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Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview au CNews d'Europe 1, c'est Gérald Darmanin.
00:04Bonjour à vous. Merci d'être là, ministre de la Justice, bien sûr.
00:07Merci de réserver vos premières paroles à nos antennes, puisque vous revenez d'un voyage express en Algérie.
00:11Le but était de relancer la coopération judiciaire, quasi interrompue depuis deux ans,
00:16évoquée le sujet des biens mal acquis, et bien sûr la situation de notre compatriote, Christophe Glez.
00:20Qu'avez-vous obtenu, Gérald Darmanin, des autorités algériennes et du président Tebboune, que vous avez longuement rencontré hier ?
00:26D'abord, la reprise de notre coopération judiciaire, à la demande du président de la République française.
00:31Je me suis rendu en effet en Algérie, pour des moments très importants.
00:34D'abord, je pense évidemment à Christophe Glez, à sa maman, à sa libération prochaine, nous l'espérons toutes et
00:40tous.
00:40Vous avez des gages rassurants en la matière ?
00:42Je pense que ce n'est pas sur la plateforme de télévision qu'on peut le faire,
00:44mais en tout cas je peux dire que nous avons été très rassurés par la façon dont Christophe Glez d
00:50'ailleurs est traité.
00:51Et puis bien sûr, nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Glez non pas à la France, mais à
00:55sa mère.
00:56Et je pense que le président Tebboune, il sera sensible, en tout cas nous lui faisons confiance, je lui fais
01:00confiance pour cela.
01:01Vous ne dites pas à la France, mais c'est un compatriote français ?
01:03Oui, bien sûr, mais je pense que c'est avant tout une mère de famille qui est particulièrement blessée, touchée,
01:08qui a pu rencontrer le ministre de la Justice algérienne, qui a pu visiter son fils à plusieurs reprises.
01:13Voilà, je pense qu'il ne faut pas faire davantage de déclarations,
01:15mais nous sommes tous touchés par l'humanité de cette situation.
01:19Et je peux vous dire que j'avais, avec mon homologue, avec le président Tebboune, des échanges extrêmement francs sur
01:24cette question.
01:25Est-ce qu'il faut un peu gommer le côté français pour mettre en avant la situation humanitaire de notre
01:29compatriote journaliste,
01:30condamné à 7 ans de prison pour apologie du terrorisme ?
01:32D'abord, effectivement, maintenant sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait pourvent en cassation.
01:38Et voilà, c'est autoprésident Tebboune, me semble-t-il, que de pouvoir faire ce geste pour cette famille,
01:43et bien sûr pour notre bonne relation.
01:46Espérons-le dans les prochains jours.
01:49Pardon.
01:49Allez-y.
01:50Non, non, et nous avions d'autres sujets, notamment des coopérations judiciaires extrêmement importantes,
01:54de la lutte contre la criminalité organisée.
01:56Le narcotrafic.
01:57Oui, exactement, qui touchent les dirigeants de la DZ Mafia,
02:00mais qui touchent aussi d'autres sujets, qui touchent la sécurité de l'Algérie et la sécurité de la France.
02:04Le plus grand pays d'Europe, qui est la France, avec le plus grand pays d'Afrique, qui est l
02:08'Algérie,
02:09doivent se respecter et doivent aussi garantir leur sécurité.
02:13Depuis très longtemps, j'ai été quatre ans et demi ministre de l'Intérieur,
02:15je peux dire que nous avons avec l'Algérie une parfaite collaboration en matière de terrorisme.
02:20Ça, ça n'a jamais cessé ?
02:22Il y a sans doute eu ces derniers mois des difficultés,
02:25mais je peux assurer que si nous avons par exemple organisé les Jeux Olympiques d'été avec une grande efficacité,
02:31c'est parce que de grands pays étrangers, de grands services étrangers performants,
02:35comme l'Algérie, nous ont aidés à nous renseigner, à interpeller, à prévenir des attentats.
02:40Et c'est vrai parce que l'Algérie a, avec la France, un combat contre l'islamisme radical,
02:45contre le terrorisme islamiste, qui l'a touché dans sa chair.
02:47Vous savez qu'il y a eu des dizaines de milliers de morts, bien plus d'ailleurs, du terrorisme islamiste
02:52en Algérie.
02:53La décennie noire, vous parlez de 200 morts.
02:55Exactement. Et nous remercions l'Algérie de son combat continuel contre le terrorisme islamiste.
02:59Qui d'ailleurs se réponde dans tout le continent africain.
03:01Exactement, en Europe, dans le continent africain.
03:03Et l'Algérie est un partenaire essentiel.
03:05Quand on est mis à l'intérieur, on doit travailler avec l'Algérie, c'est le cas de la DGSI,
03:09c'est le cas de la DGSE.
03:10Le même partenariat, c'est ce que j'ai dit au président Tebboune, c'est ce que j'ai dit
03:13à mon homologue,
03:14dans la lutte contre la criminalité organisée.
03:16Qui est, elle aussi, une menace de sécurité intérieure extrêmement forte, qui touche la France et qui touche l'Algérie.
03:22Et je pense que, voilà, les autorités algériennes l'ont compris et nous sommes revenus avec de très nombreuses informations.
03:28Concernant quoi ? Des patrons de la DZ mafia qui sont en Algérie ?
03:31Concernant un certain nombre de personnes ou leur réseau, qui sont à la fois peut-être en Algérie, dont certains
03:39ont été interpellés,
03:40d'autres, j'espère, le seront dans les prochains jours, d'autres doivent être extradés vers la France,
03:45puisque aujourd'hui, ça fait très longtemps qu'on n'a pas obtenu d'extradition de la part de l
03:49'Algérie.
03:50Et de même que nous l'avons obtenu d'autres pays, et j'avais réussi, à la demande du président
03:55de la République,
03:56notamment avec des pays frontaliers de l'Algérie, avec le Maroc, à obtenir des extraditions de personnes qui sont extrêmement
04:01dangereuses.
04:02Félix Binghi, qui est jugé en ce moment même à Marseille.
04:04Voilà, notamment, alors que ça faisait des années que le Maroc n'avait pas extradé des dirigeants de mafia sur
04:10le sol européen,
04:11nous devons obtenir la même chose de nos amis algériens, pour ça, on doit leur parler avec respect et avec
04:15confiance.
04:16Avec respect et confiance, est-ce que ce respect est mutuel ? Est-ce que vous pensez que l'Algérie
04:19respecte la France, Gérald Darmenin ?
04:20Je pense que nous devons tous les deux progresser dans le respect de nos deux peuples et de nos deux
04:25gouvernements.
04:26On a des désaccords avec l'Algérie.
04:27Et j'ai personnellement avec...
04:29Sur quoi ?
04:29Je pense que de nombreux désaccords sur notre politique migratoire, sur une situation internationale.
04:35L'Algérie, par exemple, ne soutient pas l'Ukraine comme nous le soutenons.
04:38Ils ont, on le sait tous, une relation particulière avec les Russes.
04:41Mais la diplomatie consiste justement à parler avec les gens avec lesquels on n'est pas d'accord.
04:45Sinon, il n'y a pas de diplomatie.
04:47Et moi, je respecte l'Algérie, c'est un grand peuple.
04:49C'est le plus grand pays d'Afrique.
04:51On ne peut pas faire sans l'Algérie.
04:52Et je ne pense pas que l'Algérie puisse faire sans la France.
04:54Pourtant, vous aviez, à l'époque, quand Bruno Retailleau a instauré le rapport de force,
04:57dit que oui, il n'y a que le rapport de force qui marche.
05:00C'était votre position ?
05:00Alors, j'ai été quatre ans et demi ministre de l'Intérieur.
05:02Et en 2024, la dernière année où j'ai été ministre de l'Intérieur,
05:04j'ai réussi, grâce au travail qu'on avait avec nos amis algériens,
05:08expulsé trois mille personnes particulièrement dangereuses vers l'Algérie.
05:11J'ai toujours fait...
05:12J'ai essayé de le faire sans tambour ni trompette.
05:14Parce qu'en général, ce qu'aiment les Français, c'est l'efficacité politique, pas toujours les paroles.
05:19Bruno Retailleau a essayé de faire ce qu'il a pu.
05:21Et moi, je...
05:22Et ça n'a pas marché ?
05:22On avait deux styles différents.
05:24Je pense que ça saute aux yeux.
05:26Mais je respecte Bruno Retailleau.
05:27J'ai toujours pensé qu'il va aller mieux parler, quitte à dire nos désaccords,
05:31plutôt que d'avoir une inefficacité politique.
05:34Parce que quand on a une inefficacité politique, qui les paye ?
05:36C'est les Français.
05:38Parce qu'il y a des attentats qui peuvent se commettre sur le sol national.
05:40Après, il est vrai que l'Algérie, et Bruno Retailleau a eu raison de le dire,
05:43ne reprend pas tous ses ressortissants.
05:44Ce n'est pas le seul pays, d'ailleurs.
05:46Voilà.
05:46Nous devons continuer à faire ce travail.
05:48Et j'ai toute confiance dans le travail que fait Laurent Nunez,
05:50qui connaît bien ces questions et qui avait agi sous mon autorité à l'époque.
05:53Vous dites que la France avait un certain nombre de demandes,
05:55notamment d'extradition d'un certain nombre de personnalités.
05:57J'imagine que l'Algérie en avait aussi.
05:59Qu'est-ce que vous avez accepté ?
06:01Qu'est-ce que vous avez consacqué au régime algérien ?
06:02La France, elle a trois types de demandes.
06:04Elle a d'abord des demandes de renseignement.
06:06Nous devons savoir ce qui se passe chez les personnes
06:08qui ont quitté le sol national, parfois, pour fuir la justice française.
06:12Elle a ensuite une deuxième demande, qui est l'interpellation.
06:14Nous avons quelques objectifs, comme dirait la police judiciaire,
06:17à interpeller, qui ne doivent pas rester en liberté.
06:19En quoi, Algériens ?
06:20Ou Algériens ?
06:21Voilà, des gens qui sont binationaux, qui sont algériens,
06:24ou qui sont français, en effet, qui doivent être interpellés.
06:27Nous espérons être mis en détention.
06:29Et puis il y a des gens qui doivent être extradés, en effet,
06:30sur le territoire national,
06:31notamment dans ce qu'il s'agit de français, évidemment.
06:35Nous avons d'ailleurs des bonnes nouvelles de la Cour suprême algérienne
06:38pour obtenir ces extraditions.
06:39Et j'espère que dans les prochaines semaines,
06:41nous obtiendrons pour la première fois depuis extrêmement longtemps des extraditions.
06:44Est-ce qu'il y a des contreparties ?
06:45Alors, bien sûr qu'évidemment, l'Algérie demande des choses à la France.
06:48Et c'est tout à fait normal, notamment dans les affaires dites des biens mal acquis.
06:51Il y a plus de 130 demandes par les autorités judiciaires algériennes
06:54pour lutter contre la corruption du clan dit Bouteflika.
06:57Et le président Tebbou n'y est très attaché.
06:59Je lui ai assuré, c'est pour ça que je suis allé avec le procureur national financier
07:02qui m'a accompagné et qui, en toute indépendance, a pu parler avec ses homologues
07:06pour dire que nous prendrons en considération, évidemment, avec le plus grand des sérieux,
07:10les demandes du président Tebbou pour récupérer l'argent qui appartient au peuple algérien
07:14et qui a été détourné, j'attends les décisions de justice, évidemment,
07:18détourné par des dignitaires algériens qui ont trahi la confiance du peuple algérien.
07:22Est-ce qu'il y a d'autres demandes d'extradition qui vous ont été formulées par les autorités algériennes
07:25pour des opposants algériens ?
07:29Je pense notamment à ceux qui sont des opposants au président Tebbou
07:33ou à l'agent consulaire algérien détenu à Paris
07:35puisqu'il est accusé d'être impliqué dans l'enlèvement de l'influenceur algérien Amir Dezède.
07:39Alors, en ce qui concerne l'agent consulaire algérien,
07:41je ne ferai pas beaucoup d'autres remarques que de dire,
07:43et je l'ai rappelé aux autorités algériennes qu'il était bien traité.
07:45Il est en détention provisoire, décidé par un juge d'instruction.
07:47Il n'appartient pas au ministre de la Justice d'y intervenir,
07:50mais il est bien traité par l'administration française
07:53et nous espérons le plus rapidement possible que cette affaire soit jugée
07:56en respectant le temps de la justice pour que cela soit derrière nous.
07:59Mais ce n'est pas à moi d'intervenir, ce que j'ai rappelé au président algérien,
08:02comme nous n'intervenons pas dans les affaires algériennes.
08:05Et le deuxième sujet, en effet, il y a des opposants politiques qui existent.
08:09Réfugiés donc ?
08:10Certains ont le statut de réfugiés, d'autres ne l'ont pas,
08:12mais la France, bien évidemment, ne donne pas les opposants politiques.
08:17Au régime politique, mais évidemment, nous sommes très attentifs
08:21au fait que l'Algérie a un certain nombre de demandes de coopération judiciaire, policière
08:25et tout ce qui sera fait par le droit doit être fait.
08:27Il y a sans doute eu aussi des blocages côté français,
08:30parce qu'il y a eu des manques de moyens, notamment,
08:32quand on n'a qu'une seule personne au parquet national financier
08:34qui s'occupe des 130 demandes de lutte contre les biens malachés algériens.
08:38On peut aussi comprendre que nous n'avons pas toujours été en mode prioritaire
08:42pour ces demandes et nous le saurons désormais.
08:44Et il y aura une délégation, vous le compérez, de magistrats algériens
08:46qui vont venir enquêter en France ?
08:48Alors, nous les avons invités à venir début juin prochain
08:51et je remercie le président Tabou d'avoir accepté
08:53que les hauts dignitaires de la magistrature algérienne
08:56rencontrent tous les grands magistrats français
08:58pour faire avancer ces dossiers.
08:59La question de l'immigration n'est pas de votre ressort,
09:01évidemment, à celle de Laure Nunez,
09:03pour les laisser passer consulaires et les OQTF.
09:05Néanmoins, on voit que le nombre d'expulsions est encore extrêmement infime.
09:10Il était de zéro il y a quelques mois.
09:12Laure Nunez, à votre place, il y a quelques jours, disait que ça repartait.
09:16150, les ces consulaires accordés.
09:18Est-ce que c'est ça le travail de confiance que nous faisons avec l'Algérie ?
09:21On était partis, on était à 3500 expulsions en 2024.
09:25On est passé effectivement autour de zéro, voilà, en 2025.
09:29Voilà, Laure Nunez reprend un travail extrêmement difficile
09:31qu'il s'agit de renouer la confiance.
09:33Et déjà, quand on était à 3500 expulsions par an
09:36qui touchaient notamment des fiches S
09:37ou qui touchaient des personnes qui étaient des délinquants ou des criminels...
09:40On était loin du compte.
09:41On était à 30% de ce qu'on...
09:43Voilà, donc c'était les meilleurs résultats qu'obtenait la France
09:46et ce n'était pas très fameux.
09:47Mais au moins, on avait priorisé les gens les plus dangereux.
09:49S'il n'y a pas beaucoup d'attentats ces derniers temps,
09:53si on a pu organiser la Coupe du Monde de rugby,
09:55les Jeux olympiques d'été,
09:57sans qu'il y ait un seul attentat dans toute sécurité en France,
09:59c'est parce que nous avons fait ce travail lent, difficile
10:01et parfois très critiqué de coopération avec l'Algérie
10:05et avec d'autres pays.
10:07Donc moi, Laure Nunez est un grand professionnel,
10:09il le sait, souvent l'efficacité se voit à la fin
10:11et pas au début.
10:12Un tout petit mot des accords de 68.
10:14Edouard Philippe et Gabriel Attal disent tous les deux
10:16vouloir dénoncer cet accord franco-algérien
10:18qui confèrent un statut particulier aux Algériens
10:21en matière d'immigration, un privilège de Charles de Gaulle.
10:23À l'époque, vous partagez cette position ?
10:25C'est toujours le cas ?
10:26Oui, il faut dépasser cet accord.
10:28D'abord, je pense que l'Algérie de 1968...
10:30Il est obsolète ?
10:31Il y avait 25-26 millions d'Algériens en 1968.
10:35C'était des circonstances extrêmement différentes.
10:37La société était très différente.
10:39La France était très différente.
10:40Il faut dépasser ça.
10:41On n'est plus du temps du général de Gaulle.
10:44Donc il faut un traité avec l'Algérie.
10:46J'espère, je rêve un jour...
10:47Restrictif, plus restrictif ?
10:49Un jour, j'espère, un traité d'amitié.
10:50On n'en est pas du tout là, mais un traité d'amitié avec l'Algérie,
10:52mais qui respecte les deux pays.
10:53Donc il faudra renégocier très certainement,
10:55bien évidemment, ce traité et le dépasser.
10:58Je pense que les autorités algériennes le savent.
11:00Le président de la République française lui-même l'a dit,
11:02et le Premier ministre s'était exprimé.
11:04Sébastien Lecournu à la Semaine Nationale.
11:05Il faut dépasser ce traité et faire respecter nos pays
11:08et nos intérêts des deux côtés.
11:10Gérald Darmanin, on est sur CNews et sur Europe 1.
11:12Vous êtes la sixième personnalité française à se rendre en Algérie.
11:14On voit qu'il y a une accélération.
11:15Est-ce que le président Macron vous a reçu,
11:17vous partiez, vous a donné un ordre de mission précis
11:19en lui disant, je veux que ça soit réglé avec l'Algérie
11:22avant la fin de mon mandat ?
11:23Non, ce n'est pas comme ça que les choses fonctionnent.
11:25Le président de la République a une énorme expérience
11:27et il est respectueux, en tout cas, de ses ministres.
11:29Il m'a demandé d'agir en son nom,
11:31d'apporter des messages au président Tebboune,
11:33aux autorités algériennes, de confiance, de respect,
11:35de demande de respect réciproque et mutuel.
11:39Et en ce qui me concerne,
11:39m'occupant des affaires de l'État régaliennes
11:41depuis maintenant quasiment dix ans,
11:42auprès du président de la République,
11:44de porter un certain nombre d'échanges, de secrets.
11:47C'est un dossier qu'il veut régler ou pas ?
11:49Je pense que c'est important pour le président de la République
11:51de laisser une relation la plus saine possible
11:54avec l'Algérie, bien évidemment.
11:56Il s'est beaucoup impliqué dans ce dossier.
11:58Il n'a pas toujours été payé de retour.
12:01Il y a peut-être eu de chaque côté des difficultés.
12:04Nous ne sommes pas là pour nous soumettre.
12:06L'Algérie n'est pas là pour se soumettre.
12:07C'est un pays indépendant.
12:08La France est un pays indépendant.
12:09On est là pour se respecter.
12:10On a une histoire aussi très difficile avec l'Algérie.
12:13Est-ce qu'on peut tourner la page 64 ans après,
12:15Gérald Darmanin ?
12:15Est-ce qu'il n'est pas tant ?
12:18Personnellement, je suis né en 1982.
12:21Évidemment, pour moi,
12:25je n'ai pas la même vision et le même rapport
12:26à cette histoire que des personnes
12:28qui sont nées dans les années 40 ou dans les années 50.
12:31Mon grand-père était tirailleur algérien.
12:34Il a servi l'armée française.
12:35Il a choisi la France.
12:37Je pense que les Algériens savent que je les respecte.
12:40Je pense que les Français doivent être plus fiers d'eux-mêmes aussi
12:43et se faire respecter avec l'Algérie
12:45comme tous les autres pays qui nous entourent.
12:48Effectivement.
12:48Le Rassemblement national, lui,
12:51réclame une diplomatie de la fermeté
12:53et non de la courbette.
12:54Qu'est-ce que vous leur répondez, Gérald Darmanin ?
12:56La courbette, c'est ce qu'il avait contre M. Trump
12:58et M. Poutine, donc on n'a pas de leçon de courbette
13:02à avoir de la part du Rassemblement national.
13:04S'ils étaient en responsabilité,
13:06quand je me plaise, ils seraient obligés
13:07de parler au grand pays africain qu'est l'Algérie.
13:10Parfois avec des désaccords, bien évidemment.
13:12Nous parlons avec nos voisins
13:14et parfois nos amis.
13:16Je pense que chacun voit qu'avec l'Algérie,
13:18nous avons des relations qui sont entre chiens et chats.
13:20Mais nous devons nous parler,
13:22même quand c'est difficile.
13:23Et nos services secrets,
13:24je pense que c'est un point très important
13:25pour que les Français comprennent,
13:26se parlent quasiment quotidiennement
13:27pour la sécurité des Algériens et des Français.
13:31C'est-à-dire qu'en Algérie,
13:31il y a une frontière immense,
13:34notamment avec le Sahel.
13:35Ce qui se passe aujourd'hui au Mali,
13:37ce qui se passe en Mauritanie,
13:38ce qui se passe au Niger,
13:39ce qui se passe en Tunisie,
13:40ce qui se passe en Libye,
13:41c'est l'Algérie qui est également
13:43notre partenaire sur ce point.
13:44Nous ne devons pas laisser tomber les Algériens
13:46et les Algériens ne doivent pas nous laisser tomber.
13:47Donc même quand c'est très difficile,
13:49nous devons discuter avec eux.
13:50C'est peut-être pour ça que l'Algérie
13:51cherche des alliés et à pacifier,
13:54normaliser cette relation avec la France,
13:55Gérald Darmanin ?
13:55Dans les matières de défense,
13:57Mme Ruffeau l'a démontré,
13:59dans les matières diplomatiques,
14:00on aimerait parfois plus de soutien à l'Algérie,
14:02notamment sur le dossier ukrainien
14:03ou dans les affaires de sécurité, sécuritaire.
14:06Oui, nous devons nous aider mutuellement.
14:07Deux questions rapides encore sur ce sujet.
14:08Après, on passe à la France.
14:10Jean-Luc Mélenchon applaudit cette visite
14:11et il dit que c'est une excellente nouvelle.
14:13La brouille sans fin entre nos deux pays
14:15n'aurait pas de sens.
14:15Vous êtes à l'aise avec ce soutien ?
14:17J'ai vu que le président Mélenchon
14:19avait évoqué que ma visite était une bonne chose.
14:21Je ne suis pas sûr qu'on ait la même conception
14:23puisque nous, nous luttons fortement
14:24contre l'islamisme radical avec nos amis algériens
14:27et nous luttons fortement
14:28contre la criminalité organisée
14:30et la lutte contre la drogue.
14:31Ça n'a pas paru tout à fait évident
14:32dans les positions de M. Mélenchon ces derniers mois
14:33mais tant mieux,
14:34s'il y a une conversion, c'est une bonne chose.
14:36Le président de la République
14:37entend-il se rendre en Algérie
14:38si c'est la fin de son mandat ?
14:39C'est à lui de le décider
14:40et je pense personnellement
14:41que ce serait une bonne chose
14:42que les présidents algériens et français
14:44se rencontrent à nouveau.
14:45Gérald Darmanin,
14:45on est sur CNews et sur Europe 1.
14:47Depuis la fin du mois de janvier,
14:48on va parler de la protection de l'enfance,
14:49c'est un sujet qui vous tient à cœur.
14:50Une commission d'enquête parlementaire
14:52se penche sur le sort
14:52que la justice française
14:53réserve aux enfants
14:54qui annoncent des crimes d'inceste.
14:56Vous avez été auditionné
14:57il y a la semaine dernière,
14:58160 000 enfants seraient victimes
15:00de ces crimes.
15:01Vous avez défendu l'idée
15:02de protéger immédiatement
15:03les enfants en danger,
15:04une forme de justice prioritaire.
15:06En quoi ça consisterait exactement ?
15:09Ce serait d'appliquer
15:10le principe de précaution
15:11qui vaut pour l'écologie.
15:12Je pense qu'elle pourrait valoir
15:13pour les enfants
15:14lorsqu'il y a des dénonciations
15:16des soupçons d'inceste.
15:19Et on sait tous qu'ils existent
15:20et qu'ils existent
15:21de façon extrêmement nombreuse.
15:22Et aujourd'hui,
15:23la justice est trop lente,
15:24beaucoup trop lente.
15:25Et parfois condamne les mères,
15:26parce que c'est souvent les mères,
15:28qui ne rendent pas les enfants
15:29à leur père
15:30lorsqu'il y a un certain nombre
15:31de gardes alternés,
15:32par exemple,
15:32des divorces ou des séparations,
15:34et voire condamnent pénalement
15:35ces mères
15:35alors qu'elles essayent
15:36de protéger leurs enfants.
15:38Alors il s'agit,
15:39pour la justice,
15:39il y a un principe de précaution
15:40de dire,
15:41non, on ne donne pas l'enfant
15:42au père ou au grand-père
15:44s'il y a un soupçon.
15:44La condition, évidemment,
15:46c'est que ce soupçon
15:47doit être levé extrêmement vite
15:48et que la justice
15:49doit faire sa révolution
15:50pour qu'en quelques semaines,
15:51on puisse voir
15:52si ces faits sont avérés.
15:54Moi, je suis père de famille.
15:55Si pour une raison,
15:56pour une autre,
15:57demain,
15:57il y avait des difficultés
15:58dans ma famille,
15:58je comprendrais extrêmement bien
16:00que la loi de la République
16:01protège mes enfants
16:02quitte à ne pas les voir
16:02pendant plusieurs semaines.
16:04Mais aujourd'hui,
16:05nous livrons malheureusement
16:06à leurs bourreaux
16:07par notre mauvaise organisation,
16:09par notre naïveté,
16:10et aussi parce que,
16:11je l'ai dit,
16:11c'est une honte
16:12qui ne touche pas que la justice,
16:14qui touche toute la société.
16:15Nous ne faisons pas confiance
16:16à la parole de cet enfant.
16:17Donc, il faut des ordonnances
16:18de sûreté.
16:19Exactement.
16:20Placer sans délai un enfant
16:21sur lequel il y a une suspicion
16:22de maltraitance,
16:23on les place.
16:23Ou, Gérald Darlin,
16:24vous savez à quel point
16:25l'aide sociale à l'enfance
16:26est débordée ?
16:27Les centres de l'aide sociale
16:28à l'enfance sont saturés.
16:29Alors, il y a deux choses différentes.
16:31Il y a évidemment le drame
16:32que représente déjà
16:33l'aide sociale à l'enfance
16:34avec des centaines de milliers
16:35de gamins depuis des années
16:37qui ont plus de chances
16:39d'être handicapés que les autres.
16:40Ils vont vivre 20 ans de moins
16:42que les autres dans un département.
16:4345% d'entre eux
16:44sont issus de l'AZE
16:45pour les SDF.
16:46Bien sûr.
16:47Voilà, une chance sur deux
16:48d'être SDF dans leur vie
16:49avec des difficultés
16:50extrêmement fortes.
16:51Avec Stéphanie Riste,
16:52nous portons un projet de loi
16:53extrêmement ambitieux
16:54qui vise à restructurer
16:55cette aide sociale à l'enfance.
16:56Mais par ailleurs,
16:57il y a aussi plein d'incestes
16:58qui se déroulent dans des familles
16:59qui ne sont pas
17:00à l'aide sociale à l'enfance.
17:01Ça touche tous les milieux sociaux.
17:03Je ne voudrais pas qu'on pense
17:03que ce ne sont que des milieux
17:05les plus pauvres
17:05ou les plus ouvriers
17:07qui seraient concernés.
17:08Bien évidemment,
17:08ça touche tous les milieux sociaux
17:09et c'est leur mère,
17:10leur famille
17:11qui peut les protéger.
17:12Donc concrètement,
17:13nous avons un projet de loi
17:14qui arrive,
17:14ça a été validé
17:15par le Conseil d'État
17:16qui arrive à la table
17:17du Conseil des ministres
17:18et je propose
17:19une ordonnance de sûreté
17:20qui aujourd'hui dit
17:22ben voilà,
17:22s'il y a une suspicion,
17:23c'est une dénonciation d'inceste
17:24et bien nous avons
17:26ou de maltraitance
17:26de manière générale,
17:28nous avons une justice
17:28qui en quelques heures
17:30est capable de mettre à l'abri
17:31auprès de sa famille
17:32ou ailleurs,
17:33si il s'agit d'aide sociale à l'enfance,
17:34un enfant.
17:35La justice agira très vite,
17:38suivra très rapidement
17:39une sorte de bretelle d'autoroute
17:40prioritaire pour la lutte
17:41contre l'inceste
17:43et contre les viols
17:43et protégera cet enfant.
17:45Est-ce qu'il faut
17:45que ces crimes d'inceste
17:46soient imprescriptibles,
17:47monsieur le garde des Sceaux ?
17:48Oui,
17:49je me suis exprimé
17:50depuis de nombreux mois
17:51désormais sur le fait
17:52que j'étais pour l'imprescriptibilité
17:55des crimes qui touchaient les enfants.
17:56Il y a un débat fort
17:57dans le monde du droit,
17:59dans la magistrature
17:59pour s'y opposer,
18:00comme qu'on doit pardonner.
18:02Aujourd'hui,
18:02les crimes sont imprescriptibles
18:05que pour les crimes
18:05contre l'humanité.
18:06Moi, je pense
18:07qu'on tue l'humanité
18:09d'un enfant,
18:10d'un adulte,
18:11plus tard,
18:12lorsqu'il a été violé
18:13par ceux
18:15qui sont censés
18:15les protéger,
18:16par ailleurs,
18:16ses parents,
18:17ses grands-parents,
18:18ses cousins.
18:19Je pense que oui,
18:20il faut mettre fin
18:22à ce déni,
18:23surtout que les preuves
18:24d'aujourd'hui
18:24ne sont pas les preuves
18:25de 1960.
18:26On dit souvent
18:26qu'il faut refuser
18:28l'imprescriptibilité
18:29parce qu'on n'a pas les preuves
18:30et que ce sont des procès
18:31sans preuves.
18:31Mais d'abord,
18:32les adultes mettent
18:33énormément de temps
18:34à dire qu'ils ont été violés
18:35quand ils étaient petits.
18:36Moi, j'ai personnellement
18:37un témoignage personnel
18:38de quelqu'un
18:39qui, sur son lit de mort,
18:40a plus de 70 ans,
18:41a avoué que quand il était petit,
18:42il avait été violé.
18:43Je pense que c'est vraiment
18:45quelque chose
18:45qui nous touche
18:45toutes et tous.
18:46Donc, il faut comprendre
18:47ce temps aussi
18:48de l'aveu.
18:50Et deuxièmement,
18:50les preuves d'aujourd'hui,
18:51les preuves numériques,
18:52notamment les preuves médicales,
18:53seront bien mieux gardées
18:54dans 20, 30 ou 40 ans
18:56que les preuves
18:57des années 1960.
18:58Donc oui,
18:58je suis pour mettre
19:00l'imprescriptibilité
19:01pour les crimes
19:02qui touchent les enfants.
19:02Gérald Darmanin,
19:03vous portez aussi
19:03un projet de loi
19:04pour la justice criminelle,
19:05le respect des victimes.
19:06Le premier volet de ce plan sûr
19:07a été adopté au Sénat.
19:08Il sera débattu,
19:09on l'espère,
19:10et voté fin juin
19:10à l'Assemblée.
19:11L'objectif,
19:12c'est d'accélérer
19:12le traitement
19:13des affaires criminelles
19:14tout en renforçant
19:15la place des victimes
19:15dans le système.
19:16Et accélérer,
19:17c'est vraiment
19:18le nœud de la justice.
19:20C'est pour ça
19:20qu'il y a une défiance
19:21des Français
19:21par rapport à la justice
19:22sur la durée de traitement
19:24des affaires criminelles.
19:26Je crois qu'on est
19:26sur un délai
19:27de 6 ans pour des viols,
19:288 ans pour des homicides.
19:29En première instance.
19:30En première instance.
19:30Sans l'appel.
19:31Vous vous rendez compte,
19:32il y a des gens
19:32qu'on peut remettre en liberté
19:33alors qu'ils sont coupables.
19:34Comment est-ce que
19:35vous pensez pouvoir
19:36accélérer cela ?
19:37Il y a une question de moyens.
19:38Il y a 450 magistrats
19:39de plus qui arrivent
19:40en septembre.
19:41Le président de la République
19:41a augmenté de 1 500
19:42le nombre de magistrats
19:43en 6 ans.
19:44C'est un effort
19:44absolument considérable.
19:45Et puis,
19:46il y a une question
19:46d'organisation.
19:47Nous ne sommes pas organisés
19:48comme les autres pays
19:49qui nous entourent.
19:49Et en effet,
19:506 ans pour attendre
19:52un jugement pour viol,
19:538 ans pour un crime,
19:54ça n'a pas de sens.
19:54Ça n'a pas de sens
19:55pour les victimes,
19:56évidemment,
19:56qui ne peuvent pas
19:57se reconstruire.
19:57Pour les gens
19:58qui sont en détention
19:58provisoire,
19:59en effet,
20:00qui ne sont pas jugés
20:00et qui parfois
20:01sont libérés
20:01alors qu'ils sont dangereux.
20:03Et ça n'a pas de sens
20:03pour la peine prononcée
20:048 ans après.
20:06Donc,
20:06il ne faut pas
20:07que nous accélérions
20:08parce que j'aimerais bien
20:09mais on ne peut pas.
20:09Déjà,
20:10si on divise par deux
20:10ce délai,
20:11non pas 6 ans d'attente
20:12pour un viol
20:13mais 3 ans,
20:13ce serait déjà beaucoup.
20:15Ce serait déjà beaucoup
20:16mais c'est l'objectif
20:17qu'on se donne
20:17dans les 3 ans qui viennent
20:19par des moyens supplémentaires
20:20et par cette loi.
20:21Cette loi,
20:21elle est combattue
20:22parce que nous bousculons
20:23évidemment l'organisation
20:24de la justice
20:25par des gens.
20:26Les magistrats ?
20:27Non,
20:27les magistrats ont voté
20:28très majoritairement
20:29sauf le syndicat
20:30de la magistrature
20:31pour ce texte.
20:33Pour la première fois,
20:34c'est un texte
20:35qui a été voté
20:35au conseil syndical
20:36du ministère de la Justice
20:38et a soutenu
20:38une garde des Sceaux
20:39dans cette démarche.
20:40Non,
20:41mais je peux comprendre
20:41les questions
20:42des avocats pénalistes,
20:43parfois de l'opposition,
20:45parfois des associations.
20:45Elles sont très sincères.
20:47C'est pour ça
20:47que vous avez reculé
20:47sur le plaidé coupé
20:49criminel
20:49qui devait concerner
20:50les viols
20:51et les agressions sexuelles.
20:53Si j'avais une majorité
20:54à l'Assemblée nationale,
20:55évidemment,
20:55nous serions dans
20:56une autre discussion
20:57mais je fais de la politique
20:58avec la réalité.
20:59J'essaye de convaincre
21:00que tout autour de nous,
21:02il y a une nouvelle organisation
21:03de la justice criminelle
21:04parce que ce qui compte,
21:06c'est de pouvoir juger les crimes.
21:07Moi,
21:07j'ai des victimes
21:08qui me disent
21:08celui que j'ai accusé
21:09est mort.
21:10Et après 3 ans d'instruction
21:12et 3 ans d'attente,
21:13on m'explique
21:13que je n'aurai pas de procès
21:14puisque l'accusé est mort.
21:16On ne juge pas
21:17les morts en France.
21:18J'ai des victimes
21:18qui disent
21:19mais moi je ne comprends pas,
21:20il a passé 2 ans
21:21de détention provisoire,
21:22aujourd'hui il s'est remarié,
21:23il a eu des enfants,
21:23je m'en veux,
21:24dit la victime,
21:25parce qu'il va être envoyé
21:27en prison s'il est condamné
21:28alors qu'il est désormais
21:28père de famille.
21:29On ne peut pas faire subir ça
21:30aux victimes.
21:31Et la France doit pouvoir
21:33organiser mieux sa justice
21:34en respectant les droits
21:35de la défense,
21:36en respectant la présomption
21:37d'une offence,
21:38surtout en respectant
21:39les victimes.
21:40Le problème,
21:40c'est pareil qu'avec les enfants,
21:41nous ne mettons pas
21:42les victimes au centre
21:43du fonctionnement
21:43de la justice.
21:44C'est ça notre difficulté
21:45en France.
21:46C'est le procès de l'accusé,
21:47c'est le procès de la psychologie
21:49de l'accusé,
21:49mais ce n'est pas le procès
21:51de la victime
21:51qui est davantage
21:57mis à l'écoute
21:59de la société
22:00dans d'autres sociétés.
22:01Et nous devons mettre
22:02davantage la victime
22:03au centre
22:03de notre système judiciaire.
22:04Donc ce plaidé coupable
22:05criminel que vous proposez
22:07avec l'accord de la victime
22:08et le parquet
22:08concernerait qui finalement ?
22:09Si vous excluez
22:10les victimes de viol
22:11et de crimes passifs
22:12de la guerre ?
22:12Pour l'instant,
22:12nous proposons pour les braquages
22:14qui sont des crimes
22:15et pour les coups mortels.
22:17On a compris que pour les viols,
22:18il y avait des questions
22:18de sensibilité qui s'exprimaient.
22:20Je le respecte tout à fait.
22:21Je ne veux pas
22:21que ce plaidé coupable
22:22soit mal compris.
22:23Mais ça concernerait quoi ?
22:24Quelques dizaines d'indices ?
22:25Oui, aujourd'hui, bien sûr.
22:26Mais ce qui est important
22:28de savoir quand même,
22:29c'est qu'il va falloir
22:29qu'on réfléchisse à ce procès.
22:30La victime,
22:32il y a plein de victimes
22:33qui veulent le procès cathartique,
22:34bien sûr.
22:35Et il y a des victimes
22:35qui ne le veulent pas.
22:36Qui ne veulent pas
22:37que l'expert psychiatre
22:38rappelle qu'elles ont été
22:39malmenées quand elles étaient petites
22:40ou que l'avocat de la défense
22:42les malmène.
22:43Alors, c'est au magistrat
22:44de bien gérer cela.
22:45Il y a plein d'autres choses
22:46dans cette loi.
22:47Par exemple, aujourd'hui,
22:48le fait que l'avocat
22:48sera obligatoire
22:49pour le dépôt de plainte
22:50des victimes
22:50dans les commissariats
22:51et les brigades de gendarmerie.
22:52Ce n'est pas le cas.
22:53Aujourd'hui, par exemple,
22:55c'est le fait que tous les magistrats
22:56devront être obligatoirement
22:57reformés aux violences sexuelles
22:59pour juger des crimes
23:00de violences sexuelles.
23:01Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
23:02Donc, il y a vraiment
23:02une révolution avec cette loi
23:04et j'inspire, j'espère,
23:06que le Parlement la votera,
23:07la mandera et la votera.
23:08Sur la délinquance des mineurs,
23:10on sait le fléau
23:10que ça représente aujourd'hui
23:11dans notre pays.
23:12La loi sur la délinquance
23:14proposait que l'excuse
23:15de minorité pour les 7-18 ans
23:16devienne l'exception
23:17et non plus la règle.
23:17Ça a été censuré
23:18par le Conseil constitutionnel.
23:19Vous allez la reproposer ?
23:20Alors, aujourd'hui, non.
23:21Je n'ai pas de texte
23:23pour le faire,
23:23mais moi, je suis très favorable
23:24à la fin de l'excuse de minorité.
23:26Je l'ai dit,
23:27sans doute qu'il faudra
23:28réformer la Constitution,
23:30manifestement.
23:30J'espère que le prochain
23:32président de la République
23:33et sa majorité parlementaire
23:35changeront la Constitution.
23:36Vous êtes sûr
23:36qu'il y aura une majorité
23:37après l'élection du président
23:38de la République ?
23:39Je le souhaite.
23:40J'espère que notre candidat,
23:43de la droite modérée,
23:44du centre et de la droite,
23:45de la droite et du centre,
23:46gagnera l'élection présidentielle.
23:48Il y aura une majorité
23:49pour réformer le pays.
23:50Alors, quel candidat ?
23:51On a l'impression
23:51qu'il y a plus de candidats
23:52que d'idées
23:52dans ce fameux bloc central.
23:54Qu'est-ce que vous proposez,
23:54vous, Gérald Darmanin ?
23:55Est-ce que vous êtes candidat,
23:56tout simplement, déjà ?
23:57Je suis, je pense,
23:58tout le monde le voit,
23:59aux affaires de l'État.
24:00Et l'élection présidentielle,
24:01c'est dans un an.
24:01Ça n'empêche pas
24:02de préparer la suite.
24:02Oui, mais un candidat par jour,
24:04je trouve que c'est un peu excessif.
24:05Et j'entends ce qu'on me dit,
24:06notamment à Tourcoing,
24:07chez moi.
24:08On me dit,
24:08mais attendez,
24:08mettez-vous d'accord.
24:09Voilà.
24:09Donc, moi,
24:21j'en serais très heureux
24:22et j'aurais été utile
24:22à mon pays,
24:23d'aider d'avoir un seul candidat.
24:25Et je pense que pour cela...
24:26Par une primaire ?
24:27Oui, je suis favorable
24:29à la primaire.
24:30Je ne vois plus très bien
24:30comment on l'organise désormais.
24:31Et moi, je souhaite désormais
24:33que les idées l'emportent
24:33sur les égaux
24:34et les idées l'emportent
24:35sur les candidatures.
24:36Et les Français,
24:37alors, trouveront leur candidat
24:38et donc leur prochain président
24:39de la République
24:39ou leur prochaine présidente
24:40de la République.
24:41Gabriel, vous évoquez
24:43Marine Le Pen.
24:44Il y a plein d'autres femmes
24:45que Marine Le Pen.
24:46Dont le sort est entre les mains
24:47des juges
24:48puisqu'elle attend
24:48le résultat de son procès
24:50en appel.
24:51Oui, je n'ai pas de commentaire
24:52à faire.
24:52Est-ce que c'est normal
24:52que ce soit la justice
24:53qui décide qui peut se présenter
24:54à l'élection présidentielle ?
24:55Je me dis à la justice,
24:55il ne m'appartient pas
24:56de commenter un procès
24:57qui est en cours.
24:58Mais l'homme politique le pense ?
24:59Oui, mais pour l'instant,
25:00il n'est pas libre,
25:00l'homme politique,
25:01puisqu'il est ministre
25:01et il a la charge de sa fonction.
25:03Et quand on est ministre,
25:04on respecte la charge de sa fonction.
25:05Il y a Gabriel Attal
25:06qui s'apprête
25:07à déclarer sa candidature,
25:08Gérald Darmanin,
25:08Edouard Philippe,
25:09dont on dit que vous êtes proche,
25:10il vous aurait même proposé
25:11de diriger sa campagne.
25:12Est-ce que c'est le cas
25:13et est-ce que vous allez accepter ?
25:15Non, je ne dirigerai pas
25:16une campagne présidentielle.
25:18Je porte une ligne politique
25:19qui est celle
25:20de la droite sociale,
25:21du gaullisme social.
25:23Je me suis engagé
25:23pour Philippe Séguin.
25:24Peut-être que c'est un peu daté,
25:25mais en tout cas,
25:26moi, je crois
25:26qu'on peut être de droite
25:27en respectant l'ordre,
25:28mais sans être omnibilé
25:30par l'argent
25:30et qu'on s'intéresse
25:31à l'homme,
25:32à la condition de l'homme,
25:33comme disait le général de Gaulle.
25:34Voilà, donc moi,
25:35je porte cet espace.
25:36Je suis une heure pas de Calais,
25:37je suis pétri
25:37de ce catholicisme social-là
25:39et donc j'essaie
25:41d'avoir cet espace politique
25:42à la fois de l'ordre
25:43et de la protection
25:44et en même temps
25:44de l'écoute sociale
25:45et de l'humanité
25:45envers nos concitoyens.
25:48C'est ce qui m'intéresse.
25:49Ce n'est pas de diriger
25:49une campagne électorale
25:50ou de faire partie
25:51de je ne sais quel autre gouvernement.
25:52C'est de porter
25:52cette ligne politique.
25:53J'espère que les candidats
25:54avec son présidentiel
25:56entendront que c'est
25:56sur cette ligne politique
25:57que l'on gagne.
25:58La fracture sociale
25:58de Jacques Chirac,
26:00le gaullisme,
26:01je pense d'ailleurs
26:02qu'une partie,
26:02me semble-t-il,
26:03de ce qu'a fait Emmanuel Macron
26:04en 2017
26:06était aussi,
26:08non pas en même temps,
26:09mais comprendre
26:10qu'on ne pouvait pas
26:11être bêtement de droite
26:11ou bêtement de gauche,
26:12j'espère que les candidats
26:14sur le présidentiel
26:14comprendront que cet espace politique
26:15est le plus important
26:16pour la France.
26:16C'est celui que je porterai.
26:17Bien sûr,
26:18et si vous porterez,
26:19parce que si personne
26:19ne porte ses idées,
26:20est-ce que ce ne sera pas à vous
26:21que cela encombera ?
26:23C'est la responsabilité
26:24d'un homme politique
26:24que de porter ses idées
26:25jusqu'au bout, en effet,
26:26mais je ne désespère pas
26:29c'est l'écoute sociale
26:31et la protection
26:31de nos concitoyens
26:32et ce n'est ni l'argent roi
26:34ni la naïveté
26:35sur le plan de la sécurité.
26:36Avec un pays
26:36lourdement en été
26:38qui fait en sorte
26:39que nous n'avons plus
26:40aucune marge de manœuvre
26:41pour venir en aide
26:42aux Français
26:42qui en ont plus besoin.
26:42Oui, nous avons plus
26:43de difficultés qu'à l'heure,
26:44mais enfin la France
26:44elle s'est relevée
26:45de tas de difficultés,
26:47des crises financières
26:47quand le général de Gaulle
26:48est arrivé au pouvoir,
26:50quand la Ve République est née,
26:51au lendemain de la guerre
26:52en 1940,
26:53au lendemain de la guerre
26:53en 1914,
26:54on n'est pas foutu.
26:55Moi ce que je n'aime pas...
26:57Il n'est pas foutu
26:57mais 1000 milliards de dettes en plus
26:58ça pèse sur les épaules
26:59de la France.
26:59Mais la France a toujours
27:00su se relever,
27:01évidemment il faut avoir
27:02un constat clair.
27:03Mais par exemple
27:03le discours sur l'effort
27:04par exemple
27:05m'a toujours un peu gêné.
27:06Bien sûr qu'il faut
27:07travailler davantage
27:08mais il y a beaucoup de gens
27:08qui travaillent beaucoup.
27:10Vous savez que même Dieu
27:11au bout du septième jour
27:12a demandé aux gens
27:12qu'il fallait se reposer.
27:15Il faut un discours
27:16sur les efforts
27:17et un discours aussi
27:17sur le réconfort.
27:18Il y a plein de gens
27:19qui se posent des questions
27:20qui n'arrivent pas
27:20à vivre du fruit de leur travail
27:25dont on ne sait pas très bien
27:26pourquoi ils ont un master
27:26et ils n'arrivent pas
27:27à trouver un boulot
27:28à plus de 1500 euros par mois.
27:30Il y a plein de désespérance.
27:31Il y a plein de gens
27:32issus d'immigration
27:32qui n'y arrivent pas
27:33alors qu'ils bossent beaucoup.
27:34Il y a plein de gamins
27:34qui sont élevés seuls
27:35par leur père de famille.
27:36Les femmes seules
27:37c'est un énorme problème
27:39social dans notre pays.
27:41Je pense que le candidat
27:42de la droite
27:43doit aussi avoir
27:44cette sensibilité-là.
27:46S'il ne l'a pas
27:47il perdra l'élection présidentielle.
27:48S'il l'a,
27:49s'il est capable
27:49à la fois de dire
27:50qu'il faut défaire des efforts
27:51et en même temps
27:51réconforter ceux
27:52qui font des efforts
27:53alors il gagnera
27:54et il aidera notre pays
27:55à avoir une majorité
27:55à réformer le pays.
27:56Vous dites le candidat
27:57de la droite
27:57et non pas le candidat
27:58du centre, Gérald Darman.
27:59La droite et du centre
28:00bien évidemment
28:00mais moi je suis un homme
28:01de droite
28:02qui a toujours pensé
28:02qu'il ne fallait pas
28:03être bêtement de droite.
28:04Et si c'est Bruno Rotaillot
28:05qui se dégage dans les sondages
28:06vous le soutiendrez ?
28:07Oui à condition
28:07qu'il ait une ligne sociale.
28:10Pas le cas ?
28:10Je la trouve très conservatrice
28:12et très libérale.
28:13Mais c'est normal
28:13moi je viens du séguenisme
28:14il vient d'ailleurs
28:15Bruno Rotaillot
28:16il y a plusieurs droites
28:17en France
28:18chacun le sait.
28:19Voilà moi je suis un gaulliste
28:21qui est très fier
28:23d'appartenir
28:24à une région ouvrière
28:25et il y a pour ça
28:26d'ailleurs que sur le 1er mai
28:27je n'ai pas compris
28:27la position de la droite
28:28de ne pas respecter
28:29la dignité des ouvriers.
28:31C'est le Noël des ouvriers
28:32le 1er mai.
28:32Vous dites qu'il faut
28:33travailler plus
28:33et vous dites
28:34pour ceux qui sont volontaires
28:35à l'avance
28:35C'est pas toujours
28:36aux femmes de bénage
28:37et aux ouvriers
28:37de travailler plus.
28:38Il y a des cadres
28:38qui ont des RTT
28:39Il y a des gens
28:40qui travaillent aussi ?
28:41Oui mais moi je trouve
28:42qu'il y a beaucoup de gens
28:42les gines textiles de Tourcoing
28:43ou vous savez
28:44les dames qui mettent
28:45des sardines
28:46dans les boîtes
28:46go de conserve
28:47à Boulogne-sur-Mer
28:48Personne n'aimerait
28:49avoir leur travail
28:49il faut les respecter.
28:50Est-ce que le second tour
28:52RN et LFI
28:52est inéluctable
28:53à vos yeux Gérald Darmanin
28:54en 2027 ?
28:55Il est de plus en plus probable
28:57puisque nous sommes
28:58de plus en plus bêtes
28:58donc il faut que nous soyons
29:00moins bêtes
29:00que nous ayons un seul candidat
29:02qu'on mette fin aux égaux
29:04et alors on sera au second tour
29:05mais sur un projet.
29:06Et vous choisirez quoi
29:07si c'est le RN et LFI ?
29:08Vous mettez un signe égal ou pas ?
29:09Attendez moi je suis un acteur
29:10et je suis là pour empêcher
29:11Ça ne se produise pas
29:12ok très bien
29:12Est-ce que le RN
29:13c'est égal à LFI ?
29:15Que ce scénario horrible
29:16ce scénario horrible arrive
29:17mais le Rassemblement National
29:18a un programme communiste
29:19économiquement
29:20je ne suis pas communiste
29:20économiquement.
29:21Et LFI ?
29:22LFI est dangereux pour la France
29:23notamment du point de vue
29:24du soutien aux policiers
29:25qu'ils n'ont pas par exemple
29:26donc pour moi
29:27ce sont évidemment
29:29des scénarios absolument à éviter
29:31pour le bonheur de notre pays.
29:32Deux questions très rapides
29:33pour terminer
29:33est-ce que vous comprenez
29:35Gérald Darmanin
29:35la polémique autour du film
29:36L'abandon
29:36qui retrace les derniers jours
29:37du professeur Samuel Paty
29:39décapité par un terrorisme islamiste
29:41comment est-ce que vous expliquez
29:42que six ans après
29:43il peut y avoir encore
29:44une controverse
29:45venant de l'extrême gauche
29:46sur ce sujet ?
29:47Et faut-il projeter ce film
29:49dans les collèges et les lycées ?
29:50Moi je trouve que oui
29:52la société en tout cas
29:54pendant longtemps
29:54a abandonné
29:55les gens courageux
29:56comme l'était Samuel Paty
29:57et plein d'autres professeurs
29:58ou médecins
29:59ou agents publics aujourd'hui
30:00et vous savez
30:01j'ai été le ministre
30:03au moment où arrivent ces drames
30:04et également celui
30:06de Dominique Bernard
30:06qui avait été très attaqué
30:07au Parlement
30:08notamment en effet
30:08par l'extrême gauche
30:10tant mieux si désormais
30:11le séparatisme
30:12l'entrisme est compris
30:12par nos concitoyens
30:14et oui
30:14dès qu'on pourra dire
30:15aux jeunes enfants
30:16de la République
30:17qu'il y a des héros
30:18tous les jours
30:18qui sont leurs professeurs
30:19qui leur apprennent la laïcité
30:20c'est une très bonne chose
30:20Une dernière question
30:21concerne Robert Ménard
30:22maire de Béziers
30:23qui va passer le 30 septembre prochain
30:24devant le tribunal correctionnel
30:25pour avoir refusé de marier
30:26un homme en situation irrégulière
30:28et faisant l'objet
30:29d'une OQTF
30:30il risque 50 prisons
30:31des 75 000 euros d'amome
30:33il pourrait perdre son mandat
30:34alors qu'il vient d'être élu
30:35à 65%
30:36est-ce que c'est une situation
30:37comme l'a dit Emmanuel Macron
30:39hubesque
30:39et comment pouvez-vous y remédier ?
30:41Je suis passion
30:41que j'en ai un grand service
30:42à M. Ménard
30:43en commentant le procès
30:45qu'il va connaître
30:46mais je veux lui dire
30:47et il le sait
30:47puisque je l'ai eu longtemps
30:48je l'ai eu plusieurs fois
30:49au téléphone
30:50et je l'ai vu à plusieurs reprises
30:52c'est un homme de bien
30:53que j'ai porté
30:54je porte une loi
30:55en ce moment
30:55avec le Parlement
30:56je pense au sénateur Demi
30:58pour en effet
30:59que les maires
30:59ne puissent pas être condamnés
31:00s'ils refusent
31:01de pouvoir marier
31:03un OQTF
31:03et on va même plus loin
31:04d'empêcher
31:06le mariage
31:06d'une personne
31:07dont la République
31:08a dit qu'elle ne pouvait pas
31:08rester sur le territoire national
31:09alors c'est un peu compliqué
31:10parce qu'il y a des conventions
31:11internationales
31:12mais je veux dire à M. Ménard
31:13que nous nous bougeons
31:14beaucoup pour changer la loi
31:15Merci beaucoup Gérald Darmanin
31:17Garde des Sceaux
31:17qui était notre invité exceptionnel
31:18ce matin sur CNews
31:19et sur Europe 1
31:20Bonne journée à vous
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