- il y a 3 heures
Anne Brassié reçoit Annick Morel, collaboratrice de Michel-Georges Micberth, chroniqueur des années 60 et 70, pour présenter un recueil d'articles cinglants d'une belle actualité : "Petite somme contre les gentils (LefiefLorisse). Un exemple :"Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises guerres pas plus qu'il n'y a de bons ou de mauvais assassinats. La guerre pue, l'assassinat pue". Du pur Céline. Elle présente aussi la maison d'édition "Le livre d'histoire - Lorisse", qui publie des monographies des villes et villages de France et une petite merveille, "Une journée de George Sand", récit de Jacques des Gachons d'un voyage de l'écrivain de Nohant à Gargilesse en voiture à cheval, plein d'aventures, de rencontres et d'amour de la nature. (Le livre d'histoire - Lorisse). Micberth.org. Sur les écrans deux bons films : "Les rayons et les ombres" et "Rue Malaga".
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ÉducationTranscription
00:00:05Musique
00:00:22Chers amis de TV Liberté, bonjour.
00:00:25Nous avons la joie ce matin de recevoir Annick Morel
00:00:28qui va nous présenter une maison d'édition
00:00:33créée par un homme assez exceptionnel
00:00:36qui s'appelle Nick Berthe
00:00:38qui fut un pamphlétaire, un journaliste
00:00:43et le créateur d'une maison d'édition absolument extraordinaire
00:00:48dont nous allons parler dans la deuxième partie
00:00:52Monographie des villes et villages de France
00:00:55et donc c'est, si vous voulez,
00:01:02l'analyse très précise de l'histoire, de la topographie d'un village
00:01:07sans que plus rien n'échappe à son auteur
00:01:12et ça c'est irremplaçable.
00:01:14Mais nous allons parler tout à l'heure.
00:01:17Annick Morel, vous êtes la femme à tout faire
00:01:22de cette maison d'édition, la gérante, l'éditrice, la correctrice
00:01:26et vous avez choisi pour remettre à notre pensée
00:01:36pour ressusciter en quelque sorte,
00:01:38Nick Berthe,
00:01:40cette petite somme contre les gentils
00:01:42allocution télévisée 1976-1982.
00:01:47Vous avez dû vous régaler en relisant ces textes.
00:01:50Oui, tout à fait.
00:01:51Et en particulier le dernier, vous savez pourquoi ?
00:01:55C'est la dernière tribune libre
00:01:58qui a été donnée à Nick Berthe en 1982
00:02:01et qui était intitulée
00:02:04Prout Kaka Bouddha ou l'état socialo-communiste.
00:02:08Exactement.
00:02:09Et comme par hasard, on révèle,
00:02:13puisqu'il vient de mourir, paix à son âme,
00:02:17Jospin, qui faisait partie d'un organisme
00:02:22trotskiste bien communiste.
00:02:24C'est quand même…
00:02:27Alors moi, je le répète depuis des années,
00:02:29depuis en fait bien 40 ans,
00:02:30mais les faits vous confirment absolument à chaque fois.
00:02:35On n'est pas sortis de l'emprise communiste.
00:02:40Non, on n'est pas sortis.
00:02:41Mais bon, en tout cas, ce texte,
00:02:44c'est une allocution télévisée.
00:02:47Donc, normalement, on devrait retrouver Alina
00:02:50comme le sont toutes les autres, les précédentes.
00:02:53Or Alina, il n'y a aucune trace.
00:02:55On ne trouve pas, on a beau chercher, on ne trouve pas.
00:02:58Et qui plus est, sur la BNF,
00:03:01donc qui répertorie tous les textes de Nick Berthe
00:03:04et toutes ses interventions.
00:03:06Si, on trouve mention de ce texte,
00:03:09mais on a supprimé Proud-Caca-Boudin,
00:03:11le texte s'appelle simplement
00:03:13l'État socialo-communiste.
00:03:15Donc, c'est assez amusant.
00:03:17Il faut dire que la comparaison était très insultante.
00:03:19Très insultante.
00:03:21Ou combien drôle.
00:03:22Alors, d'abord, il commence en disant,
00:03:25bien sûr, il y a des socialistes sincères,
00:03:27comme il y a des moutons à cinq pattes.
00:03:29Il y a des communistes honnêtes,
00:03:31comme parfois le purin désaltère.
00:03:33Je veux bien concéder tout cela.
00:03:35Mais alors, la dernière partie,
00:03:38puis après les élections que nous avons vécues,
00:03:40je trouve que c'est quand même
00:03:41très, très agréable à entendre.
00:03:44Les électeurs...
00:03:45Pardon.
00:03:45Mais derrière les niais confectionneurs de verre
00:03:48de Mirliton,
00:03:49il y a le fascisme rouge,
00:03:51celui qui a asservi tous les peuples
00:03:53qui lui ont fait confiance
00:03:55au profit d'une cruelle nomenclatura.
00:03:58Derrière le Florentin Mitterrand,
00:04:00il y a le Pitre Marchais,
00:04:02et c'est la main de Moscou
00:04:03qui anime cette marionnette.
00:04:04À ma connaissance,
00:04:06c'est bien la première fois
00:04:07dans l'histoire de cette gueuse république
00:04:10qu'on a délibérément porté au pouvoir
00:04:12l'échec.
00:04:14Et puis, il continue,
00:04:16c'est absolument inouï,
00:04:17le PC qui s'infiltre
00:04:19dans toutes les administrations,
00:04:21dans tous les médias.
00:04:22Grâce à la CGT,
00:04:24Factotum à sa botte,
00:04:25commune, département, région, état,
00:04:28rien n'échappe au quadrillage rigoureux
00:04:31des fascistes rouges.
00:04:33Voici nos nouveaux maîtres,
00:04:35tous leurs moyens sont bons,
00:04:36pression, délation,
00:04:38chantage, menace, force.
00:04:41On y est.
00:04:42Il suffit que Mediapart
00:04:44dénonce quelqu'un,
00:04:45et ses propos est écrits il y a 30 ans,
00:04:48pour que la personne soit dézinguée
00:04:50dans la journée.
00:04:53Alors, qui était ce Mick Burst ?
00:04:54Comment est-ce qu'il est venu
00:04:55à l'écriture, au journalisme,
00:04:58et au pamphlet ?
00:04:59À l'écriture tout petit,
00:05:00je vais vous dire.
00:05:01Ah oui ?
00:05:01Il a commencé son œuvre littéraire
00:05:05par l'écriture de poèmes,
00:05:08à l'âge de 8 ans.
00:05:09Oui.
00:05:09Donc, c'est vous dire,
00:05:11tout petit,
00:05:11il écrit des textes
00:05:12pour échapper au monde ambiant.
00:05:14On lui avait dans une famille
00:05:17où il était plutôt incompris,
00:05:19il était très intelligent.
00:05:21Oui.
00:05:21Donc, c'était...
00:05:22Toujours difficile, ça.
00:05:22C'était difficile.
00:05:23Donc, il a réussi à s'en sortir,
00:05:26et il a créé, dans les années 60,
00:05:30un grand mouvement poétique,
00:05:32la jeune force poétique française.
00:05:34Donc, ça, c'est une partie
00:05:36de sa vie littéraire.
00:05:38À l'époque, il était à Tours,
00:05:40et quand il a commencé à un petit peu
00:05:44avoir une attitude, on va dire,
00:05:47contre la municipalité,
00:05:49contre Jean Royer, etc., etc.,
00:05:52il s'est fait un petit peu bannir
00:05:55des lieux.
00:05:56Voilà.
00:05:56Ça, c'est pour l'activité poétique.
00:06:00Ensuite, il a été pamphlétaire.
00:06:04Ça, c'est les années 70.
00:06:06Donc, là, nous avons remis
00:06:08au goût du jour en publiant
00:06:10ses pamphlets d'actuel hebdo,
00:06:14qui était une feuille pamphlétaire
00:06:15qu'il a créée.
00:06:17Et puis, les pamphlets de minutes,
00:06:19également, parce qu'il ne faut pas oublier
00:06:20qu'il a été pamphlétaire à minutes.
00:06:23Oui, oui.
00:06:23C'est une grande chronique.
00:06:26Et on va dire que l'activité pamphlétaire
00:06:29est allée jusque dans les années 80.
00:06:32Et ensuite, il en a eu un petit peu marre
00:06:35de sans arrêt se faire embêter
00:06:37par les pouvoirs publics
00:06:39sous des formes diverses et variées.
00:06:41Et il s'est consacré à son activité d'éditeur
00:06:45donc à la fin des années 80.
00:06:46C'est ça.
00:06:47Où il a créé la collection
00:06:50que vous avez citée tout à l'heure,
00:06:51Monographie des villes et villages de France,
00:06:52qui, aujourd'hui, a 3600 titres, à peu près.
00:06:56C'est énorme comme travail.
00:06:57Et c'est donc qu'il est parti maintenant en 2013.
00:07:02Et avec son épouse Virginie et son fils Charles,
00:07:07nous essayons tant bien que mal
00:07:09de continuer cette collection,
00:07:11de l'enrichir un petit peu chaque jour.
00:07:14Il y a une grande partie de réédition,
00:07:16mais de plus en plus,
00:07:17nous nous tournons vers l'édition
00:07:19de nouveaux textes qui nous sont proposés
00:07:21par qui souhaitent faire connaître
00:07:24l'histoire de son village, de sa région.
00:07:28Si vous voulez, cette collection
00:07:31est dédiée à l'histoire locale.
00:07:33C'est-à-dire qu'on peut également
00:07:37publier un livre sur une personne,
00:07:38mais la personne sera toujours reliée
00:07:41à l'histoire locale.
00:07:42Avec quelques exceptions,
00:07:44quelques autres petites collections
00:07:48qui échappent un petit peu
00:07:49lorsqu'on a des coups de cœur
00:07:50pour certains textes.
00:07:52Mais l'essentiel, c'est ça.
00:07:53C'est l'histoire locale.
00:07:54C'est l'histoire par le petit bout
00:07:55de la lorgnette, en fait, si vous voulez.
00:07:56Parce qu'aujourd'hui, l'histoire,
00:07:58c'est plus grand-chose.
00:07:59Les livres d'histoire,
00:08:01je ne sais même pas à quoi ça ressemble.
00:08:04C'est surtout l'histoire racontée
00:08:08par les vainqueurs.
00:08:08Elle est tellement pétrie de propagande
00:08:11et elle est tellement mal présentée
00:08:14et copiée et caricaturale
00:08:19alors que la description d'un village,
00:08:25on ne peut pas tromper sur son architecture,
00:08:29sur ceux qui l'ont qu'un australis,
00:08:30sur ceux qui le travaillent.
00:08:31On parle des archives de base.
00:08:34Si vous voulez, on n'a pas d'exclusives,
00:08:36à savoir que l'auteur peut être le curé du village,
00:08:41peut être l'instituteur, peut être le maire,
00:08:43peut être un historien passionné d'histoire.
00:08:45Ça n'a pas d'importance pour nous.
00:08:48La couleur n'a pas d'importance.
00:08:49L'essentiel, c'est que ce soit l'histoire vue
00:08:51par le petit bout de la lorgnette.
00:08:53Bien sûr.
00:08:53En gros, c'est ça.
00:08:54Bien sûr.
00:08:56Ça ressemble au carottage, vous savez,
00:08:58en chimie, on carotte un matériau
00:09:04et on voit comment il est construit.
00:09:06C'est tout à fait satisfaisant.
00:09:08Il y a beaucoup de textes sur les villes et la terreur.
00:09:13Oui.
00:09:14Oui, oui, bien sûr.
00:09:15On s'aperçoit que Rouen, notamment,
00:09:17Rouen et la terreur.
00:09:18Oui, oui.
00:09:19On a quelques ouvrages spécifiques
00:09:20sur l'histoire de la Révolution.
00:09:22Très, très bienvenue.
00:09:23Bon, ce n'est pas l'essentiel,
00:09:25mais très souvent, bien évidemment,
00:09:26quand on fait une monographie,
00:09:29on cite 1789,
00:09:31et donc il y a les éléments,
00:09:32il y a les événements qui sont répertoriés,
00:09:35qui sont racontés.
00:09:36Alors, il y a beaucoup, beaucoup de textes
00:09:39sur les instruments agricoles.
00:09:43Ça, c'est quand même...
00:09:45Instruments aratoires,
00:09:49probablement quelqu'un qui connaît la vie agricole.
00:09:55C'est...
00:09:58Alors, il y a aussi une partie littéraire
00:10:00avec des portraits.
00:10:07Et puis, il y a, ce que je disais,
00:10:09toutes les monographies de métier d'hier et d'aujourd'hui.
00:10:17Et...
00:10:18Mais...
00:10:18Ça, ce sont des collections moins importantes.
00:10:21Ça échappe...
00:10:21Oui, mais c'est quand même fantastique.
00:10:23C'est quand même fantastique,
00:10:25tout ce que vous avez publié.
00:10:26C'est vraiment l'éducation au XVIIIe siècle,
00:10:30Aspect Paris au XVIIIe siècle,
00:10:32Justice et police au XVIIIe.
00:10:34Ça, ce sont les premiers ouvrages
00:10:36que Mick Berthe a réédités
00:10:39à la fin des années 80,
00:10:41pas tout à fait la fin,
00:10:42mais disons 86, 87.
00:10:44Et si vous voulez,
00:10:45la collection monographie,
00:10:46il l'a lancée,
00:10:48on va dire en 88,
00:10:49en 1988.
00:10:51Et depuis, il n'a pas cessé.
00:10:54Mais revenons à ce personnage
00:10:57et à son écriture.
00:10:59Alors, ce qu'il faut savoir,
00:11:00c'est qu'il est...
00:11:02C'est un pamphlétaire de haut vol.
00:11:06Il est...
00:11:08Il n'est pas tendre.
00:11:09Il n'est pas tendre,
00:11:10mais il appelle un chat un chat
00:11:11et une crotte une crotte.
00:11:12Et c'est quand même très, très amusant.
00:11:15C'est très amusant parce que...
00:11:18Il explique pourquoi...
00:11:19En fait, il est d'une grande violence.
00:11:21Et pourquoi est-il d'une grande violence ?
00:11:23Parce qu'il aime la France
00:11:24et qu'il ne veut pas qu'on la détruise.
00:11:27Bien sûr.
00:11:28C'est ça son...
00:11:29Mais en général,
00:11:31il aime les...
00:11:33Comment dire ?
00:11:34Il aime les gens,
00:11:35il aime les hommes.
00:11:36Il ne veut pas qu'ils aillent vers le bas.
00:11:38Et ça a toujours été sa philosophie
00:11:40avec tous les gens
00:11:41qui se sont groupés autour de lui.
00:11:45Sa philosophie, c'était
00:11:46l'individu doit monter tout le temps.
00:11:48Et ça, c'est une chose
00:11:50qui, pour moi, a été étonnante.
00:11:53J'ai connu Miperte en 1970.
00:11:58Et si vous voulez,
00:11:59j'ai été sa coloratrice
00:12:00pendant plus de 40 ans.
00:12:02Donc, j'ai vécu
00:12:02toutes ces aventures
00:12:05pamphlétaires, journalistiques
00:12:06et aussi politiques,
00:12:08puisqu'il a créé
00:12:10la Nouvelle Droite Française.
00:12:11Mais moi, dans mon enfance,
00:12:13on me disait,
00:12:13mais non,
00:12:16je ne te plains pas.
00:12:17Il y a pire que toi.
00:12:19Or, ce n'est pas du tout sa philosophie.
00:12:21Sa philosophie, c'est...
00:12:22Non, il faut toujours faire au mieux.
00:12:24Il faut toujours que l'être sorte
00:12:25de lui-même
00:12:26pour aller vers son meilleur.
00:12:28Et je crois que...
00:12:29Bon, c'est ce qu'il voulait aussi
00:12:30pour son pays.
00:12:31Et son meilleur,
00:12:32c'est la lucidité.
00:12:34L'aveuglement des peuples,
00:12:35ça le met hors de lui.
00:12:37Une grande, grande lucidité.
00:12:39Sa capacité d'appréhender
00:12:42le réel,
00:12:43de voir les choses à l'avant,
00:12:45de voir...
00:12:47Il aimait beaucoup la simologie.
00:12:49La ?
00:12:49La simbiologie.
00:12:50C'est-à-dire l'étude des signes.
00:12:52Oui, oui.
00:12:52Et un signe,
00:12:55au premier signe,
00:12:56on sait que quelque chose
00:12:57va être comme ça.
00:12:58Et il pensait,
00:13:00enfin, plein de fois,
00:13:00il a dit ça.
00:13:01Il le voit.
00:13:01Il le sent.
00:13:02Il le sent.
00:13:03Alors, il a aussi
00:13:04une justification
00:13:06de l'apostrophe ordurière
00:13:08au peuple
00:13:08que je trouve extraordinaire.
00:13:10L'apostrophe ordurière
00:13:12au peuple
00:13:13peut s'entendre
00:13:14comme le contre-pied
00:13:15pris de ce qui
00:13:16se pratique ordinairement.
00:13:18En démocratie,
00:13:19le tribun sollicite
00:13:20les suffrages
00:13:21de son auditoire.
00:13:22Il se contraint donc
00:13:23au double langage
00:13:24et flatte
00:13:26ceux dont il a besoin.
00:13:27Chez moi,
00:13:28ce souci est absent.
00:13:30Je dis ce que je pense
00:13:31sans me soucier
00:13:32le moins du monde
00:13:33de l'effet négatif
00:13:34produit.
00:13:36Je n'ai rien à vendre.
00:13:37La canaille et moi
00:13:39ne pâturons pas ensemble.
00:13:41Cela me permet d'entrer,
00:13:43de sélectionner
00:13:44mes sympathisants
00:13:44et mes amis.
00:13:45Méthode d'épuration
00:13:46qui me laisse espérer,
00:13:48voyous découragés,
00:13:50que nous resterons
00:13:51entre gens convenables.
00:13:53Le risque est de perdre
00:13:54ceux qui jugeraient
00:13:55cette méthode
00:13:56par trop expéditive
00:13:58et qui ne verraient là
00:13:59qu'une manière simpliste
00:14:01de provocation grossière.
00:14:03Tant pis pour eux.
00:14:06Cette comparaison
00:14:07avec le langage des politiques
00:14:08qui est en effet
00:14:10une pommade.
00:14:11C'est une pommade.
00:14:13Alors que lui
00:14:14n'a rien à vendre.
00:14:15En fait,
00:14:15c'est ça un écrivain.
00:14:16Il n'a rien à vendre.
00:14:17Céline n'a rien à vendre.
00:14:19Tout à fait.
00:14:20Moi, je les compare
00:14:23tout à fait.
00:14:24Il a beaucoup aimé Céline,
00:14:25effectivement.
00:14:26C'est l'un des premiers
00:14:27qui lui a permis
00:14:28d'écrire autrement.
00:14:30J'imagine.
00:14:30Il aime beaucoup
00:14:31Léon Blois aussi.
00:14:32Oui.
00:14:32Il aime beaucoup Léon Blois,
00:14:33c'est évident.
00:14:35Enfin bon,
00:14:36c'est...
00:14:38C'est revigorant.
00:14:39C'est revigorant.
00:14:40Ça peut gêner.
00:14:42C'est pas toujours facile
00:14:45à accepter.
00:14:45Non, non, mais...
00:14:46Il faut aussi voir le...
00:14:47Si vous êtes un syndicaliste CGT,
00:14:50c'est pas la peine
00:14:50d'ouvrir ce livre.
00:14:51Mais les audits,
00:14:53les téléspectateurs de TVL
00:14:54sont en général pas de ça.
00:14:57Encore sur les élections.
00:14:58Le suffrage universel
00:15:00est une vieille friponnerie
00:15:01qui a la peau dure.
00:15:03Une manière de s'émasculer
00:15:05pour l'éternité.
00:15:06Voter est un non-sens.
00:15:08Ça fait du bien quand même
00:15:09d'entendre ça.
00:15:11Quand on a les mêmes au pouvoir
00:15:12depuis 50 ans.
00:15:16Alors, on n'hésite pas
00:15:17à traiter les hommes politiques
00:15:19de ces pulcres blanchis.
00:15:21Enfin, c'est...
00:15:22Non, c'est très...
00:15:24Oui, il y a un panel de...
00:15:25Et puis, il y a une réflexion
00:15:28qui est très amusante.
00:15:29Tristan Bernard disait
00:15:31« Je ne hais que la haine. »
00:15:35Et moi, j'ajoute,
00:15:35« Je ne hais que ceux
00:15:37qui ne savent pas haïr. »
00:15:39Oui, c'est clair.
00:15:42Deux idées différentes.
00:15:43C'est clair.
00:15:44Non, non, mais ça fait penser
00:15:46à ces gens dont on a tué
00:15:48les enfants et qui disent
00:15:49à la télévision
00:15:50« Vous n'aurez pas ma haine. »
00:15:51Ben, si, crétin.
00:15:52Si tu n'aïs pas
00:15:54celui qui a assassiné ton enfant,
00:15:56c'est que tu as un problème
00:15:57au cerveau.
00:15:59Alors, petite somme
00:16:00contre les gentils
00:16:02de Mick Burt.
00:16:05dans la collection
00:16:06Petite bibliothèque insolite,
00:16:07je vous le conseille,
00:16:09chers amis,
00:16:09parce que c'est un petit bijou
00:16:12de texte incandescent
00:16:14que vous aimerez
00:16:16sans aucun doute.
00:16:17Je peux ajouter
00:16:18qu'on retrouve ces textes,
00:16:20donc, c'était sur France 3,
00:16:22à l'époque,
00:16:22Tribune Libre.
00:16:23Oui.
00:16:23On les retrouve sur Internet
00:16:25en faisant
00:16:26Mick Burt vidéo,
00:16:27tout simplement,
00:16:27et on a les textes,
00:16:29sauf le dernier,
00:16:31Proudka Kabula.
00:16:32Oui.
00:16:32Alors, pour conclure,
00:16:36il dit que ces textes
00:16:39ne sont pas les plaintes
00:16:40d'un désespéré,
00:16:41mais les gueulements
00:16:42d'un homme
00:16:43qui hurle d'amour,
00:16:44d'un homme
00:16:45qui a la foi dans l'homme
00:16:46et qui le crie
00:16:47à se faire saigner
00:16:48les poumons.
00:16:49Et dans un de ses derniers textes
00:16:52d'actuel hebdo
00:16:53qu'il avait fondé,
00:16:55aimer son pays,
00:16:56c'est avant tout
00:16:57ressentir au fond de soi
00:16:58une tendresse jaillissante
00:17:00pour la terre,
00:17:01la culture,
00:17:01l'homme.
00:17:02Aimer son pays,
00:17:04c'est refuser
00:17:05le tourbillon des clowns
00:17:06qui anime celui-ci
00:17:08depuis deux siècles.
00:17:09Oui.
00:17:10Elle n'a jamais varié.
00:17:11Le tourbillon des clowns.
00:17:13C'est quand même...
00:17:13Elle n'a jamais varié
00:17:14dans ses idées,
00:17:15dans sa manière d'être,
00:17:17dans sa liberté.
00:17:18Alors, justement,
00:17:19en La Terre de France,
00:17:20vous publiez un livre
00:17:22absolument délicieux
00:17:23qui s'appelle
00:17:24qui s'appelle
00:17:24Une journée de Georges Sande,
00:17:27le grand voyage
00:17:28de Madame du Devant
00:17:29de son château de Nohan
00:17:30à sa maison de Gargiles.
00:17:33C'est signé Jacques Desgachons.
00:17:35Alors,
00:17:35quelle est cette histoire,
00:17:37Annick Moran ?
00:17:39Alors,
00:17:39donc,
00:17:39c'est l'année Georges Sande,
00:17:41en fait,
00:17:41son 150...
00:17:42150e anniversaire de sa mort.
00:17:46Et ce texte ?
00:17:46Et donc,
00:17:47je me suis dit
00:17:48que ce serait bien
00:17:49de publier quelque chose.
00:17:51Alors,
00:17:52évidemment,
00:17:52je ne suis pas la seule
00:17:53à avoir cette idée,
00:17:54évidemment.
00:17:55Donc,
00:17:56j'ai cherché
00:17:56dans des ouvrages
00:17:59qu'il était possible
00:18:00de rééditer
00:18:01et je suis tombée
00:18:02sur ce livre-là.
00:18:03Pourquoi ?
00:18:03Je ne sais pas.
00:18:04Je ne sais pas.
00:18:05Alors,
00:18:05ce serait-il
00:18:06que quand je suis rentrée dedans,
00:18:07c'était une grande bouffée d'émotions.
00:18:11J'ai trouvé ça
00:18:11extraordinaire
00:18:12parce que c'est...
00:18:15Alors,
00:18:15ce n'est pas écrit
00:18:16par Georges Sande,
00:18:17donc c'est écrit
00:18:17par un journaliste...
00:18:19Jacques Dégachon.
00:18:20Jacques Dégachon.
00:18:20Un homme du Berry
00:18:22qui a écrit
00:18:22que sur le Berry.
00:18:23Oui,
00:18:24plein,
00:18:24plein,
00:18:25beaucoup de romans.
00:18:26Je serais bien incapable
00:18:28de vous donner les titres.
00:18:29Je ne le connaissais pas,
00:18:30mais je trouve qu'il...
00:18:31Il a une plume extraordinaire.
00:18:33Une plume extraordinaire
00:18:33qui met en scène
00:18:35Georges Sande.
00:18:36Il donne...
00:18:37Alors,
00:18:38c'est une fiction,
00:18:39mais ce n'est pas un roman.
00:18:40Il imagine
00:18:41le voyage de Georges Sande
00:18:43de Nohan
00:18:44à Gargillesse.
00:18:45C'est-à-dire
00:18:46de son château
00:18:47jusqu'à Gargillesse,
00:18:48sa petite maison
00:18:49où elle allait écrire.
00:18:50Au bord de l'Indre.
00:18:51Où elle écrivait.
00:18:51Petite maison en bois,
00:18:52toute simple.
00:18:53Oui.
00:18:54Alors,
00:18:54j'ai regardé sur Internet.
00:18:56C'est 39 kilomètres.
00:18:57Oui,
00:18:57moi,
00:18:58je l'ai vu un peu plus.
00:18:59Mais bon.
00:18:59Quel frais ?
00:19:01À fond de la journée.
00:19:03En voiture à cheval,
00:19:04bien sûr.
00:19:05Et en s'arrêtant,
00:19:06en s'arrêtant,
00:19:07il y a des tas d'incidents.
00:19:09Il y a un cochon
00:19:10qui se met
00:19:10en travers
00:19:11de la marche
00:19:13de Colette.
00:19:13Colette,
00:19:14c'est la jument.
00:19:15Et le cocher
00:19:17va entortiller
00:19:19son fouet
00:19:19dans la queue du cochon.
00:19:21Ça ne s'invente pas.
00:19:23Et alors,
00:19:23elle descend,
00:19:25elle demande
00:19:26à s'arrêter
00:19:26pour aller herboriser,
00:19:29pour aller
00:19:30attraper des papillons.
00:19:31Quand elle part,
00:19:32elle a toutes ses boîtes,
00:19:33elle a tous ses filets,
00:19:35elle a tout ce qui prend.
00:19:35Elle a tout son arsenal,
00:19:36oui.
00:19:36Oui, tout à fait.
00:19:38Et on est
00:19:39dans la voiture à cheval
00:19:40avec elle
00:19:41et on sent,
00:19:45on respire
00:19:45ce qu'elle sent.
00:19:47C'est hallucinant
00:19:48de finesse,
00:19:50de sensualité.
00:19:52parce que
00:19:53c'est une sensualité
00:19:55extraordinaire.
00:19:55Toute personne
00:19:56qui va dans la nature
00:19:57sait que cette nature
00:19:59est habitée.
00:20:03Et alors...
00:20:04Mais même
00:20:05quand on entre
00:20:07à Nohant,
00:20:08quand on est
00:20:08dans Nohant,
00:20:09la première pièce
00:20:11que l'on voit,
00:20:11c'est la grande salle
00:20:12à manger,
00:20:13la table ovale
00:20:14où il y a eu
00:20:15Flaubert,
00:20:15avec les cartons,
00:20:17avec le nom
00:20:17des personnes
00:20:18qui ont déjeuné là.
00:20:20c'est extraordinaire déjà.
00:20:22Et au fond,
00:20:23il y a le piano
00:20:24de Chopin.
00:20:25J'ai trouvé ça
00:20:26magnifique.
00:20:27Magnifique.
00:20:27On le voit.
00:20:29Alors,
00:20:30voilà ce qu'il dit
00:20:33de Georges Sand,
00:20:35cet homme
00:20:36qui s'appelle
00:20:36Jacques Desgachons,
00:20:37qui avait écrit
00:20:38ce texte
00:20:39dans les années 20
00:20:40et c'était pour
00:20:42le 25e anniversaire
00:20:44de sa mort.
00:20:4650e, non ?
00:20:47Je ne sais plus.
00:20:4750e, 50e anniversaire
00:20:49de sa mort.
00:20:49Et c'était pour une revue
00:20:50qu'il avait...
00:20:50Pour une revue.
00:20:51Oui.
00:20:54Et alors,
00:20:55elle regarde les vaches
00:20:56et bon...
00:20:57Elle rumine
00:20:58à la musique
00:20:58des grelots.
00:20:59Il n'y a pas
00:21:00que les bœufs
00:21:01et les brebis
00:21:01qui ruminent.
00:21:02On peut ruminer
00:21:03de la tête.
00:21:04Pour ruminer
00:21:05à la façon
00:21:05de Madame du Devant,
00:21:07il faut avoir bien
00:21:08regardé autour de soi,
00:21:09regardé les bêtes,
00:21:11toutes les bêtes
00:21:11dont aucune
00:21:12ne ressemble
00:21:13à la voisine.
00:21:14Bien regardé
00:21:15le blé mûr
00:21:16et la bruyère
00:21:16en fleurs.
00:21:17Il faut avoir
00:21:18bien écouté
00:21:19les paroles,
00:21:20les chants,
00:21:21les cris
00:21:21et toute la rumeur
00:21:23de la vie.
00:21:23Il ne suffit pas encore
00:21:25d'avoir regardé,
00:21:26d'avoir écouté.
00:21:27Il faut avoir essayé
00:21:29de comprendre
00:21:29et de s'élancer
00:21:31au-delà
00:21:32car tout ce qui vit
00:21:33a un sens,
00:21:34tout ce qui vit
00:21:36a un but.
00:21:38c'est...
00:21:40C'est...
00:21:41C'est...
00:21:41Alors,
00:21:42après,
00:21:43il cite,
00:21:43Jacques,
00:21:44parce que le livre
00:21:45est plein de citations
00:21:46de Georges Sand.
00:21:46C'est ça qui est intéressant,
00:21:47justement,
00:21:47la façon qu'il a
00:21:48d'intégrer les citations
00:21:49à son propre texte.
00:21:51Et voilà
00:21:52ce que Georges écrit.
00:21:54« L'étude est l'aliment
00:21:56de la rêverie
00:21:57qui est elle-même
00:21:58de grand profit
00:21:59pour l'âme
00:22:00à cette condition
00:22:00d'avoir un bon aliment.
00:22:02Si chaque jour
00:22:03qui passe
00:22:04fait entrer
00:22:05un peu plus avant
00:22:06dans notre intelligence
00:22:07des notions
00:22:08qui l'enflamment
00:22:09et stimulent le cœur,
00:22:11aucun jour
00:22:11n'est perdu
00:22:12et le passé
00:22:13qui s'écoule
00:22:14n'est pas un bien
00:22:15qui nous échappe. »
00:22:18Toujours cette idée
00:22:18de retenir.
00:22:20Elle écrit d'ailleurs,
00:22:21« J'écris pour me souvenir. »
00:22:23Et puis elle ajoute
00:22:24« Et pour gagner ma vie. »
00:22:25Oui.
00:22:28D'ailleurs,
00:22:29c'est curieux,
00:22:30elle avait peur
00:22:30de ne pas être
00:22:32reconnue
00:22:33après son départ.
00:22:36Mais elle s'est trompée,
00:22:38là.
00:22:38Elle s'est trompée.
00:22:39Elle s'est trompée.
00:22:40Et puis alors,
00:22:40le problème de Georges Sand,
00:22:42c'est qu'elle est victime
00:22:43de ses engagements
00:22:45de la première partie
00:22:46de sa vie.
00:22:48Pardonnez-moi.
00:22:50parce que
00:22:52j'ai pris Wikipédia
00:22:53et on me dit,
00:22:54« Oh, elle célèbre
00:22:54les valeurs républicaines. »
00:22:56Ben oui,
00:22:56elle a commencé à gauche.
00:22:57Elle avait un amant
00:22:58qui était très à gauche,
00:23:00Michel Leroux.
00:23:01Mais après,
00:23:02elle s'est guérie.
00:23:02Elle a rencontré Flaubert.
00:23:05Elle a donné
00:23:06un petit coup de barre
00:23:06à droite.
00:23:07Et elle a des idées
00:23:09sur le progrès
00:23:10qui sont quand même
00:23:11un petit peu plus exactes
00:23:13que dans sa jeunesse.
00:23:17mais elle est prisonnière
00:23:18encore une fois
00:23:19de cette réputation.
00:23:21C'est ça qui est amusant.
00:23:21Oui, tout à fait.
00:23:23Mais je trouve que ce livre,
00:23:25c'est une douceur,
00:23:26c'est une beauté.
00:23:28Je ne sais pas.
00:23:28Je ne sais pas ce que c'est.
00:23:30On a envie de…
00:23:31Ah oui, voilà.
00:23:31Voilà ces réflexions
00:23:32sur le progrès qui est…
00:23:35Parce qu'elle,
00:23:36elle vit,
00:23:36elle est dans un coin perdu
00:23:39du Béry.
00:23:40Oui, c'est vrai.
00:23:41Les paysannes sont les mêmes.
00:23:43Le bas Béry.
00:23:45Les paysannes sont habillées
00:23:46comme 100 ans avant.
00:23:49La vie s'est arrêtée.
00:23:51Il n'y a pas…
00:23:52Et alors voilà ce que…
00:23:56Voilà ce qu'écrit
00:23:59notre Jacques des Gachons.
00:24:04Madame du Devant écoute
00:24:06la rumeur délicieuse
00:24:07de la paix et du travail.
00:24:08Elle sait que les gens
00:24:10de son pays ne sont pas malheureux
00:24:11et cela réjouit son cœur
00:24:13qu'a toujours aimé se donner.
00:24:15Elle n'est plus pour les bouleversements
00:24:17comme elle était
00:24:18il y a quelques vingt ans.
00:24:19Le progrès lui fait peur
00:24:23parce que,
00:24:24ouvrez les guillemets,
00:24:26bien des choses à respecter
00:24:27dans ses antiques habitudes
00:24:29de sobriété morale et physique
00:24:32et que le paysan ne fera jamais bien
00:24:34que ce qu'il fait de bonne grâce.
00:24:37C'est joli, non ?
00:24:41Et c'est une…
00:24:44C'est un…
00:24:45On a envie immédiatement de partir
00:24:48de louer une voiture à cheval
00:24:50et de faire ce trajet
00:24:52de Nohant à Gargiles.
00:24:56Alors, ce sont des…
00:24:58Elle rencontre…
00:24:59Elle va déjeuner
00:25:00chez un de ses amis,
00:25:01le docteur Verne
00:25:03qui lui a préparé son cigare
00:25:05parce que tout le monde sait
00:25:06qu'elle fume le cigare
00:25:08et elle se régale.
00:25:10Tout le monde l'aime.
00:25:11Elle a un amour
00:25:12pour tous les gens qui l'entourent.
00:25:14Elle a adopté elle-même
00:25:16un petit champi.
00:25:18François le champi,
00:25:19c'est une histoire vraie.
00:25:20Elle a adopté un petit garçon
00:25:21qui était sans parents.
00:25:24Et…
00:25:25Elle est…
00:25:26Elle, la femme du…
00:25:28la fille d'aristocrate,
00:25:31elle s'entend absolument
00:25:33avec toutes les soubrettes,
00:25:36tous les paysans.
00:25:37Il y a un échange
00:25:38absolument naturel
00:25:39sans aucune barrière.
00:25:43Et elle est aimée.
00:25:44Non seulement elle aime,
00:25:46mais elle est aimée.
00:25:47Oui, tout à fait.
00:25:50Je crois que quand un être
00:25:51est de qualité…
00:25:53Bien sûr.
00:25:53On ne peut que l'aimer.
00:25:55Bien sûr.
00:25:55Et alors, elle parle,
00:25:56c'est ça qui est drôle,
00:25:57c'est qu'elle parle aux éléments.
00:26:02Elle arrive donc à Gargiles
00:26:04et elle se baigne dans l'Indre.
00:26:06Parce que je ne savais pas,
00:26:07mais elle se baigne tous les jours.
00:26:09Elle se baignait dans la creuse
00:26:11et…
00:26:12Non, la creuse, c'est Argiles.
00:26:15Et elle, elle se baignait dans l'Indre.
00:26:16Non, c'est différent.
00:26:18Elle se baigne dans l'Indre
00:26:19et elle va s'excuser
00:26:21auprès de la creuse
00:26:22parce qu'elle fait une infidélité
00:26:24à la creuse.
00:26:26Parler aux arbres,
00:26:28parler à la mer,
00:26:29parler aux rivières,
00:26:31c'est quand même inouï.
00:26:33Non, c'est délicieux.
00:26:34C'est plus joli.
00:26:36En lisant ce livre,
00:26:37je me suis dit
00:26:38je ne dois pas vivre dans mon siècle.
00:26:44Tant que nous n'aurons pas
00:26:45transformé tous nos champs
00:26:46en vastes entreprises industrielles,
00:26:48on pourra continuer à vivre comme elle.
00:26:49Si vous venez chez moi,
00:26:50vous allez voir,
00:26:51il y a plein d'éoliennes partout,
00:26:52c'est très joli.
00:26:53Ah oui, je sais.
00:26:54Ils ont foutu en l'air le…
00:26:56Ils nous prennent pour des bœufs,
00:26:58donc on a plein d'éoliennes,
00:27:00ça peste de vue.
00:27:00Ils ont foutu en l'air,
00:27:01je sais bien,
00:27:02je sais bien,
00:27:03je sais bien.
00:27:04Et…
00:27:04Il faudra vous venir quand même.
00:27:06Oui, oui,
00:27:07mais j'étais au courant de la bataille.
00:27:09J'ai reçu à ce micro
00:27:10une jeune femme
00:27:10qui se battait contre les éoliennes,
00:27:13devant Chansato,
00:27:14évidemment.
00:27:16Ça, c'est une des grandes entreprises
00:27:20de gangsters.
00:27:22Alors, les éoliennes
00:27:24qui devaient s'installer
00:27:25devant la presqu'île de Quiberon
00:27:28connaissent un certain frein.
00:27:30Il y a une belle organisation,
00:27:32il y a…
00:27:34Et puis bon,
00:27:36l'aura des éoliennes
00:27:37est quand même en train de baisser,
00:27:38parce qu'on se rend compte
00:27:39que ces éoliennes ne marchent
00:27:40qu'avec nos impôts,
00:27:41et donc sont très, très peu rentables,
00:27:44si ce n'est pour ceux
00:27:45qui les construisent.
00:27:48Mais, voilà.
00:27:49En tout cas…
00:27:50On dérive.
00:27:51On dérive, oui.
00:27:52Non, on dérive pas,
00:27:53parce que c'est le sujet.
00:27:55Georges Sand
00:27:55aurait eu des éoliennes
00:27:57dans le Béry,
00:27:59elles en seraient tombées
00:28:01mortes ou agressives.
00:28:05Et puis alors,
00:28:06elle a aussi un don,
00:28:07elle rend le vocabulaire
00:28:10des paysans.
00:28:12L'Avaronne fait ça aussi.
00:28:14Il a écouté les paysans
00:28:16et il retranscrit.
00:28:18Il y a une…
00:28:19À ce propos,
00:28:20je veux juste une petite parenthèse.
00:28:22Quand on a parlé
00:28:23de Mick Baird tout à l'heure,
00:28:25avant de faire des monographies,
00:28:27il était très passionné
00:28:30par tout ce qui était
00:28:31vieux langage,
00:28:34argot,
00:28:35et également les patois,
00:28:37les patois locaux.
00:28:38et dans nos livres,
00:28:41dans notre catalogue,
00:28:42on a également
00:28:43pas mal d'ouvrages…
00:28:45– Du lexique ?
00:28:45– Oui.
00:28:46– Ah oui, ça c'est fantastique.
00:28:47– De vieux parlés.
00:28:48– Alors voilà ce qui se passe
00:28:49au moment de l'histoire de Colette
00:28:55qui est arrêtée sur le chemin
00:28:56parce que le fouet du cocher
00:28:58s'est enroulé sur la queue du cochon.
00:29:01Et alors il y a une paysanne
00:29:02qui lui dit
00:29:03« Ah, voilà une chose imaginante !
00:29:06Vous ne la dites pas
00:29:06comme on dit dans le Bairi !
00:29:08Vous ne la dites pas ! »
00:29:11Et ça, c'est vrai
00:29:12que ça donne une authenticité
00:29:14à un texte.
00:29:16– Oui, de texte.
00:29:17– Elle n'est pas
00:29:18du Faubourg Saint-Honoré,
00:29:20on est dans le Bairi.
00:29:26Mais je trouve que c'est une femme
00:29:28qui était d'une intelligence remarquable.
00:29:33Remarquable, elle s'est faite
00:29:35dans cette ébahide de Nohant
00:29:37une vie isolée
00:29:41mais dans laquelle elle recevait beaucoup.
00:29:43– Oui, tout à fait.
00:29:43– Et des gens tout à fait intéressants.
00:29:47– Écoutons-la encore,
00:29:48ça c'est entre guillemets, c'est elle.
00:29:50« J'ai passé bien des heures de ma vie
00:29:52à regarder pousser l'herbre
00:29:54ou à contempler la sérénité
00:29:56des grosses pierres au clair de lune.
00:29:57Je m'identifiais tellement
00:30:00au mode d'existence
00:30:01de ces choses tranquilles,
00:30:04prétendues inertes,
00:30:05que j'arrivais à participer
00:30:07de leur calme bêtitude.
00:30:09Et de cet ébêtement
00:30:10sortait tout à coup de mon cœur
00:30:12un élan très enthousiaste
00:30:14et très passionné
00:30:16pour celui, quel qu'il soit,
00:30:19qui a fait ces deux grandes choses,
00:30:21la vie et le repos,
00:30:23l'activité et le sommeil. »
00:30:26– Je crois qu'elle était aussi synonyme
00:30:28de joie,
00:30:29parce qu'elle n'a pas une vie facile,
00:30:32ne serait-ce que dans son enfance.
00:30:33– Non.
00:30:34– Pas très aimée.
00:30:36– Elle a été très aimée
00:30:37par sa grand-mère.
00:30:37– Sa grand-mère, voilà.
00:30:38– C'est quand même essentiel ça.
00:30:39– Oui.
00:30:40– De quatre ans.
00:30:40Elle perd son père à…
00:30:42Elle a quatre ans, je crois.
00:30:44– Oui.
00:30:44– Père son père et la mère,
00:30:47la grand-mère a négocié,
00:30:49rachète en quelque sorte
00:30:50la petite fille à la mère
00:30:52qui ne devait pas vouloir s'encombrer.
00:30:54– Oui.
00:30:54– Donc, elle a quand même
00:30:56jusqu'à huit ans.
00:30:57– Un départ difficile.
00:30:58– Elle est heureuse
00:30:59chez sa grand-mère.
00:31:00– Oui.
00:31:00– Complètement libre et…
00:31:01– Et après, elle a un mari,
00:31:03bon, je ne crois pas
00:31:04qu'elle était très, très heureuse
00:31:06avec son mari.
00:31:06– Non, je crois que c'était
00:31:07une assez jolie brute,
00:31:10qui, en plus de ça,
00:31:11possédait sa maison.
00:31:12– Oui, oui.
00:31:13Donc, elle s'est vraiment battue
00:31:14et elle s'est faite
00:31:15et je trouve aussi
00:31:15qu'elle est synonyme de joie.
00:31:18Pour moi, ce livre,
00:31:19c'est une joie.
00:31:21C'est une joie
00:31:21et je crois qu'on manque de joie
00:31:23dans notre vie aujourd'hui.
00:31:25– Mais elle le dit à Dumas Fils.
00:31:26Elle le dit à Dumas Fils.
00:31:28Il y a toujours un renouvellement.
00:31:29– Oui, oui.
00:31:30– Il faut savoir se renouveler.
00:31:31– Oui, parce qu'elle a connu
00:31:32Dumas Père et Dumas Fils.
00:31:33– Oui, elle a connu.
00:31:34Dumas Fils lui dit
00:31:37qu'il est gavé de bonheur.
00:31:39Tout va très bien pour lui.
00:31:40Il doit avoir pas mal d'argent.
00:31:42La rente du Ma Père.
00:31:44Et il est quand même malheureux.
00:31:47Et elle lui dit,
00:31:47mais enfin,
00:31:49renouvelle ton âme.
00:31:51Va de l'avant.
00:31:53– Oui, c'est ça.
00:31:53Il y a une phrase,
00:31:54une âme...
00:31:54– Ça se renouvelle.
00:31:55– Ça se renouvelle.
00:31:56– Une âme, ça se renouvelle.
00:31:57– Exactement.
00:31:57– Exactement.
00:31:58– Non, c'est tout à fait inouï.
00:32:02– On en voudrait plus.
00:32:03C'est un peu apetite.
00:32:04– Elle est une force qui va
00:32:07pour parler comme Hugo.
00:32:09Une force qui va.
00:32:10Victor Hugo l'aimait bien d'ailleurs.
00:32:12– Il a fait un très bel hommage
00:32:13à sa...
00:32:14Quand elle est morte,
00:32:15à son enterrement.
00:32:16C'est magnifique.
00:32:17– Oui.
00:32:18Enfin, il était tout à fait ravi
00:32:21parce qu'elle soutenait la République.
00:32:23Il faut quand même voir Victor Hugo
00:32:25comme il est.
00:32:27– Ah, on a des défauts.
00:32:29– Et Georges Sand
00:32:30dépasse considérablement
00:32:33ce petit coin de la lorgnette
00:32:35où elle s'est trompée
00:32:36pendant 20 ans.
00:32:37– Répète pas.
00:32:39– Mais...
00:32:40Mais...
00:32:42Mais...
00:32:42– Donc ça, c'est la collection
00:32:44Petite bibliothèque insolite.
00:32:45– Oui.
00:32:46– Qui est une petite collection
00:32:48par rapport à
00:32:50Maison d'harmonographie.
00:32:51Il y a un livre
00:32:52que j'aurais dû vous amener.
00:32:54Je pense qu'il vous aurait
00:32:55beaucoup plu.
00:32:55C'est un livre sur Mayol.
00:32:57– Oui, le sculteur.
00:32:59– Oui.
00:33:01Et par Mirbeau.
00:33:02Octave Mirbeau.
00:33:03– Ah oui, ça doit être très bien.
00:33:04– C'est très, très bien.
00:33:05C'est une charge
00:33:06contre l'art à l'époque.
00:33:08C'est assez intéressant.
00:33:11– Ah oui, déjà ?
00:33:11– Ah oui, déjà.
00:33:12Vous savez que Mirbeau
00:33:13s'est beaucoup battu
00:33:14pour Mayol à ses débuts.
00:33:16Bon, qu'on refusait partout.
00:33:18Il s'est beaucoup battu.
00:33:19Mais c'est vraiment très, très bien.
00:33:21Il faudra que je vous le...
00:33:22– Je vous le passe aussi.
00:33:23– Avec joie-là.
00:33:23– C'est aussi dans la petite bibliothèque.
00:33:25– Oui, oui, je le vois.
00:33:26Alors, ce que j'aime aussi
00:33:27dans cette collection,
00:33:28c'est les contes.
00:33:29Les contes et les légendes
00:33:30des pays, des provinces de France.
00:33:32Et ça, c'est fabuleux
00:33:33parce qu'aborder une région
00:33:36par ces contes et légendes,
00:33:37ça dit beaucoup, beaucoup de choses.
00:33:40Il y a les fêtes
00:33:42et coutumes populaires
00:33:43de Charles Le Goffic,
00:33:44en Bretagne,
00:33:45qui doit être très bien.
00:33:46Il y a Bayeux,
00:33:48contes populaires,
00:33:49préjugés, patois.
00:33:51Je les ai soulignés,
00:33:52tous les livres
00:33:53que je voulais lire, voyez.
00:33:54– D'accord.
00:33:54– Martin, légende normande,
00:33:57nos vieux proverbes.
00:33:59Perdu en mer,
00:34:00ça doit être l'histoire
00:34:01de Pierre Chalmin.
00:34:02C'est l'histoire d'un marin.
00:34:03– Alors ça, c'est une édition.
00:34:05Non, non, non,
00:34:05c'est un titre générique
00:34:08de nouvelles.
00:34:09Ça n'a rien à voir.
00:34:10Donc, Pierre Chalmin,
00:34:10c'est un contemporain.
00:34:12– Ah oui, oui, oui,
00:34:13je sais, oui.
00:34:15– Et…
00:34:15– La prochaine fois,
00:34:16je viens avec une chariote.
00:34:18– Et l'aime.
00:34:19Non, non,
00:34:19mais je vais aller voir
00:34:20votre maison d'édition.
00:34:21– D'accord.
00:34:22– Je vais prendre
00:34:22ma voiture à cheval.
00:34:23– Oui.
00:34:29– Dans l'Aisne,
00:34:30où vous habitez,
00:34:31il y a les légendes historiques
00:34:32de l'Aisne.
00:34:33Ça, ça nous dit…
00:34:34– Il y a des légendes
00:34:35aussi de tirages.
00:34:36Alors, je ne sais pas
00:34:37si c'est dans cette collection-là.
00:34:42Hum…
00:34:42J'ai oublié de l'auteur.
00:34:45Blancpin.
00:34:45Marc Blancpin.
00:34:46– Et pour les chasseurs,
00:34:48traiter pratique
00:34:49de la chasse à tir
00:34:50au XIXe siècle.
00:34:52Et c'est là
00:34:53qu'il y a
00:34:53l'autre livre
00:34:55de Mick Burt,
00:34:56Les vociférations
00:34:57d'un ange bariolé.
00:34:58– Voilà,
00:34:58qu'on vient de publier,
00:35:01de réunir.
00:35:02– Oui, de réunir.
00:35:02– Enfin,
00:35:03l'année dernière.
00:35:04– Oui,
00:35:05mais c'est vrai
00:35:07que c'est une force
00:35:09qui va.
00:35:10C'est quand même
00:35:11une force qui va,
00:35:12ce Mick Burt.
00:35:13C'est une expression
00:35:15de Victor Hugo.
00:35:16– Oui.
00:35:16– J'aime bien.
00:35:17– Parti trop tôt,
00:35:17hélas.
00:35:18Il y a encore
00:35:19un tas de choses
00:35:19à faire, à dire.
00:35:20– On part toujours
00:35:21trop tôt.
00:35:22– C'est vrai.
00:35:23– Mais je crois que…
00:35:27Ah oui, voilà,
00:35:27ce que je voulais lire,
00:35:29ce texte de Jacques
00:35:30d'Aribe Haute,
00:35:32qui est lui-même
00:35:32un très bon écrivain.
00:35:35Il a écrit ce texte
00:35:36dans le bulletin
00:35:37Célinien de 1988.
00:35:39Les textes de Mick Burt
00:35:41ont l'admirable éclat
00:35:43d'une série de beignes
00:35:45appliquées à toute volée
00:35:47sur les faces de pitres,
00:35:49de luffia et de tarés
00:35:50qui règnent sur ce pauvre monde
00:35:52et mettent à l'abrutir
00:35:54une opiniâtreté,
00:35:56une haine,
00:35:57une infamie dans la délation
00:35:59et le sournois verrouillage juridique
00:36:02qui rendrait aimable
00:36:04le souvenir de l'Inquisition.
00:36:06Je trouve que ce petit résumé
00:36:08de notre époque
00:36:09est quand même parfait.
00:36:11– Oui, tout à fait.
00:36:11– Puisque donc,
00:36:12aujourd'hui…
00:36:14Ah oui, oui, non,
00:36:15c'est un texte magnifique
00:36:16qui nous rendrait aimable
00:36:18le souvenir de l'Inquisition.
00:36:23Voilà, on se console
00:36:25comme on peut,
00:36:25mais c'est vrai que
00:36:26ces textes sont un alcool fort
00:36:28et on a besoin d'alcool fort,
00:36:30je crois.
00:36:32– Tout à fait.
00:36:32– Je crois.
00:36:33Quel est votre prochain…
00:36:34votre prochain livre ?
00:36:37– Alors, là,
00:36:39on va sortir…
00:36:41C'est une réédition
00:36:42d'un ouvrage
00:36:43de Maxime Dessart
00:36:44qui est un historien
00:36:45qui a beaucoup travaillé
00:36:45sur l'Aisne.
00:36:47C'est sur la municipalité
00:36:49de Lens.
00:36:50– Ah oui.
00:36:51C'est une ville fabuleuse.
00:36:53– Très belle ville.
00:36:54– Je viens de…
00:36:55Je l'ai découvert
00:36:56il y a 4 ou 5, 6 ans.
00:36:58– Vous êtes venus déjà ?
00:36:59– À Lens, oui, oui.
00:37:00– Oui.
00:37:00– Oui, oui.
00:37:00C'est notre ami Hugues de Lovesfeld
00:37:06et que j'ai rencontré
00:37:08grâce à ses tableaux,
00:37:11à ses merveilleuses restaurations.
00:37:14Et donc, j'ai visité
00:37:16la ville de Lens
00:37:17et la cathédrale.
00:37:18C'est une pure merveille.
00:37:21Et c'est une ville
00:37:22qui n'a pas bougé.
00:37:23Enfin, elle est tout droit
00:37:23sortie du XIIe siècle.
00:37:26C'est rien…
00:37:27Dieu merci.
00:37:28– La ville haute, en tout cas.
00:37:29– La ville haute,
00:37:30elle n'a pas été bombardée,
00:37:32elle n'a pas assez…
00:37:33– Elle a été protégée.
00:37:34– C'est une vraie merveille.
00:37:36– Donc ça, c'est un livre
00:37:37qu'on réédite.
00:37:38On va également avoir
00:37:40plusieurs publications,
00:37:42notamment sur une…
00:37:43C'est un auteur
00:37:44qui nous avait déjà donné
00:37:45un livre sur Villequiez
00:37:47dans l'Aisne.
00:37:48Et là, il va nous donner
00:37:49un livre sur l'église
00:37:51spécifiquement.
00:37:51On aime bien aussi
00:37:52publier des monographies
00:37:54d'un bâtiment.
00:37:55– Un type de bâtiment, oui.
00:37:56– Voilà, un lieu religieux.
00:37:57Et puis, on va publier un livre
00:38:03d'un ancien guide de Fréjus
00:38:05qui, déjà, il y a 2-3 ans maintenant,
00:38:07nous avait donné un livre
00:38:10sur Fréjus, justement.
00:38:11Et là, il nous donne un livre
00:38:13sur les arcs en Provence,
00:38:16les arcs de Provence.
00:38:17– Mais on peut vous trouver
00:38:19votre catalogue général
00:38:21sur Internet ?
00:38:22– Ah oui, oui.
00:38:23– Je l'ai vu.
00:38:24– On peut commenter ?
00:38:25– Je l'ai vu, on tape
00:38:26le livre d'histoire ?
00:38:27– Le plus simple, si vous voulez,
00:38:29c'est peut-être si on a Internet,
00:38:31on va sur le site.
00:38:33Il y a tout le catalogue.
00:38:34– Le site ?
00:38:35– Donc, c'est histoire-locale.fr.
00:38:39– Voilà.
00:38:39– Tout simplement.
00:38:40– Histoire au singulier ?
00:38:41– Oui, histoire au singulier.
00:38:42– Histoire-locale.fr.
00:38:51– Histoire-locale.fr.
00:38:53– Bon, il vous dit s'il a quelque chose
00:38:55ou s'il a quelque chose à proximité.
00:38:58Vous avez les collections également.
00:39:00Vous pouvez voir tout ce qu'il y a.
00:39:03– Et alors, ce qui est étonnant,
00:39:04c'est qu'il avait imaginé
00:39:06une maison d'édition
00:39:08qui comprenne la fabrication.
00:39:10– Ah oui, on fait tout.
00:39:11– Vous aviez un atelier d'impression.
00:39:13– Tout, toujours.
00:39:13– C'est quand même inouï.
00:39:15– Toujours.
00:39:15– C'est une précaution aussi.
00:39:17Mickbert a toujours eu un moyen
00:39:19de se publier.
00:39:22– Oui.
00:39:23– Bien sûr.
00:39:23– Parce que ça a toujours été
00:39:25très, très compliqué.
00:39:26– Ah bah oui, des gens comme ça,
00:39:28on en a pas.
00:39:29– De proposer à des éditeurs
00:39:31qui étaient un petit peu transis,
00:39:35qui ne sont jamais allés jusqu'au bout.
00:39:37Il y a des possibles publications
00:39:41qui n'ont jamais abouti.
00:39:43Donc, il a toujours eu un moyen
00:39:44d'avoir chez lui la possibilité
00:39:48de pouvoir s'exprimer.
00:39:49– Ne jamais dépendre des autres.
00:39:52– Exactement.
00:39:53Et donc, nous, nous faisons tout
00:39:55de A jusqu'à Z,
00:39:57de la maquette
00:40:01et jusqu'à la publication,
00:40:03on sort.
00:40:03Alors, ce qu'il faut dire aussi,
00:40:05on travaille à l'ancienne
00:40:07avec des méthodes modernes.
00:40:08Je m'explique.
00:40:09C'est-à-dire qu'on fait des petits tirages.
00:40:12– Oui.
00:40:12– C'est-à-dire qu'on essaie
00:40:13de s'adapter à la demande.
00:40:14On sait très bien que l'histoire
00:40:16de Trifouilly et de Zoa,
00:40:18je dis n'importe quoi,
00:40:20n'intéressera pas 10 000 personnes.
00:40:24– Bien sûr.
00:40:24– Ce n'est pas la peine.
00:40:25– Bien sûr.
00:40:25– Donc, on fait un…
00:40:27– Généralement, notre premier tirage
00:40:28est de 300 exemplaires.
00:40:30– Un tirage ciblé.
00:40:31– Ciblé, voilà.
00:40:32Et s'il y a besoin,
00:40:33on a tout ce qu'il faut à la maison.
00:40:35On a du matériel informatique,
00:40:38on travaille avec le numérique.
00:40:42– Bien sûr.
00:40:43– Donc, on peut faire ce qu'on veut.
00:40:44– Alors, quand vous publiez un livre
00:40:45sur Trifouilly et les Deuxoies,
00:40:47vous prévenez la mairie
00:40:48de Trifouilly et les Deuxoies
00:40:49que ce livre est sorti ?
00:40:51– Oui, tout à fait.
00:40:51– Tout à fait.
00:40:52Et donc, quelquefois,
00:40:54les mairies nous commandent des livres.
00:40:55Je dois aussi remercier
00:40:58toutes ces années
00:41:00la collaboration qu'on a pu avoir
00:41:02avec les bibliothèques
00:41:04et les archives,
00:41:05qui beaucoup nous ont prêté des livres
00:41:07qui sont des livres rares,
00:41:08qu'on ne trouve plus.
00:41:09Et ce qui fait que…
00:41:12Bien sûr, en échange,
00:41:13on leur a donné des rééditions.
00:41:15Et ce qui fait que, très souvent,
00:41:17on trouve nos rééditions
00:41:19à la place des ouvrages uniques
00:41:22qui s'abîmaient.
00:41:23Donc, ça permet également
00:41:24de préserver, en même temps,
00:41:25si vous voulez, le patrimoine.
00:41:27– Préserver le patrimoine
00:41:28et le diffuser.
00:41:28– En même temps que l'exuber,
00:41:29le préserver et le diffuser.
00:41:31– Oui, vous avez aussi ce rôle-là.
00:41:32– Oui, oui.
00:41:33Bon, moi, maintenant,
00:41:34on travaille…
00:41:35On fait beaucoup moins de rééditions,
00:41:37donc…
00:41:38– En fait, ça s'appelle
00:41:38un reprise, non ?
00:41:39– Oui, on appelle ça un reprise.
00:41:41Oui, mais je sais que vous n'aimez pas
00:41:42l'anglais.
00:41:43– Oui, mais…
00:41:44– En anglais, comment est-ce qu'on dit ?
00:41:45– C'est une réédition.
00:41:46– C'est une réédition,
00:41:47c'est une reprise.
00:41:48– Oui, mais réédition,
00:41:50ça ne signifie pas la copie intégrale.
00:41:53Le reprint, c'est vraiment
00:41:55la copie conforme.
00:41:55– Oui, c'est la copie conforme.
00:41:56– Oui, il y a une différence.
00:41:57– Voilà.
00:41:58– Je ne sais pas s'il y a un mot
00:41:58en français pour la copie conforme.
00:42:00– Je ne sais pas,
00:42:00mais on dit reprise.
00:42:01– Vous prenez reprise.
00:42:02– D'accord.
00:42:03– Et si vous voulez,
00:42:04bon, là, la différence
00:42:05avec l'original,
00:42:06c'est qu'on met une couverture moderne.
00:42:09– Bien sûr.
00:42:09– On adapte un format.
00:42:11Et puis, dans la mesure de possible,
00:42:13on essaie de donner
00:42:14quelques informations
00:42:16sur le pourquoi
00:42:18ce livre a été publié à l'époque,
00:42:21pour qui était l'auteur.
00:42:22Parce que ça,
00:42:23on oublie aussi les auteurs,
00:42:24on les oublie.
00:42:25Et donc, c'est toujours intéressant
00:42:26de retrouver ne serait-ce que deux pages
00:42:27sur un auteur
00:42:29qui a fait tout ce travail.
00:42:31– En tout cas,
00:42:32chers auditeurs,
00:42:33vous avez deux livres à acquérir.
00:42:35Une journée de Georges Sand
00:42:37qui, si vous ne pouvez plus bouger
00:42:39avec ce livre,
00:42:41vous faites un délicieux voyage.
00:42:42– Exactement.
00:42:43– Une journée,
00:42:44il ne va plus y avoir d'essence.
00:42:45Donc, je vous conseille
00:42:46d'acheter des livres
00:42:47et un cheval.
00:42:49Et un cheval.
00:42:50Là, c'est plus compliqué.
00:42:52Donc,
00:42:53une journée de Georges Sand,
00:42:55Jacques de Gachon.
00:42:57La petite somme
00:42:58contre les gentils.
00:42:59Les allocations,
00:43:00les allocutions télévisées
00:43:02de 1976-1982
00:43:05de Mick Burt.
00:43:07Et puis,
00:43:07vous consultez sur Internet
00:43:09ce catalogue général
00:43:11qui donne
00:43:12toutes ses livres
00:43:20sur les monographies
00:43:21des villes
00:43:22et des villages de France.
00:43:24– Je ne sais plus
00:43:24combien il y en a de pages
00:43:25dans le catalogue.
00:43:25– Vous avez un énorme catalogue.
00:43:28– Je l'ai occupé son temps.
00:43:29– Voilà.
00:43:30J'ai découvert
00:43:31Rouen sous la terreur.
00:43:32Je ne savais pas
00:43:33que Rouen avait été…
00:43:34– Ah oui.
00:43:35– On parle toujours
00:43:36de la Vendée,
00:43:37mais Rouen,
00:43:37c'est…
00:43:38– Ah oui, bien sûr,
00:43:39il n'y a pas que la Vendée.
00:43:39– Donc,
00:43:40c'est vraiment
00:43:40des informations étonnantes.
00:43:43Et vous passerez
00:43:44un très, très bon moment.
00:43:46Merci beaucoup,
00:43:48Annick Morel,
00:43:49– C'est moi qui vous remercie.
00:43:49– de ce beau travail
00:43:50et de ce témoignage
00:43:52de cet homme
00:43:53tout à fait exceptionnel
00:43:55qui a été un ami
00:43:56de Serge de Beketsch.
00:43:57– Oui.
00:43:58– Il lui-même a été
00:43:59un de mes grands amis
00:44:00et une de mes grandes admirations.
00:44:02Donc, grâce à vous,
00:44:04on relit les hommes.
00:44:07Voilà.
00:44:08Merci beaucoup
00:44:09et alors,
00:44:10à très vite,
00:44:11j'espère,
00:44:11pour un nouveau livre.
00:44:13– À très vite.
00:44:14– Chers amis de TV Liberté,
00:44:15à très bientôt.
00:44:21Rebonjour,
00:44:22chers amis de TV Liberté,
00:44:24nous filons au cinéma,
00:44:26Renaud Bourloff
00:44:26et moi-même.
00:44:27Et nous avons
00:44:28deux films
00:44:29à vous proposer,
00:44:30deux films importants
00:44:32et qui,
00:44:34qui sont tout à fait intéressants,
00:44:36Les rayons et les ombres
00:44:38de Xavier Janoli
00:44:39et Rue Malaga
00:44:41de trois réalisateurs.
00:44:46C'est une œuvre collective
00:44:49avec surtout
00:44:50l'héroïne
00:44:51de Pedro Almodovar,
00:44:53Carmen Maura,
00:44:54qui joue le rôle
00:44:55d'une vieille dame.
00:44:58Vous ne l'avez pas vue,
00:45:01Rue Malaga.
00:45:01– Je ne l'ai pas vue.
00:45:02J'avoue,
00:45:02je ne suis pas un adepte
00:45:02de Pedro Almodovar,
00:45:03mais du coup,
00:45:04ça ne va pas forcément
00:45:05donner envie.
00:45:05– Non,
00:45:06ce n'est pas Pedro Almodovar.
00:45:07c'est pas lui.
00:45:07– D'accord.
00:45:08– C'est l'histoire
00:45:09d'une vieille dame
00:45:11qui est née
00:45:11et a vécu
00:45:13toute sa vie
00:45:13à Tangier
00:45:14et son mari est mort.
00:45:17Mais cet idiot
00:45:19a mis le nom
00:45:20de leur appartement
00:45:23à sa fille,
00:45:24il a mis le nom
00:45:24de sa fille,
00:45:25ce qui fait que
00:45:26quand la fille
00:45:27est dans la Moïse,
00:45:29elle vient de divorcer,
00:45:30elle a deux enfants,
00:45:32elle est infirmière,
00:45:33elle a un tout petit salaire
00:45:34à Madrid,
00:45:35elle revient à Tangier
00:45:37et elle dit à sa mère
00:45:38« Maman,
00:45:39tu vas aller dans un Ehpad,
00:45:40c'est très bien,
00:45:41je vends l'appartement,
00:45:42il faut que je survive. »
00:45:44et on assiste
00:45:45à la stupéfaction
00:45:48de cette pauvre femme
00:45:50qui a une vie délicieuse,
00:45:52qui va tous les matins
00:45:53dans cette rue de Tangier
00:45:54où elle n'a que des amis.
00:45:58Il y a une grande amitié
00:45:59entre les Espagnols
00:46:00et les Marocains
00:46:01depuis toujours
00:46:03et elle y est heureuse,
00:46:05elle arrose
00:46:07les fleurs de son balcon,
00:46:09elle va fleurir
00:46:12les tombes des Espagnols
00:46:13qui sont au cimetière
00:46:14et qui n'ont plus
00:46:15d'héritiers à Tangier.
00:46:18Enfin, c'est une vie
00:46:19très heureuse
00:46:20et on appelle ça
00:46:22une comédie.
00:46:23Moi, je trouve
00:46:23que c'est une tragédie
00:46:24mais je ne vois pas
00:46:26comme les autres,
00:46:26ça doit être ça.
00:46:28Et on la voit
00:46:30regarder chacun
00:46:31des meubles,
00:46:33ses petits souvenirs
00:46:34de sa maison
00:46:36en sachant
00:46:36qu'il va falloir
00:46:37s'en séparer.
00:46:39Et, bon,
00:46:41je ne raconte pas le film
00:46:42parce que
00:46:43tout le plaisir est là.
00:46:47Il y a un rebondissement
00:46:49qui est très bien fait
00:46:50parce que l'actrice
00:46:51est très amusante.
00:46:54Et il y a un moment délicat,
00:46:56c'est qu'elle va raconter,
00:46:59elle a une sœur
00:46:59qui est carmélite
00:47:00à Tangier
00:47:01et elle va raconter
00:47:02ses ébats sexuels
00:47:03à la carmélite
00:47:04qui n'a pas le droit
00:47:05de parler.
00:47:06Et alors,
00:47:07il y a le crucifix au-dessus
00:47:09et en dessous,
00:47:10il y a les deux femmes.
00:47:12Et là,
00:47:13c'est le mauvais goût
00:47:14pur et dur
00:47:15comme l'aime...
00:47:16On est dans le cinéma
00:47:17contemporain.
00:47:18Comme l'aime,
00:47:19en effet,
00:47:19Pedro Almodovar.
00:47:21Mais c'est la seule scène
00:47:22qui est douteuse.
00:47:24Tout le reste
00:47:25est assez...
00:47:26est très, très bon
00:47:27et quand même
00:47:29bien, bien
00:47:31représentatif
00:47:32de ce mouvement
00:47:33qui, j'espère,
00:47:34s'arrêtera un jour,
00:47:35qui est
00:47:36celui de la jeunesse
00:47:38qui dit aux anciens
00:47:40« Poussez-vous
00:47:41de là
00:47:41que je m'y mette
00:47:42et soit vous allez
00:47:44en EHPAD,
00:47:45soit c'est l'euthanasie
00:47:46immédiatement. »
00:47:48je trouve
00:47:49qu'arrivant
00:47:51vers les rives
00:47:52de ces âges-là,
00:47:53j'ai l'intention
00:47:54de militer
00:47:55pour que
00:47:56ni l'EHPAD
00:47:57ni l'euthanasie
00:47:58ne soient la solution
00:47:59pour les personnes
00:48:01d'un certain âge.
00:48:02Voilà.
00:48:03Mais en tout cas,
00:48:04on se régale
00:48:05dans ce film.
00:48:06Et puis,
00:48:06le deuxième film
00:48:07que nous avons vu
00:48:07tous les deux,
00:48:08« Les rayons et les ombres ».
00:48:09Ça, c'est le film
00:48:10événement.
00:48:11C'est un film
00:48:11qui raconte
00:48:12la seconde guerre mondiale
00:48:13et plus exactement
00:48:14l'occupation
00:48:15sous un angle
00:48:15qu'il peut évoquer
00:48:16justement au cinéma
00:48:17et en tout cas
00:48:18dans le cinéma français.
00:48:20Ce film raconte
00:48:21l'histoire vraie,
00:48:22inspirée de l'histoire vraie
00:48:23d'un certain
00:48:24Jean Luchère.
00:48:26Jean Luchère,
00:48:26très bien joué
00:48:27par Jean Dujardin.
00:48:28Jean Luchère était
00:48:29un journaliste
00:48:31de gauche.
00:48:32Très engagé à gauche.
00:48:33Voilà, exactement.
00:48:33Pacifiste.
00:48:34Pacifiste, voilà.
00:48:35Le film d'ailleurs
00:48:36s'ouvre,
00:48:37enfin,
00:48:37le film s'ouvre,
00:48:38non,
00:48:38le film s'ouvre
00:48:39sur l'après-guerre
00:48:39mais on a après
00:48:40un long flashback.
00:48:41Oui.
00:48:42Le film est construit
00:48:43avec beaucoup de flashbacks
00:48:45où le premier flashback
00:48:46c'est 1919
00:48:48après la Première Guerre mondiale
00:48:49et son discours
00:48:50c'est plus jamais ça.
00:48:52Oui.
00:48:52Et en fait,
00:48:53c'est son idéologie
00:48:54que le pacifisme
00:48:55va le conduire
00:48:56à la collaboration
00:48:58avec son guerre mondiale.
00:48:58Alors,
00:48:58je vous arrête.
00:48:59L'idéologie du pacifisme,
00:49:01je ne dirais pas
00:49:01l'idéologie,
00:49:02le pacifisme
00:49:04c'est un sentiment
00:49:05de refus
00:49:07d'un certain nombre
00:49:08de gens
00:49:08qui,
00:49:09après la guerre de 1914,
00:49:10ont dit
00:49:11plus jamais ça.
00:49:12Moi,
00:49:12je suis allée
00:49:14à Francfort
00:49:15un jour
00:49:15pour les salons du livre
00:49:17dans une autre vie
00:49:18et il y avait
00:49:20un vieux monsieur
00:49:20qui était accroché
00:49:22au pylône
00:49:23dans le bus
00:49:24et qui répétait
00:49:25« No more war,
00:49:27no more war ».
00:49:28Il était évidemment traumatisé,
00:49:31il avait 80 ans.
00:49:32Personne n'était
00:49:33de la guerre.
00:49:33Vous voyez,
00:49:34quand vous savez
00:49:34que Berlin en 1945
00:49:36c'est Gaza aujourd'hui,
00:49:38vous avez une idée
00:49:39de ce qui s'est passé.
00:49:40Donc,
00:49:40si vous voulez,
00:49:42on ne peut pas dire
00:49:43l'idéologie,
00:49:44en fait,
00:49:44c'est une réaction sentimentale
00:49:46à la guerre.
00:49:47Vous voyez ?
00:49:47Ce qu'a eu,
00:49:48Céline était aussi pacifiste.
00:49:50Vous voyez ?
00:49:50Céline était pacifiste.
00:49:53Contrairement à la droite
00:49:53qui se définit
00:49:54par son pragmatisme,
00:49:55la gauche se définit
00:49:56par son idéologie.
00:49:57Un idéologue,
00:49:58rien ne l'arrête,
00:49:59même s'il est fait,
00:50:00vont à l'encontre
00:50:00de son sentiment,
00:50:02comme vous dites.
00:50:02Oui, mais…
00:50:03Tant pis,
00:50:04si le pacifisme,
00:50:06son sentiment,
00:50:06il en fait une idéologie
00:50:07comme tout homme de gauche
00:50:08et c'est cette idéologie
00:50:10qui va l'amener
00:50:10à se soumettre
00:50:12aux Allemands
00:50:13qui ont pris…
00:50:14Non,
00:50:14alors on n'a pas
00:50:15à se soumettre,
00:50:15le mot « soumettre aux Allemands »
00:50:16n'est pas la bonne chose.
00:50:18On les a laissés rentrer.
00:50:19Donc,
00:50:20une fois qu'ils étaient là,
00:50:21il fallait…
00:50:22C'est pareil.
00:50:23L'histoire de l'occupation
00:50:25est entièrement truffée
00:50:26de mots qui sont menteurs.
00:50:28Oui, sauf que là,
00:50:29le film…
00:50:29C'est des mots menteurs.
00:50:30Mais sauf que là,
00:50:31le film montre bien
00:50:31qu'il est actif.
00:50:32J'ai vu…
00:50:34J'ai fait un travail
00:50:35sur Brasiliac.
00:50:36Je connais bien cette époque,
00:50:38si vous voulez.
00:50:38Les gens qui ramènent
00:50:39leurs fraises en disant
00:50:40« Fallait résister,
00:50:41fallait résister »,
00:50:42ce sont des comportements
00:50:45de tartarins.
00:50:46La guerre a été perdue,
00:50:48les Allemands sont arrivés,
00:50:49ont occupé,
00:50:50ils ont défilé
00:50:51sur les Champs-Elysées.
00:50:52Et qui a fait ça ?
00:50:54C'est tout de même
00:50:55les gouvernements
00:50:56politiques français.
00:50:57C'est pas…
00:50:58Alors, si vous voulez,
00:51:01c'est très…
00:51:01Mais c'est normal
00:51:02que vous parliez comme ça
00:51:03parce que c'est le langage
00:51:04que l'on entend
00:51:05absolument tous les jours.
00:51:07Ce qui est intéressant,
00:51:08c'est de voir l'évolution
00:51:12de cet homme qui va…
00:51:15Qui est un journal indépendant
00:51:16avant la guerre.
00:51:17Et pendant la guerre,
00:51:19il est surtout…
00:51:20Il a un nouveau journal
00:51:21qui va être financé
00:51:23par l'ambassade d'Allemagne.
00:51:25Pourquoi ?
00:51:25Parce qu'avant la guerre,
00:51:27il était l'ami
00:51:28d'Otto Abetz,
00:51:30jeune professeur de dessin
00:51:33qui, évidemment,
00:51:34parlait très bien français
00:51:35et qui va être expulsé de France
00:51:38à un moment où on a peur
00:51:40des traîtres allemands
00:51:41et qui va y revenir
00:51:44comme ambassadeur à Paris.
00:51:46Et évidemment,
00:51:47comme ils sont très amis,
00:51:49Otto Abetz va lui proposer
00:51:51de l'argent
00:51:51pour l'aider pour son journal.
00:51:55Mais ce qui est intéressant,
00:51:57c'est que si vous regardez
00:51:58cette époque
00:51:59en la rapprochant
00:52:01d'aujourd'hui,
00:52:02qui subventionne
00:52:03la presse française
00:52:04aujourd'hui ?
00:52:05Les Pâques.
00:52:06Tous les grands journaux
00:52:07de Paris
00:52:08ont des subventions
00:52:10qui viennent d'Amérique.
00:52:12Vous voyez ?
00:52:12Donc, on ne peut pas dire
00:52:13d'un côté,
00:52:14c'est vilain,
00:52:14vrilin de collaborer
00:52:16avec l'Allemagne,
00:52:17dans un pays aujourd'hui
00:52:18où on reçoit
00:52:19de l'argent…
00:52:20Nous, à TV Liberté,
00:52:21nous ne collaborons
00:52:22ni avec les États-Unis.
00:52:24Vous faites bien le dire.
00:52:25Et avec l'Union européenne.
00:52:26Nous sommes très différents
00:52:27des autres.
00:52:28Nous, nous ne sommes pas
00:52:29des Jean-Luchère.
00:52:30Nous ne sommes pas…
00:52:31Non, nous ne sommes pas
00:52:32des stipendiers.
00:52:34Nous ne sommes pas
00:52:34des stipendiers.
00:52:36Alors, ce qui est amusant,
00:52:37c'est que Jean-Luchère,
00:52:38d'abord, il est interprété
00:52:39par Desjardins,
00:52:42qui est un type magnifique.
00:52:43Alors, évidemment,
00:52:44on a du mal
00:52:44à lui accrocher
00:52:46sur la tête
00:52:46tous les péchés du monde
00:52:47parce qu'il est sympathique
00:52:48de toutes les façons.
00:52:50Alors, il aime la grande vie.
00:52:51Il aime…
00:52:52Il veut gâter
00:52:53sa petite fille, Corinne,
00:52:55qui vient d'être révélée
00:52:57au monde par un film.
00:53:00C'est une comédienne.
00:53:01Oui, ça, oui.
00:53:02Donc, il la couvre
00:53:03de fourrure, de…
00:53:05Et petit à petit,
00:53:08bien sûr,
00:53:09il est entraîné
00:53:10dans son journal
00:53:11à prendre parti
00:53:15pour les occupants,
00:53:17encore une fois,
00:53:18et il est fusillé
00:53:22à la libération.
00:53:23Alors, oui,
00:53:24c'est vrai que le film
00:53:25montre aussi
00:53:25la fin de la guerre
00:53:26et l'épuration
00:53:27sous un jour
00:53:27qui n'est pas très favorable
00:53:28parce qu'il y a une question
00:53:29qu'on se pose
00:53:29quand on voit le film.
00:53:30Je ne sais pas si vous êtes
00:53:30posé la même question que moi,
00:53:31mais je dis, bon,
00:53:32ce Jean-Luchère,
00:53:34qu'a-t-il fait
00:53:34pour mériter la peine de mort ?
00:53:35Exactement.
00:53:36À la limite,
00:53:37il aurait pu avoir
00:53:3710 ans d'indignité nationale
00:53:39comme sa fille,
00:53:40interdit de publication
00:53:41ou je ne sais pas,
00:53:42mais la peine de mort,
00:53:43sans qu'il y ait eu
00:53:44le crime de sang
00:53:45de sa part,
00:53:46paraît un peu déplacé,
00:53:48on va dire.
00:53:48Il y a un petit décalage
00:53:49entre les...
00:53:50Vous mettez le doigt,
00:53:51Renaud,
00:53:52sur la contradiction
00:53:53contemporaine
00:53:54des intellectuels de gauche.
00:53:55C'est qu'ils ont milité
00:53:56pour l'abolition
00:53:59de la peine de mort,
00:54:00mais tuer,
00:54:02fusiller les collaborateurs
00:54:04en 1945,
00:54:05c'était pour eux
00:54:07un must,
00:54:08comme on dit en anglais.
00:54:09Une obligation.
00:54:10Ils ont quand même
00:54:10tué Brasiliac,
00:54:13ils ont tué
00:54:16Georges Suárez,
00:54:18donc Jean Luchère
00:54:19et Paul Chac.
00:54:21Paul Chac,
00:54:22vous imaginez,
00:54:23qui a écrit beaucoup de romans
00:54:24contre l'Angleterre.
00:54:25Évidemment,
00:54:25ce n'est pas bien.
00:54:26Ce n'est pas bien.
00:54:28Et je vous signale
00:54:29qu'il y a quand même des...
00:54:30Je ne citerai pas son nom,
00:54:31mais il y a quand même
00:54:32un intellectuel aujourd'hui
00:54:34qui a sa place
00:54:34à l'Académie française,
00:54:36vous n'imaginez pas,
00:54:37et qui a dit
00:54:39si on me l'avait demandé,
00:54:40j'aurais accepté
00:54:41de faire partie
00:54:42du peloton d'exécution
00:54:44de Brasiliac.
00:54:45Donc, vous voyez,
00:54:45une espèce de schizophrénie
00:54:47de ces intellectuels de gauche
00:54:49qui n'ont aucun respect
00:54:51pour le réel.
00:54:51Et ce monsieur a probablement
00:54:52assisté à la panthéonisation
00:54:53de Robert Balinter.
00:54:54Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
00:54:57Alors, c'est un film intéressant
00:55:00de ce côté-là.
00:55:01Xavier Giannoli, d'ailleurs,
00:55:02dit
00:55:02je suis obsédé
00:55:04par la rigueur historique.
00:55:06Ça, c'est un bon point.
00:55:09parce que sur le sujet,
00:55:11on n'a pas beaucoup
00:55:11de rigueur historique.
00:55:13Et deuxièmement,
00:55:14les hommes ne sont pas
00:55:15ou tout blancs
00:55:15ou tout noirs.
00:55:16D'où ce titre, d'ailleurs,
00:55:18qui renvoie à Victor Hugo.
00:55:18Voilà, qui renvoie à Victor Hugo.
00:55:22Et alors, il y a une autre résonance.
00:55:24Il y a deux autres résonances
00:55:25avec aujourd'hui.
00:55:26C'est, on entend,
00:55:28il y a beaucoup de voix off.
00:55:30On entend Céline en voix off,
00:55:32on entend le maréchal Pétain.
00:55:34Et il dit à un moment donné
00:55:38vos enfants ne retourneront pas
00:55:39faire la guerre.
00:55:40C'est pour ça, d'ailleurs,
00:55:41qu'il signe l'armistrice.
00:55:43Et évidemment,
00:55:45moi, qui suis très contemporaine,
00:55:46je fais le rapport
00:55:47avec la phrase de ce général
00:55:50qui a dit
00:55:51il va falloir que vous envoyiez
00:55:53vos enfants à la guerre
00:55:54l'an dernier, n'est-ce pas ?
00:55:56Eh bien non, mon gars, non.
00:55:59Et il y a une deuxième chose
00:56:01très amusante dans les critiques.
00:56:03Je vous l'ai dit déjà,
00:56:05chers amis de TV Liberté,
00:56:06je regarde toujours
00:56:07les autres critiques
00:56:08avant d'aller voir un film.
00:56:10Et j'ai vu que la critique de gauche
00:56:12n'aimait pas le film.
00:56:13Et donc, je me suis dit
00:56:15si elle ne l'aime pas,
00:56:16il faut que j'y aille.
00:56:18Oui, alors on a quand même
00:56:19quelques scènes
00:56:19qui sont fort contemporaines.
00:56:22Vous voyez ce que je veux dire ?
00:56:23Ah non, pas du tout contemporaines.
00:56:25C'est des hommes et des femmes.
00:56:26Ils sont ivres.
00:56:27Vous pouvez vous parler ?
00:56:27Oui, les bacchanales
00:56:29dans l'ambassade.
00:56:30Je faisais référence.
00:56:31Ils sont tous nus,
00:56:32ils sont tous nus,
00:56:33ils ont beaucoup bu,
00:56:34ils ont beaucoup mangé.
00:56:34On voit un homme et deux femmes
00:56:36dans le même lit.
00:56:36Oui, mais ça c'est…
00:56:38Quand j'ai dit que c'est contemporain,
00:56:39c'est wokiste.
00:56:40Si vous voulez,
00:56:40et puis l'orgie de caviar.
00:56:41Un peu de wokisme.
00:56:42Oui, mais Renaud,
00:56:44quand on a regardé un petit peu,
00:56:46pas dans le détail,
00:56:47parce que merci,
00:56:48ce n'est pas possible,
00:56:50mais les orgies de Epstein,
00:56:52c'est tout de même
00:56:53pas grand-chose.
00:56:54Les orgies d'après-guerre
00:56:56et les officiers
00:56:58qui se prennent,
00:57:00toutes les prostituées du coin,
00:57:01c'est quelque chose
00:57:02qui date depuis 20 siècles.
00:57:04Les bacchanales
00:57:05de l'ambassade de France
00:57:06en comparaison
00:57:07des bacchanales d'Epstein,
00:57:08c'est un niveau au-dessus.
00:57:10Vous voyez ce que je veux dire ?
00:57:11C'est ça que je veux dire.
00:57:12C'est amusant
00:57:13de voir toujours
00:57:14ces gens qui jugent.
00:57:16Qu'est-ce que vous…
00:57:17Vous avez un autre…
00:57:18En tout cas,
00:57:18allez voir ce film.
00:57:20C'est trois heures,
00:57:21c'est long,
00:57:21mais on ne perd pas son temps.
00:57:24Tout à fait.
00:57:25Alors,
00:57:26un autre film,
00:57:27encore un peu plus loin
00:57:28dans le temps,
00:57:29dans le temps de la chouonnerie.
00:57:31C'est un film intitulé
00:57:32Dans le sillage de Marianne,
00:57:33c'est un moyen métrage
00:57:35qui dure une heure.
00:57:36Il est réalisé par…
00:57:37Alors,
00:57:38une petite société de production
00:57:39qui s'appelle
00:57:39Épopée héroïque,
00:57:41fondée par des étudiants,
00:57:42des étudiants fort jeunes
00:57:44et fort motivés,
00:57:45qui nous racontent
00:57:47l'histoire de Marianne Leloutre,
00:57:50qu'on peut considérer
00:57:50comme la première femme postière
00:57:52de l'histoire française
00:57:54dans le contexte
00:57:55de la chouonnerie.
00:57:57Elle transmettait des messages
00:57:58entre les combattants,
00:58:01les familles et les pattes.
00:58:02Et elle a été fusillée.
00:58:03Elle a été chassée
00:58:04par les armées de la République.
00:58:05Et bien sûr,
00:58:05je ne raconte pas
00:58:06toute son histoire.
00:58:07Oui, mais je crois
00:58:07que je la connais.
00:58:08C'est une héroïne de la Varande.
00:58:10Elle est tuée sur son cheval
00:58:12parce qu'elle a demandé…
00:58:13Effectivement.
00:58:14Je vous avoue humblement
00:58:15que je n'en avais jamais
00:58:15entendu parler avant ce film,
00:58:17à ce cas ce film permet de la…
00:58:18Oui, mais vous savez,
00:58:18la Varande a tellement bien raconté
00:58:21les histoires de chouonnerie
00:58:22que voilà.
00:58:24Donc, petite diffusion pour ce film.
00:58:25Il y a déjà eu
00:58:26quelques projections
00:58:27chez nos amis bretons et vendéens
00:58:29parce que quelques semaines,
00:58:30il y a eu une projection
00:58:31à Vannes en Bretagne,
00:58:32à Montaigu en Vendée.
00:58:33Et d'autres vont suivre
00:58:34pour l'instant dans l'Ouest.
00:58:35Et puis, peut-être après,
00:58:37on espère pour eux
00:58:37dans toute la France.
00:58:38En tout cas,
00:58:38on sera sûrement amenés
00:58:39à en reparler.
00:58:40Ou un DVD.
00:58:41Ou un DVD, oui.
00:58:41Certainement en DVD, oui.
00:58:42En DVD.
00:58:43Alors moi, j'ai à vous proposer,
00:58:47chers amis de TV Liberté,
00:58:48une très belle exposition
00:58:52sur la lumière
00:58:54des manuscrits médiévaux
00:58:56dans le cadre des Journées européennes
00:58:58des métiers d'art.
00:59:01C'est une exposition organisée
00:59:03avec une conférence
00:59:05de Françoise Dugas-Lamotte.
00:59:06C'est du 11 au 22 avril
00:59:09à Ménil-le-Roi.
00:59:13Et cette artiste
00:59:17a reproduit
00:59:18des manuscrits médiévaux
00:59:21de façon extraordinaire.
00:59:22Et elle nous présente
00:59:24une partie de son œuvre,
00:59:25notamment inspirée
00:59:27des primitifs italiens.
00:59:29Donc, ça sera quelque chose
00:59:30de très beau.
00:59:31Un très beau concert
00:59:32de l'ensemble jubilaté
00:59:34de Versailles,
00:59:35dirigé par Michel Lefebvre,
00:59:37le Dixit de Minousse
00:59:39de Jomélie,
00:59:41Vivaldi,
00:59:42le Dixit de Minousse.
00:59:44Et c'est à Paris,
00:59:45le 16 avril,
00:59:46à l'église Saint-Roch.
00:59:48Et deux pèlerinages,
00:59:50deux pèlerinages,
00:59:52un pèlerinage le 25 avril,
00:59:55Notre-Dame de Bethléem,
00:59:57qui célèbre l'apparition
00:59:59de la Sainte Crèche
01:00:00en l'an 44
01:00:01à Ferrières-en-Gatinet.
01:00:05Venez sur les traces
01:00:06de 24 rois,
01:00:08trois empereurs
01:00:08et six papes.
01:00:10Le rendez-vous est devant
01:00:11l'église Sainte-Marie-Madeleine
01:00:13à Montargis,
01:00:15donc samedi 25 avril.
01:00:17Et enfin,
01:00:19alors ça je peux en parler
01:00:20parce que je l'ai fait,
01:00:21le pèlerinage pour la France
01:00:22sur l'honneur
01:00:23de Sainte Jeanne d'Arc
01:00:24à Rouen
01:00:26avec un père
01:00:27qui est plus sain,
01:00:28la célébration
01:00:29de la Sainte Messe.
01:00:30C'est le samedi 30 mai,
01:00:33c'est l'anniversaire
01:00:34de la mort de Jeanne.
01:00:36Et on marche dans Rouen
01:00:41sur tous les lieux,
01:00:42les derniers lieux
01:00:43où Jeanne s'est arrêtée
01:00:46avant d'arriver
01:00:48sur la place du marché.
01:00:50Et c'est un pèlerinage merveilleux
01:00:54et voilà,
01:00:55plein d'informations,
01:00:56de beaux films.
01:00:58Merci beaucoup Renaud.
01:00:59– Merci à vous Anne.
01:01:01– Chers amis de TV Liberté,
01:01:02à très vite.
01:01:03– Sous-titrage ST' 501
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