- il y a 2 jours
"L’Allemagne fut ma grande espérance, elle fut mon grand désappointement" : cette phrase du général De Gaulle signe une déconvenue qui sera celle de toute une génération, et même de plusieurs ; il est impossible de "faire couple" avec l’Allemagne attendu que le monde germanique, comme d’ailleurs l’ensemble scandinave est déjà marié avec l’univers anglo-saxon (Royaume Uni et Etats-Unis) selon des liens autrement plus solides et plus anciens. Au reste, Angles, Jutes, Saxons, venus du Nord du continent, principalement germanique, ne constituèrent-ils pas, aux premiers siècles de notre ère, l’apport majeur du peuplement de la Grande Bretagne ? C’est au point que le "pangermanisme" fut théorisé par un Anglais, Houston Chamberlain, qu’admira tant Hitler - comme il admira l’une des plus marquantes figures de la modernité anglo-saxonne, Henry Ford. Nous retrouvons ici, pour une quatrième et dernière conversation, l’historien Eric Branca qui, dans un livre décisif "L’aigle et le Léopard", retrace minutieusement les liens privilégiés, mais rarement pris en compte, qu’entretiennent l’Allemagne, le Royaume Uni et les Etats-Unis, trop souvent réduits aux sympathies du roi Edouard VIII avec Hitler et les dignitaires du Reich. Ces liens, montre Branca, étaient en réalité ceux des trois quarts de la gentry anglaise, mais aussi d’idéologues populaires du Parti Travailliste en des Syndicats britanniques, d’où la politique d’apaisement que la France eut grand tort de suivre dans les années 30, la laissant démunie devant l’Ogre. Surtout, cette connivence des puissances du Nord s'est sans cesse traduite par une constante politique d’aide financière et économique, par exemple celle des banques britanniques pour assurer dès 1918 la reconstruction de l’Allemagne - puis après la Seconde guerre, celle des grandes banques et industries états-uniennes pour reconstruire la puissance de l’Allemagne vaincue, puis de l’Allemagne fédérale. Hitler multiplia en retour les gestes en faveur de Londres, de l’arrêt mystérieux de ses troupes en Artois, en juin 1940, pour permettre aux armées britanniques le rapatriement de Dunkerque à la mystérieuse affaire Hess censée préparer une paix séparée, jusqu’à l’alliance sans tache de Washington et Bonn puis Berlin jusqu’au XXIème siècle. La France fut souvent dupe et victime de cette profonde unité, raciale et culturel de l’univers "White-Anglo-saxon-protestant" qui constitue en somme le cœur de l'Occident - un Occident auquel il n’est pas sûr que la France, puissance latine ouverte à tous les ensembles civilisationnels du monde, ait de si bonnes raisons de vouloir obstinément appartenir…
Catégorie
📚
ÉducationTranscription
00:05Musique
00:24Alors mon cher Éric Branca, nous revoilà pour la suite de nos aventures,
00:28une quatrième émission, vous le valez bien comme on dit, parce que...
00:33Si vous le dites.
00:34Vous avez publié beaucoup de livres, on ne peut pas passer autant de temps que nous l'avons fait.
00:38Dans la précédente émission, on consacre un très grand livre, je le redis,
00:42De Gaulle et les grands, qui est maintenant en poche, me dites-vous.
00:45Absolument.
00:47Tant mieux, tant plus.
00:48Parce qu'il est paru pendant la Covid et donc il a été un peu court-circuité, mais c'est
00:51un livre majeur.
00:52Et peu de temps après, De Gaulle et les grands, vous publiez presque un livre par an.
00:59À peu près, oui.
01:00C'est incroyable.
01:01Vous travaillez tout le temps.
01:02Mais beaucoup.
01:04Pourtant, on vous voit un peu sur les écrans maintenant, à Omerta.
01:07Grâce à vous.
01:09Toxin.
01:10Toxin, bien sûr.
01:11Toxin.
01:11C'est une émission hebdomadaire.
01:12Toxin.
01:12Moi, je cite tout le monde.
01:13Je ne veux pas d'esprit de paroisse entre les instruments de réinformation des Français.
01:19Il faut qu'on se tienne les coudes.
01:21Bon.
01:22Bravo aussi pour votre émission régulière sur Toxin.
01:26Et vous arrivez, malgré tout, encore à écrire.
01:29L'aigle et le léopard.
01:31Ça, c'est plus récent.
01:32C'est 23.
01:34C'est un livre encore énorme, d'ailleurs.
01:37On en a pour son argent, si je puis dire.
01:39Il fait 500 pages, à peu près.
01:43Relations, liaisons dangereuses, écrivez-vous, sur la couverture entre l'Angleterre et le Troisième Reich.
01:49Après, j'aimerais qu'on dise quand même un peu la République est l'imposteur.
01:52C'est presque la suite.
01:54Qui est la suite.
01:56Mais alors là, on voit toute une période, parce que ce n'est pas simplement le Troisième Reich, en réalité.
02:00Il y a une petite faute sur la couverture.
02:01Entre l'Angleterre et l'Allemagne, entre 1918, vous savez, la Grande Guerre de Goldie.
02:09Je ne sais pas si vous avez lisé ça.
02:10De Goldie, au fond, il n'y a eu qu'une guerre.
02:12C'est 1445.
02:14C'est la nouvelle guerre de 30 ans.
02:15Comme il avait raison.
02:16Mais oui, c'est la même guerre.
02:17Et c'est tout au long de cette période que se dévoile, que se révèle quelque chose qui compte beaucoup.
02:25Encore aujourd'hui, c'est la connivence entre l'Allemagne, j'allais dire, et les anglo-saxons.
02:30C'est un peu bête, parce que l'Allemagne fait partie de l'arc anglo-saxon.
02:34Saxon, en tous les cas.
02:36D'ailleurs, la couronne d'Angleterre, elle est allemande.
02:38On les appelle aussi les cousins germains.
02:40Je les appelle aussi les cousins germains dans le livre.
02:42Les Windsors, ils ne sont pas Windsors du tout.
02:46Bien sûr.
02:46Ils sont saxes.
02:47Bien sûr.
02:48Saxe-Cobourg.
02:49Cobourg, oui.
02:50C'est-à-dire qu'on les a débaptisés.
02:52Ils se sont débaptisés en 1916.
02:54Parce que ça faisait mauvais genre d'être allemand en pleine...
02:57J'allais dire, Première Guerre mondiale, début de la Grande Guerre de 30 ans.
03:01Exactement.
03:02Donc, il y a des connivences presque...
03:04Il y a des connivences...
03:06Dynastiques.
03:07Dynastiques.
03:08Et puis derrière, raciales, on peut dire.
03:10Bien sûr.
03:10Parce que les Angles et les Saxons venaient de l'Est.
03:15Bien sûr.
03:16Et le pan-germanisme, j'essaie d'expliquer ça dans un chapitre introductif,
03:19le pan-germanisme n'est pas né en Allemagne, il est né en Angleterre.
03:25Sous la plume de Houston Chamberlain, qui n'a rien à voir avec le chambérelin des accords de Munich.
03:31Mais celui-là, c'est un racialiste pur sucre.
03:33Un racialiste pur sucre.
03:34Mais dites-nous un mot de ce Houston Chamberlain.
03:36Donc Hitler, alors il s'était marié, c'était un Anglais, qui s'était marié avec la fille de Wagner,
03:43fille illégitime de Wagner, et qu'Hitler considérait comme l'autre, il disait, l'autre évangéliste du Troisième Reich.
03:52Lorsqu'il est mort en 1924, Hitler a dit qu'il y avait deux évangélistes,
04:02qu'il y avait Arthur Rosenberg et John Huston Chamberlain.
04:07Donc c'est quelqu'un dont le livre, qui s'appelait Les racines du 19e siècle,
04:11était l'égal de la Bible nazie de Rosenberg, le mythe du 20e siècle.
04:16Ces deux livres étaient souvent d'ailleurs présentés ensemble dans les librairies allemandes des années 30.
04:22– Racialiste. – Ah mais totalement racialiste, plus encore même qu'Hitler.
04:26Parce qu'Hitler, à part l'antisémitisme, il n'a jamais, comment dirais-je, eu de doctrine là-dessus.
04:33Il était raciste, trans-germaniste, antisémite, mais il laissait aux autres le soin d'idéologiser tout ça.
04:42Et notamment Rosenberg et Houston Chamberlain.
04:46– Hitler admirait, et d'ailleurs je comprends mieux, parce que moi les liessages je ne comprenais pas très bien,
04:52et ça explique tant de choses.
04:54Pourquoi Hitler avait tout le temps gardé, dans tous ses bureaux successifs,
04:58une photo d'un autre de ses inspirateurs, lui aussi anglophone si l'on peut dire,
05:05qui est Henry Ford.
05:07– Henry Ford, bien sûr.
05:08– Il a été un admirateur d'Henry Ford.
05:10– Absolument, voilà. Mais pour en revenir au pan-germanisme,
05:12Houston Chamberlain était vraiment, était à l'origine du pan-germanisme,
05:17du pan-germanisme doctrinaire, je dirais, parce que vous avez eu évidemment tout le courant pan-germanisme
05:22sous Bismarck d'abord, puis Guillaume II ensuite, les Ratzel et les gens comme ça.
05:30Mais ce n'était pas une doctrine, tout était très lié à la géopolitique,
05:34et c'était un instrument de géopolitique, alors que là, c'était purement intellectuel.
05:39– Oui, purement intellectuel, mais avec des effets politiques immédiats,
05:44c'est-à-dire, on voit ça tout au long de ce livre, une connivence.
05:48– Bien sûr, alors cette connivence, vous avez parlé de la connivence dynastique,
05:52vous avez raison. – Et elle est financière aussi.
05:54– J'ai voulu dépasser ça, parce que vous avez évidemment l'histoire emblématique
05:59d'Edouard VIII et de Wallis Simpson, Wallis Simpson dont je démontre
06:03qu'elle était un agent nazi. – Oui, qui est cette femme,
06:07il faut le dire, tout le monde peut-être ne le connaît pas,
06:08qui a séduit le roi un peu bené Edouard VIII, au point d'en faire…
06:15– Un pion entre les mains d'Hitler. – Voilà.
06:18D'ailleurs, il y a une photo terrible qui explique qu'il a été déposé.
06:24Tout de même, les Anglais ont trouvé cette connivence un peu bizarre en 1936 ou 1937.
06:28– Oh, les Anglais, les services britanniques, les services secrets,
06:32le roi Georges V, peu avant sa mort, qui d'ailleurs provoque une enquête
06:38de la spéciale branch de Scotland Yard sur son fils, qui est le dauphin en même temps,
06:44parce que ce garçon dépense en quelques mois son budget de l'année.
06:53Et donc, il le fait suivre et il s'aperçoit qu'il est donc…
06:56– Entre les mains des amants.
06:58– C'est clairement à la colle avec cette dame Simpson qui partage…
07:04– Qui se dit américaine, mais qui est un agent du Reich.
07:06– Qui est américaine, exactement, et qui partage, on dirait aujourd'hui
07:11qu'elle est en colocation, c'est en colocation dans un hôtel particulier
07:18de Maïfère à Londres, avec la princesse Stéphanie de Hohenlohe, qui elle, est un agent allemand, nazi,
07:26et qui lui fait connaître Ribbentrop.
07:31Et Wallis Simpson a deux amants, un amant relativement officiel, qui est le duc de Dinbourg,
07:40le fils de Georges V appelé à devenir roi, et Joachim von Ribbentrop, qui est ambassadeur d'Allemagne à Londres,
07:49et qui deviendra le ministre des Affaires étrangères d'Hitler, bien connu, qui sera pendu à Nuremberg.
07:53Donc, vous voyez, si ce n'est pas un agent nazi, on ne sait pas comment ça s'appelle.
07:57– Donc, cette affaire… – Donc, la connivance dynastique, déjà, elle est énorme,
08:00elle va jusqu'à faire que Edouard Huit, le futur Edouard Huit, est pris en photo en faisant le salut
08:05nazi.
08:06– Bien sûr, et il passe son voyage de noces à Berchtosgaden chez Hitler.
08:10Enfin, pas tout à fait son voyage de noces, quelques mois après, puisqu'il se marie en mai à Paris,
08:15en France, en Touraine,
08:17et il va visiter Hitler, il fait un immense voyage en Allemagne au mois de septembre.
08:22Et on dit que c'est son voyage de noces, ce n'est pas tout à fait ça, mais il
08:24rencontre absolument tout le monde.
08:25Il fait des déclarations en faveur d'une alliance germano-britannique, etc., etc.
08:33Mais moi, j'ai voulu dépasser cette affaire qui est emblématique et qui fait la couverture du livre, parce que
08:38ça va beaucoup plus loin.
08:39S'il n'y a eu que les dynastes britanniques, finalement, ils n'ont pas de pouvoir.
08:43Mais c'est d'abord le monde de la banque, ça c'est très important, le monde de la finance
08:48anglo-saxonne.
08:50Mais s'il n'y avait eu que, je dirais que ça aurait été moins grave.
08:54Ça allait extrêmement loin dans la société britannique.
08:56Mais le cœur...
08:57C'est la banque.
08:58De tout ça, c'est la banque.
08:59Alors, parlez-nous de la banque.
09:00C'est la banque.
09:00Et notamment de la banque d'Angleterre, qui prend en main, dès 1919...
09:06Oui, oui, absolument, absolument.
09:08La reconstruction de l'Allemagne.
09:10Tout à fait.
09:11Évidemment, on voit bien le substrat.
09:13Il faut aider l'Allemagne à se remonter pour que la France ne soit pas la superpuissance du continent.
09:19Et puis, à partir de 1918, comme l'Allemagne a perdu la guerre et l'a perdu salement, on va
09:25aider l'Allemagne à se relever.
09:27Et on va l'aider, mais dès 1918.
09:30Dès 1918.
09:31Lloyd George, en 1918, dit qu'il veut faire payer les Allemands à l'unisson de Clemenceau.
09:39Il rencontre les Américains lors d'un week-end à Fontainebleau.
09:42Et le lundi, il explique à Clemenceau qu'il ne faut tout de même pas ruiner l'Allemagne parce que
09:47ça sera un bon client.
09:49Ensuite, les Américains...
09:49Donc, les Américains sont passés par là.
09:51Les Américains sont passés par là.
09:52Les États-Unis.
09:53Les Américains refusent de visiter les champs de bataille de la Marne lorsqu'ils viennent pour signer le traité de
10:00Versailles en 1919.
10:03Clemenceau, Poincaré, voudrait leur montrer quand même les destructions, etc.
10:06Ils refusent de visiter.
10:08Et puis, ils convainquent les Allemands de ne pas payer les réparations.
10:13Ils les payent en 1920.
10:14Ils les payent en 1921.
10:16En 1922, ils les payent plus.
10:17Alors, Poincaré occupe Larour pendant un an pour faire payer l'Allemagne.
10:23Et que se passe-t-il à ce moment-là ?
10:25La Banque d'Angleterre lance une guerre contre le franc.
10:31On spécule contre le franc avec les Américains pour faire en sorte que la France cède et évacue Larour, ce
10:38qu'elle fera l'année suivante.
10:39Et là, il faut parler d'une complicité qui est très peu connue mais sur laquelle j'insiste beaucoup,
10:44qui est celle entre le gouverneur de la Banque d'Angleterre, qui est Montague Norman, et Yalmar Schacht, qui est
10:51un personnage très important à ce moment-là,
10:54qui est le patron de la Reichbank et qui deviendra ensuite le ministre des Finances d'Hitler, qui, à partir
11:01de 1933, va orchestrer le réarmement allemand avec des fonds américains et avec des fonds britanniques.
11:09Et cette complicité, elle va très loin puisqu'il se trouve qu'en plus d'être le gouverneur de la
11:15Banque d'Angleterre, Montague Norman est le patron de la BRI,
11:18la Banque des Règlements Internationaux où, là, les Américains sont majoritaires.
11:22Et il est en plus le parrain des petits-enfants de Schacht. Donc c'est une complicité financière et presque
11:31familiale.
11:32– Amicale, familiale.
11:33– Presque familiale.
11:34– Mais je vous dis, c'est racial, en fait. Je trouve.
11:37– Et ce Schacht va même plus loin puisqu'il fait partie de ceux qui ont élaboré la fameuse pétition
11:47de fin novembre, début décembre 1932,
11:52de tous les banquiers allemands et des industriels allemands à tous les partis politiques de droite pour s'allier derrière
12:00Hitler.
12:00Et il est un des artisans du ralliement du grand patronat à Hitler du fait qu'ils ont soutenu quand
12:06il est devenu chancelier le 30 janvier 1933.
12:08– Pour rendre compte ce que vous dites.
12:09– Bien sûr.
12:09– C'est terrible.
12:12– Et ça, c'est absolument…
12:13– Avec d'ailleurs des chefs d'orchestre étonnants, comme l'ambassadeur des États-Unis à Londres, qui n'est
12:18autre que Joseph Kennedy.
12:19– Absolument.
12:20– Le père de la dynastie Kennedy, John et Robert, qui est alors totalement pro-allemand.
12:29– Totalement pro-allemand.
12:30– Et pro-nazi, on peut dire.
12:31– Et qui va même avoir, qui va presque être inquiété pour espionnage par Churchill.
12:38– C'est ça.
12:38– Car le chef…
12:40– Bien qu'ambassadeur.
12:41– Ça, c'est en 1940, 1941.
12:44Donc, l'Allemagne est neutre.
12:46Pardon.
12:46Les États-Unis sont neutres.
12:48Une puissance n'a pas encore déclaré la guerre à l'Allemagne.
12:50Mais l'Angleterre, elle se bat dos au mur, en 1940, contre les Allemands.
12:56La France est vaincue.
12:58Bon.
12:59Et donc, on s'aperçoit que des messages extrêmement importants,
13:03que Churchill et l'adresse à Roosevelt sont interceptés par l'ABVER, par les services secrets allemands.
13:09Et on s'aperçoit, en fait, que ça vient du chef du chiffre de l'ambassade des États-Unis à
13:16Londres.
13:17Et donc, ça va très très loin.
13:19Et d'ailleurs, Robert Kennedy va quitter l'ambassade des États-Unis à Londres très rapidement à ce moment-là.
13:27Et son chef du chiffre va être mis en prison.
13:29– C'est pas Robert.
13:30– C'est Robert Kennedy, oui.
13:31– Il s'appelle Robert.
13:32– Joseph Kennedy.
13:33– Joseph Kennedy.
13:35– Joseph.
13:35– Robert, c'est son fils, lui aussi assassiné.
13:38– Absolument.
13:39– Joseph.
13:40– Tout ça est absolument passionnant et d'autant plus que c'est très peu connu, cette amitié persistante
13:47qui dure très longtemps, cette alliance entre la Banque d'Angleterre et la Banque d'Allemagne,
13:53qui est suivie de contrats pour les industries américaines en Allemagne et dans l'Allemagne nazie.
14:00– Absolument.
14:02– L'industrie allemande est remontée par l'industrie américaine dans les années de France.
14:06– Absolument.
14:06Et grâce d'ailleurs à Chartres et à la manière qu'il a eu d'attirer les capitaux, c'était
14:10un génie.
14:11On l'appelait le sorcier de la finance.
14:13Alors, je rentre un peu dans les détails, c'est un peu trop compliqué à raconter,
14:18mais il avait mis au point des systèmes d'intégration croisée, d'interpénétration croisée
14:24entre la finance anglo-saxonne et la finance allemande qui ont permis vraiment à Hitler
14:30à se réarmer à peu de frais, à peu de frais.
14:34Et il était notamment derrière le fameux accord naval anglo-allemand de juin 1935,
14:4318 juin 1935, anniversaire de Waterloo.
14:45C'était par hasard, c'était assez fourbe, le moins qu'on puisse dire.
14:49Accord qui a été conclu dans le plus grand secret entre les Anglais et les Allemands
14:55pour faire que la flotte militaire allemande corresponde au tiers de la flotte militaire française.
15:02En fait, elle sera à peu près des deux tiers.
15:04Et ça, ça a été annoncé aux Français.
15:06Pierre Laval, qui était ministre des Affaires étrangères, à l'époque, l'a appris par la presse.
15:12Et ça a été annoncé un 18 juin.
15:14C'est un coup de poignard dans le dos, là, pour le coup.
15:16Absolument, absolument.
15:17C'est comme ça que la France s'est laissée embarquer à cause des Anglais
15:21dans une politique assez législante dans les années de France.
15:24Le Quai d'Orsay français, à part un grand bonhomme qui s'appelait Louis Barthoud,
15:28le Quai d'Orsay français était totalement à la remorque des Britanniques,
15:31y compris contre ses intérêts, comme le Quai d'Orsay l'a été à la remorque des Américains sur la
15:36quatrième.
15:36Il y avait un grand agent, c'est Alexis Léger, Saint John Perth,
15:39qui était secrétaire général inamogique du Quai d'Orsay.
15:44On ne faisait rien sans en référer aux Anglais.
15:49Lorsque Dallandier arrive au pouvoir en 1938 après l'Anne Flousse,
15:54il veut nommer quelqu'un complètement oublié qui s'appelait Paul Boncourt.
15:58Paul Boncourt était un politicien qui n'était pas meilleur que les autres à l'époque,
16:05mais qui était assez anti-allemand néanmoins et qui voulait réarmer.
16:09Et Paul Boncourt, il devait représenter, c'était un dissident du parti radical,
16:14il devait représenter une vingtaine de députés, guerre plus.
16:16Eh bien, le secrétaire général du Quai d'Orsay, Léger, est allé demander à son homologue britannique
16:23si on pouvait nommer Paul Boncourt, qui ne représentait rien, au Quai d'Orsay, ministre.
16:29Alors, je ne sais plus de quoi il devait être ministre, mais ce n'était pas un poste très important.
16:35Eh bien, les Britanniques ont refusé et Paul Boncourt n'a pas été nommé.
16:39C'était ça la France dans les années 30.
16:41C'est comme les États-Unis aujourd'hui qui ont droit de regard sur la composition des ministères, en fait.
16:45Ben voilà. C'était pas nouveau.
16:48C'était pas nouveau.
16:48C'était exactement la même chose.
16:49Et alors, on était dans une situation ancillaire vis-à-vis des Anglais.
16:53Oui.
16:53C'est ça.
16:55Ben, au fond, depuis le Chili plus ou moins, mais bon, le problème, c'est la Révolution française
17:01qui nous a rendus dépendants de l'étranger.
17:04Enfin, c'est mathématique.
17:05La France a été grande quand elle savait qu'elle était une puissance à elle seule.
17:10Et à partir de la Révolution française, il a fallu détruire cette puissance de l'intérieur
17:14et pour ça trouver des alliés et des alliés qui nous ont instrumentalisés.
17:18En montant que la politique soi-disant d'équilibre des Britanniques était en fait une politique
17:23de destruction de la puissance dominante en Europe.
17:26De la France.
17:26Et c'était la France, oui.
17:27Et alors, ce qui est le plus intéressant, enfin c'est pas le plus intéressant, mais
17:31c'est quand même assez piquant, c'est que Hitler les paye en retour.
17:34Hitler qui dira, d'ailleurs, j'ai cherché la phrase tout à l'heure à l'instant,
17:40le peuple germanique et le peuple anglais sont du même sang.
17:46Il dit exactement que ce sont deux peuples dans les veines desquelles coule le même sang.
17:51Absolument. Alors là, c'est un matériau qui est passionnant.
17:53C'est incroyable.
17:54C'est ce qu'on appelle le second livre.
17:56Tout le monde connaît Mein Kampf, mais on connaît très peu le second livre.
17:59Hitler.
18:00Le second livre qui aurait dû être publié en 1933, si Hitler n'était pas arrivé au pouvoir,
18:06était son programme de politique étrangère.
18:09Et donc, ce programme de politique étrangère, il était écrit.
18:11Pourquoi on ne le connaît pas ce livre ?
18:13On ne le connaît pas parce que Hitler a décidé que, comme il était au pouvoir,
18:17ce n'était pas la peine qu'il découvre ses batteries, donc il n'a pas voulu qu'on le
18:20publie.
18:20Et il a été retrouvé après la guerre et il a été publié,
18:24à Munich ou à Berlin.
18:26Enfin, pardon, non pas à Berlin.
18:28À Munich, je crois, en 1957 ou 58 ou 59,
18:32et traduit en France en 61.
18:34Je crois qu'il a dû faire 5000 exemplaires en tout.
18:38Pourtant...
18:38Mais il est passionnant parce qu'il doit faire 200 ou 300 pages, c'est un petit livre.
18:45Alors que Mein Kampf, c'est presque 800.
18:47C'est un petit livre.
18:48Et la moitié est consacrée à la Grande-Bretagne.
18:51Et là, toute la fascination d'Hitler pour la Grande-Bretagne apparaît comme ça.
18:55Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle Hitler n'a jamais compris,
18:58s'est heurté si fort au personnage de Churchill parce qu'il n'a jamais compris
19:03que Churchill refuse la main tendue que tout le reste de la classe politique britannique acceptait.
19:09– Y compris Chamberlain, l'autre.
19:11– L'autre, l'autre.
19:12– Celui qui est Premier ministre...
19:14– Alors je ne défends évidemment pas Chamberlain, mais Chamberlain n'a pas compris grand-chose à...
19:19– Oui, il n'était pas fait pour la politique étrangère.
19:21– Il n'était pas fait pour la politique étrangère.
19:22– C'était un tailleur...
19:23– Un grand ministre.
19:25Oui, un grand ministre des Finances.
19:27Lord Maire de Birmingham, c'est un conservateur, mais social,
19:30qui a fait beaucoup de choses pour Birmingham.
19:33C'est pour ça qu'il avait une cote immense
19:35et il pensait qu'Hitler qu'on pouvait l'amadouer.
19:38Il était un peu comme Trump dans ses rapports avec les autres États.
19:43Il pense que tout peut être négocié et négociable.
19:46Il était comptable, il avait redressé l'entreprise de son père.
19:48– Ça a été comptable, une entreprise textile ?
19:51– Il était comptable.
19:52Enfin, comptable, on dirait directeur financier.
19:55Personne n'est plus comptable, vous avez remarqué, ça n'existe plus.
19:58Tout le monde est directeur financier.
20:00– Comme les facteurs.
20:01– Et un peu d'inscripteurs.
20:03– Directeur financier de la boîte de son père,
20:05qui était une très grosse boîte, que son père avait failli ruiner
20:08et qu'il avait redressé spectaculairement.
20:10Et il avait redressé aussi les finances de la ville de Birmingham.
20:13C'est un personnage qui était pittoresque et très aimé.
20:17Et il pensait régler l'affaire d'Hitler en venu de boucher.
20:22Notamment, alors ça vous reconnaîtrez bien là les Britanniques,
20:24en lui promettant des choses qui ne lui appartenaient pas,
20:27c'est-à-dire une partie de l'empire colonial français.
20:30La première fois qu'il rencontre Goering,
20:32alors il ne le dit pas lui-même, il le fait dire…
20:34– Toujours sur le dos de la France.
20:35– Bien sûr, il le fait dire par…
20:37– Ça s'appelle l'Europe.
20:38– Son ministre des Affaires étrangères, Lord Halifax,
20:42qui est un grand chasseur, qui rencontre Goering dans son domaine au nord de Berlin.
20:47Et l'autre lui dit, mais on va vous donner tout ce que vous voulez,
20:51les Belges par exemple, les Français…
20:53Goering dit d'abord, mais ça ne vous appartient pas.
20:56Puis il dit, nous, nous ne voulons pas de l'Afrique.
20:59Nous ne voulons pas de l'Afrique.
21:00Vous pouvez donner toute l'Afrique à l'Allemagne.
21:03Ce qu'elle veut, c'est un empire en Europe.
21:05Et ça, c'est extrêmement intéressant.
21:07Car c'est à ce moment-là qu'Hitler va découvrir ses batteries
21:10et expliquer aux Anglais que non seulement il ne veut pas de leur possession,
21:14mais qu'il les garantira.
21:17Et que même s'il veut les accroître, l'Allemagne sera à ses côtés.
21:21– L'empire colonial.
21:22– L'empire colonial.
21:23– C'est-à-dire qu'il veut bien garantir l'empire colonial britannique.
21:26C'est ça l'échange.
21:27– Contre…
21:28– Contre…
21:29– Son expansion en Europe.
21:30– Son expansion en Europe, les Anglais ne bougeant pas,
21:33et vers les Slaves d'un côté et les Français de l'autre.
21:36– Et l'analyse d'Hitler, elle est très fine.
21:39Parce qu'Hitler, s'il n'avait été qu'une brute sanguinaire,
21:41il ne serait pas allé très loin, il était quand même très fin.
21:44Et il l'explique très bien dans le fameux second livre.
21:48– On le trouve, ce livre d'Hitler ?
21:50– Alors ça, vous le trouvez sur Ebay ou des choses comme ça.
21:53– C'est intéressant.
21:55– Moi, je l'ai.
21:56– Il faudrait l'éditer.
21:56– Mais il a été traduit en France, je crois, par Gallimard en 61 ou 62.
22:02Et il est paru en Allemagne 57-58.
22:05Il s'appelle le second livre.
22:07Et ça n'est que la politique étrangère.
22:09– Donc, le troc, c'est ça.
22:11C'est-à-dire, prenez toute l'Afrique que vous voulez, le monde entier, l'Asie.
22:15Mais moi, je veux mon empire, dit Hitler, je veux mon empire européen.
22:19– Voilà, européen, c'est-à-dire essentiellement à l'Est.
22:20– De Brest, de l'Atlantique à l'Amérique.
22:22– Voilà, alors la France, il voulait que la France soit rayée de toute influence.
22:27– Il voulait se venger, de toute façon.
22:29– Mais voilà.
22:29Mais pour lui, la France était morte, la Révolution française.
22:32– Il voulait la détruire jusqu'à, je crois, dans le bunker.
22:35Il dit, j'ai perdu la partie, mais la France ne s'en remettra jamais.
22:39– Absolument.
22:39– Sa victoire, c'est d'avoir foutu la France par terre.
22:42– Absolument.
22:43Il le dit dans le bunker.
22:44Enfin, ça, c'est une autre affaire.
22:46Restons-en sur les Anglais.
22:47Là où il joue assez fin, c'est qu'il voit bien que l'élite britannique,
22:52elle est prête à tout pour garder l'Empire.
22:54Parce qu'il sait que, sans son empire, l'Angleterre, ça n'est plus rien.
22:57Et de ce point de vue-là, Churchill est une anomalie de l'histoire britannique.
23:02C'est une anomalie, parce que tout son entourage,
23:05y compris au Parti conservateur, y compris au Parti travail,
23:08enfin, tout ce qui compte en Angleterre,
23:10pense que tout doit être sacrifié à la survie de l'Empire britannique.
23:13Et cette survie, Hitler la promet à la Grande-Bretagne.
23:17C'est très intéressant.
23:18– Et on voit quelque chose d'assez passionnant.
23:21Je ne sais pas, vous dénichez tout ça dans l'Aigle et le Géopard.
23:25Ils ont failli se rencontrer.
23:27– Alors, ils ont failli se rencontrer.
23:28– Ils étaient dans le même hôtel.
23:29– C'était notre chance, peut-être.
23:30– En 33, à Munich.
23:33Et il s'en fallait de peu qu'ils se rencontrassent.
23:36– Mais c'était prévu.
23:38C'était prévu.
23:38– Mais, Sursil voulait rencontrer Hitler.
23:42Il avait rencontré Mussolini.
23:43Il avait rencontré à peu près tous les grandes époques.
23:45Et c'est une période où il était…
23:47Il venait de quitter le gouvernement.
23:49Il est pour une longue traversée du désert.
23:51Puisqu'il ne reviendra…
23:53Ça se passe en 1932.
23:55Et il ne revient…
23:56Pendant l'été 1932.
23:57Et il ne revient au pouvoir qu'en 1949, comme lors de l'Amirauté.
24:04Et donc, il a beaucoup de temps.
24:06Il écrit…
24:06– Et en 1940, comme premier ministre.
24:07C'est surtout là où il compte.
24:08Et il se trouve que son fils Randolph, qui est journaliste, connaît très bien les Allemands.
24:14Et il est très lié à un personnage très important dont je parle un peu dans ce livre,
24:18et dont je parle beaucoup dans un précédent qui s'appelle « Les entretiens oubliés d'Hitler ».
24:23Ce personnage s'appelle Ernst Hansfangel.
24:26Il a un nom bien allemand, mais il est germano-américain.
24:30Et ce germano-américain, il est attaché de presse d'Adolf Hitler.
24:35Et c'est lui qui lui fait rencontrer justement beaucoup de financiers.
24:38– C'est-à-dire qu'un citoyen américain était attaché de presse d'Adolf Hitler.
24:41– Mais bien sûr, c'était son attaché de presse.
24:43Il était germano-américain.
24:44Sa mère était américaine, une vieille famille américaine,
24:49de la côte Est, et son père était un grand collectionneur d'art de Munich,
24:52qui a financé Adolf Hitler après le Putsch de Munich en 1923.
24:57Et Hans Fangel sert l'intermédiaire entre Hitler et Churchill via Randolph, le fils de Churchill.
25:05Et ils conviennent d'un rendez-vous à Munich, à l'auteur des 4 saisons à Munich,
25:12où Hitler a son quartier général.
25:14Le parti nazi a son quartier général.
25:16Et Churchill attend et Hitler ne vient pas.
25:19Et Hitler se dégonfle.
25:21Et pourquoi est-ce qu'il se dégonfle ? Parce que…
25:23Enfin, il ne veut pas se confronter à Churchill.
25:26Pourquoi ? Parce que Hans Fangel lui a dit, il va vous parler des Juifs.
25:32Il va vous parler des Juifs et il voudrait savoir pourquoi vous avez tant de haine contre les Juifs.
25:38Et ça, Hitler ne veut pas lui répondre.
25:40Et Churchill va même très loin, car il fait dire à Hans Fangel, et ça on le sait par les
25:45mémoires d'Hans Fangel,
25:46mais surtout par les mémoires de Churchill.
25:49Il lui dit, mais je comprends très bien que vous en ayez contre les Juifs, c'est votre droit.
25:54s'ils sont contre vous, si des personnalités juives en tant que telles sont hostiles à votre programme,
26:01vous ne les aimez pas, c'est votre droit.
26:03Mais en revanche, pourquoi ce racisme absolument primaire ?
26:07Quand il dit qu'ils doivent être… il ne dit pas qu'ils doivent être exterminés à l'époque.
26:10Il dit qu'ils doivent être chassés toutes les fonctions publiques, etc., etc.
26:14Donc ça va quand même très loin.
26:15Un camp, c'est de 25 ou 26.
26:16Quand même, bon.
26:18Et Churchill lui dit, donc je voudrais comprendre.
26:22Parce que Mussolini, lui, n'est pas antisémite, etc.
26:27Il était très très attiré par Mussolini, Churchill, dans les années 20.
26:30Il y a une correspondance.
26:32Alors là aussi, on pourra chuter là-dessus, c'est la chute de votre livre.
26:36Exactement.
26:36Les correspondances entre Mussolini et Churchill.
26:39Churchill va lui-même le faire brûler à la libération.
26:42Oui.
26:42Quand il était chancelier de Chiquier en 1927-28, il a prêté de l'argent à l'Italie, etc.
26:46Et donc il voulait, ça l'intéressait devant ses dictateurs.
26:49Et il n'était pas…
26:50Mais pourquoi Churchill voulait voir Hitler ?
26:52Il voulait connaître tout le monde.
26:53C'était quelqu'un qui voulait voir tout le monde.
26:55Et c'est Hitler dont on parlait.
26:57Il était quand même très proche d'arriver au pouvoir en 1932.
27:00Il voulait le rencontrer.
27:01Et Hitler s'est dénoncé.
27:02Si Hitler l'avait rencontré, peut-être que Churchill n'aurait pas été cherché.
27:06Et alors là, ce n'est pas très gentil pour Churchill, qui est un personnage absolument admirable,
27:10à qui nous devons beaucoup, nous en tant que Français.
27:12Un peu erratique par moments.
27:13Mais franchement, il était très sensible à la flatterie.
27:16Et le fait d'avoir attendu pour rien…
27:18Il a dû vider une bouteille de whisky avec sa femme, en attendant Hitler qui ne venait pas.
27:25Henschwengel faisait des allers-retours.
27:27Parce qu'Hitler était dans sa chambre d'hôtel.
27:30Il revenait là, mais il est au téléphone.
27:32Il y a des incidents avec les communistes.
27:35Il ne peut pas venir.
27:36Il regrette beaucoup.
27:37Il me dit de vous dire…
27:38Et en fait, il était là.
27:39Il était là.
27:40Il était à quelques encablures.
27:42À quelques mètres.
27:43Et donc, je pense que ça a changé beaucoup.
27:46Parce qu'après, Churchill est devenu d'une hostilité sans nuance, en vérité.
27:52Heureusement, parce que sinon…
27:54Etait-ce pour les bonnes raisons.
27:55Si Churchill avait été pleinement suétide pour Hitler après l'avoir rencontré à Munich…
28:01Voilà.
28:02La face du monde en eut été changée.
28:03Absolument.
28:03Puisque, comme je le rappelle, au moment de la chute de la France, en mai-juin 1940,
28:08le cabinet de guerre britannique est majoritairement acquis à une paix séparée entre l'Angleterre et l'Allemagne.
28:15Et Hitler le sait d'autant mieux…
28:16Bien sûr.
28:17Et que pendant des jours et des jours, il s'arrête de faire la guerre.
28:20Bien sûr.
28:21Sur la Somme, je crois.
28:22Devant Dunkerque.
28:23Devant Dunkerque, oui.
28:24Un peu plus au nord.
28:25C'est le fameux…
28:28Pourquoi Hitler s'arrête-t-il ?
28:30Parce qu'il est persuadé…
28:32Parce que…
28:33L'état-major allemand ne comprend pas.
28:35L'état-major.
28:36Mais Hitler dit « restez, ne bougez plus ».
28:38Ça s'appelle « Halsbeffel », l'ordre d'arrêt devant Dunkerque.
28:42Et là, le corps international britannique et les Français avec, sont totalement encerclés.
28:46Et donc le 28 mai, il donne l'ordre de s'arrêter.
28:49Rome, elle ne comprend pas.
28:50Rome, elle ne comprend pas.
28:50Personne ne comprend.
28:51Et en fait, c'est qu'il pensait que Sursuil allait tomber,
28:55que le comité de Sursuil était là depuis le 10 mai.
28:58C'est-à-dire même pas depuis 18 jours.
29:00Et il pensait que…
29:01Et il avait…
29:01Ses renseignements étaient les bons.
29:03Le comité de guerre britannique était majoritairement pour la paix.
29:07Et Sursuil-là, c'est là où Sursuil est très fort.
29:09C'est un bluff extraordinaire de sa part.
29:12Il ne s'oppose pas de front au comité britannique.
29:14Il dit « mais on va essayer de rembarquer à Dunkerque.
29:16Et puis, si on ne peut pas rembarquer, on verra ce qu'on fait ».
29:19Et là, il les embobine complètement.
29:21Parce qu'il rembarque et c'est réussi.
29:22Parce que c'est l'opération Dynamo qui est un truc stratégiquement extraordinaire.
29:26Enfin, tactiquement extraordinaire.
29:27C'est à feu pour la France, on dit par parenthèse.
29:29Puisque tous les bateaux de guerre britanniques,
29:33mais aussi tous les bateaux de plaisance, les yachts, les bateaux de pêche,
29:37vont affluer vers Dunkerque et vont rembarquer 400 000 Anglais avant les Français.
29:42Enfin, ils vont prendre les Français, mais enfin vraiment en dernier.
29:44Beaucoup seront faits aux pattes après.
29:47Et ça servira beaucoup la propagande de Vichy d'ailleurs,
29:51puisque beaucoup de Français seront abandonnés.
29:53Mais bref, dans ces cas-là, comme disait Danunzio, c'est l'égoïsme sacré.
29:57Et donc, il rembarque tout ce jour-là.
29:59Il se prolongera quelques jours plus tard à Mercier-le-Kébé.
30:01Et comme cette affaire réussit,
30:03le comité de guerre britannique suit l'opinion publique britannique
30:06qui accueille les rescapés de Dunkerque avec des fleurs.
30:09Et c'est la première victoire de sursuit qui n'est pas une victoire militaire,
30:13puisque les Anglais comme nous se sont fait ramasser pendant la campagne de France,
30:17mais qui est une victoire psychologique extraordinaire.
30:20Et là, Halifax, qui est le principal pro allemand du cabinet de guerre...
30:26Mais vous dites qu'il est majoritaire, Halifax.
30:28Qui est majoritaire, mais là, ils ne disent plus rien.
30:30Et là, sursuit, il devient l'idole des Britanniques,
30:33bien avant la bataille d'Angleterre, qui est pendant l'été qui suit.
30:36Et deux mois avant, c'est extraordinaire ce qui se passe.
30:40Je conseille un très bon film, un très beau film,
30:44qui s'appelle « Les jours sombres » d'un Britannique dont j'ai oublié le nom,
30:51et qui est...
30:53Alors, c'est très bien joué, c'est très spectaculaire,
30:56mais historiquement très rigoureux,
30:58parce que c'est fondé sur les PV du comité de guerre britannique.
31:00Et on voit comment, je suis en bobine absolument, tous les partisans de la paix,
31:04en disant, bon d'accord, on va peut-être faire la paix, mais attendons de voir.
31:07C'est essentiel, heureusement qu'il a réussi.
31:09D'ailleurs, c'est très bizarre, parce que pour nous,
31:13leur embarquement de Dunkerque était une catastrophe.
31:16Mais ça a eu un tel effet sur l'opinion britannique
31:19que ça a conforté la petite minorité,
31:23enfin, la minorité de résistants à l'Allemagne,
31:25et ça a cassé les pattes de la majorité des Britanniques
31:29et du cabinet britannique qui était favorable à une alliance,
31:33un traité de paix avec Hitler.
31:35– Et c'est pour ça que nous,
31:37nous, Français, beaucoup, à Churchill.
31:40Parce que si on était cynique, on dirait que les Anglais
31:45finalement ont tout perdu d'avoir gagné la guerre
31:48aux côtés des Américains,
31:49puisque effectivement, ils vont perdre leur empire,
31:52ils vont être endettés à vie vis-à-vis des Américains, etc.
31:55et deux puissances dominantes, ils vont passer à puissances secondaires.
31:58– Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
32:00Le PNB britannique est nettement supérieur au PNB français.
32:03– Aujourd'hui, oui, oui.
32:04Je parle de la situation en 1945.
32:06Et c'est pour ça qu'Hitler, rationnellement,
32:08était plus rationnel que Churchill, de ce point de vue là,
32:10et n'a pas compris pourquoi Churchill n'a pas cédé
32:13à ses propositions de paix.
32:15– Jusqu'au bout, il va croire à une paix.
32:17– Ah, jusqu'au bout.
32:18Et l'affaire Rudolf Hess, c'est ça aussi.
32:20– Alors, j'allais en venir à Hess.
32:21– C'est un piège extraordinaire,
32:23tendu par Churchill, l'affaire Rudolf Hess.
32:26Rudolf Hess était l'ami du duc de Hamilton,
32:31qu'il avait rencontré, qui était un aviateur comme lui,
32:34un grand héros de l'aviation.
32:35Ça a été le premier à monter au-dessus de l'Everest
32:38sans bouteille d'oxygène.
32:39Enfin, justement, avec une…
32:41sans bouteille d'oxygène, mais grâce à une cabine pressurisée.
32:44Donc, c'était vraiment un pionnier de l'aviation.
32:46Hess était un aviateur aussi.
32:49On parle tout le temps de Göring, mais Hess était un très bon aviateur.
32:52Et ils s'étaient rencontrés aux Jeux Olympiques de Berlin
32:54et ils étaient devenus inséparables.
32:55Et le duc d'Hamilton était vraiment un pro-nazi convaincu.
32:59Et Churchill avait fait surveiller le duc d'Hamilton et savait tout ça.
33:05Et quand Hess est embarqué dans cette affaire
33:14quand il prend un avion le 11 mai 1941 pour essayer de se rendre en Grande-Bretagne,
33:22que son avion en pas de descente tombe en pleine campagne, qu'il est arrêté, qu'il est reconnu, etc.
33:27Où allait-il ? C'est le duc d'Hamilton.
33:31Or, on savait…
33:34L'intelligence service savait depuis des mois qu'ils étaient en rapport.
33:39Et Churchill voulait faire croire à Hitler que son cabinet était près de tomber comme il était près de tomber
33:46en 1940.
33:47Et donc il avait dit à Hamilton, on sait que vous allez recevoir Rudolf Hess, vous allez le recevoir.
33:54Et Hamilton avait dit, ah mais non, il a dit, si vous allez le faire parce que sinon c'est
33:59la haute trahison.
33:59Et c'est la prison pour vous.
34:01C'était ça, Churchill.
34:03Extraordinaire.
34:04Et donc…
34:05La prison ou pire.
34:06Pourquoi veut-il faire croire à Hitler qu'il va tomber bientôt et que les pourparlers peuvent reprendre
34:16Et pour parler entre Berlin et Londres.
34:19Et qu'ils peuvent reprendre.
34:20Et que lui et même surçu, il n'y en a plus pour longtemps parce que la situation de l
34:24'Angleterre est dramatique à l'époque à cause de la guerre sous-marine.
34:27Elle est plus ravitaillée.
34:28Les Américains ne seront pas encore rentrés en guerre.
34:30Ils rentreront en guerre au moins décembre suivant.
34:33Et vraiment, la situation est dramatique.
34:34Quand l'Allemagne leur déclara la guerre, le final.
34:36Et il a envie qu'Hitler attaque l'Union soviétique.
34:38Et il a envie que l'Union soviétique entre en guerre pour être enfin soulagée et que l'Allemagne soit
34:43prise entre deux fronts.
34:44L'idée, c'est de le pousser.
34:45C'est de le pousser.
34:46À Barbarossa.
34:48Exactement.
34:48Se croyant libre à l'Ouest.
34:50Exactement.
34:51Et ça, la grande erreur stratégique de Hitler…
34:54Ah non, je n'ai pas compris ça.
34:55Pardon ?
34:55Vous l'écrivez dans l'Aix de l'Aéopard ?
34:57Bien sûr.
34:57Je ne me souviens plus de cette épisode à ma courte honte.
34:59C'est un piège de Churchill.
35:01C'était un tacticien absolument exceptionnel.
35:04Et on a aujourd'hui, je le publie d'ailleurs à la fin,
35:08Alors, toutes les pièces du dossier Rudolf Hess ne sont pas déclassifiées,
35:12mais celles qui concernent Hamilton le sont.
35:15Et on a la correspondance entre Hamilton et un très proche de Rudolf Hess,
35:21qui s'appelait Howe Chauffeur, fondateur de la géopolitique.
35:25Enfin, lui, c'était le fils du fondateur de la sorte de géopolitique de l'Université de Berlin.
35:30Et c'est lui qui servait d'interface entre l'aristocratie anglaise et…
35:34Il y en avait beaucoup, les interfaces entre nous.
35:36Et alors, lui, particulièrement, parce que c'est quand même chez Hamilton que devait atterrir Rudolf Hess.
35:42Je signale d'ailleurs que dans le nouveau conservateur, le premier nouveau conservateur de 2024,
35:48je ne l'ai pas sous la main, vous accordez un entretien fleuve à notre chère revue.
35:55Absolument.
35:55Sur ce livre, on en a encore plus que dans le livre d'une certaine façon.
35:59Mais donc, à la fin de sa présidence, De Gaulle est confronté à une complicité entre Londres et Berlin qui
36:07continue.
36:07C'est l'affaire Soames.
36:08C'est l'affaire Soames.
36:09Oui, oui.
36:10Est-ce que vous vous en souvenez ? Est-ce qu'on peut en parler ?
36:12C'est assez intéressant.
36:13Je n'en parle pas dans aucun livre parce que ça ne rentrait pas dans mon sujet.
36:18Enfin, moi, je me suis vraiment arrêté.
36:19Mais oui, mais c'est la continuité de la connivence entre Londres et Berlin.
36:24C'est vrai, c'est vrai.
36:24Qui a encore eu une illustration.
36:26Il y a quelques jours, on a vu Macron arriver comme un cheveu sur la soupe.
36:29Ah, mais c'était au sommet de l'OTAN à Munich où on a vu le chancelier...
36:36Alors, nous enregistrons, il faut le dire, à la fin février.
36:38Le premier ministre britannique plaisantait tous les deux.
36:43Au moment où Macron arrive un peu en retard sur la tribune officielle, va pour leur tendre la main,
36:48il ne lui décoche même pas un regard.
36:51Un regard.
36:51C'est absolument stupéfiant.
36:53C'est une humiliation effarante.
36:55Et encore une fois, une connivence.
36:56Alors l'affaire Soames.
36:57Du temps de De Gaulle, c'est De Gaulle qui faisait ça.
36:59Quand il avait...
37:00Il s'était été tourné d'une main tendue par Johnson.
37:03Au moment où il quittait l'OTAN et où Johnson avait considéré que c'était une trahison.
37:08De Gaulle avait refusé de lui serrer la main.
37:10Et c'était le chancelier de l'époque, Kissinger, qui lui avait pris leurs deux mains et qui les a
37:16fait relasser.
37:17Réconcilier.
37:18Et De Gaulle regardant ailleurs.
37:20On voit les mains d'ailleurs.
37:21De Gaulle qui se dérobe.
37:22C'est d'ailleurs le...
37:24Le...
37:24Le...
37:25Le Kissinger qui les...
37:25Oui.
37:27La couverture de l'édition de la main américaine en poche.
37:29On a choisi cette photo-là.
37:30Ah oui.
37:31Ben il est là d'ailleurs.
37:32Ah ben elle est là.
37:32On va la montrer.
37:33Elle est là.
37:34De Gaulle se dérobe.
37:36Mais le chancelier allemand veut absolument concilier Johnson et De Gaulle.
37:41Alors c'est pas le chancelier.
37:42J'ai dit une bêtise.
37:43C'est le président allemand qui s'appelait Lübcke.
37:45Lübcke.
37:46Mais c'est...
37:47Le président.
37:47Le fond de l'affaire est toujours le même.
37:49C'est-à-dire que les anglo-saxons veulent embringuer la France.
37:52Et c'est ça l'Europe en fait.
37:53Bien sûr.
37:53Dans leur alliance fondamentale.
37:56Absolument.
37:57Pour nous mouiller et pour nous...
37:58Pour nous prendre en étau quoi.
38:00Absolument.
38:00Et d'où d'ailleurs l'erreur sans doute qu'a faite Pompidou de faire entrer la Grande-Bretagne dans
38:05le marché commun.
38:06Et c'était ça le sujet de Soms.
38:07Il ne se comporte pas du tout en alliés les Allemands.
38:10Et De Gaulle à partir de fin 63 il le dit à Perfit.
38:13Et même il y a un conseil des ministres amusant.
38:14Bien sûr.
38:15On est complètement d'accord.
38:17Où couvre ce plein de l'attitude allemande très hostile envers la France.
38:21Et très amicale avec les Etats-Unis.
38:23Qui assure une fois de plus le relèvement allemand dans les années 50 et 60.
38:27Sous couvert d'Europe.
38:28Créé par l'ensemble de la même camarilla anglo-saxonne.
38:33Et couvre de mieux.
38:34Avec d'ailleurs une bande de nazis mis au pouvoir avec la complicité des Américains.
38:38C'est tout à fait extraordinaire.
38:39Ça c'est un autre livre encore y compris sur la 4ème République.
38:42Il s'appelle La République des imposteurs.
38:44Et en effet une complicité extraordinaire entre les Américains et les nazis à la libération.
38:48On pourrait en parler tant et tant.
38:50Il n'y a pas que le père de la bombe atomique.
38:54Donc j'ai oublié le nom.
38:56Qui était un bon nazi pursu.
38:57Qui est devenu responsable de la NASA.
38:59J'ai oublié son nom.
39:00Ah oui.
39:00C'est Von Braun.
39:02C'était le père des missiles.
39:03Pas d'un bombe atomique.
39:05Les missiles.
39:05Les missiles.
39:05Là vous en parlez dans les 300 jours.
39:07Vous voyez tous les russes juxtapos.
39:09Non mais j'en reviens à cette déclaration au Conseil des ministres.
39:12Coudemurville se plaint de l'attitude allemande qui n'est pas du tout conforme à l'esprit d'amitié.
39:16C'est un traité du 20 janvier je crois en 1963 signé un an plus tôt.
39:23Et il se demande comment faire pour faire revenir l'Allemagne dans les vues gaullistes.
39:30C'est à dire d'une Europe indépendante.
39:32Et de Gaulle tranche en disant avec l'Allemagne on traitera la question comme d'habitude par la guerre.
39:38Stupéfaction autour des premiers ministres.
39:40Mais vous remarquez qu'il joint le geste à la parole parce que à partir de 1964 ils ne misent
39:46plus tellement sur la coopération avec l'Allemagne.
39:49Alors quand on impute au général de Gaulle le couple franco-allemand qui n'a jamais été un couple.
39:53L'histoire du traité de l'Elysée c'est une forfaiture reconduite tous les ans.
39:58Quand on fait le traité de l'Elysée on fait quelque chose qui n'a jamais existé.
40:01C'est ça c'est ça.
40:02Et qui a été tué dans l'oeuf par le fameux préambule rédigé par Jean Monnet à la demande des
40:08Américains.
40:09Et d'ailleurs qui a comme vous le rappeliez conduit à l'éviction d'Adenauer.
40:13Et peut-être de Dina Shinsson qui était encore secrétaire d'Etat aux affaires étrangères à l'époque en 1963.
40:17Non il n'était plus en 1963.
40:18Mais pourquoi est-ce que Kennedy avait fait appel à lui ?
40:20Ça je ne sais pas.
40:22Parce qu'il était le secrétaire d'Etat de Eisenhower, d'un démocrate, d'un républicain.
40:31Donc je suis très étonné qu'il ait fait appel à Tchison.
40:34C'était une naïveté pour le coup de la part de Kennedy.
40:39Alors j'en reviens à l'attitude du général de Gaulle qui se défie de l'Allemagne très vite.
40:44Qui a compris en réalité l'évidence.
40:46C'est qu'on ne peut pas faire un couple avec un partenaire qui est déjà marié.
40:51Bien sûr.
40:52C'est ça.
40:52En fait le couple franco-allemand, il y a un des deux membres du couple.
40:57D'ailleurs on ne parle pas du tout du couple franco-allemand en Allemagne.
40:59Qu'est-ce qui a vraiment rendu fou les Américains ?
41:02L'Allemagne était mariée avec les Etats-Unis.
41:04Et les Anglais.
41:05Comme d'habitude.
41:05Qu'est-ce qui a rendu fou les Américains dans l'affaire du Très-Élysée mais aussi dans l'affaire
41:09du plan Fouché ?
41:10C'est qu'il était question, et ça on n'en parle jamais,
41:13il était question d'instituts de défense franco-allemands
41:16et d'un rapprochement avec à la clé le parapluie nucléaire français qui aurait été offert aux Allemands.
41:24Et ça les Américains ne pouvaient pas le supporter
41:26parce que ça veut dire que les Allemands s'affranchissaient de leur tutelle américaine.
41:30Oui, mais il y a une conjonction beaucoup plus forte et qui est indéracinable entre ces deux peuples.
41:35Et de Gaulle finit par le comprendre.
41:37C'est pour ça que le couple franco-allemand il abandonne assez vite.
41:39Puisque regardez ce qui se passe à partir de 1964.
41:43Toute sa politique étrangère, et ça, ça vaut pour aujourd'hui, 2026,
41:48si nous sortons de la gang franco-allemande, donc européenne, donc atlantique.
41:54Donc atlantique, tout est là.
41:55Que fait-il ? Il part en Amérique latine, au Mexique d'abord en 1964.
42:00Bien sûr.
42:00Puis ensuite, il visite 5 ou 6 autres pays dans un second voyage en 1964.
42:04C'est le grand large.
42:06Et après, on lance la francophonie.
42:08Et l'URSS, la Russie en 1965.
42:09Et après, on lance la francophonie en 1965, ni à mai.
42:13Je ne sais pas si vous avez beaucoup d'affection pour la francophonie et la politique africaine.
42:16Mais à mon avis, c'est une corde à notre arc beaucoup plus puissante que le coup franco-allemand.
42:20Et s'il fallait trouver quelqu'un en Europe, il faudrait plutôt choisir la Russie, ou l'Italie, et l
42:26'Espagne.
42:27Parce qu'il y a beaucoup plus...
42:28Vous voyez, il y a une affaire...
42:30Il y a même une affaire religieuse là-dedans.
42:33Car il y a beaucoup plus de connivences entre les latins et les orthodoxes.
42:38Les latins, les catholiques, les romains et les orthodoxes.
42:42D'où le voyage en Russie, parce qu'après...
42:46Très important le voyage en Russie.
42:47En 1966, il passe 3 semaines en Russie.
42:50Je crois, le général de Gaulle.
42:51Et lance quantité de coopération avec la Russie.
42:53Ah, ce n'était pas des voyages éclairs.
42:54Ce n'était pas des voyages.
42:55En Amérique latine, c'est 5 semaines.
42:57Oui.
42:58En 64.
42:59C'est stupéfiant en 64.
43:00Et là, il bombarde l'Empire directement de Gaulle.
43:03C'est la lutte contre le dollar.
43:06Enfin, en faveur de l'étalon or.
43:10C'est évidemment le discours de Phnom Penh.
43:12C'est l'embargo sur les armes à Israël.
43:18C'est le discours de Montréal, juillet 67, 23 juillet 67.
43:24Où il se fait insulter à la presse anglo-saxonne.
43:25Tout ça, c'est comme le discours de Phnom Penh.
43:28C'est des coups de boulets envoyés à cette espèce d'ensemble dont je répète qu'il est occidental.
43:35Il est à la fois allemand, germanique et anglo-saxon.
43:38Et je dois dire, pour abonder dans votre sens.
43:40Et la solution de secours pour la France, c'est le grand large à ce moment-là, comme aujourd'hui.
43:45Vous avez parlé de l'affaire du dollar.
43:47C'est très important parce que l'affaire du dollar, elle manque de réussir.
43:51Quand vous lisez le livre d'Alain Pratt, qui est absolument fondamental,
43:54qui est paru il y a très longtemps, qui est le conseiller économique du général,
43:57qui s'appelle « Les batailles économiques du général de Gaulle ».
43:59Il donne des chiffres que je n'ai jamais vus nulle part
44:02et qui sont de première main puisqu'il était à l'Élysée à ce moment-là.
44:06Et qui raconte qu'en 1968, il est vraisemblable qu'on ait vidé à peu près du quart les réserves
44:14d'or
44:15américaine de Fort Knox en demandant l'échange des dollars que nous possédions
44:22en lingots sonnant et trépuchants.
44:24De Gaulle avait envoyé le croiseur Colbert récupérer des lingots aux États-Unis.
44:29Enfin, c'est insensé.
44:30Et il avait été d'ailleurs surnommé « Goldfinger » par les Américains,
44:37comme « Goldfinger » dans James Bond qui veut cambrioler Fort Knox.
44:43Et donc en 1968, avant l'attaque lancée contre le franc en 1968 au moment des événements,
44:50De Gaulle avait été prêt de réussir parce qu'il avait embringué un peu les pays arabes,
44:55mais surtout sa grande idée, il n'avait pas renoncé complètement,
44:58c'était d'embringuer les Allemands là-dedans.
45:02Et les Allemands l'avaient évidemment refusé.
45:05Sauf que le ministre des Affaires étrangères qui s'appelait Willy Brandt,
45:11qui n'était pas rien, était assez proche des idées de De Gaulle de ce point de vue-là.
45:15Mais il n'avait pas eu gain de cause parce que c'était l'inefable.
45:18Kissinger, vous savez, le chancelier et l'ancien nazi qui avait été juflé par Bert Kassfeld à la télévision.
45:24Oui, parce qu'il avait été un nazi actif, et qui n'en devient pas même chancelier d'Allemagne.
45:30Oui, on l'avait surnommé Goebbels à l'étranger.
45:33Et qu'est-ce que fait Kissinger ?
45:35Les dirigeants allemands sont des nazis recyclés à ce moment-là.
45:39Non seulement il avait refusé que l'Allemagne prête ma forte à cette politique,
45:44mais il avait prévenu les Américains en leur disant voilà ce qu'il a dans la tête.
45:48Et voilà, encore une fois.
45:48C'est quand même très intéressant.
45:50Donc ça abonde dans votre sens.
45:51C'est pour ça que je n'écris pas de roman, d'abord parce que je ne serais certainement pas
45:54doué pour le fait,
45:55mais parce que je trouve que la réalité dépasse très souvent la fiction.
45:58C'est terrible.
45:59L'histoire de la rencontre manquée entre Churchill et Hitler, effectivement, on l'inventerait.
46:05D'ailleurs, je n'y ai pas cru moi-même.
46:06Je l'ai d'abord lu dans les mémoires de Hans Vangel.
46:09Et puis ensuite, je suis allé dans les mémoires de Churchill et il le raconte de la même manière.
46:13Ou peut-être qu'il la déforme un peu pour ne pas montrer qu'il n'allait pas le voir
46:17pour rien.
46:17Bon, enfin bref.
46:18Alors, mon pauvre Éric, il y a bien d'autres livres encore.
46:23On ne fait que les nommés parce que, hélas, hélas...
46:25On en a un peu parlé dans une précédente émission.
46:27Trois fois hélas.
46:29La République des imposteurs, chronique indiscrète de la France d'après-guerre.
46:32Alors, c'est toujours pareil, le recyclage à partir de 1944.
46:35Et les sources un peu pourries de la IVe République et de l'Union Européenne.
46:39Absolument.
46:40En même temps.
46:41La République des imposteurs.
46:43La IVe République qui est un compendium de nos servitudes, de notre servilité.
46:49Et d'ailleurs, on y revient, bien entendu, puisque c'est la pente.
46:53Quittons-nous là-dessus, mon cher Éric.
46:55Merci beaucoup pour tout ce que vous avez dit et apporté.
46:59À bientôt.
47:00Sous-titrage Société Radio-Canada
47:02Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires