- il y a 9 heures
Pour ce nouvel épisode de Chocs du monde, le magazine des crises et de la prospective internationales de TVL, Edouard Chanot reçoit Finn Andreen, membre du Mises Institute.
Le cessez-le-feu avec l’Iran prendra fin mercredi soir selon Trump. La paix vacille de nouveau mais Donald Trump prétend qu’il obtiendra un excellent deal. Il a même annoncé qu’il serait signé aujourd’hui mardi.
Mais officiellement Téhéran temporise après l’arraisonnement de l’un de ses navires en eaux internationales. La diplomatie iranienne a dénoncé un blocus bloquant les pourparlers.
Le cessez-le-feu avec l’Iran prendra fin mercredi soir selon Trump. La paix vacille de nouveau mais Donald Trump prétend qu’il obtiendra un excellent deal. Il a même annoncé qu’il serait signé aujourd’hui mardi.
Mais officiellement Téhéran temporise après l’arraisonnement de l’un de ses navires en eaux internationales. La diplomatie iranienne a dénoncé un blocus bloquant les pourparlers.
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00:08Générique
00:20Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
00:26Le cessez-le-feu avec l'Iran prendra fin mercredi soir, selon Donald Trump, qui a donné 24 heures de
00:32plus à Téhéran.
00:33La paix vacille de nouveau, mais le président américain prétend qu'il obtiendra un excellent deal, dit-il.
00:39Il a même annoncé que ce deal serait signé aujourd'hui, mardi, faut-il le croire, nous allons en parler.
00:45Mais officiellement, Téhéran temporise, après surtout l'arraisonnement par l'US Navy, de l'un de ses navires en eau
00:52internationale.
00:53La diplomatie iranienne a dénoncé un blocus bloquant les pourparlers.
00:57Pour en discuter, je reçois l'analyste Finn Andrin, membre du Mises Institute.
01:02Finn Andrin, bonjour.
01:03Bonjour.
01:04Merci beaucoup de votre présence dans Choc du Monde.
01:07Tout reste très incertain.
01:09Donald Trump promet des choses.
01:10Peut-on le croire ?
01:11Nous allons évidemment envisager toutes les réponses possibles.
01:15Donald Trump hier a publié trois longs messages sur True Social pour justifier sa politique.
01:19Son attachée presse, Caroline Leavitt, est intervenue hier soir sur Fox News.
01:24Je voudrais avoir votre avis, alors je vous propose de l'écouter.
01:30Et si les Américains veulent quand ils connaître la vérité, ils ne devraient surtout pas lire le New York Times,
01:36le Wall Street Journal ou regarder CNN.
01:39Surtout ces jours-ci, en pleine opération militaire incroyablement réussie contre l'Iran,
01:44on a presque l'impression que ces médias américains traditionnels soutiennent le régime iranien plutôt que le peuple américain,
01:51plutôt que nos grandes forces armées.
01:54Tant leur opposition au président Trump les empêche de rechercher et de rapporter les faits.
02:00Le fait est que les Etats-Unis n'ont jamais été aussi prêts de conclure un accord vraiment avantageux,
02:04contrairement à l'accord désastreux signé par Barack Hussein Obama, qu'aujourd'hui.
02:10Pourquoi ?
02:11Grâce à la brillante stratégie de négociation du président Trump et au succès de l'opération Epic Fury,
02:16une mission qu'il a lancée après 47 ans de guerre entre l'Iran et les Etats-Unis,
02:21et après 47 années de présidents qui n'ont pas eu le courage d'agir comme lui.
02:31Une brillante stratégie, le courage d'agir.
02:35Finandrine, vous y croyez au narratif de l'administration Trump ?
02:38Non, en fait, je n'y crois pas du tout.
02:41Il faut se rappeler que quand elle critique des médias comme CNN et New York Times,
02:46c'est quand même assez intéressant,
02:48parce que ce sont des médias qui ont très souvent soutenu une politique, disons agressive,
02:54une politique impérialiste américaine pendant de nombreuses autres guerres.
02:59Donc aujourd'hui, on ne peut pas dire que CNN et New York Times sont de toute manière anti-américains.
03:05Ils sont souvent très pro-américains.
03:07C'est juste que dans ce cas-ci, ces médias ne veulent pas à 100% suivre la ligne de
03:13l'administration Trump.
03:14Et donc il faut voir aussi la communication de Mme Lewitt et également du président
03:19comme des tentatives, évidemment comme toute administration politique,
03:24des tentatives de gérer la communication dans une situation qui est quand même relativement compliquée
03:32pour l'administration de Trump, même très compliquée.
03:36On a un peu l'impression que Trump a manié la carotte et le bâton, en fait, avec l'Iran.
03:41Diriez-vous que c'est efficace ou simpliste ?
03:43Je pense que c'est vrai, c'est ce qu'il a essayé de faire, mais cela ne semble pas
03:54marcher.
03:54Parce qu'il faut se rappeler qu'aujourd'hui, le but de guerre de Trump n'est pas si clair
04:01que ça,
04:02mais celui qui semble être le but de guerre, c'est, disons, de débloquer le détroit de Hormut.
04:08Ça semble être la priorité absolue, on le comprend, puisque le blocage par l'Iran,
04:14ce n'est pas un vrai blocage, mais en tout cas, l'étranglement, je dirais,
04:19par l'Iran du détroit de Hormut va avoir des conséquences et a déjà des conséquences significatives
04:24sur l'économie mondiale.
04:26Donc aujourd'hui, on dirait que la principale stratégie de Donald Trump et de l'administration
04:34semble être de débloquer et de faire circuler à nouveau les ressources naturelles à travers le détroit.
04:41Mais il faut se rappeler qu'avant l'attaque même des États-Unis, le détroit était tout à fait ouvert
04:47et l'Iran n'avait aucun contrôle sur ce détroit.
04:49Donc on est vraiment dans une situation assez loufoque.
04:53Loufoque, nous allons revenir justement sur ce renforcement de la puissance iranienne.
04:59Avant cela, évidemment, Jay Devance est à la manœuvre, en tout cas,
05:03il a été missionné par Donald Trump pour négocier via le Pakistan avec l'Iran.
05:08Il est quand même dans une situation très délicate.
05:11Évidemment, dans l'immédiat, Téhéran n'est pas encore sûr de négocier à Islamabad une deuxième fois.
05:19Jay Devance, bien sûr, était contre la guerre, semble-t-il, la guerre en Iran.
05:23Mais il est solidaire de l'administration dont il fait partie.
05:26Diriez-vous que les Américains peuvent lui faire confiance ou qu'il est à la fois jugé parti et qu
05:32'il est, on dirait même, un traître ?
05:34Alors je dirais que les Américains, comme peuple, ne peuvent pas faire confiance à leur administration.
05:40De manière générale, les Américains ne sont jamais sollicités et ne sont jamais impliqués dans des décisions d'aller ou
05:49de ne pas aller en guerre.
05:50Et ça, ça ne concerne pas seulement les États-Unis.
05:52Mais bon, l'exemple des États-Unis est très flagrant.
05:54On se rappelle très bien que même par le passé, la guerre du Vietnam, la guerre d'Irak, les Américains
06:01n'ont pas été forcément impliqués.
06:03Donc je fais un petit peu une disgression.
06:06Mais il est important de se rappeler que les aventures américaines à l'étranger, en fait, ne dépendent pas tellement
06:14de la volonté du peuple américain.
06:17Évidemment, les Américains ou, disons, l'administration veut essayer de contrôler l'opinion publique,
06:22de faire de sorte que l'opinion publique soit le plus possible en ligne avec la politique étrangère américaine.
06:29Mais il faut bien savoir que la politique étrangère américaine suit sa propre dynamique qui est gérée par, je dirais,
06:38l'élite américaine, l'oligarchie occidentale, l'État profond.
06:43On peut l'appeler de différentes manières.
06:44C'est ça, la réalité.
06:46Donc, J.D. Vance, pour revenir à J.D. Vance, J.D. Vance, il a été envoyé par Trump.
06:54Bon, il sera sûrement présent à Islamabad pour un deuxième tour.
06:59Mais déjà, le fait que ce soit J.D. Vance et les deux, donc, disons, les deux personnes qui sont
07:10les plus, disons...
07:11Kushner et Wittkopf, bien sûr, les deux émissaires de Donald Trump.
07:15Oui, les deux personnes qui sont les plus émissaires, en réalité, de confiance de Donald Trump.
07:19Ces trois-là, je suppose qu'ils ont des experts avec eux, mais on en parle très peu, donc c
07:24'est très difficile de savoir.
07:26Mais il faut se rappeler que ces trois personnes-là n'ont vraiment aucune expérience, ni sur le dossier iranien,
07:31ni sur le dossier nucléaire,
07:33et ni même en diplomatie internationale.
07:36Ils ont peut-être fait des négociations, pour le cas de Wittkopf et de Kushner, qui est le gendre de
07:42Trump, il n'a pas de position officielle.
07:44Ils ont peut-être fait des négociations, évidemment, dans le domaine de l'immobilier new-yorkais.
07:49Mais il faut savoir que les négociations au niveau international, entre États, n'ont absolument rien à voir avec des
07:55négociations dans le domaine immobilier.
07:57Donc, ceci montre, pour moi, à mon avis, cela montre très clairement qu'il n'y a pas encore, en
08:03tout cas, de vraie volonté de négocier.
08:05Parce qu'ici, il y avait une vraie volonté de négocier, de trouver un accord à travers des négociations.
08:11Dans ce cas, on verrait peut-être, quand même, l'implication beaucoup plus ferme, ou beaucoup plus présente, de Marco
08:20Rubio et du département d'État.
08:22Parce que c'est le rôle, en réalité, du secrétaire d'État, donc le ministre des Affaires étrangers américains, d
08:27'être celui qui mène ces négociations.
08:30Et c'est eux qui ont les experts, les experts de l'Iran, les experts du nucléaire, les experts sur
08:37le Moyen-Orient.
08:39Ils sont dans le département d'État.
08:41Donc, il faudrait aussi des militaires présents.
08:44Donc, le fait que les trois personnes qui ont été identifiées, soit Vance et ces deux personnes qui sont très
08:52proches de Trump,
08:53mais c'est leur seule caractéristique, en réalité, cela montre, pour moi, qu'il n'y a pas une sincère
08:59volonté d'arriver à un accord.
09:00On l'a bien vu, lors de la première négociation qui a eu lieu il y a un peu plus
09:06d'une semaine, maintenant, il n'y a pas eu de vraie tentative.
09:10J.D. Vance a abandonné les négociations après 21 heures de négociations.
09:15Mais je rappelle, 21 heures, ce n'est rien.
09:18Parce que des négociations comme ça peuvent durer des mois, voire des années.
09:21Surtout avec les Iraniens, bien sûr.
09:23Exactement.
09:24En parlant d'ailleurs des Iraniens, on évoque évidemment le nouvel homme fort à Téhéran, Mohamed Barer Galibaf, président du
09:32Parlement, porte-parole du Parlement.
09:33Il a répondu à une interview à la télévision iranienne dimanche qui était assez éclairante.
09:38Alors, je vous propose un petit extrait de celle-ci.
09:43Nous savons que nous sommes les vainqueurs de cette guerre et que nous avons réussi à l'emporter.
09:47Il est important de comprendre que l'équipement, les infrastructures et l'argent sont essentiels à la guerre et à
09:54la victoire.
09:55Mais ce n'est pas toujours le cas.
09:57Nous avons mené une guerre asymétrique en planifiant et en nous préparant à affronter l'ennemi sur son propre terrain.
10:03Ils disposaient de ses atouts, mais ils n'ont pas agi en conséquence, en raison de la puissance de leur
10:09planification et de la manière dont ils l'ont utilisé.
10:12C'est pourquoi j'affirme qu'ils prennent de mauvaises décisions stratégiques.
10:17Voyez par exemple comment ils ont mal évalué notre nation.
10:21Ils commettent également des erreurs dans leur planification militaire.
10:24C'est ce débat dont je parlais.
10:26Aujourd'hui, ce gouvernement prétend privilégier l'Amérique d'abord.
10:30Mais dans les faits, il privilégie Israël d'abord,
10:34car il prend des décisions basées sur des informations erronées et une planification inadéquate.
10:53Alors, Galibaf reproche aussi à Washington d'avoir voulu vénézualiser l'Iran pour s'emparer du pétrole.
10:58Hier sur X, il écrivait par ailleurs, je cite,
11:02« Trump cherche à transformer cette table des négociations en capitulation ou à justifier une reprise des hostilités ».
11:09Vous pensez que Trump choisira l'escalade plutôt que les négociations ?
11:14Je pense que c'est une très très bonne question et c'est difficile d'y répondre.
11:17Je pense que ce que M. Galibaf vient de dire est correct.
11:21Je pense qu'effectivement, les Américains ont perdu la guerre.
11:24Je n'irai peut-être pas jusqu'à dire qu'ils ont perdu la guerre, mais ils sont dans le
11:28processus de perdre cette guerre.
11:30Sachant que les Américains, étant de l'autre côté de l'Atlantique, ne peuvent pas réellement perdre la guerre dans
11:36le même sens que l'Iran peut perdre la guerre.
11:38Mais néanmoins, dans les objectifs, effectivement, et au Moyen-Orient, ils peuvent effectivement perdre la guerre.
11:46Et c'est ce qui est en train de se passer.
11:47C'est pour ça que Trump est dans un étau, même si, évidemment, quand on l'écoute et quand on
11:54écoute l'administration Trump,
11:55vous n'allez pas du tout avoir cette impression et ce qui est normal.
11:59Mais il est néanmoins dans un étau parce qu'il est obligé de faire ouvrir et de faire circuler les
12:09ressources naturelles par le détroit de Hormut.
12:11Mais en même temps, l'Iran a une liste de demandes pour que cela ait lieu.
12:19Et les demandes de l'Iran, c'est cette fameuse liste de 10 points.
12:23Cette liste est aujourd'hui complètement inacceptable pour les États-Unis, non seulement d'un point de vue stratégique, mais
12:29même au niveau politique.
12:31Parce que Trump, évidemment, aurait beaucoup de mal à accepter une telle liste parce que, politiquement, ça le décrédibiliserait complètement.
12:40En plus du maintien du détroit d'Hormut par l'Iran, ça serait la soirée sur le gâteau.
12:45Mais donc, les Iraniens, évidemment, font une guerre asymétrique.
12:50C'est ce que dit M. Galliba, c'est tout à fait normal.
12:52Et ça aurait pu être prédit, puisque, évidemment, quand vous avez deux des plus grandes puissances militaires du monde,
13:00les États-Unis et Israël, qui s'acharnent sur un pays qui, oui, il est fort,
13:05mais ça reste quand même uniquement une puissance régionale.
13:10Donc, évidemment, dans ce cas de figure, c'est tout à fait normal que l'Iran, disons, mène une guerre
13:17asymétrique,
13:18en utilisant, évidemment, le contrôle des ressources naturelles, en utilisant...
13:23Sa géographie aussi.
13:25Oui, sa géographie, c'est tout à fait normal.
13:26Mais ce n'est pas une surprise, puisque les Iraniens ont complètement déclaré,
13:32ils ont déclaré cela à de nombreuses reprises en 2025 et également en janvier et en février de cette année.
13:39Donc, c'est tout à fait clair ce que les Iraniens allaient faire s'ils étaient attaqués.
13:44Et c'est ce qu'ils ont fait.
13:46Donc, à nouveau, Trump, un petit peu comme l'administration Biden versus l'Ukraine,
13:52ils ont sous-estimé complètement leur adversaire.
13:56Et maintenant, l'administration Trump, et peut-être même Trump lui-même, a sous-estimé l'Iran.
14:02Et maintenant, il doit s'extirper de cette situation extrêmement compliquée pour lui.
14:07Donc, votre question, est-ce qu'il y aura des négociations ?
14:10Est-ce que ça finira par des négociations ou par une reprise des hostilités ?
14:14Pour le moment, je pense qu'on va plutôt vers une reprise des hostilités.
14:19Pourquoi ?
14:19Parce que, un, je vous ai indiqué que l'équipe de négociations de Trump n'est pas crédible.
14:25Et deux, il y a une augmentation, en réalité, des dispositifs militaires constamment au Moyen-Orient.
14:35Pendant ces deux dernières semaines, les Américains n'ont pas cessé d'augmenter leurs dispositifs militaires,
14:42de renflouer les munitions.
14:44Donc, tout porte à croire qu'ils se dirigent vers une deuxième phase pour essayer, en vain à mon avis,
14:52mais pour essayer de faire chavirer le régime iranien.
14:57Donc, je pense qu'en réalité, l'administration Trump n'est pas suffisamment encore sous pression.
15:04Il faut se rappeler que les Américains ne pourraient accepter des points de négociation iranienne que s'ils étaient sous
15:13très, très forte pression.
15:15Aujourd'hui, ils ne sont pas sous pression.
15:17Donc, quelle est cette pression ?
15:18Ça peut être deux formes de pression.
15:19Un, ça peut être une pression que Israël subit.
15:23Or, maintenant, nous avons cessé le feu, donc Israël subit encore quand même moins de pression militaire qu'il le
15:30faisait.
15:30Mais je rappelle qu'Israël a été très fortement bombardé.
15:33Et d'ailleurs, toute la censure israélienne qui nous a empêchés de voir ces dégâts,
15:41quelque part, en soi, confirme qu'Israël a été très, très fortement touché.
15:46Voilà. Et le deuxième point, c'est la partie économique.
15:49Parce qu'il faut savoir que, oui, il va y avoir des effets économiques sur les Etats-Unis.
15:54Mais les Etats-Unis ne sont pas encore touchés très fortement.
15:57Et c'est pour ça que Trump ne sent pas encore cette pression réelle
16:02qui pourrait l'inciter à réellement aller dans le sens des Iraniens.
16:06Alors, peut-être envisage-t-il cela, puisqu'il essaie, selon ses propres termes,
16:13de lancer l'opération, après l'opération Epic Fury,
16:16il essaie de mener l'opération économique Fury contre Téhéran.
16:19Je le cite encore hier soir.
16:20Ils perdent 500 millions de dollars par jour, un chiffre intenable pour eux,
16:23même à court terme, dit le président américain.
16:26Donc, il essaie maintenant de maintenir une pression économique.
16:28On a l'impression que c'est justement pour empêcher que les Etats-Unis subissent, eux,
16:33une pression économique.
16:34Vous pensez que ça peut avoir du succès, ça ?
16:36Alors, je pense qu'il faut...
16:37D'autant plus, pardon, d'autant plus que pour Téhéran, évidemment,
16:39la levée des sanctions fait partie des dix points que vous avez évoqués
16:42et que c'est le cœur des doléances iraniennes.
16:45Exactement, vous avez tout à fait raison de rappeler cela.
16:49Mais il faut faire très attention à ce chiffre que vous mentionnez,
16:52les 500 millions par jour.
16:54Et ce chiffre-là, également, est repris par beaucoup de médias français.
16:58Mais il faut savoir que, premièrement, le blocage américain n'est pas un vrai blocage.
17:06Contrairement à ce que disent les médias occidentaux et l'administration Trump,
17:10c'est une espèce de passoire.
17:12Il y a beaucoup de signes qui montrent qu'il y a quand même beaucoup de bateaux qui passent,
17:17des bateaux iraniens et d'autres bateaux qui sont affiliés ou proches de l'Iran,
17:23qui passent néanmoins.
17:24Et cela est tout à fait normal, quelque part, parce que les Américains n'ont que 15 navires
17:28qui, disons, qui essaient de bloquer non seulement le détroit de Hormuz,
17:34parce qu'ils ne peuvent pas le faire, parce qu'ils seraient trop proches,
17:37mais ils essaient de bloquer carrément des centaines de kilomètres dans la mer de Oman.
17:43Et cela est tout à fait impossible avec 15 navires.
17:47Et n'importe quel, disons, militaire de la marine pourrait vous le confirmer.
17:52Donc, je pense que le blocus ne marche pas.
17:55Ça, c'est la première chose.
17:57C'est contrairement à ce que disent les médias occidentaux.
18:01Et ce chiffre, évidemment, il faut se rappeler que,
18:05quand vous dites qu'il y a un coût énorme pour les Iraniens,
18:08il faut se rappeler que les Iraniens ont vécu pendant 47 ans sous des sanctions massives
18:13et que ce n'était que pendant la période sous Obama du JCPOA,
18:19pendant quelques années, où les sanctions ont été levées.
18:23C'est à ce moment-là que les Iraniens ont pu non seulement importer,
18:26mais également exporter davantage de ces ressources naturelles.
18:30Mais il faut se rappeler que l'Iran a, depuis de nombreuses années,
18:34exporté beaucoup, beaucoup moins que leur réelle capacité,
18:38aussi bien en gaz qu'en pétrole.
18:40Donc, ils ne sont pas, je dirais, aussi sensibles que serait un pays occidental
18:47face à ce genre de blocage, quand bien même ils fonctionneraient.
18:52Ils vivent déjà, d'une certaine manière, dans une économie de guerre.
18:54C'est ça. C'est exactement ça.
18:58Alors, le professeur de l'université de Chicago, Robert Pape,
19:01disait sur X que l'Iran pourrait émerger comme quatrième puissance mondiale.
19:05C'est un argument assez aberrant, en apparence.
19:09Vous y croyez, à cette possibilité de l'Iran de devenir, comme vous disiez,
19:13non seulement une puissance régionale, mais une puissance mondiale,
19:15avec ce conflit, avec Washington ?
19:18Je n'irais peut-être pas jusqu'à dire qu'une puissance mondiale,
19:21mais je pense qu'effectivement, ils vont renforcer leur position au Moyen-Orient.
19:27Ça, c'est sûr.
19:28Évidemment, et considérant aussi la position de l'Iran extrêmement stratégique,
19:34et c'est ça qui en fait aussi la cible des Américains.
19:37Ça n'a rien à voir avec le programme nucléaire.
19:39Ah, non, non, pas du tout.
19:41On pourra en reparler.
19:42Mais concernant la position stratégique en Eurasie, entre l'Est et l'Ouest,
19:49évidemment, la position de l'Iran va très fortement augmenter,
19:53et l'influence de l'Iran va augmenter aussi dans le monde,
19:57mais pas seulement d'un point de vue militaire, mais également d'un point de vue économique, social, culturel.
20:04Cela n'est pas forcément une mauvaise chose, au contraire.
20:08Le grand argument de Robert Pape aussi, et d'autres, d'ailleurs,
20:12c'est de dire que, pour illustrer ce retour de la puissance iranienne,
20:15c'est de souligner que le cessez-le-feu au Liban avait été réclamé par Tehran,
20:19et qu'il a été obtenu.
20:20Trump a évidemment fait pression sur Netanyahou,
20:22parce que Tehran a fait pression sur lui.
20:24Vous pensez qu'ils ont à ce point une influence, en fait, sur les négociations ?
20:29– Alors, je pense qu'ils ont une influence sur Hezbollah.
20:34Vous parlez de l'Iran ?
20:35– Oui, bien sûr.
20:36– Enfin, via le Hezbollah, évidemment.
20:38– Oui, mais en fait, il faut se rappeler que la condition pour négocier de l'Iran,
20:44c'était ne pas avoir de blocus des Américains.
20:49Or, il y a eu un blocus.
20:51Et deuxièmement, c'était également qu'il y ait un cessez-le-feu complet au Liban.
20:57Et les Américains ont un petit peu joué sur ça,
21:00parce qu'ils ont forcé, quelque part, Netanyahou à mettre en place un cessez-le-feu au Liban.
21:07Nuance, pas avec le Hezbollah.
21:10Et donc, il y a eu un cessez-le-feu, évidemment, sur des quartiers de Beyrouth
21:14et d'autres parties du Liban.
21:16Mais, en réalité, il n'y a pas eu de cessez-le-feu complet.
21:20Et on a vu même ce week-end énormément, en réalité, d'atrocités
21:25qui ont été commises par l'armée israélienne au sud de Liban.
21:29Et néanmoins, les Iraniens ont quand même accepté d'aller à la table de négociation la première fois.
21:38Et même cette fois-ci, ils iront sûrement la deuxième fois.
21:42Donc, ça veut dire que les Iraniens ont montré quand même une certaine flexibilité.
21:47Et ils ont d'abord insisté sur des conditions fermes pour même s'asseoir à la table de négociation avec
21:54les Américains.
21:55Mais on a vu qu'ils n'ont pas été, disons, aussi fermes que ça.
22:01Finalement, ils ont accepté de négocier quand même.
22:03Et là, on peut peut-être...
22:05Ils ont pris des coups assez durs.
22:05Ils ont pris des coups assez durs.
22:07Mais la réalité, c'est que ce cessez-le-feu, pour moi, a un petit peu enlevé la pression sur
22:18les Américains.
22:19Parce que la pression était quand même très élevée, et sur Israël aussi, très élevée pendant les premiers 40 jours.
22:26Et les Américains souhaitaient à tout prix se cessez-le-feu.
22:30Il ne faut pas oublier que ce sont les Américains et les Israéliens qui ont demandé, qui ont exigé, et
22:35surtout les Américains, un cessez-le-feu.
22:37Et pourquoi ? Parce qu'ils étaient sous une pression militaire.
22:40Trump avait besoin d'arrêter les combats.
22:42Très significative.
22:42Je rappelle que 13 bases militaires américaines ont été complètement ou partiellement détruites au Moyen-Orient.
22:49On ne sait même pas si, un jour, ces bases seront reconstruites.
22:54Donc, il faut quand même comprendre que c'est un énorme revers.
22:58Donc, ce n'est peut-être pas une défaite complète encore, mais c'est un énorme revers militaire que les
23:05Américains et les Israéliens ont accusé pendant ces premiers 40 jours.
23:10Donc, ils souhaitaient à tout prix se cessez-le-feu.
23:13Et ce qu'on entend, c'est difficile à voir exactement, mais ce qu'on entend, c'est que les
23:18Iraniens ne voulaient pas, en réalité, de cessez-le-feu.
23:21Parce qu'ils savaient très bien que la position américaine allait peut-être être renforcée dans ce cas.
23:26Et c'était les Chinois, en réalité, qui ont réagi très mal lors de ce fameux tweet de Trump où
23:33il a dit qu'il allait anéantir la civilisation iranienne.
23:37Et donc, à la dernière heure, ce sont les Chinois qui, évidemment, ont une possibilité de pression sur les Iraniens,
23:44qui ont demandé très fortement aux Iraniens d'accepter cette fois-ci la diplomatie, a cessez-le-feu.
23:51Et donc, les Iraniens ont suivi, ils n'avaient pas trop le choix, ils ont suivi cette forte recommandation chinoise.
23:58Mais la question est de savoir maintenant, est-ce qu'ils n'ont pas fait une erreur ?
24:02Parce que les Chinois, maintenant, sont un petit peu impliqués.
24:06On sait qu'il y a des possibilités d'une implication beaucoup plus forte chinoise,
24:13potentiellement avec l'envoi de navires chinois.
24:16Donc, nous, nous approchons potentiellement à une vraie crise mondiale
24:22où il y aurait potentiellement un affrontement entre la Chine et les Etats-Unis en mer indienne,
24:27à peu près comme la crise des missiles de 1962 dans les Caraïbes,
24:32entre l'Union soviétique et les Etats-Unis.
24:35Il ne faut pas, disons, oublier que ce scénario existe.
24:40Il faut être conscient de cela.
24:42Malheureusement, nous n'avons pas de JFK à la Maison-Blanche.
24:46C'est ça, le grand problème.
24:47Nous avons évoqué le Liban, vous avez évoqué le Sud-Liban,
24:50les atrocités qui ont été commises.
24:52Bon, un cessez-le-feu a été arraché il y a quelques jours.
24:56Israël a décrété une ligne jaune, une zone tampon
24:59de 12 kilomètres de profondeur dans le territoire libanais.
25:01Sur les cartes de l'armée israélienne, elle est indiquée en rouge.
25:05Mais ma question est un peu plus pratique.
25:08Permettra-t-elle, à votre avis, de garantir la paix,
25:10cette zone tampon, cette ligne jaune,
25:12ou risque-t-elle, selon vous, d'aggraver, en fait, le conflit régional ?
25:16Je pense qu'elle va aggraver le conflit régional
25:19parce qu'il n'y a pas de possibilité, en réalité,
25:22pour Israël de battre militairement le Hezbollah.
25:26Le Hezbollah est beaucoup plus fort, en réalité, que le Hamas.
25:28Et même le Hamas n'a pas pu être anéanti par Israël.
25:32C'était, en réalité, l'objectif d'Israël.
25:35Donc, il n'est pas possible...
25:36Quand vous avez une armée qui défend son propre territoire,
25:41il est très difficile de vaincre cette armée.
25:44Et la stratégie, la tactique, je dirais, de Hezbollah a changé.
25:47Elle est devenue beaucoup plus mobile que sous Nasrallah.
25:52Elle est devenue beaucoup plus une espèce de, disons, de tactique guérilla, presque.
25:58Et ça a posé beaucoup de problèmes pour Israël.
26:02Et ils ont quand même accusé beaucoup de coups.
26:05On parle de centaines de chars qui ont été détruits.
26:07Beaucoup de difficultés et de pertes, aussi, au niveau de leurs hommes.
26:11Il y a le chef d'état-major israélien qui a indiqué publiquement
26:15que l'armée israélienne, donc Sahal, était sur le bord de l'effondrement.
26:21Ce n'est pas rien quand il dit ça.
26:23C'était pour des questions de recrutement.
26:24Même s'il exagère un petit peu pour marquer un point,
26:28il y a quand même un problème au niveau de l'armée israélienne.
26:34Elle ne va pas réussir son pari.
26:35Mais donc la ligne jaune, c'est évidemment simplement une manière pour Israël
26:41de mettre en place une politique qui est très similaire à celle qu'elle a fait à Gaza.
26:45C'est-à-dire anéantir les bâtiments,
26:49empêcher les Libanais même de pouvoir retourner vivre dans leur maison au sud de cette ligne.
26:55Et ce que souhaite Israël, c'est tout simplement l'évacuation de la population du Sud-Liban.
27:01Parce qu'à terme, en réalité, l'objectif caché, et même pas trop caché d'Israël,
27:06ce n'est pas de vaincre Hezbollah, même s'il faut passer par là.
27:10Mais c'est d'annexer carrément le territoire libanais jusqu'au fleuve Litanie, au moins.
27:17Mais pour commencer, c'est là.
27:19Et cela fait partie évidemment du plan de Grand Israël,
27:22qui est tout à fait public.
27:24Ce n'est pas du complotisme.
27:25Même les leaders israéliens en parlent très ouvertement.
27:29Ceux que l'on dit d'extrême droite.
27:30Oui, mais même ils font partie du gouvernement.
27:32Il n'y a pas de secret à cela.
27:35Donc l'objectif ici, c'est d'essayer d'annexer le Sud-Liban,
27:38et d'utiliser la crise iranienne, qui est mondiale, qui est énorme,
27:42qui reçoit énormément d'attention,
27:45pour essayer de réaliser une nouvelle pénétration au Liban,
27:52et de saisir, une fois pour toutes, le Sud-Liban.
27:54On rappelle qu'Israël a essayé à de nombreuses reprises
27:58de s'emparer de cette terre, en réalité.
28:03Une tentative d'annexion du Sud-Liban, de la part d'Israël.
28:06Eh bien, ce sera le mot de la fin.
28:08Finandrine, merci beaucoup d'avoir répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
28:12Je rappelle que vous êtes membre du Misses Institute.
28:14Merci à tous d'avoir suivi cet épisode de Choc du Monde.
28:17Surtout, n'oubliez pas de le commenter, de le partager,
28:19et de vous abonner à TVL.
28:21Merci à tous, et bonne soirée.
28:22Sous-titrage Société Radio-Canada
28:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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