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  • il y a 2 jours
Les clefs d'une vie de Bénabar

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-02-12##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité, le passionné de la poésie que vous demeurez.
00:08Continue plus que jamais à faire rimer amour avec humour.
00:12Vous êtes à nouveau présent avec un album dont le titre est un hommage à un absent, curieusement.
00:17Bonjour Benabar.
00:18Bonjour.
00:19Ravi de vous retrouver parce que vous avez reçu dans les clés d'une vie il y a bien longtemps,
00:23avec votre précédent album.
00:24Là il y en a un nouveau, qu'on va évoquer longuement tout à l'heure,
00:27avec des chansons dont le niveau est aussi fort que les précédents,
00:31voire plus pour certaines chansons, de la vraie chanson française.
00:34Alors, le principe des clés d'une vie n'a pas changé,
00:37c'est évoquer votre parcours à travers les dates clés.
00:40Et j'en ai trouvé une surprenante, le 17 mai 1997,
00:44un concert que vous donnez à Montmartre.
00:46Écoutez.
00:47C'était tout juste après la gueule, dans un petit balcaire et souffert.
00:51Ça ne vous dit rien ?
00:52Jean-Pierre Taguay, qui est aujourd'hui à l'automne, un théâtre très célèbre.
00:55Jean-Pierre Taguay, il a donné ce concert, il avait un orchestre de rock à l'époque,
01:00et dans l'image, au fond, il y a un trompettiste, et c'est vous.
01:03Ah oui, c'était les facéties.
01:05Exactement.
01:05Et en effet, Jean-Pierre Taguay était un des deux chanteurs,
01:10c'était l'auteur aussi du répertoire.
01:14Et puis je jouais de la trompette, notamment avec Denis,
01:18qui est le musicien que j'ai perdu, qu'on a tous perdu d'ailleurs.
01:21Et c'est à cette période-là où on s'est rencontrés,
01:25et c'est à lui qui est dédié mon dernier album,
01:27donc ça me touche d'autant plus, cet archive que je ne connaissais pas du tout.
01:30Ah, elle est étonnante, vous êtes juste derrière.
01:32Alors, à l'époque, Jean-Philippe Daguerre, il vous avait repéré, je crois, dans une fête de la musique.
01:36Oui.
01:36Vous aviez assuré la première partie, et après, il vous cherchait,
01:39et vous êtes venu avec lui pendant quelque temps.
01:41Oui, on était devant un bistrot à Méni-le-Montant, à l'époque,
01:45et on avait joué avec Pachel, avec qui je jouais à l'époque,
01:48et Jean-Philippe nous avait repérés,
01:51et c'est vrai que ça nous a donné un coup de main,
01:53parce qu'on avait joué longtemps au Sentier des Halles, en première partie de Jean-Philippe,
01:56où d'ailleurs j'avais rencontré Sévérino aussi,
01:59donc cette période-là, ça a été riche pour moi.
02:02Et Jean-Philippe Daguerre est aujourd'hui un auteur de théâtre connu,
02:05couvert de Molière, notamment avec du charbon dans les veines.
02:07Exactement, il en a trop, il n'a plus assez d'étagères.
02:10Oui, il est parti des ménages.
02:12Alors, effectivement, vous êtes Pachel et Barnabé à l'époque,
02:15et ça, je crois que c'était Pachel qui l'a trouvé.
02:18Oui, moi j'avais trouvé Pachel et Barnabé,
02:21et en fait, Pachel parlant Verlant, Barnabé est devenu Benabar,
02:25donc c'est Pachel qui m'a baptisé.
02:27Pourquoi Barnabé ?
02:28Je voulais, comme c'était très inspiré des chansonniers,
02:33j'écrivais les textes à l'époque déjà, pour nous deux,
02:38donc il y avait vraiment des réponses tout le temps.
02:39Alors, c'était moderne, évidemment, dans les sujets qu'on abordait,
02:42mais moi j'avais cette référence que j'ai encore d'ailleurs aujourd'hui.
02:45Les chansonniers me passionnent.
02:48Et donc, c'était très comique.
02:49Et puis, je voulais des noms de clowns,
02:51mais c'était sans ambition,
02:55donc on n'avait pas vraiment cherché un nom en se disant
02:57« ça va marcher » ou quoi que ce soit.
02:58On se disait « il faut qu'on ait un nom pour aller jouer demain dans le bistrot en bas ».
03:01Et le verlan, en fait, les jeunes d'aujourd'hui le parlent sans savoir que c'est du verlan,
03:05mais je me suis un peu renseigné,
03:06les premières utilisations, c'est au XIXe siècle,
03:09c'est un code pour les criminels,
03:11pour échanger des méchages secrets.
03:13Oui, oui, oui.
03:14Et ensuite, bon, il y a Auguste le Breton,
03:15qui a fait du rififi chez les hommes,
03:18et qui a vraiment introduit le verlan dans la littérature.
03:20Ah, ça je savais pas, oui.
03:21Ah oui, c'était parti de là,
03:23et ensuite, au diar, a enchaîné là-dessus.
03:25Alors, le cirque, effectivement,
03:27ça a toujours été une de vos passions et les clowns, Bénabar ?
03:30Oui, surtout enfant, j'étais passionné par les clowns,
03:33d'où la trompette que j'ai découvert,
03:37enfin, je l'ai apprise,
03:38à 8 ans, je crois.
03:41Et c'était pour ressembler à un clown, en fait.
03:43Et puis après, l'imagerie du cirque aussi m'a toujours emmené à cette exigence,
03:49on a parlé un peu hors antenne,
03:51qu'il y a dans le cirque ce moment de lâcher prise,
03:53enfin, lâcher prise, pas trop les acrobates, j'espère,
03:56mais de spectacles totaux sur scène,
04:00parce que c'est quand même étonnant,
04:01un spectacle de cirque, on voit tout ce qu'il y a derrière,
04:04ils vont jusqu'à même déplacer leur propre chapiteau,
04:07leur propre théâtre.
04:08Donc tout ça me passionne,
04:10entre l'exigence, la discipline que ça impose,
04:12quel que soit le numéro,
04:14et le spectacle qui a l'air simple comme ça.
04:16Et le cirque, vous l'avez découvert à la télévision
04:18avec la piste aux étoiles, ou autrement ?
04:21Oui, oui, c'est plutôt à la télé.
04:22Oui, oui, parce qu'on n'était pas particulièrement client de cirque à l'époque.
04:26Et il y avait à l'époque Roger Lanzac,
04:28il y avait Achille Zavata,
04:29qui était le clown vedette de la piste aux étoiles,
04:32avec Alex,
04:33et aujourd'hui, je me suis un peu renseigné,
04:34les deux plus grands clowns du monde,
04:36il y a un russe et un américain.
04:38Le russe, c'est Slava Polunen,
04:40un clown de poète,
04:40et Emmett Kelly,
04:43qui fait rire public en parlant de ses douleurs,
04:45et de ses difficultés de la vie.
04:46Alors, ça je vais regarder,
04:48parce que je ne connais pas le deuxième,
04:49mais Slava Snow Show,
04:51j'ai vu le spectacle,
04:53c'est magnifique,
04:54il tourne beaucoup,
04:55je le recommande vraiment.
04:58En effet, c'est d'une poésie,
05:00mais surtout,
05:00c'est toujours un peu inquiétant
05:01quand on dit c'est un spectacle d'une grande poésie,
05:03on se dit, bon, ça va être un peu ennuyeux.
05:04Mais là, c'est d'une poésie drôle,
05:06c'est-à-dire que c'est de l'arté povera,
05:08c'est qu'ils font vraiment des choses magnifiques
05:10avec quasiment trois fois rien.
05:12Alors, au départ,
05:13le cirque, ce n'est pas votre univers,
05:14je crois que vous avez grandi à Seintré-sur-Seine,
05:16je crois que c'est à 30 kilomètres de Paris,
05:181500 habitants à l'époque,
05:20ce n'est pas délice.
05:21Et je crois que votre mère est libraire au départ.
05:23Oui, libraire de banlieue.
05:25Moi, j'incarne vraiment,
05:26d'ailleurs, j'en parle beaucoup dans mes chansons,
05:28cette classe moyenne de banlieue,
05:31banlieue sud en l'occurrence,
05:34j'ai fait mon lycée à Évry,
05:37entre Corbeil et Évry,
05:39donc c'est encore en moi,
05:41je resterai toujours ce petit banlieusard.
05:43Oui, et puis votre mère est dans la tradition des libraires,
05:45une chose qu'on ne peut plus imaginer aujourd'hui,
05:47elle conseille des livres aux gens qui viennent dans la boutique,
05:51ce qu'on ne fait plus aujourd'hui.
05:52Et non, malheureusement,
05:53il y a quand même un sursaut des libraires,
05:56une résistance des libraires et des clients de la librairie,
05:59mais c'est vrai qu'il y en a bien sûr moins,
06:00et surtout, le libraire était à l'époque
06:02un commerce de proximité,
06:05qui n'est plus le cas,
06:06c'est-à-dire qu'on achetait le canard du jour,
06:08et puis après on regardait les livres,
06:10ou les BD pour les mômes,
06:12et ça, bon, ça a disparu,
06:13c'est comme ça, c'est l'avancée des choses.
06:16Et puis alors votre père est un peu à l'origine d'une de vos passions,
06:19je crois qu'il a été régisseur de cinéma
06:20sur une cinquantaine de films.
06:21Oui, oui, mon papa a commencé dans la douane à Orly,
06:26et puis il a basculé comme régisseur au début,
06:29c'était justement pour les films à l'étranger,
06:31c'était très compliqué à l'époque,
06:32donc c'était ses compétences de douane
06:34qui lui ont permis de devenir régisseur.
06:36En plus, c'est vrai que la régie était
06:37beaucoup plus artisanale qu'aujourd'hui au cinéma.
06:40Ouh là là, mais mon père, lui,
06:42alors n'en parlons pas,
06:43parce que c'était les années 70,
06:44mais moi qui ai été régisseur stagiaire,
06:47puis adjoint à la fin des années 80,
06:49nous on avait encore le fax,
06:50il n'y avait pas le téléphone portable.
06:52Quand je vois les régisseurs maintenant,
06:54quand je tourne sur un truc,
06:55j'essaie de leur en parler,
06:57alors j'arrête maintenant,
06:57parce que je passe trop pour un dinosaure,
07:00mais c'était un métier complètement différent.
07:01Mais totalement différent,
07:03en plus, quand un acteur était en retard,
07:05on ne pouvait pas l'appliquer sur son portable,
07:07c'était un vrai souci.
07:08Mais tout était compliqué,
07:09je me souviens même,
07:10on emmenait les scénarios,
07:12parce qu'évidemment,
07:13il n'y avait pas de mail,
07:14enfin tous ces trucs-là,
07:15même moi aujourd'hui,
07:15des fois quand j'y repense,
07:17ça me semble préhistorique,
07:19il y a un autre monde.
07:20Alors au départ,
07:21vous êtes technicien et photographe pour le cinéma,
07:23avant d'être régisseur.
07:25Non, j'étais pas pour le cinéma,
07:27mais j'ai été un moment apprenti photographe,
07:30à Pigalle,
07:33et ça n'a pas duré longtemps,
07:34parce que vraiment,
07:34ce n'était pas ma vocation.
07:36Et puis alors le cinéma,
07:37vous avez commencé comme régisseur adjoint
07:39sur un film,
07:40je crois que c'est le film
07:41qui est le plus gros budget
07:42de l'histoire du cinéma français,
07:43qui s'appelle Le Brasier.
07:44Ah oui, de l'époque,
07:45c'était un film énorme
07:46qui a été un passage important dans ma vie,
07:49parce que j'étais régisseur,
07:50on tournait moitié en Pologne,
07:52en Belgique et en France,
07:53et j'avais 20 ans,
07:55c'est l'année de mes 20 ans,
07:56donc j'ai un souvenir un peu mélangé
07:58de cette période-là,
08:00qui était une grande aventure
08:01pour toute l'équipe.
08:02En fait, Eric Barbie,
08:03le metteur en scène,
08:04avait eu un budget énorme,
08:05je crois que c'était
08:05100 millions de francs de budget.
08:08À l'époque, c'était dingue.
08:08C'était dingue.
08:10Et il a eu le prix Jean Vigo,
08:11prix important,
08:12mais le film a été un bite total.
08:13Il a fait 40 000 entrées
08:14en région parisienne.
08:15Oui, ce film a un destin très curieux.
08:19D'ailleurs, je suis heureux
08:20de voir qu'Eric continue
08:23à faire du cinéma
08:23et a des succès depuis.
08:25Mais en effet,
08:26c'est un film un peu
08:27dans une tradition
08:28des films maudits.
08:31Qui deviennent culte
08:31un jour ou l'autre.
08:32Je lui souhaite vraiment
08:33que ce film était étonnant.
08:35Et puis le tournage
08:36était très très long,
08:37donc il y avait une osmose
08:38d'équipe.
08:39Enfin, c'était un film étonnant.
08:40Et puis moi, encore une fois,
08:41comme c'était mes 20 ans,
08:42ça restera inscrit.
08:45Et puis un gros film
08:46pour commencer la régie,
08:47ce n'est pas évident non plus.
08:48Oui, ce n'était pas évident.
08:50Sur trois pays,
08:51ce n'était pas facile.
08:52Et le metteur en scène,
08:54donc aujourd'hui,
08:54il vit, je crois, en Provence.
08:55Il s'occupe des taureaux.
08:56Il est très heureux comme ça.
08:57Oui, oui, exactement.
08:59Alors, vous auriez pu faire
09:00une école de cinéma finalement,
09:02traditionnelle.
09:03Vous ne l'avez pas faite,
09:04Médabar ?
09:05Non, parce que
09:06je me suis aperçu tout de suite
09:07que les études,
09:09ce n'était pas pour moi.
09:10J'ai eu mon bac,
09:11je n'ai pas redoublé,
09:13donc j'ai fait ce qu'il fallait
09:14pour avoir le bac.
09:15Mais non,
09:16j'avais besoin de bosser
09:17tout de suite,
09:18de me confronter à la réalité.
09:20Donc, j'ai été stagiaire,
09:21j'ai fait l'autre parcours.
09:23Et trois courts métrages
09:24en trois ans,
09:24ce qui n'est pas si fréquent
09:25et pas si facile.
09:27Oui, je travaillais.
09:28Moi, je suis plutôt travailleur,
09:29donc ça n'a jamais été
09:30trop un souci
09:31de bosser beaucoup.
09:33Mais les trois courts métrages,
09:35il y en a même un
09:35qui a été primé,
09:37José et Jeannette, je crois.
09:38Oui, j'ai eu cette chance-là.
09:40On a eu plusieurs prix,
09:42notamment au Québec
09:43et puis Beauregard à Paris.
09:45Et oui,
09:46ça a été un coup de boost énorme
09:48parce que les prix,
09:50on sait qu'à un certain âge,
09:51ça devient une médaille
09:52en chocolat.
09:53Mais quand on débute,
09:54c'est vraiment,
09:56peut-être pas un accélérateur,
09:57mais quelque chose
09:58de très rassurant.
09:59Oui, mais en même temps,
10:00quand on est jeune
10:00et qu'on réussit
10:01à tourner trois courts métrages,
10:02ce n'est pas évident.
10:03Il faut trouver les budgets,
10:04il faut trouver les équipes.
10:05Oui, mais je crois
10:07que c'est encore le cas
10:07aujourd'hui d'ailleurs.
10:09Il y avait à l'époque
10:10toute cette non-économie
10:13autour des courts métrages
10:14avec tout le monde
10:14qui se faisait la main.
10:15Donc, les chef-hop débutants
10:17ou dans les études de chef-hop,
10:19les acteurs débutants.
10:21Donc, tout le monde venait
10:22et ça avait quelque chose
10:23de très enthousiaste
10:24parce qu'il n'y avait
10:25que des apprentis.
10:27Et parce qu'un copain
10:28repère votre style d'écriture,
10:30il dit,
10:30tu écris pour le cinéma,
10:31tu pourrais écrire des chansons.
10:32Et c'était le déclic, je crois.
10:34Il y a eu un déclic
10:35d'abord sur les sketchs
10:38pour la télé.
10:40Et les chansons,
10:42c'est devenu de la scène,
10:43le déclic des chansons.
10:44Et de la scène,
10:45je le répète assez,
10:47mais il faut quand même le dire,
10:48la scène, c'était vraiment
10:48un bistrot devant dix personnes.
10:50Et dont cinq n'étaient pas venus
10:52du tout pour nous voir.
10:54Mais ce moment-là
10:55de contact avec le public
10:57a été vraiment déterminant pour moi.
10:59Et puis, il y a eu un premier album
11:00qui est un quai culte.
11:03Le bonheur,
11:04ça se trouve pas en lingot.
11:08Mais en petit monnaie.
11:10C'est très, très bien.
11:11C'est la joie.
11:13Ah ouais, c'était
11:14le premier album
11:15avec les associés.
11:17Et c'est en plus
11:18le premier album
11:19où on a pu tourner
11:20en province.
11:22Puis un peu en Suisse,
11:23un peu en Belgique.
11:24Et se déplacer,
11:25un peu sortir de Paris.
11:25Parce qu'à l'époque,
11:26encore une fois,
11:27il n'y avait pas tous les moyens.
11:28Donc, il fallait avoir un album
11:29pour l'envoyer.
11:30Et trois semaines après,
11:31le petit club
11:32ou la boîte à chansons locale
11:35nous invitait ou pas.
11:37Et la petite monnaie,
11:37c'était le titre idéal
11:38puisque l'album
11:39n'a pas été un gros succès non plus.
11:41Non.
11:41L'album n'a pas été un succès.
11:43On en a vendu,
11:44je crois,
11:443 000.
11:45C'est pas mal déjà.
11:46Aujourd'hui,
11:46ça ne serait pas si mal.
11:48Mais bon,
11:49c'est aussi le premier album.
11:50C'était quelque chose de...
11:51Même quand je le réécoute,
11:53c'est tellement important,
11:55le premier album.
11:55Et d'ailleurs,
11:56il y aurait peut-être une émission
11:57à faire sur le premier album
11:58des uns des autres
11:59parce que c'est un moment
12:00tellement central
12:01dans notre vie.
12:03C'est une très bonne idée.
12:04Je vais la garder.
12:05Et puis,
12:05on va continuer à parler
12:06alors d'un autre album
12:07à la date du 25 août 2014.
12:09A tout de suite
12:09sur Sud Radio
12:10avec Benabar.
12:11Sud Radio,
12:12les clés d'une vie.
12:13Jacques Pessis.
12:14Sud Radio,
12:15les clés d'une vie.
12:16Mon invité Benabar.
12:17Nous parlerons tout à l'heure
12:18de ce nouvel album
12:19et de ses nouvelles chansons
12:21avec leur histoire
12:22et comment ça s'est passé.
12:23On a évoqué vos débuts.
12:25Et puis,
12:25j'ai repéré une date
12:27le 25 août 2014,
12:29la sortie d'une chanson
12:30très particulière.
12:32You remember Paris
12:33I told you
12:35vous êtes joli
12:36You had a city guide in hand
12:39I had a few ideas in mind
12:43Alors ça,
12:43c'est ça.
12:44Paris by night
12:45Remember Paris
12:46avec un accent.
12:47Bon,
12:47je crois que vous avez été
12:48aux Etats-Unis
12:48à prendre l'anglais,
12:49non ?
12:49Oui,
12:50mais je n'ai pas retenu l'accent.
12:51Ça,
12:51c'est sûr.
12:53Et la petite histoire,
12:54on a eu la chance
12:55de jouer à New York
12:56dans un festival
12:57à la Central Park
12:58il y a deux ans,
13:00je crois.
13:00Et donc,
13:00c'était marrant
13:01de la chanter là-bas.
13:03C'était un peu
13:04boucler la boucle
13:05avec cette chanson.
13:06En plus,
13:06cette chanson,
13:07elle est extraordinaire
13:07car c'est un hommage
13:08à Paris,
13:09à un certain Paris
13:10qu'on a un peu oublié
13:11aujourd'hui,
13:11Benabar.
13:12Oui,
13:12et puis moi,
13:13ça m'amusait en plus
13:14d'avoir ce côté
13:15Maurice Chevalier,
13:16entre guillemets,
13:19c'est une histoire
13:22d'amour
13:22entre un Français
13:23et une Américaine.
13:24Enfin,
13:24une petite aventurette.
13:26Et oui,
13:27il y a ce côté
13:28un peu suranné
13:29qui me plaît bien.
13:30On s'intéresse un peu
13:31au cas de la scène,
13:32etc.,
13:32tous les clichés par exemple.
13:33Voilà.
13:33Et je crois que c'est né
13:34lors d'une rencontre
13:35avec un pianiste classique,
13:37Alexandre Tarot,
13:38et vous avez chanté
13:39Chevalier à Londres.
13:40Exactement.
13:41Alexandre,
13:41qui est un grand musicien,
13:44il n'aime pas dire ça,
13:45mais lui,
13:46il ne le dit jamais,
13:47mais il n'aime pas
13:47qu'on le dise.
13:48C'est un grand musicien.
13:49Il a fait des choses
13:50incroyables,
13:50Alexandre Tarot.
13:51Ah oui,
13:51c'est vraiment un virtuos,
13:52ça fait partie des stars
13:53du piano classique.
13:55Et il partage ça
13:56avec nous deux,
13:57c'est qu'il a une passion
13:57pour la chanson
13:58et il adore faire
14:00des pas de côté
14:01où il invite des copains,
14:02ça peut être Juliette,
14:04moi en l'occurrence,
14:05pour chanter des chansons.
14:06Il adore Barbara,
14:07enfin,
14:07il est fan de chansons
14:09et c'est toujours étonnant
14:10d'être accompagné
14:10par un si grand musicien,
14:11c'est particulier.
14:12Et à Londres,
14:13vous aviez chanté
14:13Chevalier,
14:14quelle chanson ?
14:14Oui,
14:15qu'est-ce qu'on avait chanté ?
14:16Ah non,
14:16on avait chanté
14:17une chanson de Barbara
14:18de Bangkok à Paris.
14:23Ah oui.
14:24C'est ça,
14:24c'est ça.
14:25Elle était super cette chanson.
14:26Alors,
14:26il se trouve que ces chansons,
14:27effectivement,
14:28ont fait le tour du monde
14:28et la chanson populaire,
14:30vous l'avez toujours défendue
14:31depuis vos débuts,
14:32Benabar.
14:32Oui,
14:33parce que j'ai toujours perçu,
14:35heureusement,
14:36ce que tout le monde perçoit aujourd'hui,
14:37parce que je crois que vous,
14:39moi et quelques autres,
14:39on a quand même gagné la bataille,
14:41je pense.
14:41de sortir la chanson populaire
14:42d'un espèce de sac
14:44assimilé à une forme de médiocrité,
14:48de racolage facile,
14:49enfin,
14:50et moi qui suis très amateur,
14:52donc écoutais toutes les chansons
14:53et surtout tous les textes
14:55jusqu'au bout,
14:57j'ai tout de suite perçu
14:58la qualité des chansons,
14:59notamment de cette variété française
15:00qui raconte des trucs,
15:01et d'ailleurs aujourd'hui,
15:03on s'aperçoit à quel point
15:04c'est profond
15:05et n'est pas plus profond
15:06qu'on le pensait à l'époque.
15:07Voilà,
15:07alors il y a effectivement
15:08le swing aussi qui est très présent,
15:10moi j'ai tombé sur un album
15:11« Le bœuf sur le toit »,
15:13ça aussi,
15:14qu'est-ce que c'est que cet album ?
15:16Ah oui,
15:16cet album,
15:17c'était un best-of,
15:20entre guillemets,
15:21pour parler de cette époque,
15:22je ne sais plus qui avait fait ça,
15:23mais ça,
15:24ça c'est toujours un plaisir
15:25de pouvoir participer
15:26à des albums comme ça
15:27parce qu'on découvre des chansons
15:29et quand on les reprend,
15:30on les découvre vraiment de l'intérieur
15:31et ça c'est très particulier
15:33parce qu'on rentre vraiment
15:35dans le moteur
15:35ou dans la cuisine de la chanson
15:36parce que souvent
15:37on entend les chansons
15:38sans aller trop loin.
15:39D'ailleurs,
15:39si je peux faire
15:40une petite digression,
15:42au Resto du Chœur,
15:43j'ai chanté
15:43« La Grande Zoa »
15:44et comme tout le monde,
15:47je connaissais que les deux premiers couplets
15:49alors que cette chanson
15:50est magique,
15:51vertigineuse,
15:52c'est-à-dire que
15:52c'est l'histoire d'un travesti,
15:54la Grande Zoa avec son boa,
15:56seulement on s'arrête tous
15:56au premier couplet
15:57et par la suite,
15:58la Grande Zoa est en fait
15:59anti-care dans le 16ème,
16:02non,
16:02ils vont des mobs du 16ème,
16:04sa famille n'aime pas trop
16:05quand ils se maquillent,
16:06donc ça tourne en chansons réalistes,
16:09toujours comiques
16:09mais réalistes,
16:10la nuit,
16:12lui,
16:12il boit du coca
16:12et son boa,
16:13il boit du whisky
16:14et à la fin,
16:15la Grande Zoa
16:15se fait manger par son boa.
16:17Donc la chanson
16:18est étonnante,
16:19vertigineuse,
16:20surréaliste
16:20et ça par exemple,
16:22alors là,
16:23pour le coup,
16:23c'était les Restos du Chœur
16:24et c'était très inattendu
16:26de découvrir à ce point-là
16:27une vieille chanson
16:29et je me suis aperçu
16:30en faisant un petit sondage
16:31parmi les copains
16:32que tout le monde
16:33n'était pas sué
16:33au-dessus de la suite
16:34des couplets.
16:34Bien sûr,
16:35c'est Frédéric Bauton
16:36qui avait écrit cette chanson
16:37parce qu'à l'époque,
16:40spectacle de travestis à Paris
16:42un peu avant Michou
16:43et c'est comme ça
16:44qu'il a proposé ça
16:45à Régine
16:45et c'est devenu...
16:46Elle avait un vrai boa sur scène
16:47en plus
16:48lorsqu'elle a fait Bobino.
16:49Et d'ailleurs,
16:50je suis très heureux
16:51de vous apprendre quelque chose.
16:52Je regarde la caméra
16:53comme ça,
16:53ça sera pour la postérité.
16:55Elle a été d'abord proposée
16:57à Briali
16:57qui l'a refusé.
16:59Bravo,
16:59je ne le savais pas.
17:00Merci.
17:01Alors là,
17:02si je vous ai appris quelque chose,
17:03ma journée est gagnée.
17:05Le bœuf sur le toit,
17:06c'est Cocteau
17:07qui a trouvé le nom
17:08mais surtout,
17:09je ne sais pas si vous le savez,
17:10mais les musiciens
17:11le soir se retrouvaient
17:12pour faire la fête ensemble.
17:14Ils disaient
17:14on va faire un bœuf
17:15et c'est comme ça
17:16qu'est née l'expression
17:16faire un bœuf
17:17au bœuf sur le toit.
17:18Ah génial.
17:19Non, je ne l'ai pas.
17:20Alors,
17:20il se trouve aussi
17:21que ce qui est étonnant
17:22avec vous,
17:23bien d'abord,
17:24c'est la précision
17:25dans votre travail
17:26et dans la sortie
17:27de vos albums
17:27pendant des années.
17:28C'est-à-dire que
17:28vous travaillez,
17:29vous écrivez
17:30et l'album sort régulièrement.
17:32Oui,
17:32là,
17:32c'est celui
17:33qui a pris le plus long
17:34de toute ma carrière
17:35parce que
17:36j'ai perdu
17:37mon ami dont je parlais,
17:39Denis,
17:40plus vieux musicien.
17:42Donc évidemment,
17:42ça a été
17:43un bouleversement général.
17:45Mais ça a accompagné
17:47finalement l'album
17:48qui s'appelle
17:48donc
17:48Le Soleil des Absents
17:50pour cette raison-là.
17:51On va en parler
17:51mais surtout,
17:52vous travaillez
17:53de façon
17:54énorme
17:56et surtout,
17:56vous avez presque
17:57l'angoisse
17:58de l'écriture.
17:59Oui,
17:59j'essaye
18:00de retirer
18:02autour de l'écriture
18:03tous les clichés
18:04sur l'inspiration,
18:06l'artiste.
18:07J'essaye
18:07d'avoir ça.
18:08D'ailleurs,
18:08je travaille
18:09à des heures ouvrables.
18:11Je travaille
18:11comme les cadres
18:12travaillent
18:13dans le TGV
18:13quand je vois tout le monde
18:14sur le truc.
18:14Moi aussi,
18:15je suis sur mon truc.
18:17Je ne travaille jamais
18:18la nuit,
18:18par exemple.
18:18Je me méfie
18:19de toute cette imagerie-là
18:20du poète maudit
18:22parce que ça peut marcher
18:23une fois
18:23mais ça ne marche pas
18:24sur une carrière.
18:25Donc,
18:26c'est après ou avant
18:26qu'il y a ce côté artistique
18:28plus échevelé
18:29mais le moment
18:30de la rédaction
18:31et du pur travail,
18:32il faut être
18:32avec un café
18:33et avancer.
18:36Alors,
18:36ça a démarré
18:37vraiment
18:37le 18 septembre 2001
18:39et sorti un album
18:40qui est vraiment
18:41le premier succès
18:42de votre carrière.
18:55Bédabar par Bédabar
18:57avec un sac
18:58sur la pochette.
18:59Oui,
18:59c'est ça.
19:00Ben oui,
19:00déjà,
19:01il y avait
19:01ce rapport
19:03à la vie
19:03quotidienne
19:05qui m'obsède
19:06depuis toujours
19:06dans une tradition
19:08d'ailleurs
19:08dont on peut parler
19:09ensemble
19:09d'auteurs
19:10qui aiment bien
19:12partir
19:12de trivialité
19:14et d'essayer
19:16d'en faire
19:17quelque chose
19:18d'universel.
19:19Voilà,
19:19et en même temps
19:20une chanson,
19:21Aznavour disait toujours
19:22je termine une chanson
19:23que quand je n'ai plus
19:25un seul mot à ajouter.
19:26C'est exactement ça
19:27et je pense que
19:27c'est ce que vous faites aussi.
19:28Bon anniversaire,
19:31en plus on connaît
19:31la version
19:32de Happy Birthday to You
19:33mais je me suis un peu
19:34renseigné,
19:35elle est née
19:35en 1893,
19:37ce sont deux sœurs
19:38américaines,
19:39Patty et Mildred Hill
19:40qui étaient institutrices
19:41dans une école
19:42à Louisville
19:43qui ont appris ça
19:45aux enfants
19:46pour débuter la journée.
19:48Tous les jours
19:48on chantait
19:49Happy Birthday to You.
19:50C'est extraordinaire
19:51et ça a traversé le temps.
19:53Elles n'ont jamais
19:53donc su la postérité
19:54qu'a eu leur chanson ?
19:55Alors cet album est important
19:57parce qu'il a été repéré
19:58par Henri Salvador
19:59et je crois que ça a été
20:00un déclic Benabar.
20:01Oui, notamment cette chanson-là
20:03Henri l'a entendue
20:04dans un taxi
20:05et il cherchait
20:08une première partie
20:08pour sa tournée
20:09de son retour
20:10donc c'était
20:11une énorme tournée
20:12et il m'a proposé
20:14la tournée
20:15donc évidemment
20:15ça a été
20:16j'aime pas le terme
20:17accélérateur
20:18parce que ça veut pas
20:19dire grand chose
20:19mais ça a été pour moi
20:20important parce que
20:21c'est le moment
20:22où je suis sorti
20:22grosso modo des bistrots
20:24et de ce côté enfantin
20:25sans lendemain
20:26où au moment
20:26il faut assurer
20:27il faut pas décevoir Henri
20:28il faut pas décevoir
20:29le public qui me découvrait
20:30il faut pas décevoir
20:31la production
20:32donc quelque chose
20:33d'un peu plus
20:33entre guillemets
20:35sérieux
20:36et ça
20:37ça a été
20:38une nouveauté
20:39pour moi
20:39d'avoir sur scène
20:40faire n'importe quoi
20:41le plus possible
20:42mais être sérieux
20:43très sérieux avant
20:44très sérieux après
20:44et en plus
20:45Salvador qui rigolait
20:46en fait c'était
20:47un immense professionnel
20:48très rigoureux
20:49le contraire
20:49de l'image qu'il donnait
20:50de toute façon
20:51vous savez comme moi
20:53si on peut pas monter
20:54sur scène
20:55pendant autant d'années
20:55faire autant de chansons
20:56en étant un fumiste
20:58c'est pas possible
20:59alors il y a eu cet album
21:00et puis l'album
21:02qui vous a permis
21:03si j'ose dire
21:03de rouler carrosse
21:05un immense succès
21:17un immense succès
21:19parce que je crois
21:19que c'est le prix
21:20du meilleur album de l'année
21:21c'est le troisième album
21:22oui
21:23ça ça a été une chance
21:24c'est un moment émouvant
21:26parce que là
21:26on se rend compte
21:27qu'il s'est passé quelque chose
21:28oui
21:29la chance que j'ai eu
21:31c'est qu'à cette période là
21:33d'ailleurs pendant
21:34les 15 années qui ont suivi
21:36j'étais en tournée
21:36quasiment tout le temps
21:37dans les 15 années de ma vie
21:38où j'ai quasiment
21:39autant dormi dans un bus
21:40que chez moi
21:41et donc
21:43le succès
21:45très important
21:46que j'ai eu
21:46le privilège d'avoir
21:47je le voyais un peu
21:49de loin
21:49parce qu'en tournée
21:50on est avec les copains
21:51on est sur scène
21:52donc on se rend pas
21:53tellement compte
21:53et avec le recul
21:54ça m'a protégé
21:55de plein de trucs je pense
21:56voilà
21:56en même temps l'album
21:57s'appelait
21:58Les risques du métier
21:59et le cinéaste que vous êtes
22:00doit savoir que
22:01Les risques du métier
22:01c'est un film
22:02un film avec Jacques Brel
22:04Les Delphines des yeux
22:04qui sortait du feuilleton
22:07lage heureux
22:08et ce film
22:09c'est quand même
22:10l'histoire d'un instituteur
22:11qui est accusé
22:12par une petite fille
22:13de viol
22:14oui
22:14mais ça je l'ai su après
22:15parce que j'avais pas vu
22:17le film avant
22:18et oui oui
22:19j'ai vu le film après
22:21mais c'est pas du
22:23enfin bien sûr
22:23que c'est pas inspiré de ça
22:24mais ce que je veux dire
22:25c'est que
22:25il y a aussi
22:27les risques du métier
22:28à ce moment là
22:28pour moi c'était
22:29je commençais à sentir
22:30que je basculais
22:31dans quelque chose
22:31de plus solide
22:33médiatiquement
22:34et très vite
22:35j'étais assez lucide
22:36sur tous ces risques là
22:38qui vont avec la célébrité
22:39avec l'argent
22:41avec les critiques
22:43enfin
22:43c'est une nouvelle chose
22:45qu'il faut commencer à gérer
22:47du jour au lendemain
22:48oui d'autant plus
22:50que vous n'en êtes pas resté là
22:51et on va le démontrer
22:52à travers la date
22:53du 19 juin 2019
22:54à tout de suite
22:55sur Sud Radio
22:56avec Benabar
22:57Sud Radio
22:58les clés d'une vie
22:59Jacques Pessis
23:00Sud Radio
23:00les clés d'une vie
23:01mon invité Benabar
23:02tout à l'heure
23:03nous parlerons
23:04de cet album
23:04qui a demandé
23:05trois ans de travail
23:06qui est non seulement
23:07émouvant
23:08mais plein d'humour
23:10comme d'habitude
23:11alors on a évoqué
23:12la chanson
23:12une autre activité
23:14le 19 juin 2019
23:16est sorti ce film
23:17ah oui
23:212009
23:2119 juin 2009
23:24c'est Beauparant
23:25ah non c'est Beauparant
23:27je dis n'importe quoi
23:27je crois que c'était
23:28le début d'Incognito
23:29je m'en mêle
23:29puis c'est moi
23:30qui fais les musiques
23:30des deux
23:31c'est bien 2009
23:33et Beauparant
23:34vous êtes
23:34co-scénariste
23:35compositeur
23:36et tête d'affiche
23:36oui j'ai cumulé
23:39c'est un film d'Hector
23:39qui a belle oreillesse
23:40et un très bon
23:42un très bon souvenir
23:44ce film
23:44mais comment s'est née
23:45cette idée
23:45parce que l'histoire
23:46elle est assez drôle
23:46une fille qui divorce
23:48les bons parents
23:48ne veulent pas
23:49se séparer du genre
23:50oui ça venait
23:51d'une chanson
23:52c'était un pitch
23:52de chanson
23:53j'avais commencé
23:53à écrire le pitch
23:55de chanson
23:55qui s'appelait
23:56Laisse-Michel
23:57ou d'ailleurs
23:57je pensais déjà
23:58à Michel Delpeche
23:59que je voyais beaucoup
23:59à l'époque
24:00ça en était très proche
24:01et en fait
24:03la chanson
24:03accouchait d'une souris
24:05pour la faire vite
24:05et donc
24:07j'ai basculé
24:08sur une idée
24:08de scénario
24:09mais en plus
24:10c'est un travail
24:10très différent
24:11le scénario de cinéma
24:12et la chanson
24:13dans mon cas
24:14pas tant que ça
24:15parce que comme
24:15j'ai commencé
24:16par étudier
24:17le métier de scénariste
24:19mes chansons
24:21sont très structurées
24:22et puis en fait
24:22l'essentiel
24:22d'un scénario
24:23c'est quand même
24:24la structure
24:24après il y a
24:25plein d'autres choses
24:26mais la structure
24:26est indispensable
24:27et ça je le garde
24:28dans mes chansons
24:29d'ailleurs elles sont
24:30très construites
24:31comme des films
24:32il y a trois couplets
24:32enfin premier acte
24:34deuxième et troisième
24:35enfin il y a un personnage
24:35qui revient
24:36enfin je suis
24:37en fait
24:38j'écris des chansons
24:39comme des scénarios
24:40c'est plaisant sans ça
24:41exactement
24:41et c'est le principe
24:43d'ailleurs
24:43de la chanson
24:44alors il y a quand même
24:45José de Balasco
24:46Didier Bourdon
24:47qui je sais pas si vous savez
24:48rêvait d'être chanteur au début
24:49il a fait de la guitare
24:51il a fait un album
24:51toute sa vie
24:52il a rêvé d'être chanteur
24:53oui il a refait un album
24:54d'ailleurs
24:54après le film je crois
24:56exactement
24:56et on l'a reçu
24:57dans les clés d'une vie
24:58il aimait aussi bien
24:59le classique
24:59que le Pink Floyd
25:00c'est fou
25:01c'est à dire que
25:01le cinéma et la chanson
25:02il y a des liens
25:03très précis
25:04ah bah oui
25:05certains ont essayé
25:06d'éloigner tout ça
25:07mais
25:07bah nous il y a déjà
25:08une tradition
25:09de chanteur-acteur
25:10et d'acteur-chanteur
25:11ou homme ou femme
25:12bien sûr
25:12qui est long comme le bras
25:15donc c'est très cousin
25:16et puis moi
25:17pour avoir fait les deux
25:18c'est sûr que
25:19c'est dans la même
25:20dans la même boutique
25:21quand même d'expression
25:22bah déjà c'est interprète
25:23on interprète quelque chose
25:25puis il y en a en musique
25:26mais un acteur
25:27parle aussi de musique
25:28quand il a une réplique
25:30à dérouler
25:30en fait
25:31Jean Gabin
25:32a commencé
25:33comme chanteur
25:34et danseur
25:35au moulin rouge
25:36et puis il avait besoin d'argent
25:37il a tourné un film
25:38chacun sa chance
25:39il ne pensait pas continuer
25:40et on voit
25:40ce que ça a donné
25:41et il a gardé
25:42ses réflexes de chanteur
25:44alors le film
25:45est réalisé par
25:46Hector Cabello Reyes
25:47qui est devenu
25:49moi pour qui
25:49j'ai beaucoup d'admiration
25:50pour une raison
25:51il a écrit
25:52le plus beau film du monde
25:52qui est le concert
25:53oui c'est vrai
25:54le concert
25:55je ne sais pas si vous avez vu ce film
25:56qui est un film culte
25:59c'est un film magnifique
25:59magnifique
26:00et pour moi
26:01c'est un des plus beaux films
26:02et je ne savais pas
26:03qu'il l'avait écrit
26:03c'est une rencontre avec vous
26:05oui Hector
26:06on s'était rencontré
26:07donc dix ans plus tôt
26:07sur Incognito
26:08d'ailleurs
26:08où il avait co-écrit
26:10avec Eric Lavenne
26:12et un peu moi
26:13sur Incognito
26:13et puis on est resté copains
26:15donc il y avait une logique
26:16et puis on avait écrit
26:16une pièce de théâtre
26:17aussi avec Hector
26:17oui
26:17au Tristan Bernard
26:19qui s'appelait
26:20Je vous écoute
26:21oui
26:21et c'était l'histoire
26:22d'un psychiatre
26:23qui accueille une cuisiniste
26:24un cuisinier
26:25qui est quitté par sa femme
26:26oui
26:26idée surréaliste au départ
26:28ouais ouais
26:29c'était une histoire marrante
26:30c'était
26:30et le gars
26:32comme sa femme
26:33voyait le psychiatre
26:34le psy
26:34enfin c'était pas un psychiatre
26:36justement
26:36parce que ça
26:36c'était l'objet de Van
26:38psychothérapeute
26:39et donc le cuisiniste
26:42venait demander des comptes
26:43au mec
26:44parce qu'il se doutait
26:44que sa femme
26:45avait
26:46avait
26:47progressé
26:49dans sa vision
26:50de son couple
26:50à cause du psy
26:51et le théâtre aussi
26:52c'est une activité
26:53Benabar
26:54que vous avez découverte
26:55grâce à quelqu'un
26:55qui heureusement
26:56va beaucoup mieux aujourd'hui
26:57qui est Isabelle Nanty
26:58ouais
26:59Isabelle Nanty
27:00qui m'a mis en scène
27:01aussi je vous écoute
27:02et puis qui m'a
27:02qui m'a invité au théâtre
27:04avec Jacques Weber
27:05en 2011
27:07et c'est vrai que
27:08le théâtre
27:10c'était pas au départ
27:11votre univers
27:11Benabar
27:12non du tout
27:13et ça m'a vraiment apporté
27:15plein de choses
27:16le théâtre
27:17ça m'a passionné
27:18et déjà le côté du théâtre
27:20de partir en tournée
27:21après ça ressemble un peu
27:22à la musique
27:24mais pas tant que ça
27:24à vrai dire
27:25le théâtre
27:25mais ça oblige
27:26à une discipline
27:27qui est plus rigoureuse
27:29que dans la musique
27:29parce que déjà
27:30c'est pas mon texte
27:32ou même si c'est
27:33en partie mon texte
27:34il faut le connaître
27:35sur le bout des doigts
27:36alors que dans les chansons
27:37je peux faire un peu
27:38ce que je veux
27:39voilà
27:39changer le rythme
27:40changer des choses
27:41au théâtre
27:42non il faut être sérieux
27:42quoi
27:43alors en général
27:44une pièce
27:44c'est pour plusieurs centaines
27:45de soirs
27:46et vous avez réalisé
27:47une performance
27:47je crois
27:48c'est à Tours
27:49avec l'interrogatoire
27:50de Vautrin
27:51d'après Balzac
27:51que vous avez joué
27:52un seul soir
27:53Benabar
27:54oui
27:54avec Frédéric Bourali
27:56un grand acteur
27:58acteur d'une part populaire
28:00et grand acteur
28:01c'est toujours pas incompatible
28:02et oui
28:05moi je suis passionné
28:06par Balzac
28:07et puis notamment
28:08le personnage de Vautrin
28:09bien sûr
28:09qui est central
28:09et monter une pièce
28:10pour un soir
28:11ben c'était pas vraiment
28:12une pièce
28:12c'était une lecture
28:13et ce sont des extraits
28:16de Balzac
28:16que j'avais compilé
28:18je fais une espèce
28:19de petite
28:21un patchwork
28:22pour exprimer
28:23le personnage
28:24de Vautrin
28:24l'amour de la littérature
28:26ça vient aussi
28:26de votre mère
28:27qui était libraire
28:28bah sûrement
28:29elle a dû nous
28:29mes frères et moi
28:31nous mettre le virus
28:32vous avez toujours lu
28:33beaucoup de classiques
28:33non
28:34c'est venu tardivement
28:36le goût des classiques
28:37je crois que
28:38Madame Bovary
28:38vous l'avez lu récemment
28:39oui je l'ai lu
28:40je l'ai lu à 40 ans
28:42je crois
28:42mais même
28:44mon premier
28:44la première fois
28:45que j'ai lu Zola
28:46c'était
28:47oui
28:4745 ans
28:48je sais pas peut-être
28:49oui j'avais fait
28:50complètement l'impasse
28:51sur
28:51sur tous les livres
28:53mais en grande partie
28:54sur les livres
28:54et surtout sur les classiques
28:55et ça c'est le fameux débat
28:56on donne
28:57les classiques
28:58aux mômes
28:58quand ils sont
28:59beaucoup trop jeunes
29:00pour en percevoir
29:01la profondeur
29:02en fait
29:03on aime la lecture
29:04dès qu'on est sorti
29:04de l'école
29:05et qu'on commence
29:05à lire autre chose
29:06que Lagarde et Michard
29:07c'est quelque chose
29:08exactement
29:08et c'est sûr que
29:09lire le père Goriot
29:11à 15 ans
29:13j'ai dû le lire
29:15d'ailleurs
29:15j'ai rien compris
29:16à 30 ans
29:17bah c'est passionnant
29:17Madame Bovary
29:18effectivement
29:19d'abord c'est un livre
29:20qui a fait scandale
29:21à l'époque
29:21parce qu'il dénonçait
29:23les effets d'une éducation
29:24donnée à une femme
29:26au-dessus de sa condition
29:26on est complètement
29:28dans l'actualité
29:29d'aujourd'hui
29:29exactement
29:30et puis il a fait scandale
29:31aussi parce que
29:31il y a la fameuse scène
29:33à Rouen
29:33dans la Calège
29:35où on comprend
29:36qu'il font l'amour
29:37mais ça a été un scandale
29:39énorme
29:40alors que
29:40quand on lit
29:42les deux pages
29:43c'est vraiment
29:44d'une pudibonderie
29:46énorme
29:47et d'ailleurs je crois
29:47que c'est le même scénar
29:48l'avocat
29:49c'est celui
29:50qui a aussi défendu
29:51Baudelaire
29:52exactement
29:52alors il se trouve
29:53qu'il y a la littérature
29:55et la chanson
29:56et vous avez rendu
29:57beaucoup d'hommage
29:58à des légendes
29:59de la chanson
29:59Brassens
30:00Brel
30:01Regeni
30:01pour vous c'est presque
30:02pas un devoir
30:03mais presque
30:04oui c'est un devoir
30:05un plaisir
30:06et un
30:07plus qu'un plaisir
30:10d'ailleurs
30:10c'est très intéressant
30:11quand on est soi-même
30:12auteur composé
30:13sans me comparer
30:14aux grands aînés
30:14de rentrer dans les chansons
30:16justement ce que je disais
30:17tout à l'heure
30:17on perçoit la chanson
30:19complètement différemment
30:21et puis on voit un peu
30:21comment il l'a fait
30:22donc ça va de Beko
30:23à Renaud
30:23à Brel
30:24Brassens
30:25on rentre dans des chansons
30:26et on se dit
30:27ah ouais c'est comme ça
30:28qu'il l'a fait
30:28donc lui il est parti de là
30:29ça c'est passionnant
30:30quand on aime bien ça
30:31tout le processus créatif
30:32on le sent mieux
30:33quand on chante
30:34oui et le travail
30:35que ça représente
30:36Brassens se levait
30:36à 5h du matin
30:37il écrivait pendant des semaines
30:39pour trouver
30:40la bonne version
30:41d'une chanson
30:42et Brel travaillait
30:43debout
30:44derrière un chevalet
30:45pendant 18h par jour
30:46pour souffrir
30:47comme les mots
30:48qu'il voulait faire passer
30:49ah oui j'avais pas
30:50cette anecdote
30:51et vous avez aussi chanté
30:52l'italien de Reggiani
30:53oui
30:53bah oui l'italien
30:55bah d'une part
30:55parce que c'est
30:56c'est l'histoire
30:56de mon grand-père
30:57immigré italien
30:58et puis
30:58et puis Reggiani
31:00bah lui il incarne un peu
31:01tout ce qu'on disait
31:02l'acteur-chanteur
31:03chanteur-acteur
31:04on sait plus
31:04et il a un talent énorme
31:06Reggiani
31:06c'est qu'il a chanté
31:08beaucoup de chansons
31:09de
31:09d'Abadi
31:12pour qui j'ai une vénération
31:13absolue
31:14qui est pour moi
31:15un grand génie
31:15du 20ème siècle
31:16d'accord
31:16parce qu'il n'y a pas
31:18beaucoup de gens
31:18qui ont
31:19enfin grand génie
31:20comme s'il pouvait y avoir
31:20des petits génies
31:21mais quand même
31:22d'Abadi
31:23on oublie aussi
31:23dans les gens
31:24qui ne sont pas assez
31:25portés au nu
31:25par rapport à
31:26des baltringues
31:27qui sont
31:27sur des piédestales
31:29le gars il a quand même
31:30écrit des sketchs
31:31énormes
31:32des films énormes
31:33des chansons énormes
31:34des pièces de théâtre
31:35des livres
31:36c'est un auteur étonnant
31:37et Reggiani
31:39avait ce talent
31:39de choisir ses auteurs
31:40et de choisir les chansons
31:42et qui est un vrai talent
31:43et il ne voulait pas
31:44chanter au départ
31:45et Jacques Canetti
31:46qui dirigeait
31:46Les Trois Baudets
31:47lui a dit
31:47on rend hommage
31:48à Boris Vian
31:49est-ce que tu ferais
31:50quelques chansons
31:50de Boris Vian
31:51et c'est comme ça
31:52qu'il a démarré
31:52et qu'il a fait
31:53la carrière qu'on connait
31:54soutenu par Barbara aussi
31:55alors
31:56vous avez aussi publié
31:58un livre
31:58qui s'appelle
31:58Travaux publics
31:59qui est un recueil
32:01de vos textes
32:02et là
32:02les critiques
32:03vous ont salué
32:04en disant
32:04Bénabar c'est un poète
32:05ah merci
32:07pas toutes les critiques
32:08j'ai gardé les meilleures
32:10pour être positif
32:11mais
32:13vous voyez
32:15c'était
32:15j'étais intimidé
32:17mais finalement
32:19parce qu'il y avait
32:20un côté un peu prétentieux
32:21mais finalement
32:21ça ne l'était pas au final
32:22c'était aussi un moment
32:23pour moi
32:23ça a permis
32:24de marquer un temps
32:26un peu dans ma carrière
32:27d'auteur
32:27c'était plus utile
32:29que je le pensais
32:29parce qu'au début
32:30j'avais peur
32:30que ce soit uniquement égotique
32:31mais finalement non
32:33on se rend compte
32:34que les textes
32:35sont ciselés
32:35et profonds
32:36en les lisant
32:37plutôt qu'en les écoutant
32:38c'était pas la vie
32:39de Télérama
32:39mais on les emmerde
32:41je sais
32:41moi chaque fois
32:42que j'ai fait un film
32:43à la télévision
32:47qui a été massacré
32:48par Télérama
32:49on a fait un succès d'audience
32:50bah oui
32:51c'est la loi
32:52alors il y a aussi une chanson
32:54qui montre que
32:55c'est l'exception
32:56qui ne confie pas la règle
32:57vous ne vous êtes jamais
32:58ennuyé
32:58sauf ce soir là
32:59ça c'est une chanson
33:13qui a une histoire
33:14qui est authentique
33:15Benabar
33:16oui c'est une chanson
33:17qui racontait
33:18parce que
33:19ce que j'essaye de faire
33:20tout le temps
33:21c'est de raconter
33:21vraiment ce petit moment là
33:23qui idéalement
33:24alors là ça a été le cas
33:25donc là c'est
33:25c'est inespéré
33:26de parler à tout le monde
33:28d'un seul coup
33:28parce que justement
33:29je parlais d'un détail
33:30voilà
33:31mais en même temps
33:32les chansons sont toutes venues
33:34comme ça
33:34d'un détail
33:35d'un réflexe
33:37oui parce que c'est
33:38c'est vraiment
33:39ce qui m'inspire
33:40c'est
33:41dans mon dernier album
33:44il y a une chanson
33:44où c'est la maman
33:46avec la jeune fille
33:47qui danse
33:47ça s'appelle
33:48elle danse
33:48et ça part de la table basse
33:50le début
33:51elle a poussé la table basse
33:53et ça a vraiment été
33:54le démarrage
33:55de ma chanson
33:56depuis longtemps
33:56je me disais il faut que je fasse une chanson sur une table basse
33:58parce que ça symbolise tellement le centre d'un foyer
34:01puis quand on la déplace
34:02ça symbolise aussi la désorganisation du foyer
34:07en fait notamment les mômes
34:08quand on déplace la table basse
34:09ça veut dire qu'il va y avoir une fête
34:10et ce genre de petits angles
34:13moi me passionne
34:15enfin c'est ça que j'essaye de regarder
34:17et puis alors vous avez une autre passion
34:19qu'on connait peu
34:19ce sont les voitures anciennes
34:20je crois
34:21ah non non
34:22j'ai vu ça dans un journal
34:23vous aviez un jour
34:23conduit une voiture ancienne
34:25et vous étiez tombé en panne
34:26ah oui j'ai eu
34:27j'ai eu mon petit côté chanteur
34:28mais moi je conduis pas
34:29enfin je conduis
34:30j'ai le permis
34:31mais j'ai peur en voiture
34:32etc
34:32donc ça n'a pas duré longtemps
34:34ça n'a pas duré longtemps
34:34non je conduis plus d'ailleurs
34:35voilà
34:36donc vous préférez chanter
34:37il y a aussi une chanson
34:38qui n'est pas très connue
34:39mais qui pour moi
34:40me fait toujours beaucoup rire
34:42le râteau héroïque
34:43qui se ramasse en public
34:45le râteau de poing sur les i
34:46t'es lourd maintenant ça suffit
34:48le râteau d'Alzheimer
34:50c'est la même fille que tout à l'heure
34:51le râteau de la méduse
34:53le râteau de la méduse
34:55vous pouvez le prouver
34:56les râteaux c'est vrai que
34:57quand une fille prend un râteau
34:59ou un type prend un râteau
35:00c'est la première chanson
35:01c'est souvent les types
35:02il faut dire
35:03je sais pas je valide
35:04oui il y a deux jeunes filles
35:05elles ont l'air
35:06et un garçon
35:06oui
35:07on est bien d'accord
35:08et c'est vrai que
35:10personne n'avait chanté ça
35:11Benabar
35:12oui
35:13d'une part c'est malheureusement
35:15en partie autobiographique
35:17ça nous en arrive à tout le monde
35:18oui
35:19et ben oui ça fait partie
35:21des moments
35:22j'aime ça dans la chanson
35:23où on se met pas forcément
35:25il y a des chansons très héroïques
35:26alors Johnny
35:29en a fait beaucoup comme ça
35:30des chansons de malheur
35:32mais très très
35:33comme ça
35:34très cinématographique
35:35Sardou
35:37Je vais t'aimer
35:38c'est un peu l'inverse
35:38de
35:39Je vais t'aimer
35:40de Sardou
35:40dont je suis très fan
35:43d'ailleurs
35:43indépendamment
35:44mais sauf cette chanson là
35:47parce que je trouve
35:47que c'est vraiment
35:47une chanson comique
35:48je vais t'aimer
35:49c'est vraiment
35:49le gars il se la raconte tellement
35:51c'est ouf
35:52mais
35:52c'est toujours marrant
35:54de partir du principe
35:55qu'on se met dans une situation
35:56un peu défavorable
35:57ça permet aussi
35:58de rigoler
35:59de prendre du recul
36:00sur le
36:01sur le filet de chanteur
36:02et puis idéalement aussi
36:03de toucher un peu plus
36:04la personne qui écoute
36:05voilà
36:05toucher justement
36:06parce qu'en fait
36:07l'origine de cette expression
36:08c'est pas seulement
36:09prendre un râteau
36:10avec un garçon
36:12ou une fille
36:12quand on prend
36:13la première édition
36:14du dictionnaire
36:15d'académie française
36:16on dit qu'une arme à feu
36:17a pris un rat
36:18donc un râteau
36:19parce que le rat
36:20est considéré
36:20comme un symbole d'échec
36:21on tirait un coup
36:23avec un fusil
36:24on le ratait
36:24c'était l'origine
36:26de l'expression
36:26ah raté c'est râteau
36:28râteau exactement
36:29et le rat
36:30est venu de râteau
36:32rat raté râteau
36:34mais le râteau
36:34on parle du râteau
36:35pour les graviers
36:36ou ça n'a rien à voir ?
36:36non non
36:36c'était un fum
36:38d'arme à feu
36:38l'amorce n'a pas pris
36:40on prend un
36:41ah d'accord
36:42ça vient du 19ème siècle
36:43ok
36:44voilà
36:44là c'est le passé
36:48maintenant on parle d'avenir
36:49avec ce nouvel album
36:50qui est sorti
36:50le 30 janvier 2026
36:52à tout de suite
36:52sur Sud Radio
36:53avec Benabar
36:54Sud Radio
36:56les clés d'une vie
36:56Jacques Pessis
36:58Sud Radio
36:58les clés d'une vie
36:59mon invité Benabar
37:01alors on a parlé du passé
37:02et maintenant
37:03le présent et le futur
37:0430 janvier 2026
37:05un nouvel album
37:06un album qui a demandé
37:073 ans de travail
37:08ce qui n'était pas prévu
37:09au départ Benabar
37:10oui il a été un peu plus
37:12long
37:13pour sa fabrication
37:16encore bon
37:17j'y reviens
37:18parce qu'évidemment
37:18c'est central
37:19la disparition de Denis
37:20Denis qui était
37:21votre accordioniste
37:22copain depuis 30 ans
37:23ben oui
37:24parce qu'on a commencé
37:24dans les bistrots
37:26tout à
37:26en 95
37:28donc
37:28et puis il a toujours
37:30été avec moi
37:31c'est le parrain de mon fils
37:31enfin voilà
37:32donc ça mélangeait
37:33à la fois
37:33ma carrière
37:34et
37:35et la
37:36et la vie privée
37:37donc enfin
37:38de toute façon
37:38au bout d'un moment
37:39au bout de deux albums
37:40la vie privée
37:41et la carrière
37:41c'est la même chose
37:42exactement
37:42et donc ça a compliqué
37:44un peu le départ
37:45vous l'avez dédié
37:45cet album
37:46à travers le titre
37:47oui
37:47le soleil des absents
37:49qui raconte
37:49ce qu'on a voulu faire
37:50sur l'album
37:50c'est pour ça
37:51qu'il était assez long
37:51c'est
37:52qu'est-ce qu'on va faire
37:53d'un énorme chagrin
37:54ben on s'est dit
37:57on va faire quelque chose
37:58de lumineux
37:59mais sans oublier
38:00évidemment
38:01parce que sinon
38:01ce serait
38:02ce serait absurde
38:03absurde
38:04absurde
38:05je fais des citations
38:06tellement je suis pro
38:07je fais des citations
38:09absurde
38:09absurde
38:10absurde
38:11on garde de toute façon
38:13ici
38:13nous parlons vrai
38:14alors
38:16une des chansons
38:17de l'album
38:17on va expliquer
38:18pourquoi il lance
38:19cet album
38:19c'est
38:19Les Mayous
38:20Alors Les Mayous
38:40Saint-Pierre-et-Miquelon
38:41c'est le point de départ
38:42de l'album
38:43parce qu'en 2022
38:45vous en avez marre
38:45vous dites
38:46j'allais me reposer
38:46un petit peu
38:47oui pour écrire
38:48aussi
38:48et oui
38:50l'envie
38:51c'est un fantasme
38:52que j'avais
38:53alors chacun
38:53les signe
38:53d'autres
38:54c'est plutôt
38:54l'il-le-Maurice
38:55mais j'avais
38:55ce délire là
38:57que je ne m'explique
38:57pas vraiment
38:58si d'aller un peu
39:00au bout du monde
39:00en France
39:01il y avait ce truc là
39:02et je n'ai pas été déçu
39:04ça a été une révélation
39:05pour moi
39:05l'archipel
39:06et ses habitants
39:07bien sûr
39:07Saint-Pierre-et-Miquelon
39:08Saint-Pierre-et-Miquelon
39:09ça m'a permis
39:11oui de mettre
39:13un peu un terme
39:13avec
39:14quand on finit
39:16le 10e album
39:16et la tournée
39:18qui va avec
39:18forcément
39:19on se pose des questions
39:20plus la cinquantaine
39:21plus tout ça
39:21donc ça a été
39:22le point de départ
39:23et Saint-Pierre-et-Miquelon
39:24c'est l'un des sept territoires
39:25français en Amérique
39:26et alors ça s'appelle
39:27Saint-Pierre-et-Miquelon
39:28parce qu'il y a d'abord
39:28un navigateur portugais
39:30qui a baptisé
39:31l'île
39:32l'archipel
39:32en l'honneur de
39:33Saint-Ursule
39:34Jacques Cartier
39:35il a nommé
39:35Saint-Pierre
39:36le saint patron des pêcheurs
39:38et un capitaine basque
39:39Michel
39:40Michel en basque
39:41a fait Miquelon
39:42donc tout ça
39:43s'est mélangé
39:44avec ces trois rencontres
39:46et c'est un endroit
39:47un endroit extraordinaire
39:49où on a tous les
39:50c'est vraiment
39:51ce que je raconte
39:52dans la chanson
39:53parce que les Mayous
39:54c'est ceux
39:54qui ne sont pas de là-bas
39:56c'est pas compliqué
39:57c'est comme les pin-shoots
39:57pour les Corses
39:59et on est tous des Mayous
40:00ce qui est plutôt
40:01bienveillant comme nom
40:02mais qui montre
40:03qu'on n'est pas
40:03qu'on n'est pas de chez eux
40:04parce que les Iliens
40:05à l'image des Corses
40:06d'ailleurs
40:06se méfient un peu
40:07parce qu'un touriste
40:09est potentiellement
40:10un envahisseur
40:11à chaque fois
40:11donc ils font un peu gaffe
40:12mais Mayous ça va
40:13ce qui est dur à Saint-Pierre
40:14c'est quand vous êtes
40:15traité de maudit con de Mayou
40:17ah bon ?
40:17là ça veut dire
40:18qu'il faut commencer
40:18à penser à partir
40:19parce que sinon
40:20on va se faire jeter
40:20dans le port
40:21mais si vous vous comportez bien
40:23vous êtes reçu
40:23remarquablement
40:24et vous avez remarqué
40:25Benabar
40:26la profondeur
40:27de ses habitants
40:28le respect
40:29la complicité
40:30oui c'est étonnant
40:31Saint-Pierre
40:32et puis cette
40:33cette population
40:34je me suis fait
40:36de vrais amis
40:37il y a
40:38quelque chose
40:39qui s'est passé
40:40pour moi là-bas
40:41d'ailleurs
40:41il y a
40:41mon copain pêcheur
40:43Nico pêcheur
40:44là-bas
40:44est venu
40:45chez moi
40:45dans le sud
40:46donc
40:46ce sont des amitiés réelles
40:48que j'ai créées là-bas
40:50et ce sont des gens étonnants
40:51parce que c'est
40:51des gens
40:52qu'on voit pas
40:53qu'on connait pas
40:55ces gens-là
40:55qui sont purement français
40:56ils sont très très français
40:58il ne faut pas leur dire
40:58qu'ils sont québécois
40:59ah non
41:00ah non
41:00ils sont très très français
41:02ils ont France 3 là-bas
41:04enfin il y a un côté
41:05mais tellement différent
41:07enfin
41:07alors pardon
41:09je me cite
41:09mais c'était vraiment ça
41:10c'est français différemment
41:12c'est ce qu'on perçoit
41:15de l'archipel
41:17alors il y a eu ce voyage
41:19et ensuite il y a eu un autre problème
41:20c'est que vous vouliez faire l'album
41:22à la maison
41:23tranquillement
41:23et ça n'a pas marché
41:24bien à bas
41:25oui parce que c'est devenu
41:26une usine à gaz
41:27dans un premier temps
41:28et d'ailleurs
41:29je n'ai pas renoncé à cette idée
41:30et puis malheureusement
41:31comme Denis nous a quittés
41:33à cette période-là
41:34ça devait être un album
41:35avec les musiciens de tournée
41:36dont je tourne
41:38certains depuis 20 ans
41:39et notamment avec Denis
41:40donc le fait qu'il ne soit plus là
41:41ça évidemment
41:42ça remit tout en cause
41:43voilà
41:43le soleil des absents
41:45mais il demeure un soleil
41:46dans votre coeur
41:47et une chanson
41:48symbolise justement
41:49cette force de caractère
41:50que vous avez
41:51lire les graffitis
41:52griffonnés sur le mur
41:53les tags fainéants
41:55à la ponte de peinture
41:56des lettres hip-hop
41:57des surnoms idiots
41:58ressortaient facilement
42:00une formule du long
42:01fuck la peine
42:03fuck la peine
42:04d'abord pour trouver le titre
42:05le titre
42:07c'est pas moi qui l'ai trouvé
42:08c'est un graffiti
42:09qui existe encore
42:10d'ailleurs je le recommande
42:11à tout le monde
42:12entre porte d'Orléans
42:14et porte de Versailles
42:14à droite sur le périph' intérieur
42:16et c'est vraiment
42:17autobiographique
42:18la chanson
42:19j'étais dans le taxi
42:20matin morose
42:21déprimé
42:22autant que le chauffeur de taxi
42:23qui avait envie d'être partout
42:24sauf là
42:25dans les embouteillages
42:26dans les emboutes
42:27célèbres
42:28et il y a au milieu
42:29des graffitis
42:31qui servent à rien
42:32avec des noms
42:32où on ne comprend rien
42:33enfin voilà
42:34il y a au milieu
42:35un plus petit graffiti
42:36très clair
42:36fuck la peine
42:37et j'ai trouvé ça
42:38d'une poésie
42:39et je le trouve encore
42:41immense
42:41et ça m'a frappé
42:43et parlé
42:44parce qu'en plus
42:44c'était vraiment
42:45l'objet de l'album
42:46à l'époque
42:47de reconnaître
42:49qu'il y a de la peine
42:50mais il faut
42:51un peu résister
42:52quand même
42:53mais justement
42:53vous avez cette force
42:54de résistance
42:55Benabar
42:55merci
42:56j'essaye
42:57en tout cas
42:58souvent
43:00les gens
43:01très pessimistes
43:01essayent
43:02c'est pour ça
43:03d'ailleurs
43:03comme vous le savez
43:05il y a beaucoup
43:05de comiques
43:06qui sont
43:07assez désespérés
43:08parce que ça va
43:09un peu avec
43:10en fait
43:10je crois
43:10et Charles Trainey
43:11disait
43:11la vie est un rêve
43:12traversé par des cauchemars
43:13on digère le cauchemar
43:15et le rêve recommence
43:16c'est pas loin
43:17de ce que vous pensez
43:18ah oui
43:19alors
43:19ces graffinis
43:20je me suis un peu renseigné
43:21je ne sais pas si vous le savez
43:22comment on fait pour les faire
43:23en fait on se déguise
43:25on met un gilet jaune
43:25une échelle
43:26un casque
43:27et on vous prend pour un agent
43:28d'entretien la nuit
43:28et c'est comme ça
43:29que les graffitis ont lieu
43:30et se font régulièrement
43:31et il y en a en France
43:33et il y en a
43:34à côté de Londres
43:35qui est très célèbre
43:36qui a
43:37près de Londres
43:38il y a écrit
43:39donner une chance
43:39au petit poids
43:40c'est extraordinaire
43:42ben ça c'est vraiment poétique
43:44comme fuck la peine
43:45c'est des graffitis super
43:46alors le problème souvent
43:47c'est que la chanson
43:48ça prend beaucoup de temps
43:49et il y en a une
43:50dans cet album
43:51qui symbolise justement
43:52ce travail
43:53qu'on est surtout
43:54anciens enfants
43:56qu'on rassure
43:57parce qu'on a la gueule
44:00de l'emploi
44:01on joue les durs
44:02le plus souvent
44:04on assure pas
44:05quoi qu'on dise
44:07on accorde trop d'importance
44:10à des sottises
44:12quoi qu'on dise
44:12alors ça c'est une chanson
44:13je t'appelle une chanson galère
44:15Benapart
44:15un petit peu
44:16c'est un des petits éclairs
44:18de lucidité
44:19quand on est adulte
44:21notamment vis-à-vis des enfants
44:22ou des plus jeunes
44:23on essaie de montrer
44:24qu'on assure
44:24mais bon
44:26on sait tous
44:26que c'est plus difficile
44:27que ça
44:28et puis quand on dit
44:28ben non
44:29il n'y a pas de monstre
44:30sous le lit
44:31il n'y a pas de fantôme
44:31dans les placards
44:32on sait tous
44:33mais il ne faut pas le dire aux enfants
44:35vous n'êtes pas écouté
44:36par des enfants j'espère
44:37on est tous des grands enfants
44:39et finalement
44:41cette chanson
44:42elle est née
44:43alors qu'elle ne devait pas
44:44être sur l'album
44:45vous avez renoncé à l'écrire
44:46benapart
44:46oui ça fait partie
44:47des chansons
44:48des chansons galères
44:50exactement comme vous le disiez
44:52qu'on traîne
44:53qu'on revient dessus
44:55c'est jamais bien
44:56c'est jamais assez
44:56puis là j'ai trouvé le déclic
44:58qui est venu par la musique
44:59si je m'en souviens bien
45:00et puis finalement
45:01elle est sur l'album
45:02et ça c'est
45:02ça fait du bien en fait
45:04parce que ça permet
45:04de virer un dossier
45:05sur le bureau de l'ordinateur
45:07finalement
45:08vous parlez des enfants
45:09mais vous êtes un ado
45:10permanent
45:11vous serez toujours un ado
45:12benapart
45:12il y a un peu de ça
45:13chez les adultes
45:14pas enfant
45:15parce que j'ai pas le côté
45:16homme-enfant
45:16moi j'ai pas la
45:17le culte de l'enfance
45:20ou sinon
45:22que celui
45:22de mes propres enfants
45:24mais le mien
45:24pour moi
45:25mon enfance est terminée
45:26c'est
45:27oui mais au fond
45:28le côté ado
45:29fait que vous êtes toujours passionné
45:30oui
45:30et puis adolescent
45:31dans la musique
45:32il y a quand même un côté adolescent
45:33et je le vois même avec des musiciens plus âgés que moi
45:37il y a ce côté
45:38mais normal dans la tournée
45:40avec les musiciens
45:41il y a ce côté
45:41et les musiciennes d'ailleurs évidemment
45:43il y a ce côté
45:44les blagues graveleuses
45:45on a besoin de ça
45:47on a besoin de ça quand même
45:48dans ce boulot là
45:49avoir ce côté
45:50ouais un peu adolescent
45:52notamment sur scène
45:53parce que c'est pas très sérieux
45:55quand même
45:55le boulot qu'on fait
45:56non mais non
45:56il faut le faire très sérieusement
45:57exactement
45:58alors il se trouve qu'il y a une autre chanson aussi
46:00qui parle des enfants
46:01c'est une playlist de Daron
46:02la journée s'annonçait radieuse
46:04cubi et barbecue
46:05comme quoi les journées prometteuses
46:07ne leur restent pas jusqu'au bout
46:08les adultes aux grillades
46:09avec notre musique de fond
46:11une phrase à la cantonnade
46:12nous fit l'effet d'un coup de canon
46:13c'est une playlist de Daron
46:17au ralenti en mode cow-boy
46:20les parents ont pivoté
46:21surveillant du coin de l'oeil
46:23les brochettes qu'à l'écramé
46:24aux causes à nous défier
46:25tout finit
46:26ça rappellera quelque chose aux parents
46:28c'est vrai que les enfants
46:30les ados appellent les parents
46:33les Darons
46:33oui c'est nouveau
46:34et c'est quand même
46:35un éternel recommencement
46:36parce que c'est quand même
46:36un ancien mot
46:37justement
46:3817ème siècle
46:39c'était le maître de maison
46:40au 19ème siècle
46:41c'était les ouvriers
46:42pour nommer les bourgeois
46:43qui signifiaient
46:44vieillard, fin et rusé
46:46et en 1839
46:48un daron est un tenancier
46:49de cabaret
46:50ou d'une maison close
46:50ça a évolué
46:51voilà
46:52ça a beaucoup changé
46:53et ça vos enfants
46:54vous ont parlé des darons
46:55des darons
46:56mais alors
46:56dans la bouche de ma fille
46:58c'est pas du tout
46:59le maître de maison
47:00je vous le confirme
47:01pas du tout
47:01mais c'est vrai
47:03que ces expressions
47:03vous fascinent en même temps
47:04et oui
47:05ce sont des expressions
47:06tellement lourdes de sens
47:09et ça évite
47:11un demi-couplet
47:12tout le monde
47:13comprend ce que ça veut dire
47:15d'où ça vient
47:16parce que les adultes
47:17ne s'appellent pas
47:17darons entre eux
47:18c'est vraiment
47:18les mômes
47:19et puis c'est vrai
47:20qu'elles me fascinent
47:21doublement
47:21parce que c'est tellement
47:22une expression ancienne
47:23que les gamins
47:24ont réhabilité
47:25comme quoi
47:26ça interroge
47:28sur le mouvement
47:28de la langue française
47:29chaque époque
47:31chaque époque
47:31les enfants
47:31ont leurs expressions
47:32moi je me souviens
47:32des années 60
47:33où les parents
47:34c'était les plus cotés
47:35à l'argus
47:36c'était autre chose
47:37oui
47:38les pater
47:39paternels
47:41il y avait tout
47:42il y avait
47:43les vieux
47:44voilà
47:45chaque génération le fait
47:46oui mais souvent
47:47on reproche aux gosses
47:48d'inventer
47:48de faire des néologismes
47:49et là c'est marrant
47:50de constater
47:52que les mômes
47:52eux réhabilitent
47:53une vieille expression
47:55oui
47:55alors il faut faire attention
47:56quand même
47:56à certaines expressions
47:57et surtout à certains réseaux
47:58car tout ce qui est moderne
48:00aujourd'hui
48:00il y a quand même des dangers
48:01et ça vous inquiète aussi
48:03Benabar
48:03la fausse
48:05oui
48:05la modernité
48:06n'est pas en soi
48:07une valeur
48:07c'est moderne
48:10parce que c'est moderne
48:11c'est à dire qu'on peut améliorer
48:12je sais pas
48:14la guillotine
48:15on peut la rendre moderne
48:16oui
48:17voilà
48:17c'est l'avancée des choses
48:19les nouvelles technologies
48:20il faut les prendre
48:21comme telles
48:21il faut pas
48:22regarder
48:24c'est à dire que moi
48:24je suis pas passéiste
48:25mais je crois pas non plus
48:26que le futur
48:26réserve que du bon
48:27c'est à dire que
48:28voilà je crois pas
48:29et puis on confond souvent
48:30à la mode et moderne
48:31ce qui est pas pareil
48:32c'est pas la même chose
48:32alors justement
48:34le passé vous a inspiré
48:36une chanson
48:37Les Coups
48:38Les Coups de foudre
48:39Les Coups de tête
48:40Les Coups de blues
48:41Les Coups de maître
48:42Ce qu'on donne
48:43qu'on reçoit
48:44ce qu'on prend
48:45et qu'on boit
48:47ce de coeur
48:48ou de mou
48:49des coups pour tous les goûts
48:51comme celui de la girafe
48:53avec une autre orthographe
48:55le coup de...
48:56Alors ça c'est un exercice
48:57de style
48:58qui vous a été inspiré
48:59pratiquement par
49:00Jacques Lanzmann
49:01et Jacques Dutronc
49:02quand ils écrivaient
49:02leurs chansons
49:03Ouais Lanzmann
49:04Dutronc
49:05et notamment
49:06ces chansons
49:07tu connais très bien
49:08qui sont des chansons
49:09catalogues
49:09ils en ont fait beaucoup
49:10ensemble
49:11qui sont magnifiques
49:12et il y a plein de chansons
49:14quand on écrit
49:15qui ne vont pas forcément
49:17être sur un album
49:17qui est une gymnastique
49:19un décrassage
49:21enfin je ne sais pas
49:21comment on peut dire
49:22comme les sportifs
49:23qui font des pompes
49:23ou des footings
49:24et après
49:26elles prennent plus ou moins
49:27d'importance
49:28et cette chanson
49:29c'était justement
49:30vraiment l'exercice
49:31de style
49:32puis ça m'a fait penser
49:33après plus tard
49:35à cette anecdote
49:36que j'ai apprise
49:37que je trouve géniale
49:38c'est Beko
49:40et Delanoé
49:40qui faisaient ce jeu là
49:42et à un moment
49:43ils se sont dit
49:43bon on va faire
49:44une chanson sur une orange
49:45tu dois la connaître
49:46celle-là
49:46et je trouve que
49:47cette anecdote
49:48est tellement
49:49quand on fait des chansons
49:50c'est tellement révélateur
49:51ça parle tellement
49:52parce que des fois
49:52on pense qu'on a été inspiré
49:54par un truc
49:54et des fois non
49:55ça parle vraiment
49:56d'un détail
49:56il y avait un plateau
49:57de fruits devant eux
49:58et ils cherchaient une idée
50:00et ils ont vu l'orange
50:01c'est comme ça que c'est né
50:01et c'est génial
50:02parce que c'est le côté
50:03aussi ludique
50:04de l'écriture de chansons
50:05c'est pour ça
50:05que je me méfie
50:06du côté auteur
50:07maudit
50:08quand on fait des chansons
50:09parce que ça n'empêche pas
50:11du tout de l'avoir
50:11de la profondeur
50:12parce que d'ailleurs
50:12la chanson sur l'orange
50:13elle parle du racisme
50:14de l'exclusion
50:15elle raconte vraiment un truc
50:16et ce côté ludique
50:18il ne faut pas perdre ça
50:22jamais
50:22alors le disque est sorti
50:23maintenant la tournée reprend
50:25elle va démarrer
50:27le 18 avril
50:27à Forge-les-Eaux
50:28où il y a
50:29le premier casino
50:31autorisé en France
50:32car il ne pouvait pas
50:33y avoir de casino
50:34à moins de 100 km de Paris
50:35c'était la loi
50:36donc on va à Forge-les-Eaux
50:37pour le casino
50:38il y a Toulouse le 26 avril
50:40Paris le 29
50:41l'Olympia
50:42et toute une série de dates
50:43jusqu'à la fin de l'année
50:44oui jusqu'à la fin de l'année
50:46et puis 27
50:47si tout va bien
50:49mais enfin on est en train de
50:50et avec les anciennes chansons
50:51et les nouvelles
50:52un mélange
50:52ah oui c'est vraiment
50:53c'est pas du tout
50:54moi j'ai jamais considéré
50:55la tournée
50:56comme service après-vente
50:58du dernier album
50:58du tout
50:59c'est vraiment
51:00il y en aura 2, 3
51:01je ne sais pas
51:01ça dépendra un peu
51:03du retour du public
51:04en fait
51:04c'est un best-of
51:05oui je ne suis pas très inquiet
51:06de ce côté-là
51:06merci
51:07en tout cas cet album
51:08est très réussi
51:08le soleil des absents
51:09et si vous me le permettez
51:11Benavar
51:11je vous dirais
51:12restez un soleil permanent
51:13et ne soyez pas trop longtemps
51:15absent désormais
51:15merci beaucoup
51:16merci
51:17et puis continuez ainsi
51:18à défendre la vraie chanson
51:19merci
51:19merci Benavar
51:21l'écriture d'une vie
51:21c'est terminé pour aujourd'hui
51:22on se retrouve bientôt
51:23restez fidèles
51:24à l'écoute de Sud Radio
51:25on se retrouve à l'écriture de Sud Radio
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