Passer au playerPasser au contenu principal
Hervé Morin, président des Centristes et ancien ministre de la Défense, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et notre invité ce matin c'est Hervé Morin, bonjour à vous.
00:02Bonjour.
00:03Président des centristes et de la région Normandie, ancien ministre de la Défense.
00:06Un mot d'abord de l'antavirus, cette épidémie est prise très au sérieux par notre gouvernement,
00:11les cas contacts sont confinés à l'hôpital, 5 personnes sont à l'hôpital Bichat, dont une malade.
00:16Est-ce qu'on a appris des années Covid, Hervé Morin ? Est-ce qu'on est mieux préparé ?
00:20Écoutez, les Argentins nous ont montré qu'il y avait des process à mettre en place,
00:25des procédures, l'isolement, etc.
00:28J'ai le sentiment que le gouvernement a fait le boulot, que les choses ont été prises très rapidement,
00:32qu'il y a suffisamment de transparence.
00:35Suffisamment de masques ?
00:36J'ai vu l'histoire des masques.
00:38Bon, j'ai entendu un gouvernement dire il n'y a pas de problème, maintenant on a des masques,
00:42et puis il y a 15 jours, et puis là on est en train de reconstituer les stocks.
00:45On peut se dire, c'est un peu curieux quand même, qu'après le Covid,
00:48on soit en train de se demander s'il faut reconstituer les masques.
00:50Mais, bon, allez, considérons que les choses sont faites,
00:55et que très vite cette histoire-là sera derrière nous.
00:58Et que tout est sous contrôle, comme l'a dit Emmanuel Macron, depuis l'Afrique.
01:01Oui, ça, Emmanuel Macron est en Afrique, Sébastien Lecornu est à Matignon,
01:06je crois plus au gouvernement pour avoir géré ça au quotidien,
01:09que lorsqu'on est à quelques milliers de kilomètres.
01:12On va parler d'Emmanuel Macron en Afrique.
01:14Dans un instant, un tout petit mot de l'Iran, du conflit au Moyen-Orient.
01:17Donald Trump est en visite en Chine, il va arriver dans les heures qui arrivent.
01:22Est-ce que vous pensez que la Chine peut être un acteur décisif
01:24pour faire cesser ce conflit qui s'enlise, si c'est la réalité ?
01:27Alors, on pouvait se dire, il y a 15 jours,
01:29la Chine va être en effet un acteur qui va faire la pression sur l'Iran
01:33pour qu'on trouve les conditions d'un accord.
01:36Mais maintenant, la Chine peut jouer aussi le fait de se dire
01:40Trump est en difficulté, et plus la crise dure, plus il est affaibli.
01:47Et dans le cadre de cette rivalité qui va être une rivière de centenaire commerciale,
01:53géostratégique entre la Chine et les États-Unis,
01:56l'affaiblissement de Trump, au bout du compte, ça va nous arranger.
02:00Mais est-ce qu'il n'y aurait pas une forme de troc cynique entre
02:02« on règle le problème en Iran et on peut prendre Taïwan ? »
02:06Voilà, ça c'est pas possible.
02:08Sinisme absolu.
02:08Ah oui.
02:09Alors, ce qui est sûr, c'est que, bien entendu,
02:11quand vous voyez que les États-Unis ont consacré 25 milliards
02:15ou 30 milliards à cette guerre, c'est-à-dire à peu près 1 milliard par jour,
02:20ça veut dire qu'ils ont utilisé des stocks de missiles absolument considérables,
02:24qu'ils ont dû récupérer notamment tous les missiles
02:27qui sont dans la zone Asie-Pacifique pour participer à cette opération.
02:32Et que ça affaiblit, bien entendu, la présence militaire américaine
02:35et la puissance américaine, notamment pour protéger Taïwan.
02:38Ça ne fait pas de doute.
02:39Parlons de les répercussions économiques en France,
02:41pour les prix des carburants notamment.
02:44Le gouvernement, pour l'instant, a pris les villes et les aides ciblées.
02:47Est-ce qu'il faut faire plus ?
02:48C'est vraiment un que vous disent, encore une fois, les normands.
02:51Est-ce que les problèmes de pouvoir d'achat sont gigantesques aujourd'hui
02:55pour les Français qui n'arrivent pas à faire leur plein
02:57et pas à finir leur fin de loi ?
02:58Il faut faire plus, plus vite ?
02:59Oui, mais vous voyez, j'avais cette conversation dernièrement
03:02avec des structures, des régions qui me disaient
03:04mais l'État est en train de nous réduire les crédits
03:08et vous, vous réduisez les crédits parce que l'État vous a réduit les vôtres.
03:11Bon, très bien.
03:12Et je dis à un de mes interlocuteurs, je dis
03:14mais monsieur, je suis sûr que vous avez manifesté
03:17contre la réforme des retraites.
03:20Il m'a dit oui.
03:21Ça n'a pas manqué.
03:21J'ai dit mais il y a un moment, il va falloir pour nous faire des choix.
03:25On ne pourra pas demander à la fois de maintenir un système de retraite
03:29qui n'existe nulle part au monde aujourd'hui.
03:32Personne ne revendique l'idée de revenir à 62 ans ou à 60 ans dans le monde.
03:37Bref.
03:38Et donc, il y a un moment, il va falloir faire des choix.
03:40Et quand on n'a plus un rond comme nous,
03:43qu'est-ce que vous voulez faire de plus
03:44quand vous êtes à la tête d'un pays qui est au bord de la ruine complète ?
03:50On ne peut pas faire de chèques, c'est fini les chèques ?
03:53Le système, plus gravement, je ne veux pas être pessimiste
03:58et je ne le suis pas par nature,
04:00mais notre système est en train de s'effondrer.
04:03Il s'effondre.
04:04Le financement de la culture est de moins en moins assuré.
04:08La crise du logement crée d'ailleurs des conditions
04:12sur le pouvoir d'achat de nos compatriotes qui sont considérables.
04:15On ne construit plus en France.
04:17Notre système public est un système qui est devenu totalement handicapé,
04:22inefficace, impuissant.
04:24Et vous pouvez le faire sujet après sujet.
04:27Notre niveau de maths, notre niveau de mathématiques,
04:31les jeunes africains qui arrivent dans nos écoles d'ingénieurs,
04:35les jeunes marocains ont des niveaux de mathématiques
04:38tellement supérieurs aux jeunes français.
04:40J'ai discuté avec le directeur d'une grande école d'ingénieurs en Normandie
04:43qui me disait, le niveau de maths des maths sup, maths spé aujourd'hui,
04:46c'est le niveau de maths que vous aviez il y a 40 ans.
04:49Ce n'est pas très optimiste, Hervé-Morand.
04:50Non, mais je veux dire, tout ça,
04:56nos compatriotes le ressentent.
04:57Et donc, il y a un moment, il faudra faire des choix.
04:59Les choix qui doivent être des choix avec de l'optimisme,
05:03avec de l'enthousiasme, en se disant,
05:05on est un grand pays capable de se redresser.
05:07Et d'ailleurs, on s'est toujours redressé dans la crise.
05:09Quand on regarde l'histoire, c'est à chaque fois
05:11quand le pays s'effondrait qu'on a trouvé les moyens de se redresser.
05:14Mais, moi, cette élection présidentielle de 2027,
05:19elle ne se jouera pas sur simplement,
05:22vous aurez du sang et des larmes.
05:24Elle se jouera d'abord...
05:26Sur un projet ?
05:27Un projet, mais un projet dans lequel il y a de l'ambition.
05:29Les Français ont envie d'avoir quelqu'un d'ambitieux pour son pays,
05:33capable de rassembler et qui, en même temps, va dire
05:36on ne va pas pouvoir raser gratis encore pendant des décennies.
05:39La question du pouvoir d'achat du pétrole, c'est celle-ci.
05:43La question, elle est simple.
05:44Regardez les chiffres.
05:46Il y a 30 ans, on avait le même pouvoir d'achat que les Américains.
05:50Vous voyez la différence aujourd'hui ?
05:53Et l'Europe et les États-Unis...
05:59Le travail ne paye plus dans notre pays ?
06:00Bien sûr, vous pourriez vivre beau avec 1 600 balles par mois ?
06:04Eh bien, pas moi, je vous le dis.
06:07Et donc, très clairement, la question, c'est celle de donner les moyens au pays
06:13de redevenir un pays prospère.
06:16Produire des richesses.
06:17Travailler plus.
06:18L'enseignement supérieur, fondamental, on n'en parle jamais.
06:22La recherche, fondamentale.
06:25On met un point de pipe de moins que les Américains.
06:28Faire en sorte que l'innovation soit au cœur de notre projet industriel
06:31et de notre projet économique.
06:33Débureaucratiser.
06:34Je vous donne un exemple de la folie dans laquelle on est.
06:37On est étouffé par les normes.
06:38La bureaucratie, la région Normandie, investie dans l'extension d'un port à Cherbourg,
06:43qui est l'endroit où il s'est créé le plus d'emplois industriels en France dans ces dernières années.
06:48L'extension du port, 49 hectares, repris sur la mer.
06:51Donc, une artificialisation complète.
06:53Une entreprise part, une autre va arriver.
06:56Les services de l'État nous disent...
06:58Attention...
06:58On arrête tout ?
06:59Non, non, non, non, non.
07:01Compensation environnementale.
07:02On dit, mais c'est quelque chose d'artificier.
07:03C'est écrit par l'homme.
07:05Compensation.
07:05Il nous faut 20 hectares de compensation environnementale pour réinstaller une entreprise.
07:09Vous imaginez le monde dans lequel on vit aujourd'hui.
07:12Hervé Morin, on est sur CNews et sur Europe 1.
07:15Vous avez évoqué le financement de la culture.
07:17Vous dites qu'il n'y a plus d'argent pour la culture.
07:18Est-ce que ce n'est pas aussi un problème d'idéologisation de la culture ?
07:21Michel Onfray, qui est à la une du VD News,
07:23a même dit...
07:24Stop à l'idéologie de gauche dans la culture.
07:27Est-ce que ce n'est pas aussi le problème ?
07:32Souvenez-vous de ce que disait De Gaulle.
07:33De Gaulle disait, la culture prime tout, je crois.
07:36Quelque chose de ce genre.
07:38Moi, je suis très attaché à la...
07:40La culture prime sur tout.
07:41Oui, prime sur tout.
07:44Moi, je suis très attaché à l'accès à la culture.
07:47Quand on est dans une région comme la mienne,
07:50où il y a besoin d'avoir des structures culturelles
07:55dans toute une série de villes moyennes,
07:57de permettre à des personnes d'aller au théâtre,
08:00de pouvoir aller à l'opéra à Rouen,
08:02de pouvoir accéder à des concerts, etc.
08:05Il faut bien qu'à un moment ou à un autre,
08:06il y ait des gens qui s'y collent pour financer ces structures.
08:10Et moi, j'ai veillé à ne pas baisser d'un centime
08:13les crédits sur la culture.
08:14Mais vous ne me répondez pas sur l'idéologie.
08:16Mais c'est autre chose.
08:17Mais non, moi, je...
08:19Et puis, la liberté de création, ça a toujours existé.
08:22Voilà.
08:22Bon, il faut aussi l'accepter.
08:23La culture est de gauche.
08:25Elle est de gauche, mais elle est parfois de droite.
08:27Ce n'est pas aussi caricaturale que ça.
08:29Un mot sur Emmanuel Macron,
08:30qui est toujours en Afrique, qui rentre,
08:32qui a évoqué la langue française.
08:35Belle langue française que nous aimons autant.
08:37Elle se trouve aujourd'hui sur les bords du fleuve Congo
08:39et non sur les Quats-de-Seine.
08:40Vous dites Banco ? Vous dites c'est vrai ?
08:42Je n'ai pas vu qu'il...
08:43Oui, en même temps, comme me disait Jean-Claude Juncker,
08:46je suis le seul à Bruxelles à encore parler français
08:48quand tout est ministre aujourd'hui par l'anglais.
08:51Et le fait que le président enchaîne en disant
08:53que la deuxième langue la plus parlée en France
08:56sur notre territoire, c'est la langue arabe.
08:57Pareil, c'est une réalité incontournable.
08:59Je n'ai pas vu ces déclarations,
09:01mais bon, le sujet quand même,
09:04quand on est en Afrique,
09:05c'est que la France a été foutue dehors d'Afrique.
09:06C'est quand même ça le sujet.
09:08C'est un peu différent.
09:09Mali, Burkina, Niger.
09:10Et donc, il n'y a plus de présence française ?
09:12C'est le territoire des Russes et des Chinois désormais ?
09:14C'est-à-dire qu'on a laissé la place
09:16aux Russes et aux Chinois
09:17et qu'Emmanuel Macron a joué
09:20sur l'évacuation des Français d'Afrique
09:26un rôle majeur.
09:28C'est-à-dire ?
09:29Fait d'humiliation,
09:32fait...
09:33Repentance ?
09:34Repentance.
09:35Souvenez-vous de ses déclarations
09:36dans une université, je ne sais plus où,
09:38où il avait dit au président du pays...
09:41Il a réglé la clim.
09:42Il allait régler la clim.
09:43Enfin, tout ça nous a amené...
09:44C'est passé de l'arrogance ?
09:46Oui, mais c'est l'arrogance qu'on lui connaît.
09:49L'arrogance française, elle est générale.
09:51Parce que le sentiment français,
09:51il est présent sur le continent.
09:52C'est aussi le narcissisme d'un chef de l'État
09:55qui fait qu'aujourd'hui,
09:57le divorce avec les Français est compliqué.
09:59Donc, il lui reste un an, quand même, de pouvoir.
10:01Emmanuel Macron ?
10:02Est-ce qu'il a vraiment le pouvoir ?
10:04Il n'a plus le pouvoir ?
10:05Écoutez, vous voyez bien comment ça se passe.
10:06C'est-à-dire qu'il ne se passe rien.
10:08On est en train d'attendre 2027.
10:10On va perdre un an ?
10:10On perd un an, ça ne fait pas de doute.
10:12Pire que ça, on recule.
10:14On recule sur les retraites.
10:16On recule sur un sujet...
10:18Je vous donne un exemple très simple.
10:20On a, pour faire plaisir au Parti socialiste,
10:23limité le cumul emploi-retraite.
10:25Vous voulez savoir la conséquence ?
10:27C'est qu'en septembre,
10:29quand il va falloir faire marcher
10:32les autocars du transport scolaire,
10:35nos entreprises nous disent
10:36je ne vais pas avoir de chauffeur.
10:38Parce qu'il y a beaucoup de retraités
10:39qui, pour améliorer leur fin de mois,
10:43conduisaient des cars le matin et le soir.
10:45Eh bien, on empêche les Français de travailler.
10:49On empêche les Français qui veulent produire,
10:52créer de la richesse, de le faire.
10:54C'est tout de même démentiel.
10:56Encore un mot, Hervé Morin d'Emmanuel Macron
10:58qui multiplie les nominations au poste-clé.
11:01Marc Guilleux...
11:02On ne vous a rien proposé ?
11:03Non, Dieu merci.
11:04Amélie de Montchalin à la Cour des Contres,
11:06Échart Ferrand au Conseil constitutionnel,
11:08Emmanuel Moulin à la Banque de France.
11:09Il s'agit de tout verrouiller
11:10pour empêcher qu'il y a une alternance en 2027 ?
11:13Il y aura alternance.
11:14Oui.
11:14C'est un candidat macroniste.
11:16Oui, enfin, personne...
11:17Écoutez, même les candidats macronistes,
11:19c'est quand même ça qui est extraordinaire.
11:20C'est que le bilan est tellement mauvais
11:22qu'il n'y a aucun candidat d'Emmanuel Macron,
11:25aucun de ses anciens premiers ministres
11:27qui fait référence à Emmanuel Macron.
11:31C'est extraordinaire.
11:31Il y a un comptable de son bilan.
11:33Non, mais Gabriel Attal fait tout
11:34pour grosso modo se détacher.
11:36Vous vous souvenez des déclarations d'Edouard Philippe
11:38il y a quelques temps.
11:39Il demandait de démissionner.
11:39Bon, voilà.
11:41Et sur ce point, il avait raison.
11:43Et donc, on est quand même dans un truc assez surréaliste.
11:47C'est celui...
11:48Ceux qui ont été à la tête du pays
11:50avec Emmanuel Macron pendant 10 ans
11:52font tout pour être le moins entaché.
11:56C'est un grand classique, Hervé Morin.
11:57Oui, mais attends.
11:59Un grand classique de la 5e.
11:59Non, non, ce n'est pas vrai.
12:00Ce n'est pas vrai.
12:02On n'a pas vu ça pendant des décennies
12:05où grosso modo, il y avait un chef d'État,
12:07il y avait une majorité.
12:09Et c'est les anciens premiers ministres
12:10qui se détachent de lui.
12:11Oui, mais ils ne se détachaient pas
12:12comme ils peuvent se détacher là.
12:13Édouard Philippe et Gabriel Attal,
12:15vous avez fait votre choix.
12:16Non, mais ce que je veux dire,
12:17c'est que pour l'instant,
12:18les Français n'ont pas fait de choix.
12:20Que c'est trop tôt.
12:21Mais il faut, David Lysnard ne cesse de le dire
12:23depuis des mois et des mois,
12:25il faut une primaire.
12:26Parce qu'on ne va pas choisir un candidat
12:28à l'élection présidentielle sur des sondages.
12:31Vous, comme moi, vous avez vu des gagnants à l'automne
12:35qui étaient des grands perdants quelques mois plus tard.
12:38Et donc, clairement, ce dont on a besoin,
12:40c'est qu'il y ait une première épreuve du feu.
12:43Cette première épreuve du feu, c'est la primaire.
12:45Machine à perdre, dit-on.
12:46Mais c'est faux.
12:47François Fillon avait gagné
12:48s'il n'avait pas eu toutes ces conneries.
12:50Enfin, ce n'est pas pour les mêmes raisons.
12:53Donc, très clairement,
12:56on a besoin d'avoir un système
12:57qui ne se limite pas à trois sondages
12:59pour dire, ah ben tiens,
13:00celui qui a gagné le sondage à l'automne
13:02sera le candidat à l'élection présidentielle.
13:03Hervé Morin, je prends un mot.
13:04Elle va de où à où, votre primaire ?
13:05Elle va de Gabriel Attal à Bruno Retailleau ?
13:07De Sarah Knafot à Édouard Philippe ?
13:10Oui, elle va.
13:11Moi, je dis très clairement
13:12qu'elle va de Knafot à Gabriel Attal.
13:15Si certains ne veulent pas y participer,
13:16ils n'y participent pas.
13:17Mais clairement,
13:19il faut proposer à celles et ceux
13:23innombrables candidats à l'élection présidentielle
13:25de pouvoir avoir un premier temps.
13:27Vous n'en êtes pas, rassurez-moi.
13:28Je vous assure, ma région, ça me va très bien.
13:30Ok, donc vous n'êtes pas candidat à l'élection présidentielle.
13:32Est-ce que tout est en place pour un second tour,
13:35un affrontement au Rassemblement National,
13:36France Insoumise, selon vous ?
13:37Non, je ne crois pas à ça.
13:41C'est l'affiche qui n'arrivera pas ?
13:43Non, non, je pense qu'il y a aujourd'hui suffisamment
13:47de nos compatriotes qui souhaitent tout de même
13:50un projet politique responsable.
13:53Donc qui était responsable ?
13:54Les deux sont irresponsables.
13:56Vous renvoyez dos à dos ?
13:57Je renvoie plus encore Mélenchon que Le Pen.
14:00C'est-à-dire qu'au second tour, si c'est le RN et les filles, votez ?
14:03Oui, ça, je garderais ça pour moi.
14:04Ah ben bon.
14:05Écoutez, je ne voterai pas Mélenchon, ça c'est sûr.
14:11Et votre RN ?
14:12Non, je pense que je voterai blanc.
14:15Vous ne le gardez pas pour vous, vous ne l'avez dit ce matin.
14:16Je pense.
14:17Mais les deux projets sont les mêmes ?
14:19Encore une fois, est-ce qu'on peut renvoyer dos à dos
14:22un parti, le RN, et un autre parti, la France Insoumise,
14:24qui dit qu'il ne respectera pas le résultat des urges
14:26et appelle à la vote d'insurrection populaire ?
14:29Moi, je pense qu'il y a suffisamment de nos compatriotes
14:32qui se disent qu'on doit rester dans un projet européen
14:35complètement refondé, on doit bâtir une Europe
14:39de la sécurité et de la défense, on doit revoir les lois
14:42sur l'immigration et bâtir un modèle dans lequel
14:45on retrouve de la sécurité.
14:48Quand on voit que le grand responsable du ministère
14:53de l'Intérieur dit qu'il n'y a pas de zone de non-droit en France,
14:55ce n'est même pas la peine de lire l'article.
14:57Si vous êtes d'office, vous vous dites que tout ça n'a aucun crédit.
15:01Mais qu'il y a des Français qui disent qu'il faut produire de la richesse,
15:05il faut nous permettre de travailler, d'innover et de vivre.
15:11Ce qui veut dire qu'il faut baisser la dépense publique
15:13et les prélèvements obligatoires.
15:15Et sur l'immigration, vous dites aussi qu'il faut faire attention ?
15:17Bien sûr, le regroupement familial,
15:20bien sûr qu'il faut revenir là-dessus, ça ne fait pas doute.
15:23Vous avez évoqué les questions de sécurité,
15:25effectivement pas de zone de non-droit en France,
15:27ça pose question.
15:28Il y a des territoires perdus,
15:30Nice, encore une fusillade qui a fait
15:32deux morts si blessés,
15:34des jeunes qui se battent à neuf ans sur les terrains de foot,
15:37on a l'impression qu'il y a une violence généralisée.
15:39C'est par quoi ? Par manque d'autorité,
15:40manque de fermeté en haut d'État ou pas, Hervé Morin ?
15:43Il y a un peu de tout.
15:45Il y a d'abord une question qu'on oublie.
15:47Laquelle ?
15:47L'éducation.
15:49Mais de qui ? Des parents ?
15:50De la famille.
15:51C'est quand même là où commence l'autorité.
15:53C'est là où commencent les règles.
15:55Les défaillances, la fragmentation des familles,
15:59l'absence de repères.
16:01Bon, il y a d'abord quand même...
16:04Il faut qu'à chaque fois, on se dise
16:07qu'on doit revenir dans un modèle
16:09dans lequel on remet la responsabilité au cœur du système.
16:14Et la responsabilité, elle est d'abord personnelle, individuelle.
16:17Donc il faut des écoles de parents ?
16:18Je ne sais pas s'il faut des écoles de parents.
16:20Il faut d'abord faire en sorte qu'on se dise
16:23que quand il y a des enfants qui sont violents,
16:27c'est qu'il doit y avoir déjà un problème dans la famille.
16:29Gérald Darmanin, justement, défend son projet de loi
16:31de réforme de la justice des mineurs, Hervé Morin,
16:33avec pour mesure principale la possibilité de faire passer
16:36un jeune par la case-prison des 13 ans au lieu de saison actuellement.
16:38Est-ce que c'est une solution pour vous ?
16:40Oui, mais tout ça, vous le faites comment ?
16:43Prévention et répression.
16:44Non, mais c'est voté.
16:47Bon, vous le faites comment ensuite ?
16:49Vous les avez où, les places de prison ?
16:51Créer des centres spécifiques pour les majeurs.
16:53Vous les avez où ?
16:53Il faut les créer.
16:54C'est combien d'années ?
16:55Il dit que ça peut se faire rapidement.
16:56Oui, bien sûr.
16:57La preuve, ça a été fait.
16:59On le voit, ça a été terriblement fait.
17:02Aujourd'hui, il n'y a déjà pas de place dans les prisons.
17:03Il n'y a pas de place pour les majeurs.
17:06Non, mais même dans les centres, il n'y a pas de place.
17:08Ça n'existe pas.
17:10Donc, on fait voter une loi que les magistrats ne peuvent pas appliquer.
17:15C'est aussi simple que ça.
17:16Parce qu'il n'y a aucune capacité de détention,
17:19d'accompagnement judiciaire de ces membres.
17:23Donc, on va faire plaisir,
17:27considérer qu'en effet, la responsabilité pénale est abaissée.
17:31Mais derrière, comment on l'applique ?
17:33Dans un pays, on revient sur le même sujet, toujours le même.
17:37C'est que comme on n'a pas fait de choix
17:38et qu'on a dépensé avec des transferts sociaux gigantesques, etc.,
17:42on a une justice qui a, je crois, de mémoire,
17:46le 26e budget en Europe.
17:48Et là encore, promesse non tenue du président Macron
17:50et la création du nombre de prisons, 15 000 a été promise.
17:54C'est-à-dire que là, quand on parle de loi Notre-Dame,
17:57s'il y a bien un sujet sur lequel il devrait y avoir une loi Notre-Dame,
18:00c'est la capacité de pouvoir construire des établissements pénitentiaires rapidement.
18:04Hermé Morin, dernière question.
18:05Le Sénat a rejeté la proposition de loi sur l'aide à mourir.
18:09C'est le gouvernement qui va désormais retourner vers l'Assemblée nationale.
18:13Le président des Républicains, Bruno Retailleux, appelle à un référendum.
18:16Est-ce que vous êtes favorable ?
18:17Est-ce qu'il faut donner la parole aux Français sur ce sujet éminemment ?
18:21C'est un sujet éminemment intime.
18:23Intime.
18:25Moi, j'étais favorable, pour tout vous dire, au nom de la liberté.
18:28Euthanasie.
18:29J'y étais.
18:30J'ai beaucoup, beaucoup lu.
18:31J'ai beaucoup écouté.
18:33Et maintenant, j'ai d'énormes doutes sur le sujet.
18:35Parce que...
18:36Voir que vous y êtes opposé.
18:37Oui, je ne voterai pas à l'heure actuelle.
18:39Pourquoi ?
18:40Parce que la capacité de mettre fin à ces jours sur une infection grave, en phase avancée, vous vous dites,
18:53mais ça s'arrête où et quand ?
18:56Et ça commence où ?
18:57Et ça commence où ?
18:58Les pressions sociales, les pressions familiales, le fait que dans tous les pays où ça a été ouvert, on constate
19:07qu'il y a des différences absolument gigantesques
19:09en fonction de votre milieu social.
19:12Plus vous êtes pauvre, plus on fait appel à l'euthanasie.
19:15Et qu'au bout du compte, quand vous interrogez beaucoup de personnes, notamment des médecins, qui vous disent, mais les
19:23gens sont toujours favorables tant qu'ils sont en bonne santé.
19:25Et puis le jour où ils ont des problèmes de santé, voilà, on se bat, quoi.
19:31On ne veut pas mourir.
19:33Et donc, en fait, derrière tout ça, il y a un sujet.
19:36Est-ce qu'on est capable d'accompagner ?
19:38Les soins palliatifs.
19:39Qui sont malades.
19:40Et on a le sentiment que cette loi a été votée parce qu'on n'a pas les moyens, là
19:45non plus, de pouvoir assurer des soins palliatifs dans tous les départements de France.
19:48Ce qui est inacceptable.
19:49Merci beaucoup Hervé Morin.
19:50Merci.
19:50C'était votre grande interview sur CNES et sur Europe 1.
19:52Bonne journée.
19:52Sous-titrage Société Radio-Canada
19:55Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations