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Président du Rassemblement National et eurodéputé, Jordan Bardella était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Jordan Bardella. Bonjour
00:04à vous.
00:04Bonjour et merci pour votre invitation.
00:06Président du Rassemblement National, on va évoquer le pouvoir d'achat des Français, les annonces qui ont lieu en fin
00:10de journée par Sébastien Lecournus sur les carburants.
00:12Mais d'abord, un mot de la situation qui est bloquée dans le détroit d'Hormuz et les négociations aussi
00:16entre Iraniens et Américains.
00:17Vous avez dénoncé les objectifs erratiques du président Trump en Iran. Jordan Bardella, vous ne le comprenez plus après l
00:24'avoir tant soutenu ?
00:26Je ne l'ai pas soutenu, madame. Nous avons exprimé...
00:31Marine Le Pen s'est rendue à la Trump Tower, il me semble, il y a quelques années.
00:34Oui, il y a peut-être dix ans, lorsque le président américain était dans une logique politique isolationniste,
00:42c'est-à-dire dans une logique qui consistait à sortir l'Amérique des grands conflits mondiaux et à se
00:47concentrer sur le seul intérêt du peuple américain.
00:49Il fait le contraire.
00:50Il fait le contraire.
00:51Il est extrêmement réservé à l'égard de cette tentation du président américain d'intervenir directement et par la force,
00:58très souvent en violation d'ailleurs du droit international.
01:01On se souvient des débats que nous avons eus il y a quelques mois sur la question du Groenland
01:04et de la souveraineté d'un État européen qu'est le Danemark.
01:08Aujourd'hui, les objectifs de guerre sont effectivement erratiques.
01:11Moi, je ne regarde pas l'intérêt américain, je regarde l'intérêt de la France, je regarde l'intérêt des
01:16Français.
01:16Et il est temps aujourd'hui pour le pays, pour les Français, pour notre économie et notamment pour la situation
01:21énergétique des Français
01:23qu'une issue soit évidemment trouvée dans les plus brefs délais à ce conflit
01:27pour qu'on puisse sécuriser le détroit d'Hormuz, permettre le passage des navires dans ce qui est aujourd'hui
01:33l'un des poumons économiques de la planète.
01:35Donc ça veut dire que vous soutenez exactement la position française d'Emmanuel Macron qui appelle au calme
01:39et qui dit que ça a été une erreur des deux côtés de bloquer ce détroit d'Hormuz.
01:41Vous comprenez les critiques de Donald Trump à l'encontre de la France qui a refusé de s'engager dans
01:45ce conflit qui n'était pas le nôtre ?
01:47Je vous rappelle qu'il y a quelques mois, à l'été 2025, lorsque une opération militaire a été menée
01:54lors de cette fameuse guerre des 12 jours
01:56contre le régime iranien, une grande partie des infrastructures liées au développement du nucléaire iranien avait été mise hors d
02:03'état de nuire.
02:03Et c'est vrai qu'aujourd'hui, autant on peut comprendre l'intérêt d'Israël qui lutte pour sa sécurité
02:09et pour une survie quasi existentielle dans la région
02:11face à un régime qui est un régime abominable, le régime des Mollahs, qui est oppresseur non seulement de son
02:16propre peuple
02:16mais qui est le sponsor du terrorisme international dans la région.
02:19Autant les objectifs de guerre du président Trump sont assez erratiques.
02:22Est-ce qu'il s'agit de déstabiliser le régime et de le remplacer ?
02:27Pardon, mais dans l'histoire, les interventions extérieures, s'agissant notamment des Etats-Unis, ont rarement amené la démocratie, le
02:34progrès et la fraternité dans les sociétés concernées.
02:38Et de l'autre, évidemment, nous avons besoin maintenant, de manière très claire, d'assurer la sécurité des bateaux, de
02:45rouvrir le détroit d'Hormuz
02:46parce que, encore une fois, plus cette situation dure, plus les répercussions sur la scène européenne et sur le quotidien
02:52des Français seront...
02:54Et on va l'évoquer dans un instant. Il y a l'autre front entre le Liban et Israël. Des
02:58négociations reprennent aujourd'hui à Washington.
03:00Il y a un autre soldat français de la Finule qui a été tué, Florian Montorio, au Liban, dans une
03:05embuscade due au Hezbollah.
03:07D'autres Français ont été blessés. Que faut-il faire ? Est-ce qu'il faut arrêter de déployer des
03:12soldats français dans le cadre de la Finule,
03:14dans cette région-là, vu l'impuissance de cette organisation onusienne ?
03:18D'abord, permettez-moi d'avoir un mot pour l'adjudant Montorio qui avait 40 ans, qui laisse deux enfants.
03:26Et je voudrais évidemment avoir une pensée pour lui, pour sa famille et pour l'ensemble de ses frères d
03:30'armes.
03:32Cette mission, qui est sous pavillon ONU, qui a lieu au Liban depuis maintenant plus d'une cinquantaine d'années,
03:39est une mission essentielle. Il y a plus de 700 militaires français qui sont engagés dans cette bataille,
03:44qui est une mission qui a vocation non seulement à assurer la paix, mais également à apporter une aide humanitaire
03:48aux populations.
03:49Moi, je suis comme des millions de Français. Je suis extrêmement inquiet de la situation dans la région,
03:54et notamment de la situation au Liban. Vous savez que la France et le Liban ont des liens historiques très
03:58forts.
03:59Depuis cette fameuse promesse de Saint-Louis faite aux chrétiens d'Orient d'une protection de la part de la
04:05nation française,
04:07cette mission, elle nous honore, mais elle se fait aujourd'hui dans des conditions qui sont extrêmement difficiles,
04:11parce qu'il y a au sein du Liban un ennemi intérieur qui s'appelle le Hezbollah,
04:15qui est sponsorisé par l'Iran, dont l'objectif est évidemment l'avènement du fondamentalisme islamiste,
04:22de nuire de manière directe à la sécurité de l'État d'Israël, à la sécurité des partenaires de la
04:28France dans la région.
04:29Et le meilleur moyen de désarmer le Hezbollah, c'est de renforcer l'armée régulière libanaise,
04:35c'est la souveraineté et l'unité du territoire libanais.
04:37Et je crois que la France doit poursuivre ses engagements à la fois dans le cadre de la finule,
04:41mais aussi directement et de manière bilatérale auprès du Liban,
04:44en soutenant notamment sur le plan opérationnel et sur le plan logistique le renforcement de l'armée libanaise.
04:50Il y a des missions qui sont d'ores et déjà en cours, notamment pour former l'armée libanaise.
04:53Ces missions, elles sont essentielles et elles doivent nécessairement se poursuivre.
04:57Et puis au-delà de ça, je crois que la France doit aussi...
04:58La position précise d'Emmanuel Macron.
05:00Ce n'est pas parce que c'est Emmanuel Macron qui le dit que je vais par réciprocité ou par
05:06contraire vous dire soit la même chose, soit l'exact inverse.
05:08En l'occurrence, s'agissant de ce qui est en train de se passer aujourd'hui,
05:12la France doit assurer la sécurité de ses ressortissants et elle doit mener de front un combat avec ses alliés.
05:18Nous avons des partenariats de sécurité avec beaucoup de pays du Gov.
05:21Je pense par exemple aux Émirats Arabunis qui est aussi un très grand pays.
05:26On a des militaires français qui sont présents sur cette base que j'avais eu l'occasion de visiter l
05:29'été dernier.
05:30Et donc le rôle de la France, c'est de défendre son intérêt, c'est de protéger les Français des
05:35externalités négatives de ce conflit.
05:37Et c'est évidemment de contribuer au rétablissement de la terre.
05:39Monsieur Dan Bardella, parlons du pouvoir d'achat des Français, très lourdement impacté par la hausse des prix du pétrole
05:44qui continue à flamber évidemment.
05:46Vous réclamez-vous toujours une baisse de la TVA, ce qu'exclut pour l'instant le gouvernement ?
05:49Il va y avoir des annonces en fin de tournée de Sébastien Longournu, on verra ce qu'il va dire.
05:53Est-ce que vous avez conscience que baisser la TVA comme vous le demandez, c'est un coût d'environ
05:5712 milliards d'euros qui est absolument intenable pour nos budgets ?
06:01Ce n'est pas intenable.
06:03La situation qu'affrontent les Français depuis plusieurs semaines est une situation extrêmement préoccupante avec des niveaux à la fois
06:12au diesel et au gasoil qu'on n'a jamais connus depuis de très nombreuses années.
06:16Donc nous demandons, nous de manière très claire, la baisse de la TVA sur le carburant de 20%, vous l
06:22'avez rappelé, à 5,5% pour la TVA et une baisse de 16 centimes de la TICPE.
06:30Ce qui fait qu'avec les mesures que nous souhaitons mettre en place et que nous mettrions en place si
06:33nous étions à la place d'Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu,
06:35c'est 25 euros sur un plein de 50 litres en moyenne qu'on rend directement aux Français.
06:40Le coût total de ces mesures, c'est environ 15 milliards d'euros.
06:43Mais c'est délirant ?
06:44Non, ce n'est pas délirant.
06:46Non.
06:4615 milliards d'euros, madame, c'est 1%, à peine 1% des 1 600 milliards d'euros de dépenses
06:54publiques, c'est-à-dire de l'argent qui est dépensé chaque année par l'État.
06:58Dans un contexte où on demande aux Français toujours, chaque jour, de se serrer la ceinture, je ne crois pas
07:03qu'il soit délirant que de demander à l'État de faire à peine 1% d'économie,
07:08à peine 1% d'économie, vous m'entendez, sur la totalité de ces dépenses.
07:12Donc, il y a de l'ordre à remettre dans les finances publiques, il y a des économies à faire
07:16et les Français ne comprennent pas que chaque année,
07:18on trouve systématiquement de nouvelles recettes pour financer et accueillir une immigration toujours plus nombreuse,
07:23pour augmenter, comme ça a été le cas, de 6 milliards d'euros la contribution de la France au budget
07:27de l'Union Européenne,
07:29pour financer des éoliennes extrêmement coûteuses alors qu'on a besoin de relancer le nucléaire précisément pour retrouver une autonomie
07:35et une puissance en matière énergétique.
07:37Donc, de l'argent mal utilisé, il y en a.
07:40Et moi, je souhaite effectivement qu'une partie de cet argent soit rendu aux Français parce que l'économie française
07:45dégouline d'impôts,
07:46la situation n'est plus tenable et je pense aux millions de Français qui ont besoin de leur voiture pour
07:50se déplacer,
07:51qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, je pense à nos infirmières libérales, je pense à nos marins
07:56pêcheurs,
07:57je pense à nos routiers, je pense à tous ces corps de métier et à tous ces artisans, à tous
08:02ces Français qui ont besoin de leur véhicule
08:03chaque matin pour se rendre au travail et plus largement aux familles françaises qui font des efforts toujours plus difficiles.
08:10Le pouvoir d'achat va être au cœur de la prochaine élection présidentielle et nous souhaitons être...
08:14Plus que la sécurité et l'immigration.
08:16Je pense que les urgences sont multiples, mais je n'oppose pas l'urgence de la fin du mois à
08:24l'autre urgence vitale de la fin de la France
08:26et je crois que ces deux urgences doivent évidemment être traitées dans le cadre de la campagne.
08:30C'est l'immigration, la fin de la France ?
08:31Et nous serons là encore, et l'insécurité sont corollaires qu'il va évidemment avec, mais nous serons là dans
08:35le cadre de la campagne présidentielle.
08:37Oui, et nous serons là dans le cadre de la campagne présidentielle pour défendre le pouvoir d'achat des Français.
08:40Encore un mot sur les carburants, il y a une autre idée qui est sur la table en ce moment.
08:43Michel-Édouard Leclerc qui était hier à votre place, la porte comme David Lysnard,
08:47suspendre les certificats d'économie d'énergie, l'éco-taxe, ça ferait baisser de 17 centimes le litre immédiatement.
08:52Oui, c'est une taxe en réalité qui n'a pas lieu d'être et qui est indirectement prélevée par
08:56le secteur privé.
08:57Il y a quelques semaines, madame, à l'Assemblée nationale, nous avions dénoncé ces certificats d'économie d'énergie
09:05en indiquant qu'ils allaient renchérir de manière directe le coût des prix à la pompe et du prix à
09:11la pompe pour les Français.
09:13Le ministre de l'économie à l'époque, je m'en souviens dans un échange à l'Assemblée nationale,
09:17avait indiqué à nos députés qu'il ne se traduirait pas par une augmentation des prix des carburants.
09:21On voit que là encore, sur ce sujet, nous avions raison.
09:24Et c'est vrai que les choix qui ont été faits de tout miser sur une politique environnementale de manière,
09:29je trouve, excessive,
09:31parce qu'elle pénalise non seulement l'activité économique, bien sûr, oui, enfin, c'est des dispositifs qui sont extrêmement
09:38coûteux.
09:39Mais c'est vrai que quand on arrête le nucléaire, quand on ferme Fessenheim, quand on abandonne le projet Astrid,
09:45comme l'a fait le gouvernement, on a des répercussions.
09:48Avant de revenir dessus, c'est toutes les limites en même temps.
09:51Donc nous, nous sommes résolument pro-nucléaire.
09:52La France a une des électricités, grâce au nucléaire, qui devrait être l'une des plus décarbonées et l'une
09:58des moins chères d'Europe.
09:59Nous devons tirer profit de cet atout.
10:00Et si demain, je suis à la tête du gouvernement, nous permettrons à la France de sortir des règles de
10:06tarification européenne des prix de l'électricité
10:08pour faire en sorte que les Français puissent bénéficier directement de l'avantage compétitif du parc nucléaire.
10:13Aujourd'hui, il y a un différentiel quasi de 5 entre le coût de production et la vente, le prix
10:18de vente de l'électricité dans notre pays.
10:20Cette situation, elle n'est pas tenable.
10:21Elle est imputable directement à des règles artificielles au niveau européen.
10:25L'Allemagne a redonné cet avantage comparatif à son économie.
10:28Nous souhaitons faire de même en France, tout en restant évidemment dans les échanges énergétiques,
10:33parce que la France a besoin de ce marché pour exporter aussi.
10:34D'accord.
10:35Jordan Bernela, vous avez rencontré ailleurs justement le bureau exécutif du MEDEF.
10:39Vous avez discuté avec les chefs d'entreprise.
10:41Peut-être avez-vous développé justement cette idée de votre vision de la souveraineté énergétique de la France.
10:46Est-ce que ça veut dire que la stratégie de normalisation du RN est achevée d'abord ?
10:49Est-ce que vous êtes désormais un parti comme les autres ?
10:51Parce que Patrick Martin, le patron du MEDEF, a dû beaucoup se justifier sur ce déjeuner.
10:55Marie-Lise Léon de la CFDT, comme la CGT, ont poussé des hauts cris.
10:59Le RN n'est pas un parti comme les autres.
11:01Est-ce que vous leur répondez ?
11:02Je m'étonne qu'en 2026, on se pose encore la question
11:05et qu'on soit encore sur les plateaux de télévision
11:07à se demander s'il est normal qu'un parti politique
11:10ait donné au second tour de la prochaine élection présidentielle
11:12et dans 99% des sondages donnés gagnant au second tour,
11:16qu'il y a le premier groupe de députés à l'Assemblée nationale,
11:19la première délégation de parlementaires au Parlement européen,
11:21plus de 70 maires qui ont été élus il y a quelques jours au municipal.
11:24On se demande s'il est normal que les chefs d'entreprise français,
11:27en tout cas la représentation des chefs d'entreprise français,
11:30dialoguent avec ce mouvement politique.
11:32Je veux dire, l'inverse serait une folie.
11:34Moi, je considère qu'il n'y aura pas de redressement du pays
11:38et de redressement de la France sans entreprises robustes
11:41et sans entreprises prospères.
11:43Je l'ai dit, il y a 5 millions d'entreprises en France
11:46et moi je souhaite aussi dans le cadre des prochaines élections présidentielles
11:49et législatives avec Marine Le Pen,
11:51porter des revendications qui sont celles aujourd'hui
11:53de nos chefs d'entreprise.
11:55Les chefs d'entreprise aujourd'hui...
11:56Plutôt libérales, donc d'inspiration plutôt libérale ces idées, non ?
11:59A faire face aux charges.
12:00Mais je suis pour la liberté d'entreprendre.
12:01Il n'y a pas de honte à cela.
12:02Il n'y a pas de honte à considérer qu'on a besoin d'entreprise.
12:04Il n'y a pas de contradiction avec la vision peut-être un peu plus socialitatiste de Marine Le Pen
12:07?
12:07Il n'y a aucune contradiction.
12:09Vous savez, il y a beaucoup de chefs d'entreprise
12:11qui parfois se lèvent bien avant leurs salariés le matin
12:14et qui font des économies considérables,
12:17parfois en gagnant moins que certains de leurs salariés.
12:20Et sans nos chefs d'entreprise, sans nos artisans,
12:22sans nos commerçants, sans nos TPE, PME,
12:24sans nos ETI qui sont des structures familiales
12:26et même sans nos grands groupes qui font le rayonnement
12:28de l'économie française en Europe mais partout dans le monde,
12:31eh bien la France ne serait pas.
12:33Donc pour redresser notre pays,
12:36demain nous aurons besoin aussi des entreprises françaises.
12:38Et moi je souhaite avec eux déverrouiller toutes les contraintes
12:41qui pèsent sur la croissance, sur les normes.
12:44Il faut simplifier.
12:45C'est l'objet de la lettre que vous leur envoyez.
12:46C'est l'objet de la lettre que j'ai effectivement adressée hier matin.
12:49Vous faites encore un constat, vous n'avez pas encore de remède.
12:51Bien sûr qu'on a des remèdes.
12:52Mais ça fait 20 ans que tout le monde parle,
12:56tous les politiques parlent de simplifier l'économie française.
12:58Vous savez, il y a beaucoup de chefs d'entreprise
13:00qui préféraient passer 6 jours sur 7 à l'atelier
13:02et qui sont contraints d'en passer deux enfermés dans leur bureau
13:05à remplir de la paperasse administrative
13:06et à adapter des contraintes réglementaires
13:08qui sont aujourd'hui insoutenables.
13:10J'entendais il y a quelques mois devant une commission d'enquête parlementaire
13:13le directeur général de Renault indiquer que dans les 10 prochaines années
13:1840% de la hausse du prix par exemple d'une Clio,
13:22d'un véhicule Clio sera imputable à 95%
13:25aux nouvelles normes et aux nouveaux règlements
13:27qui sont développés par la bureaucratie française
13:31et par la bureaucratie européenne.
13:32Donc on meurt de cet excès de bureaucratie.
13:34Donc il faut libérer l'entreprise française de ces excès de normes
13:38et donc le meilleur moyen d'y parvenir,
13:39c'est de s'adresser directement aux filières professionnelles
13:43et de leur demander secteur par secteur
13:45sur l'agriculture, sur l'industrie automobile,
13:47sur l'aéronautique, etc.
13:49Quels sont les points de blocage normatifs ?
13:52Il faut que les chefs d'entreprise
13:54et que les gens qui subissent au quotidien cet excès de normes
13:57soient évidemment associés à cette réduction d'impôt papier.
14:00Et si demain, bien sûr, mais il y en a beaucoup qui ne sont pas essentiels,
14:05qui sont en trop,
14:06et si demain nous arrivons à la tête du pays au printemps 2027,
14:09l'idée c'est de tout de suite, par ordonnance,
14:12éliminer un certain nombre d'impôts papiers
14:14qui pèsent aujourd'hui sur nos chefs d'entreprise.
14:16On a parlé de plein d'autres sujets,
14:17on a parlé du prêt d'énergie,
14:18on a parlé du patriotisme économique,
14:19On a parlé, évidemment, des retraites.
14:22Ce serait les inquiète.
14:23Je veux dire, le sujet des retraites
14:25va être au cœur de la prochaine campagne présidentielle, madame,
14:27parce qu'il y a 40 ans,
14:29il y avait 4 actifs pour 1 retraité.
14:32Il y a aujourd'hui 1,7 actifs pour 1 retraité.
14:35Donc il n'y a pas assez de gens
14:36qui, en quantité, travaillent dans notre pays.
14:39Et pour la France du travail,
14:40il est insupportable de voir peser toujours sur elle
14:42et de voir peser toujours sur les mêmes
14:44les efforts de l'ensemble de la société.
14:46Donc il y a une question de justice,
14:48et puis il y a une question aussi d'efficacité
14:50des politiques publiques.
14:51Et moi, je souhaite, dans cette élection,
14:53que le Rassemblement National soit le parti
14:55à la fois de la production,
14:56de la relance de l'économie française
14:58et aussi soit évidemment le porte-voix
15:00de nos artisans, de nos commerçants.
15:02Et dans le même temps, Jordan Bardella,
15:03ce parti qui parle avec les chefs d'entreprise,
15:05n'arrive pas à se financer.
15:06Vous nous confirmez que vous avez du mal
15:07à trouver un prêt pour la campagne de 2027
15:10et que vous allez devoir à nouveau
15:11vous tourner vers l'étranger
15:12pour financer cette campagne.
15:14Alors pour l'instant,
15:14je ne peux pas vous le confirmer
15:17ou vous l'infirmer
15:17puisque nous sommes en train de rechercher
15:19un établissement bancaire.
15:21Mais vous avez des difficultés ?
15:22Nous avons toujours, de toute manière,
15:24eu des difficultés
15:25parce que nous avons été pendant très longtemps
15:28le seul parti politique
15:29auquel les banques françaises
15:30ont refusé de prêter,
15:32ce que je trouve anormal,
15:33parce qu'encore une fois,
15:35un parti politique qui représente
15:36des millions de Français
15:36devrait pouvoir avoir accès
15:37à un financement
15:38par l'intermédiaire d'une banque
15:41comme tous les autres mouvements politiques.
15:43Donc nous travaillons,
15:44nous démarchons.
15:45Pour l'instant,
15:46des démarches sont en cours.
15:47Et j'ai bon espoir
15:48que les banques françaises
15:49puissent assurer et assumer
15:51dans le cadre de cette élection présidentielle
15:53pour tous les partis politiques
15:54et pour tous les candidats
15:54un rôle, je dirais,
15:57de conscience démocratique.
15:58D'accord.
15:58Bruno Retailleau
15:59vous accuse
16:00de tromper les Français
16:01sur votre programme économique.
16:02Il dit
16:02« Je l'attends au tournant.
16:03Que fait-il sur la retraite ? »
16:04Sur un chômage.
16:05La Sistana,
16:06les slogans,
16:06c'est bien,
16:06mais on a perdu trop de temps.
16:07Alors,
16:08il est gentil,
16:09M. Retailleau,
16:09mais il ferait mieux
16:10de concentrer son énergie
16:11sur M. Macron.
16:13Parce qu'il se trouve
16:14que M. Retailleau,
16:15il a été ministre
16:16pendant un an et demi
16:17d'Emmanuel Macron
16:18et qu'il s'est assis
16:18pendant des mois
16:19dans un conseil des ministres
16:20entre des socialistes,
16:21Elisabeth Borne,
16:22M. Valls
16:23et des macronistes
16:24qui ont fait beaucoup de mal
16:25à notre pays
16:25et je note
16:26qu'il n'y a jamais eu
16:26autant d'immigration
16:27que sous le ministère
16:29de l'Intérieur
16:29de M. Retailleau.
16:30Il veut mettre l'Espagne
16:31au banc des nations,
16:32justement,
16:33sur son programme
16:33de régularisation
16:34d'immigration.
16:35Très bien,
16:36mais je conçois très clair,
16:38peu importe
16:38ce que je ferai
16:39l'année prochaine,
16:40je ne vais pas passer
16:40l'intégralité
16:41de la campagne présidentielle
16:43et législative
16:43à taper sur M. Retailleau.
16:46Moi, je concentre mes coups
16:47sur ce qui sont aujourd'hui
16:50les problèmes des Français,
16:51ce qui est aujourd'hui
16:52le cœur des problèmes
16:53des Français
16:54et ça serait bien
16:55que les responsables politiques...
16:56Je propose peut-être
16:57que dans cette élection
16:58présidentielle,
16:59les candidats
16:59ne disent pas du mal
17:00de leurs adversaires
17:01mais disent plutôt
17:01ce qu'ils vont faire
17:02pour le pays
17:03et si tout le monde
17:04est d'accord avec cette règle,
17:06moi, je joue le jeu.
17:07On va leur proposer
17:08chaque matin.
17:09Le 2027, évidemment,
17:10est dans toutes les têtes.
17:11Vous nous confirmez
17:12qu'il n'y a pas une feuille
17:12de papier à cigarette
17:13entre vous et Marine Le Pen,
17:14c'est toujours l'entente total ?
17:14Alors, toujours pas.
17:15Vous pouvez me poser la question
17:16autant de fois
17:17que vous le souhaitez.
17:18On travaille main dans la main
17:20en grande intelligence
17:21avec beaucoup d'amitié
17:22et d'estime mutuelle.
17:24Parce qu'on vous voit
17:24beaucoup sur le devant
17:25de la scène,
17:25notamment internationale.
17:26Vous faites des déplacements
17:27à l'international.
17:28Oui, mais...
17:28C'est une façon
17:29de vous laisser le champ libre ?
17:30Nous travaillons ensemble
17:32et sans vous annoncer
17:33de scoop,
17:34nous ferons campagne ensemble
17:35dans le cadre
17:35de la prochaine élection
17:36présidentielle,
17:37peu importe qui sera candidat.
17:38Je souhaite qu'elle puisse
17:38porter nos couleurs
17:39et si la décision de justice
17:41devait être défavorable,
17:43eh bien, nous serons là
17:43quoi qu'il arrive.
17:45Marine a une légitimité,
17:46une expérience
17:47et une solidité
17:48qui est enviée, je crois,
17:48par beaucoup
17:49de nos adversaires politiques.
17:52On va prendre à ses côtés
17:52chaque jour.
17:53D'accord.
17:53Et si vous êtes candidat,
17:55vous, le programme économique
17:56sera très différent
17:56de celui de Marine Le Pen ?
17:57Vous avez deux visions
17:58assez différentes de l'économie ?
18:00Non, mais il ne faut pas
18:00raisonner entre deux personnalités.
18:04Le programme économique,
18:05en l'occurrence,
18:06c'est le projet pour le pays,
18:07il a vocation à répondre
18:08à une situation donnée.
18:08Il est évident que,
18:10en 2017,
18:11lorsqu'Emmanuel Macron
18:12est arrivé au pouvoir,
18:12il y avait 1200 milliards
18:13d'euros de dettes en moins
18:15et des taux d'intérêt
18:16qui avoisinaient les 1%.
18:17On n'est plus dans
18:17cette situation-là aujourd'hui.
18:19Et donc, on a besoin
18:20non seulement de baisser
18:21la mauvaise dépense publique
18:22parce que l'État vit au-dessus
18:23de ses moyens depuis 50 ans,
18:25de baisser la fiscalité
18:26pour rendre aux Français
18:27les fruits de leur travail.
18:28Et on a besoin,
18:29sur le plan économique,
18:30de faire en sorte
18:31que la France soit
18:31une grande nation,
18:33qu'on puisse avoir
18:33des entreprises robustes
18:34et qu'on puisse continuer
18:35à produire, à innover,
18:37à créer.
18:38Et pour moi,
18:38la croissance, la production
18:39et l'entreprise
18:40ne sont pas des mots honteux.
18:41Jordan Bardella,
18:42vous avez réglé l'équation
18:43vie publique, vie privée
18:44en vous affichant
18:45en couverture de Paris Match
18:46avec votre compagne.
18:48Est-ce que ça a fait baisser
18:49la pression médiatique ?
18:49Est-ce qu'il y a moins
18:50de paparazzi
18:50en bête chez vous, par exemple ?
18:52Ou il y en a toujours autant
18:53et donc ça n'a servi à rien ?
18:53Non, je ne crois pas.
18:54Il y en a toujours autant ?
18:56Écoutez, je...
18:57Donc vous êtes toujours
18:57traqué par les paparazzi ?
18:58Vous le savez, je l'ai dit.
18:59Ça n'a servi à rien ?
19:01Avec Carolina,
19:02j'ai été suivie
19:03pendant plusieurs semaines,
19:04pendant plusieurs mois
19:05par des photographes,
19:07par des paparazzi.
19:08Et au niveau
19:09où je fais de la politique,
19:10il est très compliqué pour moi
19:12de conserver
19:13une vie privée.
19:13Mais la pression est toujours là.
19:15La pression,
19:16elle est toujours là.
19:16et vous savez,
19:18la pression,
19:19compte tenu des responsabilités
19:20que j'ai aujourd'hui,
19:21de celles que j'aspire à avoir
19:23dans les prochains mois,
19:24si nous gagnons les élections,
19:27la pression sera d'autant plus forte.
19:29Donc je m'y suis habitué
19:30et ça fait partie
19:32des mauvais côtés
19:33de la vie politique.
19:34C'est-à-dire que c'est très difficile
19:35de conserver une vie privée.
19:36Et à partir du moment
19:37où vous êtes traqué
19:38pendant plusieurs semaines,
19:40le compte à rebours
19:41a démarré.
19:42Et donc nous avons décidé
19:43de ne plus nous cacher,
19:44d'assumer.
19:46Mais la pression est toujours là.
19:47C'est du sérieux,
19:48comme dirait l'autre.
19:49Effectivement,
19:50référence au passé.
19:51Le journal Le Monde
19:52a publié deux rectificatifs
19:53après un article
19:54qui était erroné
19:55concernant votre voyage en Corse
19:57qui était,
19:58soi-disant,
19:59jet privé.
19:59Vous avez été satisfait
20:01de ces deux rectificatifs
20:02du journal Le Monde ?
20:03D'abord,
20:03je ne voyais jamais voyager
20:04en jet privé de ma vie.
20:06Jamais ?
20:06Mais ce que je ne comprends pas
20:08de la part de la presse de gauche,
20:09en l'occurrence,
20:10c'est qu'on utilise
20:12mes sentiments
20:13et en tout cas
20:14une relation amoureuse
20:15pour m'attaquer personnellement.
20:17Donc moi,
20:17je le dis,
20:18je ne tolérerais pas
20:18qu'on attaque mon entourage,
20:20qu'on attaque en l'occurrence
20:20la personne qui partage ma vie.
20:23Je m'érigerais toujours
20:24en bouclier contre ça
20:25parce que je considère
20:25qu'on peut être en désaccord
20:27politiquement avec quelqu'un,
20:28combattre les idées politiques
20:29de quelqu'un
20:30sans s'attaquer aux gens
20:31qui sont autour.
20:32Et c'est vrai que la politique,
20:33c'est difficile,
20:34c'est violent.
20:34C'est une preuve du feu
20:34pour l'entourage.
20:35Et c'est d'abord...
20:36Oui,
20:37c'est difficile.
20:40Vous l'inviterez,
20:41vous lui poserez la question.
20:41Je ne pense pas
20:42qu'elle répondra.
20:42Comment le vit-elle ?
20:43Elle le vit très bien.
20:45C'est une femme
20:47extrêmement courageuse,
20:49intelligente,
20:50extrêmement élégante
20:51et qui a des qualités
20:53certaines.
20:54Donc,
20:55elle a cette solidité,
20:57elle a un nom,
20:59une histoire,
20:59un héritage
21:00qui peut-être
21:01l'a conditionné
21:02aussi dès le plus jeune âge
21:04à une forme d'exposition.
21:06Mais on arrive encore
21:07à se protéger.
21:08En tout cas,
21:08on est très heureux.
21:09Merci beaucoup,
21:09Jordan Bardell.
21:10C'est moi qui vous remercie.
21:11Ce matin,
21:11dans la grande interview
21:12sur CNews et sur Europe.
21:13Bonne journée à vous.
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