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Vice-président LR de la région Île-de-France, Frédéric Péchenard était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview au CNews et Europe 1, c'est Frédéric Péchenard. Bonjour à
00:04vous.
00:05Bonjour.
00:05Vice-président de la région Île-de-France et notamment ancien patron de la police nationale.
00:10On va parler des questions de sécurité.
00:11Samedi soir s'annonce une soirée compliquée pour les forces de l'ordre.
00:15La finale de la Ligue des champions, match très attendu entre PSG Arsenal à Budapest.
00:20Il y aura beaucoup de concerts aussi à Paris.
00:23Est-ce que le dispositif de sécurité qui est mis en place, qui est important,
00:25qui comporte des interdictions de manifester à certains endroits, est suffisant à vos yeux ?
00:29Est-ce qu'on pourra fêter, si on a la chance de voir la victoire du PSG,
00:34cette victoire dans le calme à Paris, Frédéric Péchenard ?
00:37Alors malheureusement, probablement pas.
00:39Le dispositif est très conséquent.
00:41Vous avez 22 000 policiers sur l'ensemble de la France, dont 8 000 policiers à Paris.
00:45C'est quelque chose qui est très important.
00:47Le préfet de police a organisé les choses de telle manière qu'il y a des policiers à peu près
00:52partout.
00:53Et selon toute vraisemblance, on arrivera à parer aux choses les plus graves qui vont se passer.
00:58Mais malheureusement, on sait par les services de renseignement qu'on aura des gens qui viendront pour gâcher la fête.
01:03Ils viendront d'où ? Est-ce que vous savez déjà d'où ils viennent ?
01:06Alors à Paris, ils viendront essentiellement de la région Île-de-France.
01:09Il y a des Parisiens pur jus et puis des gens qui viendront de la banlieue,
01:13qui se déplaceront en bande et qui viennent pour piller.
01:16Et puis aussi pour affronter les forces de l'ordre, pour semer le chaos,
01:22parce que c'est leur façon d'exprimer leurs ambitions et leur joie, j'imagine.
01:28Donc il y a quelques centaines de personnes qui vont gâcher le plaisir de plusieurs milliers de Parisiens et de
01:33Français.
01:33Mais est-ce qu'on ne connaît pas ces centaines de personnes ?
01:35Est-ce qu'il n'y a aucun moyen de prévenir ces troubles à l'ordre public ?
01:38Est-ce qu'il faut se résigner en vérité, Frédéric Péchenard, et baisser les bras en fait ?
01:42Non, certainement pas. Il ne faut pas se résigner. Je pense que c'est quelque chose qui est très important.
01:46Il faut restaurer l'autorité de l'État.
01:49On a un préfet de police qui est un homme à poignes, qui ne se laissera pas faire.
01:54On a un dispositif qui est fort. On a des policiers qui sont prêts à intervenir et rapidement.
01:59Un ministre de l'Intérieur aussi, qui est prêt à une réponse ferme ?
02:02Et il faut les soutenir, il faut soutenir les policiers.
02:04Laurent Nunez, vous dites oui, c'est un ministre à poignes ?
02:07Eh bien Laurent Nunez a été un... Je le connais bien et c'est un homme que j'apprécie.
02:11Ça a été un excellent préfet de police. Il a notamment toujours défendu les policiers.
02:16Je trouve que comme ministre de l'Intérieur, parfois, un certain nombre de ses positions peuvent me déconcerter.
02:21Mais il porte, par exemple, deux lois actuellement, qui ont été votées par le Sénat,
02:25la loi Riposte et puis la loi sur la police municipale, qui vont vraiment dans le bon sens.
02:30Mais bien sûr, il faut lutter contre. Alors on les connaît, on les suit.
02:33Oui, probablement, il faut... Alors, il y a déjà des gens dans les services de renseignement qui s'en occupent.
02:39Je pense que c'est bien d'avoir beaucoup de gens sur le terrain le soir pour intervenir.
02:44Mais il y a tout un travail de renseignement en amont.
02:47Alors, il est fait, mais probablement, il faut encore le renforcer pour pouvoir cibler les gens particulièrement à risque
02:52et cela leur interdire de venir.
02:54Et ça, on ne peut pas le faire aujourd'hui ? La loi ne nous permet pas de ces interdictions
02:58préventives ?
02:59Alors si, dans certains cas, on peut le faire. Il faut probablement renforcer la loi.
03:03Et puis, il faut renforcer un petit peu ce type de services de renseignement.
03:06On ne peut pas se résigner à ce que... Et puis, ce n'est pas seulement le football.
03:10On a eu des problèmes avec...
03:12C'est particulier au football, quand même.
03:13Oui, on a une longue tradition d'hooliganisme qui nous vient d'ailleurs d'Angleterre.
03:17Moi, j'ai travaillé sur ces sujets. J'ai été voir en Angleterre comment ils luttaient contre le hooliganisme.
03:21On est arrivé à régler les problèmes de hooliganisme.
03:24Mais la difficulté maintenant, c'est que ces hooliganes, eh bien, ils prennent n'importe quel prétexte.
03:30Alors, c'est un match de football, c'est le 14 juillet, c'est le 31 décembre, c'est la
03:33fête de la musique, c'est n'importe quoi.
03:35À partir du moment où il y a du monde dans la rue pour venir se mêler et semer le
03:38chaos et la discorde,
03:40c'est des gens contre qui il faut avoir une réponse extrêmement ferme.
03:43En parlant de la réponse, justement, les syndicats de police, Frédéric Péchinard,
03:46dénoncent le manque de fermeté judiciaire face à ces violences et face à ce qui touche les forces de l
03:51'ordre.
03:5116 policiers blessés chaque jour dans notre pays, refusent d'obtempérer toutes les 20 minutes.
03:56Est-ce que la réponse judiciaire est assez ferme ?
03:59Est-ce qu'il ne faut pas aller plus loin pour protéger les policiers ?
04:02Alors, la réponse judiciaire, elle est ferme.
04:04Elle est ferme dans la mesure où vous voyez qu'il y a plusieurs dizaines de milliers de peines de
04:08prison qui ne sont pas appliquées.
04:09Le problème en France, c'est pas...
04:11Moi, j'ai toujours entendu dire quand j'étais policier,
04:14« Ah, les policiers arrêtent, les magistrats relâchent ».
04:16C'est pas vrai.
04:16C'est pas vrai.
04:20Les magistrats condamnent.
04:21C'est après que ça ne va pas.
04:23C'est l'application de la peine qui ne va pas.
04:25C'est-à-dire que vous apercevez que la moitié des amendes qui sont données ne sont jamais recouvrées.
04:31Vous apercevez qu'enqu'il y a des travailleurs d'intérêt général,
04:33il y a 20% des gens qui échappent à ces condamnations de travail d'intérêt général.
04:38Et pour la prison, c'est la même chose.
04:40Vous avez des condamnations de la prison ferme qui, en fait, ne sont pas exécutées
04:43ou sont exécutées avec un délai extrêmement long, deux ans, trois ans,
04:47ce qui perd son sens.
04:48Une sanction, elle doit être certaine, elle doit être immédiate,
04:52elle doit être juste, bien sûr, proportionnée, mais elle doit être immédiate.
04:54Voilà, ça, c'est très important.
04:56Et on a perdu un petit peu ça.
04:57Donc, le sujet, c'est l'application de la peine.
04:59Très bien.
05:00On voit sur l'ensemble du territoire une espèce de montée inexorable de la violence.
05:03Sur beaucoup de registres, on va les évoquer.
05:05Est-ce que vous pensez, vous, Frédéric Péchnard,
05:07qui avait vraiment fait du terrain, qui connaissait la police nationale,
05:11qu'on va vers des affrontements graves ?
05:13C'est le risque.
05:14Alors, d'abord, ce qu'il faut d'abord, c'est faire un constat.
05:17Est-ce que c'est vrai qu'il y a plus de violence dans notre pays ?
05:19La réponse est oui.
05:20La réponse est oui.
05:21Il y a plusieurs choses qui nous le font penser.
05:23D'abord, ce qu'on voit tous les jours dans la rue,
05:25mais également l'augmentation du nombre d'homicides et de tentatives d'homicides.
05:28En France, entre 1990 et 2012,
05:31le nombre des homicides avait diminué de moitié.
05:34Donc, un pays où on tuait deux fois moins que 25 ans avant,
05:37ce n'était pas un pays qui était de plus en plus violent.
05:39Depuis 10 ans, un peu plus même, depuis 2014,
05:42systématiquement, chaque année,
05:43ce qui, en termes de criminologie, a un sens,
05:45on a une augmentation des homicides et des tentatives d'homicides.
05:48Donc, on voit bien qu'on est dans une phase, dans un pays.
05:52D'ailleurs, ça ne touche pas seulement la France,
05:54ça touche aussi d'autres pays européens,
05:55avec une augmentation de la violence.
05:57C'est un fait, c'est un constat qui est chiffré et qui est fait.
06:02En gros, le ministère intérieur vous explique que les atteintes aux biens
06:04ont tendance à stagner ou à diminuer.
06:07Au contraire, les infractions de violence,
06:08qui sont évidemment les plus graves, ont tendance à monter.
06:11Voilà.
06:11Ça, c'est le constat.
06:12Et ça, c'est un constat qui est grave.
06:14Et est-ce que l'État prend les mesures nécessaires
06:16pour juguler cette montée de la violence ?
06:19Est-ce qu'il y a un signal d'autorité qui est envoyé du haut de l'État ou pas,
06:22selon vous, Frédéric Pachnard ?
06:23Alors, selon moi, pas assez.
06:26Pas assez parce que je pense qu'un certain nombre de responsables politiques
06:30dans notre pays n'ont pas pris la mesure de ce qui se passe réellement
06:36dans la France profonde et qui, finalement,
06:39permet à toute forme de radicalité de monter.
06:42Et quand vous avez des radicalités politiques qui s'expriment,
06:45eh bien, elles entretiennent aussi, par leur discours,
06:48par la façon dont elles parlent, elles entretiennent aussi la violence.
06:50Vous parlez de la France insoumise ?
06:52Par exemple.
06:52Des discours de la France insoumise ?
06:54Qui génèrent de la violence ?
06:55Quand vous avez des gens qui appellent au soulèvement,
06:59qui appellent au non-respect de la démocratie.
07:03La démocratie, c'est assez simple, c'est le vote.
07:05C'est-à-dire que vous allez voter, vous êtes un homme, une femme, un électeur,
07:09vous allez voter pour votre maire, pour votre député,
07:10pour le président de la République.
07:11Bien.
07:12Vous êtes content, vous n'êtes pas content, mais vous respectez ça.
07:14C'est ça, la démocratie.
07:15Et quand j'entends LFI qui dit,
07:16dans certains cas, nous ne respecterons pas la démocratie,
07:19qu'est-ce qu'il y a d'autre que la démocratie ?
07:20C'est la dictature.
07:21C'est la prise du pouvoir par la force, c'est la dictature.
07:24Vous n'avez pas le choix.
07:25Dictature ou démocratie.
07:26Donc le respect de la démocratie est quelque chose de fondamental.
07:29Je n'entends pas ça chez LFI.
07:30Et puis, la façon, on le voit d'ailleurs à l'Assemblée nationale,
07:33moi je siège au Conseil de Paris, dans l'opposition.
07:36Eh bien, je suis stupéfait, cette année, pour la première fois,
07:40vous avez des élus éléfistes, qui s'attaquent à Emmanuel Grégoire, d'ailleurs.
07:44Ils ne nous mettent pas en cause, nous.
07:46Et je suis stupéfait de la façon dont ils parlent.
07:49Je ne parle pas du fond.
07:50Sur le fond, on n'a le droit de ne pas être d'accord avec Emmanuel Grégoire.
07:53Moi-même, je ne le suis pas souvent.
07:54Mais la manière de s'exprimer est toujours une manière qui est extrêmement agressive.
07:57Et ils sont tous pareils.
07:59Donc on voit bien que c'est une volonté.
08:00Et finalement, cette agressivité renvoie de l'agressivité.
08:03Et ça fait monter la tension, voilà.
08:05Et finalement, vous avez des gens qui, par leur discours politique,
08:08exacerbent ces violences.
08:09Et qui aussi ont un discours ouvertement anti-police.
08:12On les a entendus à de nombreuses reprises.
08:14Ça aussi, ça peut générer de la violence envers les forces de l'ordre sur le terrain.
08:17Mais bien sûr.
08:18Bien sûr, quand vous avez des hommes politiques, des députés,
08:21des gens qui ont été élus, des gens qui sont censés être respectables,
08:24dont l'essentiel de la discussion sur la sécurité, c'est la police tue,
08:30c'est quelque chose qui, pour moi, est absolument insupportable.
08:32J'ai fait remarquer au dernier conseil régional,
08:35où une élue LFiste avait expliqué ça,
08:39alors que, vous pouvez voir, la police française,
08:41c'est une police qui est extrêmement respectueuse des droits,
08:45et qui emploie la force quand elle est légitime pour être employée.
08:48La police est là pour ça.
08:49La police est là pour rétablir l'ordre.
08:51Donc c'est cette...
08:54La police tue, ou...
08:56C'est ravageur.
08:57Un autre slogan qui était « Suicidez-vous »,
08:59alors que dans la police, il y a beaucoup de suicides,
09:01c'est quelque chose qui est terrible.
09:01Alors, au contraire, on a une police qui mérite d'être aimée,
09:06ce qui est le cas, vous apercevez qu'à chaque fois qu'il y a un sondage,
09:09vous avez entre 60 et 80% des gens,
09:11y compris des jeunes d'ailleurs,
09:12qui font confiance dans la police française,
09:14et c'est tant mieux,
09:15mais vous avez une petite minorité d'agitateurs
09:18qui disent des choses qui sont inacceptables,
09:20et finalement, qui fondent,
09:22qui sapent le fondement même de notre démocratie,
09:25c'est-à-dire que nous avons besoin d'une force,
09:26de l'ordre, pour faire respecter les droits
09:28des 99% de Français qui veulent vivre en paix.
09:31– Frédéric Péchenard, vous êtes ancien directeur de la police nationale,
09:34parlons du haut du spectre,
09:35les règlements de comptes liés au narcotrafic,
09:38les villes de France sont endeuillées,
09:41Grenoble, on a beaucoup parlé de Grenoble,
09:43il y a la Grenoble, mais c'est vrai à Nantes,
09:45c'est vrai un peu partout,
09:46encore une fois, 10 morts à Grenoble en 6 mois,
09:50des guerres de territoire qui sont maintenant actées
09:52par le procureur de Grenoble,
09:53la nouvelle pratique des auteurs d'homicide
09:55de se filmer et de mettre sur les réseaux sociaux,
09:57on est dans une bascule de la grande délinquance,
09:59est-ce que la bataille est perdue sur le narcotrafic ?
10:01– Alors, elle est loin d'être perdue,
10:04nous ne sommes pas encore…
10:04– Elle est loin d'être gagnée ?
10:05– Oui, nous ne sommes pas encore dans une situation mafieuse
10:09qu'on a pu connaître aux Etats-Unis ou en Italie,
10:11mais on est en train de prendre le chemin,
10:13c'est-à-dire que, moi j'étais à la brigade des stupéfiants
10:15fort longtemps, et tout ce que je vois aujourd'hui,
10:18je vous le dis franchement, je l'ai connu,
10:20j'ai connu des cités difficiles,
10:22j'ai connu des règlements de comptes,
10:23la grande différence, c'est que ça a été multiplié
10:25par 50 ou par 100, et ça génère des profits
10:29qui sont tellement importants que vous avez des patrons
10:31de branches de narcotrafic qui sont richissimes
10:36et donc extrêmement puissants,
10:37et il est là le risque, le risque il est au-delà
10:40de la délinquance, il est dans la déstabilisation
10:42de la République ou de la démocratie,
10:44avec des gens qui vont pouvoir, soit par la terreur,
10:48soit par l'argent, influer sur des politiques,
10:52des magistrats, des policiers…
10:53– La corruption, c'est la corruption, c'est la corruption.
10:55– Bien sûr, les gendarmes, d'ailleurs, moi,
10:56il y a quelques années, il y avait,
10:58le procureur de Marseille avait fait une conférence de presse
11:01très courageuse, me semble-t-il, très choc,
11:04en expliquant qu'il était très inquiet de la corruption,
11:06y compris d'ailleurs dans ses propres rangs,
11:08la magistrature, la police, la gendarmerie, les douanes, etc.
11:11– La pénitentiaire, on le voit, c'est quand même tout à fait anormal
11:16que des voyous qui sont censés être en prison et qui sont censés être
11:19à l'isolement puissent assez facilement téléphoner.
11:22On voit bien qu'il y a forcément des complicités internes ou autres.
11:26Voilà, donc ça c'est quelque chose qui est extrêmement préoccupant
11:29parce que les mafias remettent en cause notre système démocratique.
11:33– Et entre dans le tissu économique aussi des entreprises.
11:36Vous soutenez Bruno Retailleau, il me semble, il propose,
11:40parce qu'on veut des solutions, on vient de faire le constat
11:42quelles sont les solutions, il veut être capable de contrôler
11:4424 heures sur 24, les sorties et les entrées dans ses quartiers,
11:48perquisition administrative, saisir les avoirs des criminels,
11:51couper les réseaux électroniques, c'est ça la solution ?
11:54– Oui, la solution c'est la guerre.
11:57– C'est la guerre ?
11:57– La guerre, la solution c'est de faire la guerre aux narco-banditistes
12:01sur tous les fronts, c'est-à-dire qu'il faut attaquer
12:03le problème de la drogue sur tous les fronts,
12:05il faut l'attaquer à partir, bien sûr, des usagers.
12:09S'il n'y a pas d'usagers, il n'y a pas de trafic,
12:10donc il faut embêter les usagers, il faut arrêter les dealers
12:14et les petites mains, il faut se donner les moyens judiciaires
12:17et juridiques d'aller attaquer les gens les plus puissants.
12:22Et d'ailleurs, on a une réforme de la police nationale
12:26qui pour moi ne va pas dans le bon sens,
12:28puisqu'on a départementalisé la police,
12:33ce qui est une bonne idée pour la sécurité publique,
12:35pour le renseignement territorial, etc.
12:37mais on l'a fait aussi pour la police judiciaire.
12:39Or, le département ne me paraît pas être le bon niveau.
12:44Avant, il y avait des zones ou des régions,
12:46vous voyez, vous êtes de la police judiciaire,
12:47vous travaillez sur Marseille,
12:49vous devez pouvoir aussi travailler sur Toulon,
12:52sur Avignon, sur Nîmes,
12:54parce qu'on voit bien que tout ça est interpénétré.
12:56– Frédéric Péchenard, on a parlé du haut du spectre,
12:58le narcotrafic et aussi le bas du spectre,
12:59les incivilités, ces scènes qu'on a vues à la boule,
13:02une ville pourtant préservée de la délinquance jusqu'à présent,
13:05Deauville, pareil, les rhodiobins, le protoxyde d'azote.
13:09On a l'impression que désormais, les délinquants font la loi
13:12et le disent ouvertement en mettant toutes ces images
13:15sur les réseaux sociaux en disant
13:15« on est chez nous, on fait ce qu'on veut ».
13:17Comment on lutte contre ça ?
13:18– Alors, ils ne font pas la loi,
13:20ils profitent des trous dans la loi.
13:23Voilà, c'est vrai pour le protoxyde d'azote,
13:25c'est vrai pour les RF partis,
13:27c'est vrai pour tout un tas de choses.
13:29Donc là, le ministre de l'Intérieur porte une loi
13:32qui s'appelle la loi Riposte,
13:34qui a été votée par le Sénat,
13:35votée par la droite, le centre,
13:37les socialistes se sont abstenus,
13:39les communistes et les écolesistes ont voté contre,
13:41qui est une loi un peu fourre-tout, si j'ose dire,
13:43avec une dizaine de faits,
13:45mais qui permettent de boucher un petit peu les trous de la loi
13:48sur le protoxyde d'azote,
13:49sur les squats,
13:51sur les RF partis,
13:53et qui donnent les moyens à la police d'intervenir.
13:55– Mais ça suffira endiguer ces jeunes
13:57qu'on voit absolument faire n'importe quoi,
14:00ouvrir des bouches d'incendie,
14:01sauter sur des voitures.
14:02– La vérité, c'est qu'il faut,
14:04quand vous voulez lutter contre un phénomène important,
14:07ou vous voulez faire quelque chose en France,
14:08il faut qu'il y ait une volonté politique extrêmement forte.
14:12– Et là, c'est peut-être pas le cas.
14:13– Et si au sommet de l'État,
14:14vous n'avez pas une volonté politique
14:17extrêmement forte de lutter,
14:19derrière, il y a des gens qui bricolent,
14:21on se donne du mal,
14:22mais vous n'arriverez pas à éradiquer.
14:24Vous savez, par exemple,
14:25quand j'étais directeur général de la police nationale,
14:27le président de la République, Nicolas Sarkozy,
14:30avait eu une réunion avec M. Zapatero,
14:32qui était le premier ministre espagnol,
14:34et ils avaient décidé de lutter contre l'État.
14:36Donc au plus haut niveau de l'État,
14:38on s'est mis en marche
14:40pour lutter contre l'État.
14:42Mais lutter sérieusement,
14:43parce qu'il y avait une volonté politique extrêmement forte.
14:45– Eh bien, je constate qu'en 2011,
14:47l'État a déposé les armes.
14:49– D'accord.
14:49Sur l'immigration, Frédéric Péchenard,
14:51ce que les Français ne comprennent pas,
14:52c'est le problème des OQTF,
14:53que nous n'arrivons pas à renvoyer chez eux,
14:56que les maires doivent marier,
14:59quitte à être traduits eux-mêmes devant les tribunaux.
15:02Est-ce qu'il y a une solution ?
15:03On entend beaucoup de candidats à la présidentielle,
15:05ils sont nombreux,
15:06qui ont proposé sa mesure la plus forte possible.
15:09Pour l'instant, rien n'a fonctionné.
15:11Comment on pourrait arriver à renvoyer des gens
15:13qui n'ont rien à faire sur le territoire français ?
15:15– C'est un sujet qui est majeur.
15:17C'est un sujet qui est majeur
15:18parce qu'il montre aux Français l'impuissance de l'État.
15:22Et ça, je trouve que c'est terrible.
15:23Il faut qu'on restaure l'autorité de l'État
15:25et l'impuissance de l'État est terrible.
15:26Comment voulez-vous faire comprendre à quelqu'un,
15:29à un Français,
15:30qu'un étranger qui fait l'objet d'une OQTF,
15:33c'est-à-dire quelqu'un qui est en situation irrégulière,
15:36ne mélangeons pas tout,
15:37ou qui est en prison,
15:38on a 25% d'étrangers en prison,
15:40ce sont des gens qui, a priori,
15:41quand ils vont sortir,
15:42on ne souhaite pas garder sur le territoire national,
15:44on a plutôt envie qu'ils rentrent dans leur pays d'origine.
15:47Comment voulez-vous expliquer
15:49qu'ils font l'objet d'une obligation
15:51de quitter le territoire français
15:52par le ministre de l'Intérieur,
15:53par une autorité administrative,
15:55et que finalement, il ne se passe rien
15:57ou pas grand-chose ?
15:58Dernier rapport du Sénat,
15:59qui disait que c'était quand même un peu mieux qu'avant,
16:03que j'ai lu, on est à 10%.
16:04Ce qui fait que 90% des OQTF,
16:07il y en a 130 000, 140 000 par an,
16:09ne sont pas exécutés.
16:10Et quand en plus,
16:12ces gens qui font l'objet d'une OQTF
16:14sont arrêtés à nouveau,
16:15parce que finalement,
16:16on s'aperçoit que la police est quand même assez bien faite,
16:18sont arrêtés à nouveau,
16:19comment vous expliquer à quelqu'un
16:21qui a été cambriolé, violé,
16:23frappé,
16:24qu'il est par un individu
16:26que l'État a identifié
16:29comme devant repartir chez lui.
16:31C'est insupportable,
16:32et c'est très inquiétant,
16:33parce que c'est ça qui fait monter la radicalité
16:35d'une façon ou d'une autre.
16:36Donc c'est un sujet qui est majeur,
16:38et comme tous les sujets majeurs,
16:39c'est un sujet qui est complexe,
16:40parce que...
16:41Il y a une dimension diplomatique.
16:42Il y a une dimension diplomatique qui est importante.
16:44Alors est-ce qu'il faut choisir la manière forte ?
16:46Est-ce qu'il faut choisir la diplomatie ?
16:47Je ne sais pas.
16:48Il faut choisir quelque chose qui fonctionne.
16:50Visiblement, aujourd'hui, ça ne fonctionne pas.
16:52J'aimerais terminer par la protection de l'enfance.
16:55Il y a eu un conseil des ministres hier
16:56avec un texte qui prévoit la mise en place
16:59de beaucoup de choses
16:59pour tenter de protéger nos enfants
17:01lorsqu'ils sont face à des prédateurs.
17:03Vous sijez au Conseil de Paris,
17:04il y a le scandale du périscolaire
17:06qui est abominable
17:06avec des dizaines de jeunes victimes.
17:08Un premier procès qui a eu lieu cette semaine.
17:11Des peines requises
17:12qui ne sont pas aux yeux des familles des victimes
17:15et des avocats à la hauteur.
17:16Est-ce qu'il y a eu des dysfonctionnements ?
17:19Et à quel niveau ?
17:20Dans la protection des enfants,
17:21je parle de la région parisienne,
17:23mais ça vaut sur l'ensemble du territoire.
17:24Frédéric Pechner.
17:25Je vais vous parler de Paris
17:26parce que c'est là où je siège.
17:28Mon groupe politique avait alerté
17:30la mairie de Paris
17:31depuis déjà plusieurs années
17:35sur quelque chose
17:36qui nous paraît complètement insensé,
17:37c'est le recrutement des animateurs
17:39en périscolaire.
17:40On a aujourd'hui,
17:41j'en parlais avec des officiers
17:44de la brigade de protection des mineurs
17:45sur Paris,
17:46plus de 100 enquêtes
17:48sur des animateurs du périscolaire,
17:50sur des actes de pédophilie.
17:51Donc c'est un réseau.
17:52On parle d'un réseau à 100 personnes.
17:53Oui, bien sûr.
17:54Et il y a eu une espèce d'omerta
17:56à la mairie de Paris.
17:57On n'a pas voulu voir,
17:58on n'a pas voulu savoir.
17:59On a eu des plaintes...
18:00Vous parlez d'Anne Hidalgo ?
18:01Bien sûr.
18:02Je parle d'Anne Hidalgo.
18:03Je parle de son premier adjoint au maire
18:05de l'époque
18:05qui est le maire actuel.
18:07Je parle de tout un tas de systèmes.
18:09Alors je ne mets pas en cause
18:10particulièrement telle ou telle personne
18:11parce que je n'en sais rien.
18:13Mais ce qui est clair,
18:13c'est qu'il va falloir,
18:14et la seule bonne nouvelle
18:16dans ces atrocités,
18:18c'est que la justice est saisie,
18:19qu'on va avoir des procès
18:21et qu'on va y voir un petit peu plus clair
18:22des responsabilités de tout le monde,
18:24des uns et des autres.
18:25Il y a une sénatrice LR de Paris,
18:27Agnès Évrenne,
18:28qui a demandé hier
18:28une commission d'enquête.
18:29Je pense que ça mérite
18:31une commission d'enquête
18:31pour qu'on fasse justement
18:32la lumière sur les dysfonctionnements
18:34ou sur les complicités.
18:37Concrètement,
18:38tout le monde sait
18:38qu'un certain nombre de personnes
18:41pédophiles
18:42sont attirées
18:43par les métiers
18:45où on est en contact
18:46avec les enfants.
18:47Ça paraît d'ailleurs
18:47assez logique.
18:49Et donc,
18:49on a fait leur rentrer
18:50le loup dans la bergerie
18:51et on a mis
18:52des pédophiles,
18:53des gens qui étaient connus,
18:54des gens qui avaient eu
18:55au moins parfois
18:57des propos déplacés.
19:00Et qu'est-ce qui se passe ?
19:02On s'est aperçu
19:02que quand l'animateur
19:04périscolaire
19:05était montré du doigt,
19:07il était déplacé d'école,
19:08ce qui est scandaleux.
19:09Donc,
19:09il faut évidemment
19:10d'abord faire la lumière
19:12sur tout ça.
19:13Je crois qu'on est loin
19:14de savoir tout ce qui s'est passé.
19:16C'est atroce.
19:16C'est-à-dire que
19:17vous confiez vos enfants
19:18à l'école,
19:19c'est pour les éduquer,
19:20c'est pour les protéger.
19:21Ils sont en dehors
19:22du cercle familial.
19:23Il faut que les parents
19:24aient confiance dans l'école.
19:25Et objectivement,
19:26aujourd'hui à Paris,
19:27on voit bien que
19:28la confiance s'est étualée.
19:29Donc ça,
19:29c'est très important.
19:30Il faut qu'on fasse le constat.
19:32Il faut que la justice
19:32fasse son travail.
19:33Lancer des enquêtes
19:34peut-être contre les élus
19:35de l'époque ?
19:35Des enquêtes
19:36et des procès ?
19:37Il ne faut pas lancer
19:37des enquêtes
19:38contre une personne.
19:39Il faut faire une enquête
19:39et voir où cette enquête
19:40vous mène.
19:41De la même façon,
19:42je pense qu'il est intéressant.
19:43Et engager la responsabilité
19:44de ceux qui étaient aux manettes.
19:45Bien sûr.
19:46Si vous avez volontairement
19:47fermé les yeux,
19:48si vous avez négligé
19:50de faire un certain nombre
19:50de choses,
19:51si vous avez favorisé
19:52en recrutant des gens
19:53sans vérifier leur palmarès,
19:56eh bien oui,
19:56vous êtes responsable.
19:57Et la justice dira
19:58si vous êtes également coupable.
20:00Mais il paraît évident
20:02aujourd'hui
20:02que quand vous engagez
20:03des animateurs,
20:04il faut les faire passer
20:05par un certain nombre
20:06de filtres,
20:06voir s'ils sont connus
20:07du service de police,
20:08voir s'ils sont au figé
20:09le fichier des prédateurs sexuels.
20:12Si vous êtes inscrit
20:13sur ce fichier,
20:14normalement,
20:14vous ne pouvez pas
20:15avoir accès
20:16à ce type de travaux.
20:18Merci beaucoup Frédéric Pechnard
20:19qui était notre invité
20:20ce matin sur CNews
20:21et sur Europe 1.
20:21Bonne journée à vous.
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