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  • il y a 23 heures
Les clefs d'une vie d'Agathe Lecaron

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-04-13##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Présenter les maternelles ne vous a pas empêché de vous plonger dans les classes supérieures pour étudier.
00:12Vous avez passé votre vie à imaginer mille problèmes de santé,
00:15alors que votre seule maladie, et surtout, il ne faut pas vous soigner,
00:18c'est l'amour de votre métier et de votre famille.
00:21Bonjour Agathe Le Caron.
00:22Bonjour Jacques, merci de me recevoir.
00:24C'est un bonheur parce qu'il y a ce livre, Patientes Zéro,
00:27qui est aux éditions Robert Laffont, qui est étonnant.
00:29Et puis il y a votre parcours, car dans les clés d'une vie, vous le savez, on raconte votre
00:33parcours.
00:33Alors j'ai trouvé plusieurs dates.
00:35La première, elle ne vous correspond pas exactement, mais elle est importante dans votre vie.
00:39Le 14 octobre 1985, en France, pour la première fois, on diffuse ce feuilleton.
00:45C'est ma petite larme, attention.
00:50Ça me dit quelque chose.
00:52Bah écoutez, c'est pas que ça me dit quelque chose,
00:55je sais pas, c'était la représentation de tout ce que je rêvais d'être,
01:00enfin non, pas de vivre, parce qu'il leur arrivait beaucoup de malheurs,
01:03des kidnappings, des chutes dans les escaliers très régulièrement.
01:07Mais oui, ça me faisait rêver, c'était un peu le rêve américain.
01:09Vous étiez devant la télé, pas question de dire un mot à qui que ce soit,
01:13vous regardiez Santa Barbara.
01:14Personne ne pouvait me détourner de Santa Barbara.
01:17Et en plus, c'était un moment quand même de cohésion avec ma maman.
01:21On regardait ça toutes les deux, donc c'était un peu notre rendez-vous mère-fille aussi.
01:25Alors il faut savoir qu'il y a eu 4274 épisodes de 26 minutes,
01:29ce qu'on a un peu oublié.
01:30Et le studio de 1800 mètres carrés était le plus grand de la côte ouest.
01:34Ouais, à Beurbanque.
01:35Exactement, il y avait 100 techniciens et 30 comédiens qui travaillaient 7 jours sur 7.
01:39Ah oui, c'est fou l'histoire du soap opéra,
01:40parce que d'abord ça a démarré à la radio.
01:42C'est une façon d'enrober les pubs, en fait.
01:44Et puis après, ils se sont dit que ça marche tellement bien.
01:46Finalement, les femmes écoutent plus les pubs que les émissions.
01:49Donc on va transposer ça à la télé.
01:51Moi, après, j'ai beaucoup étudié le soap opéra, ce genre,
01:53qui est un véritable genre aux Etats-Unis,
01:56en tout cas très très fort aux Etats-Unis à l'époque,
01:58et qui a été importé en France.
01:59Je crois que la première, c'était Lucille Bolle,
02:01avec l'extravagante Lucie.
02:03Eh oui, c'est ça, exactement.
02:05Alors il se trouve que vous regardez ce feuilleton qui est plutôt pour les garçons,
02:08mais finalement, je sais que vos parents, au départ,
02:10pensaient avoir un garçon alors que vous êtes une fille.
02:12Exactement.
02:13À l'époque, il n'y avait pas d'échographie,
02:14donc ils étaient persuadés,
02:15je ne sais pas, Nantes a le ventre un peu pointu,
02:17sûrement ça doit être un garçon,
02:19il devait y avoir des trucs un peu comme ça.
02:20Donc je vais m'appeler Quentin.
02:22Ça a changé.
02:23Ça a changé.
02:24Alors il se trouve que vous êtes née à Paris,
02:26et que votre père est publicitaire,
02:28et votre mère travaille dans l'univers du vin.
02:30Ce sont deux univers très différents, mais complémentaires.
02:33Complémentaires, et puis surtout,
02:35j'ai un père qui est extrêmement créatif,
02:38c'est pour ça qu'il a créé cette société,
02:41et une maman qui est plus organisée,
02:44donc c'était aussi complémentaire dans l'éducation,
02:46et dans le modèle.
02:47Surtout, Agathe Le Caron,
02:48vous êtes une petite fille sage, timide,
02:50un peu seule dans son coin.
02:52Alors sage,
02:53je ne dirais pas jusqu'à là,
02:54timide énormément en fait,
02:56je n'arrivais pas à m'inscrire dans un groupe.
02:57Pour moi,
02:58c'était très très difficile
03:01d'arriver à aller vers les gens,
03:03tellement j'étais timide,
03:04et je pense que j'avais une piètre estime de moi,
03:07petite,
03:07et donc j'avais trouvé,
03:09pour conjurer un peu tout ça,
03:11le moyen,
03:12c'était de faire rire en fait.
03:13Je me suis dit,
03:13tiens, en faisant rigoler,
03:14tout à coup je crée un lien.
03:16Oui,
03:16à l'école vous faisiez rigoler en permanence aussi.
03:18Oui,
03:19c'est pour ça que j'étais pas très sage,
03:20parce que j'étais quand même beaucoup sur les tables,
03:22à imiter les profs,
03:23mais pour me faire aimer.
03:24Je me suis dit,
03:25tiens,
03:25quelle arme extraordinaire.
03:27Dès que je fais rigoler,
03:29on s'intéresse à moi,
03:30on dit Agathe,
03:31elle est super,
03:32alors que sans ça,
03:33on ne me remarque pas beaucoup.
03:34Je crois que vous avez eu un nombre record d'avertissements à l'école.
03:37Oui,
03:37de travailler de conduite,
03:39au grand désespoir de mes parents,
03:41mais c'était une génération où,
03:42bon,
03:43je ne sais pas si on mettait vraiment la même valeur,
03:46à l'excellence qu'aujourd'hui.
03:48Il fallait avoir son bac, etc.,
03:50mais en fait l'objectif,
03:51c'était le bac.
03:52Et en même temps,
03:53vous vous demandiez à cette époque,
03:54ce que vous feriez quand vous seriez grande,
03:55parce que vous n'imaginiez pas votre avenir.
03:57Je n'imaginais pas mon avenir.
03:59En fait,
04:00pareil,
04:00j'étais tellement timide,
04:01je me disais,
04:01mais comment est-ce que je vais pouvoir aller
04:03travailler dans une société
04:04avec des gens
04:05qui attendent de moi quelque chose
04:07que je suis incapable de leur donner
04:09parce que je suis nulle.
04:10En gros,
04:11si je schématise mon mode de pensée,
04:12c'était ça.
04:13Et puis,
04:14Et puis,
04:14ça s'est arrangé,
04:15mais en même temps,
04:16vous avez quand même redoublé votre troisième,
04:17donc c'était un indice.
04:18Oui.
04:19C'est-à-dire que j'ai redoublé ma troisième,
04:20j'ai failli la tripler.
04:21Ah bon ?
04:21Et à ce moment-là,
04:22j'ai raté mon brevet des collèges,
04:24ce qui était quand même très très rare,
04:25ça l'est encore plus aujourd'hui.
04:27Et à ce moment-là,
04:28on a dit à ma mère,
04:29écoutez,
04:29est-ce que votre fille,
04:30Agathe,
04:32a des propensions,
04:33à la couture,
04:35pourrait éventuellement faire quelque chose
04:36de ses mains ?
04:37Comme je suis hyper maladroite,
04:38elle a dit non.
04:39Donc là,
04:39c'était le grand blanc.
04:40Donc,
04:40ils m'ont fait passer
04:41parce que j'étais bonne en anglais.
04:42Oui,
04:42mais en même temps,
04:43vous auriez pu être chanteuse
04:44car vous imitiez Dalida
04:45quand vous étiez enfant.
04:46Oui,
04:46c'est vrai.
04:47Vous êtes bien renseignée.
04:48J'imitais Dalida,
04:49mon père m'avait offert un micro,
04:51ce qui a été un cadeau
04:53très important dans ma vie
04:54parce que tout à coup,
04:55je n'ai plus jamais lâché ce micro.
04:57Et c'était à chaque anniversaire,
04:59il y avait le spectacle de Dalida.
05:01Alors bon,
05:01le bac s'est passé
05:02et au départ,
05:03vous auriez dû vous retrouver
05:04en langue la première année
05:06et puis malheureusement,
05:08le Minitel existait.
05:09Alors,
05:10c'était le parcours sub de l'époque
05:11à un Minitel.
05:13Donc,
05:13il fallait s'inscrire,
05:14il fallait donner trois choix.
05:15Le premier,
05:16évidemment,
05:16celui qu'on veut.
05:17Le deuxième,
05:18celui qu'on veut,
05:19mais en un peu moins bien,
05:20c'est-à-dire un endroit
05:20qu'on aime moins.
05:21Et le troisième,
05:22on s'en foutait un peu.
05:23Évidemment,
05:23comme on s'en foutait un peu,
05:25moi,
05:25j'ai mis droit à Assas
05:27et j'ai été prise en droit à Assas.
05:29Alors là,
05:29je ne m'étais pas du tout préparée
05:30à faire du droit
05:31parce que pour quelqu'un
05:32qui est totalement à scolaire
05:34et bon,
05:35ben voilà,
05:35j'ai traîné deux mois en amphi
05:36et j'ai fait semblant d'y aller.
05:38Tous les matins,
05:39je faisais semblant d'y aller.
05:40Carrément ?
05:40Ah oui,
05:41je disais à mon père
05:41et puis en fait,
05:42je regardais,
05:42non pas Santa Barbara
05:43parce que ce n'était pas le bon horaire,
05:44mais les feux de l'amour,
05:46amour, gloire et beauté,
05:47tous les sopes opérates qui passaient.
05:49Et à cette époque,
05:49vous mangez un peu n'importe quoi aussi
05:51à Gathe Lecaron ?
05:52Oui,
05:52ben oui,
05:53écoutez,
05:53ça a bien changé ça,
05:54du saucisson,
05:56des...
05:56enfin oui,
05:57n'importe quoi.
05:58Et les cours magistraux,
05:59vous en fichez complètement ?
05:59Complètement.
06:00On fumait en haut des amphithéâtres,
06:03je me souviens
06:03qu'on pouvait fumer dans les amphithéâtres,
06:04ce qui était quand même assez fou,
06:05et on buvait des cafés.
06:07C'est à peu près tout ce qu'on faisait
06:08de nos journées.
06:09Remarquez,
06:09aujourd'hui,
06:10les cours magistraux,
06:11ils sont enregistrés
06:12et donnés sur une clé,
06:12on n'a même plus besoin d'y aller.
06:14Oui, c'est ça,
06:14c'est un peu triste tout.
06:15C'est autre chose.
06:16Alors finalement,
06:17il y a un diplôme d'anglais
06:18que vous avez obtenu,
06:19celui de Cambridge.
06:20Oui,
06:21alors non,
06:21mais j'ai eu une maîtrise d'anglais quand même
06:23et d'ailleurs,
06:23c'était assez rigolo
06:24parce que pour la petite histoire,
06:25comme vous parlez des sopes opéras,
06:26il fallait écrire un mémoire
06:28et moi,
06:28j'ai écrit mon mémoire
06:29sur la place,
06:30le statut des femmes
06:31aux Etats-Unis
06:32dans le sope opéra.
06:33Donc,
06:34je me suis mangé des kilomètres
06:36et des heures et des heures
06:37de sope opéra.
06:38Donc,
06:38je n'étais pas dépaysée
06:39et puis j'ai eu un diplôme de Cambridge
06:41quand mon père s'est rendu compte
06:42que je n'allais plus à la fac
06:43la première année.
06:44Et donc,
06:44ça,
06:44ça n'a pas beaucoup plu,
06:45je pense.
06:45Non,
06:46non,
06:46non,
06:46ça,
06:46je peux vous dire
06:46que quand il l'a découvert,
06:48j'ai pris cher,
06:49comme on dit.
06:50Alors,
06:50il se trouve à Gareth Le Caron
06:51aussi que ce qui vous passionne,
06:53c'est la civilisation américaine
06:55et les présidents.
06:56C'est-à-dire qu'à l'époque,
06:57oui,
06:57c'était vraiment,
06:59moi,
06:59j'ai fait ces études
07:00un petit peu par hasard
07:01et il y avait ça,
07:02il y avait la linguistique aussi.
07:03En fait,
07:04j'ai découvert que la linguistique,
07:05j'avais un cours de linguistique
07:06passionnant
07:07et j'ai regretté à ce moment-là
07:08de ne pas avoir fait
07:10un peu plus attention à l'école
07:11parce que c'est comme si,
07:12c'est pour ça que les études,
07:13ça sert quand même à quelque chose
07:14même si on n'en fait pas
07:16grand-chose directement
07:17parce que moi,
07:18on aurait pu dire,
07:19voilà,
07:19avec des études anglais,
07:20on va être prof ou traductrice
07:21mais ça a quand même,
07:22ça m'a quand même mis du plomb
07:23dans la tête,
07:24une méthodologie
07:25et puis surtout,
07:26ça m'a donné quand même
07:27une perspective de l'importance
07:28de se cultiver,
07:29d'avoir des connaissances
07:30dans tous les domaines.
07:31Là,
07:31vous avez commencé à réfléchir
07:32à votre avenir.
07:33Absolument,
07:34surtout qu'il y avait une urgence
07:35quand même.
07:35Vous auriez pu être prof finalement ?
07:37J'aurais pu être prof
07:38et d'ailleurs,
07:38je voulais passer mon CAPES
07:41mais finalement,
07:41j'avais quand même l'envie
07:42de faire de la radio
07:43était plus forte.
07:44Alors,
07:45à cette époque,
07:45il y a aussi les festivités habituelles,
07:47vous sortez beaucoup,
07:48vous faites la fête.
07:49Mais vous savez tout,
07:49vous avez installé des caméras
07:50chez moi à l'époque.
07:52Je sais même qu'un soir,
07:53vous avez simulé
07:54un évanouissement
07:55pour vous faire ramener
07:56chez vous par les pompiers.
07:57Qui vous a parlé de ça ?
07:59Quels sont les gens
08:00qui me trahissent ?
08:02Alors écoutez,
08:02oui,
08:03disons que j'avais
08:04un petit peu bus
08:05qui n'est pas bien du tout
08:06et donc je ne pouvais pas
08:07prendre ma voiture
08:08donc j'ai vu qu'il y avait
08:09le bal des pompiers
08:10mais j'avais des talons,
08:11je ne pouvais pas rentrer chez moi
08:12et donc j'ai fait semblant
08:13de m'évanouir
08:13pour que le pompier
08:14me ramène chez moi.
08:15Ben ça a marché.
08:16Remarquez,
08:17Gainsbourg,
08:17à la sortie des discothèques,
08:19il se fait ramener
08:20chez lui par la police.
08:21Oui,
08:22voilà.
08:22Moi,
08:23j'étais super fière
08:24de me faire ramener
08:25par ce pompier,
08:25ça je me souviens.
08:26Et puis je crois
08:27que votre première photo
08:27dans le journal,
08:28c'est dans un journal
08:29du sud-ouest
08:30parce que vous avez manifesté
08:31pour l'ouverture
08:32d'une discothèque.
08:33Ben oui,
08:33parce qu'en fait,
08:34ils avaient fermé
08:35l'exotique Bobo Club
08:36qui était la discothèque
08:37où on allait,
08:38qui était une discothèque
08:39super familiale
08:40sur le bassin d'Arcachon
08:41qui a marqué
08:42toute une génération.
08:43T'as coup,
08:44ils le ferment
08:44pour de sombres histoires.
08:46C'était injuste
08:47et donc on a manifesté.
08:48J'étais en tête de peloton
08:50et on avait pris
08:51des grands draps
08:51comme ça
08:52avec marqué
08:52rouvrez le bobo,
08:53rendez-nous le bobo.
08:55Et ben ça a marché.
08:57On a fini par le faire rouvrir.
08:59Et une photo culte
09:00dans le journal,
09:01votre première photo.
09:02Mon premier article
09:03dans la presse.
09:03Exactement.
09:04Ce que vous avez fait aussi
09:05dans vos jeunes années,
09:06vous avez été à Manicourt
09:08le circuit de course
09:10à la fois comme
09:11assistante femme de ménage
09:12et pour le self-service
09:13le restaurant.
09:14Mais c'est ça en fait
09:15c'était des petits boulots
09:17que je faisais.
09:18Bon, j'ai fait
09:18moult petits boulots
09:20dès que j'ai eu 16 ans.
09:21J'avais une très forte envie
09:22d'indépendance,
09:23très vite d'autonomie.
09:25Et donc oui,
09:25parmi tous les boulots
09:26un peu farfelus
09:28que j'ai faits,
09:29j'étais assistante
09:29femme de ménage
09:30sur le circuit de Manicourt
09:31où j'étais donc
09:32dans le sous-sol
09:33du self-service
09:34avec tous les plateaux
09:35et donc je me vais
09:37un peu houspiller
09:38par la femme de ménage
09:39parce que je n'allais pas
09:40assez vite.
09:41Oui, et puis vous ne rangez pas
09:41les couverts à leur place.
09:43Exactement.
09:43Alors il se trouve
09:44qu'il y a aussi du télémarketing
09:45avec des assurances mortuaires
09:46dans votre parcours.
09:47Oui, ça c'était quand même
09:48alors ça c'est quand même
09:48le pire.
09:49C'est-à-dire qu'on appelle
09:50les gens au moment
09:51où ils sont très bien
09:52avec leur petit café
09:52aux alentours de 9-10 heures
09:54et on leur demande
09:55s'ils ont pensé
09:55à leur convention obsèque.
09:57Ça c'est quand même
09:58un truc qui m'a
10:00beaucoup marquée
10:00parce que les gens
10:02étaient extrêmement vexés
10:03qu'on puisse à un moment
10:04c'est normal
10:05les interrompre
10:06et leur parler
10:07de la peur ultime.
10:09Bon, ça marchait
10:10une fois sur 100
10:11mais on se faisait
10:12beaucoup engueuler.
10:13J'imagine.
10:13Et puis il y a une photo
10:14que je regrette
10:15de ne pas avoir vue
10:15c'est vous avec un petit
10:16chapeau de l'hôtesse de l'air
10:17quand vous vendiez des glaces.
10:19Oui, oui, oui.
10:20Je travaillais pour
10:21une marque de glaces
10:22très connue.
10:22On avait des espèces
10:23de pouches comme ça
10:24et on allait dans
10:25tous les salons
10:25et donc en fait
10:26on se faisait plus draguer.
10:27Il y avait deux trucs.
10:28Soit on se faisait draguer
10:29grassement
10:30c'était une autre époque
10:32soit on demandait
10:33où étaient les toilettes
10:34mais on ne vendait pas
10:35beaucoup de glace.
10:35Oui, remarquez
10:36ce chapeau
10:37c'était un chapeau
10:37d'hôtesse de l'air je crois.
10:39Oui, chapeau d'hôtesse de l'air
10:40blanc avec la marque.
10:41On était tout habillés pareil
10:42donc on se reconnaissait de loin
10:44et on avait notre petit chariot
10:45qu'on appelait des pouches
10:46et qu'on déplaçait
10:48là où il y avait
10:48le plus de passages.
10:50Et ensuite
10:50vous avez joué
10:51la fille de l'air
10:51mais pour d'autres raisons
10:53et professionnelles
10:54et on va les évoquer
10:55à travers la date
10:55du 9 mai 1998.
10:58à tout de suite
10:58sur Sud Radio
10:59avec Agathe Lecaron.
11:01Sud Radio
11:02les clés d'une vie
11:03Jacques Pessis
11:04Sud Radio
11:05les clés d'une vie
11:06mon invité
11:06Agathe Lecaron
11:07pour ce livre
11:08patiente zéro
11:09chez Robert Laffont
11:10qu'on va évoquer tout à l'heure
11:11qui est un livre assez étonnant
11:12à la fois dur
11:13et plein d'humour.
11:14Alors on a évoqué
11:15vos débuts difficiles
11:16et puis
11:17le 9 mai 1998
11:19vous débutez
11:20à la télévision
11:21en Belgique
11:21grâce à cette légende
11:23du petit écran.
11:24Ça commence
11:25au moment
11:26où la guerre
11:27de 39-40
11:28s'alline.
11:29Pierre Belmar
11:29car je crois
11:30que vous devez
11:30votre début de carrière
11:31à Pierre Belmar.
11:32Je lui dois tout
11:32oui.
11:33Alors Pierre Belmar
11:34avait monté
11:35avait décidé
11:35de monter
11:36une chaîne
11:36de téléachat
11:37en Belgique.
11:39Moi je m'étais installée
11:40
11:40pour diverses raisons
11:42un peu pour
11:44me planquer
11:45pour m'émanciper
11:47un peu parce que
11:47j'étais amoureuse
11:48un peu parce que
11:49ça m'attirait
11:50etc.
11:51Et en fait
11:51je travaillais chez
11:52l'énergie
11:52mais en tant que commercial
11:53donc la radio énergie
11:54et puis
11:55Pierre Belmar
11:56vient un jour
11:56pour recruter
11:57des animateurs radio
11:58pour sa chaîne
11:58de téléachat
11:59mais moi
11:59je n'étais pas animatrice
12:00mais je me dis
12:01allez Agathe
12:02il faut absolument
12:02que tu surpasses
12:04ta timidité
12:05demande lui
12:05de participer au casting
12:06donc je lui dis
12:07moi est-ce que
12:07je pourrais participer
12:09et puis il m'a prise
12:10et c'est marrant
12:12il m'a donné des conseils
12:13que je n'oublierai jamais
12:13c'est vraiment
12:14c'est vraiment
12:15quelqu'un d'extrêmement
12:17marquant
12:17et puis pour moi
12:18qui étais une enfant
12:19de la télé
12:20de cette génération-là
12:22c'était une icône
12:24et vous avez
12:24quelques conseils
12:25par exemple ?
12:26oui alors je me souviens
12:27qu'il m'avait dit
12:27pour qu'une émission marche
12:29il faut créer des gimmicks
12:30et je m'en sers encore
12:31encore aujourd'hui
12:33effectivement il a raison
12:34c'est-à-dire qu'il faut
12:35que les téléspectateurs
12:36c'est une façon
12:37de créer une complicité
12:38avec eux
12:39a fortiori
12:39quand on fait de la télé
12:41la journée
12:41et le matin
12:43il y a une espèce
12:44de cocon
12:44et ils ont besoin
12:45d'avoir des repères
12:46et ces gimmicks-là
12:47j'ai toujours ça en tête
12:49et l'humeur
12:50il m'a dit
12:51le secret d'une bonne émission
12:52c'est l'humeur
12:52exactement
12:53mais Belmar a tout inventé
12:54il a inventé
12:55Télématch
12:56la tête et les jambes
12:56en remplaçant un jeu
12:58qui avait duré une semaine
12:59il a ensuite inventé
13:00Vous êtes formidables
13:01qui est la première émission
13:02de Solidarité
13:03il a inventé
13:04la caméra invisible
13:04qu'il a rapporté
13:05incroyable
13:06mais oui incroyable
13:07il a inventé le prompteur
13:08ce qu'on a oublié
13:08c'est vrai c'est lui le prompteur
13:11et puis le téléachat
13:13il a inventé le prompteur
13:14donc une génération
13:15d'animateurs
13:15qui ne travaillent plus
13:17ça c'est pas mal
13:18grâce à lui
13:19on n'en fout pas une
13:20au départ il l'a fait
13:21pour le journal télévisé
13:23bien sûr
13:23mais c'est une aide
13:24quand il est bien utilisé
13:26c'est un outil fabuleux
13:27pour les animateurs
13:27alors la télévision
13:28vous en rêviez
13:29et je sais que
13:30quand vous étiez enfant
13:30avec votre micro
13:31Agathe Le Caron
13:32vous jouiez à Jean-Pierre Foucault
13:34ah oui alors
13:34j'étais à la fois
13:35Jean-Pierre Foucault
13:36et Vanessa Paradis
13:37l'interviewvée
13:38et l'interviewver
13:39mais oui c'est vrai
13:40qu'il n'y avait pas
13:42tellement de modèles
13:43femmes à l'époque
13:43donc mes modèles
13:45c'était Jean-Pierre Foucault
13:46ou Michel Drucker
13:47et donc
13:48je mettais ma lampe
13:49à l'ogène
13:49sur le visage
13:50et tout à coup
13:51je mettais
13:52avec mon magnétophone
13:53la musique de Sacré Soirée
13:54que j'avais enregistrée
13:54de la télé
13:55du générique de la télé
13:56et donc
13:57je m'habillais
13:59vraiment
13:59je me maquillais
14:01enfin il y avait
14:01tout un cérémonial
14:02et c'était quand mes parents
14:04sortaient le soir
14:05que je pouvais faire ça
14:06sans être regardée
14:07mais j'adorais
14:08alors en plus
14:08moi je me souviens
14:09avoir interviewé
14:10Vanessa Paradis
14:11dans les coulisses
14:12du premier Sacré Soirée
14:13quand elle avait 15 ans
14:14et Jean-Pierre Foucault
14:15on ne le sait pas
14:15il a commencé par un concours
14:17d'animateur
14:18sur Radio Monte Carlo
14:19en 1966
14:19il a été engagé
14:20pour la nuit
14:21pour l'été
14:21au bout de trois mois
14:22on l'a viré
14:23en disant
14:23vous ne ferez jamais rien
14:24dans ce métier
14:24alors oui
14:24encore un visionnaire
14:26exactement
14:27alors il se trouve
14:28que la Belgique
14:29vraiment c'est votre pays
14:32votre second pays
14:33et vous découvrez
14:33un pays
14:34où la vie est heureuse
14:35oui c'est à dire
14:36qu'en fait
14:36à l'époque
14:37en tout cas
14:37c'était un peu
14:38une terre de liberté
14:40il y avait une bonhomie
14:43les Belges sont très sympathiques
14:45quand même
14:45il faut le dire
14:45c'est une culture très sympathique
14:48donc tout était moins rude
14:50on se logeait très difficilement
14:52quand on était étudiant
14:53ça n'a pas changé
14:54d'ailleurs c'est encore pire
14:55j'avais du mal
14:56à trouver de quoi me loger
15:00financièrement
15:01je trouvais que c'est très difficile
15:02de se créer des cercles d'amis
15:03à la fac
15:04c'était très déshumanisé
15:05j'avais beaucoup de mal
15:07à me faire des amis
15:08et tout à coup
15:09en Belgique
15:10comme c'est une espèce
15:10de plaque tournante
15:11aussi de l'Europe
15:12il y avait des Italiens
15:13des Slovènes
15:14des gens de tous horizons
15:16et avec qui
15:17j'ai pu construire un cercle
15:18moi je me souviens
15:19de la guerre du Midi
15:20mais ça n'existe plus aujourd'hui
15:21il y avait les chocolats
15:22dans l'usine
15:23juste à côté
15:24et quand on sortait
15:25on avait l'odeur du chocolat
15:26ah ça c'est formidable
15:27ça j'ai pas connu ça
15:28mais ça devait être génial
15:29alors la télé
15:29ça a commencé donc
15:30avec le télé-achat
15:31et puis ensuite
15:32d'autres vous ont recruté
15:33je crois que
15:34AB3
15:35qui était créé par
15:36Cleverda
15:38vous a recruté
15:39Cleverda m'a recruté
15:40oui alors c'est pareil
15:41ils avaient monté
15:41une chaîne AB en Belgique
15:43une espèce de chaîne
15:44laboratoire aussi
15:46et donc c'était
15:46ma première télé généraliste
15:48parce qu'avant ça
15:48c'était du télé-achat
15:49quand même
15:50donc bon
15:50c'était un peu
15:51j'y ai fait mes armes
15:52et c'était en direct
15:53donc j'ai beaucoup appris
15:54avec Pierre Belmar
15:55etc
15:56mais bon là tout à coup
15:57j'étais un peu
15:58dans la cour des grands
15:59en Belgique
16:00oui mais avec un article
16:01dans Ciné Télé Revue
16:02qui vous a marqué
16:03vous l'avez eu entre vos mains
16:04parce qu'il est fantastique
16:05il s'appelait
16:06Misère totale
16:07Jacques
16:08et ça se terminait
16:09donc on critiquait l'émission
16:11mais avec une violence absolue
16:12et ça se terminait
16:13par
16:14et ne parlons pas
16:15de cette animatrice
16:16qui manque cruellement
16:18décidément
16:18de bas goût
16:19et de second degré
16:21si mes souvenirs sont bons
16:22encore un visionnaire quoi
16:23c'est à dire que c'est pas
16:24on peut me reprocher
16:25beaucoup de choses bien sûr
16:26mais le second degré
16:27ça non
16:27quand même
16:28l'émission s'appelait
16:29Permis de séduire je crois
16:30oui il faut dire
16:31que c'est pas brillant
16:32vraiment je suis très honnête
16:34on peut pas dire
16:35qu'on avait inventé
16:36l'émission la plus intellectuelle
16:37de Belgique
16:37mais bon
16:38en revanche vous avez ensuite
16:40repris un genre
16:41qui est aujourd'hui
16:41très en vogue à la télévision
16:42la cuisine
16:43avec 1000 secondes
16:44ah ça c'était génial
16:45alors ça c'était sur RTL TVI
16:47RTL TVI c'est un peu
16:48le TF1 de la Belgique
16:50donc c'est la grande chaîne privée
16:52et effectivement
16:53je travaillais avec un grand chef
16:54qui s'appelle Yves Matagne
16:55et on avait 1000 secondes
16:57pour faire une entrée
16:57un plat et un dessert
16:58qu'on servait à un invité après
17:00et c'était
17:01donc il y avait un peu d'enjeux
17:02il y avait des recettes super
17:03et puis il y avait une interview
17:04donc c'était quand même
17:05une émission très complète
17:06et super
17:06et puis vous goûtiez
17:06les plats en même temps ?
17:07mais bien sûr
17:08je faisais que ça d'ailleurs
17:09j'étais son commis maladroit
17:10et je ne faisais pas exprès
17:12je faisais n'importe quoi
17:13mais ça marchait
17:14mais ça marchait
17:14mais moi je me souviens
17:15de Ré Magie de la Cuisine
17:16qui était une émission en direct
17:18le lundi soir
17:18dans les années 60
17:19à la télévision
17:20Raymond Oliver partait
17:22et toute l'équipe
17:22se jetait pour tout manger
17:24ah oui moi j'ai présenté aussi
17:25d'autres émissions culinaires
17:26et on était là
17:27on grattait les plats
17:28tous autant qu'on était
17:29alors la cuisine belge
17:30bien sûr
17:31était de rigueur
17:32bien sûr
17:33ah oui oui
17:33il y avait des plats
17:35les boulets sauce lapin
17:37tous les plats
17:39typiques de la Belgique
17:40on mange très très bien
17:41en Belgique d'ailleurs
17:42oui
17:42alors vous savez que les Etats-Unis
17:43connaissent la Belgique
17:44la cuisine belge
17:45pour une seule raison
17:46la gaufre de Bruxelles
17:47bien sûr
17:48en fait
17:49la gaufre de Liège
17:50oui mais ils l'appellent
17:51la gaufre de Bruxelles
17:52ah oui c'est vrai
17:52alors qu'elle est de Liège
17:53effectivement
17:53parce que Maurice et Rose
17:55Vermeersch
17:55un couple de Bruxellois
17:56ont tenu un stand de gaufre
17:58avec la crème fraîche
17:59et des fraises
18:01pendant une manifestation américaine
18:03ils en vendaient 2500 par jour
18:05ah oui
18:05ah quand même
18:06c'est un record
18:07voilà et c'est comme ça
18:08ils ont acheté une île
18:09aux Bahamas alors
18:09je ne suis pas sûr
18:112500 par jour
18:12c'est pas mal
18:12c'est pas mal
18:13en même temps
18:14c'est en Amérique
18:15c'est autre chose
18:15alors il se trouve ensuite
18:16que vous allez devenir
18:18justement en France
18:19j'ai reçu Stéphane Rottenberg
18:21voici quelques jours
18:22qui m'a dit
18:22que vous aviez été aussi
18:23une pionnière de Top Chef
18:24oui alors
18:26c'était la deuxième année
18:27la saison 2
18:28avec Stéphane
18:29qui est une personne
18:30absolument merveilleuse
18:32j'imagine que vous l'avez constaté
18:34extraordinaire
18:34et donc
18:35c'est l'inverse de moi
18:37c'est à dire qu'il est calme
18:39il est
18:39non je ne dis pas
18:40que je ne suis pas merveilleuse
18:41quand même
18:41j'en suis pas là
18:41à 52 ans
18:42ça y est
18:43j'ai réparé tout ça
18:44mais en tout cas
18:45lui il est calme
18:46il est posé
18:47donc il me regardait
18:48moi qui suis surexcitée
18:49et parfois un peu trop enthousiaste
18:51et donc
18:52on était
18:53je trouve un duo
18:54de télé
18:55totalement complémentaire
18:56et je l'aime
18:57vraiment beaucoup
18:58mais en fait
18:58vous avez appris
18:59tout votre métier en Belgique
19:00parce que vous avez aussi
19:01présenté des émissions People
19:02des rendez-vous culturels
19:04des jeux
19:04tout
19:04tout
19:05mais pour moi
19:06ça a été un laboratoire
19:07c'est comme si j'avais fait
19:09l'université de la télé
19:10parce que déjà
19:10rien que le téléachat
19:12avec Pierre Belmar
19:13on réalisait nous-mêmes
19:14nos émissions
19:15c'est-à-dire qu'on avait
19:16des boutons
19:17sur le bureau
19:18sur lequel on présentait
19:19les produits
19:20et donc c'est nous
19:20qui bougeons les caméras
19:22donc c'était complètement fou
19:23on avait juste un réalisateur
19:24qui faisait le point
19:25pour que ce soit pas flou
19:26mais on faisait tout
19:27donc après bon
19:27on devait meubler
19:29des heures et des heures
19:29et puis après effectivement
19:31j'ai touché à tous les domaines
19:32comme vous dites
19:32et ce qui m'a permis
19:33de savoir en tout cas
19:34ce pourquoi j'étais moins faite
19:36voilà
19:36mais en même temps
19:37en France
19:38vous n'auriez pas eu ce privilège
19:39jamais
19:39en France si jamais
19:40on réussit pas quelque part
19:42on vous revoit pas
19:43de sitôt
19:44alors qu'en Belgique
19:45non seulement on vous soutient
19:46mais moi je me souviens
19:47avoir fait des émissions
19:48à la RTBF
19:49comme invité
19:49où ils savent tout
19:50tout est préparé à l'avance
19:52oui c'est ça
19:53oui oui c'est vrai
19:55c'est une façon différente
19:57de travailler
19:58c'est à la fois moins
20:00ils brassent moins devant
20:02ils ont moins peur de tout
20:03mais en même temps
20:04ça reste quand même
20:05extrêmement professionnel
20:06et puis vous avez fait du théâtre
20:08je sais
20:08en jouant la bonne planque
20:09qu'il y a une particularité
20:11cette pièce a été tournée
20:12en Belgique
20:13il y a eu un soir
20:14une grève à la télévision belge
20:17ils ont diffusé
20:18et ça a été un triomphe
20:18en direct
20:19et donc nous
20:20on a joué
20:21cette pièce de Bourville
20:23et on l'a jouée
20:24en direct
20:24sur la RTBF
20:27parce que c'était
20:28un peu la boucle
20:29qui se bouclait
20:29on a fait une grande tournée
20:31pendant 6 mois
20:32c'était une aventure
20:33extraordinaire
20:34mais comment
20:34vous n'êtes pas comédienne
20:35au départ ?
20:36non mais bon
20:38ce qui est sympa en Belgique
20:39c'est qu'on n'a pas d'étiquette
20:40moins en tout cas
20:41et donc tout était possible
20:43c'est aussi pour ça
20:44que j'ai adoré
20:45Vivir la base
20:45parce que c'était tout à coup
20:46une espèce de chant
20:50oui une aire de jeu
20:51exceptionnelle
20:52je pouvais faire des voix
20:53je pouvais faire du théâtre
20:56je faisais des voix de pub aussi
20:57je faisais du doublage
20:58de la radio
20:59de la télé
21:00donc je pouvais vraiment
21:01toucher à tout
21:02sans qu'on me mette
21:02dans une case
21:03et sans prendre
21:04de cours de comédie
21:05on peut jouer
21:05la bonne planque
21:06je ne sais pas
21:07mais en tout cas
21:08je ne sais pas si j'étais
21:09la meilleure de la troupe
21:11mais en tout cas
21:12oui ça a été possible
21:13et moi je me suis régalée
21:14et c'est en apprenant
21:16justement cette histoire
21:17de pièces en direct
21:18que Pierre Sabag
21:20a eu l'idée
21:21d'au théâtre ce soir
21:22et voilà
21:22c'est ça
21:23comme quoi
21:23c'est fou
21:24donc je me suis inscrite
21:25dans cette histoire là
21:26mais après
21:27alors une autre histoire
21:28dans laquelle vous êtes inscrite
21:29on va l'évoquer
21:30à travers le 5 septembre 2016
21:32à tout de suite
21:33sur Sud Radio
21:33avec Agathe Lecaron
21:35Sud Radio
21:36les clés d'une vie
21:37Jacques Pessis
21:38Sud Radio
21:39les clés d'une vie
21:39mon invitée
21:40Agathe Lecaron
21:41tout à l'heure
21:42nous parlerons
21:42de Patients de zéro
21:44ce livre
21:44chez Robert Laffont
21:45et on en revient
21:46à votre parcours
21:47alors il y a une date
21:47évidente
21:48que vous n'avez pas oublié
21:49le 5 septembre 2016
21:54La maison des maternelles
21:56je pourrais verser
21:57ma petite larme
21:57Jacques
21:58parce que là
21:59c'est vrai que
21:59c'est frais
22:01quel grand moment
22:02c'était
22:03c'est vrai que
22:04beaucoup d'animatrices
22:06et maternelles
22:06ont démarré
22:07leur carrière
22:07par les maternelles
22:08Bérabin
22:10Bérabin
22:11Karine Le Marchand
22:12Elisabeth Chungui
22:14Daphné Burki
22:15et Julia Vignali
22:15et Julia Vignali
22:16et Sidonie Bonnec
22:17aussi
22:17et en fait
22:19bon
22:20ça a un peu lancé
22:20leur carrière
22:21moi pour moi
22:21c'était plutôt l'inverse
22:22c'était un aboutissement
22:23de tout ce que j'avais fait avant
22:25je rêvais
22:26depuis Maïténa
22:26en fait
22:27je me disais
22:28mais quelle émission
22:28on est libre
22:29je trouvais que c'était
22:30une émission
22:34profondément humaine
22:35et puis alors
22:36quand j'ai eu des enfants
22:36c'était en plus
22:37la matière
22:38ma matière de prédilection
22:39puisque donc
22:40quand on vient d'avoir un bébé
22:41on n'a envie de parler
22:42qu'une seule
22:42d'une seule chose
22:43c'est de bébé
22:44donc c'était pas mal pour moi
22:45et un jour
22:46je crois qu'on vous reçoit
22:47dans un bureau
22:47on vous propose l'émission
22:49on m'a proposé l'émission
22:50c'est Nathalie Darigran
22:51qui joue à beaucoup
22:53qui m'a choisie
22:56et je suis allée
22:57dans son bureau
22:57enceinte jusqu'au dent
22:59parce que j'étais enceinte
22:59de 8 mois et demi
23:01quand elle me l'a proposé
23:02et elle m'a dit
23:03elle m'a dit
23:03bon
23:04je savais que les maternelles
23:05devaient changer d'animatrice
23:07pour des raisons
23:07de changement
23:09de production
23:09etc
23:10et donc
23:11vraiment la place
23:12était vacante
23:13et elle m'a dit
23:13bon je crois que
23:14vu ton état
23:15tu as quelques atouts
23:17que d'autres n'ont pas
23:18je me souviens
23:19et résultat
23:20l'émission a évolué
23:21car le thème
23:22c'était les très jeunes enfants
23:23et la grossesse
23:24les très jeunes enfants
23:25et la grossesse
23:25et puis après
23:26c'est vrai
23:26comme on a basculé
23:27sur France 2
23:29on s'est dit
23:30il va falloir qu'on élargisse
23:31un petit peu
23:31et puis c'est vrai
23:31qu'il n'y avait pas vraiment
23:32d'endroit
23:33où on parlait des ados
23:34or
23:35c'est vrai qu'on dit
23:36petits enfants
23:37petits problèmes
23:38grands enfants
23:38grands problèmes
23:39plus ils grandissent
23:40plus ça commence
23:40à devenir costaud
23:41et donc on a élargi
23:43et puis il y a eu
23:44évidemment
23:44les problèmes avec les écrans
23:45les réseaux sociaux
23:46les parents avaient
23:48vraiment profondément
23:48besoin d'être accompagnés
23:50donc on les a accompagnés
23:51aussi sur ces sujets là
23:52mais en plus
23:52c'est une mission
23:53très difficile à faire
23:54parce qu'il faut être sérieux
23:55précis
23:56la moindre erreur
23:57peut être fatale
23:57oui c'est à dire qu'en fait
23:59je me suis rendu compte
24:00qu'il y avait énormément
24:00d'abord il y a des
24:01c'est très difficile
24:02d'avoir des rendez-vous
24:03avec des médecins
24:03surtout dans certaines
24:05zones en France
24:06quand il y a des médecins
24:07quand il y a des médecins
24:08donc il y a beaucoup
24:09de familles isolées
24:10de maman
24:11ou de papa solo
24:13qui n'ont pas
24:13de mode d'emploi
24:14qui ne savent pas reconnaître
24:15un symptôme grave
24:17d'un symptôme bénin
24:18et donc nous
24:18on avait cette mission
24:19de service public
24:20d'informer justement
24:22pour qu'il y ait
24:23au moins une source
24:25un cadre en fait
24:26pour ces personnes là
24:27et au départ
24:28vous pensez
24:29Agathe Le Caron
24:29que l'émission
24:30va durer deux ans
24:31ça a duré huit ans
24:32ça a duré
24:33oui ça a duré
24:34neuf ans avec moi
24:36parfois je dis
24:36huit
24:37mais en fait
24:37c'est neuf
24:39oui quasiment une décennie
24:40donc c'est une vie
24:42c'est pour ça aussi
24:43que c'est très émouvant
24:44pour moi
24:44de parler de cette émission
24:46parce que j'ai grandi
24:46avec cette émission
24:47mes enfants aussi
24:49les enfants de mes chroniqueurs
24:51avec moi
24:52mes chroniqueurs avec moi
24:53on a tous mûri
24:54on s'est tous construits ensemble
24:55et puis il y avait un côté
24:57philosophique dans cette émission
24:58oui c'est à dire qu'en fait
24:59c'est une émission
25:00où il y a tout
25:01il y a beaucoup d'émotions
25:02c'est une émission aussi
25:03qui peut être politique
25:05en fait c'est vraiment
25:06une émission de société
25:08avec le prisme de la famille
25:10de la parentalité
25:11mais donc dans une société
25:12il y a
25:13d'abord il y a des gens
25:15donc il y a des humains
25:15et puis il y a aussi
25:16il y a de la politique
25:17il y a des lois
25:17donc on en parle
25:19il y a de l'émotion
25:20il y a des doutes
25:21il y a des peurs
25:22il y a de la philosophie
25:23il y a de la psychologie
25:24donc tout ça
25:25c'était dans les maternelles
25:26et puis je crois
25:27que le slogan de Sud Radio
25:28c'est parlons vrai
25:29et il correspond parfaitement
25:30à votre émission
25:31oui parce qu'il n'y a pas de chéchi
25:33en fait on parle
25:34dans cette émission
25:35comme on parle à ses amis
25:36moi j'ai toujours appelé
25:38un chat un chat
25:38j'ai jamais supporté
25:41par exemple
25:42il y a des sujets
25:43forcément qui sont
25:43un petit peu plus compliqués
25:44avec la puberté
25:45où on parlait
25:47tout simplement
25:47des évolutions
25:48ou de l'éducation sexuelle
25:50chez les enfants
25:51et moi je mettais
25:52un point d'honneur
25:52à ce qu'on appelle
25:53un chat un chat
25:54comme on le ferait
25:55vous et moi
25:56si vous me demandiez conseils
25:57pour votre ado
25:58je n'essaierais pas
26:00de faire des chichis
26:00donc je faisais exactement
26:02la même chose à la télé
26:02alors en plus
26:03c'est des souvenirs de maternelle
26:05vous en gardez quelques-uns
26:06de la maternelle ?
26:08pas beaucoup
26:08c'est marrant
26:09parce que moi
26:10j'ai un peu un blackout
26:12de ces années-là
26:13surtout des années
26:14au collège
26:15d'ailleurs
26:15c'est bizarre
26:16je ne me souviens pas
26:17de grand chose
26:18je me suis toujours dit
26:19est-ce que j'ai eu un traumatisme
26:20qui a tout effacé
26:22je crois que c'était
26:22des périodes quand même
26:23qui n'étaient pas forcément
26:24les plus heureuses
26:25chez moi
26:25en même temps
26:26en dehors de la télévision
26:27vous avez commencé à écrire
26:28et je crois que le premier livre
26:29que vous avez écrit
26:31c'était avec votre père
26:31pour les enfants
26:32alors j'ai écrit un roman
26:34il y a très longtemps
26:34parce que j'ai fait un chagrin
26:35j'ai eu un gros chagrin d'amour
26:36et donc j'en ai écrit un roman
26:38qui est sorti en Belgique
26:40mais vous avez raison
26:41en France
26:42mon premier livre
26:42il est avec mon père
26:43c'était un livre pour enfants
26:45petit homme au pays des grands-petits
26:46petit homme au pays des grands-petits
26:48et c'était
26:50alors moi
26:51c'était vraiment pour
26:53partager quelque chose
26:54avec mon père
26:54voilà
26:54c'est aussi pour réparer quelque chose
26:57pour
26:58aussi parce que
26:59quand on
27:00vieillit
27:01on a plus conscience
27:03du fait que
27:03les gens qu'on aime
27:04ne sont pas éternels
27:05et que je voulais absolument
27:07puisque j'en avais le pouvoir
27:08ça c'est quand même exceptionnel
27:09je voulais faire quelque chose
27:10qui reste avec mon père
27:11oui et puis vous avez montré
27:12que vous saviez écrire
27:13parce qu'il a écrit une version
27:14et vous l'avez entièrement reprise
27:16et modernisé
27:17c'est à dire que oui
27:18parce que lui il disait beaucoup
27:19chandail
27:20anorak
27:21soulier
27:22et donc je lui disais
27:23je ne suis pas sûre que les enfants
27:24vont comprendre
27:26soulier
27:26on va mettre chaussures
27:27je ne sais pas si c'est ça
27:28qui montrait que je savais écrire
27:30mais bon oui effectivement
27:30j'ai un peu modernisé
27:31oui mais en même temps
27:33votre père vous a donné
27:34le goût de l'écriture
27:35oui de toute façon
27:36mon père
27:36il me racontait des histoires
27:37quand j'étais petite
27:38donc il a beaucoup développé
27:40mon imaginaire
27:41il m'a beaucoup ouverte
27:42à la
27:44oui à l'art aussi
27:45ma mère aussi
27:46parce que
27:46j'ai eu la chance
27:47d'avoir des parents
27:49quand même très cultivés
27:50où il y avait
27:51une grande bibliothèque
27:52mon grand-père était peintre
27:54mon grand-père paternel
27:54donc on avait beaucoup
27:55de tableaux
27:56ma mère était passionnée
27:57de peinture
27:58donc oui j'ai un peu baigné
28:00dans tout ça
28:01et donc l'écriture
28:02oui ça va avec
28:02c'est évident
28:03alors il se trouve aussi
28:04que vous avez été
28:05couteau suisse en Belgique
28:06à la télévision
28:06et ça a recommencé en France
28:08parce qu'avant les maternelles
28:09il y avait eu plusieurs choses
28:10d'abord il y a eu sur TMC
28:12la reprise de
28:13Incroyable mais Vrai
28:14qui était une émission
28:15de Martin
28:15bah oui j'ai aussi travaillé
28:17sur la femme aux cheveux
28:19de 9 mètres
28:20ah ça vous en bouche un coin
28:22ça m'a marqué
28:22parce que j'ai dit
28:23et tout de suite
28:24nous retrouvons
28:24la femme aux cheveux
28:26de 9 mètres
28:27donc c'était un peu
28:27le livre des records
28:29dans une émission
28:30ouais c'était marrant
28:31c'était léger quoi
28:32et puis surtout
28:32j'étais super contente
28:33parce que je rentrais en France
28:35et je faisais de la télé
28:36quand même pour TMC
28:37TF1
28:38oui en plus incroyable
28:39mais vrai
28:39c'était surréaliste
28:40mais il y a une émission
28:41qu'on a un peu oubliée
28:42qui s'appelait
28:42Les coulisses de l'exploit
28:43de Raymond Marciac
28:44dans les années 60
28:45qui passait le mercredi
28:46à 22h30
28:47une fois par mois
28:48et là aussi
28:49il y avait des exploits
28:49et la première fois
28:51que Michel Drucker
28:51a fait un commentaire
28:52à la télévision
28:53c'était sur le funambule
28:54Henri's
28:55qui traversait une vallée
28:56sur un cap d'acier
28:57ça a dû le marquer
28:58ça a marqué
28:59et c'est vrai que cette émission
29:00c'était incroyable
29:02mais vrai
29:02avec des images
29:03avant l'heure
29:05alors il y a aussi
29:05les bêtisiers
29:06ah oui
29:07j'en ai fait pas mal
29:08c'est en Belgique aussi
29:09mais c'est
29:10oui ça s'est fait sur M6
29:11les bêtisiers
29:12c'était rigolo
29:13c'était avec Alex Goud
29:14mais j'étais très très fière
29:15parce que c'est des émissions
29:16de divertissement
29:17il y avait des maquilleuses
29:19des habilleuses
29:20tout à coup
29:21je rentrais un peu
29:21dans la cour des grands
29:22en Belgique
29:23c'était un peu le système D
29:24on avait moins de budget
29:25et là tout à coup
29:26la télé en France
29:27c'était
29:28je me sentais quand même
29:29très star
29:29je peux vous dire
29:30une vedette
29:30mais en même temps
29:31vous avez été une pionnière
29:32des bêtisiers
29:33parce qu'il n'y en avait pas beaucoup
29:34à l'époque
29:34il n'y en avait pas beaucoup
29:35c'est vrai que c'était le début
29:37après ça a tellement marché
29:38qu'il y en a peut-être eu
29:38un peu trop
29:39je ne sais pas ce que vous en pensez
29:40il y a même des faux bêtisiers
29:43avec des images tournées
29:44notamment dans les dessins animés
29:45qui sont totalement bidons
29:46oui voilà c'est ça
29:47ou alors il y a des
29:49bientôt il y aura de l'IA
29:50à mon avis
29:51de l'intelligence artificielle
29:52oui ça ne va pas tarder
29:53mais en même temps
29:53on ne présente pas un bêtisier
29:54comme on présente les maternelles
29:56non mais ça n'a rien à voir
29:57je dirais même
29:58que ce n'est pas le même métier
29:59et pendant très longtemps
30:00j'ai cru d'ailleurs
30:01que j'étais faite
30:02pour le divertissement
30:02parce que tout le monde disait
30:03ah Agathe elle est marrante
30:05donc je me dis
30:05si je suis marrante
30:06il faut que je divertisse
30:07et en fait pas tant
30:08je pense que ce qui est
30:09plus intéressant chez moi
30:10c'est plutôt la partie
30:12plus profonde
30:12parce qu'on a tous
30:13une partie de légèreté
30:15qu'il faut cultiver
30:16et c'est merveilleux
30:17mais moi il y a aussi
30:19un peu de noirceur
30:20il y a de l'anxiété
30:21on en parlera avec le livre
30:23je sais
30:24mais bon donc voilà
30:25je trouvais que c'était bien
30:26aussi de partager ça
30:27avec les téléspectateurs
30:27mais dans la joie
30:28attention
30:28et le terme bêtisier
30:30a été inventé
30:31par un producteur américain
30:32Kermit Schaeffer
30:33il appelait ça blooper
30:37et il a créé
30:37le premier bêtisier
30:38dans les années 50
30:40aux Etats-Unis
30:41disons c'est dans les années 50
30:42c'est vieux
30:43alors il se trouve
30:44il y a eu aussi
30:45et il y a toujours
30:46bel et bien sur France
30:47ça c'est une autre aventure
30:48tout à fait différente
30:49et complémentaire
30:50tout à fait différente
30:51et complémentaire
30:52alors bel et bien
30:52oui c'est une émission
30:54que j'adore
30:56parce que c'est une émission
30:56de gai savoir
30:58on a parlé de culture
30:59il y a de la culture
31:00c'est aussi une émission
31:01qui parle de santé
31:02et c'était le cas
31:03dans les maternelles aussi
31:03parce qu'on parle de la santé
31:04des femmes et des bébés
31:06et des enfants
31:06et des ados
31:07et donc là on parle
31:09de la santé des femmes
31:09de la santé des hommes aussi
31:13et la culture
31:14est aussi un vecteur
31:15de bien-être
31:16donc comme c'est une émission
31:17de bien-être
31:18il y a de la culture dedans
31:19et on fait beaucoup
31:19de prévention aussi
31:21enfin c'est très varié
31:22oui et en même temps
31:23le bien-être
31:24c'est un phénomène nouveau
31:24et là aussi
31:25à chaque fois
31:26vous arrivez à vous inscrire
31:27dans l'air du temps
31:28oui c'est à dire
31:29qu'en fait c'était une demande
31:30des téléspectateurs
31:31quand même
31:31je sais que France Télévisions
31:33est très à l'écoute
31:35de ces téléspectateurs
31:36donc ils font souvent
31:36des études
31:37pour savoir
31:37quels sont les thèmes
31:38dont on parle pas assez
31:40à la télévision
31:42s'il y a des manques
31:43et donc le bien-être
31:44quand on a démarré
31:45bel et bien
31:46était beaucoup ressorti
31:47c'est normal
31:48parce qu'on est dans
31:48une société qui va pas bien
31:49et donc voilà
31:51on met notre petite pierre
31:52pour essayer
31:53d'aller mieux
31:54tous ensemble
31:55et le pionnier du genre
31:56c'est Louis Zombobey
31:57qui a été champion cycliste
31:58qui un jour
31:59se fait soigner
32:00après une chute
32:01par l'eau
32:02et c'est comme ça
32:03qu'il a pensé
32:04à créer les premiers
32:04instituts de thalasso
32:05à Port-Cresti
32:07et à Quiberon
32:07et voilà
32:08et bien nous
32:08on a fait une émission
32:10justement
32:11sur les thalassothérapies
32:14les bienfaits de l'eau
32:16et du thermalisme
32:18sur la santé
32:19parce qu'on a tendance
32:20à oublier
32:21que finalement
32:21faire 15 jours
32:23de cure
32:24c'est parfois mieux
32:25qu'un bon traitement
32:26et en même temps
32:27présenter une émission
32:28de bien-être
32:29on se sent mieux
32:29dans sa peau
32:30oui
32:30bah écoutez
32:31en tout cas
32:32moi je m'abreuve
32:33de tous les conseils
32:34des grands spécialistes
32:35que je reçois
32:35sur mon plateau
32:36donc je respire
32:37je marche dans la forêt
32:38je fais tout ce qu'on
32:39me conseille de faire
32:40et puis il y a une chose
32:41qu'on a un peu oublié
32:42c'est que vous avez chanté
32:43oh là là
32:49j'espère que vous l'avez téléchargé
32:51on l'est prouvé
32:52ouvre ton coeur
32:53quant à
32:54c'est au temps de la RTBF
32:55un jour vous êtes convoqué
32:56par la direction
32:57vous pensez que vous allez être viré
32:59et on vous propose
33:00le tube de l'été
33:00oui c'est à dire que je me dis
33:01soit je suis viré
33:02soit il me propose
33:03l'émission de l'année
33:03parce que c'est quand même
33:04directement chez le président
33:05que je suis convoqué
33:06au huitième étage
33:07et puis en fait
33:07il s'était rendu compte
33:08que l'équivalent
33:10de la chaîne
33:10en Flandre
33:11avait un groupe
33:12d'animatrices
33:13ça marchait super bien
33:14donc ils se sont dit
33:15on va le faire en Wallonie
33:16est-ce que c'était
33:17une bonne idée Jacques ?
33:18et bien je ne pense pas
33:18en même temps ça a marché
33:19ça a marché
33:2015 000 exemplaires
33:21je ne suis pas peu fière
33:21c'est très bien
33:22je ne suis pas sûre
33:23que ce soit grâce à moi
33:24pourquoi pas
33:25et à ma voix éraillée
33:26mais bon
33:26ça passe
33:27ça passe
33:27alors il y a aussi une chose
33:29parce que quand je dis
33:29que vous êtes dans l'air du temps
33:30c'est que vous avez créé
33:31votre podcast
33:32oui
33:33alors oui
33:34j'ai créé mon podcast
33:35qui s'appelle Ex
33:35ce sont des histoires
33:36d'amour extraordinaires
33:38et puis là plus récemment
33:40un podcast de santé
33:41parce que ce sont quand même
33:42mes sujets de prédilection
33:45où on entend le témoignage
33:46de gens qui ont été guéris
33:48de maladies à très mauvais pronostics
33:50grâce à une prouesse de la science
33:52grâce parfois
33:52à des miracles de la science aussi
33:54et puis après
33:55on a un éclairage
33:56avec des médecins
33:56et c'est un podcast passionnant
33:58dans lequel je me régale
33:59et pourquoi justement
34:00avoir eu envie
34:01et l'idée d'aller vers le podcast ?
34:03alors moi qui suis une folle de radio
34:05depuis que je suis toute petite
34:07mes plus vieux souvenirs
34:09j'ai un manétophone dans la main
34:10et je m'enregistre
34:11et je fais des fausses interviews
34:12et manétophone
34:13pour les jeunes
34:14qui nous écoutent
34:15c'est donc un enregistreur
34:16ce que vous avez maintenant
34:17sur vos smartphones
34:19et donc
34:21aujourd'hui
34:22en fait ça me fait penser
34:23le podcast aux radios libres
34:24quand ça a été créé
34:25dans les années 80
34:26où Jean-Paul Bodecrou
34:28a enregistré dans sa salle de bain
34:29et donc là
34:30on a une liberté
34:32de ton
34:33c'est le média de l'intime
34:35c'est du temps long
34:37voilà
34:37donc pour moi
34:38c'est le nouveau média
34:40révolutionnaire
34:41de notre génération
34:42et je vous précise
34:43que les clés d'une vie
34:44qu'on va continuer à faire
34:46tout à l'heure
34:46et bien c'est ce recédant podcast
34:48aussi sur la chaîne
34:49Sud Radio YouTube
34:50mais oui
34:50bien sûr
34:51et vous avez bien raison
34:52il marche bien en plus
34:53ça marche pas mal
34:54et puis ce qui marche bien aussi
34:55c'est votre livre
34:55qu'on va évoquer
34:56à travers la date du 5 février
34:582026
34:59à tout de suite
35:00sur Sud Radio
35:00avec Agathe Le Caron
35:02Sud Radio
35:03les clés d'une vie
35:04Jacques Pessis
35:05Sud Radio
35:06les clés d'une vie
35:06celle de mon invité
35:07Agathe Le Caron
35:09on a évoqué
35:09tout votre parcours
35:10avant la télévision
35:12et pendant la télévision
35:13et puis
35:14il y a l'écrivain
35:15avec ce livre
35:16patiente zéro
35:18sorti le 5 février dernier
35:19qui est un livre étonnant
35:20parce que c'est un livre
35:21confession
35:22même
35:23vous parlez de la maladie
35:24mais une maladie
35:25qui apparemment
35:26n'existe pas
35:27ce qui est particulier
35:28oui c'est le fameux
35:29malade imaginaire
35:30c'est vrai qu'on s'invente
35:32quand on est hypochondriaque
35:33puisque c'est le thème du livre
35:34on s'invente
35:35des maladies tout le temps
35:36on a toujours une maladie
35:37de toute façon
35:38on n'est jamais tranquille
35:39mais ce qui est étonnant
35:39c'est que vous avez toujours
35:40le sourire
35:41et même si au fond de vous-même
35:42vous vous sentez malade
35:43on ne le voit jamais
35:44c'est à dire qu'en fait
35:45c'est l'histoire des masques
35:46c'est aussi un des thèmes
35:47de mon livre
35:47c'est à dire que
35:47c'est tous ces masques
35:49j'ai toujours l'impression
35:51qu'en fait
35:51on se trimballe tous
35:52une valise
35:53et en fonction des gens
35:54qu'on voit
35:55là vous voyez
35:55vous avez mis un masque
35:56par rapport à moi
35:56parce que vous vous adaptez
35:57un peu
35:58à ce qu'on est en train
35:59de vivre en ce moment
35:59moi peut-être
36:00que j'ai des gros problèmes
36:01je vous rassure
36:02c'est pas le cas en ce moment
36:03je touche du bois
36:04mais peut-être
36:05que je suis très triste
36:05à l'intérieur
36:06que je vais mettre
36:06un masque de joie
36:08par politesse
36:09parce que vous m'avez invité
36:10et c'est vrai
36:11que ces masques sociaux
36:12quand on fait de la télévision
36:13quand on a un métier public
36:14c'est encore plus difficile
36:16à tenir
36:17à maintenir
36:18alors on se lit
36:19on va en parler
36:20mais quand je l'ai lu
36:21ça m'a rappelé une chanson
36:23j'ai la rate qui se dilate
36:24j'ai le foie
36:25j'ai le ventre
36:26qui se rend
36:27j'ai le filore
36:27qui se colore
36:28j'ai le poignard
36:29j'ai la rate qui se dilate
36:31c'était mon père
36:32qui me chante ça en permanence
36:33il dit ça va
36:34non je suis fatiguée
36:35j'ai la rate qui se dilate
36:36et c'est parti
36:36il fait ça depuis que je suis toute petite
36:38alors c'était le roi
36:38des comiques troupiers
36:39il a chanté cette chanson
36:40en 1909
36:41et il l'a reprise en 1970
36:43et il était à l'Olympia
36:45juste après un débutant
36:46qui s'appelait Michel Sardou
36:48et il chantait
36:49j'ai la rate qui se dilate
36:50voilà
36:50voilà mais cela dit c'est formidable
36:51c'était le slam de l'époque
36:53franchement
36:54c'est comme du rap
36:54alors pourquoi d'abord ce livre aujourd'hui
36:56Agathe Le Caron ?
36:57en fait je raconte dans le livre
36:59que quand on cherche on trouve
37:00donc à force de faire
37:01d'essayer de vérifier mes marqueurs
37:06forcément on en a toujours un
37:07qui est 10 fois la moyenne
37:08donc c'est ce qui m'est arrivé
37:09je suis arrivée
37:10je suis rentrée dans une espèce de tourbillon
37:12où même mes médecins étaient extrêmement inquiets
37:14et donc m'ont fait faire des scanners
37:16des PET scans
37:17et donc je suis rentrée dans le monde des malades
37:19ce qui est absolument ridicule
37:21puisque je ne l'étais pas
37:23et d'abord bon ça a été un traumatisme
37:25j'ai perdu 10 kilos
37:26j'ai mis ma vie entre parenthèses
37:27pendant 3 mois
37:28parce que ça a appuyé sur une névrose
37:30quelqu'un qui n'est pas hypochondriaque
37:31vit ça de façon totalement saine
37:33moi je suis devenue complètement
37:35complètement cinglée avec cette affaire
37:37il fallait bien continuer à travailler etc
37:39donc ça a été un traumatisme
37:40et puis je ne vais pas
37:43quand on est hypochondriaque
37:44mais même quand on a de l'anxiété
37:45c'est... on est très seul quand même
37:47il y a une notion de solitude très forte dans l'anxiété
37:50donc j'ai vécu ça
37:51on est très mal compris
37:52ça fait rire beaucoup
37:54il y a beaucoup de clichés
37:55comme on n'est pas malade
37:56c'est léger
37:57on fait une petite tape sur l'épaule
37:59allez ça va t'as rien
38:00calme-toi
38:00mais en fait c'est quand même parfois plus profond
38:02oui mais c'est un sujet dont on ne parlait pas
38:04vous avez choisi de le raconter dans un livre
38:06pour aider les autres justement
38:07oui pour aider les autres
38:08pour m'aider moi-même aussi
38:09parce que l'écriture a toujours été très thérapeutique chez moi
38:12j'ai plein de débuts de bouquins dans mon ordinateur
38:15que je ne terminerai jamais
38:17mais qui servent à exorciser des peines ou des traumas
38:23donc voilà
38:24et puis celui-là je l'ai terminé
38:25voilà
38:25il se trouve que ce côté hypochondriaque
38:28je crois que ça a commencé très jeune
38:30lorsque vos parents sont séparés
38:32c'était les premiers signes
38:33oui même avant
38:34parce que j'avais un grand-père chirurgien
38:36qui était très très connu
38:37et qui était vraiment un grand grand ponte
38:40et qui avait offert à ma mère
38:41un livre qui s'appelle Symptômes et maladies
38:43oui
38:43et c'était mon
38:44c'était ma bible
38:45voilà mon vieux grimoire
38:47c'est un livre de Sigmund Miller
38:49un autrichien
38:49c'est ça
38:50c'était l'encyclopédie familiale de la famille
38:52exactement
38:53et donc là-dedans
38:54il y avait à chaque symptôme
38:5520 maladies
38:56potentielles
38:57et donc évidemment
38:57j'avais toujours la plus grave
38:58mais j'étais toute petite
38:59et plutôt que de lire
39:01le Club des Cinq
39:02ou la Bibliothèque Rose
39:03ou un Tintin
39:04je lisais ça
39:05et donc je rentrais
39:07dans des pics d'anxiété
39:08terribles avant de m'endormir
39:10enfin c'était déjà petite
39:11alors il y a des signes étonnants
39:13que vous racontez dans ce livre
39:14par exemple
39:15vous avez présenté
39:15Sacrée soirée un soir
39:16et la veille
39:17vous êtes couverte de boutons
39:18oui alors ça
39:19ça fait partie aussi
39:21de l'anxiété
39:22c'est la somatisation
39:23c'est-à-dire que tout à coup
39:24on a une grande trouille
39:25moi j'avais un trac fou
39:26parce que tout à coup
39:27j'allais co-présenter
39:29une émission avec mon idole
39:29qui était Jean-Pierre Foucault
39:31une émission que je regardais
39:32quand j'étais petite
39:33et qui était quelque chose
39:34qui me faisait complètement rêver
39:36et donc j'ai commencé
39:37à avoir des boutons
39:38partout sur le corps
39:39mais partout
39:40et puis les maquilleuses
39:41on ne savait pas quoi faire
39:42parce que j'avais évidemment
39:43une robe d'un centimètre carré
39:44à l'époque
39:45il fallait avoir des robes
39:45un peu sexy
39:47aujourd'hui
39:47on s'est un peu changé
39:48et donc
39:49elle me mettait du fond de teint
39:50pour cacher
39:51et puis je présente l'émission
39:52je remonte dans ma loge
39:54je regarde mes bras
39:55qui étaient maculés de boutons
39:56une heure avant
39:57j'ai plus rien
39:58c'est fou
39:59c'est-à-dire qu'après l'émission
40:00tout a disparu
40:01d'un coup
40:01alors que j'avais mis des crèmes
40:03j'ai tout essayé
40:03je suis allée voir un médecin
40:04il m'avait prescrit des trucs
40:06donc le pouvoir quand même
40:07de la psyché
40:09sur le corps
40:10c'est très fort
40:12donc effectivement
40:13l'anxiété
40:13ça a aussi des conséquences
40:14moi je me souviens
40:15de Raymond Devos
40:16qui devait être opéré
40:17et il disait
40:18je ne veux pas être opéré
40:19et sur la table d'opération
40:20au moment de faire l'anesthésie
40:22on s'est aperçu
40:22qu'il était guéri
40:23c'est extraordinaire
40:24oui mais souvent
40:25quand on va chez le médecin
40:26on arrive dans la salle d'attente
40:28on dit
40:28qu'est-ce que je vais lui dire
40:29j'ai l'impression
40:29que j'ai plus de symptômes
40:30alors que ça fait une semaine
40:31que ce symptôme
40:32nous taraude et tout
40:33donc c'est vrai
40:34que c'est le pouvoir du cerveau
40:36et vous racontez dans ce livre
40:38Agathe Le Caron
40:39que vous êtes devenue
40:39la patiente
40:40que les médecins détestent
40:41oui je suis un peu
40:42la patiente
40:44la petite bête qui monte
40:45parce que
40:47comme j'ai peur
40:48c'est moins reposant
40:50qu'un patient
40:52dit normal
40:52c'est-à-dire que moi
40:53je pose mille questions
40:54puis j'ai besoin
40:55d'avoir une explication scientifique
40:57tant que je n'ai pas
40:58l'explication scientifique
40:59de mon symptôme
41:00je ne peux pas entendre
41:01bah oui
41:01il y a des gens
41:02qui sont migraineux
41:03non
41:03je veux comprendre
41:04pourquoi tout à coup
41:05des gens déclenchent
41:06des migraines
41:07et pas d'autres
41:07et on ne peut pas me dire
41:09une généralité
41:09oui mais c'est parce que
41:10vous avez un gène
41:11qui voilà
41:12il vous manque tel
41:14acide aminé
41:14là ça va
41:15je repars
41:16et j'ai mon explication
41:16mais en revanche
41:17tant que je ne l'ai pas
41:18les pauvres médecins
41:19je les harcèle
41:20oui d'autant plus
41:20qu'il vous arrive
41:21d'entendre un médecin
41:22qui vous dit tout va bien
41:23et vous allez en voir
41:24un autre dans la foulée
41:25oui bien sûr
41:26parce qu'on veut vérifier
41:27alors ça c'est quand même
41:28le grand apprentissage
41:30de ce que j'ai vécu
41:31c'est que maintenant
41:32j'essaie de cadrer
41:33voilà je pense que
41:34je ne soignerai jamais
41:35mon hypochondrie
41:36mais je cadre
41:36c'est-à-dire que
41:37quand un médecin référent
41:39c'est-à-dire que j'ai
41:39une armée de médecins
41:40autour de moi
41:41quand un médecin
41:42dans lequel j'ai confiance
41:43me dit Agathe
41:44c'est bon
41:44ce n'est pas grave
41:45je me force
41:46à entendre son diagnostic
41:48ce qui n'a pas toujours
41:49été le cas
41:49et je crois que
41:50vous pouvez rentrer
41:51dans le livre des records
41:52car vous avez vu
41:53jusqu'à 32 médecins
41:54oui
41:55j'avais
41:55je faisais des espèces
41:56de malaise
41:57mais à mon avis
41:57c'était des malaises
41:58qui étaient plutôt
42:00des signes de déprime
42:02de l'adolescent
42:03parce que j'étais
42:03une très jeune femme
42:05et bon
42:06j'avais vraiment
42:07comme une espèce
42:08de baisse de tension
42:09une espèce de fatigue
42:10et de tournis
42:12de vertiges
42:13qui me prenaient
42:13tout le temps
42:14mais plusieurs fois par jour
42:15mais pendant des mois
42:16et des mois
42:17et donc j'ai vu
42:1832 médecins
42:18qui me disaient à chaque fois
42:19mais vous n'avez rien
42:20jusqu'au moment
42:21où il y en a un
42:21qui m'a dit
42:22mais ça va
42:23d'un point de vue
42:23de la santé mentale
42:25est-ce que vous allez bien
42:26et là tout à coup
42:26ça m'a quand même
42:27ouvert des horizons
42:28bah non au fond
42:28c'est pas terrible
42:29non mais vous n'avez pas
42:30eu de chance
42:30parce que vous avez même
42:31connu ce qui est rare
42:32les erreurs de laboratoire
42:34ah ouais non mais
42:34ça c'est de ma faute
42:36j'ai demandé à un médecin
42:37de vérifier
42:39s'il n'y avait pas
42:39l'hépatite C
42:40mais j'avais 22
42:4123 ans
42:41il me regarde
42:42il me disait
42:42mais il n'y a aucune raison
42:43puisque de toute façon
42:44contrairement à ce qu'on croit
42:45ça ne s'attrape pas
42:46par des rapports sexuels
42:47donc il faudrait
42:48que vous ayez eu
42:50une transfusion
42:50ou vraiment
42:51une opération
42:52chez le dentiste
42:53mais vraiment
42:53dans une favela
42:54pas désinfectée
42:55donc il dit non
42:56puis j'insiste tellement
42:57qu'il le fait
42:58et bim c'est positif
43:00et donc là
43:01j'aurais dû à ce moment là
43:02me dire
43:02bon allez stop Agathe
43:03quoi tu vois
43:04il y a un moment là
43:05tu as provoqué
43:06l'erreur de labo
43:07mais pareil
43:08pendant 15 jours
43:09j'ai cru que j'avais
43:09d'hépatite C
43:10à 22 ans à l'époque
43:10c'était vraiment
43:11une très grave maladie
43:12qu'on soignait très mal
43:14et donc en tout cas
43:15c'était une maladie chronique
43:16et tout
43:16donc ça allait changer ma vie
43:17non mais c'est épuisant
43:19non seulement
43:20ce qui est épuisant aussi
43:21c'est l'attente des résultats
43:22qui n'arrive pas tout de suite
43:23mais c'est horrible
43:24et là j'ai eu
43:24quand j'ai fait mon dernier
43:25PET scan
43:26je me souviens
43:27pour ce marqueur
43:28non ils m'ont dit
43:29je l'ai fait je pense
43:30le mardi
43:31vous aurez les résultats
43:31jeudi maximum
43:32je les ai eu le mercredi
43:34d'après
43:34donc j'ai attendu
43:3510 jours
43:38je ne mangeais plus
43:39j'ai quand même perdu
43:4110 kilos avec cette histoire
43:42donc c'est pour dire
43:42à quel point je me suis rongée
43:44là où les gens autour de moi
43:46ne comprenaient pas
43:47en disant
43:47mais en fait
43:48rien ne dit
43:48même certains médecins
43:49d'ailleurs que j'ai vu
43:50parce que là aussi
43:50j'ai quand même accumulé
43:51les avis
43:52certains médecins me disaient
43:53mais c'est pas parce que
43:54vous avez un marqueur isolé
43:55que vous êtes malade
43:56rien ne dit que vous êtes malade
43:57vous n'avez pas de symptômes
43:59vous n'êtes
44:00bon mais d'autres
44:01étaient un peu inquiets quoi
44:02donc j'ai essayé
44:03de naviguer entre tout ça
44:05et quelle expérience
44:06j'ai eu
44:06mais le plus dur
44:07c'est de dormir
44:08parce que certaines nuits
44:09vous avez cru dormir 10 minutes
44:10alors que vous avez dormi 6 heures
44:11oui c'est ça
44:12alors j'étais aussi
44:13comme toutes les grandes anxieuses
44:15une grande insomniaque
44:16et effectivement
44:18un jour j'ai fait tester mon sommeil
44:20donc j'ai mis les électrodes
44:22j'avais le petit boîtier
44:23etc
44:23ce dont on se sert
44:24pour voir si les gens
44:25font de l'apnée du sommeil
44:27et donc je dis
44:28je suis désolée
44:29j'ai dû dormir 10 minutes
44:30je crois même pas que j'ai dormi
44:31non non vous avez dormi 6h19
44:33waouh
44:33et en fait je me suis rendu compte
44:35que je dormais
44:36mais que c'était tout le temps
44:37entrecoupé
44:37et dans ce livre
44:38on se rend compte
44:39Agathe Le Caron
44:40que vous avez rencontré
44:41tous les professionnels
44:43possibles et imaginables
44:44tous
44:44du magnétiseur
44:45médecine chinoise
44:46la psychologue
44:47tout
44:48toutes les spécialités
44:49de médecine traditionnelle
44:50et toutes les spécialités
44:51de médecine parallèle
44:52c'est à dire que
44:53mais alors bon
44:55les objectifs sont différents
44:57en fonction des uns
44:58et des autres
44:58moi je vais voir des médecins
44:59de médecine traditionnelle
45:00pour avoir des diagnostics
45:01et pas des ordonnances
45:02parce que normalement
45:03je ne prends pas les médicaments
45:04qu'on me prescrit
45:05ça qui est paradoxal
45:07bon parce que je sais mieux
45:08que tout le monde
45:09et puis alors
45:10les médecines parallèles
45:11c'est vraiment pour se rassurer
45:12parce que mettre un peu
45:13d'irrationnel dans tout ça
45:15c'est bon
45:16c'est rassurant
45:17je crois que vous pourriez faire
45:18un livre avec
45:19la collection de vos ordonnances
45:20oui ça c'est sûr
45:21oui ah oui
45:22là je peux vous dire
45:23que j'en ai pas mal
45:24mais sachant que
45:25là dessus je ne creuse pas
45:26le trou de la sécu
45:27parce que je ne prends
45:27jamais les médicaments
45:28je ne vais même pas
45:29aller chercher la pharmacie
45:30et je crois que quand même
45:32votre amour à la pharmacie
45:33déborde de médicaments
45:34totalement inutiles
45:34oui mais ce sont surtout
45:36des plantes
45:36on dirait une américaine
45:37Jacques
45:38j'ai que des compléments
45:39alimentaires
45:41comme tous les
45:41le cliché que vous pouvez
45:42imaginer de la femme
45:44d'un chirurgien esthétique
45:45qui vivrait à Beverly Hills
45:46c'est moi
45:46alors vous racontez dans ce livre
45:48tous ces malheurs
45:49avec beau d'humour
45:50puisque vous dites
45:51que vous êtes prête
45:52à prendre un rendez-vous
45:54avec un vétérinaire
45:55un garde-chien
45:55ou un menuisier
45:56écoutez au bout d'un moment
45:57le désespoir
45:58c'est vrai que dès qu'on me dit
46:00si vous avez par malheur
46:02vous me dites
46:03que vous travaillez
46:04que vous êtes balayeur
46:05dans un hôpital
46:06vous ne pouvez plus sortir
46:07de la pièce où je suis
46:08c'est-à-dire que je vais vous
46:09poser plein de questions
46:10est-ce qu'il y a des malades
46:10est-ce que vous avez déjà vu
46:11des gens qui sortent
46:12d'un cancer du pancréas
46:14est-ce que
46:14je pars dans une espèce
46:16de folie
46:17donc oui effectivement
46:18de désespoir
46:18j'aurais pu aller voir
46:19un vétérinaire
46:20ou un garde-chien
46:20oui et en même temps
46:21un jour une amie
46:22une cousine je crois
46:23vous parle d'une maladie
46:24que vous ne connaissiez pas
46:25la maladie de Meinière
46:26et là vous êtes folle aussi
46:28mais là ce qui est fou
46:29c'est qu'elle me parle
46:30de cette maladie
46:31donc j'ai
46:32c'est vraiment
46:33la maladie de Meinière
46:33c'est vraiment extrêmement embêtant
46:35c'est une maladie chronique
46:36on ne sait pas d'où ça vient
46:38donc c'est très compliqué
46:39à prendre en charge
46:41ça ne va pas la tuer
46:42mais bon
46:43je l'aime vraiment beaucoup
46:44donc je suis un peu triste
46:45pour elle
46:4515 jours après
46:46donc c'est une maladie
46:48dans laquelle on a
46:48l'oreille bouchée
46:49et des vertiges
46:49je résume
46:51et 15 jours après
46:52j'ai l'oreille qui se bouche
46:52et je commence à avoir
46:53des vertiges rotatoires
46:54donc je me dis
46:55est-ce que les maladies
46:56est-ce qu'il y a une contagion émotionnelle
46:58c'est la question que je pose
46:59c'est vrai que ça m'a beaucoup marqué
47:01ce qu'elle m'a raconté
47:02tout à coup
47:0215 jours après
47:03j'ai la même chose
47:03alors que vous n'aviez rien
47:04alors que j'avais rien
47:05mais vous dites aussi
47:06c'est une question
47:07que peuvent se poser
47:08celles et ceux
47:09qui liront le livre
47:10et si les hypochondriacs
47:12étaient simplement
47:12plus lucides que les autres
47:13moi c'est une question
47:14que je me pose
47:15parce que la vie
47:16la vie n'est pas facile
47:18donc moi j'aurais
47:18comme je dis dans le livre
47:20j'aurais adoré
47:20avoir le déni
47:21dans ma boîte à outils
47:22mais je reconnais
47:23que je ne l'ai pas
47:24et peut-être que oui
47:26j'ai une forme de lucidité
47:28sur le fait
47:29que la vie peut basculer
47:30d'une minute à l'autre
47:32que là tout à coup
47:33on est très heureux
47:34très équilibré
47:35et puis tout peut se passer
47:36et c'est le propre
47:38des gens anxieux
47:39il y a certaines personnes
47:39qui arrivent à mettre ça
47:41à distance
47:42moi j'ai beaucoup de mal
47:43à mettre mon anxiété
47:44à distance
47:45a fortiori la nuit
47:46parce que tous les chats
47:47sont gris
47:47et parce que la nuit
47:49c'est le moment
47:49où on est un peu seul
47:51donc oui
47:52en fait c'est tout l'enjeu
47:54des gens anxieux
47:55c'est d'arriver
47:56à mettre ça de côté
47:57mais c'est très difficile
47:58oui mais vous avez quand même
47:59fait des progrès
48:00depuis quelques années
48:01vous le dites
48:01oui mais disons que je vieillis
48:03et puis surtout
48:04je suis beaucoup plus équilibrée
48:05je crois aussi
48:06dans ma vie
48:07j'ai eu la chance
48:08au travers de mes émissions
48:09de rencontrer
48:09beaucoup de psys
48:10de philosophes
48:11qui m'ont ouvert les horizons
48:14de lire aussi
48:15beaucoup d'ouvrages
48:17sur l'anxiété
48:18d'essayer
48:20en tout cas
48:23d'avoir de la perspective
48:24un peu de hauteur
48:24sur ce que je vis
48:26et puis garder mon humour
48:27aussi je crois
48:28que c'est très important
48:28d'en rire
48:29c'est essentiel
48:30en même temps
48:30vous dites que vous auriez pu
48:31être médecin
48:32mais uniquement
48:33pour donner de bonnes nouvelles
48:34oui
48:34j'aurais pas pu
48:36être le médecin
48:37qui annonce
48:38les mauvaises nouvelles
48:38je pense que ça m'aurait
48:39tellement rongé
48:41l'idée de
48:42déjà que je sais pas
48:42comment font les grands patrons
48:44pour licencier
48:45quelqu'un
48:46et j'en ai vu
48:48autour de moi
48:48qu'il vivait pas
48:49pendant des jours
48:50parce qu'il devait annoncer ça
48:51mais alors une maladie
48:52vous imaginez
48:54être la personne
48:54qui annonce
48:55que la vie
48:56de quelqu'un
48:57va basculer
48:57pour moi
48:58c'est impossible
48:59c'est intolérable
49:00mais ce livre
49:00pourrait être justement
49:01remboursé par la sécurité sociale
49:03parce que justement
49:03on apprend plein de choses
49:04qui peuvent faire faire
49:05des économies à l'état
49:06oui
49:06alors écoutez
49:07en tout cas
49:08il faut effectivement
49:10ne pas faire comme moi
49:11et prendre un peu de recul
49:13pour éviter de creuser
49:14le trou de la sécu
49:15et d'aller voir
49:16trop de médecins
49:17je crois que la bonne nouvelle
49:18de ce livre
49:19c'est qu'on peut se le procurer
49:20sans ordonnance
49:20c'est ça
49:22et vous allez continuer
49:23à écrire des livres
49:24mon éditrice
49:25m'a poussé à faire un roman
49:26alors peut-être qu'à un moment
49:27peut-être que je vais m'y mettre
49:28vous avez intérêt
49:29parce que vous écrivez très bien
49:30et le livre se lit effectivement
49:32comme un roman
49:33un roman vrai
49:34merci Jacques
49:35je peux vous souhaiter
49:35une bonne santé
49:36oui alors c'est le principal
49:38ne me souhaiter que ça
49:39ça me suffit
49:39je souhaite aussi
49:40que beaucoup de celles
49:42et ceux qui nous écoutent
49:43lisent patiente zéro
49:44chez Robert Laffont
49:45car on y apprend beaucoup
49:46et on s'amuse beaucoup
49:47merci Jacques
49:48j'ai passé un très bon moment
49:49et réciproquement
49:50merci Agatia Caron
49:51les clés d'une vie
49:52c'est terminé pour aujourd'hui
49:53on se retrouve bientôt
49:54restez fidèles
49:55à l'écoute de Sud Radio
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