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L'eurodéputée LFI Manon Aubry était l’invitée de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:01Générique
00:08Et notre invitée ce matin c'est Manon Aubry, héros député de la France Insoumise.
00:11Bonjour à vous, bienvenue.
00:12Bonjour.
00:13La France Insoumise est sous le feu des critiques pour ses liens avec la jeune garde après la mort de
00:17Quentin, 23 ans à Lyon, en marge d'un meeting de Rima Hassan.
00:21Parmi les 7 personnes interpellées, il y a un assistant parlementaire du député Raphaël Arnaud, fondateur de ce mouvement d
00:27'ultra-gauche.
00:27Ils ont été mis en examen pour homicide volontaire aux complicités.
00:30Madame Aubry, si les liens entre la jeune garde et ces personnes mises en examen sont avérées par la justice,
00:35est-ce que vous continuerez à soutenir la jeune garde ?
00:38Alors tout d'abord je veux redire ce matin à votre antenne ma plus grande condamnation et empathie avec la
00:46famille du jeune Quentin.
00:48Pour le reste, l'enquête est en cours, elle déterminera les responsabilités exactes.
00:51C'est important de le dire parce qu'on entend beaucoup de choses sur Quentin qui choquent la famille.
00:56On a vu des banderoles, notamment à Rennes.
00:58Ici on ne pleure pas les nazis, ça vous choque ça ou pas ?
01:00Écoutez, la vraie question c'est, vous avez un jeune qui est mort sous les coups et ça ne devrait
01:05pas arriver dans notre pays.
01:06Mais on peut dire de lui que c'est un nazi alors qu'on n'en sait rien ?
01:09Quels que soient les désaccords politiques que l'on avait.
01:10Il était impliqué dans un certain nombre d'organisations d'extrême droite.
01:14Vous avez des preuves de ça ?
01:15Oui, il y a des preuves de cela.
01:18La justice en a ?
01:19Vos confrères ont fait un certain nombre d'articles, mais ce n'est pas la question, Laurence Ferrari.
01:23Mais on ne salit pas la mémoire à mort, on est d'accord.
01:24Ce n'est pas la question, Laurence Ferrari.
01:26La question c'est qu'on a un jeune de 23 ans qui est mort et qui ne devrait pas
01:30mourir,
01:31quels que soient les désaccords politiques que l'on a.
01:33Parce que dans une démocratie, les désaccords politiques, on les solde dans les urnes,
01:38on les solde dans le débat démocratique comme nous avons ce matin.
01:41Et je pense dire que ce que vous avez vraiment condamné la violence,
01:43la violence ne produit que la violence et n'a jamais sa place nulle part.
01:45Oui, et je le dirais hier comme aujourd'hui, comme demain.
01:49Parce que vous savez, la violence, ça rabougrit le débat démocratique.
01:54Et je pense que c'est aussi contre-productif,
01:57parce que si vous voulez rassembler le plus grand nombre,
01:58vous devez le rassembler sur des mots d'ordre politiques, pas sur des actes violents.
02:01Mais pourquoi vous ne condamnez pas plus clairement les agissements de la jeune garde
02:04ou ce qu'il a remplacé qui s'appelle « éteignons la flamme » ?
02:07Vous savez pourquoi la jeune garde a été créée à Lyon ?
02:09Je sais pourquoi elle a été dissoute.
02:10Elle a été créée en 2018 à la suite de plusieurs locaux d'extrême droite
02:16qui ont été ouverts à Lyon
02:18et qui menacent directement un certain nombre d'événements qui se tiennent à Lyon.
02:25N'importe qui qui connaît un peu Lyon et notamment le vieux Lyon
02:28savent que des personnes noires, des personnes racisées, des personnes LGBT
02:32ont parfois peur de sortir dans la rue
02:34parce qu'il n'y a jamais eu autant d'attaques d'extrême droite.
02:37C'est 102 exactement en l'espace de 15 ans dont 70% sont impunis.
02:42Ce sont des chiffres de la mairie de Lyon ?
02:45Ce sont notamment des chiffres qui ont été établis à Lyon.
02:49Et vous savez comme moi que s'il y a dans notre pays des antifascistes,
02:55c'est bien parce qu'il y a des fascistes.
02:57Et tant qu'il y aura des fascistes dans notre pays,
02:58il devra y avoir des antifascistes mais qui n'utilisent pas la violence.
03:02Et je suis extrêmement claire à votre antenne sur ce sujet.
03:05Jamais la violence ne sera la solution.
03:07Mais je rappelle que dans notre histoire,
03:10la violence elle est d'abord le fait de l'extrême droite.
03:13Elle a été théorisée.
03:14Un certain nombre de personnes sont mortes sous les coups de l'extrême droite.
03:17Et je sais que notre courant politique...
03:22Vous savez depuis 2022,
03:23il y a eu 7 personnes qui sont mortes
03:26par des sympathisants du Rassemblement National
03:29ou des personnes liées à des groupuscules d'extrême droite.
03:31Que ce soit Hichem Meraoui,
03:34que ce soit Abou Bakar Sissé,
03:36que ce soit Jamel Benjabala.
03:37Et je n'oublie pas ces personnes qui,
03:39pour l'essentiel d'entre eux,
03:41n'ont pas eu le droit à une minute de silence.
03:42Abou Bakar Sissé a eu le droit à une minute de silence.
03:46C'est oui, mais ce n'est pas le cas d'Hichem Meraoui.
03:50Comme Philippine, comme Naël.
03:50Ce n'est pas le cas de Jamel Benjabala
03:52qui a été tué sous les yeux de sa fille
03:56par quelqu'un qui est adepte d'un groupe d'extrême droite
03:59qui s'appelle Brigade Française.
04:01Et vous voyez, pour toutes ces personnes,
04:03il n'y a pas eu de plateau télé ni de minute de silence.
04:04La violence est condamnable des deux côtés.
04:06Exactement.
04:07Et elle existe des deux côtés.
04:08Vous avez dit lors des universités de la France insoumise,
04:11gloire à la jeune garde,
04:11aux camarades qui mènent le combat.
04:13Je veux dire à nos camarades de la jeune garde
04:15que nous sommes fiers d'avoir Raphaël Arnaud
04:16dans notre groupe à l'Assemblée nationale.
04:18Est-ce que c'est toujours vrai ?
04:19Est-ce que vous cautionnez le fait
04:20que les collaborateurs parlementaires de M. Arnaud
04:22soient impliqués dans une rixe mortelle ?
04:24Non, évidemment que je ne cautionne pas
04:28le fait que des collaborateurs parlementaires
04:29soient impliqués.
04:31Laurence Ferrari,
04:31mais ça ne vous a pas échappé
04:32qu'ils ne sont plus sous contrat de Raphaël Arnaud
04:35et que pénalement comme moralement,
04:37il est compliqué de tenir responsables
04:40les employeurs vis-à-vis des attitudes
04:41de leurs employés.
04:42Entièrement d'accord, c'est ce qu'a dit M. Bompard.
04:45Aucun employeur n'est responsable
04:47des actions de ces employés.
04:49Et je pourrais tirer le parallèle
04:51quand Jean-Marc Morandini a été condamné
04:54pour corruption de mineurs.
04:56La responsabilité de CNews
04:57c'était le suspens de l'antenne.
04:59Malheureusement, vous ne l'avez pas fait,
05:00il s'est retiré de lui-même.
05:01Mais quand Adrien Quatennens a été condamné
05:03pour violence conjugale,
05:05vous n'étiez pas responsable.
05:08Quand Raphaël Arnaud a été condamné,
05:11Adrien Quatennens ne siège plus
05:13dans les rangs de la France insoumise.
05:18Ça ne vous a pas échappé.
05:19Et vous voyez, la différence,
05:21c'est que dans les leviers que nous avons,
05:24c'est-à-dire en tant qu'employeur,
05:26nous avons suspendu le contrat.
05:27En l'occurrence, Raphaël Arnaud a suspendu le contrat.
05:29Pour le reste, il ne peut pas être tenu responsable.
05:31Et je veux le dire assez solennellement,
05:33l'espèce de cabale médiatique
05:34à laquelle on a assisté ces derniers jours
05:36qui consiste à faire porter la responsabilité
05:39à la France insoumise
05:40pour des faits que nous n'avons jamais soutenus,
05:43que nous avons condamnés de la plus grande fermeté,
05:44est extrêmement dangereux
05:45parce que ça produit une forme de renversement des valeurs.
05:49On a l'impression que c'est vous les victimes, en fait.
05:50Non, c'est pas ce que je dis,
05:54Madame Ferrari.
05:55Mais en revanche,
05:56quand on veut nous faire porter une responsabilité
05:57qui n'est pas la nôtre,
05:59oui, on met en danger des militantes
06:00et des militants de la France insoumise.
06:02Parce que depuis une semaine,
06:03vous savez, c'est une dizaine
06:04de nos permanences parlementaires.
06:05C'est Quentin qui est mort.
06:06Pardon, c'est Quentin qui est mort.
06:07Bien sûr, et nous l'avons condamné
06:09et je crois l'avoir fait de nouveau
06:10extrêmement fermement à votre antenne ce matin.
06:12Mais pour autant,
06:13nous faire porter une responsabilité
06:15qui n'est pas la nôtre
06:15est aussi dangereux
06:16parce que c'est une dizaine
06:18de nos parlementaires...
06:18On ne peut pas dire, on coupe les ponts avec la jeter,
06:19c'est pas compliqué.
06:20Une dizaine de nos permanences parlementaires
06:22qui ont été ciblées.
06:23Nous recevons des menaces de mort tous les jours.
06:25Et dans un débat démocratique,
06:27les désaccords,
06:27ils se soldent par la parole,
06:30par l'échange d'arguments.
06:32Et finalement,
06:32on n'a plus d'échange d'arguments
06:34ces derniers jours.
06:35Et je pense que mettre comme le font certains
06:39s'engouffrer pour se dire
06:41on va se débarrasser de la France insoumise,
06:44je pense que c'est la pire des attitudes
06:46en réponse à ce drame.
06:47Qui dit on va se débarrasser de la France insoumise ?
06:49Un certain nombre de commentateurs politiques
06:51se disent on va essayer de faire planter
06:53le mistigri et la responsabilité
06:54à la France insoumise.
06:55Ce sera assez confortable
06:56pour se débarrasser d'eux
06:58dans le champ politique.
07:00J'ai même entendu Olivier Faure
07:02oubliant en cela son histoire
07:04et l'histoire du Parti Socialiste
07:06et de la SFIO
07:07qui, vous savez,
07:08peut-être la SFIO
07:09avait le même sigle
07:10que la jeune garde.
07:10Exactement,
07:11c'est l'ancêtre du Parti Socialiste
07:12avait le même sigle
07:13que la jeune garde.
07:15Et quand je vois Olivier Faure
07:16mettre sur le même plan
07:17le fascisme et l'antifascisme,
07:19Jean Jaurès...
07:19C'est une insupportable version.
07:21Mais Jean Jaurès doit se retourner
07:22dans sa tombe.
07:23S'il y a des antifascistes
07:24dans notre pays,
07:25c'est bien parce qu'il y a
07:26des fascistes.
07:27Et tant qu'il y aura
07:28du fascisme dans notre pays,
07:29alors il devra y avoir
07:30des antifascistes.
07:31Que dites-vous à François Hollande
07:32qui ce matin dit
07:33que Jean-Luc Mélenchon
07:34a une double responsabilité
07:36morale et politique,
07:37qu'il n'est pas acceptable
07:38qu'un député ait des collaborateurs
07:40qui se retournent
07:40dans une rique mortelle
07:41et qu'il devra payer
07:42Jean-Luc Mélenchon
07:43cette faute
07:44et ne devra plus représenter
07:45un candidat au second tour ?
07:47Écoutez, ça fait bien longtemps
07:48que je ne cherche plus
07:49des brevets de respectabilité
07:50de la part de François Hollande
07:52qui a dû quitter son mandat
07:53à la fin
07:54et qui n'a pas pu se représenter
07:55tellement il était impopulaire
07:56et on sait ce qu'il a fait
07:57de la gauche
07:58ces dernières années.
07:59C'est lui qui a mis
08:00le parti socialiste à terre
08:01et la grande idée
08:03du socialisme.
08:05Donc, vous savez,
08:06François Hollande,
08:07ça ne m'intéresse plus
08:08vraiment ce qu'il dit.
08:09Jordan Bardella,
08:10ça vous intéresse plus,
08:11j'imagine.
08:11Il appelle à former
08:12un cordon sanitaire
08:13autour du LFI
08:14aux prochaines élections,
08:15une partie de la droite.
08:17Le Front républicain
08:18pourrait se retourner
08:18contre vous,
08:19non, oui.
08:19Il n'y a que Eric Zemmour
08:20qui affirme que c'est une fumisterie.
08:22Vous lui dites merci à Eric Zemmour ?
08:23Non, moi, je ne dis jamais
08:25merci à l'extrême droite.
08:26Pour le reste,
08:26quand je vous parlais
08:27de renversement des valeurs
08:29et de formes d'inversion,
08:30c'est précisément
08:31ce à quoi on assiste.
08:32Parce que pendant que
08:33l'antifascisme
08:34est pointé du doigt,
08:36criminalisé
08:37et diabolisé,
08:38dans le même temps,
08:38il y a une fusion des droites
08:40qui est en train de s'opérer
08:41entre la droite
08:41et l'extrême droite
08:42qu'on observe d'ailleurs
08:43dans un certain nombre d'États
08:44au niveau européen
08:46ou même au niveau mondial.
08:47On peut penser à l'Italie,
08:48à la Suède, à la Finlande
08:50et c'est précisément
08:51l'opportunité
08:51qui est saisie
08:52par Jordan Bardella
08:53alors que Jordan Bardella,
08:55pas plus tard
08:55qu'il y a quelques semaines
08:56au Parlement européen,
08:57son groupe organisait
08:59un événement
09:00avec des figures
09:02contre le droit
09:03à l'avortement,
09:03des figures du trumpisme.
09:05Donc l'extrême droite
09:06n'a pas changé d'identité,
09:08n'a pas coupé non plus
09:09ses liens
09:10avec la GUD Connection,
09:11par exemple,
09:12ce groupe néofasciste.
09:12C'est quoi la GUD Connection ?
09:13La GUD Connection,
09:14la GUD,
09:15pour faire un petit peu
09:16de pédagogie
09:17en ce matin,
09:18je le rappelle quand même.
09:19L'anglicisme.
09:19C'est un groupe
09:20qui a été dissous,
09:21un groupe fasciste
09:24extrêmement violent
09:25qui se revendique
09:26du néonazisme
09:28qui aujourd'hui
09:30est à la tête
09:31d'un certain nombre
09:31d'organisations
09:32dont une organisation
09:33de communication
09:33qui s'appelle
09:34e-Politik
09:34qui est contractualisée
09:36par l'argent public
09:37par le groupe
09:38du Rassemblement National
09:39au Parlement européen.
09:40C'est un des nombreux exemples
09:41qui démontrent...
09:43Il y a des procédures ?
09:43Non, je ne dis pas
09:45que c'est illégal.
09:46Je dis juste
09:47qu'il y a des liens
09:49avérés,
09:49contractuels
09:50entre des représentants
09:51du GUD
09:51et le Rassemblement National.
09:52Comme il y en a
09:52des liens avérés
09:53entre vous et la jeune garde.
09:54l'utilisation
09:55de l'argent public,
09:56je pense que
09:57le Rassemblement National
09:59au Parlement européen,
10:00là, en l'occurrence,
10:01il y a des procédures
10:01et une condamnation
10:03en première instance
10:04de Marine Le Pen
10:06qui a manifestement
10:08s'est servi
10:08de la caisse
10:09du Parlement européen
10:09comme de sa caisse personnelle.
10:09La France insoumise
10:10est soumise
10:11à peu près
10:12à la même enquête.
10:13Nous n'avons pas été condamnés,
10:14Madame Ferrari.
10:15Non, il n'y a pas de date de procès.
10:16On a bien noté
10:17qu'il n'y a pas encore
10:17de date de procès pour ça.
10:19Juste à propos
10:20de ce courdon sanitaire,
10:21on a un sondage
10:21aujourd'hui que ça.
10:2276% des Français
10:23estiment que le PS
10:23et ses alliés
10:24ne devraient plus faire alliance
10:25avec la France insoumise.
10:26Les Français jugent inadaptés
10:28la réaction des Insoumis
10:29après la mort de Quentin.
10:31Vous n'avez pas peur
10:31que ça fasse tâche,
10:32que ça vous fasse vraiment préjudice
10:35dans des prochaines élections ?
10:36Ce que j'observe surtout,
10:38c'est que le désaccord
10:39avec le Parti socialiste,
10:41il ne date pas d'aujourd'hui.
10:44Non, je parle des électeurs, là.
10:45Là, c'est le sentiment
10:45des électeurs.
10:46Oui, mais les électrices
10:47et les électeurs
10:47vis-à-vis aussi du Parti socialiste
10:49et de ce qui a été
10:50le nouveau Front populaire
10:51peuvent s'interroger
10:52pourquoi le Parti socialiste
10:53est d'aujourd'hui
10:54devenu la béquille du macronisme
10:55et refuse de censurer le budget,
10:58refuse de censurer un gouvernement
10:59qui fait la poche
11:00des Françaises et des Français
11:01parce que ces derniers jours,
11:02on ne parle plus de fonds,
11:03on ne parle plus de politique.
11:04Mais quand les gens vont voir
11:05le prix de leur mutuel augmenter,
11:06c'est la faute de ce budget
11:07et du gouvernement.
11:09Quand les Françaises
11:11et les Français
11:11vont voir des suppressions
11:12de postes d'enseignants,
11:14c'est la faute de ce budget
11:15qui a été accompagné
11:15par le Parti socialiste.
11:16Donc, le désaccord
11:17avec le Parti socialiste,
11:18il date de là.
11:19Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui
11:20le Parti socialiste
11:21a décidé de jeter sous le bus
11:23l'antifascisme
11:24niant leur histoire
11:25et dans une forme
11:26de confusionnisme
11:28qui, à mon sens,
11:29est dangereux
11:29vis-à-vis du rôle
11:31que doit jouer la gauche
11:32vis-à-vis de l'extrême droite
11:34qu'il y a aujourd'hui
11:35une rupture
11:36avec le Parti socialiste.
11:37Elle ne date en réalité pas de là.
11:38Je ne parle pas de la rupture,
11:38je parle des insoumis,
11:39de l'image qu'ils ont
11:40dans l'opinion publique
11:41et des Français
11:41qui disent, voilà,
11:42ils n'ont pas agi
11:43de façon adaptée.
11:45C'est inapproprié.
11:46La façon dont vous faites bloc,
11:49plutôt que de dire, bon, voilà,
11:50il y a eu des dérapages,
11:51on les condamne,
11:52on se sépare des brebis galeuses.
11:53Écoutez, Laurence Ferrandi,
11:54je viens de faire la démonstration
11:55ce matin encore à votre antenne
11:57que nous n'avons strictement
11:58aucune responsabilité.
11:59Je vous mets au défi
12:00de trouver le moindre
12:03de mes paroles
12:04qui appellent à la violence.
12:06Je l'ai dit en début d'émission.
12:07Et donc, à partir de ce moment-là,
12:09nous ne pouvons être tenus responsables
12:11de faits que nous n'avons pas commandé,
12:14que nous n'avons pas applaudi,
12:16que nous n'avons pas demandé.
12:18Lesquels ?
12:18Ils font mal.
12:19La police tue, par exemple.
12:21Rima Hassan qui retweet un slogan
12:23« Dissoudre Némésis à l'asside ».
12:24En quoi ?
12:25À l'asside.
12:26« Al-madufour »,
12:26il ne se passe jamais rien
12:27sans rapport de force.
12:28La faim justifie les moyens.
12:29Madame Ferrandi,
12:30nous n'avons jamais appelé à la violence.
12:33Si dans le débat politique…
12:34La police tue ?
12:35Si dans le débat politique,
12:36alors il faut passer de la pommade
12:37sur ce gouvernement
12:38et dire « Bravo, Emmanuel Macron
12:41pour être considéré
12:42comme des personnes
12:43qui ne sont pas violentes »,
12:45vous ne compterez pas
12:48à essayer de dire
12:50« Bravo » à ce gouvernement.
12:51Oui, supportez le débat politique,
12:53supportez les désaccords,
12:54mais je ne crois pas,
12:56et je vous mets au défi,
12:57de trouver dans mes paroles,
12:59ce matin encore,
13:00un quelconque appel à la violence,
13:01précisément parce que la violence
13:02rabougrie.
13:03Et nous n'avons rien à gagner à cela.
13:05Et Jean-Luc Mélenchon,
13:06comme leader politique
13:07dans toute son histoire,
13:08a toujours appelé à l'apaisement,
13:10a toujours appelé
13:11à ce que le débat des bureaucratiques
13:13soit canalisé via les élections
13:14parce que précisément,
13:16nous serons demain
13:16les premières victimes
13:17de la violence en politique,
13:18Laurence Ferrari,
13:19et nous n'avons rien à gagner à cela.
13:20Il y a des phrases
13:21de Jean-Luc Mélenchon
13:22qui ont laissé penser effectivement
13:24qu'il pouvait penser le contraire.
13:26Un tout petit mot.
13:26Voilà, quand il appelle à la violence,
13:28quand il dit « La jeune garde,
13:29on est avec vous,
13:29on vous soutient, allez-y,
13:31il faut se mettre
13:33sous cette bannière ».
13:34Vous venez encore
13:35de faire la démonstration.
13:36Quand je vous demande
13:36des paroles qui appellent
13:38à la violence de manière concrète,
13:39vous n'en trouvez pas
13:40dans la bouche
13:40de Jean-Luc Mélenchon.
13:41Et c'est ces amalgames
13:42qui pourrissent le débat politique.
13:45Le débat politique
13:45mérite un peu plus de hauteur,
13:47je crois, ce matin,
13:49mérite un peu plus de débat de fond
13:51et en l'espèce,
13:52oui, de précision.
13:53Alors, la motion de censure,
13:54on avance un tout petit peu,
13:55il nous reste du temps,
13:56il faut parler du municipal,
13:57de l'agriculture,
13:57le salon de l'agriculture
13:58vient d'ouvrir.
13:59Le RN pourrait déposer
14:00une motion de censure
14:04par décret.
14:05Vous ne la voterez pas,
14:05j'imagine ?
14:06Vous sauverez le soldat Lecornu ?
14:07Non, nous avons toujours
14:09déposé des motions de censure
14:10à l'Assemblée nationale
14:11et d'ailleurs,
14:12la seule fois
14:13où une motion de censure
14:14a été adoptée
14:16pour le précédent gouvernement,
14:18c'était une motion de censure
14:19qui a été déposée
14:19par les insoumis.
14:20Donc, je pense qu'on n'a
14:22aucune leçon à recevoir
14:23de la part de l'extrême droite
14:25qui, par ailleurs,
14:26vote un certain nombre
14:26de projets de loi
14:27avec le gouvernement.
14:28Mais vous ne voterez pas
14:28cette motion de censure ?
14:29Nous ne voterons jamais
14:30les motions de censure
14:30du Rassemblement national.
14:31municipal.
14:31Vous faites beaucoup
14:32de campagnes sur le terrain,
14:33que ce soit Nice, Fréjus,
14:35vous avez un programme chargé.
14:37Est-ce que vous risquez ?
14:38Qu'est-ce que vous risquez au fond
14:39parce que vous n'avez pas
14:39de mairie pour l'instant ?
14:41Vous souhaitez quoi en fait ?
14:42Arriver à faire perdre
14:44des candidats de gauche
14:45au second tour ?
14:46C'est ça l'objectif
14:47de la France insoumise ?
14:47J'ai un scoop pour vous
14:48Laurence Ferrari.
14:49C'est de gagner des mairies.
14:50On se présente
14:50à des élections pour gagner.
14:52Pour l'instant,
14:52vous n'en avez pas.
14:53Et pourquoi on veut
14:54gagner des mairies ?
14:55Pour changer la vie
14:56concrètement des gens ?
14:57Pour commencer à réparer
14:58ce qu'Emmanuel Macron
14:59a tant cassé
15:00pour faire des cantines
15:01gratuites pour les enfants
15:02pour qu'ils aillent plus
15:03à l'école Le Ventrevide
15:05pour, au niveau local,
15:07faire en sorte
15:08d'avoir des transports
15:09qui soient davantage accessibles
15:10pour que le logement
15:11devienne...
15:11Macron à fameur des enfants,
15:12c'est ce que vous nous dites
15:13ce matin ?
15:13Non, ce que je dis,
15:15c'est qu'il y a des enfants
15:16dans notre pays
15:17qui vont à l'école Le Ventrevide
15:19et que ce n'est pas normal.
15:20Et c'est la raison
15:21pour laquelle il faut
15:21des cantines gratuites,
15:23qu'il y a des gens
15:23qui vivent dans des passoires thermiques,
15:24qu'il y a des gens
15:25qui n'arrivent pas à se loger.
15:26Tiens, vous parlez de Nice,
15:27j'étais à Nice,
15:28c'est la deuxième ville
15:29la plus chère de France.
15:30Il y a une pelletée
15:31d'Airbnb chaque année
15:32et le duo Estrosi-Cioti
15:34qui a passé plus de temps
15:35au Palais de Justice
15:36ces dernières années
15:37et qui a servi l'intérêt
15:38des Niçoises et des Niçois,
15:39avec notre candidate
15:40Mireille Damiano,
15:41on va répondre
15:41en encadrant le prix des loyers,
15:44en interdisant les Airbnb
15:45pour que les gens
15:45puissent se loger.
15:46Voilà ce qu'on peut faire
15:47à l'échelon local.
15:48Sur le front des alliances,
15:49est-ce que vous nous confirmez
15:49que la France Insoumise
15:50proposera donc
15:51des accords de rassemblement
15:52aux autres formations de gauche
15:53si elle arrive en tête
15:55au premier tour des municipales ?
15:56Oui, je vous confirme,
15:57à chaque fois que nous arrivons
15:58en tête de la gauche,
16:00nous tendrons la main
16:02pour construire un rassemblement
16:03contre la droite
16:04et l'extrême droite
16:05et je remarque
16:05que nous sommes les seuls
16:06à avoir cette clarté.
16:07Donc si vous voulez
16:08un rassemblement de la gauche,
16:09le meilleur moyen pour cela,
16:10c'est de voter pour la France Insoumise
16:12au premier tour
16:12pour créer les conditions
16:13de ce rassemblement.
16:14À Paris, Emmanuel Grégoire
16:16aura besoin de vos voix
16:17normalement pour le second tour.
16:18Est-ce que vous appelez
16:19Sophia Chiquirou
16:20à se retirer
16:22même si elle est qualifiée
16:23pour le premier tour ?
16:23Moi, j'appelle d'abord
16:24les électrices et les électeurs
16:26à voter pour Sophia Chiquirou
16:27pour faire en sorte
16:28qu'elle arrive en tête
16:29au premier tour
16:30et que ce rassemblement
16:30soit possible
16:31parce qu'à ce stade,
16:32je regrette qu'Emmanuel Grégoire,
16:34le candidat socialiste,
16:34ne fasse pas preuve
16:35de la même clarté.
16:36Il exclut toute alliance
16:37avec vous.
16:37À partir de ce moment-là,
16:38il exclut les électrices
16:39et les électeurs
16:40de la France Insoumise
16:41qui devront être représentés
16:42au second tour.
16:43Donc de nouveau,
16:44le meilleur moyen,
16:44c'est de placer Sophia Chiquirou
16:45en tête au premier tour.
16:46Et pourtant,
16:46vous avez des combats communs.
16:47Ils souhaitent le vote
16:48des étrangers aux élections locales.
16:49Vous aussi,
16:50vous êtes des alliés tacites.
16:51On peut avoir des convergences
16:53sur un certain nombre de sujets.
16:55On a,
16:55et ça ne vous a pas échappé,
16:56j'en ai parlé,
16:57aussi des divergences.
16:58Emmanuel Grégoire est député
17:00et comme député,
17:01il a refusé de voter
17:02la censure du gouvernement
17:03et donc a accepté ce budget
17:04qui fait la poche
17:05des Françaises et des Français
17:06quand on apprend dans le même temps
17:07qu'il y a 13 000 foyers
17:08dans notre pays
17:09les plus riches
17:10qui ne payent pas
17:10un seul euro d'impôt sur le revenu.
17:12Et moi,
17:12je ne trouve pas ça normal
17:13et que le Parti socialiste
17:14dans ces conditions
17:15ait accepté
17:15de ne pas faire tomber
17:16ce gouvernement,
17:17je pense que les élections municipales
17:19doivent être un moyen
17:19d'y répondre.
17:20Et si Rachida Dati
17:21est en mesure de l'emporter,
17:22vous appellerez à voter
17:23Emmanuel Grégoire ?
17:24J'appellerai à un rassemblement
17:25et c'est pour ça
17:26que je souhaite Sophia Chiquirou
17:27arrive en tête au premier tour.
17:28Allez, ce week-end,
17:29il s'est ouvert le salon de l'agriculture
17:30sur fond de contestation à Agrilcor.
17:32On est à peine un mois
17:33après la signature du Mercosur.
17:34Selon vous,
17:35il y a un deuxième Mercosur
17:36qui est en préparation
17:37et qui nous est caché,
17:38c'est bien cela ?
17:39Oui, personne n'en parle
17:40mais ce n'est pas un hasard
17:41s'ils attendent quelques jours,
17:43globalement la fin
17:45du salon de l'agriculture,
17:46avant la signature
17:48d'un nouvel accord
17:48de libre-échange
17:49avec l'Australie
17:50qui va prévoir
17:51des dizaines de milliers de tonnes
17:52d'importations de bœuf,
17:55de veau, d'agneau
17:57et qui va se rajouter
17:59à la concurrence déloyale
17:59déjà posée
18:00par l'accord de libre-échange
18:01avec la Nouvelle-Zélande.
18:03Et je profite de votre antenne
18:04pour lancer solennellement
18:06l'alerte
18:06parce que personne n'en parle
18:09à dessein
18:09de cet accord de libre-échange
18:10qui va se rajouter
18:11à la ribambelle
18:12et donc je veux
18:13ce matin
18:14demander au gouvernement français
18:16quelle sera son attitude
18:17sur ce nouvel accord
18:19de libre-échange
18:20et j'en profite pour dire
18:21que sur l'accord de libre-échange
18:22avec le Mercosur
18:23nous allons déposer
18:24un nouveau recours
18:25devant la Cour de justice
18:26de l'Union Européenne
18:27puisque malgré
18:28notre premier recours
18:29qui a été adopté
18:31et qui demande
18:31à la Cour de justice
18:33de statuer
18:34sur l'incompatibilité
18:35de cet accord
18:35avec les traités européens
18:36l'Union Européenne
18:38a prévu son application
18:39provisoire
18:39et ça c'est scandaleux
18:41parce qu'on va
18:41tuer l'agriculture
18:42et moi je refuse
18:43qu'on tue l'agriculture
18:44européenne
18:45et donc
18:45ce nouveau recours
18:47que je dépose
18:47ce matin
18:48donc vous en avez
18:49la primeur
18:50la bataille
18:51à mener
18:51contre l'accord
18:52de libre-échange
18:53avec l'Australie
18:53contre l'accord
18:54de libre-échange
18:55avec le Mercosur
18:56ça doit être
18:56une de ses priorités
18:58du salon de l'agriculture
18:59auquel je me rends
19:00ce matin
19:00pour justement échanger
19:01avec les agriculteurs
19:04les Français les plus riches
19:04qui ne payent pas d'impôts
19:05j'imagine que c'est
19:06une toute petite partie
19:07parce que les ménages aisés
19:09sont largement imposés
19:10de quoi vous parlez
19:11exactement en fait ?
19:12Je parle
19:12d'une information
19:14qui a été communiquée
19:15par le ministère des Finances
19:17donc elle ne vient pas de moi
19:18d'ailleurs je me souviens
19:20d'Amélie de Montchalin
19:21ministre des Comptes Publics
19:22qui avait affirmé
19:23à l'Assemblée Nationale
19:24que non
19:26il n'y a pas de ménages
19:27qui ne payent pas d'impôts
19:28sur le revenu
19:29manque de pot
19:29c'est 13 000
19:30et elle a été récompensée
19:32et nommée
19:33à la tête de la Cour des Comptes
19:34se rend bien compte
19:35de à quel point
19:36Macron détruit
19:37tous les contre-pouvoirs
19:39dans notre pays
19:40l'ancienne ministre
19:41des Comptes Publics
19:43qui est chargée
19:43du contrôle des Comptes Publics
19:45désormais à la tête
19:45de la Cour des Comptes
19:46qui a menti éhontément
19:47devant la représentation nationale
19:50rien que pour ça
19:50Amélie de Montchalin
19:51devrait démissionner
19:52et il est intolérable
19:54que vous, moi
19:54tous ceux qui nous regardent
19:56payent l'impôt sur le revenu
19:57et en proportion
19:58de manière beaucoup plus grande
19:59que les plus riches
20:00dans notre pays
20:00c'est ces très riches-là
20:02qui font sécession
20:03et une des grandes batailles
20:04qui s'annonce
20:04pour la campagne présidentielle
20:06de 2027
20:06c'est précisément
20:07d'aller chercher l'argent
20:08là où il est
20:09dans la poche
20:09des évadés fiscaux
20:10et compter sur nous
20:11pour aller les chercher
20:12Cette nomination
20:13c'est le signe
20:13d'un verrouillage
20:14par Emmanuel Macron
20:15des institutions clés
20:16de notre pays
20:16en cas d'alternance
20:18en 2027
20:19c'est une façon
20:19d'empêcher
20:20cette alternance
20:20selon vous ?
20:21Pour moi oui
20:22c'est pas un hasard
20:23je sais pas si vous savez
20:23mais le mandat
20:24de Pierre Moscovici
20:25qui était à la tête
20:26de la Cour des Comptes
20:26en réalité
20:27il n'était pas encore terminé
20:28et donc Emmanuel Macron
20:30procède à cette nomination
20:31comme par hasard
20:32juste un an
20:33avant la nouvelle présidentielle
20:34pour servir ses amis
20:36mais aussi pour verrouiller
20:37le pouvoir
20:37la Cour des Comptes
20:38c'est un rôle
20:39qui est important
20:40c'est le contrôle
20:40des comptes publics
20:41il y a un certain nombre
20:41de rapports
20:42qui ont été faits
20:43critiques
20:44sur la gestion
20:46des comptes publics
20:47dans notre pays
20:48et l'indépendance
20:50de la Cour des Comptes
20:51est essentielle
20:51j'ai vu d'ailleurs
20:52qu'il y a un certain nombre
20:53de magistrats
20:53de la Cour des Comptes publics
20:54qui ont publié
20:56une tribune
20:56et je leur remercie
20:57qui s'alarme
20:58de ce verrouillage politique
21:00qui est absolument
21:01inacceptable
21:01et il y a une forme
21:03de népotisme
21:04dans la manière
21:04dont gère
21:05l'État Emmanuel Macron
21:07et je peux vous dire
21:08qu'il est temps
21:09qu'on s'en débarrasse
21:09le plus rapidement possible
21:11et la grande
21:11par les urnes
21:12j'imagine
21:13s'en débarrasser
21:13évidemment
21:14par les urnes
21:14et la grande bataille
21:15qui s'annonce
21:16pour l'élection présidentielle
21:17de 2027
21:18le grand enjeu
21:19ce sera
21:19de tourner la page
21:20de ces 10 ans
21:22de Macronisme
21:23qui nous ont fait
21:24tant de mal
21:25Merci Manon
21:25Merci à vous
21:26C'était votre grande interview
21:27sur CNews et Europe 1
21:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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