.
10:59Il était en Égypte, il est à présent à Nairobi,
11:01où il co-préside un sommet qui s'appelle Africa World.
11:05Il n'y a pas de Français dans l'affaire.
11:07Et justement, il a été très surprenant
11:09lorsqu'il a dit lors de l'inauguration du nouveau campus
11:12de l'université Léopold Cédar Senghor à Alexandrie
11:14que l'épicentre du français se trouve aujourd'hui
11:17dans le bassin du fleuve Congo,
11:19et non sur les quatre scènes,
11:21car c'est là qu'il y a le plus de locuteurs.
11:23Dans la même phrase, il a rappelé que l'arabe
11:24est la deuxième langue la plus parlée en France.
11:27Qu'est-ce que vous en pensez ?
11:27Qu'est-ce que ça dit de lui, en fait ?
11:29Écoutez, aujourd'hui, il faut bien dire les choses,
11:33il y a chez Emmanuel Macron un côté mort-vivant,
11:37c'est-à-dire il est mort, c'est-à-dire c'est fini pour lui.
11:40Deuxième mandat, c'est terminé,
11:42il n'y a plus que quelques mois à tirer encore.
11:44Et bon, il essaie de faire croire, etc.
11:47Il porte beau, mais il y a un côté mort.
11:49D'ailleurs, on voit très bien,
11:50tous ces dauphins, ces ex-dauphins
11:53font campagne contre lui, etc.
11:55C'est fini, donc c'est le crépuscule.
11:57Et les crépuscules, pour les présidents français,
12:00quels qu'ils soient,
12:01sont toujours des très mauvais moments à passer.
12:04Et de l'autre côté, il y a un côté vivant,
12:05c'est-à-dire qu'il tourne.
12:06Et c'est vrai que, qu'il a eu en Afrique,
12:08moi je trouve ça très bien,
12:09et cette tournée africaine, c'est très bien.
12:12Alors que l'influence de la France
12:13est complètement anéantie dans ce continent.
12:16Oui, il a mis le dernier clou dans le cercueil
12:18en quittant le Mali.
12:19Mali, Burkina, Niger.
12:20Ce qui ne réussit pas d'ailleurs aujourd'hui aux Russes,
12:24qui eux-mêmes d'ailleurs vont s'en aller bientôt.
12:26Mais si vous voulez, dans cette histoire-là,
12:29moi je trouve qu'il y a quelque chose de vrai quand même.
12:32Sur la langue.
12:34C'est-à-dire qu'il ne faut jamais oublier qu'aujourd'hui,
12:38le français, il est parlé par 400 millions d'humains.
12:43Il y a 400 millions de personnes sur la Terre qui parlent le français.
12:48Nous sommes un petit peuple de 70 millions.
12:51Et donc, c'est quand même, il faut regarder bien les chiffres.
12:54Alors, nous sommes aujourd'hui la quatrième langue parlée.
12:59La quatrième, nous étions la cinquième il y a encore peu de temps.
13:02Et tout ça, c'est grâce à l'Afrique.
13:04Grâce notamment d'ailleurs au Congo.
13:07Donc, ce n'est pas faux sur le fond.
13:08Ce n'est pas faux, c'est vrai.
13:09Il faut le rappeler, oui, bien sûr.
13:11Mais est-ce que la langue, c'est la culture française ?
13:12Il y a une majorité aujourd'hui de personnes en Afrique qui parlent français.
13:15Mais est-ce que la langue, c'est la culture française ?
13:17C'est une vaste question, ça.
13:19Oui, mais enfin, elle passe par la langue.
13:21On habite un pays, on habite aussi une langue.
13:25Tous les écrivains vous diront ça.
13:27Et d'ailleurs, la preuve en est que, quand même, dans l'Afrique francophone,
13:32la culture française se développe quand même.
13:35C'est assez clair.
13:35Et quand Emmanuel Macron dit, François-Lévi-Gisbert,
13:37que c'est l'arabe qui est la deuxième langue la plus parlée en France,
13:40qu'est-ce qu'il dit là ?
13:41C'est une façon aussi de...
13:43Mais c'est sa façon aussi de...
13:45Comment dire ?
13:46C'est le côté perturbateur.
13:49Il aime bien, comme ça...
13:50Bon, là, comme il disait quelque chose de fort sur la France,
13:52parce que c'est important,
13:53ça nous sommes la deuxième langue la plus enseignée après l'anglais, quand même.
13:57C'est quelque chose, le français.
13:59Bon, mais là, il faut qu'il en mette un petit coup par-dessus.
14:03Bon, alors, parlons de...
14:04Il ne peut pas s'empêcher.
14:05Pendant que le président voyage...
14:06Il ne peut pas s'empêcher.
14:07Il y a un côté comme s'il y avait un petit côté comme ça...
14:10Plus fort que lui.
14:11Oui, oui, il aime bien piquer.
14:13C'est son petit côté scorpion.
14:15Moi, je n'aimerais pas être la grenouille qui lui fait traverser la fleuve,
14:18parce que je pense qu'il adore piquer.
14:19Le président voyage, et pendant ce temps-là,
14:21la campagne semble avoir commencé en France.
14:24Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidature dimanche dernier.
14:28Il est le mieux préparé à gauche pour vous.
14:31Tout est au carré chez nous, a-t-il dit.
14:33Jean-Luc Mélenchon, meilleur candidat pour la gauche ?
14:35Il est certainement le plus doué de la classe politique, on peut dire, hélas.
14:39Mais bon, c'est aussi clairement...
14:41Enfin, c'est objectif.
14:42C'est plus charismatique.
14:43Quand il fait un discours, ça s'écoute.
14:48Ce n'est pas le cas d'absolument tout le monde.
14:50On est d'accord.
14:51Mais 70% des Français voient Jean-Luc Mélenchon comme un handicap pour la gauche.
14:56Oui, mais ça va changer pendant la campagne.
14:58Vous allez voir, il va devenir tout mignon.
15:00Mais c'est comme ça.
15:01Mais non, il n'était pas tout mignon jusqu'à présent.
15:03Vous allez voir, vous allez voir.
15:05Non, ça va être le petit sourire, et puis ce sera le mouton.
15:08Et il fera peut-être, comme d'habitude, pas loin de 20%.
15:12Peut-être, ce n'est pas sûr.
15:14Mais certains des membres de la France insoumise font effectivement beaucoup de bruit de leur côté.
15:20Je pense à Manuel Bompard qui a dit hier, si le RN l'emporte, j'espère qu'il y aura
15:24des mobilisations populaires puissantes, mais pas violentes.
15:27Il y a le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, qui a appelé l'insurrection populaire si jamais un président
15:32RN venait à être élu.
15:33Ça, c'est beaucoup plus intéressant, parce que Bali Bagayoko, le maire de Saint-Denis, des grandes villes françaises, de
15:40l'île de France.
15:43C'est une grande, grande ville.
15:45Cet homme-là, il a des ambitions politiques.
15:48Depuis le début, ça se voit.
15:49Je pense qu'il vise la succession.
15:51On a beaucoup dit Rima Hassan.
15:53Moi, je crois que ce n'est pas sérieux.
15:55Et je pense que Bali Bagayoko, il a pris une belle option.
15:59Et là, c'est clairement un discours obespériste.
16:01C'est-à-dire, vous savez, le LFI, il y a deux lignes en même temps, mais qui se conjuguent.
16:08Un jour, c'est un parti démocratique.
16:10D'ailleurs, j'entendais hier Manuel Bompard sur vos antennes.
16:12C'était un discours démocratique.
16:14Et de l'autre côté, c'est aussi un parti révolutionnaire qui se revendique comme révolutionnaire.
16:18Il ne se cache pas là-dessus.
16:19Il est révolutionnaire.
16:20Donc, il met les deux stratégies.
16:22Et Bagayoko, lui, c'est la tradition obespériste, c'est-à-dire la tradition de la violence politique.
16:28Il faut bien savoir ce que ça veut dire.
16:30D'ailleurs, c'est étrange parce qu'on retrouve dans ces propos, moi, j'ai regardé, j'ai cherché les
16:36discours de Robespierre,
16:38que j'en connais beaucoup par cœur, presque.
16:41On me dirait, c'est des passions enfantines.
16:43Mais lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection, a dit Robespierre pendant la terreur, est pour le
16:52peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
16:58C'est-à-dire, c'est l'insurrection.
17:00Et ce n'est pas des manifestations, c'est l'insurrection.
17:04Contre les droits.
17:05Bien sûr.
17:05Et c'est ça le sujet, quoi.
17:08C'est-à-dire que vous avez une partie de la gauche française qui est prête à jouer le grand
17:15soir.
17:15Et c'est une réalité.
17:16Est-ce que l'affiche RN et les filles au second tour est inéluctable pour vous ?
17:21On est à un an de la présidentielle, c'est trop tôt pour le dire ?
17:23Est-ce que le bloc central peut jouer sa carte ?
17:25Non, c'est toujours beaucoup trop tôt, mais je pense que c'est quand même...
17:29Oui, aujourd'hui, c'est assez probable, mais ça peut changer.
17:31Ça peut changer parce que, vous savez, les favoris un an avant...
17:34Mais ils ont tout intérêt à se retrouver l'un face à l'autre.
17:36Ils ont tout intérêt à se retrouver l'un face à l'autre.
17:38Oui, je pense, absolument.
17:39Ça, c'est clair.
17:39C'est leur affiche révélée.
17:40C'est absolument ça.
17:41Les deux se souhaitent.
17:44Ça, c'est clair.
17:44Mais l'élection se joue au centre.
17:46L'élection se joue toujours au front.
17:47Oui, bien sûr.
17:48Donc, est-ce que le bloc central, s'il arrive à qualifier un candidat,
17:51que ce soit Édouard Philippe ou Gabriel Attal, peut changer la donne ?
17:54Vous oubliez Bruno Rotaio, parce qu'il peut aussi, lui, il est...
17:57Bon, il commence un peu bas, mais il peut très bien remonter.
18:00Vous avez peut-être David Lissnard qui peut arriver.
18:02Je ne sais pas, des gens...
18:04Je l'ai mis dans le bloc central.
18:04On parle parfois de Robert Ménard, etc.
18:06Non, mais il y a des tas de gens qui peuvent encore se manifester.
18:09Parce que, souvenez-vous, à la même période, avant l'élection présidentielle de 2012,
18:14vous vous souvenez, c'était tout le monde disait Strauss-Kahn.
18:16Enfin, à chaque fois, c'est... Bon, puis il y a toujours...
18:18Pas forcément des empêchements type Strauss-Kahn, mais...
18:21Donc, un candidat surprise, pour vous, vous pourrez émarquer.
18:23Pas surprise, parce que non, vous savez, des présidentielles, il y en a quand même pas mal.
18:27Il y en a aussi du côté du Parti Socialiste.
18:30Enfin, il y a François Hollande, il y a Raphaël Lechman,
18:33il y a...
18:34Puis ils ont des maires aussi, qui sont quand même...
18:36Il ne faut jamais oublier.
18:37Stéphane Le Foll, le maire en Dumont.
18:40Karim Boamran, le maire de Saint-Ouen.
18:42Enfin, ce sont des personnalités fortes aussi qui peuvent jouer à un moment donné leur cas.
18:45Mais on a déjà vu autant de candidats potentiels, François Hollande.
18:47Il y en a toujours eu beaucoup.
18:48À un moment donné, il faut que ça se coayule, il faut que ça aille sur...
18:52Mais ça, pour ça, il devrait y avoir des primaires.
18:54Il y aura peut-être des primaires encore, à l'intérieur du Parti Socialiste, par exemple.
18:57Ou pas.
18:57Ou il n'y aura pas de primaires.
18:58Parce que l'arrangement entre Philippe et Attal,
19:02puisqu'il y a un arrangement, par exemple, entre les deux, un accord tacite.
19:05Mais ça veut dire quoi ?
19:07Ça sera très compliqué.
19:08Pourquoi ?
19:08Parce qu'il y a quand même un problème des dépenses de campagne.
19:10À partir du moment où ces gens disent qu'ils sont candidats,
19:13ben, tic-tac, tic-tac, tic-tac, dépenses de campagne.
19:15Après, comment ils vont faire ?
19:16Comment ils vont faire ?
19:17Bon, c'est très compliqué.
19:20C'est très compliqué de se retirer quand on s'est lancé.
19:22Donc, les jeux ne sont pas faits encore ?
19:24Il est beaucoup trop tôt.
19:25Non, non, non.
19:25Mais regardez toutes les élections précédentes.
19:27Attendez, vous vous souvenez...
19:30Vous étiez à peine nés, mais...
19:32L'élection Chirac en 1995, un an avant, c'était baladur.
19:39Et même six mois avant, c'était baladur.
19:40Bon, ben, il a bien été battu.
19:42En 2002, c'était aussi Jospin.
19:44Tout le monde disait Jospin.
19:45Ben, ça a été Chirac.
19:46Enfin, vous voyez, c'est...
19:48Non, vous savez, on commence à sentir les choses en général à l'automne.
19:52Donc, attendons l'automne.
19:53La cinquième, en tout cas, république.
19:55Oui, oui, oui, bien sûr.
19:55On n'est pas à l'abri de surprises.
19:57Merci, François-Olivier Gisberg.
19:58Voyage dans la France d'avant.
20:00Et la France est-elle un pays communiste ?
20:01C'était un bonheur de vous entendre ce matin.
20:03Bonne journée à vous sur CNews et sur Europe 1.
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