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  • il y a 41 minutes
Mercredi 8 juillet 2026, retrouvez Odile Batsère (Présidente Observatoire de l'Immobilier Durable, Directrice RSE et Innovation, Société de la Tour Eiffel), Dany El Oubari (co-fondateur, INCOM), Emilie Herny (directrice économie circulaire, Safran) et Raphaël Masvigner (Co-fondateur, Circul'R) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission de celles et ceux qui font de
00:12la transformation environnementale et sociétale un axe fort de leur stratégie.
00:16Et voici le sommaire, c'est Odile Batzer, la directrice ESG Innovation de la société de la Tour Eiffel.
00:21Elle est également présidente de l'Observatoire de l'Immobilier Durable, qui sera l'invité du grand entretien, tout à
00:26l'heure, 26 minutes, pour analyser les mutations du secteur du bâtiment.
00:30Mais d'abord, je reçois Daniel Houbari, qui est cofondateur d'Incom, coopérative d'activité et d'emploi dédiée aux
00:37chauffeurs VTC, une alternative au modèle précaire du secteur.
00:40Dans notre débat, on parlera de l'économie circulaire.
00:42Neuf grands industriels français qui viennent de publier un appel pour en faire un levier stratégique de compétitivité et de
00:49souveraineté.
00:50Et puis, dans la rubrique Smart Ideas, la bonne idée du jour, elle est signée en DSP.
00:54C'est une biscuiterie inclusive et anti-gaspillage.
00:58Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:06L'invité de ce Smart Impact, c'est Daniel Houbari. Bonjour.
01:10Bonjour.
01:10Bienvenue, vous êtes le cofondateur d'Incom, coopérative d'activité et d'emploi dédiée aux chauffeurs VTC.
01:17Vous l'avez créée il y a un an. Avec quelle idée ? Racontez-moi.
01:20Exactement. Incom a été lancé le 1er mai 2025, lors de la fête du travail.
01:25Notre volonté, nous, ça fait plus de 5 ans qu'on travaille sur le secteur du VTC, c'est d
01:28'améliorer la condition sociale des chauffeurs.
01:30Aujourd'hui, avec Incom, on propose le meilleur statut pour les chauffeurs VTC.
01:34Alors, c'est quoi le modèle économique, modèle social d'Incom ?
01:38Bien sûr. Donc, avec Incom, les chauffeurs vont pouvoir accéder au statut d'entrepreneur salarié, permis par une coopérative.
01:45Et l'avantage de ce statut, c'est qu'il permet aux chauffeurs de garder la liberté qui lui est
01:50chère, tout en ayant les avantages du CDI.
01:52Ça permet également d'avoir un salaire qui dépend du chiffre d'affaires généré.
01:55Et c'est ce qu'on propose avec Incom, également de ne plus avoir à gérer tout l'administratif avec
02:00une application disponible pour les chauffeurs.
02:02Comment vous différenciez, je commence à le comprendre, mais des plateformes VTC classiques qu'on peut croiser ou qu'on
02:09peut utiliser les uns et les autres ?
02:10Alors, nous, ce n'est pas du tout notre rôle de mettre en relation des passagers avec des chauffeurs.
02:14Notre rôle, c'est de simplifier le quotidien administratif des chauffeurs, de leur permettre de pouvoir travailler en 24 heures
02:20sur toutes les plateformes qu'ils préfèrent.
02:21Et justement, on permet aux chauffeurs, on facilite l'accès à ces plateformes et de leur permettre d'avoir accès
02:27à des fiches de paye, à une protection sociale
02:29et d'accéder à d'autres avantages présents dans l'application.
02:32Quand on parle d'une coopérative, alors le modèle coopératif, il est bien spécifique. C'est quoi la coopération dans
02:41votre modèle ?
02:42Le modèle coopératif permet du co-chauffeur d'avoir accès à ce statut d'entrepreneur salarié,
02:48mais également de pouvoir, à terme, accéder à un statut d'associé, de pouvoir participer aux décisions stratégiques.
02:56L'avantage, c'est que nous, on a aussi cette brique technologique au sein de ce modèle qui permet de
03:03pouvoir attirer le plus grand nombre.
03:06Il y a combien de chauffeurs aujourd'hui, un an après la création ?
03:09Aujourd'hui, il y a près de 2000 chauffeurs qui nous ont rejoints et ça ne fait que croître.
03:13Il y a une transposition de la directive européenne sur les travailleurs des plateformes qui est en cours en ce
03:17moment en France et dans les autres pays de l'Union
03:19et du coup, qui pousse les chauffeurs à aller vers ce nouveau modèle.
03:24Est-ce qu'il y a des critères pour rejoindre Incom en tant que chauffeur ?
03:28Bien sûr. Pour nous, un chauffeur qui fait moins de 1000 euros de chiffre d'affaires par mois sur le
03:32métier du VTC,
03:33il y en a qui travaillent entre midi et deux par exemple.
03:35On va leur dire que ce n'est pas forcément très impactant de rejoindre Incom.
03:42Mais sinon, c'est plutôt ouvert à l'entierté des chauffeurs.
03:44Il y a même des chauffeurs qui travaillent uniquement sur des applications, d'autres qui ne font quasiment pas d
03:49'application.
03:49Et dans l'application Incom, il y a un module de course privée qui permet à ces chauffeurs-là de
03:52pouvoir rapatrier leur revenu.
03:53Alors, c'est un CDI ? C'est un CDI particulier ? Quelles caractéristiques il a, ce contrat ?
03:59Oui, c'est un CDI d'entrepreneur salarié.
04:02Et donc, ce n'est pas du tout un CDI classique.
04:04On ne va pas être là tous les lundis à 9h à demander au chauffeur qu'est-ce qu'il
04:07fait bien au travail.
04:08Non, il garde sa liberté.
04:10Et en fait, ce statut d'entrepreneur salarié permet au chauffeur d'avoir un salaire qui dépend du chiffre d
04:15'affaires généré.
04:15Et donc, nous, notre rôle ici, c'est d'optimiser du coup cette rémunération du chauffeur en intégrant les frais
04:21professionnels
04:22parce qu'un chauffeur a un véhicule qui coûte cher, des dépenses importantes dans le cours du mois.
04:27Et aussi, grâce à la coopérative, on peut mutualiser les coûts, les coûts comptables, analytiques,
04:32qui permet du coup au chauffeur de pouvoir optimiser sa rémunération.
04:35Est-ce qu'on peut parler de sécurité du travail ?
04:37Parce qu'un CDI, c'est souvent associé à la sécurité du travail.
04:39Et là, c'est un peu différent, quand même, puisque leur destin, il est lié à leur chiffre d'affaires,
04:44quand même.
04:44Non, le côté sécurité, on va plus le retrouver au niveau de la protection sociale,
04:49c'est-à-dire dans les avantages sociaux.
04:51Les chauffeurs vont pouvoir cotiser pour la retraite, le chômage,
04:53ce qui n'était pas vraiment le cas avant avec le statut d'auto-entrepreneur.
04:57Ils vont également pouvoir avoir des arrêts maladie, des congés payés, donc une mutuelle également.
05:02Donc, c'est tous ces avantages-là qui fournissent la sécurité.
05:04Après, voilà, comme on permet au chauffeur de garder la liberté tout en ayant les avantages du CDI,
05:10c'est vraiment là qu'on y gagne.
05:13C'est un secteur que vous connaissez bien.
05:14Vous avez pu identifier ses faiblesses, notamment la question de la précarité des chauffeurs ?
05:22Exactement. Je pense que vous le savez également, quand vous échangez avec un chauffeur,
05:26ils souffrent beaucoup, ils souffrent aussi de ne pas être écoutés.
05:30Au-delà de la précarité, ils ne se sentent pas entendus.
05:32Et nous, ça fait plus de cinq ans qu'on travaille sur le segment du VTC.
05:35On a rencontré des milliers de chauffeurs dans nos bureaux à Station F.
05:40Et c'est en échangeant avec ces chauffeurs qu'on a compris qu'il y avait un vrai sujet au
05:44niveau du statut.
05:46C'est ce sur quoi on a travaillé pour pouvoir le leur proposer le 1er mai 2025.
05:50Avec quel modèle économique ? Comment ça marche ?
05:52Oui, donc le modèle économique d'Income.
05:55Income prélève des frais de service qui sont à partir de 5% du chiffre d'affaires
06:00sur le chiffre d'affaires généré par un chauffeur.
06:01Donc c'est seulement si le chauffeur travaille, par exemple un chauffeur qui ne travaille pas,
06:05il n'a pas de frais qui sont imputés sur son chiffre d'affaires, il n'a pas de frais
06:09fixes.
06:09Et donc voilà, c'est des frais de service qui sont à partir de 5% sur son chiffre.
06:13Alors est-ce que c'est négocié ? Est-ce que c'est le même taux pour tout le monde
06:19?
06:19Pour l'instant, c'est le même taux pour tout le monde.
06:21C'est en fonction du chiffre d'affaires du chauffeur.
06:23Plus le chauffeur va faire un chiffre d'affaires important, moins ce taux le sera.
06:27Et donc ça permet d'aligner nos intérêts avec ceux des chauffeurs, notre volonté.
06:31Et c'est ce qu'on est en train de réaliser avec Income, c'est qu'on a des chauffeurs
06:33ultra qualifiés
06:34qui rejoignent la plateforme et qui rejoignent Income et qui permettent de fournir des courses de qualité.
06:41Comment ils gagnent ? C'est quoi le salaire moyen d'un chauffeur VTC aujourd'hui ?
06:46Le salaire moyen, ça dépend. Il y a des chauffeurs qui font ça à temps plein, à temps partiel.
06:49Mais on va dire qu'un chauffeur va générer environ 4 000 euros de chiffre d'affaires,
06:53surtout en ce moment avec la saison haute.
06:55En moyenne, il va pouvoir ressortir 3 200 euros de salaire net après avoir payé la TVA,
07:00les cotisations sociales et les frais de service.
07:02Et donc, il va pouvoir se retrouver à ce niveau-là, ce qui est beaucoup plus intéressant
07:06que le statut micro-entreprise, où en fait, le chauffeur va devoir payer de l'URSSAF,
07:11mais basé sur son chiffre d'affaires brut, c'est-à-dire avant commission.
07:14Et donc, c'est aussi pour ça que le statut Income permet d'optimiser la rémunération du chauffeur.
07:18C'est coopératif, VTC, vous n'êtes pas la seule.
07:23Ça devient le nouveau modèle, qu'est-ce qu'on peut en dire, du développement de cette offre alternative ?
07:28Nous, on est convaincus que c'est le futur du travail en plateforme.
07:32Ce statut salarié hybride, on le voit, il y a la transposition de la directive européenne qui est en cours.
07:37Les institutions veulent offrir un statut plus protecteur et sécurisant aux chauffeurs.
07:43Et donc, en moins d'un an, on a plus de près de 2000 chauffeurs qui nous ont rejoints.
07:48Et donc, on voit que c'est le nouveau standard.
07:50Pour l'instant, vous êtes basé en région parisienne uniquement ?
07:53Alors, les chauffeurs sont présents dans toute la France.
07:55On a des chauffeurs partout en France.
07:57Nous, nos bureaux sont ici, à Paris.
07:59Mais on a des chauffeurs qui sont partout en France et on essaye d'être le plus proche d'eux,
08:03même si on ne l'est pas physiquement.
08:05Quel lien vous avez avec les chauffeurs ?
08:07C'est marrant.
08:07Moi, il y a plein de chauffeurs qui ont mon numéro de téléphone et qui peuvent m'appeler un samedi
08:10soir pour me dire qu'ils ont un problème avec telle ou telle plateforme,
08:14parce que leur document a expiré ou quoi que ce soit.
08:17On est super proche des chauffeurs.
08:19Et c'est aussi ça, notre force, cette proximité.
08:21Alors ça, ça marche quand on en a quelques centaines ou quelques milliers.
08:26Mais est-ce que vous avez intégré à votre réflexion, justement, le fait que si ce modèle devient un peu
08:32plus massif, il va falloir garder un lien avec les chauffeurs ?
08:37Moi, j'aime bien avoir ce regard terrain parce que ça me permet de comprendre ce qui se passe, d
08:42'être au courant des différentes choses.
08:44Après, oui, bien sûr, je ne gère pas tous les chauffeurs de la coopérative, sinon ce serait ingérable.
08:49J'ai une équipe dédiée là-dessus qui est super performante.
08:53On est aujourd'hui près de 40 personnes sur Income et qui permet de tenir ce lien avec les chauffeurs.
08:59Les chauffeurs ont besoin d'être accompagnés à leur entrée, mais également ensuite, on les accompagne.
09:03Par exemple, on a Cyril qui a pu devenir propriétaire grâce aux fiches de pay Income.
09:07On l'a aidé à avoir des fiches de pay optimisées pour aller chercher son prêt bancaire.
09:11Ou Farid qui a pu passer d'une Toyota à une Tesla et qui aujourd'hui fait 50% de
09:15chiffre d'affaires en plus.
09:16Donc, des success stories, on en a.
09:18Mais pour ça, on a besoin de les accompagner, en effet.
09:20Le 50% de chiffre d'affaires en plus, il est lié au changement de véhicule ?
09:24Oui, parce qu'il va passer dans une catégorie supérieure qui va lui permettre de faire plus de courses.
09:29Et aussi, il faut savoir, avec le statut Income, les chauffeurs gagnent du temps.
09:32Ils n'ont plus besoin de travailler autant sur leur comptabilité, sur leur reporting.
09:37Et avec nous, ils peuvent travailler encore plus.
09:39Est-ce qu'il y a beaucoup de turnovers ?
09:41Est-ce que c'est un métier, justement, peut-être parce qu'il est difficile ou parce qu'il est
09:45précaire,
09:46ou c'est compliqué de prendre de l'expérience ?
09:50Et peut-être d'ailleurs qu'il y a beaucoup de chauffeurs VTC qui se disent « je ne vais
09:52pas faire ça toute ma vie ».
09:53C'est une excellente question parce que nous, c'est un défi qu'on a.
09:56On a énormément de chauffeurs qui veulent arrêter du jour au lendemain,
09:58de nombreux chauffeurs qui arrivent également sur le secteur.
10:02Et donc, nous, notre défi, c'est de pouvoir faciliter l'onboarding,
10:06mais également l'outboarding de ces chauffeurs le plus rapidement possible.
10:11Et oui, beaucoup de chauffeurs sont attirés par l'attractivité du métier,
10:15mais en réalité, ce métier est quand même assez dur.
10:17Il faut travailler de longues heures.
10:19Il ne faut pas compter ses heures, en général, quand on fait ce métier.
10:24Et parfois, avec des saisonnalités qui peuvent impacter le chiffre d'affaires.
10:27Est-ce que c'est un métier qui est plutôt perçu comme un métier de passage ou de transition ?
10:33Pas forcément.
10:33Pas forcément.
10:34Pas forcément.
10:34On a des chauffeurs qui font ce métier depuis plus de 10 ans
10:37et qui arrivent à avoir une évolution en développant, par exemple, une clientèle privée
10:40qui leur permet de générer un chiffre d'affaires plus important.
10:43On voit quand même une évolution, ça dépend.
10:45Mais certains le font de manière transitoire et d'autres le font avec une vision long terme.
10:49Et nous, on est là pour les accompagner dans le développement de leur carrière.
10:52Un dernier mot, tiens, sur l'IA, l'intelligence artificielle.
10:55Il faut une question IA dans toutes les interviews maintenant.
10:58Elle est déjà dans le modèle ? Comment vous l'utilisez ?
11:00Elle est déjà intégrée dans le modèle, notamment pour analyser les chiffres des chauffeurs,
11:05vérifier qu'il n'y ait pas d'erreur, mais également à terme pour permettre aux chauffeurs
11:08d'avoir accès à un support 24h sur 24 et 7 jours sur 7.
11:12Il est déjà présent 7 jours sur 7 avec des humains,
11:14mais 24h sur 24, les premières réponses seront fournies par l'IA, en effet.
11:19Merci beaucoup, Daniel et Louis-Marie.
11:21Avec plaisir, Thomas.
11:21A bientôt sur Be Smart for Change.
11:23C'est l'heure du débat de ce Smart Impact.
11:25On parle d'économie circulaire dans l'industrie.
11:36Faire de l'économie circulaire un levier de souveraineté industrielle,
11:40voilà le thème de notre débat.
11:42Je vous présente tout de suite à nos invités.
11:44Émilie Ernie, bonjour.
11:46Bonjour.
11:46Bienvenue, vous êtes directrice économie circulaire du groupe Safran
11:49et membre de la coalition Industrie circulaire.
11:52Raphaël Mavigny, bonjour.
11:53Et bienvenue, heureux de vous retrouver sur ce plateau, le cofondateur de Circulaire.
11:57Allez, on prend quelques temps pour dire peut-être cette coalition Industrie circulaire.
12:01De quoi il s'agit ?
12:02La coalition permet de réunir un grand nombre d'industriels.
12:06En l'occurrence, on est 15 maintenant sur la deuxième année.
12:10Pour échanger sur d'abord un constat.
12:13On vit des moments un petit peu difficiles en termes d'approvisionnement en matière critique, entre autres.
12:19Donc déjà, partager ce constat en question.
12:21Et permettre du coup de trouver des solutions communes, des solutions collectives.
12:25parce que tout seul, on ne pourra pas trouver des solutions qui soient applicables tout de suite
12:31et qui nous servent en tout cas dans les prochains mois.
12:33Vous allez nous parler de cet appel qui a été lancé par une dizaine de grands industriels dans un instant
12:37circulaire.
12:37En quelques mots, vous êtes déjà venu sur ce plateau,
12:39mais tous nos téléspectateurs ou téléspectatrices ne s'en souviennent pas forcément.
12:43Dites-nous.
12:43En quelques mots, on est un cabinet de conseil spécialisé sur l'économie circulaire
12:47qui a été créé il y a une dizaine d'années.
12:49Et aujourd'hui, notre spécificité, c'est la création de coalitions de grands industriels
12:53sur des sujets spécifiques à l'économie circulaire
12:55pour utiliser la force du collectif pour faire passer à l'échelle cette économie.
12:58Alors justement, parlons de cet appel.
13:01Alors moi, j'en ai neuf.
13:02Safran, Alstom, Thales, le groupe Seb, Legrand, Rexel, RTE, Équence, Forvia.
13:08Avec un rapport qui consiste à dire quoi ?
13:12Il y a un risque et en même temps, on peut le transformer en opportunité
13:17grâce à l'économie circulaire ?
13:18Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?
13:19Oui, tout à fait.
13:20Il y a un constat qui met bien en avant le fait que notre manière de voir l'industrie,
13:27nos modèles économiques actuels, ont nécessité de changer
13:30pour pouvoir effectivement transformer et ne pas être trop fragile
13:34dans le contexte actuel de crises internationales
13:37qui sont successives depuis un certain nombre d'années.
13:40Et donc l'objectif, c'est de se mettre en commun,
13:42d'avoir ce constat commun et de pouvoir trouver des solutions communes.
13:46Et donc on partage sur quelques thématiques.
13:48La première année, c'était plutôt partager sur le constat.
13:50Et la deuxième année, c'était rentrer vraiment dans le vif du sujet
13:53en sélectionnant des chantiers qu'on a appelés des labs
13:56dans le cadre de la coalition,
13:57de sorte à pouvoir aller vers des solutions opérationnelles assez rapides.
14:01Et là, en l'occurrence, nous, Safran, on participe au lab
14:04de la coopération sur la partie matière.
14:06Vous parlez d'économie circulaire forte.
14:09Qu'est-ce que ça veut dire ?
14:10Pourquoi il faut rajouter le mot « forte » ?
14:12C'est très important, Thomas.
14:13L'économie circulaire faible, c'est l'économie circulaire en fin de vie.
14:16Donc c'est le recyclage.
14:17Sauf que l'économie circulaire forte, c'est comment on ancre durablement
14:20dans le modèle d'affaires des entreprises, l'économie circulaire.
14:23Donc dès l'amont, c'est comment on va éconconcevoir les produits
14:27pour créer de la résilience sur la chaîne de valeur.
14:30Et surtout, tout au long de la chaîne de valeur,
14:32comment on met en place des stratégies d'économie circulaire
14:33qui permettent d'être résilientes par rapport aux chocs et aux pénuries de ressources.
14:37Et ce qu'il faut que nos auditrices et nos auditeurs comprennent,
14:40c'est que selon Eurostat, le cabinet des statistiques de la Commission européenne,
14:44sur les dernières années, il y a 80% des entreprises au niveau européen
14:47qui ont subi des chocs sur leur chaîne de valeur.
14:49Et donc, il faut voir l'économie circulaire vraiment comme une stratégie
14:52de robustesse et de génération de revenus dans un monde en polycrise.
14:55Qu'est-ce que ça représente déjà ?
14:56On va parler justement des chocs que toutes les entreprises peuvent subir
15:01et peut-être à la dimension de Safran.
15:04Mais déjà, ce que représente l'économie circulaire dans un groupe comme le vôtre,
15:07c'est quoi aujourd'hui ?
15:08Alors nous, l'économie circulaire, c'est un système économique
15:12qui nous permet d'optimiser la consommation en ressources naturelles.
15:16Et on perçoit l'économie circulaire chez Safran comme étant un levier de souveraineté, avant tout,
15:23un levier aussi de performance industrielle et en même temps un levier pour la décarbonation.
15:27Qu'est-ce que vous avez mis en place pour que ce levier soit le plus efficace possible ?
15:30Alors, plusieurs choses, mais un exemple qui me semble être le plus parlant à l'heure actuelle,
15:34c'est notre filière titane.
15:36Ce qu'on a mis en place depuis un certain nombre d'années maintenant, depuis 2022,
15:40nous avons mis en place une collecte de tous les, ce qu'on appelle des copeaux de titane.
15:45Donc quand on va fabriquer une pièce en titane pour l'aéronautique,
15:48donc des pièces qui sont quand même très critiques,
15:50on va partir d'un gros loupin de titane qu'on va venir usiner,
15:54donc on va forcément générer des copeaux comme quand on usine un morceau de bois.
15:59Ces copeaux en question sont collectés, nettoyés et retournés directement aux élaborateurs
16:04qui nous font les alliages de titane qualifiés aéronautiques
16:06pour avoir une boucle qui soit circulaire et fermée.
16:10Donc c'est-à-dire un titane aéronautique redevient un titane aéronautique.
16:13Qu'est-ce que ça devenait avant ? C'était un déchet qui était jeté ?
16:16Il y a quelques années de ça, effectivement, ça partait plutôt pour faire du ferro-titane auprès des ferrailleurs.
16:21Et donc on n'avait pas de boucle réellement fermée, ça ne revenait pas pour un besoin aéronautique.
16:25Une initiative comme celle qui est portée par ces neuf industriels que j'ai cités,
16:29Raphaël Mamigny, qu'est-ce que ça change ?
16:31Ça change beaucoup de choses.
16:33À date, il n'y avait pas en Europe une coalition d'industriels aussi importante
16:38qui allie à la fois une expertise très business,
16:42et comme le rappelle Émilie, comment on met en place des modèles d'affaires
16:44qui permettent d'être résilients face au choc,
16:46et une expertise scientifique.
16:48Dans cette coalition, elle est animée à la fois par circulaire,
16:50donc la partie conseil, et le CEA, le commissariat à l'énergie atomique,
16:53avec ce qu'on appelle le CEA-ICEC,
16:55donc c'est leur institut spécialisé sur l'économie circulaire.
16:57Et dedans, il y a 700 chercheuses et chercheurs qui amènent cette expertise scientifique.
17:02Et du coup, c'est extrêmement puissant,
17:04et une fois qu'on a plus d'une dizaine d'industriels,
17:07on peut faire remonter ça au ministère de l'économie,
17:09on peut faire remonter ça au niveau de l'Europe,
17:11et l'Europe a besoin de grandes guidelines, de retours terrain,
17:13notamment dans l'apparition du Circular Economy Act qui va arriver à la fin de l'année.
17:17Mais ça veut dire ce que vous décrivez là, qui est en cours,
17:19ça s'est déjà passé avec d'autres coalitions récentes ?
17:23On a une dizaine de coalitions aujourd'hui sur différents sujets,
17:26que ce soit les cosmétiques, le packaging,
17:28mais comme l'a rappelé Émilie, je pense qu'aujourd'hui,
17:32l'Europe est très largement dépendante des pays tiers sur les ressources critiques.
17:37Et sans ressources critiques, on n'a pas de transition énergétique,
17:39on n'a pas de transition numérique,
17:41et un rapport justement de la Cour des comptes européenne
17:45disait que l'Europe dépend sur 24 matériaux stratégiques de pays tiers,
17:50et principalement en Chine.
17:51Donc si on n'arrive pas à boucler la boucle, comme l'a très bien dit Émilie,
17:54en fait si la Chine décide de fermer les valves sur les matériaux critiques,
17:58sur le gallium, sur le magnésium,
18:00plus de transition énergétique, plus de transition numérique.
18:02Donc c'est extrêmement important d'avoir des alliances qui pèsent sur ces sujets.
18:05Vous avez, j'imagine, identifié les matériaux sur lesquels vous êtes effectivement dépendant ?
18:10Oui, bien sûr, on a une liste de matières critiques pour le groupe Safran,
18:14qui est plus ou moins la même que celle qui est annoncée par la Commission européenne,
18:18et pour laquelle on a, effectivement, on essaye de mettre en place des approches
18:21où l'économie circulaire est un véritable levier,
18:24en plus d'autres actions qui sont plus sur un périmètre très opérationnel,
18:27un périmètre achat ou un périmètre chaîne d'approvisionnement.
18:30Il y a un autre levier qui est le levier des interdépendances,
18:33c'est-à-dire faire en sorte que la France et l'Europe aient, elles aussi,
18:36des leviers face à la Chine ou à d'autres fournisseurs ?
18:40Complètement. De toute façon, il faut être clair, on dépendra, quoi qu'il arrive, du pays tiers.
18:45Oui, on ne va pas vivre en autarcie d'un seul coup.
18:47Mais la seule chose à avoir en tête, c'est qu'il ne faut pas dépendre,
18:50et d'ailleurs c'est ce qui est dans le Critical Roam Material Act,
18:52de plus de 30%, de 60% sur certains matériaux.
18:55C'est-à-dire que si la Chine, l'Afrique du Sud ou, par exemple, le Chili sur le lithium
18:59décident de fermer les valves, on a d'autres possibilités.
19:02Il faut que ces autres possibilités soient présentes en Europe, mais aussi ailleurs.
19:04Donc c'est une logique, encore une fois, de partenariat et d'alliance à l'échelle mondiale.
19:08Est-ce que ça a été si facile d'embarquer ces autres industriels ?
19:14Vous pouvez être peut-être, je ne sais pas, en concurrence sur certains marchés.
19:19Ou est-ce que finalement la démarche, elle est simple à enclencher aujourd'hui ?
19:22Alors la démarche, je ne dirais pas qu'elle est simple,
19:25mais en tout cas elle est nécessaire et comme elle est justifiée,
19:29comme on a pris conscience qu'on ne pourrait pas de manière silotée
19:32répondre à ces nouveaux défis, le fait de le faire de manière collective
19:36nous semblait être vraiment la bonne solution.
19:40Donc ce qui n'est pas simple, c'est comprendre réellement
19:42quel est le besoin de chacun des industriels.
19:45Oui, ce n'est pas les mêmes, ce n'est pas forcément les mêmes.
19:47Exactement, une matière qui va être critique pour l'aéronautique,
19:49est-ce que ce sera la même chose pour la SNCF, est-ce que ce sera la même chose pour
19:52EDF ?
19:53Donc déjà mettre en commun tout ça et identifier sur quelle matière
19:56on a envie de travailler avec les industriels qui sont autour de la table, transfilière.
20:00Donc je ne dirais pas que c'est simple, en tout cas on a bien identifié que c'était vital
20:04et que nous devions passer par là à poser réellement le besoin de chacun.
20:08Je vais vous poser la même question, je commence avec vous Émilie Yerny,
20:12c'est quoi la bonne taille d'une coalition ?
20:15Vous disiez, là il y en a 9 qui signent, vous disiez on est une quinzaine.
20:18Au global la deuxième année on est une quinzaine sur les deux labs,
20:21mais la taille qui va bien...
20:23Parce que pour prendre des décisions on ne peut pas non plus être sans, vous voyez ce que je veux
20:26dire ?
20:26Je comprends, mais pour prendre aussi des décisions il faut avoir les bons volumes à mettre sur la table.
20:31Et donc il en faut quand même un certain nombre.
20:33On ne pourra pas faire une coalition à 2 ou 3, ça perd de son intérêt.
20:37On est le plus souvent sur les industriels qui sont dans le cadre de cette coalition,
20:41sur des marchés plutôt considérés comme des marchés de niche,
20:43où nos propres volumes ne sont pas suffisants pour créer réellement des filières de recyclage,
20:47qu'elles soient en France ou qu'elles soient en Europe,
20:49ou en tout cas des filières qui nous permettent d'avoir ce niveau après d'indépendance
20:54et non plus de dépendance comme le disait Raphaël juste à l'instant.
20:57Donc il faut quand même un certain nombre, massifier les volumes
20:59pour avoir cette taille critique de sorte à pouvoir envisager effectivement la création d'une filière.
21:04C'est quoi la bonne taille critique justement ?
21:07Je rebondis sur ce que disait Émilie et ce qui est très juste,
21:09c'est en fait il faut se rendre compte qu'un Safran tout seul ou un Airbus tout seul,
21:14ça nous paraît énorme, mais à l'échelle mondiale c'est tout petit.
21:17Et donc il faut forcément créer une massification des flux
21:20et ça passe par un partenariat entre Thalès, entre Airbus, entre Safran
21:23et entre d'autres entreprises européennes.
21:25Et donc je la rejoins, il faut un noyau dur, une dizaine de grandes entreprises, pas plus,
21:28mais qui permettent de faire suffisamment d'influence.
21:30Et là, juste pour vous donner un exemple très précis,
21:32la coalition industrie circulaire avec une dizaine d'entreprises,
21:35on est déjà à plus de 100 milliards de chiffres d'affaires cumulés.
21:39Donc là c'est énorme.
21:40Mais est-ce que ça veut dire que des filières sont nées
21:43ou sont en train de naître grâce à ces coalitions ?
21:46En fait, ce qui est intéressant, c'est que l'économie circulaire,
21:48c'est avant tout du bon sens.
21:49On a les technologies, on n'a pas besoin de révolutionner les technologies.
21:52Il faut juste réinventer la chaîne de valeur et boucler la boucle,
21:55comme tu l'as rappelé très justement, Émilie.
21:57Et donc, utilisons les chaînes de valeur actuellement présentes,
22:01investissons collectivement sur leurs modifications,
22:03et il n'y a pas forcément besoin de nouvelles,
22:06l'émergence de nouvelles filières,
22:07mais plutôt le réajustement de ces filières.
22:08Ce qui est un peu différent est ce qui nécessite mon investissement.
22:11Effectivement.
22:11Est-ce que la réglementation vous aide ou vous pousse ?
22:14Par exemple, on pense à la RE 2020
22:16ou à d'autres réglementations en matière d'économie circulaire.
22:21Alors la réglementation,
22:24moi je dirais que ça nous fait réfléchir.
22:27On a d'autres filières industrielles
22:29qui sont déjà soumises à des réglementations,
22:33par lesquelles on a fait bien évidemment un peu,
22:35comme on appelle un benchmark,
22:37pour voir comment est-ce qu'elles subissent cette réglementation,
22:39ou comment elles prennent ça comme étant aussi une opportunité
22:42de pouvoir se transformer.
22:44Donc moi je dirais que la réglementation aide au moins
22:46à bien identifier le problème
22:47et à faire réfléchir les industriels.
22:50Pour le moment, nous n'avons pas de réglementation
22:52à proprement parler dans le secteur aéronautique,
22:55mais on est parti du principe qu'il fallait s'y préparer
22:58pour les prochaines années.
22:59Même question, Raphaël Mavigny.
23:01Est-ce que c'est un accélérateur ?
23:03Parce que moi j'ai quand même beaucoup d'invités sur ce plateau
23:06qui me disent que la réglementation,
23:07les injonctions contradictoires,
23:09l'empilement des normes françaises, européennes,
23:10c'est plutôt un frein.
23:12Deux temps dans la réponse.
23:14Premier temps, on n'a jamais eu autant de législation
23:17sur l'économie circulaire en l'espace de trois ans.
23:19Une législation PPWR sur le packaging,
23:21CRMA sur les matériaux critiques,
23:23ESPR sur l'éco-conception.
23:24Donc ça, c'est une excellente nouvelle.
23:26Par contre, il faut de la flexibilité dans ces législations.
23:29Il ne faut pas qu'elles viennent freiner le développement
23:32de modèles d'affaires circulaires,
23:33mais plutôt donner un cadre commun dans lequel on agit.
23:35Et donc c'est la petite nuance que j'apprends.
23:36Cadre commun français ou européen ?
23:38Européen.
23:39Français tout seul, on ne fera rien.
23:40Ça doit être européen.
23:41Ça doit être européen.
23:43À quel point, alors j'aurais pu commencer par là,
23:45à quel point les crises,
23:47parce qu'on est dans une succession de crises,
23:49peut-être, je ne le souhaite pas,
23:50mais en train de devenir la norme,
23:51sont des accélérateurs pour des projets comme les vôtres ?
23:55En fait, les crises que l'on a vécues
23:56nous ont fait vraiment toucher du doigt
24:00notre vulnérabilité.
24:02Et donc ces crises, il faut les transformer
24:04comme étant, comme vous le dites à juste titre,
24:06comme étant des accélérateurs
24:07pour pouvoir faire cette transformation
24:09vers une économie plus circulaire,
24:10ou en tout cas mettre les sujets,
24:11une économie circulaire,
24:12comme étant vraiment un levier
24:14qui nous permet de ressortir plus fort de ces crises.
24:16Donc je pense que les crises,
24:18si on le voit avec le verre à moitié plein,
24:20nous permettent effectivement
24:21d'accélérer la transformation de nos industries
24:23et transformer notre modèle économique.
24:25Vous le sentez vous Raphaël ?
24:26C'est-à-dire que quand il s'agit de convaincre,
24:28c'est malheureusement plus facile
24:29quand on est dans une crise ?
24:32Et oui, c'est ce qui est paradoxal.
24:35Et surtout, on a un terrain d'opportunité
24:37avec le désengagement des États-Unis
24:39sur cette thématique de la transition énergétique.
24:42Il y a un vrai terrain d'opportunité
24:44pour l'Europe de prendre le leadership
24:45sur ce sujet d'économie circulaire.
24:47Et c'est ce que vise à faire
24:48le Circular Economy Act
24:49qui va arriver en fin d'année.
24:51Donc je pense qu'on n'a jamais eu
24:52autant l'occasion
24:53de prendre le leadership sur un sujet.
24:55Merci beaucoup à tous les deux
24:56et à bientôt sur BeSmart4Chain.
24:58C'est l'heure du grand entretien
24:59de ce Smart Impact.
25:01Odile Batzer, la présidente
25:02de l'Observatoire de l'Immobilier Durable.
25:09Prêt pour l'impact ?
25:10Vous le savez, c'est la question que je pose
25:11chaque jour à une personnalité
25:13qui compte dans notre économie.
25:15Et j'accueille aujourd'hui Odile Batzer.
25:17Bonjour.
25:17Bonjour.
25:18Bienvenue.
25:18Vous êtes la présidente de l'Observatoire
25:20de l'Immobilier Durable OID
25:22et la directrice ESG Innovation
25:24de la Société de la Tour Eiffel.
25:25Société de la Tour Eiffel, c'est quoi ?
25:27C'est une foncière, c'est ça ?
25:28Alors, c'est une foncière cotée.
25:30Une petite foncière cotée.
25:32On représente à peu près
25:341,5 milliard d'actifs.
25:38Ça représente à peu près 520 000 mètres carrés.
25:42Situé 75% en Ile-de-France, 25% en région.
25:4775% bureau, 25% autre, autre étant un peu de commerce
25:51et également un petit peu de résidentiel.
25:55On commence à se diversifier.
25:58Ça représente également 63 sites, 130 bâtiments.
26:03Mais il n'y a pas la Tour Eiffel dans la Société de la Tour Eiffel ?
26:05C'est ça, juste pour qu'on comprenne bien ?
26:07Ça a été la société qui a créé Gustave Eiffel
26:12pour financer, je crois, la maintenance de sa tour.
26:16Et puis, la Ville de Paris nous a désaisis de la Tour Eiffel
26:20en 1979, je crois.
26:24Et c'est resté une coquille cotée
26:26puisqu'elle était cotée d'origine.
26:27On a des PV d'AG signés par Gustave Eiffel.
26:31C'est resté une coquille vide
26:33au sein d'une banque.
26:34Et quand il y a eu un statut spécifique,
26:37un statut fiscal
26:39qui a été publié en France,
26:41mes patrons de l'époque,
26:42qui étaient des anglo-saxons,
26:43ont tout de suite compris l'intérêt.
26:44Et donc, ils ont cherché
26:46une société cotée vide.
26:48et on a ramené dans les refilets cette société.
26:51Donc, au niveau budget publicitaire,
26:54ils ont tout de suite vu l'intérêt.
26:55Quand tu s'appelles Société de la Tour Eiffel,
26:57effectivement, ça aide.
26:58Et à l'époque,
26:59on avait beaucoup d'investisseurs étrangers.
27:01D'accord, bien compris.
27:03Société de la Tour Eiffel,
27:04qui est membre fondateur de l'OID,
27:05l'Observatoire de l'Immobilier Durable.
27:08Qu'est-ce qu'il signifie, cet engagement ?
27:10Pourquoi c'est important ?
27:11Alors, d'abord,
27:13la Société de la Tour Eiffel
27:16a toujours été un petit peu novatrice.
27:19On a une taille,
27:19on est petite,
27:20comme je vous l'ai dit tout à l'heure,
27:21donc on est agile.
27:25Et on a toujours été un petit peu novateurs,
27:27un petit peu à chercher
27:29la différenciation aussi,
27:30quand on est coté,
27:31c'est un peu aussi ce qu'on cherche.
27:33Et c'est vrai qu'il y a eu
27:35un petit groupe de travail.
27:36C'était l'époque,
27:38plan bâtiment durable,
27:39le rapport gaucho,
27:41l'État mettait du temps
27:42à sortir ce fameux décret de tertiaire.
27:45Et il y a tout un groupe d'acteurs
27:47qui ont dit,
27:48on ne va pas attendre
27:50qu'ils nous obligent,
27:52et on va anticiper,
27:53parce qu'on pense
27:53qu'il y a vraiment urgence.
27:55Et donc, c'est comme ça
27:55que ça a démarré.
27:57Et c'était d'ailleurs
27:58un de mes collègues,
27:59ce n'est pas moi,
28:00à cette époque-là,
28:00qui a été à l'origine
28:04de cet observatoire,
28:07parce que l'idée de départ,
28:08c'était,
28:09très bien,
28:09on va nous dire
28:10qu'il faut réduire
28:10les consommations.
28:11Mais on fait comment ?
28:12Mais on part de quel chiffre ?
28:14Qu'est-ce que consomme
28:15un immeuble de bureau ?
28:16On ne savait pas du tout.
28:17On ne s'était jamais posé la question.
28:19Ce n'était pas intéressant.
28:20Donc, ça a commencé comme ça
28:22par l'observatoire
28:23et d'ailleurs,
28:24le baromètre
28:25de la performance énergétique
28:26dont on a publié
28:28la 14e, je crois,
28:31édition sur les consommations
28:332024 en 2025.
28:36Comment vous définissez
28:37l'immobilier durable ?
28:39Parce que, bon,
28:41ça peut être à la fois
28:43très vaste
28:44et moi,
28:45ce qui m'intéresse,
28:46c'est d'être
28:47le plus concret possible.
28:49Comment vous le définissez ?
28:49L'immobilier,
28:50on s'inscrit déjà
28:51dans un temps long,
28:51toujours.
28:52Et la durabilité,
28:56elle ancre encore davantage
28:58ce temps long.
28:59Je pense qu'un des problèmes actuels,
29:04c'est le temps court.
29:07Et tout ce qui est durable
29:09s'inscrit dans le temps long
29:11avec cette double notion.
29:13C'est la durabilité environnementale
29:17et c'est la durabilité physique.
29:18la résilience,
29:20la robustesse,
29:22voilà.
29:22Donc,
29:23comment je le définis ?
29:26Je pense qu'il n'y a pas
29:27vraiment de définition.
29:29C'est un état de transformation.
29:31On est en transition.
29:34Tout l'écosystème.
29:36Mais ça suppose des choix,
29:38des choix de matériaux,
29:39des...
29:40Voilà,
29:41on parle également
29:41de béton bas carbone,
29:43on parle d'utilisation
29:45de plus de bois.
29:46Enfin voilà,
29:46ça passe par quoi ?
29:47Ah oui,
29:48mais alors ça,
29:49ça c'est riche.
29:52Il se trouve que l'immobilier
29:55est au carrefour
29:57de beaucoup de sujets.
29:58On est très transverse.
30:00On s'inscrit dans un territoire,
30:01on utilise des matériaux,
30:06on abrite des populations,
30:09que ce soit pour habiter
30:11ou pour travailler.
30:13Donc,
30:13on est vraiment
30:15au cœur du sujet de la ville.
30:19Et de ce fait,
30:20le nombre de sujets
30:22qui sont adressés
30:25pour la durabilité de l'immobilier
30:27sont très nombreux.
30:28Donc,
30:28il y a tout ce qui est,
30:29bien sûr,
30:29atténuation,
30:30tout ce qui est consommation,
30:31tout ce qui est pilotage
30:32des consommations.
30:34Il y a la sortie
30:35des énergies fossiles.
30:36Ça,
30:36c'est un des leviers,
30:38les plus gros leviers
30:40de décarbonation
30:41de l'immobilier.
30:42Il y a également
30:43tout ce qui est adaptation,
30:45comment rendre
30:46l'immeuble résilient.
30:47Et c'est d'ailleurs
30:48le seul sujet
30:49pratiquement sur lequel
30:50il n'y a pas
30:51de réglementation.
30:54Je vous entendais parler
30:55tout à l'heure
30:55de l'avalanche
30:57de réglementation.
30:58C'est vrai.
30:59L'immobilier,
31:00on est aussi un exemple
31:02criant,
31:02mais pas sur l'adaptation.
31:05Et puis ensuite,
31:06il y a tous les sujets
31:07de biodiversité,
31:08de ressources,
31:09l'eau,
31:10les matériaux.
31:12L'immobilier,
31:13c'est on va chercher
31:14du sable pour faire
31:15du verre,
31:15pour faire du béton.
31:16On va extraire
31:17de l'acier,
31:18enfin,
31:18on va extraire
31:19des minerais
31:20pour faire de l'acier.
31:23C'est lourd.
31:24Tout est très lourd.
31:25D'ailleurs,
31:26ce n'est pas pour rien
31:26qu'on ait le troisième
31:27émetteur de gaz
31:28à effet de serre
31:29après les transports
31:31et l'agriculture.
31:33Donc,
31:33on a plein de sujets
31:35et c'est ça
31:36qui est passionnant
31:36aussi en même temps.
31:39Et donc,
31:40il faut adresser
31:41tous ces sujets.
31:42Il y a aussi
31:42l'économie circulaire.
31:44Bien sûr.
31:45On en parlait
31:45avec les invités précédents.
31:47Alors,
31:48il y a un principe
31:49dans l'émission,
31:49c'est que l'invité
31:50du grand entretien
31:51pose une question
31:52à celui ou celle
31:52qui lui succède.
31:53J'avais Anouk Pommard
31:55la semaine dernière
31:56directrice d'affaires publiques
31:57et de l'engagement
31:57de Lidl France.
31:59Voici sa question.
32:00Bonjour Odile,
32:01ma question est simple.
32:03Comment est-ce que
32:04vous jugez l'action
32:05d'un distributeur
32:06qui continue aujourd'hui
32:08à construire des magasins
32:10quand il intègre
32:11les critères ESG
32:12à l'intérieur
32:14de tous ces programmes
32:15immobiliers ?
32:16Est-ce que vous jugez
32:16ça utile
32:17ou est-ce qu'il y a encore
32:18fort à faire ?
32:21C'est une question
32:22déjà très intéressante
32:23parce qu'effectivement
32:24ça pose d'entrée de jeu
32:26le sujet
32:26du développement
32:27de Lidl
32:28et de la construction
32:30de nouveaux bâtiments.
32:32J'admire beaucoup
32:33ce que font
32:33ou ce qu'essayent
32:34de faire
32:35les distributeurs
32:37que ce soit
32:38les concurrents
32:39de Lidl,
32:40Carrefour,
32:41Leclerc,
32:41etc.
32:42Lidl est très bien placé,
32:43ils ont une politique
32:44environnementale
32:45qui est vraiment très...
32:47Ils ont anticipé
32:48beaucoup de choses
32:48comme dans l'immobilier
32:49ils se sont fait rattraper
32:51un peu par la législation
32:52donc maintenant
32:53on a un peu l'impression
32:54que ce qu'ils font
32:55c'est de la réglementation
32:56mais ils avaient anticipé.
32:58En revanche,
32:59il y a un sujet
33:00c'est l'artificialisation
33:01des sols.
33:01Comment on continue
33:03de développer
33:04ce secteur-là
33:05tout en respectant
33:06alors même si la loi
33:07est en train d'être assouplie
33:09on va voir
33:09quel est le destin
33:10du texte
33:11mais c'est vrai
33:12qu'on a ce sentiment
33:13que l'ambition
33:14d'un zéro artificialisation
33:16net en 2050
33:17ou même l'ambition 2035
33:18était trop élevée
33:19donc ils font freiner
33:20je ne suis pas convaincu
33:21mais bon voilà
33:22est-ce qu'ils peuvent
33:24croître
33:24tout en s'inscrivant
33:26dans cette ambition ?
33:27Alors oui,
33:28je pense
33:29surtout
33:31Anouk l'avait précisé
33:33ils ont des magasins
33:36de plus petite taille
33:37que leurs concurrents
33:38et je pense
33:39que comme moi
33:39vous avez traversé
33:40des villes
33:42en France
33:42dont les centres-villes
33:44sont désertiques
33:47enfin vraiment
33:48c'est sinistré
33:50et pourquoi
33:51ne pas essayer
33:52de faire revivre
33:53ces centres-villes
33:56la démolition
33:57alors je ne suis pas
33:58pour la démolition
33:59des bâtiments
33:59mais il y a certaines fois
34:01que c'est nécessaire
34:01et si ça peut éviter
34:03d'artificialiser ailleurs
34:05je pense que c'est
34:06Mais c'est ce qu'on appelle
34:06construire la ville
34:07sur la ville
34:07est-ce que c'est
34:08c'est pas toujours possible ?
34:10Non, c'est pas toujours possible
34:11mais l'artificialisation
34:13il va falloir vraiment
34:14vraiment
34:15vous disiez que la loi
34:16va s'assouplir
34:16oui je pense que c'est nécessaire
34:18qu'elle s'assouplisse
34:18mais pour des
34:20pour certains sujets
34:23vraiment importants
34:26j'ai eu l'occasion
34:29de voir un magasin Lidl
34:30sortir de terre
34:31franchement
34:33c'est de l'artificialisation
34:36donc ça m'a fait
34:37un peu mal au coeur
34:38même si la politique
34:40et la stratégie
34:42de Lidl
34:44le nécessitent
34:45mais après
34:46je dis ça
34:47on est dans l'immobilier
34:48donc je suis mal placée
34:50c'est vrai que nous aussi
34:52on construit
34:53alors on essaye
34:54de moins démolir
34:55même si
34:56ça aussi c'est un sujet
34:58la rénovation
34:59moi j'ai mon collègue
35:00du développement
35:01quelquefois
35:01il me dit
35:01regarde ce projet
35:02il est magnifique
35:04on fait plein de choses
35:05on n'a aucun label
35:06aucune certification
35:07on n'a rien
35:08qui vient afficher
35:10en vitrine
35:11tous les efforts
35:12qu'on a fait
35:13alors qu'en construction
35:15on a
35:16cette capacité
35:17à montrer
35:19aux yeux de tous
35:20c'est-à-dire
35:21quand on redove
35:22on est moins mis en avant
35:24que quand on construit
35:25avec des normes
35:26HQE
35:26etc
35:26oui
35:27il y a moins
35:29on peut moins l'afficher
35:30je suis d'accord avec vous
35:31il y a une incohérence
35:35autour de cette question
35:36de la ville sur la ville
35:37est-ce qu'il y a
35:38tant de friches que ça
35:39est-ce qu'il y a
35:40tant d'espaces
35:40qu'on peut
35:42voilà
35:44rénover
35:44dont on peut changer
35:45la destination immobilière
35:47oui
35:47oui il y a de la marge
35:49je pense
35:49regardez
35:49je ne sais pas si vous vous souvenez
35:51au moment de la ZAN
35:52justement
35:52Vinci a lancé
35:53son zéro artificialisation
35:59nette 2030
36:00qu'est-ce qu'ils ont fait
36:01ils ont racheté
36:02tout un portefeuille d'ENGIE
36:03de friches
36:04justement
36:04industrielles d'ENGIE
36:06et ça leur permet
36:07de compenser
36:08de
36:08voilà
36:09il y a également
36:11la possibilité
36:12de
36:14nous par exemple
36:15ça nous est arrivé
36:15sur une parcelle
36:16de
36:18construire un bâtiment
36:19même deux bâtiments
36:20en l'occurrence
36:22sur une parcelle
36:23sur laquelle
36:24il y avait
36:25une artificialisation
36:26totale
36:26avec des parkings
36:27extérieurs
36:28et on a
36:30renaturé
36:31la parcelle
36:31on a mis
36:32je crois que
36:33c'est un projet
36:34à Lyon
36:35on a
36:36renaturé
36:3728%
36:38de la parcelle
36:38alors ce sont des petites choses
36:40mais si tout le monde
36:41fait 28%
36:42mais est-ce que c'est difficile
36:43de convaincre
36:44vos clients
36:45vos partenaires
36:46etc.
36:47que justement
36:47cet enjeu
36:48on parle de biodiversité
36:49cet enjeu de biodiversité
36:50ça peut être aussi
36:52un enjeu de compétitivité
36:54c'est peut-être
36:54le sujet
36:56où c'est le plus difficile
36:58et il y a eu
36:59un baromètre
37:00de la biodiversité
37:01qui a été publié
37:02par l'OID
37:03puisque
37:03là je mets ma casquette
37:05OID
37:06et
37:07qui montre
37:08alors
37:08déjà il n'y a pas eu
37:10beaucoup de répondants
37:11donc c'était déjà
37:11un petit peu
37:12un biais
37:13mais
37:14et qui montre
37:15que les répondants
37:16ceux qui quand même
37:17étaient suffisamment intéressés
37:18pour répondre
37:19disent eux-mêmes
37:20on a du mal
37:21face à un comex
37:22face à un comité
37:23d'investissement
37:24à montrer
37:25justement
37:26à faire ressortir
37:27à faire toucher du doigt
37:28cette valeur
37:29alors qu'elle a également
37:30une valeur sociétale
37:32il y a une valeur humaine
37:33la biophilie
37:34c'est quelque chose
37:34d'extraordinaire
37:35vous savez qu'il y a des études
37:36qui ont prouvé
37:37que si vous voyez un arbre
37:38au travers de votre fenêtre
37:38vous avez déjà
37:3910% de bonne humeur
37:41en plus
37:41et de santé mentale
37:42voire de guérison en plus
37:44pour les gens
37:44qui sont à l'hôpital
37:45exactement
37:47donc on sait
37:49en fait
37:49c'est tout le problème
37:50de la comptabilité
37:52mais parce que c'est difficile
37:53c'est parce que les métriques
37:54ne sont pas simples
37:55en biodiversité
37:55le carbone
37:56c'est facile
37:57enfin entre guillemets
37:57on peut le comptabiliser
37:58et ça peut être une norme mondiale
38:00la biodiversité
38:01et même comme ça
38:02on s'arrange
38:03pour que ce soit pas franchement
38:04d'accord
38:04mais la biodiversité
38:05c'est quasi impossible
38:06en fait
38:07c'est projet
38:07vous croyez le nombre
38:08de verres de terre
38:08par macu
38:09c'est projet par projet
38:11en fait
38:11c'est ça
38:12oui
38:12et puis alors
38:13nous on essaye
38:14de trouver
38:14d'ailleurs
38:15c'est l'objectif
38:17de BIG
38:18le programme de l'OID
38:20Biodiversité Impulsion Group
38:21c'est d'essayer
38:22de trouver
38:23de structurer
38:24le reporting
38:25des investisseurs
38:28et de trouver
38:28des indicateurs
38:29qui permettent
38:30justement
38:30de mettre en avant
38:31alors ça peut être
38:32les nichoirs
38:34ça peut être
38:35le CBSH
38:37vous savez
38:37c'est un coefficient
38:38surfacique
38:39qui tient compte
38:40de la profondeur
38:41d'épaisseur de terre
38:43pleine terre
38:44ou les jardinières
38:45enfin bon
38:46il y a toute une pondération
38:47etc
38:49mais ça peut être
38:50aussi
38:51la nature des sols
38:53puisque c'est quelque chose
38:54de quand même
38:54fondamental
38:55le sol
38:56et le nombre
38:58et comment est habité
38:59le pavé de sol
39:01de 50 cm
39:02sur 50 cm
39:03donc oui
39:04il va falloir apprendre
39:06à compter
39:07les verres de terre
39:08et les nichoirs
39:09de petits oiseaux
39:10mais regardez
39:11par des canicules
39:12comme on a connu
39:13les oiseaux
39:14ont beaucoup souffert
39:14on parle des humains
39:15mais
39:16oui on peut parler
39:17de la nature
39:17des plantes
39:18et des animaux
39:19lors de votre dernière
39:21intervention
39:21à la conférence
39:22de l'OID
39:22l'observateur
39:23de l'immobilier durable
39:24vous définissiez
39:25la sobriété
39:26comme le fait
39:27de se réinterroger
39:29je veux bien
39:30qu'on prenne
39:31un peu de temps
39:31pour détailler ça
39:33qu'est-ce que
39:35vous entendez par là
39:36je l'ai dit
39:37en introduction
39:38effectivement
39:39de cette conférence
39:40mais
39:43Bill Wicks
39:43le dit aussi
39:44très bien
39:44c'est se demander
39:46est-ce que
39:47j'en ai vraiment besoin
39:48si vous prenez
39:49une famille
39:49en 2010
39:50l'équipement informatique
39:51d'une famille
39:52en 2010
39:52il y avait un ordinateur
39:53familial
39:54chacun avait son iPhone
39:56ou son Android
39:57peu importe
39:58enfin bref
39:58aujourd'hui
39:59il y a un ordinateur
40:00par personne
40:01une tablette
40:02souvent en plus
40:03plus le téléphone
40:04enfin
40:05est-ce qu'on en a
40:06vraiment besoin
40:07c'est ça la question
40:09le confort thermique
40:10c'est la même chose
40:11c'est est-ce que
40:12j'ai vraiment besoin
40:13de pousser le chauffage
40:15ou est-ce que
40:15je mets un pull
40:16pour la climatisation
40:18c'est un petit peu
40:18plus compliqué
40:19dans les périodes
40:20caniculaires
40:20beaucoup plus compliqué
40:21mais est-ce que
40:22je vais me mettre
40:23sous un arbre
40:24est-ce que
40:27c'est s'interroger
40:29sur le besoin
40:31et jusqu'où va
40:33notre niveau de confort
40:34la frontière
40:35entre le confort
40:37et l'inconfort
40:37et justement
40:38on voit bien
40:39là qu'on est
40:40dans une société
40:41où on n'est plus
40:42du tout habitué
40:43à l'inconfort
40:44on ne supporte plus
40:45l'inconfort
40:47oui
40:47alors là
40:48j'entends
40:49effectivement cet argument
40:51sur les périodes
40:52caniculaires
40:52qu'on est en train
40:53de vivre
40:53ça peut aller
40:55au-delà de l'inconfort
40:56pour beaucoup de Français
40:57bien sûr
40:57est-ce que ça vous oblige
40:59à repenser
41:00peut-être certains projets
41:02ou à repenser
41:03certains des immeubles
41:05existants
41:06c'est-à-dire
41:06bien sûr
41:07voilà
41:07bien sûr
41:09on développe
41:10un immeuble à Aix
41:11enfin
41:11il n'est pas développé
41:12encore
41:13mais
41:14le permis de construire
41:15est accordé
41:16et obtenu
41:17qui prévoit
41:18justement
41:19de ne pas climatiser
41:20toutes
41:21les zones
41:23et
41:24d'essayer
41:27par un système
41:29de ventilation
41:29d'optimiser
41:31la climatisation
41:32parce qu'il y aura
41:34quand même
41:34de la climatisation
41:35et des zones climatisées
41:36mais que cette climatisation
41:37vienne irriguer
41:38en quelque sorte
41:39donc il y aura
41:40des zones
41:40pour des gens
41:41qui ne supportent pas
41:43la chaleur
41:44ou qui sont
41:44plus faibles
41:46et qui nécessitent
41:48d'être dans un endroit
41:49bien protégé
41:50et puis il y en a d'autres
41:51qui supportent mieux
41:52la chaleur
41:53ou qui en ont même besoin
41:54je connais des gens
41:55qui ont un problème
41:56qui sont plus frileux
41:57et qui sont contents
41:58quand il fait chaud
41:58et qui iront
41:59dans les zones
42:00moins climatisées
42:01qui seront ventilées
42:04c'est plus facile
42:05pardon je vous interrompe
42:06sur un projet
42:07en création
42:08sur un immeuble existant
42:10c'est plus compliqué
42:13est-ce qu'on a sous-estimé
42:15ce risque
42:16de bouilloire thermique
42:17finalement
42:18on a pensé
42:19les immeubles
42:19pour qu'ils soient
42:21très très bien isolés
42:22pour qu'ils consomment
42:23moins d'énergie
42:24et puis là on se rend compte
42:24qu'ils sont parfois
42:25un peu trop bien isolés
42:26non seulement on l'a sous-estimé
42:27mais en plus
42:29même des immeubles
42:30construits aujourd'hui
42:32risquent
42:32de ne pas pouvoir
42:34être climatisés
42:35suffisamment
42:36dans 20 ans
42:37un immeuble
42:39ça dure longtemps
42:39on dit que le cycle
42:41de vie d'un immeuble
42:42c'est 50 ans
42:43mais ça peut être davantage
42:44et on sait que
42:4680% des bâtiments
42:48qui seront
42:50existants en 2050
42:52existent déjà aujourd'hui
42:54or on n'est pas prêt
42:56du tout
42:56à faire face
42:57à ce qui va se passer
42:59au niveau thermique
43:00et les installations
43:03techniques
43:03vraisemblablement
43:04seront changées
43:07vraisemblablement
43:07on fera des progrès
43:10au niveau de la technologie
43:11au niveau des fluides
43:13frigorigènes
43:13qui sont aussi
43:14des gros émetteurs
43:15de gaz à effet de serre
43:16donc tout ça
43:17va certainement évoluer
43:19mais en tout cas
43:20on sait qu'il y a
43:21un vrai sujet
43:22il y a un vrai sujet
43:23d'adaptation
43:24comme je vous l'ai dit
43:25il n'y a aucune
43:25réglementation
43:27et d'ailleurs
43:27c'est Franck Boutet
43:28qui est aussi un architecte
43:29qui est très pointu
43:31en matière environnementale
43:32qui disait
43:33les immeubles d'aujourd'hui
43:34construits aujourd'hui
43:35livrés aujourd'hui
43:36au moment où je vous parle
43:37ne sont pas adaptés
43:38pour 2050
43:39c'est évident
43:41donc la solution
43:42ça va être quoi
43:43ça va être de rajouter
43:44de la climatisation
43:44un peu partout
43:45ça va être
43:46ce ne sera pas une solution
43:47c'est ce qu'on appelle
43:48la maladaptation
43:49puisque vous savez
43:50que la climatisation
43:50réchauffe
43:51oui oui oui
43:52donc il va falloir
43:54trouver d'autres solutions
43:55après vous savez
43:56il y avait des solutions
43:58qui existaient
43:59dans l'antiquité
44:00par la ventilation
44:01et il y a même
44:02je ne sais pas
44:02si vous connaissez
44:03l'exemple de cet immeuble
44:04au Zimbabwe
44:05c'est un complexe hôtelier
44:06qui a été construit
44:08entièrement sur la technique
44:09de ventilation
44:10des termites
44:12pour leur termitière
44:13c'est magique
44:14ça marche
44:15on sait que ça marche
44:16ça fonctionne
44:18il y a
44:20Philippe
44:21Madec aussi
44:22qui a fait sa médiathèque
44:24récemment
44:25uniquement
44:25oui mais ça
44:26ça marche pour des nouveaux projets
44:27ça ne marche pas
44:28pour l'adaptation des anciens
44:29mais alors
44:30faisons-le tout de suite
44:31pour les nouveaux
44:32parce que là
44:33pour le moment
44:33c'est toujours pas en enclencher
44:34c'est ça que je veux dire
44:36je vais vous citer
44:37pour parler un peu
44:38d'éducation
44:39de formation
44:39et puis de la place
44:41des femmes
44:42dans nos entreprises
44:43dans nos sociétés
44:44vous dites
44:44chaque fille éduquée
44:45c'était sur LinkedIn
44:46il y a un an
44:48chaque fille éduquée
44:49c'est un avenir transformé
44:51est-ce que vous faites le lien
44:53entre l'éducation
44:54des filles
44:54des jeunes femmes
44:55et ces défis
44:56ces défis environnementaux
44:57ces défis sociétaux
44:58alors l'éducation
45:00des jeunes filles
45:01c'est un sujet
45:04qui est mondial
45:05et qui est beaucoup plus grave
45:07dans beaucoup d'autres pays
45:10et d'ailleurs je salue
45:13la démarche de Tina Kieffer
45:15sur tout à l'école
45:16je pense que ça doit être
45:18un poste de Tina
45:19que j'ai dû réagir là-dessus
45:21qui a fait quelque chose
45:22d'absolument extraordinaire
45:23tant au niveau environnemental
45:25que sociétal
45:26avec l'éducation
45:26de toutes ces centaines
45:28de milliers de jeunes filles
45:29mais c'est vrai aussi
45:31en France
45:32la France
45:32on est je crois
45:33le 17 ou 19ème pays
45:3519ème pays
45:36sur les 27 pays de l'Europe
45:37en position
45:38sur l'éducation des filles
45:39ça fait peur quand même
45:42on a 30%
45:44des filles
45:45qui sont
45:46dans des écoles d'ingénieurs
45:49pourquoi ?
45:51il y a des biais culturels
45:53même en France
45:54alors qu'on est une société
45:55très culturellement
45:58très ouverte
45:59il reste des biais
46:01qui sont quand même
46:02des freins
46:05incompréhensibles
46:07à la parité
46:08et dans nos métiers
46:10de l'immobilier
46:10alors moi je suis une femme
46:13senior en plus
46:14et je peux vous dire
46:15que dans l'immobilier
46:17ça s'améliore
46:19mais historiquement
46:20c'est quand même
46:21un domaine
46:22c'est un domaine
46:23masculin
46:24donc c'est quoi
46:25c'est des habitudes
46:26qu'on n'arrive pas à changer
46:28oui
46:28vous savez
46:29on dit qu'on recrute
46:30des gens qui nous ressemblent
46:32il y a déjà ça
46:33donc ça veut dire
46:34qu'il faut
46:34dans la politique
46:36de recrutement
46:36il faut
46:38intégrer ce biais
46:39en se disant
46:39attention
46:40on a forcément ce biais
46:41si on veut changer la donne
46:42il faut
46:43il faut avoir cette espèce
46:44de clignotant
46:45dans un coin de la tête
46:47en permanence
46:47oui
46:48c'est ça
46:51vous savez bien
46:52que sur les CV
46:53maintenant
46:53on ne met plus les photos
46:56mais au delà de ça
47:00malheureusement
47:00je pense que la seule chose
47:02qui a fait un tout petit peu
47:03bouger les choses
47:04c'est la législation
47:04c'est toutes les réglementations
47:06qu'il y a eu
47:06sur l'obligation
47:08d'un nombre de femmes
47:09dans les conseils
47:12d'administration
47:13puis dans les comex
47:14alors chez Tour Eiffel
47:15on est très très féminisés
47:16donc
47:17on est
47:18on est très bons élèves
47:19mais
47:20mais il y a plein de sociétés
47:21de
47:22notre directrice générale
47:23Christelle Zordant
47:24est
47:25est présidente
47:26de l'observatoire
47:27de la parité
47:27des métiers de l'immobilier
47:28et elle suit ça
47:30très près
47:31ça ne progresse pas
47:32ça régresse
47:33oui
47:34ça fait peur
47:37donc
47:37il y a encore
47:38beaucoup de travail à faire
47:39effectivement
47:39et il faut tendre la main
47:41à toutes ces jeunes femmes
47:42qui osent
47:43faire de
47:46enfin
47:47entrer dans des métiers
47:48scientifiques
47:50rentrer chez
47:51enfin
47:52on en voit
47:53moi j'en croise
47:54en bureau d'études
47:55environnementales
47:56et
47:56enfin
47:57elles sont
47:58excellentes
47:59elles apportent
48:00en plus
48:01on apporte
48:02quelque chose
48:02de différent
48:03c'est pas
48:03mieux
48:04plus
48:04non
48:05c'est juste différent
48:06et le lien
48:07entre la féminisation
48:09et les défis
48:10de transformation
48:11vous le faites ?
48:14alors
48:15il n'est pas fait
48:16moi je vous le fais
48:17en disant
48:17si on se prive
48:18de la moitié des cerveaux
48:19on sera moins efficace
48:19dans la transformation
48:20c'est déjà un principe
48:21de base
48:21oui oui
48:22et puis parce que
48:23les femmes ont forcément
48:26une vision différente
48:30enfin
48:30je vais rentrer dans des caricatures
48:33mais
48:35on sait très bien
48:36que
48:36le cerveau féminin
48:39est quand même
48:40plus
48:40plus à même
48:41de protéger la vie
48:44c'est comme ça
48:45et donc
48:45
48:46quand on parle
48:47biodiversité
48:48on parle bien
48:48de ça
48:49c'est notre avenir
48:51c'est le socle
48:52la biodiversité
48:53c'est vraiment
48:55c'est pour ça
48:56que j'avais dit aussi
48:58on ne fera pas
48:59d'économie forte
49:00sur une planète morte
49:02parce que
49:0350% du PIB mondial
49:05c'est la biodiversité
49:06et
49:07peut-être qu'on est
49:08un petit peu plus sensible
49:09à ça
49:10je sais pas
49:10alors on disait tout à l'heure
49:11sur ces questions
49:12de biodiversité
49:13qu'il y avait
49:14une difficulté
49:15de mesure
49:16de métrique
49:18est-ce qu'il y a aussi
49:19un enjeu de formation
49:19c'est-à-dire
49:20est-ce qu'il faut
49:21former les collaborateurs
49:23ou d'ailleurs
49:24peut-être
49:25prioritairement
49:26les dirigeants
49:27les membres du COMEX
49:28pour que ça bouge
49:29tout le monde
49:30alors moi
49:31nous on forme
49:32nos administrateurs
49:33on forme
49:34nos membres du COMEX
49:36nos collaborateurs
49:38quelques fois
49:39même nos prestataires
49:41quelques fois
49:41ce sont nos collaborateurs
49:43qui viennent me voir
49:44en me disant
49:44tu sais
49:45j'ai eu une idée géniale
49:46en fait
49:47j'ai réuni plusieurs prestats
49:48et je leur ai fait
49:49une présentation
49:50donc
49:53il faut former
49:54tout le monde
49:55et ça c'est
49:55pourquoi c'est indispensable
49:57parce que
49:57et on le voit bien
49:58dans tous les
50:00conflits
50:01qu'on peut voir
50:02sur les réseaux sociaux
50:04etc
50:04très souvent
50:05très souvent
50:07l'origine
50:07c'est une méconnaissance
50:09c'est une incompréhension
50:10des enjeux
50:12des leviers
50:12des grands chiffres
50:15des grandes données
50:17et donc
50:18pour créer
50:19un dialogue
50:19qui puisse être
50:20constructif
50:21il faut que tout le monde
50:22parle de la même chose
50:23sinon ça ne fonctionne pas
50:24et puis
50:27vous savez
50:28moi je ne suis pas
50:29née comme ça
50:30enfin je veux dire
50:30il y a un moment
50:30où j'ai eu un déclic
50:31ce déclic
50:32je l'ai eu justement
50:33en discutant
50:34ou en assistant
50:35à des conférences
50:35ou en lisant
50:36des articles
50:37ou etc
50:38il y a une chose
50:39qui est certaine
50:39c'est qu'une fois
50:40que vous avez compris
50:43vous ne pouvez plus
50:44revenir en arrière
50:44vous êtes engagé
50:46et
50:48moi ce que j'essaye
50:49de provoquer
50:50chez mes interlocuteurs
50:51qui sont encore
50:52un peu
50:54quelques-uns
50:54même climato-sceptiques
50:55on peut le dire
50:56voire d'autres
50:58un peu tièdes
50:59j'essaye de provoquer ça
51:01et
51:01la formation
51:03c'est
51:03pour moi
51:04c'est d'ailleurs
51:04l'idée
51:05à tout un programme
51:06de formation
51:06l'e-learning
51:09le levier
51:10de la formation
51:11Thiermine
51:12là-dessus
51:12merci beaucoup
51:13Odile Batser
51:14et à bientôt
51:14sur Be Smart for Change
51:16c'est l'heure
51:16de notre rubrique
51:17start-up
51:18tout de suite
51:18c'est l'heure
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