Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures
La guerre est-elle vraiment en pause… ou sur le point d’exploser ?

Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Élise Blaise reçoit Caroline Galactéros pour décrypter une situation géopolitique sous très haute tension au Proche et au Moyen-Orient.

Alors que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran est censé tenir jusqu’au 22 avril, la réalité est plus complexe : affrontement indirect, guerre des blocus dans le détroit d’Ormuz, tensions croissantes avec la Chine… et un Liban sous pression après une série de frappes israéliennes massives et une trêve bien fragile.

Donald Trump, multiplie les sorties contradictoires et laisse craindre une escalade dangereuse. Derrière les déclarations spectaculaires, quels sont les véritables objectifs américains ? L’Iran peut-il céder ? Israël prépare-t-il une recomposition durable du Proche-Orient ?

Dans cette émission, Caroline Galactéros analyse :
– Le blocus américain dans le détroit d’Ormuz et ses conséquences économiques mondiales
– Le rôle de la Chine et de la Russie face à la montée des tensions
– Les négociations entre Washington et Téhéran : issue possible ou impasse stratégique ?
– L’offensive israélienne au Liban et les enjeux autour du Hezbollah
– Les véritables rapports de force entre États-Unis, Iran, Israël et puissances régionales
– Le risque d’une crise économique majeure pour l’Europe

Une émission essentielle pour comprendre les logiques de puissance à l’œuvre et les conséquences concrètes de ces conflits dans les déséquilibres mondiaux.

Abonnez-vous et activez la cloche pour ne rien manquer de nos analyses et retrouvez Caroline Galactéros sur sa chaîne Guerre et Paix : https://www.youtube.com/@cgalacteros

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:04Générique
00:14Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du Samedi Politique.
00:19Une fois encore, nous allons tenter de comprendre ce monde en pleine bascule.
00:24Les guerres au Proche et au Moyen-Orient sont actuellement en suspens
00:27depuis les négociations infructueuses d'Islamabad et en attendant les prochaines.
00:31Iran et Etats-Unis s'opposent à coups de blocus dans le détroit d'Hormuz.
00:35Un affrontement qui tend bien sûr les marchés et qui commence à énerver un petit peu la Chine.
00:40On va le voir dans un instant.
00:41Et puis du côté libanais, bien sûr, le cessez-le-feu est précaire.
00:44Israël a toutefois accepté jeudi d'ouvrir des pourparlers.
00:48Alors sommes-nous proches de la sortie ou au contraire à l'aube d'une crise économique ?
00:52Eh bien c'est ce que nous allons voir dans un instant.
00:53Mais n'oubliez pas avant, le petit coup de pouce.
00:55A tout de suite.
01:07Et à mes côtés aujourd'hui, Caroline Galactéros.
01:09Bonjour madame.
01:10Bonjour Élise.
01:11Merci beaucoup d'être à nouveau avec nous.
01:13Vous êtes docteur en sciences politiques, géopolitologue, présidente du think tank Géopragma.
01:17Et puis bien sûr, on peut vous retrouver sur Paix et Guerre,
01:20cette chaîne YouTube qui réunit bientôt 150 000 abonnés.
01:23Donc chers amis, si vous voulez davantage d'analyse de Caroline Galactéros,
01:27filez, vous abonnez tout de suite sur Paix et Guerre.
01:29Alors Caroline Galactéros, le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran est prévu jusqu'au 22 avril en théorie,
01:35approximativement en fonction des fuseaux horaires.
01:37De nouvelles discussions semblent imminentes à Islamabad, encore une fois, au Pakistan.
01:42Pensez-vous qu'elles feront naître une véritable sortie de crise ?
01:46Et pensez-vous même que ces négociations vont avoir lieu ?
01:50Il n'est pas impossible qu'elles aient lieu.
01:53La sortie de crise, ça c'est quand même très très optimiste.
01:58On pourrait penser qu'il est de l'intérêt des États-Unis de sortir rapidement de ce désastre
02:05dans lequel ils se sont engagés aux côtés d'Israël.
02:09Mais c'est compter sans les réflexes, les élans et les excès du président américain
02:20et de ceux qui l'entourent et qui s'imaginent encore que leur vision de la négociation,
02:25qui est quand même très particulière, qui consiste à exiger des pourparlers,
02:32les demander, tout faire pour qu'ils arrivent.
02:34Et puis une fois qu'on est en train de soi-disant faire des pourparlers,
02:38tout faire pour qu'ils capotent, en fait, les saboter méthodiquement,
02:42parce qu'ils ont des positions de départ qui sont combinatoires,
02:47qui sont léonines, qui sont en fait simplement de demander toujours la capitulation
02:52à la partie d'en face quand elle est en bonne position, en fait,
02:57contrairement à ce qu'on raconte ou ce que beaucoup racontent,
03:00quand elle est en bonne position dans le rapport de force.
03:02Donc là, on a le même problème avec l'Iran.
03:04– Ils ont voulu des pourparlers à Islamabad.
03:09Ils y sont allés.
03:11Bon, Vente s'était flanqué de Dupont et Dupont.
03:13Bon, très bien, comme d'habitude.
03:16– Kouchner et Witkoff.
03:17– Voilà, Kouchner et Witkoff, Witkoff et Kouchner, enfin bon.
03:21Mais en tout cas, il a passé sa vie au téléphone avec Trump,
03:24et peut-être d'ailleurs avec Netanyahou, qui sait,
03:27pour finalement, à un moment donné, couper court et repartir.
03:31Donc moi, je pense qu'on est dans une séquence
03:33où en fait les États-Unis tentent chaque fois le coup.
03:35Pendant ce temps, ils refourbissent leurs armes.
03:38Et il n'est pas impossible qu'on repasse à une phase plus active de ce conflit.
03:42– Vous parliez de Kouchner et Witkoff,
03:44mais J.D. Vence était aussi sur les négociations d'Islamabad.
03:48Quel rôle a-t-il joué ?
03:49– Alors, J.D. Vence, je pense que d'abord, il était sous surveillance étroite.
03:55C'est-à-dire, il était là en tant que vice-président.
03:58Bon, est-ce que c'est une manière de le casser ?
04:01Parce qu'il est quand même un potentiel sinon rival.
04:04Mais enfin, sur cette affaire iranienne, au départ, il n'était pas très allant.
04:08En tout cas, d'après ce qu'on peut comprendre.
04:11Bon, maintenant, il est rentré dans l'affaire avec les autres.
04:15Mais moi, je vois les deux acolytes
04:21qui n'ont strictement, décidément, rien de diplomate.
04:25Donc, comme ces gardes-chioumes.
04:29Enfin, ils sont là pour faire attention à ce qu'il dit, etc.
04:33Il dirige formellement.
04:35Il dirige formellement.
04:36Et c'est peut-être encore lui, d'ailleurs, qui sera envoyé là.
04:39Mais si, à la fin, c'est toujours, les Iraniens ne veulent pas…
04:42Parce qu'en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que les positions des Iraniens
04:47et des Américains, telles qu'ils les proposent, sont absolument inconciliables.
04:53– Bien sûr.
04:53– Donc, d'abord, un, il faudrait négocier de bonne foi.
04:56Parce que c'est un peu le problème, quand même.
04:58Les Iraniens ont été échaudés par un certain nombre, au moins en juin dernier.
05:03Et là, le 28 février, puisqu'on était en plein milieu de négociations
05:08quand les attaques ont été lancées, évidemment, en toute connaissance de cause
05:12par les États-Unis et évidemment par Israël.
05:14– Je l'ai déjà dit ici, je me permets de vous interrompre,
05:16mais Jacques Beau parle de militarisation des négociations.
05:19Et en réalité, c'est vrai que maintenant, c'est devenu coutumier
05:23d'interrompre les négociations par les armes,
05:25comme si on emmenait les gens à la table des pourparlers
05:29pour les occuper à autre chose que de se préparer à la guerre.
05:31– C'est de la diversion, c'est de la diversion.
05:34Bon, je pense que les Iraniens ne sont pas dupes,
05:37je pense qu'eux aussi cherchent une sortie de crise,
05:41mais pas n'importe laquelle, c'est-à-dire une sortie de crise
05:44qui respecte leur souveraineté et qui respecte leur droit au titre du TNP,
05:50parce qu'enfin, quand même, c'est quand même pas les États-Unis
05:52qui font la loi internationale, ils font peut-être la loi,
05:54mais ils ne font pas la loi internationale.
05:56Donc, l'Iran au titre du TNP dont il est signataire,
06:01a le droit d'enrichir l'uranium, en fait.
06:04Donc, les Américains demandent qu'il n'y ait plus de du tout,
06:07parce que c'est le besoin ou l'exigence israélienne,
06:12qu'il n'y ait plus d'enrichissement du tout.
06:15– Ce qui veut dire pas non plus de nucléaire civil.
06:17– Voilà.
06:18Les Iraniens, eux, disent non.
06:23Ormouz, vous savez, c'est une autre histoire, on va en parler.
06:25– Bien sûr.
06:25– Les sanctions, les dommages de guerre,
06:29enfin, je veux dire, il y a des milliards et des milliards de destructions
06:33qui ont été faites depuis le 28 février.
06:37Donc, il faut bien comprendre quand même, il faut bien se souvenir,
06:39parce que là, on remet, quand j'entends un peu les informations ou les journaux,
06:46on a l'impression que tout ça, c'est…
06:47Voilà, enfin, on ne comprend pas pourquoi les Iraniens bloquent Ormouz.
06:51Ils bloquent Ormouz, en fait.
06:53Enfin, ils ne bloquent pas officiellement Ormouz, déjà,
06:55mais ils font le choix, ils font le tri.
06:57Pourquoi ? Parce qu'en fait, ils ont été attaqués.
07:00Il ne faut pas oublier qu'ils ont quand même été attaqués.
07:03Voilà.
07:03Donc, il y a une réplique qu'il faut comprendre.
07:06Ce n'est pas être pro-Iranien, ou encore une fois, ou anti, je ne sais quoi.
07:10C'est une séquence dans laquelle, je pense qu'ils souhaitent…
07:15Maintenant, si vous voulez, on leur a tellement fait le coup.
07:18Bon, ça fait 47 ans que l'Iran est sous sanction, ça c'est une chose.
07:21Du coup, ils ont construit leur autarcie, ça c'est toujours la même chose.
07:25– Mais ça, on se rappelle avec les sanctions contre la Russie en 2014.
07:29Eux, ça fait presque un demi-siècle, bon.
07:33Mais surtout, ils veulent que le paradigme change.
07:36C'est-à-dire, si ce n'est pas le statu quo hanté,
07:39qui était un statu quo hanté,
07:41où ils étaient toujours avec l'épée de Damoclès au-dessus de la tête.
07:45Voilà.
07:45Donc là, elle est tombée sur eux, ils se sont défendus,
07:49ils ont quand même tenu largement la dragée haute aux Américains,
07:52en l'état actuel, en tout cas.
07:54Alors évidemment, si après, on fait du carpet-bombim pendant des mois,
07:58on tue des millions de personnes, on détruit la civilisation persane,
08:03enfin bon, comme Trump le laisse entendre périodiquement.
08:08Voilà, on peut imaginer, oui, on peut peut-être détruire tout l'Iran, carrément.
08:13Est-ce que c'est une bonne idée ?
08:15Surtout que derrière, effectivement, il y a ses alliés,
08:18il y a les BRICS, il y a les véritables objectifs,
08:21il y a l'avenir de la sécurité au Moyen-Orient
08:24et de la stabilité au Moyen-Orient,
08:26et de savoir qui vont en être les garants,
08:30qui vont en être les parrains.
08:32Et là, Trump, pour moi, joue très gros.
08:35C'est un gros coup de dé qu'il a lancé, là.
08:37Parce que la Russie et la Chine sont aussi en embuscade, là.
08:41C'est évident.
08:42Et on en reparlera peut-être, mais il y a d'intenses pour parler.
08:45Il n'y a pas que ce qui se passe là.
08:47Si vous voulez, c'est toujours la même chose.
08:49Il y a un effet de loupe sur le conflit.
08:51Mais en fait, l'essentiel, si j'ose dire,
08:56en termes de structuration géopolitique,
08:58se joue ailleurs.
09:01En coulisses avec les diplomates.
09:02En coulisses avec d'autres.
09:03Quand vous voyez que le ministre des Affaires étrangères saoudienne,
09:10enfin, saoudien, des Affaires étrangères saoudienne,
09:13parle avec Lavrov.
09:14Il y en a dans tout.
09:16Il y a des projets chinois qui sont maintenant mis sur la table.
09:19Il y a des façons de dire,
09:21vous pouvez aussi prendre en main votre sécurité et votre stabilité.
09:26Nous en serons les garants, avec aussi la Turquie,
09:30avec aussi le Pakistan, etc.
09:32Il y a beaucoup de choses qui se jouent.
09:34Et là, les Américains,
09:36leur seule méthode, c'est taper à la masse.
09:40– Il y a une autre méthode aussi
09:41qui semble maintenant très utilisée par Donald Trump.
09:44C'est la méthode des déclarations
09:45qui sortent un peu de nulle part, à vrai dire.
09:47Et les dernières en date, c'est celle justement
09:49sur le fait que l'Iran aurait accepté
09:51de rendre l'uranium enrichi.
09:55Ce que, évidemment, Téhéran ne confirme pas du tout.
09:58– Oui, mais ça, c'est cette espèce de…
10:02Je ne sais pas, il essaie de pratiquer
10:04la prophétie autoréalisatrice, ou je n'en sais rien.
10:07Il s'imagine quand…
10:10Voilà, c'est toujours, c'est les vertus performatives,
10:14n'est-ce pas, de la parole.
10:15On s'imagine que ça va faire de l'action.
10:17On s'imagine que le narratif va produire du réel.
10:22Alors, déjà, il faudrait que les Iraniens
10:26aient accès eux-mêmes à leur uranium enrichi
10:29qui est, si j'ai bien compris, au moins partiellement
10:32enfoui sous les décombres des frappes américaines
10:36de juin dernier.
10:37Bon, et les Américains ont tenté une opération.
10:40Celle où ils ont perdu énormément d'avions,
10:43d'hélicoptères, de drones, etc.
10:45Ils ont tenté une opération, en fait,
10:48pour aller attraper cet uranium.
10:51Je ne sais pas comment ils ont dit.
10:51Au sol.
10:52Au sol.
10:53Ça a été un fiasco, là aussi.
10:56Il n'est pas impossible…
10:57On est certain de cette opération ?
10:59Ah ben, oui, parce que c'est l'affaire
11:02des fameux F-15 crachés,
11:05des pilotes qu'on est allés soi-disant sauver,
11:08sauf que tout le dispositif pour les sauver
11:11était quand même à 200 kilomètres de là.
11:13C'est un peu étonnant.
11:14Et en revanche, tout près, mais alors tout près,
11:17du centre de recherche iranien de Natanz.
11:21Donc, où se trouvent théoriquement
11:24ces centaines de kilos d'uranium enrichis.
11:27Là encore, uranium enrichi,
11:28il faut bien que vos auditeurs comprennent,
11:32on fait comme si, quand on parle d'uranium enrichi,
11:34c'était…
11:35La bombe nucléaire.
11:36La bombe nucléaire.
11:37Pas du tout.
11:38C'est de l'uranium enrichi, à ma connaissance, à 60%, celui-là.
11:42Donc, hautement enrichi, au-delà de ce qu'il faut pour le civil,
11:46puisque pour le civil, selon les types de réacteurs,
11:48je crois qu'on ne dépasse pas les 20 et quelques pourcents.
11:53Mais on est loin du grade militaire.
11:56– C'est plutôt autour de 95, 97, je crois.
11:59– Oui, on est très près de 100.
12:03Donc, là aussi, on fait comme si, là, on allait…
12:06Mais parce que Trump veut une victoire,
12:08il veut aussi peut-être se sortir de ce guépier
12:10avec quelque chose à montrer.
12:13Et que peut-il montrer ?
12:14Bon, ben, s'il pouvait dire, regardez…
12:16– C'est l'oreille du taureau, quoi.
12:17– Voilà, c'est ça.
12:18Voilà, voilà.
12:19Voir les deux, voir la queue.
12:20Enfin bon, essayer d'avoir quelque chose à montrer
12:22et de dire, regardez, je l'ai fait.
12:26Mais ce n'est pas si simple.
12:27– Je vous propose qu'on écoute à présent son acolyte,
12:30Pete Exet, le secrétaire à la guerre.
12:33Il évoque justement ce blocus, du blocus américain.
12:36– En attendant, et aussi longtemps qu'il le faudra,
12:39nous maintiendrons ce blocus.
12:40Un blocus efficace.
12:42Mais si l'Iran fait le mauvais choix,
12:44ils devront alors faire face à un blocus
12:46et à des frappes aériennes visant ses infrastructures,
12:49son réseau électrique et ses installations énergétiques.
12:57Bon, alors, qu'on comprenne bien.
12:59Quand la guerre a été déclarée très rapidement,
13:01l'Iran a bien compris que son centre de gravité,
13:03c'était le détroit d'Ormuz
13:04et qu'en filtrant les navires,
13:05l'Iran parviendrait à mettre une pression économique importante,
13:08notamment sur le trafic du pétrole,
13:12à ce que les Américains appellent donc blocus.
13:14Ils ont opposé un blocus avec l'échec d'Islamabad.
13:17Aujourd'hui, le blocus américain a-t-il une action ?
13:21– Alors, je ne pense pas qu'il est l'action qu'on lui prête, là encore.
13:26C'est-à-dire, il y a bien, si j'ai bien compris,
13:29quelques navires qui font demi-tour,
13:34mais en même temps, c'est une balle que Trump se tire dans le pied.
13:38C'est-à-dire, il essaie de montrer qu'il est capable
13:42de bloquer le détroit d'Ormuz,
13:45mais en fait, il est en train de bloquer véritablement
13:49tout le trafic international.
13:52Il est en train…
13:53En fait, c'est de l'escalade.
13:54C'est de l'escalade, comme d'habitude.
13:56C'est-à-dire, ces mesures visent toujours
13:59à faire monter, en fait, les enchères
14:01pour avoir une victoire d'autant plus parfaite, selon lui.
14:07La réalité, c'est que maintenant,
14:09les Iraniens disent, écoutez,
14:10alors nous, on va bloquer Bab el-Mandeb avec les outils.
14:14Ensuite, il y a le détroit de Malacca.
14:16Alors là, Pitexest, toujours lui,
14:19passait directement de la salle de sport
14:22au secrétariat à la guerre.
14:23Le tatoueur, en passant par le tatoueur.
14:24Il y a des tatouages très intéressants aussi.
14:26Oui, bon, voilà, je ne veux pas le savoir.
14:28Je ne veux pas le savoir.
14:29Bon, donc, en tout cas, lui,
14:32il a reçu récemment son homologue indonésien
14:37en lui proposant de la coopération militaire.
14:40Alors, ce qu'il faut comprendre,
14:41c'est que là, c'est une autre artère
14:43très importante du commerce maritime mondial.
14:47C'est le détroit de Malacca,
14:48entre l'Indonésie et la Malaisie.
14:53Et pendant qu'il fait ça,
14:56il ne faut pas oublier que l'Indonésie
14:57est membre des BRICS
14:58et qu'elle a des discussions extrêmement actives
15:01avec les Russes.
15:02Donc là, on est en train, si vous voulez,
15:04avec ce contre-blocus, entre guillemets,
15:07de Trump,
15:08sauf que Trump, il dit que ça s'adresse à tout le monde,
15:10mais ce blocus, en fait, concrètement,
15:14ne se fait que vers les ports iraniens.
15:17Voilà.
15:18– Donc les alliés iraniens.
15:19– Voilà, donc les alliés iraniens.
15:20Mais il y a quand même des navires chinois
15:23qui, je crois, sont passés
15:24parce qu'il a peur de l'affrontement direct aussi.
15:26Bon, il ne faut pas oublier que dans 15 jours,
15:28enfin, dans le 13-14 mai, je crois,
15:31il va théoriquement parler avec Xi Jinping à Pékin.
15:36Donc il doit se passer des choses avant cette échéance-là
15:39ou alors elle sera reportée.
15:41Ça devait déjà avoir lieu fin mars.
15:43Bon, évidemment, avec la guerre, ça n'a pas eu lieu.
15:45– Bien sûr.
15:46– Mais ce qui est clair, c'est qu'on est en train,
15:48en fait, d'aggraver considérablement la crise,
15:51les enchères, les enjeux,
15:57le mécontentement,
15:59non seulement des alliés du Golfe
16:01qui après s'être fait taper sur leur territoire
16:04par les iraniens en réplique,
16:05mais ça, bon, tout ça, ils avaient prévenu,
16:07donc c'est assez clair,
16:10sont en train de se dire
16:12« Ouh là, mais ça ne se passe pas tout à fait comme prévu. »
16:15Il paraît qu'au départ, les Saoudiens avaient même dit aux Américains
16:18« Mais oui, c'est bien, continuez la guerre »
16:19parce qu'ils se sont dit « Super, on va en finir avec l'Iran. »
16:23– Moi, je crois, j'ai du mal à croire à ça,
16:26en revanche, ce qui est clair,
16:27c'est qu'aujourd'hui, ils ont un peu changé de ton
16:29et qu'ils discutent beaucoup
16:31avec les Pakistanais qui sont leurs alliés aussi,
16:35avec les Russes comme je l'ai mentionné,
16:37et donc l'enjeu, c'est vraiment la sécurité,
16:40la stabilité du Moyen-Orient
16:42et qui va avoir son influence ?
16:44Et les Américains prennent le risque de la perdre.
16:46– Bien sûr.
16:47– Parce que les Russes et les Chinois disent
16:48« Écoutez, mettez-vous tous ensemble,
16:51gérez votre problème de stabilité,
16:53et de sécurité, nous en serons les garants,
16:58nous vous aiderons, nous serons les parrains
16:59de cette initiative. »
17:01Donc les Chinois, là encore,
17:02comme sur la gouvernance mondiale,
17:04comme ils l'ont fait dès la fin de l'année dernière,
17:08en fait, je ne sais plus à quel sommet,
17:10avec les Russes,
17:14proposent en fait un autre type de jeu international.
17:18et ça, c'est la fameuse bascule qui en fait se poursuit
17:22et s'accélère au fur et à mesure que les Américains
17:25s'excitent, avec ou sans les Israéliens,
17:29mais s'excitent sur tout un tas de sujets en se disant
17:32« On va essayer de couper la Chine de ses moteurs de croissance,
17:35c'est-à-dire de ses fournisseurs énergétiques. »
17:39Mais la Chine, qu'est-ce qu'elle dit ?
17:40Elle dit « Moi, j'ai les terres rares,
17:41donc le tungsten, out,
17:44l'acide sulfurique, out,
17:48le titane, tu ne peux pas faire TF35 sans titane,
17:50ah ben, out. »
17:53– Il faut qu'il y a des mesures de rétorsion chinoise
17:54dont on parle très peu.
17:55– Ah ben, bien sûr, non, on ne parle pas, non, non.
17:58Les Chinois sont à la fois malveillants
18:00et incompétents, naturellement.
18:03Mais néanmoins, c'est quand même ça le grand jeu.
18:07Donc l'Iran est au milieu
18:09et l'Iran est essentiel,
18:11d'abord en termes symboliques,
18:14parce que l'Iran est en train de faire la démonstration
18:17comme la Russie l'a faite en son temps.
18:19Ce n'est pas le même type de puissance,
18:21ce n'est pas le même niveau de puissance,
18:22mais de faire la démonstration qu'il est possible
18:25de s'en sortir, en fait, de dire non.
18:29– De tenir tête.
18:30– De tenir tête, de maintenir sa souveraineté,
18:33de ne pas se faire faire de coups d'État,
18:36parce qu'ils ont quand même résisté à plusieurs tentatives.
18:39Alors oui, il y a eu des frappes de décapitation, c'est vrai,
18:42il y a tout un tas d'assassinés, là.
18:45Et même le fils de Ramenei, je crois, très, très diminué.
18:50Je ne sais plus, un œil, une jambe, enfin bon.
18:53Ah oui, c'est assez terrible, il a failli y passer, bon.
18:58Mais néanmoins, le pouvoir iranien a résisté.
19:03– Et l'État fonctionne.
19:04– L'État fonctionne, les gardiens sont toujours là,
19:07l'armée est toujours là, ça ne s'est pas retourné,
19:11les infiltrations n'ont pas porté leurs fruits suffisamment.
19:16Ce qui s'est passé en décembre, ce qui a essayé d'être fait en décembre
19:19et qui a donné lieu à des milliers de morts,
19:22mais qui ne sont pas tous du fait non plus des forces iraniennes.
19:26– On l'a vu d'ailleurs, Donald Trump a bien dit
19:28qu'il avait livré des armes aux manifestants.
19:29On retrouve un peu Maïdan.
19:31– Mais exactement, mais c'est toujours, c'est le même manuel,
19:34encore une fois, c'est toujours la même chose,
19:36on fait ça partout dans le monde.
19:38– Donc on reprend, alors Pagin, vous faites comme ça,
19:42vous payez, vous nourrissez des ONG, vous prenez des gens,
19:46vous les déguisez, vous les armez, vous les conseillez,
19:49vous leur donnez des moyens de communication, etc.
19:51– Bon, là, il se trouve que tous les Starlink
19:54qui avaient été infiltrés en Iran ont été neutralisés,
19:58je pense, grâce aux Russes, voilà.
20:02Et il se trouve aussi que les Chinois, même s'ils s'en défendent,
20:06aident à leur manière.
20:07Déjà, ils aident financièrement.
20:09– Bien sûr.
20:10– Parce que c'est ça, l'Iran est asphyxiée.
20:12L'idée américaine, très ancienne, c'est pas que Trump,
20:16c'est d'asphyxier l'Iran, c'est toujours la même chose.
20:19On asphyxie une société, on asphyxie une économie,
20:21on asphyxie un peuple.
20:23Bon, après, on explique qu'on veut le libérer,
20:27s'occuper de la liberté des femmes, blablabla, blablabla.
20:30Bon, très bien, mais enfin, concrètement, la femme.
20:34Et puis, on attend qu'ils se retournent.
20:35Là, il y a ce que certains appellent l'effet drapeau,
20:38c'est-à-dire que quand même, l'agression a été tellement énorme,
20:43tellement manifeste.
20:45Et puis surtout, il y a Israël derrière, ou à côté, ou devant.
20:48Enfin bon, donc ça, on peut dire qu'en Iran, quand même, il y a…
20:54– Une continuité historique.
20:55– Bah oui, il y a une très forte résistance, quand même,
20:58à l'idée de voir cette influence israélienne s'exprimer
21:02à travers un changement de régime, etc.
21:04C'est comme au Liban, d'ailleurs, voilà.
21:07Donc, on peut penser ce qu'on veut, on peut vouloir tout ce qu'on veut,
21:12mais la réalité, c'est ça.
21:13– Donc, ça a plutôt resserré la population.
21:15– Ça a resserré la population autour du pouvoir qui la défend,
21:18qui se défend et qui la défend,
21:21quel que soit, et c'est incontestable aussi,
21:24le fait qu'une partie de la population iranienne,
21:27sur 90 millions d'habitants,
21:30se passerait bien de la République islamique, si vous voulez.
21:33Mais ce n'est plus le sujet, en fait.
21:34– Évidemment.
21:35– Voilà.
21:35– On évoquait tout à l'heure les liens entre l'Iran et la Chine.
21:39Donald Trump, là encore, a fait une déclaration
21:41expliquant que la Chine avait consenti à cesser d'armer et d'aider l'Iran.
21:46A priori, Pékin n'a rien dit de la sorte.
21:48– Pékin n'a rien dit.
21:49Pékin ne dit pas non plus qu'il fournit d'aide militaire,
21:52mais je crois quand même qu'en matière de renseignements satellitaires,
21:59d'aide en fait, en termes de radar,
22:03en termes de capacité de voir loin, en fait,
22:07et de pouvoir anticiper les attaques,
22:09parce que c'est ça le sujet.
22:10Parce qu'évidemment, il y a un différentiel colossal
22:14entre les forces armées américaines, même aujourd'hui.
22:19et la défense iranienne, qui est essentiellement balistique,
22:23essentiellement, enfin, il y a une petite force aérienne,
22:26mais qui, bon, ne compte pas.
22:28La marine iranienne n'est pas non plus quelque chose.
22:31Et puis les Américains se sont fait quand même quelques frégates,
22:34là, au tout début.
22:35Il reste les speedboats, il reste les sous-marins,
22:38les petits sous-marins, les mini-sous-marins,
22:41qui peuvent faire des dégâts.
22:42– Et potentiellement des mines, là aussi, c'est un grand sujet.
22:44– Il reste potentiellement des mines.
22:45Alors ça, moi, les mines, je me demande comment il est possible
22:48de miner et puis de choisir les navires qui vont passer sur les mines.
22:52C'est-à-dire, voilà.
22:53– Il faut choisir le chenal.
22:54– Oui, c'est ça, il faut choisir le chenal.
22:58Bon, mais de toute façon, les Iraniens, je dirais,
23:03ont été cohérents.
23:04C'est-à-dire, ils ont dit, on ne bloque pas Hormuz,
23:08puisqu'ils en ont, au titre de la Convention internationale sur la mer,
23:13avec Omane, depuis très longtemps, la surveillance, en fait,
23:19le droit de surveillance et de contrôle.
23:21Pas de péage, évidemment.
23:23Mais là, ils sont dans une guerre, en fait.
23:27Donc, ce qu'ils ont dit, c'est, les navires qui travaillent
23:30pour nos ennemis, de près ou de loin, évidemment, ben non,
23:34ils ne passent plus, voilà.
23:35Et puis, ceux qui veulent passer, ben, ils doivent payer.
23:37Et d'ailleurs, ils doivent payer en yuan ou en renminbi
23:41ou en je ne sais quoi, mais enfin…
23:42– Ce qui n'arrange pas le dollar.
23:43– Ce qui n'arrange évidemment pas le dollar.
23:45Et là, on rejoint l'affrontement des titans,
23:48qui est en arrière-fond.
23:50– Bien sûr.
23:50Alors, ce qui est amusant, c'est qu'on a l'impression
23:54qu'une fois encore, on l'avait vu avec les droits de douane,
23:56quelque part, on avait l'impression que Donald Trump
23:57voulait surtout frapper la Chine.
24:00Moralité, les négociations, on l'a obligé à revoir sa partition,
24:05c'est le moins qu'on puisse dire.
24:07Et c'est essentiellement l'Europe qui a écopé des droits de douane
24:11plutôt toxiques, on va dire, pour son économie.
24:13Et là, c'est un peu pareil, puisque finalement,
24:15il y a le blocus du blocus.
24:16Et en réalité, les seuls navires que les États-Unis
24:19auraient intérêt sur le plan économique à arrêter,
24:22c'est les Chinois, et évidemment, ils n'osent pas le faire.
24:24– Non, parce que là, c'est l'affrontement ouvert.
24:26Donc là, et puis ce seraient des rétorsions très nettes
24:30sur tout un tas de chaînes d'approvisionnement de matières
24:33qui leur sont essentielles.
24:34– Mais ça, c'est les limites de la stratégie du bullying.
24:39Ça va avec les petits, mais avec les gros, si vous voulez,
24:42vous vous trouvez face à un autre bulldog en face de vous,
24:46vous pouvez… voilà, c'est plus facile à faire avec le Venezuela,
24:50c'est plus facile à faire avec les Européens même,
24:53c'est plus facile à faire avec même… enfin bon, le Groenland,
24:59voilà, la Chine…
25:02– Ça marche beaucoup mieux.
25:02– Et l'interpénétration des économies est quand même forte,
25:06enfin l'interdépendance en fait, des économies chinoises et américaines
25:11est très importante, d'un côté comme de l'autre d'ailleurs,
25:13d'un côté comme de l'autre.
25:14Donc en fait, ils doivent trouver un équilibre.
25:16Mais pour ça, il faut que les Américains sortent, à mon avis,
25:22je dis ça en tant qu'occidentale, je ne suis pas chinoise moi,
25:25je suis française, je suis européenne, voilà,
25:29donc il faut qu'ils sortent de cette posture mentale
25:34qui leur fait croire qu'encore aujourd'hui,
25:39il va leur être possible de dominer l'ensemble du monde,
25:43voilà, et que les gens vont se laisser faire en fait.
25:47Mais ça, c'est une vue de l'esprit quoi,
25:51au point où on en est, c'est une vue de l'esprit.
25:53Et moi, je vois tout ce qui se passe en fait,
25:55c'est une espèce de coup de sonde, ils essayent,
25:58ils disent, bon allez, on va encore essayer,
26:00on va remettre le dollar au centre,
26:03on va empêcher les uns de faire ci, on va empêcher les autres.
26:06Mais ça ne marche pas.
26:08Et chaque fois, les autres regardent, les autres grands,
26:11donc la Chine bien sûr et la Russie à sa manière,
26:15et leurs grands alliés,
26:18et se disent, bon voilà, ils leur répondent,
26:22et tous les autres, toutes les clientèles réfléchissent,
26:26ils se disent, bon…
26:28– Cette stratégie du fort au faible, quelque part,
26:30c'est ce dont on parlait avec Alain Juillet la semaine dernière,
26:32le politiste Bertrand Badic,
26:34je n'ai pas l'habitude de diffuser sur TV Liberté,
26:38mais pour autant, il donnait une interview
26:39qui était assez intéressante sur Off Investigation,
26:41et je vous propose d'écouter ces quelques propos.
26:42– On est dans une situation inquiétante,
26:46qui n'est pas prévisible,
26:48mais qui est probablement un paramètre très compliqué.
26:54Le paramètre, on pourrait le simplifier de la manière suivante,
26:58que se passe-t-il quand le faible découvre soudain
27:03que le plus fort n'est pas aussi fort,
27:07mais que le plus fort pour sa survie
27:09a besoin de donner des signes,
27:13même illusoire, de sa force.
27:15– Qu'en pensez-vous ?
27:21Vous partagez cette vision ?
27:24– Oui, mais je ne pense pas que les Iraniens découvrent
27:28que les Américains ne sont pas aussi forts
27:31qu'ils ne le pensent, si vous voulez,
27:33parce que la puissance américaine, quand même,
27:36est dans une phase de démonstration
27:40de la relativité de ses capacités depuis longtemps.
27:46Donc, bien sûr, il y a les postures,
27:48pardon, il y a les postures,
27:51il y a la geste, si vous voulez, impériale,
27:54qui, elle, continue avec Trump,
27:58mais là, on est même sortis, si vous voulez,
28:01cette espèce-là de logorée ultra-violente,
28:06ultra-désinhibée,
28:08il s'attaque même au pape maintenant,
28:10enfin, je veux dire,
28:12ça, ce n'est pas un signe ni de maîtrise,
28:15ni de contrôle,
28:18ni de puissance, à vrai dire.
28:20– Alors, certains disent que c'est une façon
28:22de déstabiliser, entre guillemets, l'ennemi,
28:25certains expliquent que Donald Trump sait parfaitement
28:28ce qu'il fait,
28:29que son programme se déroule exactement
28:31comme il l'entendait,
28:33est-ce qu'on peut avoir cette lecture aujourd'hui
28:36si on regarde sereinement ce qui se passe ?
28:39– Alors, il y a deux choses différentes.
28:43Penser que c'est du grand n'importe quoi,
28:46de l'improvisation totale, etc.,
28:48ça ne suffit pas à traiter le problème.
28:52Donc, oui, il y a des stratèges,
28:55je suis désolée,
28:56autour de Donald Trump
28:59et dans l'administration américaine
29:01et dans ce qui reste de Deep State,
29:03mais version républicaine,
29:07qui ont la Chine en ligne de mire,
29:12qui produisent des documents de stratégie,
29:15qui d'ailleurs rendent public
29:16de temps en temps quelques miettes,
29:18et qui se disent,
29:20ben oui, c'est assez logique,
29:21qu'il faut couper la Chine de tous les moteurs de sa croissance.
29:24Bon, il faut aller taper la Russie aussi
29:26sur toutes ses frontières,
29:27il faut déstabiliser tous les États
29:29qui peuvent lui servir encore de…
29:33pas de bouclier, mais en tout cas de protection.
29:35Bon, tout ça a un sens et tout ça existe.
29:41Là où ça ne va plus,
29:44c'est que tous ces gens s'imaginent
29:49qu'en face, l'autre n'a pas de stratégie,
29:52l'autre il est juste dans une espèce d'accueil
29:56de cette agressivité américaine
29:59et ne va pas réagir et n'anticipe pas
30:02et ne voit pas les choses loin.
30:04Enfin, les briques, ça date de 2000.
30:07On est en 2026.
30:09Ça donne quand même une idée, si vous voulez,
30:13de l'allonge stratégique en face.
30:17Voilà, premièrement.
30:19Deuxièmement, la méthode.
30:21La méthode, qui est une méthode strictement agressive,
30:27voire parfois un peu infantile,
30:31ne produit pas les effets escomptés.
30:33Enfin, on voit bien ce qui s'est passé en Ukraine.
30:35Je ne parle même pas de Trump.
30:36C'est le cas aussi des autres administrations.
30:38C'est d'autres modalités,
30:40mais c'est toujours la même chose.
30:42On va essayer de taper ce qui nous gêne,
30:44ce qui nous résiste,
30:45ce qui prétend à une alternative,
30:48ce qui veut aussi de l'influence,
30:50ce qui refuse de se laisser couper en morceaux,
30:53piller.
30:54Parce qu'en fait, c'est ça.
30:55Derrière, il y a quand même une logique de pillage,
30:57pure et simple,
30:58de domination, de contrôle, de pillage.
31:01Et c'est pour ça que l'objectif numéro un,
31:04c'était quand même le régime change.
31:05Et de ce point de vue-là,
31:06c'est un plantage numéro un.
31:09Voilà.
31:09C'est un plantage dans les grandes largeurs.
31:11Parce qu'il s'agissait de mettre au pouvoir en Iran
31:14des gens avec lesquels les Américains,
31:17comme les Israéliens, pourraient s'entendre.
31:18Et s'entendre pourquoi ?
31:20Pas pour libérer la femme iranienne.
31:22Enfin, il faut arrêter, quoi.
31:23Ce n'est pas le sujet.
31:24Le sujet, c'est le pétrole.
31:27Le sujet, c'est de couper l'axe entre la Russie et l'Inde,
31:32qui passe par l'Iran.
31:33Le sujet, c'est de couper l'axe entre la Russie, l'Iran et la Chine,
31:38qui est un des socles des BRICS.
31:41– Bien sûr.
31:42– Bon, c'est ça le sujet.
31:44Tout le reste, ce sont des écrans de fumée.
31:48Ce sont des écrans de fumée.
31:49Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de problème de liberté en Iran.
31:53Ça ne veut pas dire qu'il ne faudrait pas…
31:55– Ça veut dire que ce n'est pas ce qui motive les États-Unis à intervenir.
31:58– Évidemment, non.
31:59On ne déplace pas trois porte-avions pour ça.
32:01Je veux dire, bon, soyons sérieux.
32:04Donc, je trouve qu'on se moque des populations, en fait,
32:07si vous voulez, occidentales, en leur faisant croire.
32:11Mais c'est prendre des vessies pour des lanternes XXL, quoi.
32:15C'est vraiment…
32:16Donc, non.
32:18C'est beaucoup plus prosaïque, dur, brutal que ça.
32:22Mais, de toute façon, cette stratégie américaine…
32:25Donc, oui, Trump ne fait pas n'importe quoi, si vous voulez.
32:29C'est sa manière, en apparence très erratique.
32:35Et, OK, très bien, c'est un être imprévisible.
32:38Mais là, il devient prévisible, à force d'être imprévisible.
32:42Tout le monde comprend bien que c'est la surenchère permanente.
32:45C'est toujours plus, quoi.
32:47Ce n'est pas double down, c'est triple down.
32:49Enfin, ça n'arrête pas.
32:51Il ne sait plus quoi faire.
32:52Donc, il y a le blocus d'Hormuz, super.
32:54Donc, les autres répondent.
32:55Babel Mander, alors maintenant, c'est Malacca.
32:57Et on va faire quoi, à la fin ?
32:58On bloque toute l'économie mondiale, c'est ça l'idée ?
33:01C'est ça l'idée.
33:03– Et qui sont, justement, parce qu'on n'en a pas parlé tout à l'heure,
33:05mais ce blocage du détroit d'Hormuz et peut-être par la suite
33:10de Babel Mander, qui va en pâtir davantage, en fait, et plus ?
33:15– C'est l'Asie, c'est l'Asie, d'une certaine façon.
33:20D'abord, c'est la Chine, mais c'est aussi un certain nombre de pays.
33:24Et puis, c'est les pays du Golfe, parce que certes,
33:27ils ont la mer rouge, mais enfin, quand même.
33:29Et l'Europe aussi se sert là.
33:33– Parce qu'on a vu que Trump disait quelque part,
33:35moi, le pétrole, on s'en fiche parce qu'on en a en interne, etc.
33:38Mais enfin, bon, on a vu que son essence, elle avait quand même grimpé.
33:41Les Américains qui ont besoin toujours de faire des longs trajets en voiture,
33:43avec des grosses voitures très lourdes, d'ailleurs,
33:45c'est pas trop la politique parisienne.
33:47– Non.
33:48– Ils n'aiment pas, de coutume, payer très cher leur essence.
33:52Là, ça, c'est encore un point faible pour Donald Trump, pour les mid-terms.
33:56– Ah, mais c'est… Non, mais alors, ça, c'est un autre sujet.
33:59C'est dans quelle mesure le fait de s'être lancé dans cette attaque de vive force,
34:07unprovoked, je suis désolée, pour le coup, là, c'était en pleine négociation.
34:13– Oui, c'était pas une riposte américaine.
34:15– Non, mais voilà, c'est vraiment une attaque qui a été voulue,
34:19qui a été anticipée, qui a été préparée, qui a été sollicitée par Israël,
34:23mais à laquelle les Américains aussi…
34:27– It sounds good.
34:28– Voilà, parce qu'ils se sont imaginés,
34:31mais parce qu'il faut aussi savoir que Trump, très probablement,
34:35et c'est la même chose sur la Russie,
34:36on lui raconte quand même pas mal de bobards, quand même, dans l'ensemble.
34:42Donc, certes, il y a tout le Sigabart,
34:44et un certain nombre de gens qui ont essayé de le prévenir,
34:48y compris, d'ailleurs, son chef d'état-major, etc.,
34:52et lui dire, attention, attention, oh là là, oh là là,
34:55on n'a pas ce qu'il faut, on va être très short en interceptant,
34:59on va être très short en missy, on va être très short en ci,
35:01on va être très short en ça, ça peut dégénérer.
35:05L'Iran ne fabrique pas la bombe nucléaire, c'est clair, c'est net,
35:10il y a plein de rapports qui le disent, et pas que ceux de la IEA,
35:12même si Grossi a été un peu retourné à l'ultime fin,
35:18pour donner la petite pitch nette qui justifiait que.
35:22Donc, c'est une attaque, vraiment, pour éliminer un pays,
35:28c'est-à-dire pour casser un pays, pour casser ses liens
35:31avec les autres rivaux, les autres grands rivaux.
35:36Mais on lui raconte aussi des bobards,
35:39de la même manière qu'on lui explique que l'économie russe est en ruine,
35:44que les Russes ont des millions de morts,
35:47qu'ils perdent la guerre, qu'ils ont absolument…
35:50C'est ce qu'on lui a raconté quand il est arrivé quand même,
35:51il a dit je vais faire la paix, ça va être facile,
35:55je vais discuter avec Poutine, etc.,
35:56mais on lui a expliqué que la Russie était faible,
35:59on ne lui a pas dit qu'elle gagnait la guerre.
36:02À son rythme, à sa manière, en fonction de ses objectifs intérieurs, extérieurs,
36:08on en a déjà parlé.
36:09– Et avec des difficultés d'ailleurs.
36:09– Mais bien sûr, avec des difficultés.
36:13Et on ne parle même pas des sanctions.
36:15Sanctions ont quand même un effet.
36:17Je dis toujours, mais imaginez notre pays sous sanctions.
36:21– Mais il ne l'est pas, non ?
36:23– Non, mais si vous voulez, imaginez ça,
36:26imaginez que depuis des années, on soit sous sanctions économiques.
36:31Mais on en serait où exactement ?
36:33Donc il faut comparer ce qui est comparable.
36:35Donc on lui a menti sur la Russie et on lui a menti sur l'Iran.
36:39Et c'est sorti d'ailleurs, Netanyahou et d'autres autour de lui
36:45sont allés à Washington quelques jours,
36:49plus deux jours avant, le déclenchement des attaques, des frappes.
36:54Et ils lui ont dit, ça va très bien se passer, c'est bon.
36:58– Comme dans du beurre.
36:59– Comme dans du beurre, voilà.
37:00Ensuite, il y a les fantasmes américains qui sont des vieux fantasmes
37:04de la domination de l'arme aérienne.
37:07C'est-à-dire, on n'a pas besoin d'aller au sol,
37:09parce qu'au sol, ça se passe généralement mal.
37:12On n'a pas besoin d'aller au sol, on fait des frappes.
37:16Ça date d'il y a très longtemps, ça date de la première guerre du Golfe en 90-91.
37:21Le Kosovo, ça a été la même chose, etc.
37:23Bon, les résultats, on les connaît, ça n'a pas marché.
37:28Donc là, ils ont un problème aussi, c'est qu'à un moment donné,
37:33soit on détruit tout, parce qu'ils ont détruit énormément de cibles,
37:35ils ont détruit déjà toute leur liste de cibles militaires, soi-disant.
37:40– On se rappelle, dans les premiers jours, c'était des frappes vraiment massives.
37:44– Voilà.
37:44Alors donc maintenant, soit ils font des crimes de guerre de masse,
37:49c'est quand même ça la réalité,
37:51et ils se mettent à taper des objectifs civils,
37:53et quand Exède dit, on va taper toutes les infrastructures,
37:56c'est pas seulement, il y a toujours le même problème,
38:01de savoir si c'est dual, si c'est civil ou si c'est militaires,
38:05comme la Russie en Ukraine d'ailleurs,
38:07sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes, etc.,
38:10qui servent à l'armée effectivement,
38:11mais qui privent aussi les Ukrainiens concrètement d'électricité,
38:15de chauffage, etc.
38:17Bon, donc là, ils vont étendre à quoi ?
38:21Donc il a parlé des infrastructures,
38:23parce qu'il y avait aussi, il y a aussi une chose qu'il faut savoir,
38:26c'est qu'il y avait un tabou, il y avait deux tabous déjà.
38:29Déjà, on n'assassine pas les chefs d'État ou les grands leaders.
38:32– On ne les enlève pas non plus ?
38:33– On ne les enlève pas non plus,
38:35donc là, on est passé outre.
38:38Ça ouvre des perspectives à d'autres aussi éventuellement.
38:41– Soit dit en passant, il y avait quand même quelques années
38:43où on avait déjà vu qu'on avançait vers cela,
38:45parce qu'avec les assassins à cibler, peu importe de qui on parle,
38:48on se rappelle de Soleimani,
38:50on se rappelle évidemment des beepers du Hezbollah avec Israël.
38:53– Oui, mais moi je parle des chefs d'État.
38:55Parce que si vous tuez les chefs d'État, vous tuez le…
38:59– Le principe de négociation.
39:00– Oui, c'est fini.
39:03Il n'y a plus de diplomatie, il n'y a plus de négociation,
39:05il n'y a plus de dialogue, il n'y a plus rien.
39:06Donc après, quand vous expliquez,
39:07« Oui, j'ai besoin de talks »,
39:10on vous voit quand même arriver de très loin.
39:12Bon, donc il y avait ce premier tabou,
39:16et le deuxième tabou, ça y est, je l'ai perdu.
39:19– C'est une bonne chose.
39:19– Oui, le deuxième tabou, c'est qu'on…
39:25Je l'ai perdu.
39:26– C'est les infrastructures…
39:27On a parlé des infrastructures civiles,
39:29et je me permets de rajouter le temps que vous…
39:30– Oui.
39:31– Ben voilà, vous savez.
39:33– Oui, le deuxième…
39:36Non, je l'ai reperdu.
39:38Je suis désolée.
39:39– Parce que vous parliez des infrastructures civiles,
39:41mais si jamais Exet, justement,
39:43et s'il décide de faire effectivement ce qu'il prévoit,
39:46c'est-à-dire les infrastructures civiles électriques,
39:49qui aussi acheminent l'électricité des infrastructures civiles, de fait,
39:54l'Iran a déjà dit qu'elle riposterait sur les pays du Golfe,
39:57notamment sur les usines de dessalement.
40:00– Voilà, ça y est.
40:02Le deuxième tabou, ça y est.
40:06Le deuxième tabou, c'est évidemment concernant le Moyen-Orient,
40:11mais pas seulement, c'est qu'on ne tape pas les infrastructures pétrolières,
40:14les infrastructures énergétiques, voilà, pétrole, gaz, etc.
40:19Or, depuis l'Ukraine, avec Nord Stream, on s'en souvient,
40:23maintenant les Ukrainiens passent leur vie à essayer de taper
40:25les raffineries pétrolières russes.
40:27– On l'a vu avec Droujba aussi.
40:28– On l'a vu avec Droujba récemment, pour influer sur l'élection en Hongrie.
40:35– D'ailleurs, ils vont les réparer.
40:37– Ben oui, c'est marrant, c'est drôle, maintenant qu'il y a Peter Magyar.
40:42Donc, on a vu ça, et donc, si vous voulez, les tabous sautent.
40:49Effectivement, il y aura, si jamais, les Iraniens ont dit,
40:54mais nous, on tapera effectivement aussi vos infrastructures énergétiques.
40:57Et la désalinisation, dont le Moyen-Orient, est extrêmement dépendant.
41:02– Bien sûr.
41:03– Dépendant, forcément.
41:03– Là, c'est une crise humanitaire sans précédent.
41:06– Mais voilà, mais qui déclenche tout ça ?
41:08Pourquoi déclencher tout ça ?
41:09Pour le problème du nucléaire militaire en Iran ?
41:12Non, mais soyons sérieux.
41:14Ce problème, il a été réglé en 2015, ça s'appelait le GCPOA.
41:18– Trump en est sorti.
41:19– Trump en est sorti en 2018, sous pression israélienne.
41:24Donc, il faut arrêter.
41:26Le 28 février, il y avait des négociations qui avançaient,
41:30encore une fois, toujours vers la même chose.
41:32Mais que, j'allais dire, c'est comme l'Ukraine et les accords d'Istanbul
41:38et de Minsk, où en fait, tout était réglé.
41:43Il n'y avait qu'à juste signer, au lieu de relancer la guerre.
41:48Bon, on en est toujours là.
41:51– J'aimerais qu'on évoque aussi l'autre point de crise, évidemment, de cette guerre,
41:55parce que là, on a beaucoup parlé des États-Unis et de l'Iran,
41:57mais la guerre déclenchée concerne aussi beaucoup le Liban,
42:01sur lequel frappe Israël pour décapiter le Hezbollah.
42:06Néanmoins, les frappes concernent tout le sud-Liban,
42:09une partie de Beyrouth non négligeable.
42:10Il y a beaucoup de morts, déjà beaucoup de déplacés, bien sûr.
42:14Et avant de vous donner la parole, Caroline Galactéro,
42:16j'aimerais, une fois n'est pas coutume, qu'on écoute le général Yakovleff
42:20sur ce point qui est original.
42:22– Ah oui, oui.
42:22– L'Israël qui s'est enfermé dans ce spectacle actuel,
42:27ça, c'est un cas unique, oui.
42:31C'est nouveau pour moi.
42:33Enfin, c'est nouveau, ça fait 40 ans que ça dure.
42:35Mais l'idée folle, c'est, et si on comprenait un peu les autres ?
42:38Ils justifient tous leurs actes, y compris, de mon point de vue,
42:42les plus criminels, par leur souffrance.
42:44Le fait qu'ils ont souffert, donc il y a eu le 7 octobre,
42:47et il y a eu ce harcèlement du Hezbollah,
42:50et donc ça leur donne tous les droits.
42:52Moi, je prétends qu'Israël n'a pas le monopole de la souffrance.
42:56En revanche, Israël a le monopole de la violence, en gros.
43:00– Alors, que pensez-vous de ces déclarations particulièrement virulentes ?
43:10– Déjà, venant du général Yakovlev,
43:13qui quand même, sur le dossier ukrainien,
43:15nous a habitués à un niveau de…
43:19– D'analyse assez…
43:21– Oh là là, c'est dramatique, quoi.
43:24Bon, je pense que sur l'Ukraine et la Russie,
43:27tout a été désastreux depuis 4 ans.
43:29Là, là…
43:31– Cellule de dégrisement, express.
43:33– Oui, je ne sais pas, il s'est passé quelque chose,
43:35il ouvre les yeux, ou alors…
43:39ça le touche peut-être moins, personnellement, je ne sais pas,
43:42il a le regard moins biaisé.
43:44Je pense à d'autres qui, sur d'autres conflits,
43:46avaient aussi des problèmes,
43:49quand ça touchait, ceux qui les touchaient, eux,
43:51pour analyser, c'est-à-dire, ils n'analyseaient plus rien,
43:53c'était…
43:54– L'Arménie, l'Azerbaïdjan, au hasard ?
43:56– Oui, l'Arménie, l'Azerbaïdjan,
43:58ou déjà Israël, d'ailleurs, je pense à…
44:00Bon, bref, donc…
44:02Donc là, il est lucide, effectivement.
44:06Alors, est-ce qu'Israël a le monopole de la souffrance ?
44:09Oui, il se l'arroge, il n'y a que… ça, c'est vrai.
44:12Le monopole de la violence, je n'irai pas jusque-là,
44:16c'est quand même…
44:17C'est bien de faire des bons mots et des punchlines,
44:20mais, ouais, c'est un peu trop.
44:24Ceci dit, ce que fait, en ce moment, Israël au Liban,
44:27à la faveur, en fait, de l'attaque menée contre l'Iran,
44:36est terrifiant.
44:37Je ne vois pas très bien quelle peut être la réalité d'une…
44:43enfin, la possibilité d'un apaisement.
44:45Je pense qu'Israël veut prendre un morceau du Liban, tout simplement, voilà,
44:49au nom de la protection de ces populations du Nord, très bien.
44:54Mais enfin, c'est quand même jusqu'à preuve du contraire,
44:57le Liban est un pays souverain.
44:59Quant au pourparler, bon, il faut quand même se souvenir
45:02de ce qu'a fait Israël au Liban aussi dans les années 80.
45:06Je ne suis pas certaine que la population libanaise
45:09qui vit ce qu'elle est en train de vivre,
45:12et depuis longtemps déjà, soit prête à un accord
45:17qui, en fait, remette son pouvoir, sa souveraineté,
45:23pour partie à Israël.
45:24Mais je sais qu'il y a des plans de division du Liban
45:26en plusieurs parties, en plusieurs morceaux, carrément.
45:29– Un démantèlement, oui.
45:30– Un démantèlement, voilà, deux, trois parties, bon.
45:33– Donc, on est vraiment dans une phase très délicate.
45:38Alors, pour l'instant, Trump a besoin qu'Israël, entre guillemets,
45:41se calme ou fasse semblant de se calmer au Liban,
45:44parce que c'est la condition sine qua non
45:46qu'avaient déjà mise les Iraniens pour parler à Islamabad il y a huit jours.
45:51– C'est que le cessez-le-feu englobe le Liban.
45:52– Voilà, donc ça, c'est clair.
45:54Donc ça, quand Vance ou je ne sais qui dit
45:57« Mais non, les Iraniens n'ont rien compris », c'est pas vrai.
45:59Ça a été strictement acté, y compris par les Américains,
46:04en amont des négociations.
46:06C'est comme ça que les Iraniens ont accepté de se mettre à la table.
46:09Parce qu'il ne faut pas oublier ça.
46:11C'est-à-dire, les Iraniens n'avaient pas intérêt à se mettre à la table.
46:14C'est les Américains qui étaient en mauvaise posture militairement.
46:16Et Israël…
46:17– Donc c'est bien que l'Iran ne lâche pas le Hezbollah,
46:19contrairement à ce que l'avait évoqué peut-être la semaine dernière, Alain Juillet.
46:25Mais il ne faut pas non plus, à mon avis, surinterpréter,
46:31et ça, ça fait longtemps, le Hezbollah a aussi une forme d'autonomie.
46:38Bien sûr, il y a un soutien, mais il y a aussi une histoire du Hezbollah.
46:42Il y a une histoire de cette force au Liban, politique, militaire,
46:49dite de résistance, considérée comme, au contraire, totalement destructrice,
46:55qui a aussi, d'ailleurs, on peut lui faire des griefs aussi,
46:59par rapport à la société libanaise, par rapport à l'emprise qu'elle a eue sur cette société.
47:05Mais il y a eu aussi un grand soutien, et ça, on l'oublie,
47:10des populations chrétiennes ou d'une partie d'entre elles, au Hezbollah,
47:14parce que le Hezbollah était considéré comme protecteur des chrétiens contre Israël.
47:18Enfin, si vous voulez, c'est un imbroglio considérable.
47:26La simplification, moi, je ne la vois pas très bien.
47:29Je ne vois pas très bien, en fait, ce que peut faire le Liban aujourd'hui.
47:32– Et quand on voit, là, c'est pour parler, qu'il doit avoir lieu à la Maison-Blanche
47:36entre Israël et le président libanais, alors, évidemment, ce sont les autorités en place,
47:41mais on a le sentiment que le président libanais, malheureusement,
47:43il n'a pas grand poids sur le Hezbollah.
47:44– C'est pour ça, et c'est pour ça aussi qu'Israël explique que personne ne doit être là,
47:49qu'il faut le moins possible d'aide, y compris les Français,
47:53qui ont été éjectés aimablement, parce qu'en fait, Israël veut être en face à face.
48:01– Oui, si j'ose dire, mais il y a déjà eu une réunion la semaine dernière,
48:05il y a déjà eu des premières réunions à la Maison-Blanche,
48:07où les Américains étaient entre les deux, si vous voulez,
48:12et où il y avait Israël versus les Libanais.
48:19Donc, on demande à l'armée libanaise, qui est totalement impuissante,
48:24d'aller désarmer le Hezbollah.
48:27Ça, c'est encore des demandes qui n'ont pas de sens, en fait.
48:31Elle ne peut pas le faire.
48:33Donc, lui demander ça, c'est se mettre en situation de dire,
48:36ah ben, tu ne peux pas le faire, c'est que donc tu es en faute,
48:38donc je vais le faire à ta place.
48:40Voilà.
48:41On prépare toujours le stade d'après,
48:44qui est en fait un stade où on écrase la souveraineté,
48:51enfin, en tout cas, on n'a aucun respect pour les autres partis.
48:53La vie politique libanaise est extrêmement compliquée,
48:57c'est extrêmement corrompu, c'est extrêmement…
49:02Donc, c'est très difficile de savoir ce qui va se passer.
49:05Ce qu'il faut espérer, peut-être,
49:08c'est que le Liban soit l'un des bénéficiaires indirects,
49:12au moins partiels,
49:14et moi, je pense surtout aux populations,
49:15donc à l'arrêt de ces centaines et de ces mêmes milliers de morts,
49:21je crois, au Liban,
49:23faits par les attaques israéliennes,
49:26même si le Hezbollah tape fort aussi.
49:29Ils ont tapé des dizaines de chars israéliens,
49:32ils répondent.
49:34Et ils ont relancé, c'est vrai,
49:36c'est eux qui ont relancé,
49:38tout de suite après le début,
49:40des frappes américano-israéliennes sur Téhéran.
49:42Non, c'est eux qui ont relancé le front libanais.
49:45Bien sûr.
49:45On va même le dire.
49:46Mais ce qu'on peut espérer,
49:48c'est que s'il y avait, à un moment donné,
49:50si Donald Trump, à un moment donné,
49:52où les Américains comprennent
49:53qu'il est urgent pour eux de se sortir de ce guépier,
49:56parce qu'ils n'iront nulle part,
49:57parce qu'il y a une invasion au sol,
49:59et ils y songent,
50:01et ils y songent, certains y songent,
50:03ce serait une folie douce,
50:05mais ils y songent, quand même.
50:06Vous savez, c'est pas parce que les choses sont folles
50:08qu'il n'y a pas des gens pour les penser.
50:11Donc, on peut faire des bêtises.
50:14On peut faire des grosses bêtises
50:16que tout le monde considère comme nunanerie,
50:18mais on y va quand même,
50:19parce qu'on se dit à la fin,
50:21je dois le faire.
50:22C'est un peu ce qui s'est passé le 28 février.
50:24Voilà.
50:26Donc, si jamais les Américains, à un moment donné,
50:29considèrent qu'ils doivent se sortir de ce guépier,
50:32que, entre guillemets, les Chinois et les Russes,
50:35leur tendent la main,
50:36ou leur permettent de ne pas perdre la face,
50:38arrivent à contraindre un peu les Iraniens.
50:41Mais ça va être très compliqué,
50:42parce que les Iraniens veulent que les choses changent pour eux.
50:45Ils veulent sortir des sanctions,
50:46ils veulent sortir de cette espèce de rôle
50:50qu'on leur a donné aussi depuis 47 ans.
50:53Voilà.
50:55Il faut que ça change, maintenant,
50:57pour le peuple iranien,
50:58pour l'économie iranienne,
50:59pour la société iranienne,
51:00et évidemment pour le pouvoir iranien.
51:02Eh bien, à ce moment-là,
51:03peut-être que le Liban sera,
51:08sinon préservé,
51:09du moins épargné,
51:12dans le cadre d'un grand accord, si vous voulez,
51:15où ils pourraient éventuellement trouver,
51:16mais qui va être capable de faire ça ?
51:18Qui va être capable de tordre le bras à Netanyahou ?
51:21Voilà.
51:22Pour lequel, évidemment,
51:24la guerre doit durer,
51:25d'une manière ou d'une autre,
51:26et sur tous les fronts.
51:26Bien sûr.
51:27J'ai une toute dernière question
51:29pour terminer cette émission.
51:30Caroline Galateros,
51:31on a vu vous expliquer
51:33qu'Israël avait tout intérêt
51:35à essayer de garder le sud-Liban.
51:37On a vu les opérations
51:38qui consistaient à poursuivre
51:40la colonisation de la Cisjordanie.
51:42On a vu l'état dans lequel
51:44se trouve aujourd'hui Gaza.
51:45On a vu que le plateau du Golan
51:46n'était pas restitué.
51:48On voit cette petite musique
51:49aussi expansionniste d'Israël.
51:52On voit également,
51:53aux côtés de Donald Trump,
51:54des gens de plus en plus originaux,
51:56pour ne pas dire d'autres adjectifs.
51:59Et je voudrais qu'on regarde
52:00une petite séquence
52:01et qu'on regarde
52:02cette actualité géopolitique
52:04à l'aune de cette séquence.
52:06Monsieur le Président,
52:07avez-vous publié cette image
52:09de vous représenter en Jésus-Christ ?
52:11Eh bien, ce n'était pas
52:12une représentation, c'était moi.
52:14Je l'ai bien publiée
52:14et je pensais que c'était moi
52:16en médecin.
52:16Et ça avait à voir
52:17avec la Croix-Rouge,
52:18en tant que travailleur
52:19de la Croix-Rouge
52:20que nous soutenons.
52:21C'est censé être moi
52:22en médecin,
52:23en train de soigner les gens.
52:25Et je soigne les gens.
52:26Je les soigne beaucoup.
52:28Laissez-le les armes
52:29de notre Président.
52:30Nous prieons
52:31de votre bénédiction
52:33et de l'amour
52:33pour le rester sur lui.
52:35Nous prieons
52:35de la wisdom
52:36de l'Héven
52:37pour flouder
52:38son cœur,
52:38son mind.
52:39Et le Président,
52:40vous le guide
52:41dans ces temps-là
52:42qui nous face aujourd'hui.
52:44frappe, frappe et frappe
52:46et frappe et frappe
52:47et frappe encore
52:49jusqu'à la victoire
52:50contre tous nos ennemis.
52:52Qu'on nous permette
52:52de frapper la terre
52:53pour que tu nous donnes
52:54la victoire, Dieu.
52:55J'entends le son
52:56de l'abondance de pluie.
52:57J'entends le son
52:58de la victoire.
53:05– Bon, alors Paula White,
53:07évidemment,
53:07elle est pasteure évangéliste
53:08mais elle est aussi
53:09dans le staff
53:10de Donald Trump.
53:11C'est une de ses conseillères.
53:15– C'est difficile
53:16de réagir à ça
53:17parce que ça pourrait être
53:19une satire, en fait.
53:21Ça pourrait…
53:22Mais non, c'est la réalité.
53:24C'est la réalité
53:26d'un courant
53:28qui existe
53:29et qui entoure
53:32le président des États-Unis.
53:33Alors moi,
53:33je veux bien la Croix-Rouge,
53:35il soigne les écrouelles
53:36pendant qu'on y est.
53:37Enfin, je veux dire,
53:38il faut arrêter, quoi.
53:39Même le pape a jugé
53:41que ça suffisait,
53:43qu'il était inacceptable,
53:44en fait,
53:45de faire ce qu'il faisait
53:46en expliquant
53:47que Dieu était d'accord.
53:49Enfin, si vous voulez,
53:50on prend en otage Dieu, quoi.
53:52Voilà.
53:52C'est bien.
53:53Bon, vous me direz,
53:54c'est pas nouveau.
53:55Mais non,
53:56c'est pas nouveau du tout.
53:57D'autres le font aussi beaucoup.
53:59– Mais…
54:01mais…
54:02c'est…
54:03ça fait peur.
54:05Moi, ça me fait peur,
54:07si vous voulez.
54:07C'est-à-dire que…
54:08est-ce que ça n'annile pas
54:10la capacité de répondre
54:12à cela ?
54:13Parce que finalement,
54:14il y a un côté transcendantal,
54:16finalement,
54:16dans cette action.
54:17Et on se dit,
54:19bon,
54:19c'est difficile de lutter, quoi.
54:22– On se dit surtout
54:23qu'il ne faudrait pas
54:24qu'ils arrivent à être
54:25totalement possédés
54:26par l'illusion,
54:30enfin, le mythe,
54:31un délire,
54:33un fantasme.
54:34Là, c'est vraiment…
54:36C'est du fantasme,
54:37mais c'est du fantasme
54:37au service d'une idéologie,
54:39au service d'un pouvoir,
54:40au service d'une politique,
54:42et au service d'un déploiement
54:43de violence,
54:45de force,
54:46qui n'est pas utile.
54:48Parce que je rappelle
54:49qu'il n'était pas utile
54:51d'aller taper l'Iran,
54:54qui n'avait pas agressé
54:55les États-Unis.
54:57Bon.
54:58Donc,
54:59on est vraiment dans…
55:03C'est presque un peu
55:06la marque d'une forme
55:07de désespoir aussi,
55:08c'est-à-dire,
55:09on en est à invoquer
55:13Dieu,
55:15sa volonté,
55:17son parrainage,
55:19son soutien
55:20pour aller faire des choses
55:22que finalement
55:22toute la planète
55:23éprouve,
55:24ou à peu près.
55:26Donc,
55:26comment réagir à ça ?
55:28Oui,
55:29il faut…
55:30Je ne sais pas,
55:31il faudrait peut-être
55:32que quelqu'un
55:32ose ironiser vertement,
55:36en disant,
55:36enfin,
55:36vous arrêtez,
55:38c'est ridicule,
55:39c'est pathétique.
55:41Voilà.
55:42Ça ne veut pas dire
55:43que, bien sûr,
55:44chacun peut avoir
55:45sa religion,
55:46mais placer son pouvoir
55:47temporel,
55:49et quand on a
55:51une telle capacité
55:51de nuisance,
55:54sous les auspices
55:55soi-disant
55:57d'une bienveillance,
55:59enfin,
55:59d'un accord
56:00donné par
56:01la puissance divine,
56:03oui,
56:03on n'est pas loin
56:04du peuple
56:06élu
56:07et de tout ça,
56:08mais ça,
56:09c'est les vieux mythes
56:10américains,
56:11la nouvelle Jérusalem,
56:13la cité sur la colline,
56:14enfin,
56:15c'est l'exceptionnalisme
56:16américain,
56:17c'est-à-dire,
56:18nous sommes une nation
56:19qui est totalement
56:20différente des autres
56:21et nous sommes
56:23connus,
56:24reconnus,
56:25aimés de Dieu
56:25et donc,
56:26en conséquence,
56:27tout ce que nous faisons
56:29nécessairement
56:29doit porter le mieux,
56:30le bien,
56:31le juste,
56:31le vrai,
56:32le bon,
56:32le blanc.
56:33– Il y a deux sortes
56:34de personnes dans le monde,
56:36c'est les Américains
56:37et ceux qui voudraient l'être.
56:38– Ben oui,
56:39d'une certaine façon,
56:39non mais ils ont ça,
56:40non mais ils ont ça
56:41très profondément ancré,
56:43enfin,
56:43ils s'imaginent quand même
56:45qu'ils sont au-dessus,
56:46au-dessus,
56:47donc,
56:48c'est pas du suprémacisme
56:49parce que ce mot
56:50me fait toujours peur,
56:53mais cette espèce
56:54de façon
56:55de se dire
56:56qu'on a un surplomb moral
56:58et que les autres,
56:59en fait,
56:59doivent le reconnaître,
57:01voilà.
57:02– Pour conclure cette émission,
57:03Caroline Galactéros,
57:04est-ce que vous êtes confiante ?
57:06Je crois qu'on a compris
57:07que la réponse
57:07est plutôt négative,
57:08mais pour voir
57:09une sortie de crise naître
57:10dans les jours à venir ?
57:12– Dans les jours à venir ?
57:15– Vous ne pouvez pas rêver ?
57:15– J'aimerais beaucoup,
57:17peut-être que je me trompe
57:18et j'espère que je me trompe,
57:20mais ce qu'on peut voir,
57:23en tout cas des informations ouvertes,
57:25un peu spécialisées
57:26qu'on peut regarder,
57:29montre que pour l'instant,
57:31les Américains continuent
57:32sur le même mode,
57:33c'est-à-dire en se mettant
57:35toujours en situation
57:35de pouvoir encore monter
57:38un cran dans l'escalade
57:40s'ils n'obtiennent pas
57:41ce qu'ils veulent,
57:42or ils demandent des choses
57:44impossibles à leur donner.
57:46Ils demandent à l'Iran
57:48de renoncer à sa souveraineté,
57:49en fait, complète.
57:51Renoncer à s'armer,
57:52renoncer à son programme
57:53balistique,
57:54renoncer à son programme
57:55nucléaire civil,
57:59et tout ça parce qu'en fait,
58:00ils ont un pistolet sur la tempe
58:01et qu'on les attaque
58:02depuis un mois et demi.
58:06Donc, le slogan en face,
58:07ça peut être la liberté
58:08ou la mort, quoi.
58:09Je veux dire, c'est ça.
58:12C'est un peu le problème
58:13du monde aujourd'hui.
58:15C'est que de plus en plus
58:16de gens se disent,
58:17bon, très bien,
58:19mais ce sera la liberté
58:20ou la mort, alors.
58:23– Merci beaucoup,
58:24Caroline Galactereau.
58:25Je rappelle à nos téléspectateurs,
58:26pour vous suivre,
58:27on peut aller sur la chaîne
58:28Péguerre sur YouTube.
58:29N'oubliez pas d'aller
58:29grossir les rangs,
58:30c'est bientôt 150 000 abonnés
58:32et vous pourrez avoir
58:32plusieurs analyses géopolitiques
58:34par semaine,
58:35en plus de TV Liberté,
58:36bien sûr.
58:37Je vous donne rendez-vous
58:38la semaine prochaine
58:39pour une prochaine émission
58:40et puis en attendant,
58:41portez-vous bien à bientôt.
58:42– Sous-titrage Société Radio-Canada
58:51– Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations