00:00BFM Business et RMC Live présente la matinale de l'économie.
00:05Good morning business.
00:088h42 sur BFM Business et sur RMC Live.
00:10Bonjour Laurent.
00:11Marc Ferrentino est là et il est ravi d'être là pour débriefer l'actualité de la semaine.
00:15On commence avec l'actualité de la journée.
00:16Le dossier Brandt qui raconte quand même tous les problèmes de l'économie française.
00:20Le gouvernement annonce à l'instant qu'il ne veut pas lâcher le dossier
00:22et qu'il veut regarder s'il y a quelque chose qu'on peut faire avec cette marque.
00:26Est-ce que c'est une bonne décision de l'avoir liquidée ?
00:29Je ne sais pas si c'est une bonne décision de l'avoir liquidée
00:31mais je sais que c'est une décision qui est liée à la situation économique de l'entreprise.
00:35Je pense que mener des combats d'arrière-garde pour aller défendre Brandt
00:39alors que vous êtes il y a quelques minutes en train d'annoncer
00:42qu'OpenAI lance un nouveau modèle.
00:44C'est tout le problème aujourd'hui de la réflexion économique en France.
00:49C'est le problème du fantasme de la réindustrialisation.
00:53C'est le problème de vouloir revenir à la machine à vapeur
00:58et à la calèche alors qu'on n'est plus là-dedans.
01:02Vous répondez à la question, est-ce qu'il faut liquider la réponse ?
01:04Je ne sais pas parce que moi je n'ai pas les données sur l'entreprise.
01:08Donc vous dire que c'est une décision du tribunal,
01:10est-ce qu'il faut liquider ou pas ?
01:11Quelles sont les offres de reprise ?
01:13Il n'y en a pas.
01:14Je ne suis pas capable de juger mais je dis qu'aujourd'hui s'accrocher à des vestiges du passé
01:20alors qu'on a des TGV de l'IA et l'économie de demain qui est en train de se créer,
01:27ça fait partie du mal français, c'est-à-dire de s'accrocher à des vestiges du passé
01:31et je trouve que ça fait partie de ce fantasme délirant de réindustrialisation.
01:37Il faut faire de la réindustrialisation, vous parliez tout à l'heure du succès du fonds défense,
01:41là où on a des avantages compétitifs, on a des avantages compétitifs dans le luxe,
01:44on a des avantages compétitifs dans l'agroalimentaire,
01:47on a des avantages compétitifs dans la défense.
01:49Mais pas dans la machine à laver.
01:50Mais bon, ça y est quoi, je veux dire, on ne va pas revenir en arrière.
01:54La Chine qui était l'usine du monde aujourd'hui est à la tête d'une technologie mondiale
01:58dont on a tous besoin, il faut faire notre révolution, on ne l'a pas faite.
02:02En tout cas en France, on ne l'a pas faite.
02:03Alors, les entrepreneurs, à l'enfant, les entrepreneurs, eux, sont sur les nouvelles thématiques,
02:09se battent, les dirigeants d'entreprises vont sur les nouvelles tendances,
02:13mais on ne va pas défendre des vestiges du passé, ça ne sert vraiment à rien.
02:16Parmi l'actualité de la semaine, cette réserve fédérale qui a donc baissé les taux d'un quart de point,
02:23c'était mercredi soir, pas assez pour Donald Trump.
02:25Est-ce que pour vous le job est fait ?
02:27Non, pas du tout, le job n'est pas fait du tout.
02:28Alors, je suis très surpris parce que vous avez remarqué que cette semaine, les taux d'intérêt à long terme mondiaux
02:33étaient au plus haut depuis 16 ans.
02:35Donc, pourquoi ? Parce qu'il y a eu d'abord ce tsunami, on ne va pas revenir dessus, qui vient du Japon,
02:40avec un changement de paradigme complet du Japon.
02:42Ok, on va pas revenir dessus.
02:43Donc, moins d'investisseurs japonais globalement sur l'ensemble des taux obligataires.
02:45Voilà, des investisseurs japonais qui d'un coup ont la possibilité d'avoir des rendements importants chez eux,
02:50qui rapatrient une partie de l'argent, comme ce sont les créanciers du monde entier.
02:53Et bien, évidemment, ça a des impacts sur les taux d'intérêt mondiaux.
02:56Et puis, cette nouvelle tendance que j'entends un peu partout, notamment chez les prévisionnistes,
03:00comme quoi, un peu ce que vous dites, le job serait fait, la baisse des taux serait terminée,
03:04ce serait la fin du cycle de baisse des taux.
03:06Et évidemment, évidemment, en pointe de ce monde absurde.
03:11Ce n'est pas les prévisionnistes, c'est Isabelle Schnabel, en fait, qui dit qu'on voit ça...
03:15Non, non, parce qu'il y a une ambiance globale.
03:17Moi, je lis un peu toutes les notes des banques d'affaires américaines,
03:20des banques d'affaires internationales, et partout, j'entends dire, ça y est, c'est fini,
03:24le cycle de baisse des taux est terminé, on commence à avoir des hausses des taux au Japon,
03:28on a des hausses des taux en Australie, les États-Unis, le job est fait.
03:33Et la Banque Centrale Européenne, toujours, mais toujours à contre-courant,
03:38alors je sais que je fais une fixation, mais ce n'est pas possible de se planter autant
03:42et de ne pas se remettre en question, c'est-à-dire que le track record de la Banque Centrale Européenne
03:47sur les dix dernières années est dramatique, et là, qu'est-ce qu'on entend du côté de la Banque Centrale Européenne ?
03:53On entend le prochain mouvement, bon, c'est Schnabel, mais on va revenir sur Christine Lagarde.
03:59Schnabel dit, le prochain mouvement sera peut-être la hausse des taux,
04:02et Christine Lagarde dit, vous allez voir, on va avoir des bonnes surprises sur la croissance économique.
04:06Mais j'ai envie de leur dire, mais dans quel monde vous vivez ?
04:09C'est-à-dire, baladez-vous, allez voir les entreprises, où est la croissance économique ?
04:13Qu'est-ce qui fait qu'on maintient des taux d'intérêt aussi élevés ?
04:16Alors qu'il n'y a plus d'inflation, il n'y en a pas d'inflation en Europe.
04:18Il y a zéro inflation en Europe.
04:20Et on a une croissance économique mondiale qui est au tapis, européenne qui est au tapis.
04:26L'Allemagne qui va redémarrer, mais en 2026 et surtout en 2027,
04:30et encore, elle ne va pas tirer toute la zone euro.
04:32Mais donc, vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron quand il dit que la BCE ne joue pas toujours dans le camp européen ?
04:37Où il remet en cause ?
04:38Moi, je pense que la BCE, ce n'est pas une question de savoir si elle joue dans le camp européen ou pas.
04:42Il dit qu'il faut arrêter de réduire le bilan, il faut arrêter avec les taux, il faut continuer à les baisser.
04:47Je n'écoute plus depuis longtemps Emmanuel Macron en matière économique,
04:50mais la question, c'est de savoir pourquoi une banque centrale européenne qui s'est autant plantée
04:55ne fait pas son mea culpa sur plein de mouvements et continue à plomber l'économie européenne.
05:01On doit avoir des taux d'intérêt qui reviennent presque à zéro.
05:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nos taux en zone euro, le taux de l'euro, doit être à 1%, voire 0,5%.
05:13On est toujours à 2%.
05:14Alors, vous allez me dire 2%, non, mais ça va, c'est bien, on a déjà quand même beaucoup baissé.
05:19Mais non, on n'a pas suffisamment baissé.
05:21Aux Etats-Unis, contrairement à tout ce qu'on lit partout, les taux d'intérêt vont continuer à baisser.
05:26Le job n'est absolument pas fait.
05:28Il y a un ralentissement de l'emploi aux Etats-Unis.
05:32Il y a des éléments qui nous ont fait croire que l'économie américaine était plus résiliente,
05:37mais il y a des facteurs, des signaux faibles de ralentissement.
05:40Et donc, la baisse des taux va continuer en 2026.
05:44Surtout, là aussi, je ne comprends pas, c'est évident,
05:47il y a un nouveau patron de la Banque Centrale Européenne, américaine, qui va être nommé en mai.
05:53Ça va être un gars qui va être totalement aux ordres de Donald Trump.
05:56Donc, qui va baisser les taux ?
05:58Oui, on est aujourd'hui à entre 3,50 et 3,75.
06:02Les taux d'intérêt court terme américains vont descendre, je prends le pari ici, à 2,5% l'année prochaine.
06:09Les taux européens doivent descendre au moins de encore 1%.
06:12Et puis, en attendant, les erreurs de la BCE nous coûtent très cher,
06:16parce que vous avez vu l'euro ce matin, il est au plus haut, on est au-dessus d'un 17.
06:20Mais c'est dramatique, c'est-à-dire qu'on est déjà les dindons de la farce de la réorganisation mondiale commerciale.
06:29Vous avez vu, quand même, en une semaine, on a appris deux choses importantes.
06:33Hier, on a appris que le déficit américain commercial était au plus bas depuis cinq ans.
06:39Donc, ça veut dire que pour eux, les droits de douane, ça marche.
06:42Et puis, on a appris parallèlement à ça que le surplus économique, vous l'avez commenté,
06:46le chinois était au plus haut.
06:48Et on s'aperçoit, quand on regarde tout ça, qu'il y a un seul pigeon dans tout ça.
06:53Le seul qui joue le jeu du libre-échange, mais un libre-échange à sens unique,
06:59c'est la zone euro et l'Union européenne.
07:02Et franchement, il y a des jours où ce n'est pas simplement pour polémiquer,
07:05mais je me dis, mais je ne sais pas, comment ces gens jugent de la qualité de l'économie
07:11et comment ils peuvent continuer à nous asphyxier avec des taux d'intérêt qui sont trop élevés,
07:17avec maintenant un euro qui va être trop fort
07:20et qui va plomber ce qui nous reste en exportation.
07:23Franchement, c'est désastreux.
07:24Donc, finalement, vous êtes bien d'accord avec Emmanuel Macron
07:26et tout ce qu'il a dit dans les échos ?
07:28Non, non, non, je ne sais pas.
07:29Si sur la BCE, c'est à peu près le...
07:32Non, parce que je ne suis pas d'accord avec ce qu'il dit,
07:35dans le sens où il dit, aujourd'hui, elle n'est pas tout à fait dans son rôle.
07:38Ce que je dis, moi, c'est qu'elle se plante et que, moi, je me rappelle très bien
07:42de ce qu'avait dit le patron de la Banque d'Angleterre,
07:44qui avait dit, on a fait des erreurs,
07:47il faut qu'on fasse l'audit de nos erreurs, ce qu'ils ont fait.
07:49Nous, on ne fait pas l'audit de nos erreurs.
07:52La Banque centrale européenne a une lourde responsabilité
07:55dans la crise que traverse la zone euro
07:57et je pense qu'on n'en parle pas assez.
07:59Vous parlez de la faiblesse de l'Europe,
08:02faiblesse qui a été remontée par les Américains dans leur note stratégique.
08:06Là, carrément, ils parlent d'effacement.
08:08On est un ennemi désormais pour eux.
08:10Pour moi, c'est probablement...
08:12Vous voyez, si vous me posiez la question,
08:13je vous dirais que c'est peut-être l'événement le plus important de l'année de 2025.
08:18C'est-à-dire qu'aujourd'hui, très clairement,
08:20on voit que Donald Trump, on est devenu l'ennemi.
08:24Alors, on est l'ennemi économique,
08:26on est l'ennemi culturel,
08:28on est l'ennemi politique.
08:29On représente tout ce qu'il déteste.
08:32À juste titre, pour certaines choses,
08:34trop de réglementations,
08:36trop de contraintes,
08:36pas assez de décisions rapides,
08:39pas de flexibilité.
08:40Lui, ce qu'il aime,
08:41c'est pouvoir passer un coup de fil à Xi Jinping
08:42ou un chèque du Golfe
08:46et lui dire
08:47« Est-ce que tu veux faire ci, faire ça ? »
08:48Et il y a une seule personne qui répond.
08:49Il ne comprend rien à l'Union européenne.
08:51Je pense qu'on ne peut pas dire ça.
08:53On ne peut pas dire qu'il ne comprend rien.
08:54Au contraire, il comprend très bien l'Union européenne
08:57et il ne l'aime pas du tout.
08:58D'abord parce qu'on représente un vrai processus démocratique.
09:03Et ça, c'est bien.
09:04Ça, c'est bien.
09:05Et d'autre part,
09:07parce qu'il considère que
09:08bon, on est sur...
09:10Là, ce n'est pas mon domaine,
09:11mais on est dans un déclin culturel
09:13et que globalement,
09:15on a laissé passer trop d'immigration
09:17et que c'est en train d'atteindre.
09:19Là-dessus, je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui,
09:21même s'il y a des éléments
09:23qui sont rationnels
09:25et qu'on peut chiffrer.
09:27Mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
09:29ce qui me frappe, c'est de se dire
09:30« Bon, en 1949, on a l'OTAN,
09:33l'ennemi, c'est l'URSS
09:35et le communisme. »
09:36Et puis aujourd'hui,
09:37les États-Unis nous disent
09:39« Mais en fait, c'est vous l'ennemi.
09:40En fait, vous représentez un modèle
09:42économique, politique et social
09:44et culturel
09:46qui ne nous correspond plus du tout. »
09:48Ça veut dire quand même que,
09:49pour nous,
09:50on doit se réinventer tout seul maintenant.
09:53Je pense que c'est une très mauvaise nouvelle
09:54et une très bonne nouvelle.
09:56Une très mauvaise nouvelle
09:56parce que perdre l'alliance
09:58avec les États-Unis,
10:00c'est quand même un élément
10:01qui va reconfigurer le monde
10:02qu'on a connu
10:04et que j'ai connu moi
10:05depuis des dizaines d'années.
10:08Et d'un autre côté,
10:08c'est une très bonne nouvelle
10:09parce que c'est l'occasion
10:10de nous réinventer.
10:12Il faut qu'on nous réinvente.
10:13Je suis très positif.
10:14Je suis très positif
10:15sur le fait que l'Europe
10:16a la capacité
10:17de renouer avec...
10:20C'est quoi ?
10:20C'est nos industries créatives ?
10:21On l'a vu,
10:22on a eu deux démonstrations
10:22cette nuit.
10:23C'est notre luxe ?
10:24C'est plein de choses.
10:26D'abord,
10:27on est,
10:28je reprendrai les termes
10:29de Jean-Marc Daniel,
10:29on est une puissance
10:30en matière d'épargne.
10:31C'est-à-dire qu'il faut
10:32qu'on devienne un Japon bis.
10:34Le Japon est puissant,
10:35on en parlait tout à l'heure.
10:35Il faut investir beaucoup
10:36à l'étranger.
10:36Ah oui, voilà,
10:37on faisait la boucle...
10:38C'est Mumbai de Jean-Marc Daniel.
10:39Ouais, Mumbai,
10:40son obsession,
10:42mais il n'a pas totalement tort.
10:44C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
10:45l'élément qui est très positif
10:47sur l'Europe,
10:48c'est que, bon,
10:49certes, on vieillit,
10:50certes, on fait moins d'enfants,
10:51mais on a énormément d'épargne
10:53et on a une capacité aujourd'hui
10:55de peser sur le monde.
10:57L'idée, c'est de ne plus recréer
10:58des usines brantes.
11:00Ça, c'est terminé.
11:01Mais par contre, d'investir...
11:02Non, vous voulez terminer ?
11:03Parce qu'il me reste 4 secondes.
11:04Mais c'est d'investir
11:05dans des gens
11:06qui avancent très vite.
11:07Vous n'avez pas fini de parler,
11:08vous pourrez continuer ce soir
11:09danser votre argent
11:09à partir de 20h.
11:10Vous pourrez parler pendant...
11:11Et là, on me laissera parler.
11:12Absolument.
11:13Parce que moi,
11:13je vous ai énormément
11:14inquiétés ce matin.
11:16Alors, donc...
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