- il y a 16 heures
Dans cette émission, nous recevons Bertrand Duccini, psychanalyste-psychothérapeute, auteur de "Les émeutes de l’envie - Aux sources du racisme-anti-blanc". Il propose une lecture des tensions actuelles, en remettant au centre un concept largement oublié : l’envie. Selon lui, la disparition de cette notion dans la pensée moderne aurait profondément transformé notre compréhension des conflits sociaux, des émeutes urbaines et des tensions identitaires.
- Le rôle de l’envie dans les comportements humains
- Ce que la pensée issue des Lumières aurait laissé de côté
- Le lien entre culpabilité, histoire et tensions contemporaines
- Une analyse polémique des émeutes et des fractures sociales
Une discussion sans filtre qui interroge les grands tabous de notre époque et propose une grille de lecture qui ne laissera personne indifférent.
- Le rôle de l’envie dans les comportements humains
- Ce que la pensée issue des Lumières aurait laissé de côté
- Le lien entre culpabilité, histoire et tensions contemporaines
- Une analyse polémique des émeutes et des fractures sociales
Une discussion sans filtre qui interroge les grands tabous de notre époque et propose une grille de lecture qui ne laissera personne indifférent.
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NewsTranscription
00:00– Bonjour, bienvenue dans notre Zoom, aujourd'hui en compagnie de Bertrand Dussigny.
00:10Bonjour, monsieur. – Bonjour.
00:12– Bertrand Dussigny, vous êtes psychanalyste, psychothérapeute,
00:16spécialiste dans les troubles du comportement.
00:20Vous êtes également diplômé en histoire et en langues et cultures arabes.
00:25Et vous publiez cet ouvrage chez Perspective Libre,
00:28les émeutes de l'envie aux sources du racisme anti-blanc,
00:33que vous pouvez retrouver sur la boutique de TV Liberté, comme d'habitude.
00:37Alors, sur les origines du racisme anti-blanc, vous le reliez principalement au concept d'envie.
00:45Alors, qu'est-ce que vous pouvez nous expliquer,
00:47est-ce que vous pouvez nous donner une définition de l'envie, du concept d'envie ?
00:52– Alors, l'envie, ça ne fait pas partie d'un jargon technique ou quoi que ce soit,
00:56chacun pourra en donner la définition qu'il veut,
00:58mais traditionnellement, on l'articule par opposition à la jalousie ou au ressentiment.
01:05La jalousie, c'est de vouloir posséder quelque chose que quelqu'un possède et qu'on n'a pas,
01:08ou d'en avoir autant, un peu comme un gâteau qu'on aurait mal partagé,
01:12je voudrais une part égale à tout le monde.
01:16Le ressentiment, c'est quand on vous a fait du mal et que vous voulez vous venger,
01:18donc vous en gardez une forme de rancune, c'est plus du côté de la rancune.
01:21En ce moment, on entend beaucoup parler de ressentiment postcolonial, ce genre de choses.
01:26Moi, ce n'est pas ce qui m'intéressait.
01:27Ce qui m'intéressait, c'était vraiment le concept d'envie.
01:30L'envie, c'est quelque chose qui ne se rapporte pas à l'avoir,
01:34ce n'est pas d'en avoir autant que les autres,
01:36c'est quelque chose qui se rapporte à l'être,
01:37et c'est d'être aussi fort, aussi beau, aussi capable que l'autre.
01:42Donc, c'est un sentiment humain universel,
01:46qui est connu de tout temps,
01:47qui est la principale force de destruction du lien social.
01:51C'est un petit peu le contraire, on va dire, de l'amour,
01:54qui est la force de cohésion par excellence, la force créatrice.
01:58L'envie, c'est la force de destruction,
02:00puisque lorsque quelqu'un ressent de l'envie envers quelqu'un d'autre,
02:03il n'a pas envie de lui ressembler, de s'adjoindre à lui,
02:08il a envie de le détruire.
02:09Donc, c'est une force qui crée de la haine et de l'agression.
02:12On se dit, on le reconnaît chez le petit enfant,
02:15on le reconnaît d'ailleurs chez tout le monde, même chez l'adulte.
02:17Voilà, il est mieux que moi, donc c'est une histoire d'être.
02:21Il est mieux que moi, et je devais le détruire
02:22pour ne plus avoir à supporter la preuve permanente de mon infériorité.
02:28Voilà, c'est une question d'inférieur-supérieur, en quelque sorte.
02:31– C'est un complexe d'infériorité.
02:32– Alors, voilà, ça peut s'articuler, j'en parle un petit peu,
02:36ça s'articule à un complexe d'infériorité.
02:38Ce qui est intéressant aussi, dans le complexe d'infériorité,
02:42c'est que l'infériorité peut-être réelle ou fantasmée,
02:45ce n'est pas grave, car le complexe est constitué.
02:47Donc, à partir de là, pour faire disparaître ce sentiment
02:50qui est douloureux, ce sentiment d'infériorité,
02:53de rabaissement permanent, il faut détruire l'autre.
02:56Ou détruire ses réalisations, comme un enfant qui veut casser le jouet,
03:02qu'on ne veut pas lui donner, puisque je ne peux pas l'avoir,
03:04je le casse, puis personne ne l'a.
03:06– Alors, ce concept d'envie, vous dites que la société progressiste,
03:11issue des Lumières, 1789, l'a complètement effacée.
03:15Alors, à quelle logique cela répondait, cette volonté d'effacer l'envie ?
03:21– C'est que l'envie, c'est la permanence de structures en fondamentaux
03:27de l'être humain, d'invariants anthropologiques
03:29qui contreviennent à l'idéologie du progrès.
03:32Parce que l'idéologie du progrès, c'est que l'homme s'améliore.
03:36Il est bon par nature, ça c'est Rousseau,
03:38et puis il s'améliore, il est de mieux en mieux.
03:42Et bien entendu, l'envie, c'est un des sept péchés capitaux,
03:45les sept péchés, les péchés, il y en a le même nombre depuis l'Antiquité,
03:49il y en a le même nombre aujourd'hui, il y en aura autant demain.
03:51Pourquoi ? Parce que l'homme n'est pas bon par nature,
03:53il a de bons côtés et de mauvais côtés.
03:55Il est capable d'amour, il est capable d'envie.
03:57Donc, dans une société où on dit, non, non, l'homme est bon
04:00et on va retrouver ça, c'est la société qui l'a corrompu,
04:03pour les Lumières, c'est important à la fois qu'il n'y ait plus
04:06ce genre de tâche, si vous voulez, sur l'idée idéale de l'homme,
04:13et en même temps qu'on puisse être tous égaux à la fin.
04:16On n'est pas tous égaux, mais si on est tous égaux,
04:18il n'y a plus d'envie, on est tous pareils en termes d'identité.
04:22– Est-ce qu'il y a quelque part une idée de vouloir rejeter
04:26ce qu'est l'homme au plus profond de lui-même avec l'idée des Lumières ?
04:30– Tout à fait, c'est exactement ça.
04:32C'est pour ça que dans la lignée des Lumières,
04:36on va tomber sur les totalitarismes qui vont tous développer,
04:41chacun à sa façon.
04:43Une idée d'homme nouveau, d'homme augmenté, meilleur,
04:46et à la fin d'homme parfait.
04:50Ça va avec la disparition aussi de la transcendance
04:53et du rapport au divin.
04:54L'homme étant son propre créateur, son propre démiurge,
04:57il peut tout faire, il peut s'améliorer,
04:59il est lui-même à la fin Dieu,
05:02donc il tend vers la perfection.
05:04Et bien sûr, les religions traditionnelles
05:06ou le système d'ancien régime disaient,
05:08non, c'est faux, l'homme n'évolue pas,
05:10enfin il n'y a pas de progrès moral.
05:10Alors on peut faire des trains à vapeur,
05:13on peut faire des avions,
05:13on peut aller sur la planète Lune, Mars,
05:15si vous voulez,
05:16mais à la fin, moralement, l'homme n'a pas évolué.
05:19– Donc quand on vous dit,
05:21non mais aujourd'hui, monsieur, on est en 2026,
05:25ça vous fait rire ça, ce genre de…
05:27– Oui, pardon, ça me fait rire.
05:29– Non mais oui, non mais…
05:30– La seule chose que je vois de différence entre 2026 et 1926,
05:34ou 1026, c'est quand on a l'intelligence artificielle
05:38et des smartphones, quoi.
05:39– Alors, cette volonté de nier l'envie,
05:46cela représente un danger pour la société.
05:49Quelles ont été les conséquences de cette négation,
05:51justement, sur la société, sur les hommes en société ?
05:55– Eh bien, c'est que, comme je le disais,
05:56l'envie étant le principal moteur de la destruction du lien social,
06:02il est important de s'en prémunir.
06:04C'est comme si vous avez un tigre dans la pièce,
06:07il vaut mieux se dire, je vais faire une cage
06:09et on va pouvoir, comme ça, moi et le tigre,
06:13vivre ensemble, comme on dit.
06:15Si je me dis, bon, monsieur TIG,
06:17ce n'est jamais qu'un gros chat,
06:18je vais au-devant de problèmes.
06:21L'envie, toutes les sociétés de tout temps
06:23ont essayé de mettre en place des systèmes
06:25pour s'en prémunir.
06:26Par exemple, le plus connu,
06:28ce qu'on appelle l'envie, c'est le mauvais œil.
06:31Se prémunir du mauvais œil, c'est fondamental.
06:35Certaines religions, les juifs, les musulmans,
06:38mettent en place des systèmes
06:39pour se prémunir du mauvais œil,
06:41c'est-à-dire de l'œil de l'envie de l'autre, du voisin.
06:43Pour vivre heureux, vivons cachés.
06:45C'est-à-dire, ne montrons pas trop
06:47à quel point nous sommes bons,
06:48ou forts, ou bénis par le sort,
06:51en bonne santé, des beaux enfants,
06:53et tout ça.
06:53Et vous me dire, non, non, j'ai un enfant malade,
06:55j'ai la goutte, voilà, comme ça,
06:57on vous plaint au lieu de vous envier.
07:00C'est ça, un certain nombre de manières
07:03de juguler un petit peu l'envie.
07:05Maintenant, la manière de se montrer…
07:06– La victimisation.
07:07– C'est l'auto-dénigrement
07:10et, effectivement, la plainte.
07:12Se plaindre, c'est un exercice social ordinaire.
07:15– Je me repends, je me fouette.
07:18– Ça, c'est encore autre chose.
07:19On aura l'occasion d'en reparler,
07:21mais c'est-à-dire, voilà, par exemple,
07:24si quand vous avez une promotion,
07:26un nouveau poste, etc.,
07:27quelqu'un vient vous féliciter,
07:29le réflexe social, qui est presque inconscient,
07:31c'est au-delà de la politesse,
07:33c'est de dire, oh, j'ai eu de la chance,
07:34mais mes concurrents étaient valables aussi,
07:38finalement, voilà.
07:39Mettre les choses sur le dos de la chance
07:41pour ne pas dire, oui, effectivement,
07:42je suis meilleur que toi,
07:44et c'est la raison pour laquelle je suis au-dessus.
07:45– Ce danger d'éclipser l'envie,
07:48vous le liez, vous le reliez
07:50à l'idéologie socialiste,
07:53j'ai l'impression, en vous lisant.
07:54– Tout à fait, tout à fait.
07:55Alors, ce n'est pas moi qui le relis,
07:58ce sont les grands écrivains
08:00qui l'ont dit avant moi,
08:01il y en a plein, même des socialistes,
08:03Proudhon, Gustave Lebon,
08:05il y en a plein de gens qui ont étudié.
08:08L'ouvrage majeur, c'est l'ouvrage de Lebon
08:10qui s'appelle Psychologie du socialisme.
08:11On ne le lit plus, il est à peine édité,
08:15mais il est indépassable,
08:16il a tout dit sur le socialisme,
08:17c'est-à-dire que l'idée, c'est,
08:20si on demande l'égalité des chances,
08:23on est dans la justice,
08:25l'égalité sur la ligne de départ.
08:26Si on demande l'égalité à l'arrivée,
08:28sur la ligne d'arrivée,
08:29que tout le monde arrive en même temps,
08:31ça, c'est de l'envie.
08:32C'est-à-dire, parce que moi, je sais
08:34que je n'arriverai pas le premier,
08:35donc personne n'arrive en premier.
08:37Donc, on arrive tous en même temps.
08:38Donc, cette idée du socialisme,
08:41c'est de, au nom d'une pseudo-justice
08:45ou d'une indignation qui se part d'atours moraux,
08:49et tout le monde peut expérimenter,
08:51l'excès d'opulence est indécent,
08:54et les écarts entre les richesses et les pauvres
08:56sont trop importants,
08:57tout le monde est d'accord là-dessus.
08:58Alors qu'à partir de cette indignation légitime,
09:01dire, pour contrer ce problème…
09:04– On va couper les pattes des meilleurs.
09:05– On va couper les pattes des meilleurs.
09:06Voilà, très… Exactement.
09:09– Alors, à contrario des tenants des Lumières,
09:12vous évoquez les contre-révolutionnaires
09:15qui, eux, étaient attachés à l'Ancien Régime,
09:18à la monarchie de droit divin,
09:21qui, eux, ont insisté sur la notion de dette.
09:23Alors, une dette envers qui, envers quoi ?
09:26– Oui, ça c'est…
09:27Bon, c'est Maurras qui l'exprime le mieux
09:30avec des phrases qui sont passées à la postérité,
09:32pour dire, l'être humain arrive sur Terre,
09:35il doit tout à ceux qui sont là avant,
09:37puisqu'il est néothène lui-même,
09:39il ne peut pas survivre tout seul,
09:41il faut s'occuper de tout.
09:43Donc, il contracte là une dette,
09:46et puis la psychanalyse ajoute
09:48que cette dette n'est pas une dette réelle,
09:50c'est-à-dire qu'on ne doit pas rendre à ses parents
09:54le nombre de couches qu'ils nous ont données,
09:56parce que maintenant, ils sont à l'hospice, etc.,
09:57ce n'est pas ça.
09:58– Plutôt un héritage ?
09:59– C'est un héritage, voilà.
10:01On est en dette, on arrive sur Terre,
10:03on est en dette de tout ce qui a été fait avant nous.
10:06Donc, c'est la famille qui s'occupe de vous,
10:07comme dit Maurras, quand vous êtes un petit enfant,
10:09mais c'est aussi la langue que vous parlez,
10:12la culture que vous avez,
10:15et toute cette dette-là est une dette
10:17que la psychanalyse appelle une dette symbolique,
10:19c'est-à-dire qu'on ne la rembourse pas véritablement,
10:20on ne peut pas, elle est trop importante.
10:23La seule manière de rembourser cette dette,
10:25c'est de transmettre à son tour.
10:26– C'est de s'en montrer digne.
10:27– C'est de s'en montrer digne, voilà,
10:29et c'est de se dire, moi aussi je vais transmettre.
10:31J'ai reçu un enseignement fantastique,
10:33mais mon professeur est mort.
10:34Je ne peux plus rien, je ne peux pas le couvrir de fleurs.
10:37Eh bien, moi-même, je vais enseigner.
10:39J'ai été bien élevé, j'ai des enfants,
10:41j'ai essayé de les élever correctement.
10:43Cette transmission, c'est une façon d'apurer la dette.
10:46C'est ça la pensée fondamentale de ce qu'on appelle la dette
10:49et des penseurs d'ancien régime.
10:50Ils disent, si l'homme arrive tout neuf
10:52et qu'il est en société avec un contrat,
10:54comme le prétendent les…
10:55– Grosso.
10:56– Grosso et consorts, c'est faux, c'est faux.
10:59On arrive à partir de quelque part, on a une grande dette,
11:02on doit la rembourser, on ne peut pas s'en extraire,
11:04on doit la rembourser envers les générations qui suivent,
11:06puisqu'on l'a reçu de générations passées.
11:08Donc cette transmission-là qui est très importante.
11:10Pour l'ancien régime aussi, pour répondre à notre question,
11:12parce qu'il y a les deux aspects, l'idée…
11:15Alors l'ancien régime, c'est détruit tout seul,
11:18je veux dire, quand il s'est écroulé, les historiens le montrent,
11:22il y a belle lurette que les nobles n'étaient plus dignes
11:24de leur titre de noblesse, qu'ils avaient revendu en grande partie,
11:27donc le système était un peu pourri,
11:29il faudrait quelque chose qui vienne mettre du sang en œuf,
11:33un petit peu là-dedans, c'est pas…
11:34Moi je ne défends pas une espèce de réaction
11:37pour revenir à je ne sais trop quel bourbon, post-bourbon,
11:41mais les gens disaient, la meilleure façon de se prémir de l'envie
11:45dans les sociétés dites traditionnelles, c'était d'ancien régime,
11:48c'était qu'il y ait des classes sociales assez nettes.
11:51C'est-à-dire qu'effectivement, on envie,
11:53et là je reviens sur le concept lui-même,
11:56on envie que quelqu'un avec qui on peut se comparer.
11:58Ce qu'on a dit tout à l'heure, je me compare avec lui,
12:01je le trouve meilleur que moi, je l'envie, je veux le détruire.
12:03Bon, si je ne peux pas me comparer avec lui, je ne l'envie pas.
12:07Voilà, donc je ne vais pas l'agresser.
12:09Donc cette distance qui protège de l'envie,
12:12qui est la seule véritable protection,
12:13soit elle est géographique, je ne connais pas ce qui se passe,
12:16je ne sais pas quel pays, bon, soit elle est sociale.
12:19Donc ce sont des hiérarchies sociales assez fortes.
12:22– C'est un peu symbolique quand même,
12:23l'idée de vouloir détruire parce qu'on l'envie.
12:26Vous avez envie de détruire les gens que vous enviez ?
12:29– Eh bien, alors il y a autre chose qu'il faudrait ajouter.
12:33Non, ce n'est pas symbolique, il y a du passage à l'acte.
12:35Mon livre, c'est ce qui m'a frappé,
12:36c'est qu'effectivement il y a des passages à l'acte.
12:38Les gens détruisent, agressent, veulent planter du blanc.
12:42C'est de l'agressivité.
12:46Même dans l'entreprise, on met une peau de banane,
12:48on crève un pneu, je ne sais pas,
12:50pour qu'il arrive en retard à La Réunion.
12:52Il y a des passages à l'acte.
12:53– Alors, les peuples extra-européens,
12:56vous en parlez dans votre ouvrage Bertrand Dussigny,
12:59vous dites qu'ils profitent du sentiment de culpabilité
13:03des Européens attisés par les élites mondialistes.
13:07Qu'est-ce qu'elles viennent faire ici, les élites mondialistes ?
13:10Pourquoi s'aiment-elles le trouble ?
13:13– Elles s'aiment le trouble, la raison ultime,
13:16c'est qu'elles en profitent.
13:17– Diviser pour mieux régner ?
13:19– Diviser pour mieux régner,
13:20installer un chaos pour s'en sortir comme ça,
13:22c'est leur point de vue.
13:26Mais moi, je n'ai pas fait un ouvrage de politique,
13:30mais simplement de dire que la mauvaise conscience européenne,
13:36en gros, Européens et Blancs, c'est un peu la même chose,
13:38la souche blanche est un petit peu européenne.
13:42L'Européen ou le Blanc, c'est un petit peu plus flou
13:45que certaines races qui sont plus précises,
13:48peut-être, les descendants des Aztèques ou les Berbères,
13:53c'est plus précis.
13:54Mais disons que ces peuplades blanches européennes
13:59se sont un peu perdus, complètement perdus même,
14:02dans des délires racialistes à l'époque des années 30-40
14:06jusqu'aux horreurs nazis.
14:08Donc à partir de 1945, c'est la mauvaise conscience qui explose,
14:11mon Dieu, qu'a-t-on fait, plus jamais ça.
14:13Et à partir de là, il y a une espèce de…
14:15Là, pour le coup, on se bat la coupe,
14:16comme vous le disiez tout à l'heure,
14:18donc on demande pardon, on demande pardon,
14:20on demande pardon même à des gens à qui on n'a rien fait,
14:22parce qu'ils n'étaient pas là dans les années 40.
14:25Et finalement, quand on réfléchit,
14:26c'est une façon bien confortable d'ailleurs pour les Européens
14:29de retourner le truc et de rester,
14:31de conserver une bonne conscience.
14:34Dans les années 40, on faisait ça pour sauvegarder la race blanche
14:36ou les tendres, ou bref, on va dire,
14:39par fierté raciale.
14:41Donc voilà, les gens étaient contents.
14:43– Nous, on est toujours au-dessus du lot en tant que repentant,
14:45parce que, voyez, nous, on a commis le mal,
14:48mais on se repend, regardez-nous,
14:50comme on est des saints.
14:52– Exactement, exactement.
14:53C'est pour ça que c'est beaucoup plus dangereux.
14:55– Christiane Taubira, par exemple,
14:56qui disait qu'il fallait éviter de culpabiliser
14:59les jeunes maghrébins français
15:00en parlant de la traite négrière
15:03dont les musulmans s'étaient rendus coupables
15:06pendant des siècles,
15:08à l'intérieur de l'Afrique noire.
15:10– Oui.
15:14Le paradoxe, toute cette histoire est pleine de paradoxes,
15:18mais quand on réfléchit calmement,
15:19les choses apparaissent, sont assez simples.
15:22Oui, c'est étonnant que ce soit Christiane
15:24comme Taubira qui dise ça,
15:25parce que finalement, les Blancs qui battent leur culp
15:28arrivent à garder le premier rôle.
15:29Voilà, on était les plus méchants,
15:31déjà, on est les plus gentils.
15:33– On est les plus gentils, maintenant.
15:34– Alors, après l'échec des indépendances,
15:38des peuples colonisés vous affirmez
15:41qu'ils sont aujourd'hui incapables
15:44de se développer sans l'aide des Blancs.
15:46– Oui.
15:48– Et qu'avec le début de l'immigration,
15:51ces populations in fine échouent
15:53à s'assimiler au monde Blanc.
15:56Alors, est-ce que ce n'est pas un petit peu généralisé aussi, ça ?
15:58– Alors, ça, c'est généralisé.
16:02D'ailleurs, j'allais tout de suite introduire quelques nuances.
16:05C'est généralisé, je ne renie pas le principe de généralisation.
16:10Aristote disait, il n'y a de science que du général.
16:12Sinon, c'est une agrégation de petits savoirs.
16:15Voilà, c'est la fameuse querelle médiévale
16:17du nominalisme des universaux.
16:19Bon, on est bien obligé à un moment de la trancher,
16:21de se dire, on doit faire des généralités.
16:23Genre, les livres sont en papier.
16:25Voilà.
16:27Donc, c'est une généralité à l'intérieur de laquelle,
16:29bien sûr, il faut énormément affiner.
16:31Moi, dans mon livre, je parle un peu plus de l'Afrique
16:33que des autres zones du Sud global, comme on dit aujourd'hui,
16:37ou du Tiers-Monde, ou des pays en voie de développement des pays.
16:38Bref, parce que c'est celle qui nous impacte le plus, nous, en France,
16:41vu notre histoire coloniale.
16:43C'est celle que, nous, on peut voir au quotidien.
16:45Ce sont principalement des Africains,
16:47Africains du Nord et d'Afrique noire.
16:49Donc, je n'ai pas grand-chose en particulier à dire
16:52sur le sous-continent indien.
16:53Parce que ça, en Angleterre, c'est peut-être plus précis.
16:57Alors, ce qu'on peut voir, c'est qu'effectivement,
16:58on est aussi en 2026 à la croisée des chemins.
17:01On voit que ça se tend.
17:02C'est-à-dire que le tiers-mondisme, l'idéologie,
17:04le discours plus exactement, tiers-mondiste,
17:07commence à s'épuiser.
17:09Il manque un peu de salive parce que ça fait longtemps que ça dure.
17:12Les indépendances sont arrivées après la guerre.
17:15Dans les années 60, ça s'est concrétisé.
17:18Ça va faire 60, 70 ans, 75 ans, etc.
17:20L'échec devient de plus en plus patent.
17:22Ce n'est pas moi qui le dis.
17:22Je ne suis pas historien, mais j'ai lu des historiens.
17:24– Oui, mais alors Bertrand Ducini, l'échec, on va vous dire,
17:27mais oui, mais nous, les Blancs,
17:29on fait en sorte que les anciens colonisés restent dans la misère
17:34parce qu'on a besoin de tirer sur leurs ressources
17:38et ça nous arrange bien qu'ils restent dans la merde.
17:42– Excusez-moi.
17:42– Non, non, mais je vous excuse.
17:45Non, mais ça, c'est faux.
17:47Je ne peux rien dire de plus, ça c'est faux.
17:49Je ne savais pas faux à ce point-là avant de me renseigner
17:52et de lire des historiens qui sont absolument catégoriques.
17:55Ça, ce sont des fables.
17:56Ce sont des fables du tiers-mondisme.
17:59– Est-ce que ce n'est pas un peu même quelque part du racisme
18:02de dire, regardez-les, ils ne sont pas capables
18:05de se développer depuis leurs indépendances
18:09alors qu'on leur a laissé le temps ?
18:11– On leur a laissé le temps, on leur a laissé des moyens,
18:13on les a aidés et ça ne marche pas.
18:15Alors la question, c'est pourquoi ça ne marche pas ?
18:17Le fait que ça ne marche pas, c'est évident.
18:19Pour soi, ça ne marche pas.
18:20Alors si ce n'est pas la faute, la sempiternelle faute
18:22de l'ancien colonisateur, alors c'est que c'est un peu de leur faute.
18:28Et c'est ça, certains sont tout à fait capables de l'entendre,
18:31Dieu merci, et puis d'autres ne sont pas capables de l'entendre.
18:33Et d'une manière générale, la masse, c'est plus facile de la flatter
18:36en disant que c'est la faute de quelqu'un d'autre.
18:39Donc voilà, en plus, dans beaucoup de ces cultures,
18:42la tendance à imputer la faute sur l'extérieur est plus importante.
18:46C'est là où, on parle de race, mais il s'agit plus de peuple,
18:50c'est-à-dire qu'il y a des mentalités collectives,
18:52il y a des mentalités d'un certain peuple.
18:54Là encore, on peut parler de généralisation abusive
18:59ou d'essentialisation, mais nonobstant, c'est vrai.
19:02Il y a des manières d'être d'un peuple,
19:04des manières de penser, de réagir.
19:08Moi, j'ai tendance à dire, et c'est dans le livre ce que je soutiens,
19:11nous vivons dans un monde qui est blanc, européen, donc blanc,
19:14mais ce n'est pas la race, la couleur de la peau qui compte.
19:16C'est un monde européen, mais dans ce monde européen même,
19:19il y a des hiérarchies.
19:21C'est un monde qui a été fait par les anglo-saxons.
19:23C'est un monde qui est toujours dirigé par les anglo-saxons.
19:25C'est les Anglais à l'époque, aujourd'hui c'est les Américains.
19:28Donc même nous, en tant que Français, nous vivons un petit exil.
19:32Les peuples encore plus latins vivent encore plus ce petit exil.
19:35Et à nouveau, on voit déjà poindre quelque chose du genre
19:38pourquoi les Allemands, les Norvégiens et les Anglais,
19:40ils y arrivent un peu mieux que nous.
19:41– Parce qu'ils sont plus alignés sur le modèle anglo-saxon.
19:43– Ils sont plus alignés sur le monde tel qu'il a été fait, comme ça, effectivement.
19:48Alors qu'est-ce que c'est que l'esprit anglais par définition ?
19:51– C'est l'esprit germain, quoi.
19:54– Alors c'est des anglo-saxons.
19:56– Les axons sont des Allemands.
19:58– Exactement, voilà.
19:59Donc il y a des deux.
20:01C'est une forme de discipline, en fait.
20:02Voilà, on va dire que c'est ça, je pense, qui est le vecteur principal
20:06du monde dans lequel on vit.
20:07Pour se développer, il faut de la discipline.
20:10Il faut de la discipline collective,
20:12et il faut de la discipline du self-control, quoi.
20:15De la discipline personnelle.
20:17Et c'est dans cette discipline-là, de la discipline personnelle,
20:20que les Anglais sont passés maître.
20:22Et c'est pour ça qu'ils arrivent toujours un petit peu mieux que tous les autres.
20:26Et donc c'est un peu comme si on se situait sur cette espèce d'échelle-là.
20:29– Et sur l'assimilation, vous ne croyez pas, in fine,
20:33à l'assimilation de ces populations anciennement colonisées au monde blanc ?
20:38– Non, pas du tout. Non, non, j'y crois pas du tout.
20:41– Parce que peut-être les anglo-saxons ont compris,
20:44puisqu'ils n'ont pas du tout dans le même modèle d'assimilation,
20:47en principe, que nous, Français.
20:49– Oui, bien sûr, exactement.
20:50Non, l'assimilation à la française, ça fait partie de ces belles idées,
20:56mais qui n'ont pas marché.
20:57Alors moi, je n'y crois pas.
20:59Bon, il y a 25 ans, quand j'étais jeune, j'y voulais y croire.
21:03Moi, j'y croyais, ce qu'on veut croire.
21:05Mais là, je vois que ça ne marche pas, et je me dis,
21:07bon, ben non, ça ne marche pas, ça n'a pas marché, ça ne peut pas marcher.
21:10On ne peut pas mélanger deux peuples.
21:12Bien sûr, l'assimilation, c'est bien connu.
21:13Au niveau individuel, ça marche très, très bien.
21:16Voilà, parce que des gens décident de se dépouiller de leur culture,
21:18d'adopter d'autres mœurs.
21:20– À l'échelle d'une civilisation entière.
21:21– Non, ce n'est pas possible, précisément parce que je vous disais,
21:23il y a des pensées collectives, il y a de la psychologie collective,
21:26c'est une réalité, ça existe.
21:27– Ça dépasse complètement l'homme, le socialiste de base, quoi.
21:32– Complètement.
21:32– Nous sommes tous issus d'un monde qui est nouveau
21:37et proche ton ouvert à l'avenir.
21:38– Oui, tout à fait.
21:39– Oui, oui, à l'œil de ça, c'est sûr que ça les dépasse complètement.
21:42– Alors, les émeutes urbaines, vous expliquez qu'elles sont en réalité
21:45des émeutes raciales telles qu'on les a vues éclater aux États-Unis
21:50depuis les années 60.
21:52Alors, pourquoi ça éclate, alors ?
21:54– Oui, je pense que tout le monde aura vu qu'il s'agit d'émeutes raciales.
21:59Ça, c'est un secret de Polychinelle,
22:01ou c'est une tartufferie de vouloir dire que ce sont des émeutes sociales.
22:05Ce sont des émeutes sociales, de même que c'est Renaud Camus,
22:11pardon de citer le souffre, mais qui dit
22:13le logement social, c'est du logement racial.
22:15Tout le monde l'a remarqué aussi.
22:17Maintenant, le mot social couvre le problème racial
22:19qu'on a importé en France.
22:21L'Amérique a subi, si j'ose dire, l'Amérique moderne,
22:23a subi le problème racial à cause de la folie de la traite triangulaire.
22:30Maintenant, ils n'ont pas fini d'essayer de se dépatouiller avec ça.
22:33Mais le résultat est le même.
22:35À 60 ans d'écart, on a des émeutes raciales.
22:38Il nous a fallu plus de temps pour avoir…
22:40– Ce qu'on a vu éclater avec l'affaire du jeune Naël.
22:42– Voilà, c'est suite à l'affaire du jeune Naël que…
22:45– Ce n'est pas parce qu'il était pauvre, ce garçon, après sa mort,
22:49que les banlieues sont descendues,
22:51mais c'est parce qu'il était un jeune Français d'origine maghrébienne.
22:54– Exactement, c'est tout à fait pour ça.
22:56C'est sûr et certain, ça s'est vécu comme ça.
22:58Et donc, il y a eu cette explosion d'agressions,
23:02donc de destruction du mobilier de la France, etc.,
23:04cette protestation.
23:05– Ce que vous appelez des émeutes de l'envie,
23:07donc des émeutes sur le matériel,
23:09issues du matériel, du spirituel et même de la sexualité.
23:13– Oui, alors, je vais être très bref.
23:17Mais en effet, ce que permet à quelqu'un de puissant, de capable,
23:24c'est un peu le même mot pour moi, on peut bien sûr le discuter,
23:27qui va créer l'envie.
23:28L'envie, c'est quand un incapable ou incapable,
23:29ou un impuissant ou impuissant.
23:31Je caricature à l'extrême.
23:32Mais quand il y a une différence à cet endroit-là.
23:34Et donc, la puissance, elle est financière,
23:37et elle est physique, elle est musculaire, et elle est sexuelle, en gros.
23:41On peut être puissant, un homme puissant,
23:43soit il soulève beaucoup de fonte,
23:45soit il a un gros portefeuille,
23:47soit il a beaucoup de succès avec les femmes.
23:49Donc, un autre homme, je parle là du masculin,
23:52pour, encore une fois, peut-être simplifier,
23:54mais qu'on comprenne bien.
23:56Donc, bien sûr, lorsqu'il y a une revanche,
23:58on a bien vu que dans la rue, lors des émeutes qui ont suivi,
24:00enfin, lors des émeutes,
24:01ça, c'est les émeutes du passé,
24:03mais mon livre reste d'actualité, je pense, pendant un long moment.
24:06Si on en aura d'autres.
24:08Ce sont des jeunes gens, des jeunes hommes,
24:10qui viennent dans la rue et qui cassent tout.
24:12Ils peuvent être encouragés par des femmes,
24:14ou il peut y avoir des filles qui le font aussi,
24:15mais globalement, c'est une affaire de garçons et de jeunes garçons.
24:20Donc, ils ont des difficultés à accéder,
24:23soit à la puissance musculaire,
24:24mais il y en a beaucoup qui font du sport de combat,
24:26de la muscu, c'est très en vogue, ça, dans l'immigration.
24:29On va dire, c'est le truc où ils se prennent en charge le mieux possible.
24:33Après, l'accès à l'argent,
24:35dans les circuits non…
24:38dans les circuits légaux, on va dire,
24:39ou l'accès aux femmes, etc.,
24:41c'est plus compliqué.
24:42Si on revient sur l'affaire de Crépole,
24:44c'est frappant de voir si ça s'est produit à l'endroit du bal.
24:46– Ce garçon qui se fait poignarder…
24:48– C'est un garçon qui se fait poignarder par je ne sais pas qui,
24:50qui arrive de l'immigration et qui dit,
24:51je vais planter du blanc.
24:53Il va planter du blanc, mais dans un bal de village.
24:54C'est-à-dire un endroit où les garçons et les filles se réunissent.
24:57Eux, ils viennent d'une culture
24:57où les garçons et les filles ne se réunissent pas comme ça,
24:59de cette façon.
25:00– Ils se séparaient.
25:00– Ils se séparaient, voilà.
25:01C'est une autre façon de gérer les problèmes,
25:03parce que ce sont des problèmes de rencontre sexuelle.
25:06Donc ils arrivent là et ils se disent,
25:08voilà, il y a un côté, la jeune fille européenne,
25:12elle est accessible puisqu'elle est un peu plus libérée et tout ça.
25:14Mais moi, je n'y ai pas trop accès,
25:15alors que les petits gars de Crépole, ils ont accès.
25:18Mais tout ça, c'est une affaire sexuelle à la fin.
25:20S'il n'y avait pas eu de bal de village,
25:21s'il n'y avait pas eu des jeunes qui se draguent,
25:23il n'y aurait pas eu ça.
25:24D'ailleurs, un journaliste de gauche avait défendu ça en disant,
25:29mais oui, il venait juste pour draguer des filles.
25:31– Oui, bien sûr.
25:31– Oui, alors il ne venait pas pour draguer des filles,
25:34mais il venait effectivement, il y a toujours un soubassement sexuel à la chose.
25:40– Alors on nous parle de lutte contre les inégalités
25:43depuis une quarantaine d'années, on entend ça à la droite, à la gauche,
25:49et vous dites justement que pour créer une société saine,
25:52il faudrait justement reconnaître les inégalités.
25:55– Tout à fait.
25:56– Assumons-les.
25:58– Oui.
25:58– Assumons la hiérarchie.
25:59– Alors voilà, exactement.
26:01– Il y a, là on revient sur des questions, on va dire, de philosophie politique,
26:06c'est-à-dire que l'égalité n'existe pas dans la nature.
26:11L'égalité c'est un concept mathématique, où elle existe en droit, c'est-à-dire en théorie.
26:17Et comme dit la blague, notre prochaine vie on ira la vivre en théorie,
26:20parce qu'en théorie il n'y a pas de problème.
26:21Mais nous on vit en pratique, et en pratique il n'y a pas d'égalité.
26:26Donc vouloir forcer l'égalité amène à de la violence,
26:30parce que ce qui protège de l'envie, comme je le disais,
26:33c'est l'impossibilité de se comparer.
26:36Voilà.
26:37S'il y a quelqu'un qui est de constitution plus chétive,
26:41je ne sais pas qu'il n'est qu'un pied beau, encore que ça se guérit pas mal maintenant,
26:44mais quelqu'un qui est un handicap, on lui dit,
26:47ben voilà, toi tu vas devoir faire handisport,
26:49tu ne pourras pas faire les Jeux d'un pied comme tout le monde,
26:51parce qu'il te manque je ne sais pas quoi.
26:53Bon, cette personne enlève de sa tête l'envie possible qu'elle pourrait ressentir
26:58pour ceux qui sont de conformité, de conformité plus normale,
27:02et il va se dévouer et mettre toute son énergie à construire quelque chose de correct
27:06avec les gens qui sont autour de lui.
27:10L'idée d'une société de caste comme en Inde,
27:12bon, elle n'existe plus comme avant, elle est aussi très, très…
27:15il ne faut pas la fantasmer non plus,
27:16mais l'idée indienne, c'est l'idée qu'on ne peut pas passer d'une caste à l'autre.
27:21Il faut penser qu'il faut mourir et se faire réincarner.
27:23Donc sur Terre, c'est impossible.
27:25Ben, ça, ça permet effectivement de limiter dans sept,
27:28enfin au départ c'est trois, puis ça s'est pas mal multiplié,
27:31bon, un certain nombre de castes, la compétition, donc les motifs d'envie,
27:35pour que ça ne soit pas à la société toute entière.
27:38– On peut admirer les gens qui nous dominent intellectuellement,
27:42ou les gens, les jeunes, admirent des champions comme, je ne sais pas, Zinedine Zidane,
27:48et ils ne se disent pas, ah, je pleure parce que je ne suis pas Zinedine Zidane
27:52et je ne le serai jamais.
27:53– Alors, oui et non, oui, dans le sens où, bien sûr,
27:58c'est très bien l'idée comme ça d'une idole, parce qu'on veut lui ressembler,
28:02donc on se compare à lui, on se dit, je vais y arriver.
28:04– On n'a pas envie de le planter tout de suite.
28:07– Pas tout de suite, et pas tout le monde, voilà.
28:10Je ne généralise pas dans le sens où c'est un sentiment universel.
28:13Il y a une autre chose qui, puisqu'on en est là, et ce sera, c'est ce que je
28:19voulais rajouter,
28:20il y a une autre chose qui préserve de l'envie, du sentiment,
28:23et là c'est au niveau individuel, c'est la gratitude.
28:26En fait, si vous voyez quelqu'un, vous ne pouvez pas admirer quelqu'un
28:29si vous ne ressentez pas au fond de vous de la gratitude pour déjà ce que vous êtes.
28:33C'est-à-dire, là je parle toujours d'être et pas d'avoir.
28:35Ce n'est pas la question d'être riche ou pauvre, ou d'avoir beaucoup ou pas beaucoup, c'est
28:38d'être.
28:39Si on se dit, bon ben, je ne suis pas, moi j'aurais voulu faire 1m85,
28:43je ne fais pas 1m85, puis ça je ne pourrais pas grandir, bon.
28:47Mais c'est déjà fantastique, je ne suis pas nain, par exemple.
28:50Tu aurais été encore pire, je fais juste 1m60.
28:52Par exemple, sur la taille, on se compare beaucoup la taille,
28:55les enfants comparent beaucoup leur taille.
28:56– Apprendre à aimer ce qu'on a, ce qu'on est.
28:57– Apprendre à aimer ce qu'on est, voilà, exactement.
28:59Et c'est vrai qu'on est, nous, dans une société
29:03qui génère, qui a l'état qu'elle a, c'est-à-dire le manque de séparation, voilà.
29:10– Et puis qui exacerbe en plus l'envie tout le temps, quoi.
29:14– Bien sûr, Instagram, bien sûr.
29:16– Tous les clips musicaux, il faut avoir du fric,
29:20la grosse bagnole et la gonzesse, quoi.
29:21– Oui, oui, oui, tout à fait.
29:22Voilà, les 3, ils sont.
29:24– Oui, oui.
29:26Et alors cette gratitude, quand on la sent, on ne sent pas d'envie,
29:29on fait, comme vous avez dit, on admire.
29:31On dit, alors là, lui, il est encore mieux.
29:33Moi, je suis déjà content d'être comme je suis.
29:35Ça aurait pu être bien pire.
29:36Dans ma vie, j'ai déjà beaucoup, beaucoup de chance.
29:39Mais j'admire les gens qui sont au-dessus.
29:41L'action de grâce est à la base de tous les exercices spirituels
29:45de toutes les religions.
29:46C'est-à-dire forcer un moment, depuis le plus tendre âge,
29:51quelqu'un à remarquer la chance qu'il a et à rendre grâce.
29:55Alors, selon les croyances qu'on a, on rend grâce à qui on veut.
29:58– Même dans les cultures arabes dont vous êtes diplômé,
30:01vous reconnaissez que cela existe ici aussi.
30:05– Ah oui, tout à fait, tout à fait.
30:07L'islam, parce que les cultures arabes sont des cultures musulmanes,
30:11arabo-musulmanes, l'action de grâce est extrêmement importante.
30:17C'est, vous savez, c'est le mot « amdoullah », ça veut dire « grâce à Dieu ».
30:20Rendre grâce à Dieu fait partie de la prière permanente,
30:25c'est un exercice quotidien.
30:31Mais il y a sans doute aussi, dans ces populations qui sont chez nous,
30:35qui sont immigrées, manque de contact avec les racines profondes
30:39de leur propre culture, qui fonctionnent mieux chez eux.
30:44Bien sûr, il y a aussi la question, puisqu'on est dans un monde globalisé,
30:46vous parlez des élites mondiales, il y a des groupes comme ça,
30:50et on peut se dire, effectivement, le monde développé,
30:52c'est le monde européen, les grandes découvertes,
30:56les avancées techniques, et toutes les autres cultures
30:59doivent vivre mal à l'aise, un peu inconfortablement là-dedans.
31:03Donc, comment elles vont faire collectivement pour inventer quelque chose ?
31:08Comment l'Afrique, puisque c'est ça qui nous occupe au premier chef,
31:11va faire pour, dans un partenariat avec l'Européen qui a fabriqué ce monde,
31:16arriver à s'en emparer, à trouver sa place, en fait, à trouver sa place.
31:19C'est pour ça que je disais, on pourrait parler de l'Asie.
31:21L'Asie, il paraît qu'il y a des études qui montrent que déjà,
31:23leur QI moyen est supérieur, mais au nôtre, il y a tout le monde.
31:27Donc, on voit qu'ils sont très, très bons pour se développer aujourd'hui.
31:30Les quatre petits dragons, on parlait de ça dans les années 90.
31:34L'Asie du Sud-Est a complètement décollé après les indépendances,
31:38parce qu'ils se sont emparés de quelque chose, ils ont trouvé leur place.
31:41Alors, ils vivent quand même dans un monde où les avions, c'est Boeing, c'est Airbus.
31:46Donc, mais petit à petit, on va peut-être dire qu'il y a quelque chose qui se produit.
31:50– Merci Bertrand Dussigny d'avoir accepté notre invitation.
31:55Votre ouvrage s'intitule « Les émeutes de l'envie aux sources du racisme anti-blanc ».
32:00Merci monsieur.
32:01– Merci.
32:02– Sous-titrage Société Radio-Canada
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