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La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet était l’invitée de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Yael Broun-Pivet.
00:04Bonjour et bienvenue à vous, présidente de l'Assemblée Nationale.
00:07D'abord, on va évoquer ce rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
00:11Il sera bien publié, on en a décidé les députés hier soir, 12 voix contre, contre 10, plutôt 8 abstentions
00:17pour ce rapport de 400 pages après des mois d'enquête et de tension.
00:21On est passé tout près de la censure, madame Broun-Pivet.
00:24Est-ce que vous vous félicitez de la publication de ce rapport ?
00:26Alors moi, j'ai toujours souhaité cette publication et donc je m'en félicite évidemment.
00:31Après, je ne parlerai pas de censure s'il n'y avait pas eu de publication.
00:36Il faut bien voir que...
00:37Alors, qu'est-ce que ça aurait été ?
00:38En fait, ça aurait été...
00:39On aurait écrasé le rapport.
00:40Oui, mais ça aurait été une non-adhésion des parlementaires qui ont participé à la commission
00:45aux conclusions du rapporteur.
00:47La commission d'enquête est un travail...
00:47Mais le résultat aurait été assis sur le programme Broun-Pivet.
00:50La commission d'enquête est un travail collégial.
00:53Il y a 31 membres d'une commission d'enquête.
00:55Et donc, le travail collégial nécessitait à la fin une délibération collégiale sur le rapport.
01:01Je sais, moi, je n'ai pas participé au débat.
01:03Ils se sont déroulés à huis clos.
01:05Mais je sais que les parlementaires qui ont participé à la commission
01:08ont demandé la rectification d'un certain nombre de conclusions du rapporteur, etc.
01:12Moi, je n'ai pas lu le rapport, évidemment.
01:14Il est encore confidentiel.
01:16Mais en tout cas, moi, je me félicite que ces travaux voient un aboutissement public.
01:20J'avais souhaité que les comptes rendus restent en ligne, que les vidéos restent en ligne pour que tout le
01:25monde puisse se faire une opinion.
01:27Je crois que c'est très important parce qu'en fait, une commission d'enquête, c'est un travail de
01:31contrôle du Parlement.
01:32C'est une mission constitutionnelle.
01:34Donc, il faut préserver la capacité que les parlementaires ont de contrôler l'action publique.
01:39Elle était très légitime.
01:40On sait qu'elle a donné lieu à beaucoup de débats, à beaucoup de discussions.
01:44C'est normal.
01:46C'est un sujet important.
01:47C'est des fonds publics utilisés.
01:50Donc, les Français ont besoin de savoir comment ces fonds sont utilisés.
01:54Moi, je voudrais quand même saluer l'action aussi du président de la commission d'enquête
01:58parce qu'il a eu un travail difficile avec autant de tensions dans sa commission.
02:03Monsieur Patrier-Létuste.
02:04Et monsieur le rapporteur, Charles Aloncle.
02:06Vous saluez son travail ?
02:07Je salue son travail, mais il a été, et je l'ai dit et je l'ai dénoncé, peut-être
02:13un peu trop dans la lumière.
02:15Moi, j'attends de mes parlementaires que lorsqu'ils mènent un travail de cette ampleur,
02:21qu'ils restent vraiment concentrés sur leur travail parlementaire.
02:24Et c'est vrai que parfois…
02:26Est-ce que c'est interdit par le règlement de faire des interviews ou pas ?
02:29Non, ce n'est pas interdit.
02:30Ce qui est interdit, c'est de divulguer des informations qui doivent rester confidentielles.
02:33Ce qui n'est quand même pas très respectueux de l'Assemblée nationale, c'est de faire des annonces en
02:40médias avant de les faire à l'Assemblée, etc.
02:43Je l'ai rappelé à l'ordre, mais comme j'ai rappelé à l'ordre, plusieurs rapporteurs ou présidents de
02:48la commission d'enquête,
02:49quand ils dépassent un peu le cadre, c'est juste mon rôle.
02:53Moi, je suis là pour faire respecter les institutions et pour faire en sorte que le Parlement puisse exercer pleinement
02:57ses missions.
02:58C'est ce qu'il a fait dans le cadre de cette commission.
03:00Charles Lalong, qui était l'invité d'Europe 1 ce matin de Dimitri Pavlenko, il estime que vous avez sans
03:05doute…
03:05Vous êtes sorti de vos prérogatives, vous aviez pris la parole, dit-il, sur France Inter, le matin même de
03:09l'audition de la patronne de Radio France,
03:11pour le critiquer lui-même.
03:13Est-ce que c'est une façon, dit-il, de discréditer son travail et d'affaiblir la commission ?
03:17Alors, vous savez, moi, je ne fonctionne pas du tout comme ça.
03:20Je prends la parole déjà partout et je ne vais pas choisir mon média en fonction de ce que j
03:25'ai décidé de dire.
03:26Vous vous rendez compte si en démocratie, la présidente de l'Assemblée nationale agissait de la sorte ?
03:31Ça serait, je crois, assez pitoyable.
03:34Moi, je vais partout.
03:36Je dis à chaque fois ce que je pense et ce que je dois dire.
03:39Je ne choisis pas mes médias.
03:41Maintenant, le rappel à l'ordre que j'avais effectué, comme je vous le disais, j'en ai effectué plusieurs.
03:47C'est mon rôle.
03:49Moi, mon seul objectif, c'est que l'Assemblée nationale puisse exercer ses missions pleinement.
03:53C'est vraiment un enjeu démocratique et c'est ça qu'il faut que tout le monde comprenne, y compris
03:58M. Alloncle.
03:59Le rapport doit être rendu public dans une semaine.
04:02Dans cinq jours.
04:03Parce qu'il y a un délai, c'est une possibilité que l'Assemblée nationale se constitue en comité, c
04:08'est ça ?
04:08C'est quelque chose qui n'a jamais...
04:09Évidemment, ce n'est pas quelque chose que vous avez envisagé.
04:11C'est plutôt quelque chose qui concerne les temps de guerre ou des choses qui seraient classées secret défense.
04:16Donc là, il n'y a pas de sujet.
04:18Les cinq jours sont prévus par le règlement.
04:20Moi, je suis en train, avec les présidents de groupe, de travailler à une réforme du règlement.
04:24Et notamment, on a évoqué sur ce point la possibilité de raccourcir ce délai qui, effectivement, pouvait être compréhensible auparavant,
04:31qui n'a plus de sens aujourd'hui.
04:33Et on pourrait le raccourcir de passer de cinq jours à un jour.
04:36C'est ce que je proposerais dans le cadre de la réforme du règlement.
04:38Mais en tout cas, le rapport sera public.
04:40Il sera sur le site de l'Assemblée nationale.
04:41Chacun pourra se faire une idée.
04:43Et c'est ça aussi la démocratie, cette transparence totale.
04:45Un dernier mot là-dessus.
04:46Gabriel Attal était à votre place hier matin.
04:48Il se demandait même pourquoi il fallait voter pour la publication au nom du rapport.
04:51Est-ce que ce n'est pas un peu obsolète ?
04:53Est-ce qu'il ne faut pas que ces rapports soient publiés de façon automatique,
04:55afin que, encore une fois, le grand public n'ait pas cette sensation qu'on veut censurer certaines informations ?
05:01C'est Gabriel Attal.
05:02Oui, mais la différence, c'est que la publication du rapport emporte adhésion à ce qui est écrit dans le
05:07rapport.
05:08Et ça montre bien que c'est un travail collégial.
05:10Si le rapport était publié systématiquement, en fait, ce serait le rapport du rapporteur,
05:15qui fait son rapport, et puis voilà, il dit ce qu'il veut, ce qu'il pense, et puis c
05:19'est automatique.
05:20Là, et c'est pour ça qu'il y a eu des débats en commission,
05:22ça donne plus de force au rapport, le fait qu'il soit débattu et qu'il y ait un vote.
05:27Donc non, non, moi je pense que le vote est important.
05:30Après, la discussion qu'il peut y avoir, et c'est très subtil, c'est de dire,
05:33il pourrait y avoir deux votes.
05:35Un vote pour la publication du rapport et un vote pour l'adoption des conclusions du rapport.
05:40Avoir un vote distinct, ce qui n'existe pas aujourd'hui.
05:43On pourra en discuter avec les présidents de groupe s'ils souhaitent ce type de modification.
05:46Mais en tout cas, il faut vraiment rappeler que c'est un travail collégial de 31 parlementaires
05:50et que c'est une mission constitutionnelle de l'Assemblée nationale.
05:54Vous savez, aujourd'hui, j'ai six commissions d'enquête qui sont en cours sur d'autres sujets.
05:58Et vos téléspectateurs et vos auditeurs, toutes ne font pas le buzz, mais toutes sont intéressantes.
06:05On pense à la loi sur le narcotrafic, qui est directement issue des travaux d'une commission d'enquête sénatoriale.
06:12Il y a eu une commission d'enquête très intéressante sur l'aide sociale à l'enfance
06:16et qui devrait se traduire dans une loi qui va être examinée prochainement à l'Assemblée nationale.
06:20Donc, c'est des sujets majeurs qui sont traités, au fond, par les parlementaires.
06:24Et ça, c'est quelque chose qu'il faut absolument préserver.
06:27Un tout petit mot de politique.
06:27Quand on regarde les votes de cette commission, on voit que les LR, UDR et Rennes-Liott ont voté ensemble.
06:33Est-ce que c'est la première fois qu'on assiste à l'union des droites ?
06:36Non, il y a des votes qui se partagent toujours.
06:38Vous savez, il ne faut pas toujours tirer des conclusions politiques des votes effectués par les parlementaires
06:43parce que les parlementaires, parfois, vous savez, votent à l'unanimité.
06:47Et donc, ça serait le signe d'une union nationale.
06:49On ne la voit pas tous les jours en ce moment.
06:51L'Assemblée nationale a encore beaucoup d'autres gros dossiers sur la table.
06:55Comment est-ce que vous allez faire dans le planning des prochains mois ?
06:58Les deux textes sur l'aide à mourir et les soins palliatifs, les réseaux sociaux,
07:01le régalien avec les propositions de doigt portées par Gérald Darmanin,
07:04d'un côté Charles Rodouel, Michel Barnier de l'autre, la loi de programmation militaire,
07:07l'autre sur l'urgence agricole.
07:09Quelles sont vos priorités, Yael Broun-Pivet ?
07:11Alors, la priorité, c'est évidemment la loi de programmation militaire.
07:14Elle arrive la semaine prochaine à l'Assemblée, non, dans 15 jours à l'Assemblée nationale.
07:17C'est une loi qui est extrêmement importante.
07:20Tous nos compatriotes le savent.
07:21Il faut qu'on continue l'effort de réarmement qu'on a commencé dès 2017
07:25puisque le budget de nos armées, en 10 ans, aura doublé.
07:30Donc, il y a un effort massif.
07:31Mais tout le monde voit, quand on voit le contexte international, à quel point c'est utile.
07:35Donc, loi de programmation militaire.
07:37Moi, on a parlé de l'ASE.
07:39C'est une loi.
07:40C'est qui est fondamental parce que la République est défaillante vis-à-vis de ses enfants.
07:45Et ça entraîne des conséquences majeures quand on sait, par exemple,
07:49qu'un tiers des mineurs délinquants, aujourd'hui, sont des enfants qui sont passés par l'ASE.
07:54Donc, si nous travaillions mieux avec ces enfants,
07:57peut-être que nous pourrions avoir un impact réel sur eux, durablement.
08:02Donc, la loi aide sociale à l'enfance, évidemment, et vous en avez parlé, l'aide à mourir,
08:05c'est un sujet qui est attendu par nos compatriotes.
08:08Moi, je reste avec ce même objectif.
08:10Une loi votée définitivement avant la couture estivale.
08:13Avec le même texte ou un texte revu, parce que ce texte sur l'euthanasie a été largement critiqué,
08:19excessivement permissif, selon ses détracteurs.
08:20Il faut qu'il continue à cheminer.
08:22Le Sénat va s'en emparer cette semaine en commission.
08:26Et donc, il va continuer son chemin.
08:28J'espère que nous trouverons un compromis avec les sénateurs.
08:30Moi, j'ai toujours voulu que les deux assemblées puissent délibérer de ce texte.
08:35Ça n'a pas été le cas jusqu'à présent.
08:36Il faut que le Sénat puisse travailler ce texte profondément.
08:39J'espère que nous obtiendrons un accord pour trouver le texte le plus équilibré possible.
08:43Mais il est attendu par nos compatriotes.
08:45Après, vous avez évoqué, il y a une loi agricole, il y a beaucoup de choses.
08:48Est-ce qu'il faut une session extraordinaire cet été ?
08:49Évidemment.
08:50Donc, vous allez travailler cet été.
08:51Moi, je veux travailler cet été.
08:54Je veux travailler au mois de juillet.
08:55Il nous faut une session extraordinaire.
08:57Alors qu'elle aille jusqu'au 15, 20 juillet, même 31 juillet.
09:00Moi, franchement, ça m'est complètement égal.
09:02Ce que je veux, c'est que les textes avancent.
09:04Nous devons faire de cette année 2026 une année utile pour les Français.
09:09Il y a beaucoup de textes que nous avons évoqués qui rentrent directement dans leur quotidien.
09:13Donc, ce n'est pas une année pour rien.
09:15Mais ça ne doit pas.
09:15Il faut qu'elle soit utile.
09:16Et ça, en tout cas, moi, c'est mon combat et c'est ma mission.
09:18Je suis présidente de l'Assemblée nationale.
09:20Cette année, elle doit servir aux Français.
09:22Et donc, j'y veillerai et je ferai mon maximum pour que ce soit le cas.
09:26Est-ce qu'il n'y a pas, il y a une démobilisation des députés ?
09:29On voit sur certains textes importants l'hémicycle quasiment vide.
09:33Est-ce qu'ils n'ont pas abandonné la partie, les députés ?
09:35Non, ils n'ont pas abandonné la partie.
09:36Mais les députés, ils sont mobilisés sur certains textes et pas sur tous les textes.
09:42Exactement.
09:42Donc, ça dépend des sujets.
09:44Mais les sujets que nous avons évoqués, je sais, les mobiliseront parce qu'ils savent que ce sont des sujets
09:50importants.
09:51Après, il faut bien organiser l'agenda parlementaire.
09:54Et ça, vous savez que c'est un de mes combats depuis que je fais de la politique, depuis 2017.
09:58Avoir de la prévisibilité, savoir de quoi on va parler, quand est-ce qu'on va en parler, pour que
10:03l'on puisse s'organiser.
10:04Parce que les députés, comme vous le savez, ils ne font pas que siéger dans l'émission, dans l'hémicycle.
10:09Vous voyez, quand ils ont travaillé dans la commission d'enquête sur l'audiovisuel, ils n'étaient pas dans l
10:15'hémicycle.
10:16Pour autant, ils travaillaient.
10:17Quand ils sont en circonscription, ils travaillent.
10:19Et donc, pour organiser ce travail-là, ils ont besoin d'avoir un petit peu de visibilité.
10:23Et donc, c'est ce qu'il faut avoir jusqu'à la fin du mois de juillet pour qu'on
10:27puisse travailler efficacement au service des Français.
10:30On a eu parfois l'impression d'une marche avant, marche arrière au Parlement.
10:33Je pense à la proposition de loi concernant le 1er mai, portée par Gabriel Attal, qui a été abandonnée.
10:37Est-ce qu'il y a un blocage ?
10:39En fait, l'Assemblée est bloquée et c'est un sujet extrêmement important.
10:42Là, il s'agit de permettre aux boulangers de travailler le 1er mai, pas à d'autres professions.
10:47Est-ce que parfois, vous avez le sentiment que ça bloque, en fait ?
10:49Et en fait, sur le 1er mai, c'est typique de quelque chose qui ne fonctionne pas bien.
10:54C'est que nous n'avons pas eu de concertation avec les organisations syndicales nationales.
11:00Je sais qu'il y a eu des concertations avec des syndicats, notamment ceux autour de la boulangerie, qui avaient
11:07été associés.
11:08Mais il n'y a pas eu de négociation nationale durant le temps précédent, l'adoption de la loi.
11:13Et donc, en fait, on a eu une loi qui est venue au Sénat il y a près d'un
11:17an.
11:18Et entre le moment où elle a été adoptée au Sénat et le moment où elle est arrivée à l
11:22'Assemblée nationale, il ne s'est pas passé grand-chose.
11:25Et pourquoi il n'y a pas eu de concertation à ce moment-là ?
11:26Écoutez, moi, je ne suis pas au gouvernement. Je suis présidente de l'Assemblée nationale.
11:29Ce n'est pas à moi de mener les concertations.
11:32Mais en tout cas, ce temps n'a pas été utilisé de façon efficace.
11:37Et vous ne vouliez pas braquer les syndicats ?
11:39Mais on ne braque pas les syndicats. Ce type de loi doit évidemment être faite avec les syndicats.
11:46Il faut qu'on arrive dans notre pays à avoir un meilleur dialogue.
11:51Meilleur dialogue avec les syndicats. Meilleur dialogue avec les collectivités.
11:55Meilleur dialogue avec les citoyens.
11:57Meilleur dialogue avec les représentants du peuple que nous sommes à l'Assemblée nationale.
12:01On voit bien qu'il y a des frottements un peu à tous les niveaux, un peu à tous les
12:05échelons.
12:06Et ça, ça n'est pas possible. Il faut qu'on arrive à créer une démocratie qui soit plus apaisée,
12:11avec plus de coopération entre les uns et les autres.
12:14Est-ce que vous trouvez que, justement, il y a une antagonisation de l'Assemblée nationale ?
12:18C'est un rôle difficile d'être présidente de cette Assemblée qui est fracturée,
12:22où il y a beaucoup aussi d'invectives, de tensions, de crispations.
12:26Est-ce qu'il y a des forces politiques que vous mettez en cause aujourd'hui ?
12:30En fait, il y a une tension générale.
12:32Mais cette tension, vous la voyez, vous la voyez dans le pays.
12:35Elle existe.
12:36Et l'Assemblée nationale doit être le reflet des tensions qui existent dans une nation.
12:41Et donc, c'est normal qu'il y ait des tensions à l'Assemblée nationale.
12:44Et nous sommes en année pré-présidentielle.
12:46C'est normal aussi que certains hommes ou femmes politiques aient des postures,
12:51puisqu'ils affichent des ambitions politiques.
12:53Et donc, ces ambitions vont se retrouver dans des postures.
12:55Après, l'Assemblée nationale est effectivement agitée.
12:58Moi, je ne cesse de faire des rappels à l'ordre,
13:01de prononcer des sanctions à l'égard des députés qui contreviennent au règlement.
13:07C'est mon rôle.
13:08Moi, jusqu'au bout, j'assurerai au maximum la sérénité de cette Assemblée.
13:13Mais vous savez, ce n'est pas pour un confort personnel.
13:16C'est parce que l'Assemblée nationale, elle représente les Français.
13:20Elle doit remplir sa mission.
13:21Moi, je suis au service des Français, ce faisant, en essayant de faire en sorte que l'Assemblée nationale fonctionne.
13:26Mais je vous le concède, ce n'est pas facile tous les jours.
13:29Vous parlez des sanctions, des rappels à l'ordre sur les informations d'Europe 1.
13:33L'essentiel de ces sanctions concernait la France insoumise.
13:35Est-ce que c'est un groupe particulièrement agité pour vous à l'Assemblée ?
13:39Évidemment.
13:39Mais en fait, il ne s'en cache pas.
13:42La France insoumise a une stratégie de radicalité, et de radicalité dans les idées, et de radicalité dans la façon
13:52de porter ces idées.
13:53Mais nous sommes dans une démocratie, et nous avons le droit, dans une démocratie, d'être radicales.
14:00C'est ainsi, nous n'avons pas à imposer le choix de l'action politique.
14:08Mais simplement, moi, c'est là où je suis extrêmement ferme, c'est quand cette radicalité dépasse les bornes,
14:15quand il y a des invectrives, des injures, il y a des règles.
14:18Moi, j'ai un règlement, et je suis chargée de le faire appliquer, et je ne transige pas.
14:23Et c'est la raison pour laquelle, effectivement, l'essentiel des sanctions va viser ce groupe spécifiquement,
14:28parce que, effectivement, c'est le groupe qui a une action la plus radicale dans l'hémicycle.
14:32Mais vous aurez constaté, puisque vous avez regardé attentivement les sanctions,
14:36ça concerne tout le monde, tous les partis ont été sanctionnés,
14:39de l'extrême droite, au centre, à la gauche.
14:44Vous savez, quand vous prononcez une sanction, vous ne regardez pas la couleur politique de celui à qui elle s
14:49'adresse.
14:50Yaël Braun-Pivet, on parle de la violence en politique.
14:53On en a eu un exemple aux États-Unis, encore, avec cette nouvelle troisième tentative d'attentat contre Donald Trump,
14:58avec le tireur Colalen qui a été présenté à la justice américaine, inculpé de tentative d'assassinat.
15:03Est-ce que vous redoutez que ce type de violence, carrément armée en politique, ne vienne en France ?
15:10On voit qu'il y a beaucoup de violence et elle n'est pas propre aux États-Unis.
15:15On a eu, dans notre histoire et dans notre histoire récente, même des personnalités politiques assassinées
15:21ou qui ont subi des attentats, des agressions.
15:24Il faut faire très attention parce qu'une démocratie ne fonctionne qu'avec des personnes qui s'engagent et qui
15:31se soumettent au souffrage.
15:33Et donc, quelles que soient les opinions que l'on porte, il faut protéger ceux qui s'engagent
15:38et il faut veiller à ce que le débat puisse rester serein.
15:41Donc, évidemment, c'est extrêmement inquiétant.
15:44Moi, à l'Assemblée nationale, instruite de ce qui s'est passé aussi au Capitole,
15:49je suis extrêmement scrupuleuse sur la sécurité des lieux, sur qui rentre à l'Assemblée nationale.
15:54Il y a un dispositif très spécifique.
15:56Il y a un dispositif très spécifique.
15:58Nous contrôlons l'ensemble des accès et nous avons renforcé la sécurité de l'Assemblée nationale
16:03parce qu'il faut veiller.
16:04Là aussi, c'est la démocratie qui est en jeu.
16:06Quand on s'attaque à un président élu, c'est la démocratie qui est en jeu.
16:12Et donc, c'est nous qui en sommes victimes indirectement, c'est tous nos concitoyens.
16:18Donc, il faut faire attention.
16:19Donc, vous n'excouez pas qu'une formation politique puisse un jour,
16:21mais contente du scrutin ou du résultat des ondes, puisse venir s'en prendre à l'Assemblée nationale ?
16:25Moi, je n'exclus rien et c'est de ma responsabilité de faire en sorte que ce lieu soit protégé
16:30au maximum, évidemment.
16:31Un mot de 2027, Yael Broun-Pivet.
16:33Je sais que vous êtes favorable à une union de ce qu'on appelle le bloc central.
16:37Je ne sais pas si le mot est bien choisi.
16:39Une union qui irait de où à où ? De la gauche jusqu'à la droite républicaine ?
16:43Parce qu'on voit alors, et on parlera après du machisme en politique,
16:47vous voyez là un club de machos parce qu'il n'y a que des hommes quasiment qui sont candidats.
16:51Ce n'est pas faux, ce n'est pas objectif.
16:54Évidemment, un spectacle que vous voyez, c'est le club de machos, c'est ça ?
16:57C'est ça, écoutez, tout le monde le voit, mais c'est en fait depuis toujours, la vie politique en
17:03France est trustée par des hommes.
17:06On le sait tous, vous le constatez au quotidien.
17:10Et que ce soit visible ou invisible, quand on assiste à des réunions avec le Premier ministre, le Président de
17:16la République,
17:17et là, je nomme personne, c'est vraiment quelque chose.
17:19Non, mais c'est constant, donc ce n'est pas dépendant de ce Premier ministre-là, par exemple, ça a
17:23toujours été le cas.
17:24En fait, il n'est pas rare que je sois seule femme dans la pièce.
17:28Donc, c'est les hommes politiques et leurs entourages qui restent très masculins.
17:33Et ça, ça me frappe.
17:34Parce que vous voyez, quand on parle, alors c'est des sujets dits féminins,
17:39qui ne devraient pas être féminins, mais l'aide sociale à l'enfance, ce n'est pas un sujet féminin.
17:42Pour autant, ce n'est pas forcément une priorité.
17:45Quand on parle de la loi intégrale sur les violences sexuelles et sexistes,
17:49c'est un sujet féminin, et bien, elle n'est pas à l'ordre du jour de cette dernière année
17:54de mandat.
17:55Et pourtant, on sait à quel point les violences contre les femmes et les enfants font des ravages dans notre
18:00pays.
18:00Donc, ça a un impact.
18:02Quand on parle de la santé des femmes, il a fallu attendre ces dernières années pour qu'on commence à
18:06parler de la ménopause.
18:08Est-ce que vous trouvez ça normal ?
18:09On est constitutif de 50% de ce pays.
18:12Et donc, nous devons être dans tous les cercles de décision, quel que soit le niveau.
18:17Que ce soit aussi dans le monde privé, dans le monde associatif ou dans le monde politique.
18:21Et c'est ça, moi, que je dénonce.
18:22C'est pour ça que je me bats pour les lois sur la parité.
18:25C'est pour ça que je me bats pour la place des femmes.
18:28Partout, partout, nous sommes légitimes à être là.
18:32Et c'est quand même ahurissant que cette question se pose encore dans notre pays en 2026.
18:36Est-ce que, donc, logique conséquence de ce que vous me dites, madame Yael Baume-Pivet, vous êtes candidate en
18:412027 pour porter cette voix féminine ?
18:44Alors, je n'ai pas besoin d'être candidate en 2027 pour porter cette voix-là.
18:47Et vous voyez que je l'apporte aujourd'hui.
18:48Est-ce que vous êtes candidate tout court ?
18:49Aujourd'hui, moi, je suis présidente de l'Assemblée nationale.
18:52Et vous le resterez jusqu'au bout ?
18:53Je le resterai jusqu'au bout parce que j'ai besoin de faire avancer ces textes-là.
18:58Et vous voyez bien que ces textes sont importants pour nos compatriotes.
19:01C'est la mission que les parlementaires m'ont confiée.
19:03Moi, je suis garante de ce débat démocratique et je suis garante du bon avancement de ces textes que les
19:08Français attendent.
19:09Donc, pas de candidature puisque vous serez présidente de l'Assemblée nationale.
19:10Mais ce n'est pas le moment aujourd'hui de parler de candidature.
19:13Moi, je parle de l'Assemblée nationale, je parle de mes missions.
19:16Et après, sur le bloc central et sur les...
19:19Primer, jusqu'où ?
19:20Pour vous dire que moi, mon spectre politique, c'est la droite gaulliste, sociale,
19:26qui est intransigeante avec le Rassemblement national et l'extrême droite.
19:30Donc, Bruno Retailleau dedans ?
19:32Peu importe les personnes.
19:33Moi, en tout cas, s'il est intransigeant avec l'extrême droite, Bruno Retailleau dedans,
19:39s'il n'est pas intransigeant, je n'en sais rien.
19:43En tout cas, moi, ce que je pense, c'est droite intransigeante avec le Rassemblement national,
19:49et gauche intransigeante avec LFI.
19:51Ça, c'est mon spectre politique.
19:53Après, ce que je déplore aujourd'hui, c'est que chacun des candidats potentiels
19:59se met dans une logique de silo.
20:01Je suis candidat, je vais bâtir un programme, je vais faire des meetings,
20:06et puis je déroule, et puis en janvier, en février 2027, on verra bien qui est en tête.
20:10Ce n'est pas la bonne façon de faire.
20:13Il faut parler projet, il faut parler idée, qu'est-ce qui nous rassemble,
20:17qu'est-ce qu'on peut porter ensemble pour la France.
20:20C'est ça, donc du travail de fond avant d'avoir des ambitions de personnes.
20:25Vous êtes d'accord avec Gérard Laché là-dessus, tous les deux ?
20:27Et on est parfaitement alignés avec le président du Sénat.
20:29D'accord. Est-ce que, concernant le financement des campagnes électorales,
20:33on voit que le Rassemblement national, une fois de plus, a beaucoup de mal
20:36à obtenir des prêts de la part des banques françaises ?
20:39Est-ce que c'est un problème pour notre démocratie ?
20:41C'est un problème.
20:41qui est favorable à une banque de la démocratie, il me semble.
20:44Moi, j'avais fait un rapport sur ce sujet avec Philippe Gosselin, député des Républicains,
20:50et j'avais auditionné l'ensemble, avec Philippe, l'ensemble des trésoriers des partis politiques.
20:56Et l'ensemble des trésoriers nous avaient dit qu'ils avaient des problèmes de financement.
21:00Pas que le Rassemblement national.
21:02Tous les partis ont des problèmes de financement, notamment pour les élections les plus locales.
21:07C'est difficile.
21:07Mais tous ne se doivent pas refuser des prêts.
21:08Non, mais c'est là où ça pose, là aussi, un problème démocratique.
21:12Quand vous ne pouvez pas financer votre campagne,
21:14quand vous ne pouvez pas assurer votre permanence parlementaire,
21:17parce que les assurances refusent d'assurer les permanences,
21:20parce que parfois, il y a un peu d'agitation devant,
21:23c'est la démocratie qui est en jeu.
21:25Donc moi, je plaidais effectivement pour la création d'une banque de la démocratie,
21:28à l'instar de François Bayrou, pour qu'il n'y ait pas de difficultés de financement.
21:32Donc évidemment, je suis toujours favorable.
21:34Moi, je suis constante et cohérente.
21:36Je suis favorable à ce que chaque parti puisse se financer sur le territoire national.
21:40Les banques doivent faire leur travail.
21:42C'est leur travail de financer la vie politique,
21:44comme c'est le travail des assurances de financer les permanences parlementaires.
21:49Chacun a un rôle à jouer pour la sauvegarde de notre démocratie.
21:52Merci beaucoup, Yael Brown-Pivet.
21:53C'était votre grande interview sur CNews et sur Europe 1.
21:56Bonne journée à vous.
21:56Merci beaucoup.
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