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Fabriquer des fenêtres artisanales en y intégrant des processus industriels, c’est le défi que s’est donné la Fenêtrière. Cela permet à l’entreprise de produire de manière locale et d’être plus performante. Catherine Guerniou, dirigeante de la société et vice-présidente déléguée de la CPME, explique en quoi ces choix offrent plus de flexibilité à ses clients.
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00:04Prêt pour l'impact c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans
00:08notre économie et je reçois aujourd'hui Catherine Guerniou bonjour. Bonjour Thomas. Bienvenue, heureux de
00:14vous accueillir, vous êtes dirigeante de l'entreprise La Fenêtrière, vice-présidente déléguée de la CPME.
00:18Alors vous étiez déjà venu dans l'émission mais alors on essayait de retrouver la date, ça fait
00:22peut-être quatre ou cinq ans, cinq ans au moins. C'est quoi La Fenêtrière ? Et bien La Fenêtrière
00:27en
00:27fait c'est une entreprise familiale qui a 42 ans cette année, que j'ai repris moi en 2005. On
00:34est
00:34fabricant de menuiserie extérieure, quand on parle de menuiserie extérieure c'est de fenêtres. On
00:40est fabricant à Champigny-sur-Marne, on est Origine France Garantie depuis pas mal d'années et voilà
00:46une entreprise de proximité. À Caillumène c'est combien de salariés aujourd'hui ? Oui c'est 13 collaborateurs donc
00:52on est 14, avec moi compris je me mets pas de côté. Vous pouvez me compter dedans. Exactement je peux
00:57me
00:57compter dedans et donc nous on travaille avec des professionnels du bâtiment et c'est vraiment une
01:03volonté de gouvernance. 95% de nos menuiseries restent sur Paris et l'île de France. En fait on a
01:10un atelier de
01:10proximité et on est à la fois un industriel mais on est aussi à la fois un artisan. Alors justement
01:17j'allais vous
01:17poser cette question là, comment on concilie les deux ? C'est-à-dire que c'est de l'artisanat
01:21mais vous avez industrialisé, ça semble antinomique.
01:24Non parce qu'en fait c'est tout simplement on garde les valeurs de l'artisanat, de la production, ce
01:32qui a du sens, on fabrique sur place et en même temps
01:36on a des outils industriels qui sont performants et qui permettent de rentrer on va dire dans l'univers de
01:43l'industrie et on intègre également des systèmes de production comme le Lean, le Lean
01:50production, le Lean management qui sont aujourd'hui des méthodes classiques, innovantes pour nos ateliers.
01:59Vous le disiez, ça fait plus de deux décennies que vous avez repris l'entreprise. Qu'est-ce qui a
02:03changé fondamentalement ?
02:04J'ai appris hier, ça faisait 21 ans. Vous avez oublié. Oui, j'avais oublié. C'est LinkedIn qui me
02:11l'a rappelé, vous savez.
02:12Merci LinkedIn. De temps en temps on aimerait ne pas avoir. Oui voilà, exactement.
02:16Qu'est-ce qui a changé fondamentalement pour vous ? Ce qui a changé fondamentalement, déjà bon, l'ADN de
02:21l'entreprise,
02:22moi je suis en transmission familiale, je pense qu'elle a évolué. Mais je dirais que mes parents avaient
02:30c'est peut-être une orientation où le collaborateur était plus un exécutant. Aujourd'hui, le collaborateur est un acteur.
02:42Et je pense que c'est vraiment ce qui a changé. Au niveau de la qualité, au niveau du service,
02:48c'est la même chose.
02:50L'ambiance familiale est aussi toujours là. Ensuite, bien entendu, il y a des innovations technologiques qui se sont faites,
02:58mais c'est dû aussi à notre réglementation. On a une réglementation thermique qui est quand même très impactante.
03:04Et donc, ça a évolué. Mais je pense que vraiment, le changement, ça a été la posture du collaborateur.
03:13Alors ça, c'est un élément important. Il y en a un autre qui est l'engagement environnemental.
03:18Je vais vous citer. Depuis 10 ans, je milite en faveur de la fabrication française du circuit court,
03:23à la fois évidemment pour dynamiser l'économie locale, mais aussi par conscience éco-citoyenne.
03:27Je considère inutile et dangereux d'acheter des menuiseries moins performantes à 10 000 km de chez soi.
03:32Vous faites ce choix donc il y a une dizaine d'années. Est-ce que c'est si simple ?
03:37C'est-à-dire entre, ok, je veux faire ça, c'est-à-dire favoriser le circuit court,
03:42et puis trouver le moyen de le faire, est-ce que ça a été compliqué ?
03:45Ça n'a pas été simple. Déjà, il y a... En fait, je l'ai vraiment initié au moment...
03:52Souvent, vous savez, ce sont des crises qui vous permettent justement de basculer.
03:56Et cette bascule, en fait, je l'ai opérée au moment où on a eu de l'importation massive des
04:01pays de l'Est,
04:02avec des prix qui étaient ultra compétitifs. C'est toujours le cas, mais aujourd'hui, je trouve que c'est
04:07un petit peu moins présent.
04:08Et donc là, je me suis dit, sincèrement, économiquement, c'était hyper compliqué.
04:12On a dû arrêter une chaîne de production.
04:16Donc, c'est quand même un impact. On a licencié économiquement, 4 salariés.
04:20Enfin, ça a été dur pour l'entreprise. On a dû emprunter parce qu'on avait des difficultés de trésorerie.
04:25Donc, ça a vraiment été une période difficile.
04:27Au point d'avoir peur pour la pérennité de l'entreprise ?
04:30Ah bah, bien sûr. Moi, la première, pendant plusieurs mois, je ne me suis pas payée.
04:35Dans ces cas-là, vous savez, c'est justement l'entrepreneur qui prend des risques.
04:43C'est vraiment ces périodes-là où vous dites, vous faites face, en fait, aux difficultés de l'entreprise.
04:49Mais j'ai bien fait. J'ai bien fait parce qu'en même temps, j'ai reposé notre chaîne de
04:55valeur.
04:56Et quelle était notre chaîne de valeur ?
04:58De la production locale, du service, de la rapidité, de la proximité, de la réactivité.
05:05Et ça, vous ne l'avez pas quand vous achetez des menuiseries à 10 000 kilomètres.
05:10De même, comme vous le voyez, quand on voyage et quand on est à travers la France,
05:17on a des modes constructifs qui sont complètement différents.
05:20Nous, notre mode constructif, c'est un mode constructif.
05:22On fabrique des fenêtres pour Paris et pour l'île de France.
05:25On ne fabrique pas des fenêtres pour le nord de la France, pour le sud de la France.
05:28Elles sont adaptées à notre région.
05:30Quand vous importez des fenêtres des pays de l'Est ou du sud de l'Europe, désolé.
05:34Elles sont standards.
05:35Elles sont standards. Elles ne sont pas du tout adaptées.
05:37Et c'est comme ça aussi que malheureusement, ça dégrade la qualité des produits.
05:43Alors, donc ça, c'est la volonté de départ.
05:48Et vous dites, j'ai réussi et j'ai bien fait parce que sauvetage d'entreprise.
05:53Ensuite, il faut trouver quoi ? Des partenaires ?
05:57Des entreprises avec qui vous allez travailler ?
06:00Sur la durée ? Comment vous avez fait ?
06:01C'est un tout.
06:02Déjà, il faut avoir des convictions.
06:04Je pense que c'est la première des choses.
06:05Et avoir une gouvernance solide.
06:07Et ça, déjà, je pense qu'il faut partir de ce point de départ.
06:11Ensuite, effectivement, il y a tout l'écosystème que nous avons autour de nous.
06:15Les fournisseurs.
06:16Nos fournisseurs étaient déjà français.
06:18Donc, la traçabilité, elle est assurée.
06:22Et c'est comme ça, d'ailleurs, qu'on a décidé de devenir Origine France Garantie.
06:27Et puis, vous vous entourez aussi d'acteurs locaux.
06:29Et vous vous apercevez que vous tombez dans un vortex vertueux, justement, du local.
06:38Ensuite, nous avions déjà nos clients.
06:40Nos clients, ils ont été goûter.
06:43Ce qui se passait en dehors de nos frontières.
06:46Et ils sont assez rapidement revenus parce qu'ils se sont aperçus qu'ils n'avaient pas le service.
06:50Qu'ils n'avaient pas cette proximité.
06:52Qu'ils n'avaient pas l'écoute.
06:53Vous dites qu'on est à un atelier du dernier kilomètre.
06:55Oui, bien sûr.
06:56À Champigny-sur-Marne, on approvisionne les chantiers de proximité.
07:00Donc, un client passe, par exemple, la veille ou le matin et va sur son chantier, le jour même, installer
07:08les menuiseries et faire les différents travaux qu'il a prévus sur ce chantier.
07:11Donc, c'est vraiment de la proximité.
07:14Maintenant, s'il a un aléas sur son chantier, il peut revenir aussitôt à l'atelier.
07:18Et de même, on a beaucoup de nos clients qui invitent leurs clients, que ce soit des architectes, des bailleurs
07:26privés, des particuliers, à venir visiter notre atelier.
07:33C'est ça aussi, la force.
07:35Alors, est-ce que ça veut dire que vous faites le choix de rester en Ile-de-France et que
07:41donc, ça limite l'ambition de l'entreprise ?
07:44Oui.
07:44Oui, oui, clairement, ça limite l'ambition de l'entreprise.
07:47Il est certain qu'on pourrait peut-être partir dans le 77.
07:50Là, on est dans le 94, Champigny, une ville qui est très dynamique, avec plein d'activités différentes, ce qui
07:57fait justement sa singularité.
07:59Et on pourrait très bien doubler.
08:02On a 1000 mètres carrés de commandes d'ateliers.
08:05C'est tout petit.
08:06C'est un peu comme les appartements parisiens, en fait.
08:08On est habitués à organiser les choses.
08:11On pourrait très bien aller dans le fin fond du 77.
08:13Je n'ai rien contre le 77.
08:15Mais avoir 3-4 fois plus de place, mais toute notre singularité, toute notre spécificité, on ne l'aurait plus.
08:22Donc aujourd'hui, oui, volontairement, on fabrique entre 15 et 20 mètres par jour.
08:28Oui, c'est une décision de limiter le développement de l'entreprise.
08:33Mais ça ne veut pas dire... En fait, on est toujours à la course du chiffre d'affaires.
08:38Mais ce qui est important, c'est le bénéfice que l'on en tire.
08:41Et surtout, après, comment vivre aussi dans cette entreprise.
08:45Donc, il y a des années qui sont plus compliquées que d'autres.
08:48Il y a des années qui sont plus prospères.
08:51Quand elles sont plus prospères, on investit.
08:53Et d'ailleurs, on a fait toute la rénovation énergétique de notre bâtiment.
08:57Alors, ça s'est passé comment ?
08:59Comme tout chantier.
09:00Oui, compliqué.
09:01Ça a été un peu compliqué.
09:03Mais écoutez, on a revalorisé, redynamisé notre entreprise.
09:07Mes parents avaient acheté ce terrain, avaient construit le premier bâtiment.
09:12Aujourd'hui, il est beaucoup plus harmonieux.
09:15Et vous voyez, ça m'a fait plaisir.
09:17Un client, il y a un an et demi, passe et me dit
09:20« Catherine, maintenant, votre atelier est à l'image de l'entreprise que vous avez su faire évoluer. »
09:27Donc, je pense que c'était...
09:28Et voilà, je me suis dit « Bon, on a bien fait. »
09:31Est-ce que ça vous rend aussi moins sensible ou fragile face aux crises énergétiques ?
09:38C'est une robustesse.
09:40Effectivement, c'est aussi un développement que j'ai souhaité.
09:43Souvent, je fais le parallèle, la métaphore, avec le bateau sur une mer agitée.
09:48Nous sommes un petit voilier.
09:51Parfois, nous avons la chance de pouvoir larguer plus facilement les voiles.
09:56Et puis, il y a des moments, effectivement, on est vraiment obligé de border
09:59parce qu'on sent que c'est un peu plus compliqué.
10:01Et en ce moment, c'est plus compliqué.
10:02Alors, c'est la question que j'allais vous poser.
10:03Là, on est dans un contexte.
10:04Alors, on va voir.
10:05Mais c'est vrai que la guerre au Proche-Orient depuis quoi ?
10:09Six semaines.
10:11Oui, oui.
10:12Oui, peut-être un peu plus.
10:14Et vous en voyez assez vite.
10:17Vous en avez vu assez vite les effets ?
10:19Écoutez, ça a été quasiment direct.
10:22Alors, déjà, il faut savoir que dès qu'il y a des événements sur Paris et l'Île-de-France,
10:25ça bloque très rapidement les rendez-vous de chantier.
10:28Ça, c'est quelque chose...
10:29Voilà.
10:30Il y a un impact de suite.
10:33On a une chute des demandes, une chute d'activités qui s'opère quasiment instantanément.
10:40Deuxième événement.
10:41De suite, on a commencé à entendre que la surcharge énergétique allait revenir.
10:46La surcharge énergétique, c'est cette augmentation que nous avions eue au moment de la guerre en Ukraine,
10:52qui avait un petit peu tardé, parce que je pense que tout le monde, au tout début de la guerre
10:56en Ukraine,
10:57était dans l'observation.
10:58Et ensuite, on a vu la surcharge énergétique sur l'ensemble de nos matières premières.
11:02Et là, elle est arrivée, mais quasiment instantanément.
11:06Ça veut dire que les matières premières que vous achetez vous ont coûté très vite plus cher, c'est ça
11:11?
11:11Oui. Alors, en fait, on a notre tarif de base.
11:14Et à la fin de chacune de nos factures, on a une surcharge énergétique.
11:18Aujourd'hui, par exemple, pour le PVC, elle est de 9,7 chez notre gamiste.
11:25Sur le vitrage, on est à 3,5.
11:28Et là, on nous annonce l'augmentation aussi de l'aluminium.
11:30Et ça a été quasi instantané.
11:33Qu'est-ce que ça représente pour une entreprise, pour une PME comme la vôtre ?
11:38C'est-à-dire que vous n'allez pas répercuter ça directement sur vos clients ?
11:43Vous le faites ? Vous ne pouvez pas le faire ? Comment ça ?
11:45Alors, en 2022, je m'étais dit, bon, on prend un petit peu de recul.
11:49Si on... Voilà, vu déjà la situation qui était celle qu'elle était,
11:55je m'étais dit, bon, on prend un petit peu de recul.
11:57Ça nous a coûté très cher fin 2022.
11:59Vraiment, on a eu une baisse du bénéfice qui a été nette,
12:04dû justement à cette répercussion que j'ai fait trop tardivement.
12:08Donc là, cette année, un peu, je pense, comme les industriels avec lesquels nous travaillons,
12:13eh bien, on a eu exactement la même réaction,
12:16c'est-à-dire, de suite, on a réintégré la surcharge.
12:19Alors, il ne faut pas non plus se faire peur, parce qu'on a toujours...
12:24Il y a quand même beaucoup d'annonces qui sont très anxiogènes.
12:28Sur une fenêtre, par exemple, de 600 euros, c'est 25 euros.
12:32Donc, bon, il y a un coût, mais je pense que ce coût est quand même absorbable.
12:38Et acceptable ?
12:39Oui.
12:40Parce que vous voyez ce que je veux dire, là, acceptable par des clients
12:43qui sont bien conscients du côté géopolitique.
12:46On n'accepte jamais, surtout que sur un chantier, vous allez additionner.
12:50Il n'y a pas que la menuiserie, il peut y avoir de la peinture,
12:54il peut y avoir de l'isolation, changement de...
12:56Il peut y avoir de l'électricité, enfin, voilà,
12:59ce n'est pas uniquement lié à une menuiserie.
13:02Donc, il est certain qu'on a toujours du mal à absorber les augmentations.
13:06Ça, c'est certain.
13:07Mais ensuite, il y a un contexte.
13:09Je pense que, quand même, on a encore une belle vie en France.
13:13Et je pense que, souvent, on le néglige.
13:15Donc, amenons aussi un peu de positivisme dans ce monde très...
13:22Ce qui est quand même, qui est aujourd'hui...
13:25Anxiogène.
13:26Anxiogène.
13:26À minima, oui.
13:27Je cherchais le mot anxiogène.
13:29Vous dites qu'il faut faire du beau, de l'utile et du durable.
13:32Ça, ça donne le sourire tout de suite.
13:34Bien sûr.
13:35Est-ce que c'est facile à mettre en œuvre ?
13:39Du durable, par exemple, ça veut dire quoi ?
13:41Oui, parce que le beau, c'est assez facile.
13:43L'utile, on espère qu'une menuiserie va être utile.
13:47Alors, du durable, c'est un petit peu plus compliqué.
13:48Et c'est là où ça a été très intéressant.
13:50On a beaucoup développé sur ces dernières années.
13:53On a travaillé avec la BPI.
13:55On a fait une éco-conception.
13:57C'est très intéressant.
13:58Où, en fait, on travaille sur la circularité complète de notre fenêtre.
14:05Et suite à cette éco-conception, nous avons décidé, justement, d'augmenter la durée de vie de nos menuiseries.
14:14Parce qu'on le sait, de toute façon, toutes nos activités humaines ont un impact sur l'environnement, sur notre
14:21terre.
14:22Et donc, si nous voulons avoir moins d'impact, moins de pression, je pense que c'est à chacun de
14:28voir comment il peut diminuer cet impact.
14:30Et le fait d'augmenter la durée de vie d'une menuiserie, forcément, vous diminuez l'usage de matières premières,
14:42la consommation massive que l'on peut avoir en ce moment sur beaucoup d'autres produits.
14:46Et donc, à travers cette éco-conception, nous en avons déterminé un axe stratégique qui est d'intégrer dans notre
14:55menuiserie un QR code de traçabilité.
14:58Et en même temps, un QR code, en fait, qui permet de faire comprendre à l'utilisateur final, que ce
15:04soit un privé, un public, peu importe, mais comment une fenêtre va pouvoir durer plus longtemps dans le temps.
15:11Donc, en fait, il y a de l'acculturation, je pense, aussi, beaucoup à apporter dans l'usage des produits
15:18finis.
15:19Vous parlez de menuiserie évolutive.
15:21Ça veut dire quoi ?
15:22C'est quoi une menuiserie évolutive ?
15:23Oui, alors, en fait...
15:24Ma fenêtre, elle reste ma fenêtre, quoi.
15:26Elle reste votre fenêtre, mais comme vous le savez, souvent, en région parisienne, on a des usages qui peuvent changer.
15:32Vous pouvez très bien souhaiter mettre un meuble devant votre fenêtre et dans ces cas-là, elle n'ouvre plus.
15:40Ou accueillir un chat, par exemple, dans votre famille.
15:43Ça peut être aussi le cas.
15:44Et là, vous vous dites, ma fenêtre, elle est entièrement vitrée.
15:46Et comment je vais faire le chat ? Je ne sais pas comment il va pouvoir sortir dans le jardin.
15:51Eh bien, c'est très facile.
15:53Grâce à notre atelier de proximité, nous arrivons à transformer la fenêtre.
15:57Nous arrivons à y intégrer une traverse, un sous-bassement qui permet d'intégrer une châtière.
16:02Et votre fenêtre, elle n'a pas été changée complètement.
16:04Elle a juste évolué en fonction de vos besoins.
16:08Et ça, on peut le faire sur plein d'applications.
16:10Alors, il y a une tradition...
16:11Mais c'est une volonté.
16:12Il faut savoir que...
16:13C'est une volonté de l'entreprise.
16:16C'est une volonté de l'entreprise.
16:17Et il faut savoir aujourd'hui que beaucoup de modes industriels ne permettent pas cette flexibilité.
16:23Et nous, justement, notre côté artisanal permet cette flexibilité.
16:27Alors, question de celui qui était à votre place la semaine dernière,
16:30Pierre-Henri Grenier, directeur exécutif de la Banque de la Transition Énergétique.
16:34On l'écoute.
16:35Bonjour Catherine.
16:36Moi, j'aurais une question.
16:38On parle beaucoup de l'électrification.
16:40Est-ce qu'il y a une concurrence entre pompe à chaleur et isolation ?
16:46Ou plutôt une synergie ?
16:49Ah, bonne question.
16:50C'est une très bonne question.
16:51Parce qu'on a des annonces du Premier ministre, notamment, sur l'électrification.
16:57Et c'est très bien, qui va booster le marché des pompes à chaleur.
17:00Sauf que je crois comprendre que si on ne fait pas la rénovation énergétique avant,
17:04ça ne sert pas à grand-chose de mettre une pompe à chaleur.
17:06Comment vous appréhendez ça ?
17:07Il faut avoir une cohérence, en fait, dans ce que l'on fait.
17:10La pompe à chaleur n'est pas la réponse à tout.
17:13Surtout que quand vous êtes dans du collectif, vous ne pouvez pas mettre forcément de la pompe à chaleur.
17:17Ce qui est important, dans un premier temps, c'est l'isolation.
17:20Il faut savoir traiter le bâti.
17:22Et ensuite, on adapte la source énergétique dont on a besoin.
17:28Bien entendu, il faut aller vers de la décarbonation, il faut aller vers du mix énergétique.
17:35Maintenant, il est certain que parfois nous avons des orientations qui sont un peu dogmatiques.
17:42Et puis, il y a aussi une réalité du coût.
17:46Parce qu'une rénovation énergétique coûte cher.
17:49Donc nous, en tout cas, moi, ce que je préconise, et dans le monde du bâtiment,
17:55à travers la Fédération française du bâtiment aussi,
17:57ce qu'on préconise surtout, c'est un parcours de rénovation.
18:00Parce que la rénovation, elle est lourde.
18:04Et donc, il faut savoir travailler l'enveloppe et également travailler le comment,
18:09ensuite, toute la partie technique du bâtiment, du logement, du comment, du bâtiment tertiaire que l'on peut avoir.
18:18Ma prime rénov', elle fonctionne à peu près ?
18:21Non, c'est une catastrophe.
18:22Ma prime rénov', c'est toujours des start and stop.
18:25C'est des budgets qui sont très orientés.
18:29Et ça, c'est très bien vers les ménages en plus grande difficulté.
18:35Donc ça, c'est quelque chose de très bien.
18:37Mais on a des gros points de blocage sur des dossiers.
18:39Il y a des entreprises qui se substituent aux particuliers et donc qui avancent l'argent.
18:45Et aujourd'hui, on a des gros problèmes de remboursement pour certaines des entreprises.
18:49Ensuite, il y a eu beaucoup d'annonces.
18:51On y va, on arrête.
18:53Et ça, ça a été très préjudiciable.
18:55Là, on est redevenu à quelque chose de beaucoup plus stable.
18:59Et donc, ça y est, on commence à en revoir le bénéfice.
19:01Mais il est certain qu'en fait, il faut qu'on ait des politiques qui soient sur du long terme.
19:06Là, on est en permanence.
19:07On avance, on arrête.
19:09On avance, on arrête.
19:10C'est pas assez bien budgété.
19:12Et donc, ça, c'est pas possible.
19:14Mais c'est n'y toucher plus.
19:15C'est un outil qui permet, c'est un accompagnement qui permet de répondre à une partie de la population
19:21française.
19:23Maintenant, ça ne répond pas non plus à celle qui, justement, a la possibilité de faire de la rénovation.
19:29Et là, il faut que ça soit un peu plus incitatif.
19:31Alors, il existe les C2E.
19:32Mais les C2E ne sont pas non plus d'une grande clarté.
19:35Donc, il faut vraiment un programme, mais national, pour embarquer les gens vers la rénovation énergétique.
19:43et vers vraiment une évolution de cette rénovation.
19:47Le dogmatisme de dire qu'il faut faire tout d'un coup, oui, ça, c'est le monde idéal.
19:51Nous, les entreprises du bâtiment, bien entendu qu'on est très heureuses de faire de la rénovation.
19:56Sauf que tout le monde ne peut pas se la payer.
19:58Mais tout le monde ne peut pas se la payer.
20:00Donc, il faut savoir ajuster, adapter.
20:03D'ailleurs, je pense que nous, en tout cas, on est dans un monde qui est de plus en plus
20:06fluctuant.
20:07Et je pense que nos pouvoirs publics peuvent comprendre que nous, en tout cas, les entreprises, on s'adapte régulièrement.
20:13Alors là, vous commencez à parler comme vice-présidente déléguée de la CPME.
20:19À quel point les petites et moyennes entreprises, elles sont un...
20:25Comment je peux dire ça ?
20:26Elles jouent un rôle majeur dans la souveraineté économique de notre pays.
20:29Mais c'est plus de 90% du tissu économique français.
20:32Donc, toutes ces PME, ces TPE et ETI aussi, c'est pas l'inuité simplement juste à la PME.
20:40Vous les avez autour de vous.
20:41C'est ce qui fait marcher l'économie française.
20:44Donc, on est vraiment un acteur du quotidien, du local, du moins local.
20:48On a des très très belles PME et ETI qui sont aussi à l'international.
20:53Et ça, c'est vraiment la richesse et la singularité de ce que l'on défend à la CPME.
21:00On défend l'entreprise patrimoniale.
21:02Et comment on les défend, ces entreprises ?
21:05Notamment face à une concurrence internationale qui peut parfois être déloyale.
21:09Bien sûr.
21:10Alors, c'est toute la difficulté.
21:11En plus, on représente plus de 125 fédérations.
21:14Donc, des métiers qui vont être complètement différents.
21:16Donc, les besoins vont être aussi différents.
21:18Mais on a, bien entendu, on essaye de balayer au plus large.
21:23Et puis, il y a quand même beaucoup de sujets sur lesquels on se retrouve.
21:27Donc, on les défend.
21:29On les défend à la fois sur le social.
21:31On les défend sur l'économique.
21:34Ce qui est important aussi, on a un gros travail sur la réindustrialisation.
21:38Parce que ça, je pense que c'est de la robustesse de la France de travailler sur cette réindustrialisation.
21:44Il y a un gros travail qui a été fait par une de mes collègues,
21:47Clarisse Maillet et toute l'équipe de la CPME, justement, sur cette réindustrialisation.
21:53Mais est-ce qu'on n'est pas encore un peu au stade de l'incantatoire sur la réindustrialisation ?
21:57Il y a la volonté des politiques et puis il y a les chiffres et...
22:02Eh bien, derrière, il y a des difficultés.
22:04Il y a des difficultés parce que nous avons des PLU qui ne le favorisent pas forcément.
22:08Nous avons des plans locaux d'urbanisme.
22:12Nous avons également de la surtransposition de l'Europe.
22:15Donc, il faut aussi pourvoir harmoniser le tout.
22:18Et il faut, au contraire, que l'Europe devienne vraiment une force motrice,
22:25mais pas une force qui désaccélère, en fait, l'activité.
22:31Et vous avez entièrement raison.
22:32Je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à faire sur nos territoires
22:36de façon à vraiment redonner une dynamique.
22:39Parce qu'à côté d'une réindustrialisation, il faut aussi l'infrastructure.
22:43Il faut aussi qu'il y ait du logement.
22:44On sait très bien que c'est hyper tendu en France aujourd'hui.
22:48On a une politique du haut logement qui commence à renaître.
22:51Mais pendant des années, on a été sur des difficultés énormes.
22:56Puisqu'on parle de rapports avec les politiques, de messages à faire passer.
23:03Le bon interlocuteur d'une PME, c'est le maire ?
23:06Le maire, oui.
23:07Oui, oui, franchement.
23:08Ou la communauté de communes.
23:10Oui, la commune.
23:11Voilà, exactement.
23:11Ça, je pense que déjà, c'est un premier lien qui est très important.
23:16Les députés également, députés, sénateurs.
23:19Moi, j'apprécie aussi cette relation.
23:23Mais après, vous savez, ça dépend des hommes et des femmes.
23:25Tout le monde n'est pas forcément à l'écoute non plus de l'entreprise.
23:28Après, on a tout le réseau consulaire.
23:30On a les chambres des métiers, les chambres de commerce qui sont aussi très présentes sur les territoires.
23:36Pardon, est-ce qu'il n'y a pas une lassitude des chefs d'entreprise vis-à-vis des politiques
23:39?
23:40Ah si, de toute façon, on le voit au moment des urnes.
23:43Est-ce qu'il y a encore besoin d'aller se tourner vers les politiques pour...
23:45Je n'ai pas besoin d'eux pour faire avancer ma boîte.
23:47C'est tout le paradoxe.
23:48C'est qu'en fait, on peut avancer sans eux.
23:50Et je pense que l'économie française, en tout cas, le démontre chaque jour.
23:55Et en même temps, on a aussi besoin d'eux.
23:57Parce que quand on voit qu'un PLF n'est pas voté, il n'est pas voté où ?
24:01Projet de loi de finances, pardon.
24:03Il n'est pas voté où ? Il n'est pas voté à l'Assemblée nationale.
24:05Et ça, c'est des points de blocage.
24:07Et ça, on en est quand même impacté directement sur nos territoires, dans nos entreprises.
24:13Aujourd'hui, nous avons des retards de trésorerie qui sont liés à un PLF qui est arrivé tardivement.
24:18On n'en parle pas assez.
24:20Et vous voyez, le PLF a été voté début d'année.
24:23Il est censé être voté fin décembre ?
24:26Même un petit peu avant.
24:27Même un peu avant, il a été voté mi-janvier.
24:30Mi-janvier, mais le temps de la mise en application, c'est facilement deux à trois mois de retard.
24:35Et bien, aujourd'hui, on le ressent.
24:37Nous avons tous quasiment les entreprises des retards de trésorerie qui sont liées justement à ces PLF tardives.
24:45Donc, c'est là où, en fait, toute la difficulté, c'est qu'une entreprise s'est avancée sans les
24:50politiques.
24:51Mais il y a un moment où notre cinquième République, en tout cas, l'organisation comme elle est, il y
24:57a des points de blocage.
24:58Et en même temps, clairement, ce qui crée aussi des tensions.
25:02Des tensions et ce qui est aussi le résultat des urnes, malheureusement, et des taux de participation.
25:08Oui, effectivement, qui sont de plus en plus faibles à toutes les élections, même aux municipales, alors qu'on s
25:13'attendait à une participation peut-être plus importante.
25:15Le soir d'élection, je trouve ça toujours très drôle quand tout le monde, il y a une forme d
25:18'excitation sur le nombre et sur les pourcentages.
25:22Mais il faut voir aussi les gens qui ne se déplacent pas.
25:24Les gens qui ne peuvent plus voter.
25:25Exactement.
25:26Effectivement.
25:27Merci beaucoup, Catherine Guerniou, d'avoir participé à ce grand entretien.
25:32On se retrouve dans quelques semaines parce que Bismarck accompagne la CPME dans l'organisation de son événement annuel.
25:38C'est la Grande Assemblée des Entrepreneurs.
25:4025 juin prochain, notez déjà le rendez-vous, la chaîne sera l'un des principaux partenaires médias
25:47et plus de 4000 personnes qui sont attendues ou dans un cadre prestigieux au Parc des Princes.
25:53On se retrouvera là-bas.
25:53Avec grand plaisir.
25:54On passe tout de suite à notre rubrique Startup.
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