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  • il y a 11 heures
Les clefs d'une vie de Typh Barrow

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-05-18##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Vous avez transformé un problème de corde vocale en un atout
00:10qui a fait de vous une chanteuse capable de remplir régulièrement en Belgique des salles de 8000 places.
00:15Vous partez aujourd'hui à la conquête de la France
00:18et on est heureux de vous recevoir pour ce baptême en quelque sorte.
00:21Bonjour Thief Barraud.
00:22Bonjour.
00:23Alors c'est vrai que vous êtes une star en Belgique.
00:25Moi j'ai vu des images, notamment de Forest National
00:28où vous remplissez 2 fois 8000 places.
00:30C'est quand même extraordinaire.
00:31On va expliquer comment parce que c'est un parcours
00:33et vous partez à la conquête de la France
00:35et on va l'expliquer avec ce nouvel album.
00:38Alors, le principe des clés d'une vie, je ne sais pas si vous le savez,
00:41c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:44J'en ai trouvé une qui n'est pas liée exactement à votre parcours
00:46mais à votre famille, le 30 novembre 1925.
00:50Ce jour-là, une gloire familiale qui s'appelle Zofia Srejkenska
00:54reçoit la Légion d'honneur
00:55parce qu'elle a décoré le palais polonais
00:59à l'exposition des arts déco.
01:01Oh waouh !
01:02Waouh ! Mais vous avez été très loin dans mes racines familiales là.
01:06Je suis impressionnée.
01:07C'est étonnant.
01:08En fait, cette femme qui reçoit la Légion d'honneur
01:11qui a la comprension suprême,
01:13elle est la princesse de la peinture polonaise.
01:16Tout à fait.
01:17Et en fait, c'est une de mes arrière-tantes
01:22qui, ça fait partie d'une branche de ma famille
01:25que je connais un petit peu moins bien
01:27parce que mon papa, il faut savoir qu'il était orphelin
01:30et donc il a un petit peu dû se débrouiller tout seul dans la vie.
01:35Il est arrivé en Belgique quand il avait une vingtaine d'années
01:39et l'histoire familiale, elle est assez taboue.
01:42On n'en sait pas grand-chose,
01:44si ce n'est Sofia Strinska qu'on connaît
01:46parce que papa nous en parle
01:47et qu'on a une oeuvre à la maison.
01:49Et quand je suis allée à Varsovie, justement,
01:53j'ai été voir ce qu'elle faisait.
01:55J'étais très admirative et très fière aussi, quelque part,
01:58de ses racines polonaises
02:00que je connais cependant pas si bien.
02:01C'est la première fois que je l'entends, cette date.
02:03En fait, elle a été une des premières icônes polonaises de la pop culture.
02:09Elle a été une des premières femmes à être reconnue dans la peinture
02:12au même titre que Sonia Delaunay en France
02:14à l'époque où les femmes n'existaient pas.
02:15Alors, effectivement, votre père a été orphelin.
02:18Il a quand même grandi dans la rue.
02:19Il s'est débrouillé tout seul.
02:20Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
02:22Disons que sa maman l'a eue très jeune.
02:24Elle avait 18 ans.
02:25Je crois qu'elle avait besoin de vivre sa vie.
02:28Son papa est parti à l'étranger.
02:32Il a tout quitté.
02:33Et donc, il a dû un petit peu se débrouiller
02:36entre chez sa grand-mère et la rue, l'orphelinat.
02:40Et puis voilà, il s'est fait tout seul.
02:42J'ai beaucoup de respect pour lui, pour son histoire, pour son courage.
02:46Je sens que c'est encore un sujet qui, comme je vous disais,
02:51qui est un peu tabou, dont il a un peu du mal à parler.
02:56Et la première fois que j'ai fait un concert à Varsovie, d'ailleurs,
03:00c'était très particulier parce qu'à la fois,
03:02bon, moi, je ne parle pas polonais.
03:03Du coup, mon papa n'a jamais voulu nous parler en polonais,
03:05malgré son accent très fort.
03:09Et à la fois, je me sentais étrangère,
03:11mais à la fois, je me sentais tellement proche de mon histoire,
03:14de mes racines, de ma personnalité aussi.
03:18Et puis, j'avais, pour l'occasion, demandé à mon papa de me traduire en phonétique
03:24tous mes speeches du français au polonais.
03:26Et j'ai fait tous mes speeches pendant une heure et demie de concert en polonais.
03:30Donc, j'ai des gens qui sont venus me trouver après le concert en me parlant polonais.
03:32J'étais là, n'y m'ouvrir jusqu'à ce que je ne parle pas polonais.
03:35Voilà, j'y tenais pour cette date qui avait une saveur particulière.
03:38Alors, effectivement, il est parti en Belgique.
03:40Vous êtes né à Bruxelles et vous devez à votre père, je crois, la passion de la musique,
03:44car il écoutait beaucoup de musique anglaise à la maison, Thief Barrault.
03:47Oui, tout à fait.
03:49On a été baigné dans la musique anglo-saxonne depuis tout petit.
03:52Pas tellement la chanson française.
03:55Et puis, ça, c'était le côté soul, blues, jazz, Eric Clapton,
04:01B.B. King, Marvin Gaye, Stevie Wonder.
04:05Et je vois encore son vieux tourne-disque que j'ai commencé à utiliser quand il était parti de la
04:14maison.
04:14Et je suis tombée sur des vinyles incroyables, dont Stevie Wonder, notamment,
04:19Hotter Than July, cet album monumental.
04:23Et là, j'entends Master Blaster, c'est un coup de cœur infini.
04:28Malheureusement, je ne manie pas très bien l'engin.
04:31Et donc, j'abîme, en fait, son vieux tourne-disque de collection,
04:35ce qui fait qu'en fait, j'ai été interdite de pouvoir écouter à la maison.
04:38Donc, j'écoutais en cachette.
04:39Enfin, bon, voilà, ma découverte de la musique.
04:43Et votre chance, Thief Barrault, c'est que votre mère vous a dit
04:46« Qu'est-ce que tu veux apprendre comme instrument de musique ? »
04:48Oui, tout à fait.
04:51Ils ne m'ont pas demandé si je voulais jouer à un instrument de musique.
04:53Ils m'ont demandé « Quel instrument de musique est-ce que tu veux jouer ? »
04:56C'est extraordinaire.
04:57Tout à fait.
04:58C'était très intelligent.
04:59Mais ils l'ont fait avec mes deux frères et sœurs aussi.
05:03Et voilà, je suis partie sur le piano assez spontanément.
05:06Et j'ai commencé à faire cinq ans, quelque chose comme ça.
05:10Oui, vous avez appris à cinq ans le piano et le solfège à huit ans.
05:14C'est rare, c'est vraiment une passion.
05:17Je ne sais pas si c'est rare ou pas.
05:20J'ai l'impression qu'à l'époque, c'était un petit peu comme ça.
05:21Mes parents tenaient à ce qu'on fasse et du sport et un art.
05:27En tout cas, là, c'était pour moi de la musique.
05:29Je suis très admirative de ma maman qui a trois enfants et qui courait à droite à gauche en plus
05:35de son boulot
05:35pour essayer qu'on puisse tous épanouir dans nos activités extrascolaires.
05:43Et voilà, moi, j'ai vite trouvé dans la musique, dans le piano, un moyen d'expression,
05:49même si ça a été assez chaotique pour moi assez rapidement.
05:52Oui, mais en même temps, à neuf ans, vous écrivez des chansons en yaourt, en faux anglais.
05:57Oui, vous êtes bien renseignée.
06:00Vous êtes bien renseignée, oui.
06:01Oui, en fait, ce qui s'est passé, c'est que depuis toute petite, j'ai cette voix assez grave.
06:08Et je me rends vite compte que ce n'est pas une voix tout à fait normale, assez atypique.
06:13Les profs de solfège me disent à mes parents que ma voix est bizarre, qu'il y a un problème.
06:20Je suis mise dans le groupe des garçons pendant ces cours de solfège.
06:23Vous jouez au football ?
06:25Je joue au football parce que j'ai un frère qui a un an et demi de différence d'âge
06:28de moi.
06:29Et donc, forcément, je me sens hyper proche de lui.
06:31J'ai un côté très garçon manqué.
06:32Donc, effectivement, pas simple pour le processus d'identification.
06:38Et tout ça pour dire que quoi, qu'en fait, à l'époque, les chanteuses que j'écoutais à la
06:43radio,
06:45la norme, c'était Maria Carey, Whitney Houston, Céline Dion.
06:48Et que j'avais cette voix grave, un peu garçonne, qui ne me convenait pas du tout.
06:53Et donc, comme je n'arrivais pas à reprendre les chansons des grandes chanteuses,
06:56je me suis dit, et que je n'avais pas envie de reprendre les chansons d'hommes à ce moment
07:00-là,
07:01je me suis dit, le meilleur moyen, c'est que j'écrive des chansons.
07:04Au moins, je suis sûre qu'il y aura des chansons adaptées à ma voix.
07:06Alors, vous les écrivez en yaourt.
07:08Il faut savoir que le yaourt, c'est né dans les années 60, au temps de Yéyé,
07:11où les musiciens faisaient du yaourt avec du faux anglais
07:15pour préparer les chansons américaines traduites en français.
07:19Voilà. Je trouve enfin une origine à ce terme.
07:22Comme, ben oui, c'est comme ça que c'est sorti, cette espèce de yaourt.
07:26Et en fait, ce que je faisais, comme je ne parlais pas vraiment anglais à l'époque,
07:29mais que, pour moi, la musique sonnait anglais,
07:31je prenais les paroles dans les...
07:33Vous saviez, je recevais un magazine chaque semaine avec les traductions de paroles.
07:39Et donc, je prenais les mots, j'essayais de construire des phrases.
07:41Et c'est comme ça que mes premières chansons sont nées.
07:43Alors, vos premières chansons ont surpris vos parents en disant
07:45« Ce n'est pas possible que tu aies écrit ça. »
07:47Oui, tout à fait.
07:49Mais bon, je ne l'aurais pas montré tout de suite.
07:51Ce qui se passe, c'est que mes chansons étaient assez mélancoliques, assez négatives.
07:56En fait, j'utilisais la musique comme un moyen d'expression,
08:01comme une façon, comme peut-être un exutoire.
08:03Parce qu'à l'époque, j'ai toujours été quelqu'un d'assez docile,
08:09qui n'osait jamais trop dire ce qu'elle pensait,
08:12qui avait toujours peur de mal faire.
08:15Et donc, le meilleur moyen pour moi d'exprimer un petit peu le côté sombre,
08:21parce qu'il n'y a rien à faire.
08:23En tant qu'adolescente, on traverse forcément des choses difficiles.
08:26Et ma façon pour moi de pouvoir en parler, c'était la chanson.
08:31Et il se trouve qu'il y avait un côté Gainsbourg dans ses chansons.
08:35Oui, parce qu'il y avait un côté torturé à la Gainsbourg de la deuxième partie.
08:39Mais on oublie souvent que Gainsbourg a écrit des chansons joyeuses, comme celle-ci.
08:43Suspends un violon, un jambon à ta porte.
08:47Et tu verras rappliquer les copains.
08:51Tout est souci.
08:52C'est extraordinaire quand on connaît Gainsbourg et qu'on écoute ses chansons.
08:56On ne sait pas qu'il a fait des chansons comme ça, aussi joyeuses, dans les années 60.
08:59Donc il dit, suspends un jambon à ta porte et tu ramèneras les copains.
09:02C'est génial.
09:03Je vais faire ça.
09:04Voilà.
09:06Alors il se trouve aussi que vous avez eu une autre activité.
09:08Vous avez été mannequin pour enfants de 1 an à 16 ans grâce à votre maman, Steve Barraud.
09:14Oui.
09:15Oui, en fait, j'ai la chance d'avoir une maman qui, en plus d'être une incroyable maman, est
09:22très belle.
09:23Et donc très vite, elle se fait repérer à la maternité.
09:25Parce que les agences de pub, à l'époque, cherchaient des mamans avec des nouveaux-nés pour des magazines pour
09:31maman et future maman.
09:33Et donc elle se fait repérer.
09:35Elle accepte de prendre des photos à la maternité avec moi.
09:39Et puis en fait, elle a continué un peu là-dedans.
09:42Puis l'agence lui a demandé s'il pouvait m'inscrire.
09:45Et ça a très bien marché pour moi, en fait.
09:48Puisque justement, j'étais une enfant assez docile, comme je vous disais tout à l'heure.
09:52J'étais capable, je pense que j'avais une grande force de travail aussi, j'étais capable de travailler des
09:56heures.
09:57À l'époque, il n'y avait même pas de réglementation pour le travail pour enfants.
10:02Donc il m'arrivait d'avoir des journées de 9h du matin à 8h du soir derrière un objectif.
10:09Et voilà, c'est comme ça que j'ai commencé de manière très précoce à gagner ma vie, en quelque
10:14sorte.
10:15Oui, il y avait un compte pour vous bloquer jusqu'à 18 ou 21 ans.
10:17Mais comment vous êtes au courant de tout ça ? Je suis super impressionnée.
10:21Qui sont vos taupes ?
10:22Je cherche tout seul, ne vous inquiétez pas.
10:24Je suis impressionnée.
10:25Et c'est vrai qu'en plus, vous avez toujours voulu, Tif Barraud, faire le mieux possible.
10:30C'est une caractéristique que vous avez.
10:32Oui, la peur de ne pas être aimée.
10:38Je crois que je manquais quelque part d'amour propre et d'estime de soi quand j'étais petite.
10:44Je ne dis pas que ce n'est plus le cas.
10:46J'y travaille.
10:47Mais c'est certainement une des raisons qui m'a menée à ce métier.
10:50Le besoin d'être validée, d'être admirée, d'aller chercher à l'extérieur l'amour que je n'arrivais
10:55pas à me donner à moi-même finalement.
10:57Mais ce n'est pas une bonne méthode.
10:59Non, en même temps, vous avez commencé à gagner un peu d'argent.
11:02Et vous étiez surprise qu'on vous paye pour quelque chose qui était votre passion.
11:06Je crois que votre premier cachet, c'est à 15 ans pour quelques heures de travail, pour une soirée de
11:10travail.
11:10Oui, tout à fait.
11:12En fait, c'est l'âge où on propose aux ados de commencer à faire des petits jobs d'étudiant.
11:20Et à l'époque, je me dis, bon, je crois que j'avais démarré dans un resto piano-bar en
11:26tant que serveuse.
11:27Et j'étais extrêmement maladroite.
11:30Et donc un soir, après un service, je vais chez le pianiste en lui disant, écoute, il n'y a
11:33plus personne dans le bar.
11:34Est-ce que tu me laisserais jouer un petit morceau ou l'autre ?
11:36Et le chef m'entend, le patron m'entend, il vient me trouver, il me dit, est-ce que tu
11:40sais tenir deux, trois heures comme ça ?
11:41Moi, au culot, je lui réponds oui, oui.
11:43Il me dit, je te vire et je te réengage, tu commences demain.
11:46Voilà.
11:46Et j'ai commencé comme ça.
11:48Mais à l'époque, je gagnais vraiment, c'était des cacahuètes.
11:51Mais j'avais l'impression que c'était incroyable pour moi d'être payée pour faire ce que j'aimais.
11:58Et ça a continué.
11:59Et on va évoquer une autre date qui est importante dans votre parcours, le 21 mars 2005.
12:04A tout de suite sur Sud Radio avec Thief Barraud.
12:09Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Thief Barraud.
12:13Il faut savoir que vous êtes une star en Belgique et dans d'autres pays, en Allemagne je crois également.
12:17En France, vous débutez, vous commencez votre parcours et on est heureux d'évoquer votre premier album sorti en France
12:23à Sud Radio.
12:24On va presque être les parrains de votre carrière française, ça annonce fort bien.
12:29Alors, on a évoqué vos débuts et puis il y a une date importante dans votre parcours, Thief Barraud, le
12:3321 mars 2005, la sortie de cette chanson.
12:42Lost Paradise.
12:43Lost Paradise.
12:44Et ça, effectivement, c'est cette chanson qui a figuré dans les hits parades dans la dixième place et c
12:50'est votre première apparition dans les hits parades.
12:54Vous m'impressionnez.
12:55Je n'ai même pas reconnu la chanson.
12:58Il m'a fallu trois secondes.
13:00Oui, oui, oui, tout à fait.
13:01Première chanson qui m'a fait d'ailleurs, qui m'a déjà à l'époque ouvert les portes sur la
13:09France puisque j'ai, suite à ça, signé avec Romain Billardt chez Universal.
13:15Figurez-vous.
13:17Ça a été une aventure qui a duré un an et demi.
13:20Finalement, voilà, ça n'a pas mené là où j'avais espéré à l'époque.
13:25Mais je pense que rien n'arrive par hasard dans la vie.
13:28Ça a été un premier pied à l'étrier, un premier pas dans ce monde de la musique.
13:33Oui, à l'époque, vous appelez Tiffany Cieli.
13:35Tout à fait.
13:36Pourquoi ?
13:37Oh, c'était mon prénom, Tiffany.
13:40Alors, Cieli, c'était une partie de mon nom de famille que j'avais plus ou moins abrégé pour rendre
13:44jolie.
13:44Mais je changeais plusieurs fois de nom de scène.
13:46Il y a eu Tiffany aussi.
13:47Oui, jusqu'à finir par me trouver.
13:49Mais ça correspondait bien au fait que je me cherchais à l'époque.
13:53Et le piano-bar, justement, ça a bien marché.
13:55Je crois que vous avez dit un jour que vous étiez fait les pieds dans les bars.
13:59Oui, c'est sûr.
14:01C'est une école qui est très instructive et en même temps qui peut être un peu cruelle.
14:05Parce que les gens viennent avant tout pour boire un verre, papoter.
14:09La musique est toujours un peu trop forte.
14:11On ne s'entend pas parler.
14:13Et donc, en fait, c'est un vrai challenge.
14:16C'est un vrai challenge pour moi de me dire, OK, je vais essayer de dépasser le simple brouhaha et
14:22le simple bruit de fond.
14:23Je vais essayer d'aller chercher les gens.
14:26C'était ma mission et c'est comme ça que j'ai appris mon métier, appris à gérer une scène,
14:31appris à essayer de capter les gens.
14:34Oui, et justement, vous avez pu débuter dans la chanson parce que vous avez promis à vos parents de faire
14:39des études de droit à côté.
14:41En fait, je ne sais pas exactement si ça s'est passé comme ça.
14:47Disons que j'avais commencé le conservatoire en musique.
14:52Et je sentais bien que mes parents n'étaient pas tout à fait à l'aise avec l'idée.
14:56D'ailleurs, quand j'avais été passer l'examen, le conservatoire en Belgique, je ne sais pas comment c'est
15:00en France, mais en Belgique, c'est l'université de la musique en quelque sorte.
15:04Je rentrais dans la section jazz et au moment où je passe les examens d'entrée, ma maman me dit,
15:07est-ce que tu as un plan B ?
15:10Je dis, maman, si je passais les examens de médecine, est-ce que tu me demanderais si j'avais un
15:13plan B ?
15:14Elle m'a dit non, c'est vrai. Et puis en fait, je sentais que ça les rassurait et donc
15:19j'ai pris des études de droit en même temps qui n'étaient pas très loin du conservatoire.
15:24Donc, ça me permettait de faire les allers-retours. C'était des années un petit peu rock'n'roll, mais
15:29voilà, une espèce de contrat moral comme ça qui a fait que mes parents m'ont foutu la paix pendant
15:33les cinq ans d'études et que j'ai pu tranquillement construire mon projet.
15:37Oui, parce que finalement, je crois qu'il y avait même des complices dans les horaires pour les examens pour
15:41que vous passiez d'un endroit à l'autre.
15:43Exactement, exactement. Disons que les secrétaires d'université m'ont vraiment bien aidée pour aménager les doubles sessions d'examen
15:51que j'avais.
15:51Et puis, j'avais de la chance d'avoir des super potes qui m'envoyaient les notes quand je ne
15:55pouvais pas assurer de deux cours en même temps.
15:58Je crois que ça se passait à l'université Saint-Louis de Bruxelles.
16:01Exactement.
16:02Qui est une université qui a été créée à la demande du pape Pie IX qui voulait une institution catholique
16:08de niveau universitaire à Bruxelles.
16:11Je suis venue apprendre plein de choses.
16:13Alors, il se trouve que vous commencez à faire vos classes dans la chanson, en parallèle vos études qui vont
16:19vous permettre d'être juriste.
16:20Et puis, vous débutez grâce à un producteur qui vous permet d'apprendre votre métier.
16:24Et ce métier, vous l'avez vraiment appris petit à petit parce que ce n'est pas venu tout de
16:29suite votre succès.
16:30Disons que c'est vrai que les choses se sont construites au fur et à mesure.
16:34C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est dans une culture un peu différente qui est la culture du
16:38buzz,
16:39où les artistes émergent principalement et avant tout sur les réseaux sociaux, sur les plateformes, sur les différents réseaux sociaux.
16:51Et ça va en général très, très vite avant d'attaquer la scène.
16:55Et pour moi, les choses se sont passées de façon un peu plus old school, disons à l'ancienne,
17:00puisque j'ai commencé dans les pianobars.
17:02Et puis, les petites scènes, et puis des plus en plus grosses scènes.
17:06Et puis, les radios se sont intéressées à moi.
17:08Et puis, il y a eu YouTube aussi en parallèle.
17:11Mais ça, j'imagine que vous allez venir.
17:13Vous êtes super renseigné.
17:15Mais oui, oui, les choses se sont vraiment faites de façon assez progressive.
17:19En fait, ce qui s'est passé aussi, c'est qu'un jour, je crois que c'est en 2013,
17:23vous postez sur YouTube des reprises de piano voix.
17:26Et puis, ça marche.
17:27À l'époque, en plus, YouTube n'était pas ce qu'il est aujourd'hui.
17:30C'était un peu les premières covers sur YouTube.
17:35Et c'est vrai que ce n'était pas encore tout à fait la mode.
17:38Et à l'époque, mon premier single était sorti en radio.
17:41C'était un peu les prémices.
17:44Et je n'avais pas beaucoup de contenu pour mes réseaux sociaux,
17:47pour la communauté qui commençait à grandir et à me suivre.
17:50Et donc, je me suis dit, tiens, comment est-ce qu'on va créer un petit peu de visibilité
17:55ou de contenu en attendant qu'il y ait un album, etc.
17:57Il y a toutes ces années de piano voix, toutes ces heures de piano bar que j'ai dans les
18:03doigts.
18:03Je vais réutiliser certaines covers que je faisais dans les pianos bar
18:06et je vais les poster sur YouTube.
18:07Et effectivement, ça a pris un tournant assez inattendu.
18:11J'avais notamment posté, pour la petite histoire, cette cover de Gangster's Paradise, de Coolio,
18:17qui a repris d'ailleurs une chanson de Stevie Wonder.
18:23Et je poste ça et je reçois un message de mon ex-manager qui m'envoie.
18:27« Mais Tiff, Coolio a vu ta reprise et il a reposté sur tous ses réseaux. »
18:33Et en fait, c'était un moment incroyable.
18:37Parce que je me souviens que je regardais Coolio à l'atelier quand j'étais toute petite.
18:40Et là, de voir que ces covers prenaient un tel tournant inattendu
18:44et que Coolio avait vu ma reprise.
18:48Bon, maintenant, j'attends que Stevie Wonder fasse la même chose.
18:51« Mais à l'époque, vous faites un million de vues.
18:53Aujourd'hui, ça paraît banal.
18:54Mais à l'époque, c'était énorme, Tiff, par où ? »
18:57« Oui, oui, oui.
18:58Oui, ça a définitivement participé à la croissance de ma musique.
19:06Et ça m'a permis de dépasser un petit peu les frontières digitalement parlant. »
19:11Ensuite, il y a eu un problème.
19:11Un jour, en plein concert, vous devenez affaune.
19:14Oui, je perds la voix.
19:15Qu'est-ce qui s'est passé ?
19:16Je perds la voix parce qu'on découvre à ce moment-là
19:19qu'en fait, j'ai un kyste sur les cordes vocales
19:22qui est une espèce de blessure cicatrice
19:25qui mobilise une partie de la corde vocale
19:28et qui fait que, voilà, j'ai la voix que j'ai
19:32qui a ce grain particulier
19:36mais qui entraîne aussi pas mal de difficultés
19:38parce que c'est comme si j'étais un marathonien
19:41qui courait avec un genou un peu blessé.
19:44Au départ, on dit « il faut vous opérer »
19:45et vous, vous ne voulez pas.
19:47Exactement.
19:49Exactement.
19:49Donc, je perds la voix sur scène.
19:50Je vais chez l'ORL qui me dit « on opère ».
19:52Et là, je panique
19:54parce que je sais que les chances de réussite de l'opération
19:57ne sont pas de 100%.
19:59Je ne sais pas comment ça va changer ma voix,
20:01si ça va changer ma voix.
20:03Donc, je dis non, plan B, très instinctivement.
20:07Et là, il me dit « plan B,
20:08tu te tais pendant un mois »
20:09et on réévalue d'ici un mois.
20:11Et donc, je n'ai jamais répondu.
20:13J'ai hoché de la tête.
20:13Je suis sortie de là.
20:15Et pendant un mois, je n'ai pas dit un mot.
20:18Vous parliez avec des petites fiches près de vous.
20:21Exactement.
20:22Exactement.
20:23Je vivais à l'époque en appartement
20:26avec mon petit copain de l'époque
20:28qui était parti pour le boulot pendant plusieurs semaines.
20:30Et donc, j'allais à la pharmacie,
20:32au supermarché avec des petites fiches.
20:34Mais c'est marrant parce qu'au début,
20:35c'est un peu angoissant.
20:36On se dit...
20:38On a peur d'être jugé.
20:40On se demande comment on va s'en sortir.
20:41Et en fait, à partir du moment
20:42où je comprends que les personnes en face de moi
20:44sont plus mal à l'aise que moi,
20:46ça me détend complètement.
20:47Et c'est même presque devenu un jeu.
20:49Et puis, c'est surtout devenu, en fait,
20:51la période la plus paisible de toute ma vie
20:54et une des périodes les plus instructives.
20:56Parce que quand on est dans le silence,
21:00on apprend énormément de choses sur les autres.
21:02On est beaucoup plus dans l'observation.
21:03Et puis, j'en ai aussi énormément appris sur moi
21:05parce que c'est un épisode qui m'a forcée
21:08à aller observer
21:10qu'est-ce qu'il y avait derrière cette voix,
21:11pourquoi ma voix m'a lâchée,
21:14comment écouter cette voix.
21:15En fait, ma voix m'envoyait un signal,
21:17mon corps m'envoyait un signal très, très fort.
21:19Et donc, ça m'a obligée à aller faire
21:21une introspection
21:22et d'aller...
21:25Oui, d'aller apprendre
21:27comment fonctionner,
21:28comment mieux fonctionner.
21:29et finalement, ma voix qui se barre,
21:33c'était une façon de me dire
21:36grossièrement, on va te faire foutre, quoi.
21:38Vous avez fait de la méditation
21:39pendant dix jours, je crois, au Venezuela.
21:41Oui, alors là, petit saut dans le temps,
21:43ça a été plus tard, ça.
21:45J'ai été faire un vipassana.
21:47Donc, toujours dans le silence.
21:49Vipassana, c'est dix jours de retraite
21:50de méditation en silence.
21:53On médite douze, treize heures par jour.
21:55Mes parents pensaient que j'allais dans une secte.
21:58Mais, en fait, l'idée,
21:59c'est qu'on coupe
22:01toute source de stimulation extérieure.
22:03Donc, on coupe les sources de lecture,
22:05on ne regarde pas les autres dans les yeux,
22:07on ne parle pas,
22:08on n'a pas de téléphone,
22:09on a...
22:10Vraiment, c'est...
22:12Le cerveau est tellement surstimulé
22:15en permanence
22:16d'un milliard d'informations
22:18et encore plus aujourd'hui
22:19que l'idée, là,
22:20c'est de couper toute source d'informations,
22:23ce qui fait que les couches
22:25superficielles du cerveau se vident
22:27et on commence à rentrer
22:28dans des couches
22:28beaucoup plus profondes
22:29de la mémoire,
22:31de l'inconscient.
22:33Et il y a beaucoup de choses
22:34qui remontent.
22:35C'est une espèce de...
22:35C'est comme un grand nettoyage
22:38qui...
22:39qui est pas évident,
22:41mais ça a été,
22:42en même temps,
22:44tellement...
22:45Waouh !
22:46Ça a été une expérience
22:47complètement...
22:48complètement folle.
22:49Et je vous avoue
22:50que j'ai très envie
22:51de le refaire.
22:53Maintenant, ma vie,
22:54pour le moment,
22:54ne me le permet pas,
22:55mais j'aspire vraiment
22:56à y retourner
22:57parce que...
22:59Je pense que c'est indispensable
23:00comme un entretien technique
23:02d'une voiture.
23:03C'est indispensable
23:04de pouvoir couper régulièrement,
23:06de pouvoir se ressourcer
23:09et se reconnecter, en fait,
23:11à ses intuitions.
23:13Bon, on va faire silence
23:14pendant quelques instants
23:15et se couper,
23:16mais on va se retrouver
23:17dans quelques instants
23:18avec une autre date,
23:19le 8 juillet 2022.
23:20A tout de suite
23:21sur Sud Radio
23:22avec Tif Barraud.
23:23Sud Radio,
23:24les clés d'une vie,
23:25Jacques Pessis.
23:26Sud Radio,
23:27les clés d'une vie,
23:27mon invité Tif Barraud.
23:29Alors, on a évoqué
23:30votre parcours en Belgique.
23:31Petit à petit,
23:32vous devenez une star.
23:33Vous venez en France
23:34pour la première fois aujourd'hui
23:35avec un album
23:36qu'on va évoquer
23:37dans quelques instants.
23:38Et dans votre parcours,
23:39il y a une date importante
23:40que j'ai repérée.
23:41Je ne sais pas si vous en souvenez,
23:42le 8 juillet 2022,
23:43c'est votre première télé en France,
23:46un festival festidreux
23:47en Bretagne
23:48et vous êtes au journal régional
23:50où vous évoquez
23:51votre rapport
23:51à la scène et au public.
23:53Oui,
23:54oui, oui, oui.
23:55C'est le genre
23:57de bons souvenirs
23:58qu'on garde.
24:01C'est le genre
24:01de petits milestones
24:02comme ça
24:02qu'on met sur
24:04sa checklist.
24:06C'est vrai que ça fait partie
24:07des très bons moments.
24:08Mon rapport
24:09à la scène et au public,
24:10c'est essentiel pour moi.
24:13En plus,
24:14en Bretagne,
24:15c'est assez rare.
24:16Vous aviez chanté
24:17en Bretagne
24:17pour un festival ?
24:18Oui, oui, oui.
24:19Mais ce n'était pas le seul.
24:19On a aussi joué
24:21à Chalon en Champagne.
24:22On en a fait quelques-uns.
24:24On peut commencer
24:26à les compter.
24:26C'est chouette.
24:27Mais évidemment,
24:28quand on chante en anglais,
24:29c'est plus compliqué.
24:30C'est sûr que je reçois
24:32tout le temps
24:33des demandes
24:33qui me disent
24:34« Mais quand est-ce que
24:34tu vas chanter en français ? »
24:36Et c'est ma réponse.
24:38C'est que j'ai grandi
24:39dans la musique anglo-saxonne.
24:42Ce sont mes influences.
24:43Maintenant,
24:44je ne ferme pas du tout
24:46la porte au français.
24:47C'est une tellement belle langue
24:50que je prends du temps
24:51à m'y attaquer
24:52parce que je trouve
24:53que ma plume
24:53mériterait d'être encore
24:55peaufinée.
24:57Je suis très fan de...
24:59J'adore la musique
25:00des Brel,
25:00des Jacques Brel,
25:01des Cabrel,
25:03des Goldman.
25:04Et donc,
25:05je trouve que ce sont
25:07des plumes
25:08qui placent la barre assez haute
25:10et qu'il faut pouvoir...
25:11Voilà.
25:12Il faut pouvoir...
25:13Bref,
25:13ça va mettre encore
25:14un peu de temps.
25:15Pour l'instant,
25:15on revient à votre succès
25:16en Belgique
25:17qui a véritablement débuté
25:18avec cet album
25:19et cette chanson.
25:34en français,
25:35en anglais.
25:36C'est un album
25:37qui a vraiment cartonné,
25:38qui a été vraiment
25:39votre premier grand succès
25:40qui vous a lancé
25:41en Belgique.
25:41kiff par où ?
25:42Ça a été mon premier album,
25:45tout simplement.
25:45Je pense que j'ai mis
25:46un peu de temps
25:47avant de le sortir
25:48et du coup,
25:49on avait déjà posé
25:50les bases en Belgique
25:51et qui a été très bien reçu.
25:53Oui, c'est vrai,
25:54on a...
25:57Je ne sais pas trop quoi dire
25:58sur le fait que ça a été
26:00un premier succès
26:01mais en tout cas,
26:01j'ai eu beaucoup de chance
26:02d'avoir les médias
26:04et le public
26:05qui ont suivi.
26:06Vous avez été numéro un
26:07des ventes presque immédiatement,
26:08ce qui est fabuleux
26:09parce que ce n'était jamais arrivé.
26:10Et cet album,
26:11vous l'aviez enregistré
26:12à Bruxelles
26:12et à Abbey Road aussi,
26:13je crois.
26:13À Londres, tout à fait.
26:15En fait,
26:15ce n'était pas tout à fait
26:16Abbey Road,
26:17c'était des studios
26:17qui avaient repris
26:20tout le matériel
26:21d'Abbey Road,
26:21etc.
26:22Avec un groupe
26:23qui s'appelait
26:24Heliocentrics
26:24qui est un collectif
26:25londonien
26:27absolument...
26:28qui a un son
26:28absolument canon
26:30dont le son
26:31que vous venez d'entendre
26:31sur la musique
26:32The Whispers
26:33un peu...
26:35un peu rétro
26:36comme ça
26:37et ouais,
26:38ça a été une super expérience.
26:40Vraiment.
26:41Mais là,
26:41vous surprenez tout le monde
26:42à tel point
26:43que je crois
26:43que vous faites un concert
26:44à l'Ancienne Belgique
26:44et vous recevez
26:45un disco d'or
26:46le soir de ce concert.
26:47Ouais,
26:48quel super souvenir.
26:50Super souvenir,
26:51ouais.
26:52Ouais,
26:53c'est...
26:54Comme je vous le disais
26:55tout à l'heure,
26:55c'est tous des rêves
26:57de petites filles
26:57comme ça
26:57qui s'accomplissent
26:58au fur et à mesure
26:59et pour lesquels
27:00j'ai bossé dur en fait
27:01parce que finalement,
27:02comme vous le disiez,
27:03les choses ne sont pas arrivées
27:03du jour au lendemain
27:04donc il a fallu mettre du temps
27:06pour construire tout ça.
27:07Et l'Ancienne Belgique
27:08porte bonheur aux artistes
27:10puisqu'il y a un jeune chanteur
27:11à 20 ans
27:12qui a débuté
27:12alors qu'il était jeté
27:14par les radios
27:14et qu'il ne voulait même
27:15pas passer son disque
27:16et c'est Salvatore Adamo.
27:18Adorable.
27:19Il a fait ses premiers triomphes
27:21à l'Ancienne Belgique
27:21à Bruxelles.
27:22Oui,
27:22adorable Adamo.
27:23On se connaît,
27:24c'est vraiment un artiste
27:27qui a le cœur sur la main.
27:28On est bien d'accord
27:29et puis finalement,
27:29en Belgique,
27:30il y a vous,
27:32il y a Adamo,
27:32il y a François,
27:34c'est quand même
27:35un vivier d'artistes
27:36qui ont réussi.
27:38J'adore le grand écart
27:39entre les trois six.
27:41Mais c'est vrai.
27:42Mais ce sont trois styles différents.
27:43Je ne savais même pas
27:44que Frédéric François
27:45était belge.
27:46Bien sûr.
27:46Quelle ignorante !
27:48Pas possible.
27:49C'est bien,
27:49je viens refaire
27:50ma culture ici.
27:52Il se trouve que
27:52cet album sort
27:53et immédiatement,
27:55on compare votre voix
27:56à cette légende du jazz.
28:06Amy Winehouse,
28:07qui a été avec son album
28:09Back to Black,
28:11a vendu 20 millions
28:12d'exemplaires.
28:13Elle est l'influence
28:16de la musique britannique.
28:18Je crois que même
28:19Adèle,
28:20ça en est inspiré.
28:22Et c'est vrai
28:22qu'on vous compare immédiatement
28:23à cet artiste,
28:24Thierry Barrault.
28:26C'est un énorme privilège,
28:30mais en même temps,
28:32ça me paraît tellement absurde
28:34parce que je ne lui arrive pas
28:35à la cheville.
28:36Je trouve que c'est un...
28:37Mais le grain de voix,
28:38le style de voix elle-même ?
28:42Merci pour le compliment.
28:43Je ne veux que vous remercier
28:45pour le compliment.
28:45Ce n'est pas moi qui le dis,
28:46ce sont les critiques.
28:47Disons que...
28:49En tout cas,
28:50c'est la première fois
28:51que j'entends à la radio
28:52une chanteuse
28:53à laquelle j'ai l'impression
28:54de pouvoir m'identifier
28:55un petit peu
28:55en termes de grain vocal.
28:58C'est la première fois
28:59que j'entends un grain
29:00comme ça cassé,
29:02éraillé
29:03et où je me sens
29:04un peu moins seule
29:05dans ce que je fais.
29:07Et c'est vrai
29:08que ça va vous entraîner
29:09vers d'autres choses,
29:10notamment The Voice Belgique.
29:11Vous allez passer trois ans
29:13grâce au succès
29:14de cet album,
29:14Tiff Barrault.
29:16Alors,
29:17ça a été une...
29:18C'est marrant
29:19comme anecdote,
29:21mais je vais vous la raconter.
29:22En fait,
29:23avant de faire
29:24The Voice Belgique,
29:25j'ai eu The Voice France
29:25qui m'appelait chaque année
29:26pour participer
29:28en tant que talent.
29:29Bruno Berberet,
29:29si tu m'écoutes.
29:31Et Bruno,
29:32chaque année,
29:32me rappelait
29:33« Allez, Tiff,
29:33tu participerais ! »
29:34Je lui ai dit
29:34« Écoute ! »
29:35À un moment donné,
29:35je lui ai dit
29:36« Bruno,
29:36le jour où je participe,
29:38je sens que ce n'était pas
29:39pour moi en tant que talent.
29:41C'était trop gros pour moi.
29:43Ce n'était peut-être pas
29:43ce que je sentais
29:44au niveau de mon parcours de vie.
29:46Puis je trouve ça
29:46très impressionnant,
29:47les artistes qui le font,
29:48toutes ces caméras,
29:49toutes ces...
29:50Wow !
29:51C'est de grandes machines.
29:52Mais je lui avais dit
29:53« Écoute !
29:53Arrête de m'appeler, Bruno.
29:54Le jour où je le fais,
29:55je serai dans les sièges. »
29:57Et un jour,
29:58The Voice Belgique m'appelle
29:59pour que je devienne coach.
30:00Et puis,
30:02voilà,
30:02j'en suis à ma...
30:05Je crois que j'en suis
30:06de The Voice Kids
30:07qui s'est finie
30:08il y a quelques mois.
30:09Donc,
30:10oui,
30:10l'aventure est chouette.
30:12Et Bruno m'a rappelé du coup
30:13en me disant
30:13« Ah,
30:13tu m'as dit,
30:14tu l'as fait. »
30:15Exactement.
30:16Il se trouve aussi d'ailleurs
30:17que je crois
30:19que The Voice Belgique
30:19a commencé un an
30:20avant The Voice France
30:21et que les premières artistes
30:23à jouer le jeu,
30:24il y avait Lio,
30:25Natacha Saint-Pierre
30:26et Chimène Baddy
30:27avant vous.
30:28Je ne sais pas.
30:29Je ne sais plus
30:30qui étaient les coachs.
30:30Je sais en tout cas
30:31qu'il y a Moziman aussi
30:32qui l'a fait une année chez nous.
30:33Il y a eu Big Flow et Oli.
30:36Mais dans quel ordre ?
30:38Je ne saurais pas.
30:39En tout cas,
30:40vous avez fait 5 ans
30:41et je crois que c'est un record.
30:43Et vous avez traité
30:44les candidats
30:44d'une façon très particulière.
30:45Ceux que vous sélectionnez,
30:46vous les avez emmenés
30:47faire du saut à l'élastique.
30:50Ouf !
30:51Ah oui !
30:51Oh là là !
30:53En fait,
30:53c'est-à-dire qu'en tant que coach,
30:55on nous demande toujours
30:56et c'est de la télé
30:56de faire des activités
30:58sort d'un petit peu de l'ordinaire.
31:00Cette année-là,
31:00je crois qu'on nous avait
31:03proposé
31:04je ne sais même plus
31:04quel était le thème.
31:06Mais en gros,
31:06oui,
31:07c'est vrai que
31:08je les ai emmenés
31:09faire du saut à l'élastique
31:10parce que
31:11parce que quoi ?
31:12Mais il y avait une raison.
31:13Parce qu'en fait,
31:15quand on monte sur scène,
31:17il n'y a rien à faire,
31:17c'est le grand saut.
31:18Et pour certaines personnes,
31:20pour beaucoup d'artistes,
31:21d'ailleurs,
31:21c'est extrêmement angoissant.
31:23Et d'ailleurs,
31:24il y a quelque chose
31:24de pas très naturel
31:25d'aller s'exposer
31:26comme ça devant
31:26des milliers de gens,
31:30de se mettre à nu
31:31comme ça.
31:31Et donc,
31:32il y a à la fois
31:35quelque chose
31:35qui se passe
31:36au niveau chimique
31:37qui est très similaire
31:39à des sensations extrêmes
31:40telles que
31:41le saut à l'élastique,
31:42le saut en parachute.
31:43Et il y a aussi
31:44ce côté dépassement de soi,
31:46sauter le pas,
31:47parvenir à surmonter
31:49ses peurs,
31:49ses angoisses
31:50pour pouvoir performer.
31:52Et donc,
31:54voilà,
31:54c'est l'activité
31:55que je leur ai proposée
31:57par rapport à
31:59ce que je viens de vous dire
32:00parce que pour moi,
32:00ça ne me paraissait
32:02pas anodin,
32:03finalement.
32:04Mais bon,
32:05je les ai surtout emmenés,
32:06il y en a certains
32:06que j'ai emmenés
32:07avec moi sur scène,
32:08etc.,
32:08après l'expérience.
32:11Et ça,
32:11c'est des souvenirs
32:13qui vont rester
32:14pour moi,
32:14évidemment.
32:15Et le saut à l'élastique,
32:16on le connaît en France
32:17grâce à un Néo-Zélandais
32:18qui s'appelle
32:19Alan John Ackett
32:20qui a sauté
32:21le 26 juin 1987
32:23du haut de la tour Eiffel.
32:24Il a été embarqué
32:25par la police
32:26mais ça a rendu
32:27le saut à l'élastique
32:28populaire en France.
32:29C'est génial.
32:30J'adorerais.
32:31Et les sports extrêmes,
32:32d'ailleurs,
32:32vous adorez aussi,
32:33Steve Barraud.
32:33Vous en faites beaucoup,
32:34vous faites du parapente,
32:35vous êtes prête
32:36à tout faire.
32:38Disons que je suis
32:39un peu tête brûlée
32:40à ce niveau-là
32:40et que j'adore
32:42les sensations extrêmes.
32:43Je ne suis pas quelqu'un
32:44qui a le vertige.
32:46Oui,
32:46j'ai eu mon brevet
32:49en parapente,
32:49j'ai eu mon brevet
32:50en saut en parachute.
32:55disons que
32:58le saut en parachute,
32:59par exemple,
33:00ça a été motivé
33:00par le fait
33:01que pendant le Covid,
33:02on n'avait plus
33:02la possibilité
33:03de faire de la scène
33:04et donc le seul moyen
33:04pour moi
33:05de retrouver
33:06cette sensation vertigineuse
33:08que j'ai
33:09quand je monte sur scène,
33:10c'était de sauter
33:11d'un avion.
33:12Mais je me suis un peu calmée
33:13parce que
33:15quelques mois
33:16après la naissance
33:16de mon fils,
33:17j'ai accepté
33:18de faire Fort Boyard
33:19et je me suis fracturé
33:20l'épaule droite,
33:21figurez-vous.
33:22Et là,
33:23ça m'a un petit peu calmée.
33:25Je me suis dit
33:26tiens,
33:26Tiff,
33:26tu n'es plus toute seule,
33:27tu as un petit bout,
33:29il va falloir commencer
33:30à te calmer.
33:31Ça m'a un petit peu
33:33calmée dans mes ardeurs.
33:34Et il y a une chanteuse française
33:36que vous connaissez peut-être,
33:37Isabelle Aubray,
33:38qui a travaillé
33:39avec Jean Ferrat beaucoup,
33:40qui est très célèbre.
33:41Eh bien,
33:42à 85 ans,
33:42elle s'est offert
33:44son baptême
33:46en parachute
33:46et maintenant,
33:47à 88 ans,
33:48elle veut faire du parapente.
33:49Elle a bien raison.
33:51Elle a bien raison.
33:52Alors,
33:52il y a un autre moment
33:53très fort dans votre carrière
33:54et particulièrement émouvant,
33:56Tiff Barraud.
34:11Un souvenir à la fois fabuleux
34:13et très triste,
34:13c'est-à-dire que
34:14vous rencontrez Morane
34:16et vous allez faire un duo
34:18avec elle à deux reprises
34:19à Bruxelles
34:20en deux jours.
34:22J'ai les frissons
34:23dès qu'elle s'est mise à chanter,
34:24c'est un truc de fou.
34:28Oui.
34:29Oui, tout à fait.
34:30Vous pouvez venir rencontrer Morane ?
34:31Je rencontre Morane.
34:33Un jour,
34:33Morane m'appelle
34:34sur mon téléphone.
34:35Salut,
34:36c'est Morane.
34:37Ça te dit
34:38qu'on fasse un duo ensemble
34:39à l'occasion
34:40de tel événement.
34:42Moi,
34:43je suis là.
34:45Je bafouille,
34:46quoi.
34:46Elle me tutoie,
34:47on est cool et tout.
34:48J'étais en mode hallucinée.
34:51Et puis,
34:51c'est le coup de cœur immédiat.
34:54Il y a ce double duo
34:58complètement...
35:00J'en perds mes mots.
35:01C'est un moment
35:03exceptionnel pour moi,
35:04suspendu dans le temps.
35:06C'est le genre
35:07de grande âme
35:09et de grande voix
35:10qui va vous dérouler
35:11un petit tapis
35:12comme ça,
35:12qui fait que vous allez
35:13pouvoir donner
35:14le meilleur de vous-même
35:17dans ce genre
35:18de duo.
35:19Et ça,
35:20elle a tout d'une...
35:22C'est vraiment
35:23une grande dame,
35:23quoi.
35:25Et puis,
35:26le lendemain,
35:28elle disparaît.
35:29C'est fou.
35:29Vous avez fait
35:30le dernier concert
35:31de Morane
35:31alors qu'elle était
35:32en pleine forme
35:32qu'elle revenait sur scène
35:33après deux ans de silence.
35:35C'est fou.
35:36J'ai encore du mal
35:37à comprendre
35:39ce qui s'est passé.
35:40Alors,
35:40il y a aussi,
35:41puisque on parle
35:42de Brel,
35:42vous avez une phrase
35:43sur Brel
35:44qui est tout à fait juste.
35:45Vous dites,
35:45le talent n'existe pas,
35:46c'est le travail.
35:47Ce que disait Brel,
35:48Brel travaillait debout
35:49derrière un chevalet
35:50pour écrire ses chansons
35:51et pour souffrir
35:51comme les textes
35:52qu'il écrivait.
35:53Et ça,
35:54vous y croyez,
35:54Thief Barraud ?
35:55Je pourrais regarder
35:57de manière inlassable
35:58les interviews
35:59de Jacques Brel.
36:00Je trouve qu'il est
36:01tellement inspirant
36:02et qu'il est tellement juste
36:04dans sa façon
36:06de raconter son art
36:07et ce métier.
36:09Et c'est vrai
36:10que Brel,
36:11finalement,
36:12ce côté travail,
36:13vous l'avez complètement
36:14vous l'avez toujours eu.
36:17Oui,
36:18disons que mes parents
36:18m'ont inculqué ça
36:20dans mon éducation.
36:23J'ai toujours été
36:26assez perfectionniste,
36:27assez opiniâtre.
36:29Et c'est sûr
36:29que ce métier,
36:31il faut être persévérant.
36:33Il faut être persévérant.
36:36et c'est à ça
36:37qu'on reconnaît une vocation,
36:38je pense.
36:38Et quand,
36:39malgré les portes
36:40qui sont fermées,
36:41on ne lâche pas,
36:42on continue,
36:45on donne jusqu'à ce que
36:47les portes finissent
36:48par s'ouvrir.
36:49C'est ce qu'on va évoquer
36:50justement à travers
36:51la date du 28 avril 2026.
36:53A tout de suite
36:54sur Sud Radio
36:55avec Tif Barraud.
36:56Sud Radio,
36:57les clés d'une vie,
36:58Jacques Pessis.
36:59Sud Radio,
37:00les clés d'une vie,
37:01mon invité Tif Barraud.
37:02Alors,
37:03on a évoqué
37:03votre parcours
37:04en Belgique,
37:05votre ascension
37:07jusqu'à des discos d'or
37:08et des salles pleines.
37:10Et puis,
37:10le 28 avril 2026,
37:12vous donnez
37:13votre premier concert
37:14à Paris
37:14à la Maison des Métallos,
37:15qui est une salle
37:17qui est modeste
37:18par rapport
37:18aux Forestes Nationales
37:20que je crois
37:20vous avez remplie
37:20deux fois,
37:21ça fait deux fois
37:228000 places.
37:23C'est énorme.
37:24Le Forest National,
37:25c'est un souvenir fabuleux.
37:26C'est un souvenir inoubliable.
37:29Surtout que
37:30mon deuxième forêt national,
37:32en fait,
37:32j'ai annoncé
37:33ma grossesse
37:34sur scène.
37:35Oui.
37:35En disant,
37:36en fait,
37:36on n'est pas huit
37:37mais on est neuf sur scène.
37:39Ça a été un moment
37:41inoubliable
37:41et d'autant plus
37:42que c'est une salle
37:43devant laquelle
37:43je passais
37:45maintes et maintes fois
37:46quand j'étais petite
37:46et où je rêvais
37:48d'avoir un jour
37:49mon nom
37:50tout en haut de l'affiche.
37:51Donc le faire deux fois,
37:53c'était
37:55une chance,
37:56une immense chance
37:57qui m'a été offerte.
37:59Mais par contre,
38:00le fait de jouer
38:02dans des petites salles
38:03à Paris,
38:04pour moi,
38:04c'est pas
38:06moins important,
38:07c'est pas
38:07moins symbolique,
38:09c'est juste différent.
38:10C'est différent.
38:21qui s'ouvre
38:22et je vais évidemment
38:24pas bouder mon plaisir
38:25parce que ça fait partie
38:26de mes rêves
38:27de petite fille aussi
38:27de pouvoir dépasser
38:29les frontières.
38:30donc c'est sûr
38:32que quand cette opportunité-là
38:33s'est présentée,
38:34j'étais la première
38:36à dire oui
38:40et au final,
38:43c'est toujours
38:43le même stress
38:43avant de monter
38:45sur scène,
38:45qu'on joue devant
38:46500 ou 5000 personnes.
38:48C'est toujours
38:49le même stress
38:50mais quelque part,
38:51c'était très émouvant
38:52pour moi
38:53parce qu'on a joué
38:55devant une salle comble
38:56donc c'était chouette
38:57de voir
38:57que les Parisiens
38:59se déplaçaient
39:00et qu'ils étaient curieux
39:02de venir découvrir
39:04et puis c'était chouette
39:06parce qu'en fait
39:06il y avait aussi des fans
39:07qui avaient fait
39:08le déplacement
39:08depuis la Belgique
39:09qui m'ont accueillie
39:10devant la salle
39:12au moment où je suis arrivée
39:13avec un énorme calico
39:14bienvenue à Paris
39:15enfin voilà
39:16c'était
39:16c'est une date
39:19qui a eu une saveur particulière
39:20et vraiment
39:21on a
39:21enfin moi en tout cas
39:22j'ai pleinement savouré
39:23ce moment
39:24et j'espère qu'il y en aura
39:24encore plein d'autres.
39:26Pourquoi avoir attendu
39:26aussi longtemps
39:27parce que finalement
39:28vous auriez pu conquérir
39:29la France
39:30bien avant
39:31aujourd'hui
39:32bien avant 2026 ?
39:33Oh je pense
39:34qu'il doit y avoir
39:35plein de raisons
39:35c'est pas
39:36parfois c'est l'univers
39:37qui décide du timing
39:39mais bon
39:40le prochain rendez-vous
39:41ce sera l'Olympia
39:42je l'ai déjà dit
39:42je ne sais pas quand
39:43mais c'est sur ma
39:44c'est sur ma bucket list
39:45je manifeste
39:46Avec un nouvel album
39:49puisque le nouvel album
39:50est sorti
39:50en France
39:51et en Belgique
39:52en même temps
39:53et dans cet album
39:54il y a une chanson
39:55qui s'appelle
39:55Close to Me
40:14Un album qui s'appelle
40:15Dreama
40:16c'est à dire à la fois
40:17Drama et Dream
40:19Exactement
40:20un peu à l'image
40:21de tout ce que j'ai vécu
40:22depuis la sortie
40:23de l'album précédent
40:26puisqu'il s'est passé
40:28plein de choses
40:29entre les deux
40:29dont le fait
40:30notamment de donner naissance
40:32qui a été un petit peu
40:33un grand chamboulement
40:33dans ma vie
40:34parce que
40:35ça a été un peu
40:36ma propre renaissance
40:37il y a eu pas mal
40:38de changements
40:39au niveau psychique
40:40physique
40:41identitaire
40:42même parfois
40:42aussi pour certaines femmes
40:46et du coup
40:47voilà
40:48puis c'est
40:49c'est un peu la vie
40:51finalement
40:51les up et les down
40:52le rêve
40:53les moments plus compliqués
40:55c'est un peu tout ça
40:56que cet album raconte
40:58et donc
40:58ce mot valise
41:00que j'ai trouvé
41:02me paraissait bien résumer
41:04ce
41:04bon après c'est un peu
41:06la vie finalement
41:06c'est up et c'est down
41:08vos fans attendaient
41:09en Belgique cet album
41:10parce que
41:11vous êtes resté
41:11pendant plusieurs années
41:12sans sortir d'album
41:13ce qui était une première
41:14pour vous
41:14ce qui s'est passé
41:15c'est que
41:16mes deux premiers albums
41:17se sont très vite enchaînés
41:18et puis en fait
41:20quelques mois après
41:21à la sortie du deuxième album
41:22il y a eu le Covid
41:23donc la tournée
41:24a dû être reportée
41:25plusieurs fois
41:26d'ailleurs
41:27alléluia
41:27qu'elle n'ait pas été annulée
41:29et finalement
41:30l'album a vécu
41:30beaucoup plus longtemps
41:31que ce à quoi
41:33on s'attendait
41:34puisque le Covid
41:34a ralenti tout
41:35et ça a été une espèce
41:36de faille spatio-temporelle
41:37comme ça
41:38et puis le fait
41:39de donner naissance
41:40qui était un peu
41:40une surprise pour moi
41:41qui fait que
41:42finalement je me suis dit
41:43bah tiens
41:43je vais aussi prendre mon temps
41:45et puis en fait
41:45avec cette naissance
41:46il y a eu tous ces changements
41:48dans ma vie pro
41:49dans ma vie perso
41:50j'ai complètement
41:53réimaginé les choses
41:53réimaginé mon projet
41:55c'est un projet
41:56qui est beaucoup plus personnel
41:57dans lequel je suis
41:58beaucoup plus investie
41:59de A à Z
41:59je travaille avec
42:00des nouvelles personnes
42:01autour de moi aussi
42:02donc voilà
42:03j'avais pas envie
42:03de faire les choses
42:04n'importe comment
42:04j'avais surtout envie
42:06de pouvoir sortir
42:07un opus
42:08qui puisse vraiment
42:09être à l'image
42:09de cette nouvelle version
42:11de moi-même
42:11voilà
42:12et cette nouvelle version
42:13effectivement en Belgique
42:14qui est en France
42:15vous l'avez avec votre fils
42:16et votre fils a débuté
42:18encore plus jeune que vous
42:19dans la musique
42:19qu'est-ce qu'il est
42:20sur cette chanson
42:20Miracle
42:36là du coup
42:37les gens seront obligés
42:38d'aller écouter
42:38le titre sur Spotify
42:40parce qu'on entend
42:41mon fils
42:42mais pas dans l'extrait
42:42qui vient d'être
42:43il babille dans l'album
42:45oui
42:46c'est mon plus beau
42:47du haut de l'album
42:48c'est mon seul d'ailleurs
42:49sur cet album-ci
42:50puisque en fait
42:51cette chanson-là
42:52que vous venez de passer
42:53c'est une chanson
42:54que j'ai écrite
42:55quand j'étais enceinte
42:56qui en fait
42:57n'avait pas vocation
42:58de se retrouver sur l'album
42:59je voulais la faire
42:59comme un petit cadeau
43:00à mon futur fils
43:03et puis mon entourage
43:04m'a dit
43:04mais Tiff
43:05elle fait tellement partie
43:07intégrante
43:07de ton histoire
43:08et elle va parler
43:09à tellement de
43:11de femmes
43:11et de parents
43:13que ce serait triste
43:14de ne pas la mettre
43:14et donc je me suis laissée
43:15convaincre
43:16et puis en fait
43:17en la faisant écouter
43:18à mon fils
43:19il n'arrêtait pas
43:20de commenter
43:20dire des petites choses
43:22quand on l'écoutait
43:23dans la voiture
43:23et je me suis dit
43:24à un moment donné
43:24non c'est trop
43:25il faut que j'émortalise
43:26ce moment
43:27il faut que je puisse
43:29garder ce moment
43:31imprimer ce moment
43:31et donc
43:32voilà
43:32je l'ai fait
43:34enregistrer
43:34sur cette chanson
43:35et c'est mon plus beau
43:36dieu de l'album
43:37exactement
43:37et on écoutera
43:38sur Spotify
43:38effectivement
43:39ou en écoutant l'album
43:40cette chanson miracle
43:41alors effectivement
43:42vous avez beaucoup
43:43travaillé sur cet album
43:44vous avez assuré la production
43:45vous êtes entouré
43:46de nouvelles personnes
43:47vous avez même
43:48tourné le clip
43:48exactement
43:49c'était la première fois
43:51que je réalisais
43:52co-réalisais
43:52un clip
43:54où je réalisais aussi
43:57un kiff
43:57que j'avais depuis longtemps
43:58qui était de danser
43:59danser en duo
44:01et ça a été
44:02vachement sportif
44:04en fait
44:04comme expérience
44:05je me suis vraiment
44:06rendu compte
44:07à quel point
44:07les danseurs
44:09étaient
44:11incroyables
44:12de persévérance
44:15et de force
44:17parce qu'en fait
44:18moi je suis sortie
44:19complètement cassée
44:20de ce tournage
44:21c'est un peu
44:21de la danse acrobatique
44:25et voilà
44:26difficile à dire
44:27difficile à comprendre
44:28peut-être
44:28sans voir les images
44:29mais ça a été
44:31une expérience
44:32complètement folle
44:33de nouveau
44:33de co-réaliser ce clip
44:35de danser en duo
44:36et je suis vraiment
44:37très très contente
44:38du résultat que ça donne
44:40heureusement d'ailleurs
44:41parce que j'aurais été mal
44:42de me donner tout ce mal
44:44et que finalement
44:44ça ne donne pas
44:47le résultat escompté
44:47la prochaine étape
44:48c'est danse avec les stars
44:49à la cossure
44:50mais c'est marrant
44:51tout le monde m'en parle
44:52je le prends comme un compliment
44:53alors il se trouve aussi
44:54que dans cet album
44:55il y a une évocation
44:56de la mythologie
44:57et que la mythologie
44:58c'est chère à votre coeur
44:59depuis vos jeunes années
45:00Thief Barrault
45:01disons que mes parents
45:04adoraient nous expliquer
45:05les différentes histoires
45:07de la mythologie
45:08grecque
45:09oui la mythologie grecque
45:10j'ai une petite sœur
45:11qui s'appelle Sappho
45:12moi je m'appelle Tiffany
45:13qui est aussi un prénom
45:14de consonance
45:16et d'origine grecque
45:18et donc oui
45:19il y a cette culture là
45:22qu'on a eu assez jeune
45:25et effectivement
45:27comme les grandes figures
45:29puissantes de la mythologie
45:32tel qu'Athéna
45:32avec son casque
45:34toutes ces figures puissantes
45:35ont un attribut
45:36moi je voulais
45:37pour mon album aussi
45:38avoir un attribut
45:39qui puisse symboliser
45:41cette renaissance
45:41qui puisse symboliser
45:42tout ce que je racontais
45:43sur l'album
45:44et donc j'ai imaginé
45:45avec un designer parisien
45:46qui s'appelle
45:47Christophe Leca
45:48que j'embrasse
45:50cette cagoule
45:51en métal mèche
45:53qui est une matière
45:54que lui travaille
45:55pour des grandes marques
45:56comme Paco Rabanne
45:56comme Chanel
45:57il m'a donné la chance
45:59de pouvoir imaginer
46:00cette cagoule
46:02qu'on a créée ensemble
46:06et que je porte aussi
46:07notamment sur scène
46:10et voilà
46:11et que je voulais
46:13évidemment
46:14qu'il puisse symboliser
46:16plus qu'un accessoire
46:18esthétique
46:18vraiment
46:19qu'il puisse avoir
46:20une symbolique forte
46:21en lien avec mon histoire
46:23et avec l'album
46:24et qui prouve
46:25justement
46:26le côté armure
46:27que vous avez eu
46:28dans la vie
46:29depuis vos débuts
46:29avec toutes les épreuves
46:30que vous avez traversées
46:32oui
46:32après chacun le voit
46:33un petit peu
46:34comme il veut
46:35il y a ce côté protection
46:36il y a ce côté
46:37aussi étincelant
46:39parce que c'est pas
46:39une cagoule
46:40derrière laquelle
46:40je me cache
46:41c'est quelque chose
46:41que
46:42il y a une célébration
46:43quelque part
46:44dans cette renaissance
46:46aussi
46:47il y a le côté guerrière
46:48parce que
46:49je me sens plus forte
46:50plus résiliente
46:51qu'avant
46:51mais en même temps
46:52c'est sur peau nue
46:53sur la pochette d'album
46:54donc il y a ce côté
46:55aussi quand même
46:56cette fragilité
46:57qui est exacerbée
46:57aussi avec la maternité
46:59cette vulnérabilité
47:00que j'ai toujours eu
47:02voilà
47:03chacun il voit
47:04un peu la symbolique
47:05qu'il veut
47:05et j'aime bien
47:06qu'on puisse
47:07y donner
47:08son interprétation
47:10vous pourriez chanter
47:11un jour
47:11que reste-t-il
47:11de nos armures
47:15je prends la proposition
47:16je ne dis pas
47:17que je vais l'appliquer
47:17mais
47:19une autre chanson
47:19de cet album
47:20Rise
47:35ce sujet
47:35c'est l'hommage
47:37à la femme
47:37et c'est vrai
47:38qu'aujourd'hui
47:38les femmes
47:39ont beaucoup plus
47:39de pouvoir
47:40et de présence
47:41que voici
47:42quelques décennies
47:42et ça vous touche
47:43et ça vous plaît
47:45oui
47:46forcément
47:47ça fait aussi partie
47:48des choses
47:50que j'ai découvertes
47:51en devenant maman
47:52puisqu'il y a quand même
47:53une prise de conscience
47:54où finalement
47:56quand on donne naissance
47:57on ne peut pas
47:58s'empêcher
47:59de se projeter
47:59pour son enfant
48:00et du coup
48:01de remettre en question
48:02un petit peu
48:02sa propre enfance
48:03sa propre adolescence
48:04les choses par lesquelles
48:05on est passé
48:08les choses
48:09dont on ne veut plus
48:10dont on ne veut pas
48:11pour son enfant
48:11on est obligé
48:12d'être cohérent
48:13avec ça
48:13je trouve
48:14quand il y a
48:15cette forme
48:15de responsabilité
48:16et du coup
48:17je n'ai pas pu
48:17m'empêcher
48:18de constater
48:19quand même
48:19qu'il y avait
48:20certaines choses
48:20dans ma docilité
48:21certaines formes
48:22de violence
48:23que j'avais acceptées
48:25ou en tout cas
48:26que j'avais endurées
48:27en minimisant
48:31peut-être un peu
48:31les choses
48:32en tout cas
48:34il y a une grande
48:35forme de résilience
48:36et il y a
48:37cette prise de conscience
48:38
48:38il y a aussi
48:38le fait
48:39de parler
48:41autour de soi
48:41et de voir
48:42qu'en fait
48:43il y a tellement
48:43de femmes
48:44autour de moi
48:45qui sont passées
48:47par des choses
48:48compliquées
48:48qui endurent
48:49des choses compliquées
48:50qui les avouent
48:51aujourd'hui
48:51oui
48:51je trouve que la parole
48:52se libère
48:53et c'est peut-être
48:54le plus courageux
48:54parce que
48:57il y a aussi
48:59cette remise en question
49:00de la parole
49:00de la femme
49:01qui accompagne souvent
49:02et qui peut être
49:02parfois tout aussi
49:04douloureuse pour les femmes
49:05que le fait
49:06d'avoir vécu
49:07des choses douloureuses
49:08d'avoir vécu
49:09des formes de violence
49:10et des choses comme ça
49:12voilà
49:12mais cette chanson
49:13je l'ai voulu positive
49:14je l'ai voulu
49:14comme un message
49:17d'émancipation
49:19comme un boost positif
49:22de rise
49:23c'est oui
49:24le fait de briller
49:25en tant que femme
49:26de prendre sa place
49:27en tant que femme
49:29et puis
49:30il n'y a rien à faire
49:30je vois d'autant plus
49:32aujourd'hui
49:32les femmes
49:33comme
49:35comme des guerrières
49:36parce que
49:37parce que
49:38parce que
49:38la vie a fait que
49:41que l'expérience
49:41c'est les différentes
49:43expériences
49:43par lesquelles
49:43je suis passée
49:44et puis le fait
49:45d'en parler aussi
49:45le fait d'observer
49:47ça
49:47ça éveille les consciences
49:49alors ce côté guerrière
49:51donc vous l'exprimez
49:52en ayant
49:53en triomphant
49:53en Belgique
49:54en Allemagne
49:54mais quand on écoute
49:55cette chanson
49:56mais en Allemagne
49:56je ne sais pas
49:57on vous est suivi
49:59en Allemagne
49:59et en Espagne
50:00je crois qu'il y a
50:02Géorgie aussi
50:02les trucs un peu
50:04improbables
50:04mais ça c'est l'effet
50:05Youtube je pense
50:06mais en même temps
50:07ces chansons sont
50:08internationales
50:08vous pourriez imaginer
50:09bon il y a la France
50:10mais il y a aussi
50:11d'autres pays
50:12oui bah
50:13évidemment
50:13l'envie
50:14c'est que
50:14c'est que ça puisse
50:16s'étendre
50:16au-delà des frontières
50:18au plus au mieux
50:19on a
50:20on a
50:20on a une date
50:21en Luxembourg
50:21qui arrive
50:22on a déjà fait
50:22des dates en Suisse
50:23aussi
50:24donc voilà
50:25on espère
50:25que ça va continuer
50:26comme ça
50:26et l'avenir en France
50:27justement
50:28Thief Barraud
50:28maintenant que vous avez
50:29débuté à Paris
50:30c'est bon
50:31je suis passé sur Sud Radio
50:34il y a un boulevard
50:34qui est ouvert pour moi
50:36mais c'est vrai
50:37que vous allez continuer
50:38à développer
50:39ce parcours en France
50:41évidemment
50:42évidemment
50:42ça fait
50:43évidemment partie
50:44de mes envies
50:45je crois que vos parents
50:46sont très fiers de vous
50:47et je crois que
50:47vous leur avez fait écouter
50:48les nouvelles chansons
50:49en voiture
50:49c'est une de vos traditions
50:51mais oui
50:52parce que l'autre jour
50:53l'autre jour
50:53je veux leur faire découvrir
50:54une partie de l'album
50:55et puis
50:57et puis
50:58mon papa veut faire passer
50:59le son par sa TV
51:00bref
51:00j'ai pas trop compris
51:01le concept
51:02mais j'ai dit
51:02écoutez
51:02venez tous dans ma voiture
51:03comme ça je suis sûre
51:04qu'on va avoir un bon son
51:06et voilà
51:06Igor est un peu
51:07il me dit
51:08écoute Téphanie
51:08je veux pas écouter
51:09dans un voiture
51:10je suis bien chez moi
51:11dans mon salon
51:11je dis papa
51:12allez
51:12s'il te plaît
51:13fais comme je te dis
51:14fais moi ce petit plaisir
51:15tu vas voir
51:16et donc voilà
51:17on a eu notre petite session
51:18d'écoute dans ma voiture
51:19devant la maison
51:20tout ce qu'on peut souhaiter
51:21maintenant
51:22c'est que tout roule pour vous
51:23en Belgique bien sûr
51:24mais aussi en France
51:25et on est heureux
51:27d'avoir été un peu
51:28les parrains
51:28de votre aventure française
51:30en espérant
51:30qu'elle se poursuive
51:31et qu'on ait rapidement
51:33la suite
51:33en vous recevant
51:34sur Sud Radio
51:35merci beaucoup
51:36merci Tif Barraud
51:37les clés d'une vie
51:38c'est terminé pour aujourd'hui
51:39on se retrouve bientôt
51:40restez fidèles
51:40à l'écho de Sud Radio
51:41merci Tif Barraud
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