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  • il y a 20 minutes
Ce vendredi 17 avril, Gaspard Estrada, membre de l'unité Sud Global de la London School of Economics and Political Science, était l'invité d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils se sont intéressés à Cuba qui se dit prêt à contrer toute agression militaire des États-Unis et au soutien pétrolier de la Chine et de la Russie à l'île. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00Où en est Cuba ? Cuba est prêt à faire face à toute agression militaire, c'est ce que dit
00:04son président.
00:05On en parle avec Gaspar Estrada. Bonjour, vous êtes membre de l'unité sud-globale de la London School of
00:10Economic and Political Science, la fameuse LSE.
00:14Cuba qui a encore eu des déclarations, alors c'était hier à l'occasion du 65e anniversaire de la tentative
00:20d'invasion de la baie des Cochons,
00:22célébrée par Cuba. Le président redit, bon ben, on est prêt à une agression militaire.
00:27On sait quand même qu'on n'est pas sur les mêmes ordres de grandeur entre Cuba et les Etats
00:32-Unis.
00:32A l'évidence, s'il y a une action militaire américaine à Cuba, il est fort probable.
00:40C'est réglé.
00:41Néanmoins, une fois encore, la question c'est qu'est-ce qui se passe après ?
00:45On voit bien, et on l'a appris par la presse américaine, que Donald Trump s'informe désormais, non pas
00:51en briefing,
00:52mais à le visionnage de bombardements lors d'opérations spectaculaires du cas iranien.
01:02Néanmoins, la question qui se pose c'est qu'est-ce qui se passe après le bombardement ?
01:06Quels sont les interlocuteurs pour pouvoir contrôler, diriger un pays si l'administration américaine souhaite changer de régime ?
01:15Et je ne vois pas aujourd'hui à Cuba qui pourrait diriger ce pays, qui pourrait assurer une stabilité minimale.
01:22Et à l'extérieur peut-être de Cuba ?
01:24Peut-être à l'extérieur de Cuba, mais le problème c'est que c'est des personnalités qui aujourd'hui
01:29n'ont pas le pool du pays.
01:32Il existe une dissidence, il peut y avoir une opposition, y compris à l'intérieur du pays.
01:37Le problème c'est qu'elle n'est pas unie et qu'elle ne présente pas une perspective politique.
01:43Donald Trump a dit justement ces derniers mois qu'il n'envisageait pas une opération directe à Cuba,
01:48qu'il envisageait plutôt de faire tomber le pays avec l'embargo sur le pétrole.
01:52Il y a une chose qui a changé ces dernières semaines, c'est que la Russie s'est engagée à
01:57fournir du pétrole à Cuba.
01:58Ça suffit, ça donne un peu de répit à l'économie cubaine ?
02:01Oui, mais la question c'est est-ce qu'il y aura d'autres envois qui seront permis par l
02:10'administration américaine ?
02:11Parce qu'ils ont permis à un bateau de venir.
02:13Oui, donc ça permet à Cuba de tenir quelques semaines.
02:17En effet, c'est un répit, mais c'est un répit temporaire.
02:20La vraie question c'est est-ce que cette politique de blocus va être maintenue ? Non.
02:25Et quelles sont les conditions qui seront posées par l'administration américaine à Cuba
02:32en échange justement de la levée de ce blocus ?
02:34Est-ce qu'on peut dire que la Russie soutient activement ?
02:38Parce que quand on voit ce pétrolier envoyé, c'est peut-être ce qu'on peut se dire.
02:41Est-ce que ça va au-delà de ça ?
02:43Écoutez, moi je pense que ce qu'on peut constater, c'est que la Russie a fait défaut à ses
02:48nombreux alliés,
02:48que ce soit en Iran, en Syrie, au Venezuela.
02:52Et je pense que c'était aussi un signal qui était très important pour Vladimir Poutine
02:56de dire, ben voilà, dans le cas de Cuba, la Russie est solidaire
03:01et réussit justement à envoyer ce pétrole défiant les États-Unis.
03:07Et c'est un signal non seulement vis-à-vis de Cuba,
03:10mais aussi vis-à-vis des autres partenaires dans le sud global,
03:16de dire, ben voilà, on soutient nos alliés,
03:20alors que ces dernières années, on voyait plutôt une Russie assez absente.
03:25Mais une fois encore, c'est un pétrolier qui a été envoyé
03:28et la question de fond, c'est est-ce que cela va durer,
03:32est-ce qu'il y aura une perspective de long terme ?
03:33Un pétrolier, c'est quelques semaines, quoi.
03:35Deux à trois semaines.
03:36Deux à trois semaines de Carmeuron.
03:37Analyse 1.
03:38Le régime cubain avait toujours été assez retranché dans ses positions
03:41face à l'administration américaine.
03:42Là, il y a eu un signal d'ouverture il y a quelques semaines
03:44en disant qu'ils étaient prêts à ouvrir partiellement leur économie
03:48aux investissements américains.
03:50Est-ce que vous pensez qu'il y a des négociations qui se passent en coulisses en ce moment ?
03:53Je pense qu'il y a des négociations qui ont lieu.
03:57Néanmoins, la vraie question, la question politique,
04:01jusqu'à présent, elle a été assez sèchement tranchée par le gouvernement cubain.
04:08Vous l'avez évoqué hier.
04:11Le président cubain ne souhaite pas démissionner,
04:15ne souhaite pas rendre les armes.
04:17Et donc, les paramètres d'un accord politique, on les voit mal.
04:22D'autant plus que du côté américain, on voit aussi des différences d'appréciation
04:27entre plusieurs dirigeants américains.
04:31Certains souhaiteraient un changement de régime.
04:33Je pense notamment au secrétaire d'État, Marco Rubio.
04:35Très investi sur le sujet.
04:36Absolument.
04:37On voit d'autre part, Donald Trump, lui,
04:41pourrait s'accommoder d'une sorte de statu quo.
04:45Et avec une situation qui évolue beaucoup,
04:48puisqu'on a vu au début de l'année, avec ce qui s'était passé au Venezuela,
04:51ça a donné une sorte d'hubris à l'administration américaine.
04:54Là, on est quand même dans une toute autre dimension,
04:57un tout autre contexte à la suite des opérations en Iran.
05:01Donc, je pense que tout ça évolue aussi en fonction du temps
05:03et des perspectives politiques.
05:05Puisqu'on vous tient, Gaspard Estrada,
05:07après la situation de Cuba, il y a le sujet du Chili.
05:12Le Chili qui va imposer une thérapie de choc de la part de son nouveau président ultra-conservateur.
05:17On parle de réduction de l'impôt sur les sociétés,
05:19de baisse temporaire de la TVA, d'un plan d'austérité de 6 milliards.
05:23Ça ressemble un peu à l'Argentine.
05:25Qu'est-ce qui se passe au Chili ? Racontez-nous.
05:27En fait, ce qui se passe en Argentine,
05:29c'est qu'il y a effectivement une stagnation économique de ce pays,
05:34mais avec des fondamentaux qui sont très différents du cas argentin.
05:40Il n'y a pas une hyperinflation.
05:43Les fondamentaux de l'économie chilienne sont beaucoup plus sains.
05:48C'est une économie qui exporte, qui exporte du cuivre,
05:51qui exporte donc aussi des matières premières,
05:53mais qui a aussi un secteur tertiaire beaucoup plus développé,
05:59un secteur technologique aussi qui existe au Chili.
06:05Néanmoins, on voit bien que l'économie chilienne a du mal à recréer la croissance.
06:11Le choix qui est opéré par le gouvernement chilien actuel
06:15est radicalement différent de celui de son prédécesseur,
06:18de son entregauche, Gabriel Boric.
06:20Il est clair que l'entreprise va être mise en avant,
06:25et c'est le sens des réformes que vous avez évoquées,
06:28notamment cette diminution de l'impôt sur les sociétés.
06:33Néanmoins, il y a beaucoup de polémiques aujourd'hui au Chili
06:37par rapport à ces mesures,
06:39puisque ce que critiquent les membres de l'opposition,
06:43c'est que cette diminution de l'impôt sur les sociétés,
06:46elle va essentiellement bénéficier les grands groupes chiliens,
06:50et très peu le tissu productif, les PME.
06:55Et in fine, la question c'est à qui profitent ces réformes,
07:00et c'est là où il y a un débat aujourd'hui économique au Chili.
07:03Juste, il nous reste quelques secondes,
07:04sur l'Argentine, il y a eu des chiffres sur la pauvreté,
07:06disons que le taux de pauvreté s'était beaucoup réduit.
07:09Est-ce que Ravier Millet est en train de gagner en partie son pari ?
07:12Alors, oui et non.
07:14Certes, il y a eu cette chute de la pauvreté,
07:18mais qui est due aussi à un changement statistique,
07:23et d'autre part, il y a aussi des risques
07:27en fonction d'une remontée de l'inflation
07:30qui pourrait augmenter à nouveau la pauvreté en Argentine.
07:35Merci beaucoup, Kaspar Estrada,
07:36est venu ce matin dans la matinale de l'économie.
07:38Merci beaucoup, Kaspar Estrada.
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