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  • il y a 5 heures
Redonner envie de travailler dans l’industrie, c’est la mission que se donne la Société des Arts et Métiers grâce aux Journées Usines Ouvertes. Pendant deux jours le grand public peut visiter plus de 500 sites de production en France. 2026 constitue la seconde édition. Le but est de montrer que le secteur se modernise et répond aux enjeux économiques et environnementaux actuels.

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Transcription
00:06L'invité de ce Smart Impact c'est Stéphane Gore, bonjour.
00:10Bonjour Thomas.
00:10Bienvenue, vous êtes le président de la SOS, alors c'est le surnom qu'on donne à la Société des
00:14ingénieurs des arts et métiers.
00:16C'est une vénérable, elle existe depuis combien de temps cette association ?
00:18La société a été créée en 1846, elle a été déclarée d'intérêt public par décret impérial de 1860,
00:28et aujourd'hui on représente à peu près 30 000 camarades, donc nous sommes la plus importante association d'ingénieurs
00:36en France.
00:37Qu'on surnomme les Gadsars évidemment et je salue les Gadsars que je connais.
00:42Alors on a deux thèmes à aborder, les journées usines ouvertes et puis un observatoire des industries responsables que vous
00:48avez réalisé avec l'IFOB.
00:50Je vais donner quelques chiffres sur cette deuxième opération usines ouvertes, plus de 500 usines participantes,
00:57c'était 230 en 2025, donc il y a vraiment une forte progression, plus de 35 000 visiteurs au total.
01:05C'est tout type d'usines, quelles usines participent à une journée, à des journées d'ailleurs comme celle-ci
01:11?
01:11Alors effectivement les journées usines ouvertes c'est sur deux jours, le vendredi dédié aux scolaires et aux chercheurs d
01:18'emploi,
01:18et puis le vendredi au grand public. Alors tout type d'entreprise, des petites, des moyennes, des grandes,
01:24alors les grandes en général sont habituées à faire ces visites d'usines, en revanche les plus petites sont moins
01:29rompues
01:30et on les aide pour que les choses se passent bien. Donc on a l'ensemble en termes d'activité,
01:35c'est tout type d'activité industrielle
01:37et puis en termes de taille on a des entreprises de quelques dizaines de personnes et puis on va jusqu
01:42'au très grand groupe que nous connaissons tous.
01:44Avec un taux de satisfaction des participants, j'ai vu ça, c'est un score de République bananière,
01:50mais c'est important de sonder parce que c'est jamais que la deuxième édition.
01:54Mais en fait pour nous ce qui est important c'est de se dire est-ce qu'on a rencontré
01:58notre public ?
01:58Et le public en fait ce sont d'une part les entreprises et d'autre part les visiteurs.
02:03Alors les entreprises sont satisfaites effectivement dans des proportions assez importantes, on parle de 95 ou 97%.
02:10La très très grande majorité d'entre elles sont prêtes à recommencer l'an prochain, donc elles sont satisfaites,
02:17ça veut dire qu'en réalité elles ont besoin de se faire connaître, elles recherchent souvent des compétences,
02:23donc elles considèrent que ça répond à ces journées inouvertes sont une opportunité qui correspond à besoin
02:29et en face les visiteurs sont satisfaits dans les mêmes proportions, c'est 95%.
02:35Et là aussi les gens sont curieux, les gens sont ravis de découvrir des environnements et des activités
02:42dont ils ignorent parfois l'existence, en tout cas ils ignorent ce qui s'y passe.
02:46Et pourtant on sait l'importance de ces industries pour les territoires dans lesquels elles sont implantées.
02:51J'imagine bien pourquoi vous avez créé ces journées usines ouvertes, quel objectif ?
03:00Des idées reçues contre lesquelles il faut lutter, peut-être des difficultés à recruter pour certaines de ces entreprises ?
03:10Un chiffre. L'an dernier, avec nos amis de l'IFOP, nous avons interviewé des Français.
03:16Et à la question, seriez-vous prêt à recommander à un de vos proches de rejoindre l'industrie ?
03:23En fin 2024, c'était 11% de réponses favorables.
03:28En 2025, on est tombé à 8%.
03:31L'industrie n'est pas connue, l'industrie peut être inquiète,
03:36parce qu'on en parle, quand on en parle souvent dans les médias,
03:39c'est pour parler de fermeture d'usines, alors qu'il y a des créations d'entreprises,
03:45il y a des développements d'usines, etc.
03:46On s'est dit, il faut faire quelque chose.
03:48Nous sommes légitimes à faire quelque chose.
03:50Et l'idée est partie un petit peu des journées du patrimoine.
03:54Et on s'est dit, à l'instar des journées du patrimoine,
03:58créons les journées usines ouvertes.
03:59L'idée derrière tout ça, c'est contribuons au printemps de l'industrie,
04:04à la réindustrialisation de la France.
04:06Parce qu'il y a plein d'explications.
04:10Effectivement, la désindustrialisation dont vous parlez fait qu'on a perdu le lien avec ces entreprises-là ?
04:19La part de l'industrie dans le PIB, il est moins de 10%.
04:22Ça veut dire que le contact avec l'industrie s'est amenuisé, d'une part.
04:26Et puis d'autre part, on se rend compte que les prescripteurs de l'industrie,
04:33qui peuvent être les parents, les enseignants, les chargés d'orientation, etc.,
04:38au fond, ne connaissent pas l'industrie.
04:40Et donc, il y a des préjugés qui sont nourris.
04:44C'est quoi les préjugés ?
04:45L'industrie, c'est sale, l'industrie, c'est pas bien, l'industrie, ça ferme, l'industrie, c'est polluant.
04:52Plein de choses.
04:53Alors, sachant que, quand on interroge les Français, ils sont convaincus qu'il se passe des choses dans l'industrie.
04:58Que l'innovation s'y passe, que l'innovation verte s'y produit, etc.
05:05Mais de là, franchir le pas, à le recommander, on n'en est pas encore là.
05:09Et donc, ça vient de se passer, ces deux journées, on fait le bilan.
05:14Mais ils vont de surprise en surprise, souvent, les visiteurs ?
05:17C'est-à-dire que, pour aller contre cette liste d'idées reçues dont vous parliez ?
05:22D'abord, ils rencontrent des gens qui sont fiers de leur métier.
05:25Quand on est face à des gens, quel que soit leur niveau, qui ont la banane,
05:30qui présentent avec plaisir leur savoir-faire, leur machine, leur façon de travailler,
05:35c'est plutôt réjouissant.
05:36Et on fait en sorte que, lors de ces visites, ce soient bien les gens qui sont au travail,
05:43si je puis dire.
05:44Ce n'est pas une action de communication.
05:48Ce sont bien les gens qui sont sur des postes, les ingénieurs, les techniciens,
05:52qui expliquent, qui présentent avec leurs mots, avec leurs pratiques, ce qu'ils font,
05:58leurs responsabilités, leur engagement.
06:00Est-ce que vous poussez le curseur, j'imagine que oui,
06:04mais à organiser aussi des visites dans les classes, dans les collèges, dans les lycées,
06:08pour justement changer l'image et inciter les plus jeunes à se dire
06:12« Tiens, peut-être que l'industrie, c'est pour moi. »
06:13Alors ça, c'est quelque chose que les Gadsars font depuis beaucoup plus longtemps.
06:16C'est ça, oui.
06:17On contribue à ce qu'on appelle la promotion des métiers scientifiques et des métiers d'ingénieurs.
06:22Et là, on a notre réseau, mais comme d'autres réseaux,
06:25contribuent effectivement à aller dans les collèges et lycées pour expliquer.
06:29Alors quand on explique, on n'explique pas seulement l'industrie,
06:31on explique d'abord l'importance de la science, des matières scientifiques,
06:36les mathématiques, la physique, pardon, les sciences de l'ingénieur,
06:39les sciences de la vie et de la terre, etc.,
06:41qui sont les bases nécessaires pour ensuite, le cas échéant,
06:45aller vers des métiers de l'industrie.
06:47Avec un enjeu, on est en pleine actualité sur la maîtrise notamment des mathématiques,
06:51le patron de Thalès qui alerte sur la baisse du niveau en maths en France.
06:55Il y a quelque chose de dramatique.
06:56Oui, mais évidemment, avec des effets qui risquent d'être délétères
06:59pendant plusieurs années, plusieurs décennies peut-être même.
07:02Cet observatoire, observatoire en collaboration avec l'IFOP,
07:06Observatoire Arts et Métiers des Industries Responsables,
07:08que vous avez publié il y a quelques mois, c'est ça ?
07:12C'était le premier ?
07:13Non, c'était le second.
07:14Ah, c'était le second.
07:16L'objectif, c'est justement de changer un peu l'image ?
07:18L'objectif, c'est d'avoir la température.
07:22On s'est dit, on pose des questions, donc année 1,
07:27on repose les mêmes questions, année 2, pour voir comment les choses évoluent.
07:31Et puis, on a rajouté cette année une question supplémentaire
07:35sur le sentiment que les Français avaient de la réindustrialisation.
07:40On voulait voir un petit peu comment les gens réagissaient.
07:43Alors, quand je dis les gens, en fait, on interroge d'un côté
07:45à peu près 2000 gazards, donc des ingénieurs
07:48qui sont pour beaucoup dans l'industrie.
07:50Et puis, donc, Jérôme Pourquet de l'IFOP interroge 1000 Français,
07:53et donc, pour voir un peu ce que ça donne.
07:55Et ce dont on s'est aperçu, donc, pour cette édition 2025,
08:00c'est que les Français, comme les ingénieurs d'ailleurs,
08:02étaient un peu dubitatifs sur la réindustrialisation.
08:06On est plus dans l'incantatoire
08:08et pas encore dans les effets de l'action politique, quoi.
08:11Quand on demande, en particulier aux ingénieurs,
08:14qu'est-ce qu'ils bloquent sur cette réindustrialisation,
08:15il y a deux sujets, deux thèmes qui reviennent.
08:18C'est d'une part la réglementation, la sur-réglementation,
08:22qui est un frein et un handicap au développement industriel.
08:26Et puis, deuxièmement, mais ça, vous le savez également,
08:29c'est le niveau des impôts de production
08:32qui freine le développement des entreprises.
08:34Et ça, c'est quelque chose qui est dit.
08:38Observatoire des industries responsables,
08:41quelle part, là ?
08:42Il y a des enjeux de décarbonation, évidemment,
08:44qui sont importants,
08:45et notamment dans les industries
08:48qui sont les plus consommatrices d'énergie.
08:52C'est un levier de transformation d'images, justement,
08:55par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure.
08:56Bien sûr, parce que, de toute façon,
08:58il faut comprendre que la décarbonation de l'industrie
09:02ne se fera pas de l'extérieur.
09:05Ça ne sera pas de l'incantatoire,
09:07ça ne sera pas des discours.
09:09Ce seront les gens de l'industrie
09:11qui, progressivement, font évoluer l'industrie.
09:14Alors, ça ne se dit pas, c'est pas connu,
09:17mais il faut comprendre que les industriels
09:20sont très sensibles à ces sujets.
09:23Ils donnent des objectifs à leurs équipes.
09:26Les gens travaillent tous là-dessus.
09:27Alors, comme c'est sur du temps long,
09:30comme ça se fait dans, comment dirais-je,
09:32par du travail en équipe,
09:34et comme c'est fondé sur des connaissances très pointues,
09:38ça n'est pas forcément su,
09:39et ça n'est pas forcément facile à faire connaître.
09:43Mais en revanche, je connais un peu le secteur de l'aéronautique,
09:47regardez comment, sur longue période,
09:49a évolué le niveau de consommation des avions en kérosène, par exemple.
09:54Mais c'est énorme, c'est très spectaculaire.
09:56Et ce sont bien des gens de l'intérieur qui le font.
09:59Et donc, l'industrie a besoin de compétences,
10:02a besoin d'enthousiasme et d'engagement pour se décarboner.
10:05Alors, je suis d'accord avec vous, ça vient d'abord de l'intérieur,
10:06mais il y a quand même la nécessité d'une impulsion réglementaire
10:10qui peut être française, qui peut être européenne.
10:11Si je prends l'exemple d'ArcelorMittal,
10:13de ce four que l'entreprise...
10:15Alors, l'engagement est pris, espérons que ça se fera.
10:18Il a fallu quand même que l'État EDF s'engage
10:21sur un prix d'électricité garanti
10:24pendant au moins une décennie, si je...
10:26Oui, oui, bien sûr, mais il est normal
10:29qu'il y ait un environnement réglementaire
10:32qui soit incitatif.
10:33Mais néanmoins,
10:35n'oublions pas que les jeunes
10:37sont également sensibles
10:39à ces sujets environnementaux,
10:41et ne pas traiter ces sujets environnementaux,
10:43c'est se couper de ressources
10:46qui ne viendront pas.
10:47Et donc, c'est un jeu
10:49sur lequel on doit prendre en compte
10:51l'ensemble des paramètres et les motivations
10:53des différentes parties prenantes.
10:55Merci beaucoup, Stéphane Gorce.
10:57On t'a bientôt sur Be Smart for Change.
10:59On passe tout de suite à notre Zoom,
11:01l'insertion professionnelle en question.
11:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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