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  • il y a 2 jours
Les clefs d'une vie d'Antoine

🗝 Découvrez plusieurs dates-clefs de la vie des plus grands artistes, auteurs et personnalités aux côtés de Jacques Pessis.
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-04-14##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05L'éternel jeune homme que vous demeurez a décidé de rajeunir de six décennies
00:09pour enregistrer à nouveau des chansons qui ont fait scandale
00:13avant de devenir des classiques contemporains
00:15puisque les paroles demeurent résolument dans l'air du temps.
00:18Bonjour Antoine.
00:19Bonjour Jacques. Comment allez-vous ?
00:21Très bien. Là, on ne va pas parler aujourd'hui de voyage
00:24parce que je sais qu'à chaque fois que vous venez dans les clés d'une vie,
00:26vous êtes entre deux pays à bord de votre bateau.
00:29Mais là, il y a un événement qui est la sortie sur les plateformes
00:33d'une nouvelle version de chansons qui sont des classiques.
00:36Voilà, c'est des chansons que j'ai écrites, composées quand j'étais totalement inconnu.
00:42Il y en a une qui est arrivée, qui a été un grand bouleversement,
00:45qui était des élucubrations, donc elle figure dans ce nouvel enregistrement.
00:49Mais d'autres qui n'ont tout d'un coup pas eu leur chance, en quelque sorte.
00:53Alors on va leur redonner une autre chance.
00:55On va évoquer ça bien sûr à travers des dates clés.
00:57C'est le principe des clés d'une vie que vous connaissez par cœur.
01:00Alors, première date que j'ai trouvée, c'est votre première scène.
01:02Et d'après mes calculs, c'est le 4 novembre 1965,
01:06au salon de l'enfance, au stand ORTF.
01:09Eh ben oui.
01:10J'ai des hésitations entre deux scènes, à quelques jours près.
01:15Donc c'était le salon de l'enfance, je suis arrivé,
01:17avec ma guitare, mon harmonica.
01:20Personne n'avait encore vu ça en France.
01:23Et puis c'est sur un stand-on de l'RTF, donc c'est ça.
01:25Et j'ai chanté, même pas une chanson que j'avais écrite,
01:28c'était un classique du blues, du folk.
01:32Baby, let me carry your home, quelque chose comme ça, quoi.
01:34C'était un succès.
01:36Et ça a été mon premier succès.
01:39Moi, j'y arrivais vraiment, je sortais des cours de l'école centrale.
01:44Le lieutenant de mon jeune directeur artistique,
01:47directeur artistique qui est devenu un grand producteur,
01:50Christian Fechner,
01:51le jeune lieutenant qui s'appelait...
01:55Ah, j'ai oublié son nom.
01:57Ah, Germinal.
01:58Germinal Ténas.
01:59Ténas, Germinal Ténas, voilà.
02:00Il m'a dit, ah ben tiens, viens, on va...
02:02Je ne savais pas du tout, moi.
02:03J'ai joué la guitare et ça a marché.
02:06Alors, le salon de l'enfance, il faut savoir que c'est né en 1946
02:10et que ça a été d'abord au Grand Palais.
02:11Ensuite, ça a été au Parc d'exposition de la Porte de Versailles
02:14et ensuite à Putot, au CNIT.
02:16Je ne sais pas à quel salon vous avez participé.
02:18Ça a totalement disparu aujourd'hui.
02:20Ah oui.
02:20Mais c'était un lieu pédagogique et ludique.
02:23Ah oui.
02:24Eh ben, je disais que j'hésitais entre cette date-là pour la première.
02:26Bon, je ne parle pas des...
02:27Quand j'ai chanté dans les rues à Marseille ou ailleurs.
02:32Mais une autre fois, à peu près à la même époque,
02:35avec mon camarade de centrale qui m'a aidé à composer des chansons.
02:39Lui écrivait des musiques et de certaines chansons.
02:41Et moi, j'écrivais des paroles.
02:43Et tout d'un coup, on a été invités à chanter au cercle militaire.
02:48C'est du côté de la grande église Saint-Philippe-du-Roule, par là.
02:52Au cercle militaire.
02:53Et c'est la première fois que j'ai chanté ma chanson qui s'appelait La Guerre.
02:56Exactement.
02:56Au cercle militaire.
02:57Alors, il se trouve que vous avez les cheveux longs
02:59et qu'à centrale, ça passe très bien.
03:01Parce que finalement, un ou deux élèves originaux,
03:04dans chaque promotion, c'est possible.
03:05Oui, à centrale, il y avait des élèves...
03:07Bon, dix ans avant moi, il y avait eu Boris Vian.
03:10Oui.
03:10Et puis surtout, il y a une anecdote célèbre
03:13qui m'a été confirmée récemment par la fille
03:15de l'ancien directeur de l'école centrale.
03:18Et l'histoire authentique, c'est qu'un jour,
03:22quand le succès est arrivé avec les séduquibrations
03:24et les cheveux longs,
03:26il y a un jour un ancien centralien qui est allé voir le directeur
03:30et qui dit « Mais vous n'avez, mon cher camarade,
03:31tu ne trouves pas que c'est une honte que ce jeune garçon
03:36défigure des honours de notre école et tout ? »
03:38Alors, le directeur l'a pris par le bras en parlant.
03:41Il l'a amené dans la galerie
03:42où il y avait les portraits de tous les créateurs de l'école.
03:45Et comme l'école a été créée à peu près sous l'époque
03:48de Napoléon Bonaparte,
03:49tous les créateurs avaient tous ses cheveux longs.
03:53L'ancien récalcitrant a dit « Ah bon, d'accord ! »
03:56Vous n'êtes pas parmi les très bons élèves,
03:58vous avez la moyenne sans plus ?
03:59Je suis rentré avec un très bon classement,
04:02mais la dernière année,
04:04j'étais plus préoccupé des chansons
04:05puisque j'ai chanté...
04:08J'étais en vedette à l'Olympia
04:10et le jour même où je faisais mon dernier examen
04:14à l'école centrale.
04:15Ça fait un choc.
04:17En fait, l'école ne vous intéresse pas beaucoup.
04:20La chanson, oui,
04:21mais surtout c'est la route qui vous intéresse.
04:23Et on peut résumer cette passion par une chanson
04:25qui figure sur cette nouvelle version.
04:28Je reprends la route de main
04:31C'est vrai que vous avez vagabondé sur les routes d'Europe
04:45dès vos jeunes années, Antoine.
04:46Ah oui, d'abord, mon enfance a été très vagabonde
04:49par le fait parce que mon père voyageait beaucoup
04:52pour sa profession.
04:54Il construisait des ponts,
04:56il réparait des routes pour les travaux publics
04:57dans les territoires d'Outre-mer.
04:59Donc, j'ai vécu à Saint-Pierre-et-Miquelon,
05:02j'ai vécu au Cameroun.
05:03Mon père avait voyagé aussi à Madagascar.
05:07Donc, j'avais beaucoup voyagé.
05:09Mais, sitôt que j'ai découvert
05:12cette ambiance du folk, du blues,
05:15avec des copains américains
05:16qui étaient venus passer un mois de vacances
05:20dans ma famille à Grenoble,
05:21autour de tous ces voyages,
05:24eh bien, j'ai été tenté par la route.
05:25C'était Woody Guthrie, c'était Dylan,
05:30c'était, voilà, Keroak, évidemment.
05:34Et, tout d'un coup,
05:35il est arrivé à une période où on pouvait,
05:38c'était un peu du rêve,
05:39on pouvait lever le pouce à la sortie de Paris,
05:42sur le pont de Sèvres ou je ne sais pas quoi,
05:43vers le nord, vers la porte de la chapelle.
05:46On levait le pouce et on se retrouvait
05:48en toute sécurité et joyeusement,
05:51deux jours plus tard, à Stockholm,
05:52ou à Londres, ou à Nice.
05:53C'était, et en sécurité, quoi.
05:56C'était vraiment une belle époque pour le voyage.
05:58Et je crois que le premier voyage
05:59a débuté boulevard Sébastopol, très exactement.
06:02Le premier voyage, ben, c'était,
06:04c'était, en fait, j'étais,
06:07je cherchais à financer un peu,
06:10je partais en voyage,
06:11mais j'avais compté sur une,
06:13je devais animer, être guide
06:15dans une fête, une exposition
06:18sur l'art de la soudure,
06:20à l'école centrale,
06:21et puis on m'avait viré
06:23parce que j'avais les cheveux longs.
06:24Alors, je suis parti,
06:25je me suis dit,
06:26est-ce que je vais essayer
06:27de gagner,
06:29de décharger des caisses
06:31dans les Halles de Paris,
06:32qui étaient au centre de Paris
06:33à l'époque,
06:34et puis ça n'a pas marché du tout,
06:36personne, ça ne s'est intéressé,
06:37et je suis parti,
06:38pratiquement les poches vides,
06:40en stop vers l'Angleterre,
06:41et puis vers la Suède,
06:43et puis descendre,
06:44puis remonter en Suède,
06:45et retourner en Angleterre.
06:47C'était une période un peu folle,
06:50mais d'une grande liberté.
06:51Avec une ambition,
06:52c'était traduire les chansons
06:53de Bob Dylan,
06:54et ça, c'était nouveau.
06:56Il y avait Hugo Frey
06:57qui le faisait,
06:57mais personne d'autre.
06:58J'avais chanté des chansons
07:01de plusieurs personnes,
07:02entre autres,
07:04On est les Rois,
07:05qui était une chanson
07:05King of the Road de Miller,
07:08je ne me rappelle plus son prénom,
07:09et puis les chansons de Dylan.
07:11Et c'est vrai qu'au fil de la route,
07:12j'ai traduit une dizaine
07:15de textes de chansons,
07:16parce que les gens
07:17qui m'écoutaient dans les rues
07:18et tout,
07:18ils ne connaissaient pas
07:19l'anglais forcément.
07:20Et puis lorsque je suis rentré,
07:22j'avais rencontré Hugo Frey
07:23sur la route,
07:24et puis il était en tournée,
07:26lui,
07:26avec sa grosse voiture américaine,
07:28et moi j'étais à un stop.
07:30Et il m'avait donné un conseil,
07:32parce que je lui ai dit
07:33mais j'ai adapté
07:33des chansons de Dylan,
07:35est-ce que tu pourrais les chanter ?
07:36Je ne peux pas les prendre,
07:37parce que c'est Pierre Delanoé
07:39qui traduit les chansons pour moi,
07:41mais je te conseille d'écrire.
07:43Il avait regardé,
07:44il avait écouté ce que je chantais,
07:45il m'a dit
07:45écris tes propres chansons et toi.
07:47Je crois que vous aviez une astuce
07:49qu'on ne peut pas imaginer aujourd'hui,
07:50vous étiez rentré dans sa loge
07:51avec une guitare sur l'épaule
07:53sans aucun contrôle.
07:54Oui, c'était une époque.
07:56L'époque était...
07:57Je ne vais pas être nostalgique,
07:58parce qu'il y a beaucoup
07:59de choses formidables dans cette époque,
08:00il y a des trucs incroyables
08:01aujourd'hui.
08:02Mais c'est vrai que là,
08:03c'était au Théâtre du Pharo à Marseille.
08:07Un gars dans la rue m'avait dit
08:08« Ah, je suis le secrétaire de Hugo Fray. »
08:10« Ah bon ? Ouais, tu viens le voir. »
08:12Alors je m'étais pointé à l'entrée,
08:13mais je n'étais pas annoncé,
08:14personne.
08:15J'avais ma guitare sur le dos.
08:16J'en m'avais dit
08:17« Allez-y,
08:18ils avaient pensé que j'étais
08:19un des musiciens de Hugo Fray. »
08:21Et une de vos premières chansons
08:23un peu méconnues,
08:24parce que celle-là
08:25est sur le second album,
08:25c'est celle-ci.
08:27Parfois tu prends ta guitare
08:31Tu joues les chansons
08:35De Dylan ou de Vian
08:38Et les yeux s'éclairent
08:42Bien souvent
08:43Voilà, Dylan et Vian,
08:45une autre autoroute.
08:46Oui, une autre autoroute.
08:47C'est une...
08:48Disons, c'est une chanson,
08:49pour moi,
08:50elle est...
08:50Je n'ai pas iconique,
08:52c'est à peu près prétentieux,
08:53mais c'est une chanson...
08:54Je reçois 60 ans après,
08:57c'est un peu ce qui m'a donné envie
08:58de faire...
08:59Je croise des gens dans la rue
09:00ou dans les magasins
09:02ou bien je reçois des messages
09:04de gens
09:06qui retiennent cette chanson-là.
09:08Une autre autoroute,
09:09elle s'appelle,
09:10et c'était vraiment
09:12la philosophie.
09:12C'est une chanson un petit peu symbolique
09:14de cette époque de la route
09:16qu'on aimait tellement pratiquer.
09:18Alors, il y a aussi deux personnes
09:20qui vous donnent un bon tuyau
09:22qui va vous servir.
09:23Il s'appelle Tom Edgeri.
09:24Oui, je crois.
09:25Voilà.
09:25À l'époque,
09:26il y avait le rock.
09:27Le rock'n'roll,
09:28c'était au golf de Drouau,
09:30avec, comment s'appelait,
09:31le patron du golf ?
09:32Henri Leproux.
09:32Henri Leproux, voilà.
09:33C'est ça.
09:33Et puis, il y avait des musiciens.
09:35Bon, c'est une époque actuelle,
09:37je vois,
09:37il y avait énormément
09:38de petits groupes
09:39de chanteurs,
09:40de chanteuses
09:40qui arrivent à faire
09:41des concerts.
09:43À l'époque,
09:43il n'y avait pas
09:43toutes ces choses,
09:45les cafés-théâtres,
09:46les petits théâtres
09:47en pleine province et tout.
09:49Il n'y avait pas beaucoup.
09:50Ça n'existait pas.
09:50Il y avait les grands musicaux
09:52et pas grand-chose d'autre autre.
09:53Et un jour,
09:54je tombe sur deux guitaristes
09:55qui avaient des cheveux
09:56encore plus longs que moi
09:58et ils étaient déjà assez longs.
10:00Et on parlait,
10:01c'était dans un magasin
10:02d'harmonica,
10:03d'instruments de musique
10:04chez Paul Becher.
10:05Puis lui,
10:06c'était gratuit.
10:07Et donc,
10:08j'achetais des harmonicas
10:09parce que ça s'use vite
10:10quand on souffle dedans
10:12ou quand on aspire dedans
10:14pour tordre les notes.
10:15Et il me dit,
10:16ah, tu me dis,
10:17tu devrais,
10:18ah, tu cherches,
10:18tu devrais voir un petit gars
10:20qui vient de rentrer chez Vogue
10:23et qui a promis
10:24qu'il allait créer des vedettes
10:26et qu'il était un petit gars inconnu.
10:28Donc, c'est Christian Fechner.
10:29Je suis allé le voir.
10:31Il était magicien,
10:32je crois,
10:32dans le sud-ouest.
10:33Il était, oui,
10:34présuscitateur.
10:34Voilà,
10:34il était de toute une équipe toulousaine.
10:38Il venait d'Agen, lui.
10:39Il venait des services militaires
10:40et il avait écrit
10:41à toutes les maisons de disques
10:43disant,
10:45votre maison est dépassée.
10:47Vous êtes, moi,
10:48engagez-moi,
10:49je vais vous créer
10:50cinq vedettes dans l'année.
10:51Et il n'a pas été loin de ça.
10:54Il a vraiment,
10:56il a été d'abord dans la chanson
10:58puis surtout,
10:59ensuite,
10:59il est devenu grand producteur de films,
11:01un des plus grands producteurs français.
11:02Oui,
11:03et il a même sauvé l'Alcazar
11:04quand Jean-Marie Rivière
11:05avait pratiquement
11:06mis la clé sous la porte
11:07pour des raisons financières.
11:08Il a sauvé
11:09ce lieu mythique de Paris.
11:10Et là,
11:11je ne sais pas si vous connaissez
11:12l'anecdote,
11:13mais moi,
11:15quelques années plus tard,
11:16après huit ans de chansons,
11:17j'ai eu envie de partir en bateau
11:19et j'étais en 74,
11:21j'étais en train
11:21de finir de construire mon bateau,
11:23de faire construire mon bateau
11:24puis j'aménageais l'intérieur,
11:26un tas de choses et tout.
11:27Vraiment,
11:28j'étais prêt à partir.
11:29J'avais réglé tout,
11:30etc.
11:31J'avais mis tous mes délais
11:31dans les économies dans ce bateau
11:32et je reçois un appel
11:34de Christian Fechner
11:34qui me dit
11:35est-ce que ça t'intéresserait
11:36de remplacer
11:38Jean-Marie Rivière ?
11:39Je viens de racheter
11:40l'Alcazar
11:41et est-ce que tu accepterais
11:42de mener la revue ?
11:45De mener la revue ?
11:46J'avais mené une revue
11:47au cinéma
11:50au Gommon Palace.
11:52Ça avait été
11:52une chose merveilleuse
11:53mais qui n'avait pas bien fonctionné.
11:54Et il m'avait appelé
11:55pour que je fasse ça.
11:56Et je lui ai dit
11:57écoute Christian,
11:58c'est gentil,
12:00j'ai mon bateau,
12:02il a bien d'être mis à l'eau,
12:04je pars,
12:05je pars,
12:06non,
12:06merci d'avoir pensé à moi
12:07mais non.
12:08J'aurais pu avoir
12:09une autre carrière
12:11d'animateur de revue.
12:12Alors avant,
12:13il s'est passé d'autres choses
12:14et il y a une autre date
12:15importante dans votre parcours,
12:16le 19 décembre 1965.
12:19A tout de suite
12:19sur Sud Radio
12:20avec Antoine.
12:22Sud Radio,
12:22les clés d'une vie,
12:23Jacques Pessis.
12:24Sud Radio,
12:25les clés d'une vie,
12:26mon invité Antoine
12:27avec la résurrection
12:29si j'ose dire
12:30de cette chanson
12:31enregistrée
12:32en 1965
12:33et qu'on trouve
12:34aujourd'hui
12:35sur les plateformes.
12:36On en a écouté
12:36quelques-unes.
12:37Ça donne l'occasion
12:38de parler de votre parcours
12:39et le 19 décembre 1965,
12:42c'est un soir historique.
12:44Charles de Gaulle,
12:4612 millions
12:49868
12:52661
12:54soit 55%.
12:55Et Charles de Gaulle
12:57est élu président
12:57de la République
12:58aux premières élections
13:00au suffrage universel
13:02et entre deux résultats,
13:04parce qu'à l'époque,
13:05il faut des heures,
13:07il y a des chanteurs
13:08dont vous.
13:08Voilà,
13:09on m'avait demandé,
13:10c'était ma toute première télévision,
13:12j'avais publié
13:14un 45 tours
13:14avec une chanson
13:15qui s'appelait
13:16Autoroute européenne
13:17numéro 4
13:17et une autre
13:18qui s'appelait
13:18La guerre
13:19et qui était un peu
13:20un constat
13:20de situations
13:22qui malheureusement
13:23sont encore
13:24d'actualité.
13:25Mais quand je suis arrivé,
13:27on m'a dit
13:27« Ah non,
13:28chantez la guerre
13:28le soir des élections,
13:30la direction,
13:30il y avait une interdiction
13:31venant du général de Gaulle,
13:32venant de l'Elysée,
13:34vous ne chantez pas
13:34cette chanson-là. »
13:36Et le réalisateur
13:37était quelqu'un
13:39que j'appréciais beaucoup
13:40parce que j'allais voir
13:40cette émission
13:41tout le temps
13:41à la maison
13:42des élèves de Centrale,
13:43à la télé,
13:44et c'était
13:46Jean-Christophe Averti.
13:47Jean-Christophe Averti
13:48et il me dit
13:49« Non, écoute,
13:50tu ne peux pas
13:51te faire chanter,
13:52tu vas chanter
13:53une autre auto-européenne
13:55numéro 4,
13:55par contre,
13:56tu viendras
13:57le mois prochain
13:58dans mon émission
13:58qui s'appelait
13:59« Les raisins verts »
14:00ou des choses comme ça,
14:01il y avait d'autres titres.
14:03Et donc,
14:03il m'a invité.
14:04Ce soir-là,
14:04j'ai chanté
14:05l'autre chanson
14:06et « La guerre »,
14:06je l'ai chanté ensuite
14:07et c'était un fou
14:09pour ceux qui se rappellent
14:10à Jean-Christophe Averti,
14:12il était en avance
14:12de plusieurs générations,
14:13il aurait adoré
14:14avoir les moyens
14:16qu'on a maintenant,
14:17l'informatique,
14:18tout ce qu'on peut créer,
14:20l'intelligence artificielle,
14:22il faisait des émissions
14:24complètement folles
14:25mais que j'adorais.
14:26Alors,
14:26une autre autoroute,
14:28il y a un extrait du début
14:29qui est aussi très intéressant
14:30parce que ça plante
14:31le décor de cette chanson.
14:33La route s'est ouverte
14:38À tes pas
14:41Tu sais que là-bas
14:43Et pour moi,
14:43le darocine,
14:43c'est qu'à cette époque,
14:45s'ouvrent les premières autoroutes
14:46en France
14:47qu'on ne peut pas imaginer aujourd'hui.
14:48En fait,
14:49les premières autoroutes
14:49dataient de 1927.
14:51En 1946,
14:52on a commencé à en parler
14:53et à peu près,
14:54quand vous faites cette chanson,
14:55on a les premières autoroutes
14:56avec une vingtaine de kilomètres.
14:58Voilà.
14:59Et lorsque j'ai cette chanson,
15:01cette émission
15:01dont on vient de parler,
15:02les élections là,
15:04était présentée
15:04par Georges de Cône.
15:06Georges de Cône.
15:07J'ai aimé beaucoup aussi,
15:08Georges de Cône.
15:08J'ai regardé ses émissions
15:09et j'écoutais ses émissions
15:11à la radio.
15:12Une qui s'appelait CQFD.
15:13Je ne sais pas
15:13si vous vous rappelez ça.
15:14C'était l'aventure et tout.
15:16Et il lui était parti
15:17sur une île aussi.
15:18Moi,
15:18je n'avais pas encore eu
15:19cette idée-là,
15:19mais il était comme ça.
15:21Et Georges de Cône
15:22m'a présenté
15:22et il ne connaissait pas la chanson
15:23parce que ça avait été décidé
15:25au dernier moment
15:25et il pensait que c'était
15:26une chanson
15:27sur la construction
15:27des autoroutes.
15:28Il m'a présenté
15:30comme un élève de centrale
15:31qui construit des autoroutes.
15:33Alors,
15:34votre premier rendez-vous
15:35avec Christian Fechner
15:35a failli une passe déroulée
15:36parce qu'il ne s'était pas
15:38réveillé, je crois.
15:38Oui,
15:39il ne s'était pas réveillé.
15:39C'était une équipe de Toulousains
15:41qui étaient un petit peu
15:43des branleurs.
15:44Ils ont fait leur preuve après,
15:46mais ils étaient...
15:47C'était des écoutes Toulousains
15:48qui étaient montés à Paris
15:49et j'arrive,
15:52ils m'avaient donné rendez-vous,
15:53j'arrive au studio
15:54et il arrive,
15:55et j'attends,
15:56et j'attends,
15:56et j'attends.
15:57Il n'était pas là.
15:57Moi,
15:57j'avais séché un cours
15:59de l'école centrale,
15:59un amphithéâtre
16:00de l'école centrale.
16:01Et puis,
16:03je dis,
16:04la secrétaire était gentille,
16:06elle me dit
16:06je vais essayer de l'appeler.
16:07Elle le réveille.
16:08Il était midi,
16:10elle le réveille.
16:11Et il dit...
16:14Il est comment,
16:14il a les cheveux longs,
16:16il a une chemise à fleurs...
16:18Non,
16:18il n'y a pas encore
16:18les cheveux à fleurs.
16:19Il a les cheveux longs,
16:20il a une guitare
16:21et un harnais pour armonica.
16:22Qui ne parte pas,
16:23j'arrive.
16:24J'arrive.
16:25Et Fischner est arrivé.
16:26Et il a tout de suite cru en vous.
16:27Vous avez fait les premières maquettes
16:29avec,
16:30en régie,
16:31un de ses adjoints
16:32qui est devenu célèbre,
16:33je crois,
16:33qui était Alain Boubile.
16:35Alain Boubile,
16:35oui,
16:35c'est-à-dire que...
16:36Non,
16:37ce n'est pas un des adjoints.
16:37Lui était Alain
16:39qui dirigeait
16:42les éditions,
16:43la partie édition
16:43de la Maison Vogue.
16:45Donc,
16:46c'était un beau début
16:47entre Fischner
16:48qui est devenu
16:48l'un des plus grands
16:48producteurs de cinéma
16:50de France
16:50et Alain Boubile
16:51qui a quand même
16:52fait Les Misérables
16:53qui doit être
16:54l'homme le plus célèbre
16:55du monde,
16:56le français
16:56le plus célèbre du monde.
16:57Et il se trouve
16:58que donc le premier disque
16:59est enregistré
17:00en trois heures
17:00pratiquement.
17:01Ah oui,
17:01à l'époque,
17:02trois heures,
17:02c'était les musiciens,
17:04c'était les problèmes
17:05qui sont devenus
17:06en plus les charlots
17:07par la suite,
17:07c'était les problèmes
17:08et c'était trois heures,
17:10deux heures
17:10pour faire
17:11l'enregistrement
17:12de l'orchestre
17:13sur une piste.
17:14On avait peut-être
17:15une deuxième piste
17:16pour mettre
17:16des claquements de main,
17:18quelque chose comme ça
17:19et puis la voix
17:20sur une seule piste
17:21et puis
17:22au bout de trois,
17:23quatre heures,
17:24le disque était
17:24enregistré,
17:25joué,
17:26chanté,
17:27mixé,
17:28tout juste...
17:29On partait
17:29avec un souple,
17:31un disque souple.
17:32Et vos soirées,
17:33vous les passiez
17:33dans un cabaret
17:34qu'il avait repris
17:36que c'était
17:37le petit Marais.
17:38Oui,
17:38le Marais à l'époque
17:39n'était pas
17:40ce qu'il est devenu
17:41maintenant.
17:41Le Marais,
17:42c'était le Domain's Land,
17:44il n'y avait rien,
17:44c'était des bistrots,
17:46des pauvres bistrots
17:47faméliques,
17:48des choses comme ça
17:49et Christian avait trouvé
17:52un deal
17:53avec,
17:53un accord
17:54avec ce petit cabaret
17:57qu'on allait chanter
17:58un petit peu.
17:59On allait chanter
18:00et en échange,
18:00on avait des...
18:03On mangeait quoi.
18:04Voilà.
18:04Et votre premier cachet,
18:05je crois que c'était
18:0630 francs,
18:06ce qui était une fortune
18:07pour l'époque.
18:08Et j'avais gagné
18:0830 francs,
18:09mais ça a été extraordinaire
18:10parce qu'en parlant
18:11d'argent,
18:12j'avais gagné
18:1330 francs
18:14qui correspondraient
18:17à un peu plus
18:18de 30 euros
18:18aujourd'hui.
18:21Une semaine après,
18:22je chantais
18:23dans un petit,
18:24une espèce de petit bal
18:25à Marne-la-Coquette,
18:29non pas Marne-la-Coquette,
18:30en tout cas,
18:31dans les banlieues de Paris
18:32un peu éloignées
18:33et j'ai touché
18:34100 francs,
18:36c'est-à-dire 100 francs,
18:37presque 100 euros
18:39et un petit peu moins
18:40quand même à l'époque
18:43et à peine,
18:45ensuite,
18:45j'ai eu une petite tournée
18:47où je gagnais
18:47à peu près ça par jour
18:49et là-dessus,
18:50tout d'un coup,
18:51on m'invite à chanter
18:52en première partie
18:53des Rolling Stones
18:54et voilà.
18:56C'était tellement rapide
18:58que ça n'avait aucun sens.
19:00Alors,
19:00il y a aussi une chanson
19:01qui correspond exactement
19:02à ce qu'on pensait
19:03à l'époque de vous
19:04et elle figure bien sûr
19:05sur cette nouvelle version.
19:08Qu'est-ce qui ne tourne pas rond
19:11chez moi ?
19:15Qu'est-ce qui ne va ?
19:28Là aussi,
19:29c'est une chanson mythique
19:30parce que c'est le début
19:31des chemises à fleurs
19:32et vous étiez là aussi
19:33en avance sur votre temps,
19:34sur les hippies.
19:35Oui,
19:35cette chanson,
19:37pour vous donner l'anecdote,
19:37lorsque le premier 45 tours
19:40a un peu marché,
19:41un petit peu marché,
19:43Christian Fechner,
19:44presque sans autorisation
19:45de la maison de disques,
19:46presque en cachette,
19:47m'a fait enregistrer un album,
19:48m'a dit,
19:48il faut qu'il y ait 10 chansons.
19:50Alors,
19:50j'ai écrit 10 chansons,
19:51entre autres,
19:52celle-là,
19:52et c'est celle-là
19:55que Christian Fechner
19:56croyait dur comme fer
19:57à cette chanson-là.
19:58Et les élucubrations,
20:00bon,
20:01oui,
20:01non,
20:02bon,
20:02voilà.
20:02Et en fait,
20:04le titre
20:06qui aurait dû être un succès,
20:07c'est celle-là.
20:08Mais là aussi,
20:08quand on voit vos chemises à fleurs,
20:10c'était un avidement pour l'époque
20:11parce qu'à l'époque,
20:12les hippies,
20:13on n'en parlait pas,
20:13Antoine.
20:14Ah,
20:14ça n'existait pas du tout,
20:15le Flower Power,
20:16les hippies,
20:16non,
20:17non,
20:17c'était,
20:18en fait,
20:18c'était sur la route
20:19l'année,
20:20l'été précédent,
20:22en autostop,
20:22et puis quelque part sur la route,
20:23je déchire mon jean.
20:25Alors,
20:25à l'époque,
20:25ce n'était pas encore la mode
20:26d'avoir des jambes de jean déchirées.
20:29Donc,
20:29il fallait le coup de quelque chose
20:31et j'avais que du tissu à fleurs
20:32sous la main.
20:32C'est des copines anglaises
20:35ou suédoises,
20:35je ne sais plus,
20:36qui m'aient donné un bout de tissu
20:37et j'avais cousu cette pièce.
20:39Et sur la pochette du 45 tours,
20:41on me voit avec cette pièce,
20:44au tissu à fleurs.
20:45Et voilà que juste,
20:46entre le moment
20:48où ce disque a été enregistré,
20:49où le premier 45 tours
20:50a eu un peu de succès,
20:51et le moment où est sorti l'album,
20:54j'étais parti à Grenoble,
20:56j'étais parti pour Grenoble
20:57avec ma compagne de l'époque,
20:59et puis on passe
21:00dans un petit supermarché là-bas,
21:03ça s'appelait,
21:04il n'y avait même pas le mot supermarché,
21:05c'était des galeries,
21:07des nouvelles galeries
21:07ou quelque chose comme ça,
21:08et il y avait un chemisier
21:10pour femmes,
21:12à fleurs,
21:13rouge,
21:13avec des petits points verts et tout,
21:16et ma copine,
21:17Joël,
21:17elle me dit,
21:18ah,
21:18tu aurais acheté ça.
21:20Voilà,
21:20j'ai acheté ça,
21:22ça se boutonnait du mauvais côté,
21:23c'était un corsage de femmes,
21:25quoi.
21:25Et puis,
21:26il s'est trouvé que,
21:27je suis arrivé à Paris,
21:30Christian Fechner a vu la chemise,
21:32il dit,
21:32oh là là,
21:32il faut que tu mettes ça
21:33sur la pochette du disque,
21:34et c'est devenu mon uniforme.
21:36Exactement.
21:37Et c'est tout.
21:38Je trouve ça merveilleux,
21:39tous les déclics dans la vie,
21:41toutes les petites rencontres,
21:43les petits hasards,
21:44peut-être que,
21:45si je n'étais pas passé
21:46dans ce magasin-là,
21:46ma vie aurait peut-être changé,
21:48peut-être que la chemise à fleurs
21:49a été essentielle,
21:50peut-être que,
21:52dans le livre de souvenirs
21:54que j'ai pu écrire,
21:55j'ai toujours remercié
21:58ces millions de rencontres,
22:00de petits moments
22:01qui ont pu tout changer, quoi.
22:04Alors,
22:04parmi les chansons,
22:06justement,
22:06que vous avez enregistrées,
22:08il y en a une
22:08qui montre que vous étiez déjà
22:10en avance sur votre temps.
22:12Pourquoi,
22:13pourquoi,
22:14ces canons,
22:15au bruit étonnant,
22:20pourquoi,
22:21pourquoi,
22:22ces canons,
22:24pour faire la guerre,
22:27mon enfant ?
22:281965,
22:29on est en 2026,
22:30et là,
22:30c'est toujours l'actualité.
22:31C'était ces chansons,
22:35parmi les sept chansons
22:36de cet enregistrement-là
22:37que j'ai réenregistrées,
22:38il y en a au moins deux ou trois
22:38qui seraient tout à fait
22:41en place,
22:41hélas,
22:42malheureusement,
22:43on est tout autant concernés,
22:45peut-être même plus.
22:45Et là,
22:46c'était déjà l'ère du temps,
22:47il y avait la guerre du Vietnam,
22:48des manifestations,
22:49là,
22:50vous étiez presque
22:51un symbole de la jeunesse.
22:53Je n'ai jamais voulu
22:54être un porte-parole,
22:55j'étais,
22:56comme disait Dylan,
22:57si vous voulez un message,
22:59aller à la poste,
23:01mais c'est vrai
23:03que les chansons,
23:04à l'époque,
23:05il y avait eu
23:07la chanson française,
23:08la grande
23:09ou la populaire,
23:11quand je dis la grande chanson,
23:12je parle brel,
23:13brassins,
23:13etc.,
23:14ou la populaire,
23:15ça pouvait être les deux,
23:16comme l'édite Piaf
23:17ou connaître Renard
23:19ou toilette de Réal,
23:19et il y avait ces chansons-là
23:21qui étaient surtout
23:22des histoires d'amour,
23:22c'était pratiquement
23:24toujours des histoires d'amour.
23:25Et puis,
23:26ensuite était arrivé
23:27le Yéyé
23:28avec des chansons
23:29qui avaient en fait
23:30repris les histoires d'amour
23:31et c'était très
23:32très asexué,
23:34c'était très
23:36commercial,
23:37le Yéyé,
23:37c'était des traductions
23:39de chansons américaines
23:41d'un pays
23:42qui était déjà
23:43très conservateur,
23:44donc c'était
23:45très asexué.
23:47Et puis,
23:48tout d'un coup,
23:49on a pensé
23:50à autre chose,
23:50on avait envie
23:52de parler
23:53d'autres sujets,
23:54des sujets
23:55qui nous touchaient.
23:57Il y avait
23:58la guerre,
23:58bien sûr,
23:59il y avait
23:59la sexualité,
24:00il y avait
24:01un vent de liberté,
24:02c'était deux ans
24:04avant 1068.
24:05Alors,
24:06la guerre
24:06beaucoup plus pacifique,
24:07on va l'évoquer
24:08à travers la date
24:09du 25 mai 1966.
24:11A tout de suite
24:12sur Sud Radio
24:12avec Antoine.
24:14Sud Radio,
24:15les clés d'une vie,
24:16Jacques Pessis.
24:17Sud Radio,
24:17les clés d'une vie,
24:18m'ont invité
24:19Antoine.
24:20Antoine,
24:21pour ce nouvel album,
24:22si j'ose dire,
24:22parce que c'est
24:23sur les plateformes,
24:23avec cette chanson
24:25des années 65
24:27entièrement réenregistrée.
24:28On a entendu
24:29quelques extraits,
24:29on va en parler
24:30plus tout à l'heure.
24:3125 mai 1966,
24:33la guerre des idoles
24:34à cause
24:35ou grâce
24:35à cette chanson.
24:36Tout devrait
24:37changer tout le temps,
24:39le monde serait
24:40bien plus amusant.
24:42On verrait des avions
24:43dans les couloirs
24:44du métro,
24:45et Johnny Hallyday
24:46en cas jamais de radio.
24:47Et voilà,
24:47émission de télévision
24:48à l'instant,
24:49vous êtes de voix
24:49avec Albert Esther,
24:51qui a d'ailleurs été
24:51un roi de l'harmonica
24:52bien avant vous,
24:53et qui vous vous retrouvez
24:55face à Johnny
24:56alors que c'était
24:57pas prévu.
24:58Oui, c'est-à-dire que
24:59lorsque j'ai écrit
25:01toutes ces chansons
25:02dont je parlais
25:03sur la route,
25:03sur les événements
25:04comme la guerre,
25:06etc.,
25:06tout d'un coup
25:07est venue dans mon esprit
25:08une chanson plus folle
25:10qui était un peu
25:11un talking blues
25:11qu'on appelait ça
25:12en Amérique,
25:12c'était de raconter
25:14un peu des facéties,
25:15des billes faisées
25:17sur une musique,
25:18des accords du blues.
25:20Et cette chanson
25:22qui devait être
25:22la douzième chanson
25:24ou la dixième chanson
25:25du disque,
25:26c'est elle qui a fait
25:27le succès,
25:27c'est les élucubrations
25:28qui a été un bouleversement
25:30en quelques inconnus
25:32le 15 janvier,
25:33j'étais numéro un
25:34le 15 février,
25:35numéro un des ventes
25:36en France le 15 février
25:37et à l'Olympia
25:38en vedette
25:39deux mois plus tard.
25:40Alors, je reviens
25:40à cette émission
25:41parce que là
25:41on vous a attendu
25:42un piège.
25:42Voilà,
25:43et moi,
25:45j'étais fan de Johnny
25:46depuis toujours
25:46et quand j'avais mis
25:47Johnny en Kajamédrano,
25:49pour moi c'était
25:49un hommage,
25:50c'était pour rigoler,
25:51c'était amusant,
25:53ça le se trouvait
25:53un petit peu
25:54parce qu'il s'endormait
25:55un peu dans des chansons
25:55d'amour sirupeuses
25:57et tout,
25:57mais c'était un hommage
25:58pour moi.
25:59D'ailleurs,
26:00la première,
26:01je vous l'ai sans doute
26:01déjà racontée,
26:02mais la première fois
26:02que j'ai rencontré
26:03Johnny en dehors,
26:05j'avais vu ses spectacles,
26:06mais là,
26:07un jour,
26:07je chante
26:09dans un club
26:10à Marseille,
26:11une ville
26:12qui a toujours
26:12beaucoup compté
26:13pour moi,
26:14et c'est la première fois
26:15que j'ai été payé
26:16pour chanter
26:17dans un cabaret,
26:18puis je rentre
26:18dans une boîte
26:20et je rentre
26:20à l'hôtel
26:21et le portier
26:22de l'hôtel,
26:23à l'époque,
26:23il y avait des portiers
26:24dans les hôtels,
26:24me dit,
26:25ah,
26:25il y a votre copain
26:26qui est dans la boîte
26:26au sous-sol,
26:27il y avait aussi
26:27des boîtes au sous-sol,
26:29une boîte au sous-sol
26:30et j'ai mon copain
26:31qui m'a dit,
26:32ah,
26:32ben j'y vais,
26:32je vais voir Johnny
26:34et Johnny,
26:34il me dit,
26:35ah,
26:35je suis ravi de te voir,
26:37j'adore ta chanson,
26:38d'ailleurs,
26:38regarde,
26:39j'ai une chemise à fleurs,
26:40il avait une chemise à fleurs,
26:41donc Johnny adorait la chanson,
26:43c'était très amusant,
26:44mais par la suite,
26:45il s'est trouvé
26:46que mon succès
26:47est devenu trop grand,
26:48ça a été,
26:50ça a été tellement,
26:51tellement fort
26:51qu'à un moment,
26:52il a dit,
26:53il se moque de toi,
26:54il dit que,
26:54il est dépassé et tout,
26:57il faut que tu répondses,
26:58donc Johnny,
26:59avec ses copains,
27:00il a concocté une réponse
27:02et puis,
27:03moi j'ai été invité
27:04dans cette émission,
27:05je ne savais pas
27:05qu'il allait être là,
27:07c'était Albert Reissner
27:08et il m'a dit,
27:09oh non,
27:09mais toi tu chantes là-bas,
27:10toi tu es ici,
27:11non non,
27:11vous n'avez pas le problème,
27:12je lui parle,
27:12il l'avait organisé
27:14pour qu'il y ait l'affrontement
27:16et ça a été la guerre des idoles,
27:18ça a été,
27:18mais ça s'est arrangé ensuite,
27:20quelques jours plus tard,
27:22je crois que c'est Jean-Marie Perrier
27:24qui m'a amené dans une,
27:25avec qui j'étais dans une boîte de nuit,
27:27vous arrivez Johnny,
27:29il appelle Johnny,
27:30il dit,
27:30voilà,
27:30je vous enferme tous les deux
27:31dans un des salons de la boîte là,
27:33je vous enferme tous les deux,
27:34vous ne sortirez que
27:34quand vous serez réconcilié.
27:35Et depuis,
27:36on a été copains,
27:38on a été,
27:39je l'ai accompagné un jour sur scène,
27:41il est venu me voir en spectacle
27:42et puis un jour,
27:44il m'a demandé des conseils,
27:45il voulait s'acheter un bateau,
27:46moi j'ai proposé un voilier,
27:48mais il voulait un gros bateau à moteur,
27:50mais voilà,
27:51donc je n'ai pas eu,
27:52et j'ai été très triste
27:53quand il nous a quittés.
27:54Voilà,
27:55dans la tournée de conférences
27:57que je fais actuellement,
27:59se présente pour la dernière fois
28:01une dizaine de villes,
28:03on a dû faire une soixantaine de villes en France
28:04avec d'autres films sur les Caraïbes
28:06et bien sûr dans les Caraïbes,
28:09je suis allé rendre visite
28:11à la tombe de Johnny,
28:12à Saint-Marthe.
28:13Alors,
28:13les éluclubrations,
28:14ça a débuté
28:15grâce à un morceau de musique classique.
28:25Il va tourner en 58,
28:26on enregistre 30 morceaux,
28:27vous perdez le cristal,
28:29et un matin à la radio,
28:30vous entendez ce morceau.
28:31Voilà,
28:32j'étais dans un petit studio
28:34qui va maintenant coûter une fortune
28:36parce que c'est dans le cœur du marais,
28:37et à l'époque,
28:38c'était vraiment un to-dit,
28:39il y avait les canalisations qui fuyaient,
28:44il y avait de l'eau qui coulait,
28:46des glaçons sur l'escalier,
28:48dans le couloir.
28:50Et j'ai été vivé là,
28:51et puis un matin,
28:54je me réveille,
28:55j'avais la radio,
28:57j'allume la radio,
28:58et j'entends l'accordéon,
29:00je dis,
29:00oh ça me fatigue,
29:01tu nous fatigue,
29:02il va être...
29:03Et puis je me retourne,
29:05j'éteins la radio,
29:08ça commence à me tourner dans la tête,
29:10tu nous fatigue,
29:11il va être ton accordéon,
29:13et tout d'un coup,
29:14je me suis réveillé,
29:15je me suis levé,
29:16j'ai écrit trois couplets de la chanson.
29:18Les voici.
29:21Le jour j'écoute la radio en me réveillant,
29:24c'était Yvette Horner qui jouait de l'accordéon,
29:27ton accordéon me fatigue,
29:29Yvette,
29:30si tu jouais plutôt de la clarinette.
29:34Les orchestrations sont fabuleuses,
29:36on connaît cette chanson,
29:37Yvette Horner,
29:38elle ne vous en a pas voulu,
29:38elle était ravie,
29:39elle n'a pas eu problème.
29:40Pas du tout,
29:40Yvette,
29:40Yvette,
29:41elle a adoré ça,
29:43elle a adoré,
29:43elle est tout à fait charmante,
29:44je vous dirais même que,
29:45j'ai eu l'occasion d'aller à la visite,
29:49la rendue grande visite,
29:52d'avoir eu une présidence assistée,
29:54elle était déjà très âgée et tout,
29:56et à un moment,
29:59quelques mois ou quelques années avant sa mort,
30:01et à un moment,
30:02elle se penche vers moi,
30:04elle me dit,
30:05Antoine,
30:05je t'aime.
30:07C'était trop mignon,
30:08c'était trop mignon.
30:09Mais c'est vrai qu'encore une fois,
30:10je parle des déclics,
30:11il n'y aurait pas eu l'accordéon à ce moment-là,
30:13il n'y aurait pas eu des élucubrations,
30:15ça n'aurait pas été mon passeport au fil de ces 60 années,
30:19parce que j'ai préféré d'autres chansons dans ce que j'ai écrit,
30:24mais les élucubrations ont été et sont encore mon passeport depuis 60 ans.
30:28Alors, c'est une suite de récitatifs,
30:30ma mère m'a dit,
30:32Antoine, faites-en couper les cheveux,
30:33c'était vrai ?
30:34C'était vrai,
30:34je pense qu'à l'époque,
30:36toutes les mères disaient à leurs enfants,
30:37on va te faire couper les cheveux,
30:38c'était mal vu d'avoir des cheveux longs.
30:40Et puis, il y a un autre extrait aussi qui a fait scandale à l'époque.
30:53Et là aussi, ça n'a pas vraiment plu à tout le monde.
30:56Ben, c'est-à-dire qu'à l'époque,
30:58il y avait une loi qui s'appelait la loi 1920.
31:00Vous avez chanté ?
31:01J'avais écrit une chanson sur cette loi.
31:03Et la loi 1920 interdisait de parler de contraception
31:08et d'avortement encore plus, bien sûr,
31:10parce qu'en 1920, après la Première Guerre mondiale,
31:14la France avait perdu près de 5 millions de citoyens
31:17et il avait fallu repupler la France.
31:21Donc, il était interdit de parler de contraception,
31:23il était interdit, vraiment, c'était interdit,
31:25il n'y avait même pas un préservatif,
31:26ça ne se trouvait pas dans les pharmacies,
31:28ça n'existait pas,
31:29alors que d'autres pays étaient plus liables que ça.
31:33Et moi, ça me concernait
31:34parce que j'étais jeune,
31:36j'avais une compagne qui me plaisait beaucoup
31:38et on ne voulait pas être tout le coup chargé de famille.
31:41Donc, j'avais écrit cette chanson
31:43et vraiment, je ne dis pas que ça a aidé,
31:47que ça ait révolutionné la loi,
31:49mais moins d'un an après,
31:51la loi 1920 a été abrogée.
31:53Et peut-être que ma chanson a servi un petit peu
31:58à décontracter un sujet qui était quand même très sérieux.
32:01Vous avez d'ailleurs songé à parler du hachiche dans la chanchon
32:04et vous avez renoncé.
32:04Au début, oui, au début, j'avais parlé du hachiche
32:07et puis, c'était en fait,
32:10bon, j'ai été, comme tous à l'époque,
32:13j'ai dû fumer quatre pétards dans ma vie,
32:15le dernier en 1984.
32:17J'ai jamais, j'ai toujours détesté de mettre de la fumée,
32:21j'ai pratiquement jamais fumé, etc.
32:24Mais je pense, j'avais fait cette loi,
32:26je pense qu'il ferait mieux,
32:29beaucoup de pays ont dépénalisé,
32:31aussi bien en Europe comme la Belgique ou d'autres,
32:34ou bien même les 40 États américains
32:36ont dépénalisé le cannabis.
32:39Et je pense honnêtement,
32:41je pense que ça serait mieux,
32:43ça éviterait aux gens d'avoir allé chercher leur herbe
32:48dans des endroits où on va leur vendre des saloperies
32:51beaucoup plus dangereuses, beaucoup plus graves.
32:53Et du Canada aussi, on dépénalisé,
32:55la Californie, plein d'autres.
32:57Je pense qu'honnêtement, c'est ça qu'il faudrait,
32:59c'est ça qu'il faudrait en France aussi.
33:01Alors le mot élucubration, apparemment,
33:03ça vient de votre père.
33:04Oui, mon père disait,
33:05qu'est-ce que c'était que c'était l'élucubration ?
33:06Quand on faisait, on était un peu farfelu,
33:10un peu déchaîné,
33:11c'est quoi ces élucubrations ?
33:12Alors le succès a été incroyable,
33:14je crois que ça a démarré à Le Locomotive,
33:16la première histoire,
33:17qui était la boîte du Moulin Rouge.
33:19Oui, ça doit être la première fois
33:21que j'ai chanté en public, oui.
33:23Et ensuite, c'est un phénomène
33:24qui vous a totalement dépassé.
33:25Ça m'a totalement dépassé.
33:26Moi, je n'avais pas du tout prévu d'être ça.
33:28Je n'ai pas eu à me plaindre,
33:29on ne peut pas se plaindre d'avoir un tel succès,
33:31d'avoir un tel engouement et tout.
33:33Mais ça m'avait,
33:34ça a bouleversé ma vie, clairement.
33:37Ça m'a ouvert infiniment de portes
33:39tout au long de ma vie,
33:40tout au long de ma vie,
33:41parce que même 30 ans, 40 ans après,
33:44quand j'ai proposé de publier un livre
33:46ou de publier un film,
33:49quelque part, l'éditeur,
33:52on voyait bien qu'il avait
33:53le succès des élucubrations
33:54dans le collimateur, quoi.
33:56Vous avez vu un article
33:57où vous comparez carrément
33:58à Guillaume Paulinaire ?
34:00Oui, il y a eu, à l'époque des élucubrations,
34:05des gens...
34:06Il y avait Henri Chapier, entre autres,
34:08qui était un journaliste sérieux et tout,
34:10qui me comparait à un qui m'avait déclaré
34:14un brassince de 20 ans,
34:17ou un autre qui avait...
34:18Je ne sais pas s'il ne parlait pas de Rimbaud,
34:20ou quelque chose comme ça,
34:21c'était très impressionnant.
34:23Et puis, naturellement,
34:24le succès a enclenché des parodies,
34:26et il y en a une qui est assez étonnante,
34:28c'est les hallucinations d'Edouard.
34:40Il faut savoir que c'est Jean-Michel Riva,
34:42le parolier de Joe Dassin,
34:44que Joe Dassin a produit l'album comme un canular,
34:46mais que votre maison de disque
34:48l'a quand même fait interdire.
34:49Oui, c'est-à-dire que c'était...
34:50Un jour, c'est Joe Dassin,
34:52le parolier de Joe Dassin,
34:54qui a dit...
34:55Antoine, il y a une cheville à fleurs,
34:56on va se faire faire un short,
34:58et c'est la femme de Joe Dassin
34:59qui a cousu dans un rideau,
35:01dans un tissu à rideau,
35:03un bermuda à fruits,
35:04un short long à fruits,
35:06après j'ai mis sa fleur.
35:08Et puis, ils ont fait ce disque,
35:09et moi, je trouvais ça très drôle,
35:10mais à l'époque, la maison de disque,
35:12c'était Alain Boublil qui dirigeait les éditions,
35:15on dit, non, non, non, mais c'est pas possible,
35:17c'est des imitations,
35:18c'est des contrefaçons de ta chanson,
35:20non, non, on leur a fait un procès.
35:21Ils ont fait un procès,
35:23moi, je trouvais ça ridicule, quoi.
35:24Et puis, en plus, il était interdit,
35:26le résultat était en vente libre partout,
35:28moi, je l'avais acheté
35:28quand j'avais 15 ans,
35:30et c'était pas un problème
35:32de se procurer les hallucinations d'Edouard.
35:34Je dois dire que,
35:35je pense que ce disque,
35:36cette chanson,
35:37doit détenir un record de réaction
35:40entre des gens qui ont fait,
35:42soit des parodies,
35:44soit repris la chanson
35:45avec des paroles,
35:46des paroles d'humoristes,
35:48de chansonniers,
35:50plus ou moins,
35:51ou soit avec carrément des attaques
35:54ou des phrases,
35:55ou qui caricaturaient tout ça,
35:57je me rappelle,
35:58par exemple,
35:59France Gall,
35:59qui avait fait une chanson,
36:00La guerre des idoles,
36:03Ronnie Bird,
36:04qui était un jeune chanteur
36:05qui avait un bon succès,
36:08qui avait écrit une chante,
36:10il était facile,
36:11chante,
36:12la chanson va à l'école centrale,
36:15ou je ne sais pas quoi,
36:16et puis Jacques Martin,
36:19Jean-Yann.
36:19Jean-Yann et Jacques Martin
36:20ont chanté
36:21Les Émancipations d'Alphonse.
36:23Ils avaient quatre versions.
36:24Le père m'a dit,
36:24Alphonse,
36:25fais-toi couper les cheveux,
36:26t'auras bête au plus de poils,
36:27qu'il n'y en a aucun de mes deux.
36:29J'ai répondu,
36:29elle perd plus que mes cheveux,
36:31ils sont longs,
36:31et moi je lance ce qu'il y a dessous,
36:32et moi juste de savon.
36:34C'est incroyable ça,
36:36il y avait quatre versions,
36:38dans tous les genres.
36:38Ah oui,
36:39et puis il y a eu des parodies,
36:41un peu plus tard,
36:42des années,
36:42une ou deux ans plus tard,
36:43il y a eu un gars
36:44qui était étudiant en sciences
36:46ou en mathématiques,
36:47qui s'appelait Evariste.
36:48Evariste.
36:49Evariste,
36:49et donc c'était Lucien Maurice,
36:51le directeur de Europe 1 à l'époque,
36:53qui avait lancé ce garçon Evariste
36:55pour faire concurrence à Antoine.
36:58Je dis,
36:59je pense que,
37:00je ne sais pas s'il y a
37:01beaucoup de chansons,
37:03dans l'histoire,
37:04qui ont entraîné
37:05tant de réactions.
37:07Alors il se trouve que tout ça
37:08est réuni sur Internet
37:10et à travers la date
37:11du 15 avril 2026.
37:13On va en parler
37:14dans quelques instants
37:15sur Sud Radio,
37:15avec Antoine.
37:17Sud Radio,
37:17les clés d'une vie,
37:18Jacques Pessis.
37:19Sud Radio,
37:20les clés d'une vie,
37:21mon invité Antoine,
37:22nous revenons 60 ans en arrière
37:24avec ces chansons
37:26réenregistrées aujourd'hui.
37:29La date,
37:29je crois,
37:30sur les plateformes,
37:30c'est le 15 avril 2026,
37:32mais déjà,
37:32elles sont disponibles
37:33sur votre propre site.
37:34Notre site Internet,
37:35c'est Antoine.TV,
37:36simplement.
37:37Il y a plein d'images,
37:40plein de récits,
37:41plein de photos,
37:41et puis des extraits
37:42de nos films.
37:43Et là,
37:43vous pouvez télécharger
37:44les nouvelles chansons.
37:46Alors pourquoi avoir repris
37:47ces chansons aujourd'hui
37:48avec un enregistrement
37:49qui rappelle justement
37:50l'époque ?
37:51C'est un petit peu
37:52une chose assez magique.
37:53Je n'avais pas du tout
37:53prévu de faire ça.
37:54Et puis en essayant
37:55de ranger,
37:56vous savez ce que c'est
37:57les milliers de livres
37:58que vous avez chez vous,
38:00les rangers
38:01des disques durs,
38:03je suis tombé sur
38:04toute une série
38:05d'enregistrements,
38:06d'orchestrations
38:07que m'avait enregistré
38:09peu de temps
38:09avant sa mort
38:10l'arrangeur,
38:11l'orchestrateur
38:12de mon ami
38:13et de toujours
38:13Jean-Daniel Mercier
38:14qui a été l'arrangeur
38:16des chansons
38:16avec les problèmes
38:17en 1966,
38:1965 même.
38:20Et il avait enregistré
38:21des nouvelles orchestrations
38:23pour une dizaine
38:24de chansons à moi,
38:25de ces chansons-là.
38:26Je me suis dit
38:26qu'il faut faire
38:29quelque chose comme ça
38:29de ces paroles
38:30tombées du ciel,
38:31ces musiques tombées du ciel.
38:33Et j'ai trouvé
38:33des musiciens
38:35pour compléter
38:36avec des guitares acoustiques,
38:38les seules choses
38:38qui manquaient
38:39c'est guitares électriques
38:39et acoustiques.
38:40Du coup,
38:41on a formé
38:42un petit ensemble.
38:43A l'époque,
38:44le groupe qui m'a accompagné
38:45s'appelait
38:45Les Problèmes.
38:46Et tout d'un coup,
38:46on a eu l'idée
38:47d'appeler cet ensemble
38:48Les Solutions.
38:49Voilà.
38:5060 ans après.
38:51Donc,
38:51c'est eux qui m'accompagnent,
38:53ces orchestrations-là
38:54qui m'accompagnent.
38:55Ce n'est pas
38:56de l'intelligence artificielle.
38:58Il y a l'époque
38:59où il y avait
38:59les synthétiseurs,
39:00toutes ces choses,
39:01le midi et tout.
39:02Mais c'est un...
39:04Comment dire ?
39:05Je ne dirais pas
39:05devenue d'outre-tombe,
39:06mais c'est un...
39:07T'arrivait comme tombée
39:08du ciel,
39:09cette orchestration.
39:10Eh bien justement,
39:10qu'est-ce qui tombe ?
39:11C'est les flocons.
39:12Juste quelques flocons
39:13qui tombent,
39:13c'est dans cet album.
39:15Juste quelques flocons
39:18qui tombent
39:21Tard dans une rue
39:23du marais
39:27La rue est blanche
39:29Le blanc m'inonde
39:33Tu es si douce
39:35à mon côté
39:38Une des premières chansons
39:40aussi de l'album ?
39:42Non,
39:42Les flocons,
39:43c'est un peu plus tard.
39:44Les flocons
39:44n'est pas dans le premier album.
39:47Elle est sortie
39:47dans l'année 60,
39:4866 également,
39:49mais un peu plus tard.
39:50De même que
39:51Je reprends la route
39:52demain
39:52est sortie en 66.
39:54Ces deux chansons,
39:55je dirais que je serais ravi
39:57qu'une de ces chansons
39:58de ces balades,
39:59en particulier
40:00Les flocons,
40:01qui avaient été très appréciés
40:03dans certains milieux.
40:04Je me rappelle
40:05un journaliste rock
40:08très très célèbre,
40:09dont je ne retrouve pas
40:10non à l'instant,
40:11et disait que pour lui
40:12c'était la plus belle chanson
40:13qui ait jamais été écrite.
40:14Et je veux dire
40:18que sans aller jusque-là,
40:19je pense que
40:20j'aimerais bien
40:21que 60 ans après,
40:22ces chansons
40:23qui avaient un petit peu
40:23été effacées
40:25par les élucubrations,
40:27eh bien,
40:28pas que ça devienne des tubes,
40:30mais que ça fasse plaisir
40:31à des gens.
40:31À l'époque,
40:32vous aimiez écrire des balades
40:33dans le style
40:34de Dylan ou de Novan ?
40:35Oui,
40:36j'étais guitariste folk.
40:38En fait,
40:39quand Dylan
40:40a électrifié
40:41ces chansons,
40:43ce qui a créé
40:43des grands
40:44des grands
40:45un grand pataquès
40:46au festival de folk,
40:48là,
40:49moi,
40:50je suis passé,
40:51c'est Christian Fechner
40:52d'ailleurs qui m'a,
40:52qui a dit,
40:53ah non,
40:53il faut mettre,
40:53moi je voulais chanter
40:55avec la guitare sèche seulement,
40:56c'est Christian qui a dit,
40:57ah non,
40:57on va mettre batterie,
40:58batterie, guitare,
41:00voilà,
41:00basse et tout.
41:02Mais je reste,
41:03je suis toujours resté fidèle
41:04à ces chansons-là,
41:05j'ai raconté,
41:07je vis maintenant,
41:08mon bateau,
41:09maintenant je l'ai confié
41:10à un ancien équipier à moi,
41:12je le rejoindrai de temps en temps,
41:13mais il navigue actuellement
41:14en Indonésie,
41:15et moi je reste beaucoup de temps
41:17en Auvergne,
41:17dans ma ferme en Auvergne,
41:18et j'ai installé une piscine démontable
41:21dans une vieille grange
41:22à peine retapée,
41:23comme ça,
41:24avec des grandes photos
41:25autour des coins de paradis
41:28que j'ai publicité,
41:29et je nage tous les jours,
41:31au moins une heure,
41:32en écoutant de la musique,
41:33et j'écoute ces musiques-là
41:37quotidiennement,
41:38et c'est beaucoup,
41:39beaucoup Dylan,
41:40beaucoup Donovan,
41:42des musiciens folk de l'époque,
41:45qui restent toujours présents pour moi.
41:47Alors, les problèmes,
41:48parce que vous les avez cités,
41:49au départ,
41:50Christian Frechner
41:50vous impose des musiciens
41:52que vous ne connaissez pas,
41:53je crois qu'ils s'appelaient
41:54les tarés au départ
41:54parce que personne ne voulait de...
41:56Je ne sais pas,
41:57oui, il faut dire qu'à l'époque,
41:58il y avait tellement de gens,
41:59de groupes qui se créaient,
42:01qui changeaient plus ou moins de noms,
42:02et effectivement,
42:03Christian a fait deux,
42:06un groupe de rock,
42:07c'était un groupe de rock
42:08qui était prometteur,
42:09qui m'accompagnait,
42:10qui m'accompagnait,
42:10quand j'ai chanté
42:11en première partie des Stones,
42:13ils ont aussi chanté avant moi,
42:15ils ont joué avant moi,
42:16et c'était Gérard Rinaldi,
42:18c'était Philippe Eli,
42:20Jean Sarus,
42:21et Louis Stregos,
42:23c'était une sacrée équipe quand même.
42:24Mais au départ,
42:25vous les rencontrez comme ça,
42:25sans imaginer qu'ils vous...
42:26Ah ben c'est Christian Frechner
42:28qui me les a présentés,
42:29et c'est là qu'on a enregistré.
42:31Il se trouve qu'ils ont toujours été avec vous
42:33dans les premières années,
42:34et que le succès des élucubrations
42:36leur a donné une idée.
42:38Ta mère t'a dit,
42:40Antoine,
42:40fais-toi couper les cheveux,
42:42t'aurais mieux fait de le faire,
42:43tu serais beaucoup mieux,
42:45comme ça on serait les seuls,
42:47à se le faire remarquer,
42:48on serait les seuls à élucubrer...
42:50Là aussi,
42:50je vois une image de télévision
42:52sur un ring,
42:53où il y a les problèmes,
42:55et vous,
42:56là aussi,
42:56c'est un gag énorme.
42:57Voilà,
42:58c'est à la suite du succès,
43:00du succès fou de gare,
43:02que Christian Frechner
43:03et Alain Boublil
43:04disaient,
43:04ah mais il faut que vous fassiez
43:05avec les problèmes,
43:07relancer ça,
43:08relancer l'affaire
43:08avec une espèce de guéguerre
43:10entre les problèmes et moi.
43:13Et cette chanson,
43:14ça n'a pas eu un gros succès,
43:16elle était un petit peu,
43:18comme ça,
43:18et puis quelques jours plus tard,
43:21on chantait cette chanson
43:23pour une émission de télévision
43:25sur un bateau-mouche,
43:26à Paris,
43:27pardon,
43:27excuse-moi,
43:28sur un bateau-mouche à Paris,
43:30on répète cette chanson,
43:31puis on avait un temps mort,
43:33et le soir même,
43:34on faisait une émission de radio
43:36pour Europe 1,
43:37je pense,
43:38où on nous avait demandé
43:38de chanter quelque chose
43:39qui ne soit pas
43:40de notre répertoire habituel.
43:41Du coup,
43:42on s'est mis,
43:43avec Gérard,
43:45avec Jean,
43:45avec Phil,
43:46etc.,
43:47on s'est mis à composer,
43:48ensemble,
43:49une parodie
43:50d'une chanson
43:51que j'avais faite
43:52qui s'appelait
43:52« Je dis ce que je pense
43:53et je vis comme je veux »,
43:54et c'est devenu
43:55« Je dis n'importe quoi
43:56et je fais tout ce qu'on me dit ».
43:57On a blagué,
43:58on a pris l'accent,
43:59c'était vraiment spontané.
44:01On l'a chanté le soir,
44:03on l'a chanté le soir,
44:04cette chanson,
44:04dans la boîte de nuit
44:06d'Europe 1,
44:06je ne sais pas où c'était,
44:08et puis,
44:10Christian Fechter a dit
44:11« C'est marrant votre truc là,
44:12il l'a dit,
44:13on va le mettre sur un disque
44:15de différents articles variés,
44:17dont un jazzman et tout,
44:19et ce disque,
44:20ils avaient donné un nom
44:21qui voulait dire
44:21un peu les ringards,
44:22quelque chose comme ça,
44:23des trucs qui marchent. »
44:25Et le disque sort
44:28et voilà
44:29qui se met à passer partout,
44:30car ça ne s'appelait pas
44:30les ringards,
44:31ça s'appelait les charlots.
44:33Et voilà comment
44:34les problèmes,
44:35le groupe de rock prometteur
44:36sont devenus
44:37des amuseurs publics.
44:38Et tout d'un coup,
44:39leur succès est arrivé,
44:41ils étaient « Hello rock,
44:42Christian,
44:43qu'est-ce qu'on fait du rock ? »
44:43Ben non,
44:44vous n'êtes plus les rock,
44:44vous êtes les charlots maintenant.
44:45Exactement.
44:46Et justement,
44:47je dis ce que je pense,
44:48s'il y a aussi une anecdote
44:49avec la fin de cette chanson.
44:51Ce que je veux,
44:54ce que je porte,
44:57émerde.
44:58Et voilà.
44:59Et on entend « émerde »
45:00sur ce...
45:01Oui.
45:02Mais ça, c'était...
45:02En plus,
45:03moi, je suis un peu couillon, quoi.
45:07Je suis un peu couillon.
45:08J'enregistre cette chanson
45:09et quand on enregistre
45:10une chanson un peu tonique,
45:12comme ça,
45:12on la refait plusieurs fois
45:14et à la fin,
45:14on se fatigue, quoi.
45:15À la fin, on se fatigue.
45:16Et à la fin de la délib,
45:18c'est-à-dire la répétition
45:19de la dernière phrase,
45:20des petites improvisations,
45:22j'ai dit...
45:23Je pose le casque
45:24et je dis « hé, merde ! »
45:28Je disais,
45:29j'ai fini d'enregistrer,
45:30quand j'ai terminé.
45:31Et j'arrive dans la régie
45:32et je vois Christian
45:33et Alain Boublil.
45:35Ah !
45:35Ils étaient fous de joie.
45:37Ah !
45:37On tient la fin,
45:38on tient le tube,
45:39on tient le succès, etc.
45:40Ils disent « pourquoi ? »
45:41Ben oui, on va le mettre
45:41dans le disque.
45:42Mais non,
45:42je n'ai pas fait pour le disque.
45:44J'ai fait ça,
45:44mais j'en avais marre d'enregistrer.
45:46D'ici, on le met dans le disque
45:47et le disque était là.
45:48Alors, il était interdit.
45:49Alors, du coup,
45:50on a dû faire une version
45:51sans le mot final
45:52pour que ça passe à la radio.
45:55Mais dans cet enregistrement,
45:57le mot de Cambron
45:58est resté là.
45:59Voilà.
45:59Alors, il y a un autre événement,
46:00c'est l'Olympia.
46:01Et l'Olympia, au départ,
46:03c'est un coup de bluff
46:04de Christian Fechner, Antoine.
46:05Oui.
46:06Bon, j'ai quelque part dans...
46:08Je ne vais pas me plaindre du tout,
46:10encore une fois,
46:10du succès de tout ce qui m'est arrivé.
46:13Ça a été tellement fabuleux.
46:15Mais c'est vrai qu'un jour,
46:16on reçoit un appel
46:17de Bruno Cocatrix,
46:19le directeur de l'Olympia,
46:20où j'allais voir, moi,
46:21Hugo Fray, Gilbert Bécaud,
46:24des tas de spectacles tout le temps.
46:27Et quand j'étais étudiant,
46:29il dit
46:30on fait un spectacle
46:31avec Donovan,
46:33grand chanteur
46:34qui a un gros succès anglais
46:35et américain aussi.
46:38Et j'aimerais qu'Antoine
46:39soit en première partie.
46:41Alors, Christian Fechner,
46:42on vient vous voir.
46:43Et il arrive,
46:44on arrive là
46:44et à mes yeux à gare,
46:46je vois Christian Fechner
46:48qui dit à Bruno Cocatrix
46:49non, non, Antoine Vedette.
46:51Antoine Vedette.
46:52Moi, j'étais inconnu
46:52deux mois avant.
46:54Antoine Vedette.
46:56Et du coup,
46:58ça a été un spectacle.
46:59il n'y a pas eu
47:00Donovan,
47:01il y avait un autre groupe
47:02qui devait être là.
47:03Il n'y a eu plus que l'équipe
47:05de Christian Fechner.
47:06C'était brillant,
47:08c'était brillant,
47:09mais en même temps,
47:10j'ai toujours regretté
47:11de ne pas avoir été
47:12un peu plus lent,
47:14avoir fait un peu
47:16mes preuves,
47:17passer sur scène,
47:18pas tout d'un coup,
47:18avoir porté
47:20deux semaines de présence
47:21à l'Olympia.
47:23et ensuite,
47:24j'aurais eu le plaisir
47:25d'être dans le premier
47:26spectacle avec Donovan.
47:28J'aurais adoré ça
47:28parce que j'adorais
47:29les chansons de ce garçon.
47:31Et dans les rencontres
47:32que vous avez eues,
47:32il y en a une qui a marqué
47:33aussi vos jeunes années
47:34de scène,
47:35c'est celle avec
47:36Salvador Dali.
47:37Oui, Salvador Dali,
47:38c'est une autre aventure.
47:39J'ai parlé tout à l'heure
47:40de Jean-Christophe Averti
47:42qui un jour me téléphone
47:44l'été de la folie
47:46d'après les édécupérations
47:47et me dit
47:47je tourne un portrait mou
47:49de Salvador Dali
47:51dans sa maison à Cadaquès
47:53à Porte-Ligate
47:54en Espagne
47:55et je voudrais
47:58que je vienne chanter,
48:01enfin rencontrer Dali
48:03et faire partie
48:03de ce tournoi.
48:04J'ai jamais vu le film
48:05mais j'ai été invité
48:06j'ai été invité,
48:07j'ai été reçu par Dali
48:09qui ensuite a voulu
48:11venir me voir en spectacle.
48:13Je chantais le soir même
48:15dans les arènes de Serret je crois
48:16et il me dit
48:18je viens le voir
48:18mais n'organisez rien moi
48:20je viens discrètement et tout
48:22et j'arrive le soir
48:23et je vois
48:24Dali avait fait installer
48:25un tapis rouge
48:26des fauteuils Louis XV
48:28des fauteuils comme ça
48:29et il était là
48:30avec Gala
48:31avec un mandalire
48:33et avec son
48:34c'était pas un lévrier
48:35c'était un cheetah
48:37c'était une
48:39un guépard
48:40un guépard
48:41il avait un guépard d'obésil
48:42qui était là
48:42et il était
48:43au milieu des arènes
48:46de Serret
48:47c'était quand même
48:48je l'ai revu
48:50il est venu me voir
48:50à Paris
48:51en sur scène aussi
48:53et dans un cabaret
48:54qui était super
48:55agréable
48:56qui s'appelait
48:56La Tête de l'Art
48:58et à la fin
48:59de mon tour de chant
49:00j'étais avec eux
49:01à table
49:02on était en train
49:03de discuter
49:03longuement
49:04comme ça
49:04il y avait Amanda
49:05qui était là
49:05qui était là également
49:06et puis à la fin
49:08il faisait un gros numéro
49:09et puis à la fin
49:09il regarde autour de lui
49:11il dit
49:12on peut arrêter de déconner
49:13il n'y a plus de journaliste
49:15dans ces spectacles
49:16que Dali a vus
49:17ainsi que beaucoup d'autres
49:18il y a aussi cette chanson
49:19qui figure
49:19sur ce nouvel enregistrement
49:21la fumée
49:22dans les yeux
49:23un éléphant
49:24me regarde
49:25j'ai la tête
49:26qui bat
49:29les fenêtres
49:30se tordent
49:32les portes
49:33vont éclater
49:35il y a aussi
49:35cette chanson
49:35dont on nous a beaucoup parlé
49:37Antoine
49:37oui c'est une chanson
49:39c'est un terme
49:40c'est un sujet
49:41qui est
49:42qui restera d'actualité
49:44parce que
49:44je vous en ai déjà dit
49:46un petit mot
49:46je pense que
49:48à l'époque
49:49moi je dis
49:50j'ai dû fumer
49:51quatre pétards
49:52dans ma vie
49:52le dernier
49:53il y a 40 ans
49:55et
49:56je buvais
49:57par contre
49:57quand je chantais
49:58je buvais de l'alcool
49:59c'était plutôt
50:00c'était pas très bon
50:01mais c'était légal
50:02voilà
50:02mais je pense que
50:04honnêtement
50:05en tout cas
50:06pour le cannabis
50:06à l'époque
50:07c'est une chose
50:09un peu psychédélique
50:09l'ambiance de cette chanson
50:10pour le cannabis
50:11comme peut-être même
50:12ça aurait pu être le cas
50:13du LSD
50:14si ça avait été légal
50:16si ça avait été protégé
50:17comme le tabac
50:19le tabac est inventé
50:20le tabac tue beaucoup plus de gens
50:21que le cannabis
50:22ça n'a jamais tué
50:23et pourtant
50:24si ça avait été légal
50:25ça serait moins un fléau
50:26le tabac
50:27le tabac
50:28vous allez en faire un
50:28dans les séries de conférences
50:29que vous organisez
50:32entre Lyon
50:33et l'Est de la France
50:34ça commence dimanche
50:36et là aussi
50:36c'est des conférences
50:37où vous évoquerez
50:38ces chansons
50:38et vous voyagez au Caribe
50:40car vous continuez
50:40à faire des conférences
50:41avec les films
50:42que vous avez tournés
50:43oui comme je vous le disais
50:44depuis 25 ans à peu près
50:46j'ai participé
50:48à des tournées
50:50de connaissances du monde
50:51ou bien dans les cinémas
50:52dans les cinémas
51:09vivant du documentaire
51:10quand on est là
51:11on commente le film
51:12on parle
51:13on répond aux questions
51:14etc
51:14c'est voyage
51:15ça va être les Caraïbes
51:16donc j'ai les dix dernières conférences
51:19parce que maintenant
51:19on l'a fait dans 60 villes en plus
51:21mais maintenant
51:23en plus à l'entracte
51:24je vais présenter ces chansons
51:25je vais présenter un petit peu
51:26ces chansons
51:27j'offrirai le disque
51:30en cadeau
51:31aux gens qui viennent
51:33qui viennent se faire dédicacer
51:34le livre
51:35c'est toujours très agréable
51:37des gens
51:38un peu de tous les âges
51:39souvent des personnes âgées
51:40bien sûr
51:40mais qui viennent assister
51:42et c'est deux heures
51:44souvent magiques
51:45c'est donc
51:46les dates sont sur Antoine TV
51:47c'est sept nouvelles chansons
51:49on peut appeler ça comme ça
51:50sont sur les plateformes
51:51et puis on vous reviendrait
51:53pour les suivantes
51:53voilà l'album s'appelle
51:5460 ans après
51:55c'est pas 20 ans après
51:56comme je le sais
51:57au roman
51:58non c'est 60 ans après
51:59c'est trois fois mieux encore
52:00trois fois plus
52:02bientôt
52:03merci d'avoir accueilli
52:04c'est toujours mon cher Jacques
52:05un grand bonheur
52:06de vous retrouver
52:06et réciproquement
52:07merci Antoine
52:08les clés d'une vie
52:09c'est terminé pour aujourd'hui
52:10on se retrouve bientôt
52:11restez fidèles
52:12à l'écoute de Sud Radio
52:12Sous-titrage Société Radio
52:13Sous-titrage Société Radio
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