00:00C'est Donald Trump qui s'exprime donc sur Fox News cette nuit pour dire que la guerre est proche
00:03de la fin,
00:04que les négociations pourraient reprendre au Pakistan d'ici deux jours.
00:08Alors ça tombe bien parce que l'UFMI commençait quand même à s'inquiéter sur les perspectives de croissance mondiale.
00:12Notre invité pour en parler c'est Adèle Bakawan.
00:13Bonjour, directeur de l'European Institute for Studies on the Middle East and North Africa.
00:18On a donc ces bonnes nouvelles de la part de Donald Trump.
00:21Comment vous les analysez-vous ce matin ?
00:24Parce que tout simplement il n'y a pas d'autre solution.
00:27L'idéologie n'a pas fonctionné, le militaire n'a pas fonctionné.
00:33Aujourd'hui on est entré dans la guerre économique.
00:38Et la guerre économique pour moi c'est le seul langage que les Pazdaran,
00:42c'est-à-dire les gardiens de la révolution, notamment la nouvelle génération qui dirige le pays,
00:48comprennent parfaitement ce langage.
00:50Pourquoi ? Parce que les Iraniens commencent à comprendre que chaque jour avec l'oblocus
00:55qui bloque le blocus iranien, le blocus de Donald Trump,
01:00avec ça ils perdent selon les médias iraniens 400 millions de dollars par jour.
01:05Donc le blocus du blocus ça marche ?
01:07Ça marche et ça marche parfaitement.
01:09Moi je pense que c'était la seule solution.
01:12Pourquoi ? Parce que pendant 40 jours de guerre,
01:15de guerre très très très intense,
01:17la République islamique est encore là, n'est-ce pas ?
01:20On s'est lancé dans un processus de négociation diplomatique.
01:26Ça n'a pas fonctionné à Islamabad.
01:28Maintenant Donald Trump a mis à frapper là où ça fait très très très mal,
01:34à savoir l'économie, toujours l'économie.
01:36Vous savez, Mouchtaba qui dirige désormais la République islamique,
01:40avant tout c'est un homme d'affaires,
01:42c'est un homme qui a énormément de projets économiques partout dans le monde.
01:46La nouvelle génération installée au centre du Conseil suprême,
01:51d'où la sécurité nationale,
01:53qui dirige normalement le pays, les 17 personnalités,
01:57avant tout ils sont des hommes d'affaires.
02:00Et donc en frappant l'économie iranienne,
02:03comme vous le savez,
02:0490% de pétroles iraniens passent par le détroit d'Hormoz,
02:08c'est 90% de l'économie iranienne qui est bloquée.
02:11Annalisa, est-ce que quelque chose a changé
02:14concernant les points qui ont fait échouer le premier round de négociations ?
02:17Oui, la première fois,
02:19les Américains sont venus avec l'esprit de capitulation,
02:24et non pas l'esprit de négociation.
02:26Vous savez, les Iraniens sont venus avec 125 feuilles,
02:30avec bien évidemment les dix conditions,
02:33les dix exigences,
02:34mais pour chaque exigence avec des protocoles.
02:37Les Américains, ils sont venus avec une seule feuille,
02:40dans laquelle il y avait les 15 exigences.
02:42Ils pensaient que dès qu'ils arrivent à Islamabad,
02:46les Iraniens vont capituler directement.
02:50Or, les Iraniens, ils ont une grande tradition de négociation.
02:54Déjà, ça c'était le désenchantement,
02:57mais au-delà de ce désenchantement,
02:59c'est une grande victoire, je dirais,
03:01pour la communauté internationale et pour les États-Unis.
03:04Pardonnez-moi de parler de cette façon-là,
03:06mais vraiment d'une manière factuelle.
03:08Pourquoi ?
03:09Parce que pendant 47 ans,
03:12toute la narration de la République islamique d'Iran,
03:14c'était quoi ?
03:15C'est que nous sommes en lutte profonde
03:18contre le grand Satan,
03:20avec qui on ne discute pas.
03:21Il n'y a jamais eu des négociations bilatérales,
03:25face to face, face à face,
03:27entre le vice-président du grand Satan
03:29et l'homme le plus fort de la République islamique d'Iran, Khalifa.
03:33Donc rien que la discussion, c'est une victoire ?
03:35Cette discussion-là, c'est la chute de toute cette mythologie,
03:39tout ce symbolisme, tout ce référentiel mobilisateur
03:42de la République islamique d'Iran.
03:43À ce point-là, oui, c'est une victoire,
03:46c'est une victoire et c'est très très important
03:48parce que désormais, ils peuvent se parler
03:50sans passer par les interminaires Oumane, Qatari, etc.
03:56Mais bien évidemment, la dernière fois,
03:58lorsqu'on a signé des accords uniquement sur un point,
04:02le programme atomique, ça a duré 20 mois.
04:05Ce n'est pas avec 20 heures ou 23 heures,
04:08on peut régler cette question.
04:09Donc vous pensez qu'avec ce deuxième rang de négociations,
04:11alors Donald Trump annonce d'ici deux jours,
04:13donc ça se rapproche vraiment.
04:16Les Américains vont arriver avec une nouvelle proposition,
04:19pas une seule page, plusieurs pages ?
04:20Exactement.
04:21Par exemple, par rapport au nucléaire,
04:23ils sont arrivés la semaine dernière pour dire
04:26pas de nucléaire, zéro enrichissement, c'est fini là.
04:29Et jamais, jamais, jamais.
04:31Cette fois, depuis hier, les Américains annoncent 20 ans,
04:36n'est-ce pas ?
04:36Pendant 20 ans, vous le mettez entre parenthèses.
04:38Les Iraniens qui disaient
04:41jamais, jamais on n'abandonne notre programme nucléaire.
04:44Et là, ils ont mis, je ne sais pas si on peut dire comme ça,
04:46de l'eau dans leur vin,
04:47même s'ils ne boivent pas.
04:50Ils ne boivent pas.
04:51Alors donc, c'est quoi ?
04:52Ils proposent, non, pas 20 ans, mais 5 ans.
04:55Et donc, entre 5 ans des Pazdaran,
04:57des gardiens de la révolution,
04:59et 20 ans de Donald Trump,
05:01il y a une vraie marche pour négocier.
05:03Ça nous donne un espoir de paix dans les prochains jours.
05:07C'est ce que presse les marchés ce matin.
05:08Et je pense que le marché,
05:10c'est l'indicateur le plus important à observer.
05:13Pourquoi ?
05:13Parce que le marché est factuel.
05:15Le marché est concret.
05:17Et il regarde les données concrètes et factuelles.
05:19Alors aujourd'hui,
05:21je pense que toutes les conditions objectives et factuelles
05:24sont réunies pour que les Iraniens et les Américains
05:27se retrouvent autour de la table de négociation.
05:30Et il n'y a pas d'autre choix,
05:31il n'y a pas d'autre option.
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