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Député LR de Paris et ancien Premier ministre, Michel Barnier était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Michel Barnier.
00:04Bonjour à vous.
00:05Bonjour Madame Ferreri.
00:05Ancien Premier ministre, député LR de Paris.
00:07Commençons par la crise énergétique liée à la guerre en Iran qui se poursuit.
00:11Les travailleurs qui utilisent leurs voitures sont étranglés par les prix des carburants.
00:15Le gouvernement envisage un décret pour encadrer les marges des distributeurs
00:18afin de ramener le prix du gasoil à 1,71€ le litre de son côté.
00:22L'Allemagne a décidé de réduire pendant deux mois une grosse taxe sur le diesel et l'essence.
00:26Qu'attend la France ?
00:27Est-ce qu'elle attend une crise sociale pour agir, Michel Barnier ?
00:30J'espère que non.
00:32La réalité aussi, c'est qu'on n'a pas d'argent.
00:33On n'a plus d'argent.
00:35À force de l'avoir dépensé sans compter et en mettant la charge de l'emprunt,
00:4065 milliards d'euros cette année, 65 milliards d'euros sur les épaules ou la tête de nos enfants, de
00:45nos petits-enfants.
00:46Donc il faut faire attention.
00:47Néanmoins, il faut, comme le gouvernement a commencé de le faire timidement,
00:50sur les agriculteurs, sur les pêcheurs, sur les aides-soignants, sur les transporteurs,
00:55il faut prendre des mesures ciblées.
00:56Et si ça continue, il faudra prendre des mesures plus générales de blocage des prix temporairement.
01:04Mais il faut aussi dire la vérité aux gens.
01:06On ne peut pas dépenser de l'argent qu'on n'a pas.
01:08La réalité aussi, c'est qu'il faut voir comment...
01:09Mais il faut bloquer temporairement les prix.
01:11C'est ce que vous nous dites, Michel Barnier.
01:12C'est une mesure que le gouvernement devrait étudier de bloquer les prix ou de bloquer les marges
01:15pour demander à tout le monde un effort, y compris aux distributeurs.
01:20Et en même temps, on parlait d'électrification, on pourra parler de cette mesure sur les aides et feux
01:25et cette écologie punitive dont vous parliez sur votre antenne.
01:29Il faut électrifier.
01:30Donc je peux imaginer, comme l'a dit un jeune député, M. Vermorel,
01:34qu'on utilise une partie des taxes supplémentaires qu'encaisse l'État.
01:38Et ce n'est pas tellement juste pour financer les gens qui ont besoin d'une voiture électrique.
01:42Il y a déjà des prêts flash carburant qui sont assez demandés par les entreprises.
01:46Près d'une centaine d'entreprises ont déjà fait la demande auprès de la BPI.
01:49Ça, c'est pareil.
01:50Mais c'est pour permettre de payer les taxes.
01:51Vous vous rendez compte dans quel pays on est ?
01:53On demande aux entreprises d'emprunter pour payer les taxes sur le carburant.
01:56Vous me dites, M. Ferrari, dans quel pays on en sait mieux que les pays endettés.
01:59C'était le message principal que j'ai porté comme Premier ministre.
02:03Arrêtons d'endetter notre pays et faisons un effort.
02:06Pourquoi ? Parce qu'il faut dire aux Français pourquoi on fait un effort.
02:08Pourquoi il faut croire à la France ?
02:10C'est aussi important de dire le sens des efforts qu'on demande aux gens.
02:13Maintenant, la clé de cette question, c'est quand même que la guerre s'arrête.
02:16C'est ça.
02:16Que les Américains qui ont lancé cette guerre sans trop réfléchir aux conséquences,
02:20sans mesurer la résilience.
02:21Vous étiez hostile à cette guerre, Michel Bariani ?
02:23Ça ne sert à rien de dire, après coup, on est hostile ou pas.
02:26Le régime des Molahs devait tomber.
02:28J'étais hostile au régime des Molahs et personne ne pleurera sur le fait que l'ayatollah et d'autres
02:32aient disparu.
02:34Hier, j'étais, Laurence Ferry, au Jardin du Luxembourg avec le président du Sénat
02:37pour marquer la mémoire des jeunes résistants lycéens qui ont été fusillés en 1942-1943,
02:43des jeunes de 17-18 ans.
02:45On a évoqué d'autres courages, ceux des étudiants iraniens qui ont été massacrés il y a quelques semaines à
02:50peine,
02:50ceux des étudiants ukrainiens.
02:52Donc, c'est le même courage qu'on trouve à travers les générations.
02:55D'accord.
02:55Donc, il faut continuer à soutenir ces jeunes étudiants iraniens.
02:59Que ce régime tombe, il n'est toujours pas tombé.
03:01Et que les hostilités cessent ?
03:02Il faut que Donald Trump, qui annonce d'ailleurs que les négociations reprennent.
03:06On voit bien qu'il veut en sortir.
03:08Il s'est engagé dans cette affaire sans réfléchir à toutes les conséquences.
03:11On voit bien qu'il pense qu'il n'a besoin de personne.
03:13Moi, je pense que c'est une erreur de la part des États-Unis.
03:15Je me demande combien de temps M. Trump devra prendre pour se rendre compte que ces agressivités,
03:21parfois ces agressivités incroyables contre le chef de l'État français ou contre le pape,
03:26vont le priver de tous les soutiens de ceux qui sont les mieux disposés, qui sont ses meilleurs alliés.
03:31Voilà.
03:31Je pense qu'on ne peut pas gouverner le monde tout seul et faire la gendarme tout seul.
03:35Il reste que dans cette affaire, il y a aussi un pays auquel je pense qui est le Liban.
03:40Et il faut très vite que ce conflit s'arrête.
03:43Il y a un gouvernement libanais, il y a un président libanais, M. Raouna,
03:46avec lequel on peut discuter pour l'aider.
03:48Qu'il y a Israël à entamer les négociations.
03:49Enfin, après avoir beaucoup bombardé et poussé des centaines de milliers de Libanais vers le nord.
03:54En raison de la présence du Hezbollah.
03:55Oui, il faut désarmer le Hezbollah et il faut aider le gouvernement.
03:58Ça fait 30 ans qu'on dit qu'il faut désarmer le Hezbollah.
03:59Oui, mais là, vous avez un gouvernement libanais qui est prêt à le faire.
04:01Donc, il faut l'aider.
04:02En a-t-il les moyens ?
04:03Je pense qu'il n'a pas les moyens tout seul.
04:05Il faut qu'on lui donne le moyen, qu'on lui donne le temps.
04:07Et la France peut jouer un rôle dans ce domaine.
04:09La France a été exclue des négociations par Israël,
04:11étant donné les relations exécrables que nous avons avec le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
04:15Oui, mais ce n'est pas à Israël de faire la pluie et le beau temps dans cette région tout
04:18seul.
04:19C'est Israël qui est menacée existentiellement, M. Raouna.
04:33Que pèse la voix de la France, justement, dans ce conflit au Moyen-Orient, Michel Barnier ?
04:37On voit que nous sommes exclus des négociations sur le Liban.
04:39Nous envisageons avec la Grande-Bretagne peut-être d'aider à sécuriser l'étroit d'Hormuz.
04:43On a l'impression qu'on est un peu sur une position flottante.
04:45Non, on n'est pas sur une position flottante.
04:46On a été exclus de cette négociation, de cette guerre.
04:49Les Américains ne nous ont pas demandé notre avis.
04:52Tout le monde le sait.
04:53Néanmoins, c'est une région où nous avons une histoire, parfois des oppositions.
04:58Nous avons une tradition, je pense aux chrétiens d'Orient.
05:00Nous avons une raison d'agir, notamment auprès de peuples avec lesquels nous sommes en coopération,
05:05ou des peuples qui sont des amis et des alliés comme le Liban.
05:08Vous avez publié un fascicule qui s'appelle « Bâtir ensemble ».
05:11Vous dites qu'il est urgent, d'ailleurs, pour récupérer notre souveraineté,
05:15d'augmenter notre effort de défense à 3% de la richesse nationale,
05:18dans un monde, évidemment, qu'on voit extrêmement dangereux.
05:20Est-ce qu'on est au niveau sur le réarmement de la France, Michel Barnier ?
05:23Il est engagé avec les lois de programmation militaire, mais pas suffisamment.
05:26Peut-être qu'il faut aussi réfléchir au modèle de notre armée pour faire face aux nouveaux conflits.
05:30On voit bien en Iran qu'on est à la fois dans des conflits traditionnels
05:33et puis dans des conflits totalement nouveaux qui surprennent,
05:36notamment la place des drones, qui sont l'arme numéro un de la guerre actuellement,
05:41y compris d'ailleurs au Proche-Orient.
05:43Oui, il faut réarmer, il faut soutenir notre industrie de défense,
05:46il faut tirer les leçons de la guerre.
05:48N'oubliez pas la guerre en Ukraine.
05:51Il y a des tas de leçons à tirer pour retrouver notre souveraineté,
05:53pour diminuer notre dépendance.
05:55On avait une dépendance alimentaire, une dépendance en matière de sécurité,
05:58une dépendance en matière d'énergie.
06:00Il faut qu'on retrouve une Europe indépendante et une France indépendante.
06:03Ça, c'est l'objectif des cinq prochaines années.
06:04Peut-être d'abord une France indépendante avant une Europe indépendante, Michel Barnier ?
06:07Ça va ensemble, une France souveraine dans une Europe indépendante,
06:09si je devais résumer les choses.
06:11C'est ce que j'ai voulu dire dans ce petit document,
06:12que j'ai mis en débat sur un site d'ailleurs,
06:15Bâtir Ensemble 2027,
06:17et je reçois toutes les contributions.
06:19C'est une tentative pour montrer qu'un candidat de la droite républicaine et du centre,
06:23ceux qui m'ont aidé quand j'étais Premier ministre, ça n'a pas suffi,
06:26peuvent travailler ensemble.
06:27Et pourquoi faire ?
06:28Et dire le débat d'idées, il est plus important que le débat de personnes pour l'instant.
06:32Oui, pourtant, pour l'instant, la droite se complète dans le débat de personnes.
06:35Oui, mais c'est pour ça que je voudrais qu'on en sorte.
06:37Absolument.
06:39Encore une fois, comment restaurer notre souveraineté ?
06:41Vous avez été négociateur du Brexit, commissaire européen,
06:43ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac.
06:45Comment est-ce que nous pouvons, nous Français,
06:47retrouver notre souveraineté par rapport à Bruxelles,
06:49que vous connaissez bien, dont vous connaissez bien les méandres ?
06:52À Bruxelles, dès l'instant, on décide de rester européen,
06:54et on voit bien qu'il faut rester européen, sinon on est foutu.
06:57On est définitivement sous-traitant des Américains et des Chinois,
07:00et moi je ne me suis pas engagé pour De Gaulle il y a très longtemps,
07:04en pensant que la France devait être sous-traitante.
07:06Mais ce n'est pas déjà le cas, on n'est pas déjà les vassaux de la Chine et des
07:09États-Unis ?
07:09Non, je pense qu'on peut, grâce au marché unique, grâce à la coopération,
07:12grâce à notre propre capacité nationale en matière agricole ou industrielle,
07:16on peut, si on le soutient, rester souverain et travailler à une Europe indépendante.
07:20Donc, pour ça, il faut être influent aussi.
07:23Dès l'instant, on décide de rester européen, et même les Hongrois ont fait ce choix,
07:27et j'en suis très heureux, il y a deux jours.
07:29Rester européen, mais pas n'importe comment, pas avec une commission européenne
07:32qui veut donner des instructions à tout le monde, et une bureaucratie.
07:36Vous savez, les bureaucrates à Bruxelles, c'est comme à Paris,
07:39s'ils prennent le pouvoir, c'est qu'on leur a laissé le pouvoir.
07:41Donc, il faut reprendre le pouvoir.
07:42Comment on fait ?
07:43Eh bien, en étant influent.
07:44Et ça commence par mettre de l'ordre chez nous, dans nos frontières, dans nos rues, dans nos comptes.
07:49Il faut remettre de l'ordre.
07:50On n'est pas influent quand on a un déficit de 3 200 milliards d'euros,
07:54une dette de 3 200 milliards d'euros.
07:56Est-ce qu'on peut récupérer le contrôle de nos frontières, Michel Barnier,
07:59je rebondis sur l'occasion, en restant au sein de l'Union européenne ?
08:02Oui, je pense.
08:03Est-ce qu'il faut s'extraire de certains traités ou pas ?
08:05Non, pas s'extraire, modifier les traités.
08:07C'est ce que vient de faire avec une directive, dite la directive retour de l'Union européenne,
08:11en donnant beaucoup de capacités pour maîtriser nos frontières.
08:13Nos frontières, elles sont celles de l'Union européenne,
08:16parce que c'est le prix à payer, Madame Ferrari, pour avoir la liberté de circuler entre nous.
08:20Si on rétablait les frontières comme les nationalistes le veulent,
08:24ceux d'extrême droite comme ceux d'extrême gauche,
08:26c'est très, très frappant, d'ailleurs pas marrant,
08:28mais frappant de voir que M. Bardella, Mme Le Pen,
08:31disent la même chose que M. Mélenchon.
08:33Ils votent souvent ensemble, comme ils l'ont fait contre moi.
08:36On doit faire que nos frontières européennes ne soient plus des frontières passoires,
08:41et donc aider, créer des postes de garde-frontière et faire de vraies frontières,
08:45qu'on sache qui rentre en Europe et qui en sort, comme aux États-Unis.
08:49Ça, c'est l'objectif.
08:49Et on peut maîtriser nos frontières et l'Europe doit nous le permettre.
08:53Michel Varnier, on voit les grands enjeux mondiaux qui nous entourent.
08:56Pendant ce temps-là, la France se complaît dans ses querelles qu'elle adore,
08:59sur le 1er mai, sur le ZFE.
09:01Vous siégez à l'Assemblée, vous savez de quoi je parle.
09:05Est-ce qu'encore une fois, il ne faut pas, comme le disait M. Pompidou,
09:08arrêter d'emmerder les Français ?
09:09Oui, je pense.
09:10Pompidou le disait comme il avait l'habitude, avec les pieds sur terre.
09:14Et je pense qu'il avait raison.
09:15Il faut cesser de décourager les Français,
09:19y compris par des règles comme celles qu'on a voulu introduire,
09:22avec une sorte d'écologie punitive.
09:25Et pour ça, je recommande d'ailleurs à mes amis politiques,
09:27je le dis dans cette brochure,
09:28ne laissez pas l'écologie au vert,
09:30les verts très foncés qu'on a actuellement,
09:32parce que sinon, très à gauche,
09:35il y a des sujets qu'il ne faut pas laisser aux autres.
09:37Ni la patrie à l'extrême droite,
09:38il faut défendre notre patrie nous-mêmes.
09:40Donc, je dis cela dans ce texte,
09:42et je pense qu'en effet, il faut poursuivre,
09:45aller au bout de ce chantier de simplification
09:47que j'avais lancé lorsque j'étais Premier ministre.
09:49Et par exemple, vous parliez du 1er mai.
09:51Est-ce qu'il faut travailler plus ?
09:53Est-ce que les Français ne travaillent pas assez, Michel Barret ?
09:54Il y a beaucoup de Français qui travaillent beaucoup
09:55et parfois beaucoup trop,
09:57mais globalement, la masse de travail,
09:58la durée des vacances est plus longue chez nous
10:01qu'en Allemagne,
10:02et donc on a un problème de compétitivité.
10:04Donc, il faut globalement,
10:05nous savons tous qu'il va falloir travailler plus,
10:08il ne faut pas dire ça à tous les Français,
10:10il y en a qui travaillent déjà beaucoup,
10:11et je le répète, beaucoup trop.
10:13Mais le 1er mai, par exemple...
10:1410% des Français portent 70% de l'impôt sur le revenu.
10:17C'est une mesure de bon sens, le 1er mai,
10:19que certaines professions, notamment les boulangers,
10:21le fleuriste, puissent travailler,
10:22qu'on laisse les Français travailler quand ils le veulent,
10:25qu'on encourage le mérite plutôt que de l'ébrimer.
10:27Et ce sont des mesures de bon sens,
10:28et on voit la gauche idéologique,
10:30l'extrême gauche, très violente,
10:32s'opposer à ça.
10:33Je suis dans l'hémicycle hier soir et avant-hier soir
10:36sur un texte que je défends
10:37avec un jeune député Renaissance,
10:39M. Rotwell,
10:40pour tirer les leçons d'un drame,
10:42celui de Philippines,
10:43et d'autres drames qui ont eu lieu,
10:44et je vois des socialistes s'opposer à ça.
10:47Ce sont des mesures de bon sens
10:48pour empêcher que d'autres drames n'arrivent.
10:50Et l'autre jour, une députée socialiste,
10:51Mme Hervieux, nous dit
10:52« On n'a pas fait d'étude d'impact ».
10:54Je lui ai répondu « Mais vous pensez
10:56que la famille de Philippines a besoin
10:57d'une étude d'impact
10:58pour savoir qu'on doit mettre
11:00dans des centres de rétention administrative
11:02des gens dangereux
11:03et les empêcher de commettre des crimes
11:05avant de les expulser ? »
11:06Donc, ce sont des mesures de bon sens,
11:08et je pense que la France doit retrouver le bon sens.
11:10– Ce texte sera voté, à votre avis, Michel Martin ?
11:12– Je pense et j'espère qu'il va être voté
11:14par une majorité de députés,
11:15une majorité de sénateurs.
11:16– C'est important pour notre pays.
11:17– C'est important pour notre pays
11:18de tirer les leçons partout
11:19et d'avoir des mesures de bon sens
11:20pour la sécurité des Français.
11:22– Alors, vous avez un petit livre bleu,
11:23effectivement, « Bâtir ensemble »
11:25que vous avez envoyé à certains parlementaires,
11:28de la droite, du Bloc central,
11:29Gabrielle Attal, Bruno Rotailleau,
11:31Édouard Philippe.
11:31Vous dites alors qu'il est essentiel
11:34qu'il y ait une compétition,
11:35effectivement, entre les personnes téléphoniques.
11:36D'abord, il faut qu'il y ait un programme,
11:38une plateforme.
11:39Aujourd'hui, ce ne sont que des querelles de personnes.
11:42– Oui, qu'est-ce que nous ont dit ?
11:42– La droite est éparpillée face au puzzle.
11:44– On vient d'avoir des élections municipales,
11:45Madame Ferrari,
11:46dans toutes les communes de France,
11:47qui ont d'ailleurs choisi sereinement
11:48dès le premier tour dans la plupart des cas.
11:50Qu'est-ce qu'ils nous ont dit
11:51les Français sur le terrain ?
11:52Dans les petites communes
11:52qu'il faut écouter autant que dans les grandes.
11:55Mettez-vous d'accord
11:57et occupez-vous de nos problèmes.
11:58Traitez nos problèmes.
12:00Arrêtez de faire des discours,
12:01de vous diviser.
12:01Donc, j'essaie de dire dans ce texte
12:04qu'on doit se mettre d'accord
12:05sur les sujets qu'il faut traiter pour les Français.
12:07– Alors, lesquels, précisément ?
12:08– La maîtrise de l'immigration,
12:10la sécurité publique,
12:11l'encouragement du travail et du mérite,
12:13redresser l'école,
12:16garantir la santé publique,
12:18faire de la France une puissance influente,
12:21à nouveau,
12:22dans le concert européen,
12:23le concert mondial.
12:24Il y a plein d'idées.
12:25– Mais tout le monde dit ça,
12:27Michel Barnier, concrètement,
12:28comment on s'y prend ?
12:28– Prenons un exemple important,
12:30celui de l'éducation et de la formation.
12:33Nous n'avons pas assez de jeunes
12:34qui font des mathématiques
12:35et qui deviennent ingénieurs.
12:36Je pense qu'il faut doubler
12:39le nombre d'ingénieurs dans notre pays,
12:40notamment en s'intéressant aux jeunes femmes
12:42qui sont prêtes à s'engager.
12:43– Mais vous savez à combien on recrute aujourd'hui
12:44au CAPES de maths ?
12:45À 5 sur 20.
12:46Les professeurs ne veulent plus
12:48entrer dans l'éducation nationale.
12:50– C'est un chantier qu'on va régler
12:51par un coup de barre.
12:51– Revaloriser la fonction publique ?
12:53– Revaloriser la fonction publique,
12:54revenir aux fondamentaux.
12:55Il y a plein de mesures dans cette brochure
12:58que nous avons imaginées,
12:59avec l'équipe qui m'entoure.
13:00Et je mets en débat.
13:01Tous ceux qui nous écoutent
13:02peuvent aller sur ce site,
13:04bâtir ensemble 2027
13:05et apporter leur contribution.
13:07Et tous les mois,
13:08on va actualiser ce programme
13:09jusqu'aux élections présidentielles
13:11pour montrer que la droite républicaine,
13:13dont je fais partie,
13:13et le centre,
13:14les mouvements centristes
13:15peuvent travailler ensemble.
13:16– Elle va jusqu'où,
13:16la droite républicaine,
13:17Michel Barnier ?
13:18Est-ce que, alors,
13:19tout le monde s'écharpe
13:20sur primaire, pas primaire,
13:21elle va de qui à qui pour vous,
13:23cette primaire ?
13:23– Elle va,
13:24de mon point de vue,
13:25je vais peut-être vous décevoir,
13:26de tous ceux qui font partie
13:27de ce socle,
13:28qui ont travaillé avec nous
13:28et qui ne sont ni populistes,
13:30ni simplificateurs, ni…
13:31– Donc ça peut aller jusqu'à
13:31Gabriel Attal et Edouard Philippe ?
13:33– Ça peut aller à tous ceux
13:34qui ont travaillé avec moi
13:35et vous avez cité des noms
13:36de gens avec lesquels
13:37j'ai travaillé.
13:38Mais ce n'est pas ce qui est important,
13:40ce n'est pas tellement
13:40les personnes pour l'instant,
13:41c'est qu'est-ce qu'on fait ensemble
13:43pour remettre de l'ordre
13:44dans la rue,
13:45remettre de l'ordre
13:45dans nos comptes
13:46qui en ont besoin
13:47pour protéger
13:48les générations futures
13:48et remettre nos comptes
13:51de l'ordre à nos frontières.
13:52– Mais pour l'instant,
13:53on n'est que dans les querelles
13:54de personnes,
13:54personne ne parle de fonds,
13:55Michel Barnier.
13:56Est-ce que vous pourriez
13:57être l'homme providentiel,
13:58celui qui réunirait
13:59cette droite éclatée
14:00face au puzzle ?
14:00Vous commencez par personnaliser,
14:03vous compliquez la situation.
14:04Je pense que chaque candidat
14:05devra se poser trois questions
14:06le moment venu.
14:07Ce moment n'est pas venu.
14:09Est-ce que je suis capable
14:10d'être chef de l'État ?
14:11Est-ce que j'ai la dignité,
14:12la capacité d'être
14:13président de la République ?
14:14Deux, est-ce que j'ai
14:15le bon programme ?
14:15C'est à ce quoi je veux travailler.
14:17Et puis, est-ce que je peux
14:18rassembler au-delà de mon camp ?
14:20Aucun candidat ne gagnera tout seul.
14:22Et nous devrons gouverner
14:23avec les autres.
14:24Donc, il faut se préparer à ça.
14:26– Donc, aucun candidat
14:27ne gagnera tout seul,
14:28ça veut dire qu'en gros,
14:30pour le second tour de 2027,
14:31alors où on se parle ?
14:32– Non, ça veut dire que
14:33si on sait se mettre d'accord
14:34sur un programme
14:35et trouver un candidat
14:36qui rassemble,
14:37on sera au deuxième tour.
14:38Sinon, on n'y sera pas.
14:39Et il faut y être.
14:40– Et s'il faut se rassembler
14:41derrière Édouard Philippe,
14:42vous dites Banco, on y va ?
14:43– Je ne vais pas dire ça maintenant.
14:45Pourquoi ne pas se rassembler
14:46derrière un candidat des Républicains ?
14:48On verra bien.
14:49Pour l'instant, chacun est dans son couloir
14:51et chacun exprime,
14:52ce qui est logique,
14:52un projet politique.
14:53Et c'est bien que les Républicains,
14:54et que M. Rentailleau éventuellement,
14:57Édouard Philippe et d'autres
14:58soient candidats.
14:59Il y a un moment de vérité,
15:01de vérité vis-à-vis des Français
15:02qui nous attendent au tournant,
15:03où il faudra se mettre autour de la table
15:05et trouver un seul candidat
15:06pour porter ce projet.
15:07Et pour gagner du temps,
15:09j'essaie de travailler
15:10avec tous ceux qui le veulent
15:11pour ce projet.
15:11– Mais ce qui me frappe,
15:12c'est que pour vous,
15:12Bruno Rentailleau n'est pas
15:13ce candidat naturel de la droite
15:14et des LR,
15:15alors qu'il n'en est pas.
15:15– Il est le candidat légitime
15:17des LR, des Républicains.
15:18Il y a d'autres candidats,
15:19Xavier Bertrand,
15:20M. Lysnard,
15:21qui est parti, malheureusement,
15:22qui aurait pu être candidat.
15:24Je vais citer mon nom,
15:25mais ce n'est pas le sujet.
15:27Quel est celui qui,
15:27le moment venu
15:28et ce moment n'est pas venu,
15:29fera la preuve
15:30qu'il rassemble au-delà de son camp ?
15:32Être capable d'avoir le bon projet
15:33rassemblé au-delà de son camp.
15:35– Le plus grand danger pour vous,
15:36Michel Barnier,
15:36on est sur CNUS et Europe 1,
15:37c'est le Rassemblement National
15:38ou c'est la France Insoumise
15:39de Jean-Luc Mélenchon ?
15:40– Mais moi, je n'aime
15:41ni l'un ni l'autre.
15:42– Mais est-ce que vous mettez
15:43un signe égal,
15:43encore une fois, entre les deux ?
15:44Je suis à nouveau député
15:46grâce à la confiance des Parisiens,
15:47député du 7e, du 6e,
15:49du 5e arrondissement
15:50depuis quelques mois.
15:51Je vois un climat
15:53pré-insurrectionnel
15:54à l'Assemblée Nationale.
15:55– Mais instauré par qui ?
15:56– Oui, par la violence
15:57réciproque de ces deux groupes
15:59et je vois…
15:59– Il y a de la violence
16:00du côté du RL ?
16:01– Je vois la violence verbale
16:02qui peut d'ailleurs entraîner
16:03la violence physique,
16:04on l'a bien vu,
16:05du côté de l'extrême gauche
16:07et je pense qu'il faut…
16:08– Vous parlez de la jeune garde,
16:09j'imagine.
16:09– Il faut combattre les deux
16:10de la même manière.
16:11– Mais encore une fois,
16:12s'il y a un choix à faire,
16:14quel choix ferez-vous ?
16:15Vous, Michel Barnier,
16:16avec votre histoire,
16:17votre expérience.
16:18– Mon expérience
16:18et mon histoire…
16:19– Mélenchon,
16:20Hérène,
16:21qu'est-ce que vous choisissez ?
16:21– Je ne soutiendrai
16:22aucune formation
16:23qui sera dans la démagogie,
16:26dans le nationalisme
16:27et dans le populisme.
16:28Voilà.
16:29Pour l'instant,
16:29je voudrais éviter ça.
16:31Ne demandez pas
16:32à un homme politique
16:33de se résigner.
16:34On ne fait pas de la politique
16:35de la résignation
16:36ni du fatalisme
16:37ni de la nostalgie.
16:38Donc je ne suis pas comme ça
16:39et je ne suis pas montagnard
16:41pour être nostalgique
16:42et il faut regarder devant
16:43et regarder le sommet.
16:44Et donc je veux me battre
16:45pour éviter précisément
16:46ce choix que vous évoquez
16:47et que je ne veux pas
16:48avoir à faire.
16:49– Un choix qui est important
16:50pour la jeunesse
16:51de notre pays,
16:52qui a des grands enjeux
16:53encore une fois devant elle,
16:55l'impact de l'IA
16:56sur les emplois.
16:57Est-ce que tous ces enjeux-là,
16:58ils ne doivent pas être
16:59pris en compte
17:00au-delà des querelles politiques ?
17:03– Est-ce que je pense ?
17:03Je pense qu'il y a des sujets
17:04d'intelligence nationale.
17:06– Et pas d'intelligence artificielle.
17:08– La maîtrise de l'immigration
17:09devrait être un sujet
17:10d'intelligence nationale.
17:11La réduction des déficits,
17:13l'encouragement du travail
17:14et du mérite
17:15de ceux qui veulent travailler
17:16devrait être un sujet
17:17d'intelligence nationale.
17:19Et en effet,
17:19les grands investissements
17:20qu'on va devoir faire,
17:21sans doute avec les autres Européens,
17:22y compris les Anglais,
17:23sur l'intelligence artificielle,
17:24le quantique,
17:25voilà des sujets
17:26sur lesquels on doit
17:26beaucoup investir
17:27à condition d'en avoir les moyens.
17:29– Mais encore une fois,
17:29la France doit forcément
17:31évoluer au sein de l'Union Européenne
17:32pour exister, selon vous ?
17:34– Mon conviction est définitive,
17:35je suis définitivement
17:36un passionnément patriote
17:37et je suis raisonnablement…
17:38– Européiste, disent certains.
17:39– Non, non, je suis européen,
17:40lucide, je sais ce qu'il faut
17:41changer à Bruxelles,
17:41il y a plein de choses à changer.
17:43Mais ne jetons pas
17:44le bébé avec l'eau du bain,
17:45sinon on va se retrouver
17:46tout seul.
17:46Et si on se trouve tout seul
17:47dans le monde où nous sommes,
17:48avec des empires
17:49qui ne demandent
17:50la permission à personne,
17:51qui, on le voit bien,
17:52nous agressent tous les jours,
17:53M. Trump,
17:55le président chinois,
17:56le président russe,
17:57et ce sont des agressions
17:58très brutales quelquefois,
17:59on est foutus.
18:00Et moi, je ne suis pas
18:01en politique pour être dominé
18:02par les Chinois ou les Américains.
18:04– Pour vous,
18:05Donald Trump n'est plus un allié,
18:06c'est ce que je comprends,
18:07M. Gomes-Dix ?
18:07– Mais c'est un ennemi qui se comporte
18:08comme quelqu'un.
18:08– C'est un ennemi ?
18:09– Non.
18:09– Les États-Unis sont nos ennemis ?
18:10– Certainement,
18:11ne confondez pas les États-Unis
18:13avec M. Trump.
18:14– Ils l'ont élu quand même.
18:15– Oui, M. Trump est le président
18:16des États-Unis,
18:17mais les États-Unis vont durer
18:18au-delà de M. Trump
18:19et donc ce sont nos alliés.
18:20Mais l'alliance,
18:21ce n'est pas l'allégeance.
18:22L'alliance,
18:23ce n'est pas l'allégeance.
18:23Et M. Trump ferait mieux
18:24de faire davantage attention
18:26quand on le voit agresser
18:27le Danemark
18:28et avec le Groenland,
18:30on se demande
18:31qui est l'allié de qui.
18:32Moi, je pense que les alliés
18:34que nous sommes
18:34doivent rester solidaires,
18:37mais bâtir une alliance
18:38qui soit équilibrée.
18:39– Et peut-être
18:40construire une Europe
18:40de la défense
18:41qui ne passe pas
18:42par des commandes
18:42d'avions américains
18:43dans tous les pays européens ?
18:44– Avant la préférence européenne
18:46dans tous les domaines.
18:47Pas seulement la défense.
18:47– Mais l'imposer alors ?
18:48L'imposer par la loi,
18:51se battre.
18:51L'argent européen
18:52doit servir aux entreprises européennes,
18:53notamment aux entreprises françaises.
18:54– Bien sûr,
18:55mais quand on a un budget
18:56comme vous l'avez décrit
18:57au début de cet entretien,
18:59on est faible ?
18:59– D'une manière générale,
19:00il ne faut pas être faible.
19:00– Il ne faut pas être craint,
19:01il faut être, voilà,
19:02laissé l'antienne du président.
19:03– Oui, mais c'est au-delà
19:05de ce qui est dit
19:05et à ce qui est fait.
19:06Je pense qu'il faut réduire
19:07les déficits
19:08et retrouver notre souveraineté financière.
19:10– Vous en voulez, Emmanuel Macron,
19:11de la situation
19:12dont il laisse le pays ?
19:13– Il faudra faire le bilan
19:14un de ces jours.
19:15il y a de bons côtés,
19:16il y a des points positifs
19:18sur les entreprises,
19:19l'attractivité de la France,
19:20l'apprentissage
19:21et aussi de grandes faiblesses.
19:22On l'a vu notamment
19:23sur le nucléaire
19:24qui n'a pas été suffisamment soutenu
19:25et on le voit
19:27sur les déficits aujourd'hui.
19:28– C'est lui qui a laissé filer
19:29les déficits de la France.
19:30– Mais on va bientôt
19:32parler de l'avenir
19:32si vous voulez bien.
19:33C'est plus important
19:34de parler de l'avenir
19:34mais il faut tirer
19:35les leçons du passé.
19:36– Michel Barnier,
19:37bâtir ensemble,
19:38c'est le fascicule
19:39que vous avez envoyé
19:40à tous ceux
19:40qui pourraient se présenter.
19:41– C'est un objet de débat
19:42parce que le moment
19:43est priorité aux idées
19:45et aux projets
19:46pour aider notre pays
19:47et le rassembler.
19:48– Merci beaucoup
19:49d'être revenu ce matin
19:50sur CNews et sur Europe 1.
19:51Bonne journée.
19:54– Sous-titrage ST' 501
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