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La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé était l’invitée de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:02Et notre grande invitée aujourd'hui dans la grande interview CNews et Europe 1, c'est Aurore Berger.
00:06Bonjour à vous, ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les
00:11discriminations.
00:11On va évoquer cette soirée du premier tour des municipales avec des résultats plus que mitigés pour le bloc central
00:18que vous représentez.
00:19Mais d'abord, le fait majeur, Aurore Berger, c'est le fait que la France insoumise se retrouve dans de
00:23nombreuses villes en position d'arbitre,
00:25de quasiment faveur droit ou de maire en tout cas. Les outrances de Jean-Luc Mélenchon ne l'ont donc
00:30pas pénalisé ?
00:31Non, malheureusement, malheureusement parce que ça fait quand même plusieurs années que c'est même plus des outrances.
00:35C'est-à-dire qu'on a une vraie stratégie électorale de brutalisation du débat public, de conflictualisation permanente.
00:41Sur des sujets dont j'ai la responsabilité notamment sur la lutte contre l'antisémitisme, c'est pas de l
00:45'outrance ou du dérapage.
00:46C'est un cynisme électoral qui a été mis en place singulièrement après les attentats du 7 octobre.
00:51Donc ça veut dire qu'il faut absolument que la gauche rompe avec une forme de gangrène que représente la
00:57France insoumise.
00:58Et qu'elle rompe définitivement. C'est-à-dire pas de cynisme en disant qu'il n'y aura pas
01:02d'accord national pour mieux faire des accords locaux.
01:04Vous ne le croyez pas quand il dit ça ?
01:06Moi je juge aux actes. Je juge aux actes. Donc oui, il a dit qu'il n'y aurait pas
01:09d'accord national.
01:10Est-ce que ça veut donc dire que si jamais il y avait le moindre accord local entre la France
01:15insoumise et le Parti socialiste,
01:16cela serait immédiatement exclu du Parti socialiste ?
01:19On voit l'attitude des écologistes qui clairement eux considèrent que LFI redevient fréquentable le soir du premier tour.
01:26Donc c'est aussi ça. Vous voyez, pendant des mois, on a eu une espèce de danse entre les uns
01:30et les autres.
01:31Et puis à la fin, quand il y a des élections, quand il y a un risque de défaite,
01:34parce qu'on voit qu'il y a certaines villes où des maires écologistes sont menacées,
01:37comme à Lyon, comme à Bordeaux,
01:39des villes où des maires socialistes sont menacées, comme à Clermont-Ferrand ou à Nantes,
01:43et bien là, il y a cette tentation immédiate qui revient de l'union, même avec le pire.
01:48Et ça, Aurore Berger, ce seront des accords de la honte pour vous ?
01:51Oui, ce sont des accords de la honte, et j'espère que ce seront des accords qui seront perdants.
01:55Moi, j'espère qu'il n'y a aucune ville supplémentaire,
01:58puisque malheureusement, certaines ont été remportées, une notamment en Ile-de-France.
02:02Aucune ville supplémentaire n'ira à la France insoumise,
02:04parce qu'encore une fois, on est sur un parti qui ne peut pas demain présider,
02:09gouverner ou destiner d'une commune,
02:11au regard de la politique qu'il entend mener,
02:13de cette conflitisation, de brutalisation,
02:15et de ce qu'il fait, notamment, concrètement, singulièrement,
02:18sur la question de l'antisémitisme.
02:19Donc, il faut que la gauche arbitre, qu'elle arbitre maintenant,
02:22et pas qu'elle fasse croire que ça ira mieux demain.
02:24Non, elle arbitre tout de suite, elle dit non.
02:26Tout de suite, elle rompt immédiatement,
02:28de manière à ce que l'EFI ne soit jamais en mesure
02:31ni de prendre une ville, ni même d'en être l'arbitre.
02:34Alors, Manuel Bompard s'est félicité des résultats, bien sûr.
02:37Il appelle de ses voeux la Nouvelle-France,
02:39et ce qu'il appelle son peuple, qu'est-ce qu'il veut dire, en réalité ?
02:42Je ne sais pas, vous savez, les appels au peuple, je me méfie toujours,
02:44parce que comme si ça caractérisait quelque chose,
02:47il y a une nation, qui est une nation française,
02:51qui est une nation qui doit être réconciliée, qui doit être unie.
02:53Je pense qu'il y en a trop qui jouent sur les fractures,
02:55qui cherchent à les accentuer, qui cherchent à les aggraver.
02:57Normalement, quand on fait de la politique,
02:58on n'est pas là pour jouer sur les fractures ou communautariser le pays.
03:02On est là, au contraire, pour chercher à les réconcilier, à les rassembler.
03:05C'est l'inverse de la stratégie électorale de la France insoumise, malheureusement.
03:08Mais pour vous, la France insoumise n'est pas un parti républicain, dans l'arc républicain ?
03:13Non, mais moi, j'ai toujours dit, vous savez, moi, je n'ai pas attendu les élections municipales.
03:16Au soir du premier tour des élections législatives, j'avais déjà dit que pour moi,
03:19ce n'était ni RN, ni LFI.
03:21Je considère que ce sont deux partis qui ont des histoires différentes,
03:25qui ont des structurations politiques différentes.
03:27Mais je ne souhaite que ni l'un ni l'autre ne puisse accéder aux responsabilités, aux pouvoirs.
03:31Donc partout où on peut les faire battre, on doit les faire battre.
03:33Et pourtant, on va évoquer dans un instant les résultats du Rassemblement national.
03:36Tout cela est en train de préfigurer une présidentielle de 2027,
03:40où le RN et LFI pourraient se retrouver au second tour.
03:43Oui, c'est le risque.
03:44Mais moi, c'est un risque, là encore, que je dis, que je dénonce, en tout cas, depuis des mois.
03:48C'est-à-dire que ce n'est plus de la science-fiction de se dire qu'on pourrait avoir
03:51un second tour
03:52entre le Rassemblement national d'un côté et la France insoumise de l'autre.
03:55Donc ce n'est pas jouer à faire peur avec les Français.
03:57C'est juste dire, voilà, c'est ça qui pourrait arriver.
04:00Donc ça veut dire que nous, on a une responsabilité supplémentaire.
04:03Et quand je dis nous, je parle du Bloc central, Renaissance, Modem, Horizon et les LR.
04:08Nous avons une responsabilité commune, qui est de garantir que les Français aient un autre choix en 2027,
04:13qu'un choix mortifère entre le RN et LFI.
04:15Ce qui veut dire qu'il faut l'union.
04:17Et d'ailleurs, dans les villes où il y a union, vous voyez bien qu'il y a des possibilités
04:21de victoire.
04:21Je pense à Nantes.
04:22Moi, j'étais allée soutenir et faire le lancement de campagne du candidat.
04:26Et on était ensemble sur scène, Renaissance, Modem, Horizon, LR, pour être à ses côtés, parce qu'il y a
04:32eu l'union large dès le premier tour.
04:34Et il est en capacité, ce que personne ne prévoyait vraiment, de pouvoir renverser le Parti socialiste à Nantes.
04:40Donc ça veut dire que l'union, elle permet la victoire.
04:42Là où la désunion, malheureusement, elle risque de préfigurer la défaite.
04:45Mais est-ce qu'il faudrait des désistements ?
04:47Parce que pour empêcher certains partis, notamment la France insoumise, d'accéder, il faut désister.
04:53Et là, sur les municipales, on voit que personne ne veut se désister.
04:55Quand vous avez une situation, prenons un exemple très clair à Roubaix.
04:58À Roubaix, où malheureusement le candidat de la France insoumise est à 45% au premier tour.
05:04Je considère que l'union doit se faire derrière celui arrivé deuxième,
05:07qui est donc le seul qui peut gagner, qui est un candidat de la droite, de la droite républicaine.
05:12Et qui, évidemment, tous les autres devraient avoir la dignité de se désister.
05:15Si personne ne veut soi-disant prendre le risque d'avoir la France insoumise qui accède à des responsabilités,
05:21dans ces cas-là, il faut que chacun prenne les siennes.
05:23Et prendre les siennes, dans cette configuration-là, par exemple,
05:26c'est que chacun se désiste au profit du seul qui peut encore gagner.
05:28Se désister, ça veut dire d'avoir aucun conseil municipal, aucun conseiller municipal et d'autres ne pas préser.
05:32Mais c'est quoi le pire ?
05:33C'est de ne plus avoir un seul conseiller municipal d'opposition
05:35ou c'est d'avoir la France insoumise qui préside une commune ?
05:38Moi, je pense qu'il ne faut pas avoir la France insoumise qui préside une commune,
05:41pas plus que le Rassemblement national.
05:42Dans ces cas-là, il faut être clair.
05:43Soit on est en situation de gagner, de les battre,
05:46et donc on se maintient et on va jusqu'au bout de sa candidature.
05:49Soit on sait que le maintien favorise leur élection.
05:52Et donc, dans ces cas-là, on a la clarté et la dignité de se désister.
05:55Robert, j'en ai sur ces news et européens.
05:56Pour vous, il y a un signe égal entre le Rassemblement national et la France insoumise,
06:00aujourd'hui, dans la gestion des communes.
06:01On voit qu'un certain nombre de maires IRN ont été remportées dans ce pays.
06:06Pour vous, c'est la même chose, réellement ?
06:08Je ne dis pas que c'est la même chose parce que ce n'est pas le même corpus,
06:11ce n'est pas la même volonté, ce n'est pas la même histoire politique.
06:13Moi, je dis que je ne souhaite pas comme destin pour la France
06:15que ce soit le Rassemblement national qui gagne demain
06:18ou que ce soit la France insoumise qui gagne demain.
06:20C'est uniquement ça que je dis.
06:21Et je n'oublie pas non plus qu'un certain nombre de candidats du Rassemblement national,
06:27que ce soit aux élections législatives de 2024
06:29ou que ce soit encore aux élections municipales cette année,
06:31ont dû être désinvestis au dernier moment par le Rassemblement national
06:35parce qu'en regardant ce qu'ils avaient publié ici ou là sur les réseaux sociaux,
06:39on retrouve des commentaires racistes ou des commentaires antisémites.
06:42Donc, ce n'est pas évoquer un passé, c'est rappeler un présent.
06:46Et un présent qui dure, là où on nous avait promis à chaque élection
06:49que le ménage serait fait et serait fait définitivement.
06:51Certains candidats ont été écartés, effectivement, là, encore récemment.
06:54Jordan Bardella tend la main aux listes de droite sincères, dit-il, pour l'emporter.
06:58On a parlé de la question de l'union à gauche.
07:00Il y a aussi la question des alliances éventuelles de la droite et du Rassemblement national.
07:05Là encore, vous dites, attention, il ne faut pas franchir cette ligne-là.
07:08Et déjà, j'ignorais que le Rassemblement national était un parti de droite.
07:11Et moi, j'aimerais que chacun s'attarde sur ce que le Rassemblement national vote à l'Assemblée nationale.
07:15Quand le Rassemblement national vote contre la réforme des retraites,
07:18vote contre la réforme de l'assurance chômage,
07:20vote contre la réforme du RSA pour garantir à chacun de pouvoir retrouver un emploi.
07:24C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on fait des réformes qui vont dans un sens nécessaire et
07:27souhaitable,
07:28sur le marché du travail, sur les questions économiques,
07:30le Rassemblement national s'y oppose.
07:32Par contre, il vote avec la France insoumise
07:34toute une série de taxations et de fiscalités supplémentaires.
07:37Et là encore, ce n'est pas du passé,
07:39c'est ce qui s'est passé très récemment au moment des discussions sur le budget.
07:43Donc, si Jordan Barlena nous apprend que le Rassemblement national
07:46en rend de manière définitive avec des candidats
07:49qui malheureusement continuent à tenir des propos racistes ou antisémites,
07:53et qu'ils nous annoncent donc que le Rassemblement national devient un parti de droite,
07:56c'est malheureusement l'inverse de ce qu'ils font quand ils en ont l'opportunité
07:59dans les votes qui sont les leurs à l'Assemblée nationale.
08:01Donc, c'est pour ça que cette main tendue,
08:03moi je vois bien la tentative d'affichage qui est la sienne,
08:06mais la réalité de ce qu'est ce parti politique,
08:09de ces votes à l'Assemblée nationale,
08:11démontre l'inverse de ce qu'il est en train de dire.
08:14Aurore Berger, parlons maintenant des Renaissance,
08:15une centaine de villes remportées sur 35 000 communes,
08:18ça s'appelle une bérésina pour le camp présidentiel ?
08:21Ça veut dire que c'est difficile,
08:22ça veut dire qu'on a ceux qui sont solidement ancrés
08:25et qui démontrent que c'est possible,
08:28et puis ça veut dire qu'on a la nécessité, encore une fois,
08:32de la clarification de ce qu'on veut porter,
08:34de ce qu'on veut continuer à porter dans la vie politique.
08:36Moi je ne crois pas, et je n'ai jamais pensé,
08:39qu'on serait une parenthèse,
08:40beaucoup de partis politiques ont espéré ça,
08:42le macronisme est une parenthèse,
08:44le dépassement est une parenthèse.
08:45Mais il n'est pas grand effacé, il n'y a pas un grand effacement ?
08:47Le risque, c'est ça, le risque c'est l'effacement de nos idées,
08:49ça veut dire que les élections municipales,
08:51il reste encore une semaine,
08:52donc déjà on est cette semaine dans un moment qui est un moment de combat,
08:55un moment de combat face à la France insoumise,
08:57un moment de combat face au Rassemblement national,
09:00un moment de combat parce qu'il y a des villes
09:01qui sont à portée de victoire,
09:03que ce soit à Bordeaux, que ce soit à Annecy,
09:05que ce soit avec l'Union par exemple à Lyon ou à Nantes,
09:08donc ça veut dire qu'il faut aller au bout de cette logique-là de l'Union,
09:11et ça veut dire qu'il faut être très lucide
09:13sur les risques en 2027,
09:15et que 2027 ne doit pas être une élection confisquée
09:18par quelques ambitions,
09:19mais la nécessité, encore une fois, du rassemblement,
09:22parce que toutes les ambitions sont légitimes,
09:24sauf que si on n'a que des ambitions qui se juxtaposent,
09:27à la fin, aucune d'entre elles ne sera au second tour.
09:29Vous parlez de clarification,
09:31vous l'avez demandé à gauche, à droite,
09:34on se rappelle quand même que lors des dernières législatives en 2024,
09:37Gabriel Attal avait appelé à voter la France insoumise
09:39pour faire barrage au RN,
09:40est-ce que c'est toujours la même logique ou plus du tout aujourd'hui,
09:43Ror Berger ?
09:43Moi, vous savez que ce n'était pas ma logique,
09:45on a été quelques-uns très clairement à dire
09:48que nous, aux élections législatives la dernière fois,
09:50il était hors de question que pour battre le rassemblement national,
09:53on mette un bulletin à l'EFI dans l'urne,
09:55parce que de toute façon,
09:56je pense que ça ne fait que faire progresser
09:58le rassemblement national à la fin,
09:59donc c'est une stratégie qui est une stratégie perdante,
10:02et je pense que de toute façon,
10:03elle est inacceptable au regard de ce que défend la France insoumise,
10:06de ce qu'elle défendait déjà en 2024.
10:08Donc maintenant, j'ai l'impression que tout le monde s'est rangé
10:11à la position qui était la mienne à l'époque,
10:13c'est-à-dire ni RN, ni LFI,
10:15tant mieux, on a besoin de cette clarté.
10:17Je pense que les Français, ils attendent de la clarté.
10:19Si on voit qu'il y a malgré tout
10:21un enracinement du rassemblement national,
10:23qu'il y a des victoires pour la France insoumise,
10:25c'est parce que, même si je les combats,
10:27sans doute qu'ils démontrent une forme de clarté
10:29dans les projets politiques qui sont les leurs.
10:31Eh bien, à nous de retrouver cette clarté politique indiscutable,
10:37à la fois dans les élections locales,
10:40il nous reste encore une fois une semaine qui est une semaine de combat,
10:43et dans les élections nationales, évidemment.
10:44Mais le fait d'avoir tellement peu d'élus pour la Renaissance,
10:47je crois qu'il n'y avait que cinq grandes villes,
10:49cinq grandes villes où il y avait un candidat Renaissance,
10:51ne va pas vous effacer complètement de la carte politique.
10:54On sait qu'il y aura les sénatoriales bientôt.
10:58Aucun ancrage local pour votre parti.
11:00Une fois, on a des possibilités de victoire,
11:02et donc on verra au soir du second tour.
11:05Mais parce que vous savez, moi j'ai vu,
11:06y compris d'ailleurs aux élections législatives,
11:08des candidats qui étaient arrivés en tête avec 47%
11:10et qui ont été battus au soir du second tour.
11:11Ce n'est pas le même type de scrutin.
11:12Ce n'est pas le même type de scrutin, je le sais bien,
11:14mais on sait aussi qu'il y a beaucoup d'inconnus.
11:15Combien de candidats seront en lice dans chacune des communes ?
11:18Regardez à Paris.
11:19Est-ce qu'on aura cinq candidats en lice pour le second tour ?
11:22Ce qui serait quand même une première sur la capitale de la France.
11:25Est-ce qu'on va avoir des logiques de fusion ?
11:27Je lui dis ce que Rachida Dati a dit.
11:29C'est-à-dire qu'on a besoin de l'union.
11:31On a besoin de l'union.
11:32Donc il faut fusionner les lices.
11:33Et qu'il y a une volonté qui est une volonté d'alternance à Paris.
11:36Et je dis depuis le début, moi je soutiens Rachida Dati depuis le premier jour.
11:39Pourquoi ?
11:40Parce qu'il y a deux candidats qui sont arrivés largement devant les autres.
11:44Le candidat de la gauche et la candidate de la droite et du centre, Rachida Dati.
11:48Donc la seule qui peut permettre l'alternance à Paris, c'est elle.
11:51Donc ceux qui se maintiennent,
11:53ceux qui refusent la main tendue,
11:55de facto, veulent donc faire gagner la gauche.
11:57Moi je ne veux pas faire regagner la gauche à Paris
11:59parce que je pense que Paris mérite mieux
12:01que ce qui se passe aujourd'hui en termes de sécurité,
12:04en termes d'insalubrité.
12:06Regardez le scandale absolu sur la question du périscolaire.
12:08Ça c'est quand même une honte.
12:09On parle de violence sexuelle à l'encontre de nos enfants.
12:13Enfin, tous les parents, j'imagine, peuvent être inquiets
12:16quand ils accompagnent leurs enfants et se demandent à qui ils les confient.
12:19Et on parle de Paris.
12:20Paris ne peut pas dire qu'elle n'a pas les moyens de vérifier,
12:23pas les moyens de contrôler.
12:24Emmanuel Grégoire a été dans la majorité d'Anne Hidalgo.
12:27Il a été son premier adjoint.
12:28Il ne peut pas faire comme si aujourd'hui,
12:29il découvrait cette situation et qu'il n'en avait jamais eu connaissance.
12:32Donc est-ce que ceux qui ont échoué hier peuvent réussir demain ?
12:35Je ne crois pas.
12:36Moi je crois à l'alternance et je crois à l'union.
12:37Au nom de cette lutte contre la gauche,
12:39Rachida Dati doit-elle accepter la main tendue par Sarah Knafo
12:42ou se boucher le nez en disant
12:43non je ne veux pas de votre alliance ?
12:45Mais vous voyez bien que vous ne pouvez pas avoir sur la même liste
12:48Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo.
12:50Ni l'un ni l'autre ne le souhaitent.
12:51Donc Paris sera à gauche.
12:52Mais ni l'un ni l'autre ne le souhaitent, de toute façon.
12:54Donc ça veut dire que ça n'est pas possible.
12:56Donc ça doit passer par les électeurs ?
12:57Bien sûr, mais ça passe toujours par les électeurs.
12:59Parce que je pense qu'ils détestent cette logique de tambouille
13:01qui fait que dans l'entre-deux-tours, tout d'un coup,
13:03on change quelque part un peu les règles du jeu.
13:06On fusionne, on s'allie, on se désiste, etc.
13:08Donc ça crée toujours une ambiance très particulière.
13:10À la fin, la seule question qui se pose à Paris comme ailleurs,
13:13c'est est-ce que vous souhaitez l'alternance ?
13:15Est-ce que vous souhaitez l'alternance à Bordeaux ?
13:16Est-ce que vous souhaitez l'alternance à Annecy ?
13:18Est-ce que vous souhaitez l'alternance à Nantes ?
13:19À Limoges, pour la première fois, historiquement,
13:22la droite et le centre sont arrivés en tête.
13:24Pareil à Clermont-Ferrand.
13:25Donc ça veut dire qu'il y a des alternances qui sont possibles.
13:28Mais ces alternances ne peuvent exister que s'il y a l'union.
13:31Encore une fois, l'éclatement de ce bloc central
13:33laisse préfigurer des jours difficiles pour la présidentielle de 2027.
13:36Comment départager tous ces candidats
13:39qui représenteront, qui le macronisme, qui la droite républicaine ?
13:42Faut-il une primaire ouverte ?
13:43Vous y êtes favorable ?
13:44Qui serait ce candidat naturel, selon vous ?
13:46Mais la primaire, je vois qu'on est de plus en plus de voix
13:48à y être favorable.
13:49Gérald Darmanin y est favorable, Gérard Larcher y est favorable.
13:52Tout simplement parce que c'est quelque chose qui s'impose aujourd'hui.
13:55Comment sinon départager les candidats et les candidats ?
13:57Il n'y a aucun autre système qui permet de se départager.
14:00Et il n'y a aucun autre système qui garantisse l'union.
14:02Ça ne garantit pas la victoire.
14:04Et par contre, l'absence de primaire et l'absence d'union
14:06garantissent la défaite.
14:07Ce n'est pas la machine à perdre dans les primaires ?
14:09Non, ce n'est pas la machine à perdre.
14:10La machine à perdre, c'est la division.
14:11La machine à perdre, c'est d'avoir une succession de candidatures
14:14qui ne permettent pas de se mettre d'accord
14:16sur un projet, une vision de société
14:18qu'on veut partager aux Français.
14:20Et à la fin, la machine à perdre,
14:21c'est donc de laisser les Français choisir
14:23uniquement entre le Rassemblement National et LFI.
14:25Je crois que le pays mérite mieux.
14:26Aurore Berger, vous serez candidate à cette primaire ?
14:28Je veux d'abord qu'elle existe.
14:29Donc moi, je fais les choses dans l'ordre.
14:30Un, il y a des municipales.
14:31Il reste une semaine et moi, je serai au combat.
14:33Et je continuerai à les soutenir, les candidats,
14:35comme je l'ai fait tout au long du premier tour.
14:37Donc je continuerai à les soutenir cette semaine.
14:39Et je me battrai pour créer une primaire.
14:40Donc c'est trop tôt pour nous dire si vous êtes candidate à la primaire ?
14:41Oui, parce que moi, je pense qu'il faut faire les choses
14:43dans le bon ordre, dans la vie politique.
14:45Il y a le combat des municipales.
14:46Il reste encore une semaine de combat.
14:48Et il y a un combat pour garantir l'union
14:50et garantir déjà qu'il y ait des primaires qui puissent existir.
14:52Aurore Berger, on a évoqué dès le début l'antisémitisme
14:55à travers les propos de Jean-Luc Mélenchon.
14:59Il y a une loi, une proposition de loi de la députée Caroline Yadant
15:02qui vise à caractériser les nouvelles formes d'antisémitisme
15:05en pénalisant l'antisionisme.
15:07Je sais que vous soutenez cette loi,
15:08mais quand sera-t-elle présentée au Parlement ?
15:10Dès la semaine du 13 avril, elle sera débattue et discutée.
15:13Là aussi, ce sera un moment de vérité
15:14qui sera très important dans l'hémicycle,
15:16singulièrement pour la gauche.
15:17Est-ce que la gauche considère que nous devons lutter
15:20contre toutes les formes d'antisémitisme ?
15:23Et malheureusement, nous le savons,
15:24l'antisémitisme, il a des formes renouvelées,
15:26il a muté, il a évolué,
15:28et singulièrement depuis les attentats terroristes
15:30du 7 octobre en Israël.
15:32Donc on voit bien, malheureusement,
15:33la traînée qu'elle a laissée,
15:34qui aurait dû être une traînée d'empathie
15:36qui s'est transformée en traînée d'antisémitisme.
15:38Donc nous avons besoin de mieux caractériser
15:40ce qu'est l'antisémitisme,
15:41de mieux sanctionner ce qu'est l'antisémitisme.
15:43Ça ne veut pas dire abolir la liberté d'expression
15:45pour ceux qui voudraient critiquer
15:47la politique menée par un gouvernement.
15:49Vous pourriez critiquer la politique
15:51de Benjamin Netanyahou, par exemple ?
15:52Regardez ce qui se passe en Iran.
15:53Je n'entends personne à appeler
15:54à la destruction de l'Iran.
15:56J'entends ceux qui disent
15:57qu'il faut faire tomber un régime.
15:59Un régime qui a oppressé,
16:00un régime qui a tué.
16:01Là, on arrive à faire la différence sur l'Iran.
16:03Pourquoi on en serait incapable sur Israël ?
16:05De dire qu'on peut avoir des désaccords démocratiques
16:08avec un gouvernement qui a été élu,
16:10mais que pour autant,
16:12personne n'a le droit d'appeler
16:13à la destruction d'Israël,
16:14qui est le seul état refuge au monde
16:16pour les Juifs.
16:17Donc je pense qu'il faut arriver
16:18à faire la distinction.
16:18Et ceux qui refusent de faire la distinction
16:20sont ceux qui, évidemment,
16:22cherchent à attiser le feu de l'antisémitisme
16:24dans notre pays.
16:25Et là, vous pensez, encore une fois,
16:26à la France insoumise ?
16:26Je pense singulièrement
16:27à la France insoumise,
16:28dont vous voyez bien l'attitude
16:29et l'obsession absolue
16:31qui a été la leur concernant Israël
16:33depuis le 7 octobre.
16:34J'aurais aimé que ce soit une obsession
16:35concernant les 1 200 personnes
16:37assassinées le 7 octobre,
16:38les 51 Français assassinés le 7 octobre
16:41ou dans les mois qui ont suivi,
16:43quand pour certains,
16:43ils ont été pris en captivité
16:45par le Hamas.
16:46Malheureusement,
16:46je n'ai pas senti ce mouvement d'empathie.
16:48J'ai senti uniquement
16:49une tentation très cynique et électorale.
16:52Et j'espère que la semaine prochaine,
16:54cette semaine, pardon,
16:55le 22 mars,
16:56les Français y mettront un terme.
16:57Pour vous,
16:57la France insoumise
16:57est toujours un parti antisémite,
16:59selon vous ?
16:59Oui, et puis on peut le dire,
17:00les tribunaux ont arbitré ce sujet.
17:02La France insoumise
17:03est même passionnément antisémite.
17:05Ça a été reconnu
17:05comme pouvant être dit
17:06au nom, justement,
17:07de la liberté d'expression,
17:08au nom et au-delà
17:09de la liberté d'expression.
17:11Malheureusement,
17:11au regard des déclarations
17:13qui ont été celles
17:13non seulement de Jean-Luc Mélenchon,
17:15mais de beaucoup,
17:16beaucoup trop
17:16de ses candidats
17:18ou de ses députés.
17:19Et pourtant,
17:19très peu de procédures judiciaires
17:21arrivent à leur terme
17:21concernant justement
17:22ces accusations
17:23de antisémitisme et la France insoumise.
17:24Justement,
17:25nous avons besoin
17:25d'une nouvelle loi.
17:26C'est pour ça
17:27qu'il faut que cette proposition de loi
17:28soit adoptée
17:29pour garantir que tous ceux
17:30qui justement
17:31soient en permanence
17:32sur la ligne de crête,
17:34eh bien,
17:34à un moment,
17:35puissent être sanctionnés,
17:37puissent rendre des comptes
17:38devant les tribunaux,
17:39notamment, je pense,
17:40un certain nombre
17:40de parlementaires,
17:42d'élus,
17:42qui ont fait
17:43de cette obsession d'Israël,
17:44qui ont fait
17:45de l'antisionisme
17:46finalement une politique
17:47et une stratégie électorale.
17:49Je pense que c'est
17:49une stratégie électorale
17:50mortifère,
17:51c'est une stratégie électorale
17:52qui met des cibles
17:53dans le dos
17:53des Français juifs.
17:55On l'a vu,
17:56certains envisagent
17:57de quitter notre pays
17:58et ça devrait à tous
17:59nous paraître
17:59absolument insupportable
18:00qu'un seul Français
18:02hésite à rester
18:03dans son pays
18:04du fait d'attaques
18:05qu'il reçoit
18:06et qu'il perçoit.
18:07Chacun devrait,
18:07au contraire,
18:08être à ses côtés
18:09et j'espère que nous le ferons
18:10très clairement
18:11la semaine du 13 avril
18:12et que cette proposition de loi
18:13soit très largement adoptée
18:15à l'Assemblée nationale.
18:15Une dernière question,
18:16Aurore Berger,
18:16concernant la guerre en Iran.
18:18Elle provoque,
18:18là encore,
18:19une flambée
18:19des actes antisémites
18:20dans notre pays.
18:21Est-ce que les Français,
18:22en tout cas ceux
18:23qui commettent ces actes,
18:24sont incapables
18:25de faire la différence,
18:26encore une fois,
18:26entre ce qui se passe
18:28en Iran
18:29et ce que tente
18:30de faire Israël ?
18:31Je crains que certains,
18:32surtout,
18:33jouent avec cette volonté
18:34de confusion générale
18:35et donc quand vous avez
18:36des adolescents
18:37dont le livre de chevet
18:38est devenu TikTok
18:38et de l'autre côté
18:40la référence politique
18:41La France Insoumise,
18:42c'est sûr que ça vous fait
18:43un cocktail
18:43qui n'est pas un cocktail
18:44très républicain,
18:45qui n'est pas un cocktail
18:46très responsable
18:47et que ça a des conséquences
18:48dans la vie réelle.
18:49Et donc ces conséquences
18:50dans la vie réelle,
18:51maintenant,
18:51non seulement on doit les dénoncer,
18:53mais on doit garantir
18:54à les sanctionner.
18:54Merci beaucoup.
18:55Aurore Berger,
18:56c'était votre grande interview
18:57sur CNews et sur Europe 1.
18:58Bonne journée à vous.
18:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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