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  • il y a 6 semaines
Ce mercredi 15 avril, Adel Bakawan, directeur de l'European Institute for Studies on the Middle East and North Africa, était l'invité de Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils ont commenté les annonces de Donald Trump au sujet d'une fin de guerre proche et d'une reprise des négociations au Pakistan. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00C'est Donald Trump qui s'exprime donc sur Fox News cette nuit pour dire que la guerre est proche
00:03de la fin,
00:04que les négociations pourraient reprendre au Pakistan d'ici deux jours.
00:08Alors ça tombe bien parce que l'UFMI commençait quand même à s'inquiéter sur les perspectives de croissance mondiale.
00:12Notre invité pour en parler c'est Adèle Bakawan.
00:13Bonjour, directeur de l'European Institute for Studies on the Middle East and North Africa.
00:18On a donc ces bonnes nouvelles de la part de Donald Trump.
00:21Comment vous les analysez-vous ce matin ?
00:24Parce que tout simplement il n'y a pas d'autre solution.
00:27L'idéologie n'a pas fonctionné, le militaire n'a pas fonctionné.
00:33Aujourd'hui on est entré dans la guerre économique.
00:38Et la guerre économique pour moi c'est le seul langage que les Pazdaran,
00:42c'est-à-dire les gardiens de la révolution, notamment la nouvelle génération qui dirige le pays,
00:48comprennent parfaitement ce langage.
00:50Pourquoi ? Parce que les Iraniens commencent à comprendre que chaque jour avec l'oblocus
00:55qui bloque le blocus iranien, le blocus de Donald Trump,
01:00avec ça ils perdent selon les médias iraniens 400 millions de dollars par jour.
01:05Donc le blocus du blocus ça marche ?
01:07Ça marche et ça marche parfaitement.
01:09Moi je pense que c'était la seule solution.
01:12Pourquoi ? Parce que pendant 40 jours de guerre,
01:15de guerre très très très intense,
01:17la République islamique est encore là, n'est-ce pas ?
01:20On s'est lancé dans un processus de négociation diplomatique.
01:26Ça n'a pas fonctionné à Islamabad.
01:28Maintenant Donald Trump a mis à frapper là où ça fait très très très mal,
01:34à savoir l'économie, toujours l'économie.
01:36Vous savez, Mouchtaba qui dirige désormais la République islamique,
01:40avant tout c'est un homme d'affaires,
01:42c'est un homme qui a énormément de projets économiques partout dans le monde.
01:46La nouvelle génération installée au centre du Conseil suprême,
01:51d'où la sécurité nationale,
01:53qui dirige normalement le pays, les 17 personnalités,
01:57avant tout ils sont des hommes d'affaires.
02:00Et donc en frappant l'économie iranienne,
02:03comme vous le savez,
02:0490% de pétroles iraniens passent par le détroit d'Hormoz,
02:08c'est 90% de l'économie iranienne qui est bloquée.
02:11Annalisa, est-ce que quelque chose a changé
02:14concernant les points qui ont fait échouer le premier round de négociations ?
02:17Oui, la première fois,
02:19les Américains sont venus avec l'esprit de capitulation,
02:24et non pas l'esprit de négociation.
02:26Vous savez, les Iraniens sont venus avec 125 feuilles,
02:30avec bien évidemment les dix conditions,
02:33les dix exigences,
02:34mais pour chaque exigence avec des protocoles.
02:37Les Américains, ils sont venus avec une seule feuille,
02:40dans laquelle il y avait les 15 exigences.
02:42Ils pensaient que dès qu'ils arrivent à Islamabad,
02:46les Iraniens vont capituler directement.
02:50Or, les Iraniens, ils ont une grande tradition de négociation.
02:54Déjà, ça c'était le désenchantement,
02:57mais au-delà de ce désenchantement,
02:59c'est une grande victoire, je dirais,
03:01pour la communauté internationale et pour les États-Unis.
03:04Pardonnez-moi de parler de cette façon-là,
03:06mais vraiment d'une manière factuelle.
03:08Pourquoi ?
03:09Parce que pendant 47 ans,
03:12toute la narration de la République islamique d'Iran,
03:14c'était quoi ?
03:15C'est que nous sommes en lutte profonde
03:18contre le grand Satan,
03:20avec qui on ne discute pas.
03:21Il n'y a jamais eu des négociations bilatérales,
03:25face to face, face à face,
03:27entre le vice-président du grand Satan
03:29et l'homme le plus fort de la République islamique d'Iran, Khalifa.
03:33Donc rien que la discussion, c'est une victoire ?
03:35Cette discussion-là, c'est la chute de toute cette mythologie,
03:39tout ce symbolisme, tout ce référentiel mobilisateur
03:42de la République islamique d'Iran.
03:43À ce point-là, oui, c'est une victoire,
03:46c'est une victoire et c'est très très important
03:48parce que désormais, ils peuvent se parler
03:50sans passer par les interminaires Oumane, Qatari, etc.
03:56Mais bien évidemment, la dernière fois,
03:58lorsqu'on a signé des accords uniquement sur un point,
04:02le programme atomique, ça a duré 20 mois.
04:05Ce n'est pas avec 20 heures ou 23 heures,
04:08on peut régler cette question.
04:09Donc vous pensez qu'avec ce deuxième rang de négociations,
04:11alors Donald Trump annonce d'ici deux jours,
04:13donc ça se rapproche vraiment.
04:16Les Américains vont arriver avec une nouvelle proposition,
04:19pas une seule page, plusieurs pages ?
04:20Exactement.
04:21Par exemple, par rapport au nucléaire,
04:23ils sont arrivés la semaine dernière pour dire
04:26pas de nucléaire, zéro enrichissement, c'est fini là.
04:29Et jamais, jamais, jamais.
04:31Cette fois, depuis hier, les Américains annoncent 20 ans,
04:36n'est-ce pas ?
04:36Pendant 20 ans, vous le mettez entre parenthèses.
04:38Les Iraniens qui disaient
04:41jamais, jamais on n'abandonne notre programme nucléaire.
04:44Et là, ils ont mis, je ne sais pas si on peut dire comme ça,
04:46de l'eau dans leur vin,
04:47même s'ils ne boivent pas.
04:50Ils ne boivent pas.
04:51Alors donc, c'est quoi ?
04:52Ils proposent, non, pas 20 ans, mais 5 ans.
04:55Et donc, entre 5 ans des Pazdaran,
04:57des gardiens de la révolution,
04:59et 20 ans de Donald Trump,
05:01il y a une vraie marche pour négocier.
05:03Ça nous donne un espoir de paix dans les prochains jours.
05:07C'est ce que presse les marchés ce matin.
05:08Et je pense que le marché,
05:10c'est l'indicateur le plus important à observer.
05:13Pourquoi ?
05:13Parce que le marché est factuel.
05:15Le marché est concret.
05:17Et il regarde les données concrètes et factuelles.
05:19Alors aujourd'hui,
05:21je pense que toutes les conditions objectives et factuelles
05:24sont réunies pour que les Iraniens et les Américains
05:27se retrouvent autour de la table de négociation.
05:30Et il n'y a pas d'autre choix,
05:31il n'y a pas d'autre option.
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