- il y a 10 heures
Les clefs d'une vie de Bruno Verjus
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-04-29##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06La cuisine a fait de vous un homme de goût.
00:08Vous avez débuté au fourneau sur le tard,
00:11mais en vous levant très tôt et sans en faire tout un plat.
00:14Vous publiez votre premier roman, La Recette,
00:16avec l'espoir qu'elle devienne celle du succès.
00:19Bonjour Bruno Verjus.
00:20Bonjour.
00:21Alors c'est vrai que vous êtes un cuisinier très particulier,
00:23vous avez un parcours totalement fou qu'on va évoquer,
00:26c'est le principe des clés d'une vie.
00:27Nous allons parler aussi de La Recette, votre premier roman chez Albain Michel,
00:31qui est un roman étonnant, parce qu'en général,
00:33les livres de cuisine, il n'y a pas d'histoire, et là il y en a une.
00:36Alors, les premières dates que j'ai trouvées,
00:38la première, c'est le 10 décembre 2007,
00:40votre première télé dans cette émission.
00:46La première émission de télévision référencée pour vous,
00:49c'est Frédéric Taddeï, ce soir ou jamais,
00:52une soirée sur le thème de la gastronomie des amateurs de bonne chair.
00:55Vous en souvenez ?
00:55Oui, tout à fait.
00:57Et vous étiez là dans ce débat,
00:58et vous aviez été invité pour un livre qui s'appelait
01:01Tous en cuisine et qui est sorti deux ans plus tôt.
01:04Oui, c'est ça.
01:04Alors ça, c'est mon premier livre.
01:07J'étais à l'époque, évidemment, un amateur,
01:09probablement un amateur éclairé.
01:10J'étais encore chef d'entreprise quand il y a eu ce livre,
01:13et je me suis bouillant tout à fait de cette émission
01:15que j'appréciais beaucoup.
01:17J'apprécie beaucoup aussi Frédéric Taddeï,
01:19qui est un excellent interviewer,
01:22qui a inspiré sans doute par vos pas, travail,
01:26c'est-à-dire l'île est libre et s'est posé les belles questions.
01:28Et donc, vous vous retrouvez dans un débat comme ça,
01:30votre première télé, ce n'était pas évident,
01:32parce que vous n'aviez jamais fait de télé,
01:34Non, non, je n'avais jamais fait de télévision,
01:36mais je me souviens quand même d'un accueil très chaleureux,
01:39d'une ambiance un peu dans la pénombre,
01:42ce qui est d'une intelligence totale,
01:44parce qu'évidemment, ça appelle à la confidence,
01:47on s'en protégeait par la pénombre,
01:49on n'est pas comme ça sous les phares des projecteurs,
01:53et donc ça crée un climat propice aux dialogues
01:57et propice aux échanges.
01:59Et je crois que dans la même émission,
02:00il y avait un grand amateur de gastronomie,
02:02c'était Claude Chabrol.
02:04Oui, absolument.
02:05Oui, bien sûr, formidable,
02:06toujours qu'il y avait des histoires en partage absolument incroyables,
02:10parce qu'une vie fascinante aussi,
02:11tournée vers le manger.
02:12Oui, parce qu'on ne pouvait pas imaginer un film de Claude Chabrol
02:15sans une cantine exceptionnelle à midi.
02:18Absolument.
02:19Cantine pour tout le monde.
02:21Exactement.
02:21Et aussi de belles histoires,
02:23de belles histoires de bouche, je crois.
02:24Mais c'est une époque aussi où, dans le cinéma,
02:27on aimait encore montrer les liens de la table.
02:30Jean Gabin et Michel Audiard
02:32avaient leur cantinière
02:33et s'ils n'étaient pas sur le film,
02:34ils ne tournaient pas le film.
02:35Oui, ils avaient bien raison,
02:36parce que je pense que d'un bon repas,
02:38qui sait nourrir le corps,
02:39mais sait nourrir aussi l'arme,
02:41vient l'esprit.
02:43Alors, il se trouve que dans chaque film de Chabrol,
02:44il y a une recette ou un plat, je peux vous le savoir.
02:46Par exemple, il y a la provençale dans Les Cousins,
02:48la bouillabaisse dans Les Innocents aux mains sales,
02:51la blanquette de veau dans Une Partie de Plaisir
02:54et la fréquenteur de veau à l'oseille
02:56dans Les Fantômes du Chapelier.
02:57Oui, c'est merveilleux,
02:58d'autant que là, en même temps qu'on se souvient
03:01évidemment des films de Chabrol,
03:03on énonce finalement la grande cuisine classique
03:06et familiale française.
03:07Et les artisans,
03:08car je crois que dès votre premier livre,
03:10les artisans ont toujours eu beaucoup d'importance
03:12pour vous, Bruno Vergil.
03:13Ce qui m'a conduit à la cuisine,
03:15en tout cas à mon goût pour la cuisine,
03:16c'est évidemment l'intérêt que je portais
03:19aux artisans,
03:19à ceux qui, un jour,
03:22décident de cultiver les plus belles carottes,
03:24en retrouvant des variétés anciennes
03:26et de les faire pousser sur des terres afférentes
03:29ou d'élever des volailles anciennes
03:30ou de prendre soin de poissons
03:32dans des lieux de pêche particuliers.
03:34Je ne sais pas pourquoi,
03:34ça m'a toujours beaucoup ému.
03:36Oui, mais en même temps,
03:37les artisans étaient en danger.
03:38Je me souviens de Bernard Loiseau,
03:39débutant à Saulieu,
03:40en disant « je vais sauver les artisans du Morvan ».
03:43Personne n'y croyait et il les a sauvés.
03:45Et aujourd'hui,
03:46beaucoup de cuisiniers font appel des artisans,
03:48ce qui n'est pas si courant
03:50voici quelques années.
03:51C'est vrai que le monde a changé de cette façon-là
03:54parce qu'avant,
03:54les chefs faisaient plutôt appel
03:56à une forme de globalisation,
03:58c'est-à-dire d'acheter des produits
04:00un peu partout et pas trop cher,
04:02et qu'ils sont revenus à ce rapport
04:05à l'artisan,
04:06comme quand on voit M. Bocuse,
04:08qui a probablement été un de ceux
04:10qui ont aidé à planter ces graines-là,
04:11qui allaient non seulement au hall
04:13retrouver ces petits artisans,
04:15mais qui avaient un certain nombre
04:16de producteurs, de cueilleurs,
04:19de ramasseurs qui arrivaient
04:20avec un sac de grenouilles
04:22ou un sac d'herbe devant son restaurant
04:24pour essayer à ce qu'il soit à la carte.
04:27Et je trouve que ce rapport
04:28aux palpitations du monde,
04:29aux vibrations du monde,
04:30c'est évidemment ce qui fait la belle cuisine.
04:31Et votre premier livre,
04:32il y avait quelqu'un
04:33qui a signé les photos avec vous,
04:35quelqu'un qui n'était pas la légende
04:36qu'on connaît aujourd'hui,
04:37qui était Yann Arthus Bertrand.
04:39Oui, quand on m'a proposé
04:40de faire ce livre,
04:41j'avais envie qu'un garçon
04:44un peu étonnant pose son regard
04:47sur mes artisans
04:49et sur ceux qui m'avaient touché.
04:51Et à l'époque,
04:52Yann commençait à être connu
04:53pour ses photos vues d'avion
04:55ou d'hélicoptère,
04:56mais personne ne souvenait vraiment
04:57de son œil,
04:58sachant regarder justement
05:00des artisans
05:01ou des gens qui parlent vrai.
05:02Et je lui avais demandé,
05:03il y avait fallu le séduire,
05:04parce que c'était déjà une star
05:06et qu'il était un petit peu coqué.
05:08Et donc, il y avait fallu le séduire
05:10pour qu'il accepte
05:12de faire ses photographies
05:14qui étaient du coup
05:15un peu loin de son genre nouveau.
05:17Il avait pris de la hauteur,
05:19comme on dit.
05:20Dans sa fondation Goût de Planète,
05:21d'ailleurs,
05:22il y a des ateliers cuisine
05:23pour apprendre à manger
05:24et cuisiner
05:25de façon durable,
05:26avec peu d'ingrédients.
05:29Oui, je crois que Yann,
05:32qui n'était pas très intéressé
05:33par la cuisine,
05:34nos discussions,
05:36notre rapport,
05:36je lui ai un peu donné
05:38le goût de la cuisine.
05:40On s'est aperçu,
05:41il n'y a pas si longtemps,
05:41on ne se voit pas beaucoup.
05:42Mais je sais que oui,
05:43et aujourd'hui,
05:45il est touché par ça.
05:46Alors, Bonneau-Vergus,
05:47je crois aussi
05:48que vos origines,
05:50notamment,
05:51on devrait aller vers la cuisine
05:52puisque vous êtes né à Rouen,
05:53le pays des frères Trois-Goraux.
05:55C'est vrai que je suis né à Rouen,
05:56pays des frères Trois-Goraux,
05:58mais malheureusement,
06:00je suis né du mauvais côté
06:01de la voie ferrée.
06:03Ah, d'accord.
06:03C'est-à-dire que le côté Trois-Goraux,
06:05c'est évidemment le centre-ville,
06:07l'endroit, entre guillemets,
06:08un peu bourgeois,
06:09bien qu'en face de la gare.
06:10Et moi,
06:10j'étais de l'autre côté
06:11de la gare
06:12et du passage à niveau,
06:13c'est-à-dire le quartier
06:14un peu pauvre.
06:15Alors, malheureusement,
06:16je n'ai pas pu profiter
06:18des lumières
06:19et des beautés
06:19des Trois-Goraux
06:20avant l'âge de 30,
06:2235 ans,
06:22quand je suis revenu à Rouen
06:24et que j'ai pu me payer
06:25un repas chez eux.
06:26Mais enfant,
06:26je ne l'ai pas connu.
06:28Moi, je me souviens
06:28de Guy Savoie,
06:31débutant
06:31chez les Trois-Goraux,
06:33et ils voient arriver
06:33deux journalistes
06:34qui étaient Christian Millot
06:36et Henri Gaud.
06:36Et c'est comme ça
06:37que la nouvelle cuisine est née
06:38et que les premiers articles
06:39sont nés dans Paris Presse
06:40à l'époque.
06:42Probablement,
06:42avec un Jean Trois-Goraux
06:44qui revenait déjà
06:45probablement du Japon
06:46et qui avait été frappé
06:47par la beauté,
06:50de la simplicité,
06:51de la pureté
06:52et par l'élégance.
06:53Alors,
06:54vos souvenirs d'enfance
06:55n'est pas Trois-Goraux,
06:56c'est une rivière
06:57qui s'appelle
06:58la Renaissance.
06:58Le Renaissance, oui.
06:59Le Renaissance.
07:00Et ça, c'est quelque chose
07:01qui vous a marqué ?
07:02Oui, beaucoup,
07:02parce qu'effectivement,
07:04quand je suis petit,
07:05on passe beaucoup de temps
07:07dans cette maison
07:08qui est la maison familiale
07:10de mon père de naissance
07:11à Renaissance,
07:12qui est une modeste maison
07:13en bord de rivière.
07:15Et quand on est un enfant,
07:16c'est extraordinaire
07:17parce que moi,
07:18je vivais mes aventures
07:20couchées sur mon lit
07:21à lire des livres.
07:22Et puis,
07:22quand j'étais à Renaissance,
07:23je pouvais aller vivre
07:24d'autres types d'aventures
07:25en m'échappant
07:27de ma chambre,
07:28notamment à l'heure
07:28où on colle les enfants
07:29à la sieste.
07:30C'était comme ça à l'époque.
07:31Et on s'échappait,
07:32je m'échappais,
07:33je retrouvais un copain
07:34ou deux
07:34et on partait vivre
07:35des aventures
07:35absolument extraordinaires
07:37sur les bords
07:38du Renaissance.
07:39Bruno Vergeau,
07:40il faut savoir que le Renaissance
07:41a presque un rapport
07:41avec la cuisine
07:42puisqu'il prend sa source
07:45dans les monts de la Madeleine
07:46et que Renaissance
07:47est jumelé avec Gruyère.
07:49C'est vrai que j'ai vu
07:50Renaissance jumelé
07:51avec Gruyère.
07:51D'ailleurs,
07:52je me souviens,
07:52enfant,
07:53avoir découvert
07:53le Gruyère.
07:55Alors,
07:55le Gruyère,
07:55on le connaissait
07:56parce que c'était
07:57du Gruyère
07:58non pas sous plastique
07:59mais un Gruyère
08:00assez banal,
08:01finalement,
08:01qu'on reconnaissait
08:02grâce aux trous.
08:03Et là,
08:03c'était une découverte
08:04incroyable
08:05parce que les gens
08:05de Gruyère
08:06avaient amené
08:06des meules de Gruyère
08:07qui, d'un seul coup,
08:08avaient des goûts
08:08absolument extraordinaires.
08:10C'était un autre univers.
08:12Alors,
08:12un autre univers
08:13que la cuisine au départ,
08:14c'est que vous commencez
08:16vos études de médecine
08:17à Lyon,
08:17Bruno Verjus.
08:18Pourquoi ?
08:19Je fais les études
08:20de médecine à Lyon
08:20parce que je suis envoyé
08:21par mes parents.
08:23Voilà.
08:23Et donc,
08:24on dit,
08:24vous savez,
08:25quand on a des enfants
08:28dans une famille modeste
08:29qui sont capables
08:30de faire quelques études
08:32ou de les poursuivre,
08:33on les envoie
08:33faire médecine
08:34ou faire du droit
08:36s'ils ne peuvent pas
08:37faire médecine.
08:37C'est comme ça
08:38dans les années 70.
08:40Et donc,
08:40je me retrouve à Lyon
08:42et ça ne vous a pas
08:43intéressé.
08:43Vous n'êtes pas allé
08:44jusqu'au bout,
08:45je crois.
08:45Non,
08:45je ne suis pas allé au bout.
08:46Ça ne m'a pas vraiment
08:47intéressé.
08:48À un moment,
08:48je me suis rendu compte
08:49que ce n'était pas ma vie.
08:50C'est-à-dire que j'étais
08:51toujours attiré.
08:52En même temps que je faisais
08:52médecine,
08:53je faisais de la photographie.
08:54J'adorais.
08:55J'ai découvert ça
08:55parce qu'en fait,
08:56sur la route,
08:57entre là où ma modeste
08:58chambre et la faculté
09:00de Lyon Nord,
09:01il y avait ce qui est devenu
09:04la fondation des Frères Lumière
09:05et à côté,
09:06on pouvait prendre
09:07des cours gratuits
09:11à développer des pellicules
09:13en noir et blanc
09:13et faire des tirages
09:14en noir et blanc,
09:15ce qui a été une grande passion
09:16de ma vie.
09:16Et puis ensuite,
09:17à prendre quelques photos.
09:18Je crois que vous êtes allé
09:19ensuite à Los Angeles
09:20où vous êtes devenu photographe.
09:22Oui,
09:22alors j'étais déjà un peu photographe
09:23et ça m'a amené à voyager.
09:25Je suis allé à Los Angeles,
09:26bien sûr,
09:26et où j'ai,
09:27d'une certaine façon,
09:27découvert la vie.
09:28Parce que moi, petit,
09:30j'avais compris
09:30que j'étais presque condamné
09:36à la vie à Rouen,
09:38comme la plupart
09:39de mes camarades d'école
09:40au lycée Jean Puy.
09:41Et ça ne me paraissait
09:44pas me convenir,
09:45en réalité.
09:45Pour faire quoi, en plus ?
09:46Alors, peu importe.
09:48Mais en tout cas,
09:49moi, je voulais partir.
09:50Je voulais partir.
09:51Et donc,
09:52me retrouver
09:52dans une grande ville
09:55comme L.A.,
09:56d'abord New York,
09:57puis L.A.,
09:58ça a été quelque chose
09:58qui a bouleversé ma vie.
10:00D'abord,
10:00je me suis rendu compte
10:01que si on voulait,
10:02on pouvait.
10:02C'est-à-dire que la volonté
10:04faisait que les choses
10:05pouvaient s'auto-organiser
10:06pour vous le permettre.
10:07Et ça m'a conduit en Chine,
10:09aussi,
10:09d'une certaine façon.
10:10Oui, mais justement,
10:11elle est Los Angeles,
10:13un petit Français
10:14qui débarque
10:14pour être photographe.
10:15Ce n'est pas évident,
10:16Bruno Berger.
10:17Non, ce n'est pas évident,
10:18mais à la grande différence
10:19de la France à l'époque,
10:20c'est que si vous avez,
10:21vous voulez rencontrer
10:22quelqu'un,
10:23qui soit-il,
10:24vous avez la possibilité
10:25de le faire
10:26à la condition
10:26que vous ayez
10:27des choses intéressantes
10:28à lui dire
10:28et que vous ayez
10:30suffisamment,
10:30comment dire,
10:31que vous soyez,
10:34vous enthousiasmez
10:35une idée,
10:35vous enthousiasmez
10:36un moment,
10:37et à partir de là,
10:38les choses s'ouvrent.
10:38Et donc,
10:39c'est quelque chose
10:40qui peut vous bouleverser
10:41dans votre construction personnelle.
10:43C'est-à-dire que vous avez pu rencontrer
10:45des gens qui vous ont dit
10:46« vas-y, mon petit travail ».
10:46Oui, j'ai pu rencontrer
10:47des gens qui m'ont fait travailler,
10:49qui m'ont offert des opportunités
10:50parce qu'ils sentaient
10:51que j'avais envie de le faire
10:52et qu'il y avait probablement
10:53un potentiel.
10:54Alors qu'en France,
10:55on était déjà dans un monde
10:56un peu hermétique
10:57et que je n'appartenais pas.
10:59Donc,
10:59si on appartient en France,
11:00les choses sont plus faciles,
11:01mais quand on n'appartient pas,
11:02ce n'est pas très évident.
11:03Et quand on arrive de Rouen,
11:04on n'appartient pas du tout.
11:06Il y a un grand photographe
11:07totalement oublié
11:08qui s'appelle Bob Willoughby
11:09qui est le photographe
11:10de Hollywood,
11:12les années 50,
11:12qui a fait toutes
11:13les grandes photos de stars
11:14et qui est aujourd'hui mythique,
11:16qui est dans un musée.
11:17La photo à Hollywood
11:18et à Los Angeles,
11:19c'est quelque chose
11:19de très important.
11:20C'est quand même...
11:21Oui, c'est la ville de l'image.
11:24Je pense qu'on comprend
11:25avant tout le monde
11:25la puissance de la photographie
11:27et de l'image
11:28et que la puissance
11:29de la photographie
11:29et de l'image,
11:31au départ,
11:32il y a l'idée
11:33puis ensuite l'œil
11:34et la réalisation se fait.
11:35Et c'est ça qui compte.
11:37La puissance de l'image
11:38et des ondes.
11:38Nous, on a notre chaîne
11:39Radio YouTube
11:40et on a Sud Radio
11:41et on va continuer
11:42à parler avec vous
11:43avec une autre date
11:44le 19 décembre 2011.
11:46A tout de suite
11:46sur Sud Radio
11:47avec Bruno Verjus.
11:49Sud Radio,
11:49les clés d'une vie,
11:51Jacques Pessis.
11:51Sud Radio,
11:52les clés d'une vie,
11:53mon invité Bruno Verjus.
11:54Nous parlerons tout à l'heure
11:55de La recette,
11:56votre premier roman
11:56chez Albin Michel.
11:58En sachant que vous avez
11:59fait bien d'autres choses,
11:59on a commencé à évoquer
12:01vos jeunes années
12:01à Rouen,
12:03à Lyon
12:03et à Los Angeles.
12:04Et puis,
12:0519 décembre 2011,
12:07car vous ne faites
12:07jamais rien comme les autres,
12:08il y a une première
12:09chez Arcurial,
12:11une vente aux enchères
12:12de produits gastronomiques.
12:13Et ça,
12:14c'est aussi quelque chose
12:15que vous avez créé.
12:16Et vous l'avez créé
12:17avec François Tagent
12:19qui était le patron
12:20d'Arcurial à l'époque.
12:21Oui,
12:22avec mon ami François Tagent,
12:23malheureusement disparu.
12:26Et effectivement,
12:27un jour,
12:28on a un dîner ensemble
12:31avec un autre ami
12:32qui est Éric Leroy,
12:33qui est aussi
12:33chère Curial.
12:34Et je leur dis,
12:36mais pourquoi
12:37est-ce qu'on ne vendrait pas
12:39des choses éphémères
12:40comme des choses
12:41qui se mangent ?
12:43Tout le monde me regarde
12:44de façon un peu étrange.
12:46Et je leur dis,
12:46oui,
12:46parce que finalement,
12:48ce serait la démonstration
12:49que l'argent,
12:50dans une vente aux enchères,
12:52peut tout acheter,
12:53peut tout dominer.
12:54Celui qui met le plus
12:55qui va posséder.
12:56Et le goût,
12:57en revanche,
12:58la culture du goût,
12:59même l'argent ne peut pas l'acheter.
13:01Et donc,
13:01on peut l'éclairer.
13:02Et cet argent,
13:04dépensé pour acquérir
13:05des choses extraordinaires
13:06et simples en même temps,
13:08on en fera un bon usage
13:09parce qu'on le donnera
13:10à la Croix-Rouge.
13:12Et on va faire la vente
13:12avant Noël.
13:13Ça permettra de faire
13:14des beaux repas de Noël
13:15pour ceux qui ont les moyens
13:16et de faire des beaux repas de Noël
13:18aussi pour ceux
13:18qui n'ont pas les moyens
13:19puisque les maraudes
13:21disposeront d'un peu plus d'argent
13:22pour distribuer de la nourriture.
13:24Et ils ont dit
13:25bingo, on y va.
13:26François est en enthousiasme,
13:28évidemment.
13:29Arcurial aussi.
13:30Et c'est comme ça
13:31que c'est parti.
13:32Arcurial est une maison
13:33qui est née en 2002,
13:35qui est la première
13:36à avoir présenté
13:37des enchères,
13:37notamment sur le design
13:39ou le street art
13:40et qui a donc créé
13:41cette vente particulière.
13:43Et François Tachan
13:43est devenu célèbre
13:45parce qu'il a été
13:46le premier
13:47à vendre aux enchères
13:48les planches
13:49de Hergé,
13:50de Tintin.
13:51Je crois que ça a rapporté
13:52plus de 5 millions d'euros,
13:53ce qui était totalement fou.
13:55Oui, ce qui était une folie,
13:56c'était le marteau
13:57évidemment de l'expert,
13:57mon ami Éric Leroy,
13:58qui a inventé en quelque sorte
14:00ce marché de la bande dessinée
14:02pareil,
14:03en partant d'une idée,
14:04en disant
14:04mais pourquoi
14:05l'art de la BD
14:07n'aurait-il pas
14:08autant de valeur
14:09finalement
14:09que l'art
14:11moderne
14:11ou l'art contemporain
14:12ou le graphe
14:14ou d'autres formes d'art
14:15comme le design ?
14:16Oui, alors il se trouve
14:17en plus
14:17que moi je me souviens
14:18d'Hergé
14:19qui m'avait raconté
14:20un jour
14:20qu'il était très étonné
14:21parce qu'il pensait
14:22écrire des BD pour enfants
14:23et un jour
14:24les 3 astros d'entrevue
14:25de la Lune
14:25lui ont demandé
14:26un autographe.
14:27C'était une grande surprise
14:28pour lui.
14:29Je crois que c'est le génie
14:30de la bande dessinée
14:30c'est que ça s'adresse
14:31c'est ça,
14:32c'est Tintin,
14:327, 77 ans
14:34on disait non
14:35et donc finalement
14:36je crois que c'est
14:37exactement ça
14:38c'est-à-dire
14:38que ça s'est touché
14:39il y a une forme
14:40de polysémie
14:41dans la bande dessinée
14:42qui peut toucher l'enfant
14:43et puis qui va toucher
14:44l'adulte
14:44ou la part d'enfant
14:45qui reste dans l'adulte.
14:46Alors il se trouve
14:47que lorsqu'on voit
14:48le dossier
14:48de cette première
14:49chez Arcurial
14:50on vous présente
14:51Bruno Verjus
14:52comme l'un des protagonistes
14:53de la sphère
14:55gastronomico-médiatique.
14:57Oui probablement
14:58parce qu'à l'époque
14:58évidemment je suis chef
14:59d'entreprise
15:00j'ai mon entreprise
15:00de trading en Chine
15:01mais j'ai aussi
15:03un blog
15:04alors je ne sais même pas
15:04si on sait encore
15:05ce que c'est qu'un blog
15:06Oui je suis un des pionniers
15:07du blog
15:08c'est ça
15:08je crois que j'ai fait
15:09mon blog en l'an 2000
15:10ou quelque chose comme ça
15:11donc il n'y en avait
15:12pas beaucoup à l'époque
15:12presque pas du tout
15:14et que j'écrivais
15:15ce qui me faisait plaisir
15:16et je montrais
15:16ce qui m'intéressait
15:17ça s'appelait
15:18Food Intelligence
15:18c'est-à-dire la recherche
15:20en quelque sorte
15:21des belles choses
15:22à faire et à manger
15:24j'étais très tourné
15:25encore sur les producteurs
15:27assez peu sur les restaurants
15:28et en tout cas
15:29j'étais un défricheur
15:30et donc à partir de là
15:31j'influençais beaucoup
15:32parce que la plupart
15:33des journalistes
15:34regardaient un peu
15:34ce que j'avais déniché
15:36pour ensuite aller creuser
15:37et en faire quelque chose
15:38d'intéressant
15:39Des influenceurs
15:40et influenceuses
15:41il y en a partout
15:41aujourd'hui
15:41comment a été née l'idée
15:42pour vous ?
15:44L'envie de partager
15:45parce qu'effectivement
15:46quand on trouve une pépite
15:47quand on trouve des choses
15:48qui vous parlent
15:49à vous
15:49à votre culture
15:50à vos papilles
15:51et bien
15:52j'avais envie de le partager
15:54avec un cercle
15:55plus important
15:55que celui juste
15:56de mes quelques amis
15:58qui pouvaient être conviés
15:59à les découvrir
16:01à la maison
16:01et je crois qu'il y avait ça
16:02il y avait le souhait
16:03je crois que le blog
16:04à l'époque
16:05c'était vraiment ça
16:05il n'y avait pas un culte
16:06de la personnalité
16:07ou de la dite influence
16:09qui ne se mesurait
16:10absolument pas
16:11mais c'était le bonheur
16:12d'échanger
16:13Voilà
16:13alors la Chine justement
16:15on vous a quitté
16:16à Los Angeles
16:16vous arrivez en Chine
16:17comme entrepreneur
16:17c'est né comment ça
16:20en fait c'est à l'occasion
16:22d'un voyage en Asie
16:24où je me retrouve à Taïwan
16:26et je vais au World Trade Center
16:30de Taipei
16:31et je fais un tour
16:34et je sais pas
16:36et je suis frappé
16:37de voir ce monde
16:39comme ça sous mes yeux
16:40et je me dis
16:41mais c'est en 88
16:42et je me dis
16:44mais tout va se passer là
16:45quoi
16:47ça va être le centre du monde
16:49peut-être parce que
16:50je venais
16:52finalement
16:52de la Californie
16:54qui avait été
16:56le golden rush
16:58la conquête de l'ouest
17:00le golden rush
17:01et je me suis dit
17:01mais maintenant
17:02le golden rush
17:02c'est côté est
17:03et donc tout va se passer là
17:05tout va se passer là
17:07tout va se passer en Chine
17:08et j'ai cette intuition
17:09et en me disant
17:10j'ai envie d'en faire partie
17:11je veux vivre
17:12je veux connaître ça
17:13je veux connaître
17:14comment
17:15d'un seul coup
17:16comment le monde entier
17:17va se tourner
17:19vers cette partie du monde
17:20c'est-à-dire
17:21le sud-est chinois
17:23la zone
17:24la zone du
17:25du
17:25du guandong en fait
17:27tout simplement
17:28avec Canton
17:28Shenzhen
17:29qui à l'époque
17:30Shenzhen
17:31était un petit port de pêche
17:32Canton
17:32il n'y a pas l'électricité
17:34et d'avoir cette intuition
17:35de dire
17:36mais
17:36l'usine du monde
17:37va naître là
17:38et je veux en faire partie
17:40et vous avez imaginé
17:41de préparer des objets promotionnels
17:43oui
17:44j'ai commencé par faire des choses
17:45un peu médicales
17:46paramédicales
17:47et puis petit à petit
17:47je me suis fait conduire
17:49en fait
17:49par les groupes
17:50qui me passaient les commandes
17:51et donc j'ai fait
17:52beaucoup de choses
17:53promotionnelles
17:54j'ai fait beaucoup
17:54de packaging aussi
17:56de tout ce qui était
17:57emballage
17:57promotionnel
17:58ou pas
17:59de petites choses
18:01beaucoup les petits jouets
18:02qu'il y avait
18:02à l'époque
18:04avec Nutella
18:05et les petits Kinder
18:06et les choses comme ça
18:07et puis voilà
18:08et puis petit
18:09mais en même temps
18:10un français qui arrive
18:11de Los Angeles
18:11en Chine
18:12c'est pas évident
18:14Bruno Verju
18:14non on n'était pas nombreux
18:17on était
18:18il n'y avait vraiment personne
18:19alors on a commencé
18:20encore une fois
18:21ça ne se fait pas comme ça
18:22on n'arrive pas en Chine
18:24comme ça
18:25ça a commencé par
18:26Taipei
18:26par Taïwan
18:27puis ensuite Hong Kong
18:29et les nouveaux territoires
18:30et puis ensuite
18:31à l'ouverture de la frontière
18:32on commence à pousser un peu
18:33et on arrive du côté
18:34de Shenzhen
18:35du côté de Dongguan
18:37et du côté de Canton
18:39donc ça se fait
18:41sur un certain nombre d'années
18:42mais en tout cas
18:42on voit tout se construire
18:44sous ses yeux
18:45et c'est quelque chose
18:45d'absolument fascinant
18:46il faut apprendre le chinois ?
18:48alors il faut apprendre le chinois
18:49pas vraiment
18:50parce que si on veut travailler
18:51là-bas
18:51on apprend le cantonais
18:53mais là
18:54on apprend aussi un peu
18:55le mandarin
18:55et puis on dégrade son anglais
18:57pour être un peu compris
18:58et moi j'apprends
19:00le chinois
19:00un peu
19:01le mandarin
19:02ou le cantonais
19:03en mangeant
19:05parce que je veux
19:06pouvoir commander
19:07dans les restaurants
19:09sans montrer
19:10le plat de mon voisin
19:11puisqu'évidemment
19:12on est incapable
19:12de lire une carte
19:13et que ce sont des restaurants
19:14qui ne sont pas encore
19:15il n'y a pas de carte en anglais
19:17ça n'a pas de ça
19:17ça n'existe pas
19:18donc on apprend des mots
19:19on apprend à prononcer
19:20quelques mots
19:21plus ou moins bien
19:22mais les éclats de rire
19:23souvent
19:24parce qu'on n'a pas compris
19:25ce qu'on disait
19:26valent souvent
19:27l'arrivée de plats
19:28qui eux sont passionnants
19:29en même temps
19:30vous êtes un pionnier
19:31parce qu'aujourd'hui
19:31il y a beaucoup de jeunes français
19:32qui notamment
19:33dans l'informatique
19:34travaillent en Chine
19:35vont directement là-bas
19:36à l'époque
19:37encore une fois
19:38moi je me souviens
19:38à l'exposition universelle
19:40de Shanghai en 2010
19:41il y avait quelques français
19:42qui travaillaient dans les discothèques
19:43ça s'est arrêté là
19:45oui c'est possible
19:46je ne me rends pas bien compte
19:47mais c'est vrai qu'à l'époque
19:47on est
19:49oui le nombre de français
19:51qui sont dans cette région
19:53dans cette région
19:54du côté de Canton
19:55et Shenzhen
19:56et Dongguan
19:57on doit être 4 ou 5
19:58il n'y a absolument personne
19:59il y a un peu plus d'expats
20:01à Hong Kong
20:01parce que c'est à l'époque
20:02encore la ville de la finance
20:04donc beaucoup de gens sont à Hong Kong
20:06mais en Chine-Chine
20:06oui on est très peu
20:08là-dessus
20:08vous commencez à travailler
20:09vous pensez que vous allez rester
20:10toute votre vie là-bas
20:11à avancer
20:12à faire des tas de choses
20:13je ne pense jamais
20:14je ne pense jamais que je vais rester
20:15toute ma vie
20:15au même temps 3
20:17parce que j'ai un peu la bougeonne
20:18en revanche je suis intense
20:20c'est à dire je fais les choses
20:21vraiment jusqu'au moment
20:22où je considère que
20:23voilà j'en ai un peu marre
20:24que j'ai envie de faire autre chose
20:25mais j'y passe quand même 18 ans
20:27ce qui est assez consistant
20:28et en plus moi je me souviens
20:30d'Alain Perfit
20:31qui avait fait son livre
20:31quand la Chine s'éveillera
20:32le monde tremblera
20:34Perse
20:34ça avait été un immense succès
20:36un million d'exemplaires
20:37en fait il avait fait ça
20:38parce qu'il y avait
20:39il y avait une délégation en Chine
20:41qui l'avait accompagnée
20:42au temps de De Gaulle
20:43il en avait fait un rapport
20:45et on n'imaginait pas
20:46que la Chine à l'époque
20:47deviendrait ceci
20:48non je crois que personne
20:49y pensait
20:50et même quand on le
20:51quand on le vit de l'intérieur
20:53on voit bien
20:54que tout va bien plus vite
20:55moi c'est ce qui me fascine
20:57d'ailleurs
20:57et peut-être ça me correspond
20:58très bien quand je suis là-bas
20:59je suis de nature
21:00très impatiente en fait
21:01et je me suis assagi
21:02avec l'OTAN
21:03mais je suis très impatient
21:04et donc j'estime
21:05qu'on ne doit mettre
21:05aucune distance
21:07entre ce que l'on
21:07veut faire
21:08et ce que l'on fait
21:09voilà
21:10si on veut le faire
21:11on le fait
21:12on ne dit pas qu'on veut le faire
21:13et qu'on le fera demain
21:14on le fait tout de suite
21:14et en Chine c'est comme ça
21:16quand on veut faire quelque chose
21:17c'est instantané
21:18et tout est fait
21:19et la ville
21:20se construit
21:21nuit et jour
21:24les routes sont construites
21:26elles sont embouteillées
21:27instantanément
21:27et donc on en construit une autre
21:29et elle est là
21:30en marche
21:3215 jours après
21:33vous voyez
21:33il y a cette espèce
21:34comme ça
21:35de marche en avant
21:36marche en avant permanente
21:37et qui n'ont jamais cessé
21:39et donc
21:40la technologie est là aussi
21:42la technologie va très vite
21:44et il y a quelque chose
21:45d'assez fascinant
21:46même si nous aujourd'hui
21:48dans une version du monde
21:49on voudrait que tout ralentisse
21:50et que les choses soient
21:51plus à l'échelle humaine
21:52mais là-bas
21:53il y a un autre rapport
21:55à l'humain
21:55il y a un autre rapport
21:56au monde
21:56qui fait qu'on aime
21:57cette forme de
21:59de célérité
22:00de fast lane
22:01comme on dit en Chine
22:02moi je me souviens
22:03du périphérique
22:04je crois que c'était Shanghai
22:06et c'était
22:07Paris-Dauville
22:08400 km
22:09et avec un embouteillage
22:10permanent
22:11permanent
22:12et ce qui est fascinant aussi
22:14c'est que moi j'ai connu
22:15la construction
22:16de l'autoroute
22:16finalement
22:17entre Shenzhen
22:18et Canton
22:18et qu'au début
22:20il n'y a que deux voies
22:21de chaque côté
22:22et donc il y a toujours
22:24une heure du jour
22:25il y a une voie
22:25qui est moins fréquentée
22:27de l'autre
22:27on va dans un sens
22:28et on revient dans l'autre
22:29donc dans le sens
22:30où on va c'est bloqué
22:31dans l'autre sens
22:31où on revient
22:32il n'y a personne
22:32et donc pour aller plus vite
22:34on prend le sens
22:35où on revient
22:36où il n'y a personne
22:36à l'envers
22:38alors
22:40la première fois
22:41c'est extrêmement effrayant
22:43et puis finalement
22:44on s'habitue
22:45parce que tout le monde
22:45le fait
22:46et il n'y a pas tant
22:47d'accidents que ça
22:48mais il n'y a qu'en Chine
22:49que ça peut arriver
22:50alors ça c'est votre parcours
22:52en Chine
22:52et puis il y a le parcours français
22:53qu'on va évoquer
22:54à travers la date
22:55du 5 février 2018
22:56à tout de suite
22:57sur Sud Radio
22:58avec Bruno Verjus
22:59Sud Radio
23:00les clés d'une vie
23:01Jacques Pessis
23:02Sud Radio
23:03les clés d'une vie
23:04mon invité Bruno Verjus
23:06alors les clés
23:06c'est facile avec vous
23:07parce qu'il y a plein de dates
23:08à trouver
23:08vous avez fait tellement de choses
23:09on parlera tout à l'heure
23:11de la recette
23:11votre roman
23:12chez Albin Michel
23:13on a évoqué vos débuts
23:14à Lyon
23:15ensuite les Etats-Unis
23:17ensuite la Chine
23:18et puis le 5 février 2018
23:20c'est une date importante
23:21c'est le jour
23:22où vous obtenez
23:23votre première étoile
23:24pour le guide Michelin
23:26une étoile verte
23:26et ça je crois
23:27que c'est un jour
23:27que vous n'avez pas oublié
23:29alors si je puis me permettre
23:30en 2018
23:31c'est l'étoile rouge
23:32la première étoile
23:33elle est rouge
23:34oui oui
23:34alors maintenant
23:35c'est plus trop
23:35il y a toutes les couleurs
23:36d'étoiles
23:37mais c'est formidable
23:38ah oui alors
23:39c'est étonnant
23:39oui absolument
23:41alors
23:42c'est une très grande surprise
23:44évidemment
23:45parce que moi
23:45j'ai fait un restaurant
23:46où j'avais envie de manger
23:47j'ai fait un restaurant
23:48parce que j'ai fait le restaurant
23:49où j'avais envie de manger
23:49tous les jours
23:50et que je ne trouvais pas
23:51donc un restaurant très simple
23:53qui s'inscrit
23:54pareil
23:55dans ce côté très modeste
23:56du pari du marché d'Aligre
23:58donc qui est un pari
24:00où on déambule
24:01comme ça
24:02avec une grande mixité sociale
24:03et donc je fais à l'époque
24:05un petit menu
24:06à 20 euros
24:07parce que déjà
24:08un peu cher
24:08il y a 13 ans
24:11mais qui reste
24:12raisonnablement cher
24:13avec des très jolis produits
24:14et puis
24:15pour ceux qui me demandent
24:17je leur fais un petit mesure
24:18sur mesure
24:18sinon on choisit à la carte
24:19et effectivement
24:20j'ai une étoile
24:22je ne pensais même pas
24:23être dans le radar du Michelin
24:25je n'ai jamais vu personne
24:26je ne sais même pas
24:27de quoi on parle
24:27mais en même temps
24:28on est très heureux
24:30c'est une surprise
24:31en plus
24:31je crois que c'était
24:32à la scène musicale
24:33il y avait eu
24:34une grande réception
24:35et c'était Hollywood
24:36pour vous pratiquement
24:37ah oui
24:38je me souviens
24:38de la remise
24:39qui était un cauchemar
24:41parce que
24:42il faisait un froid
24:43de gueux
24:45et je pars en scooter
24:46de mon restaurant
24:48pour aller à la remise
24:49c'est un jour
24:50où mon restaurant est ouvert
24:51donc il faut que je revienne
24:52pour le service
24:53parce que si je ne suis pas là
24:54à l'époque
24:55il n'y a personne
24:56pour faire la cuisine
24:56là ce n'est pas comme
24:57Paul Bocuse
24:58quand on lui disait
24:59mais qui fait la cuisine
25:00quand vous n'êtes pas là
25:00il disait
25:01elle est même
25:01que quand je suis là
25:02ce que je pourrais répondre
25:03aujourd'hui
25:03parce que j'ai une grosse équipe
25:05mais à l'époque
25:05je suis tout seul
25:06et donc il faut quand même
25:07aller chercher son étoile
25:09donc je pars là-bas
25:11c'est supposé être
25:11en début de soirée
25:12vers 17h
25:13j'arrive
25:14je suis mes transis
25:15de froid
25:16parce que là
25:16c'est au bout du monde
25:17par rapport au 10ème arrondissement
25:19de Paris
25:19et tout est en retard
25:22et on nous laisse
25:23quasiment dehors
25:24dans un couloir
25:25enfin entre deux couloirs dehors
25:27pendant une demi-heure
25:28à attendre que ce soit prêt
25:30si bien que je négocie
25:31en disant
25:31écoutez
25:31soit on peut aller sur scène
25:34maintenant
25:34soit je m'en vais
25:35parce que moi
25:35il faut que je sois rentré
25:36au restaurant
25:37et donc finalement
25:38on va sur scène
25:40on annonce les étoiles
25:41et je dis
25:42excusez-moi
25:43et je m'en vais
25:44et je me souviens très bien
25:46je garde ma veste de chef
25:47avec une étoile sur moi
25:48je remets mon blouson
25:49je prends mon scooter rouge
25:51là
25:51et hop
25:52je repars comme ça
25:53chez table
25:53pour aller faire la cuisine
25:54en arrivant
25:55transit froid à nouveau
25:56alors la restauration
25:58c'est né de votre passion
25:59pour le goût
26:00et la découverte du goût
26:02vous le devez
26:02à celui dont vous allez
26:03reconnaître la voix
26:04la transmission
26:05est un devoir
26:07donc c'est inhérent
26:09au métier
26:10Pierre Hermé
26:10Pierre Hermé
26:11il a débuté
26:12il devait au départ
26:13diriger
26:14être la 4ème génération
26:15de la boulangerie familiale
26:17en Alsace
26:19et puis il a fait un stage
26:20chez le nôtre
26:20qui a changé sa vie
26:21et Hermé a été très important
26:23pour vous
26:23Bruno LRG
26:24oui j'ai connu Pierre
26:27quand nous étions encore
26:28tous les deux très jeunes
26:29Pierre doit avoir
26:30deux ans
26:31doit être
26:32de deux ans
26:33mon calais
26:34on s'est connu
26:35j'avais
26:36je venais d'être
26:37d'arriver en Chine
26:38je devais avoir
26:39une trentaine d'années
26:41et donc
26:43oui
26:43il m'a ouvert un monde
26:44que je ne connaissais pas
26:45c'est à dire que
26:47il m'a fait comprendre
26:48tellement de choses
26:49on était vraiment
26:50extrêmement proches
26:51on se voyait tout le temps
26:52en partant en vacances
26:52tout le temps
26:52on était vraiment
26:54ensemble
26:55la plupart du temps
26:56et donc c'est quelqu'un
26:57qui a su aussi
26:58m'aider à cultiver
26:59ma bibliothèque de goût
27:00et à mettre en oeuvre
27:01un peu les choses
27:02que j'avais pu
27:04acquérir en étant petit
27:05que j'avais pu pratiquer
27:06quand j'étais petit
27:07et tout ce qui m'attirait
27:08justement
27:08chez les producteurs
27:09il m'a permis
27:10de me structurer
27:11et surtout
27:11il m'a donné
27:12une ouverture d'esprit
27:13absolument sans limite
27:14qu'il a lui
27:15avec
27:17avec ce regard
27:18qu'il a
27:18Pierre
27:19qui est bienveillant
27:20en toutes circonstances
27:21il y a quelqu'un d'autre
27:22qui a compté aussi
27:23dans vos jeunes années
27:23c'est votre grand-tante
27:24qui vous a fait découvrir
27:25beaucoup de choses
27:26Piano Verju
27:27Oui je n'ai pas eu l'occasion
27:29de connaître mes grands-parents
27:30donc c'est vrai
27:30que j'avais un peu transféré
27:31sur cette grande-tante
27:32qui était finalement
27:33comme une grand-mère
27:34et comme un grand-père
27:35et qui était à l'époque
27:39voilà c'est la France
27:40des années 60-70
27:41donc on a encore
27:42des fermes vivrières
27:44donc une ferme
27:44où on a trois vaches
27:45un couple de chèvres
27:47on va ramasser des herbes
27:48à la fois pour les lapins
27:49et pour faire la salade
27:50le soir
27:51et puis on récupère
27:52la crème sur le lait
27:53on rajoute un peu de sucre
27:55et on fait une tarte au sucre
27:56sur le coin du fourneau
27:58donc je dirais
27:59il y a ce rapport
28:00à l'évidence
28:01de ce qui vous entoure
28:02et finalement
28:03je le découvrirai
28:04un peu plus tard
28:05c'est pour moi
28:06la vraie culture
28:06à Rennes disait
28:08la culture et l'agriculture
28:10sont les mêmes mots
28:11parce qu'en fait
28:11il s'agit de révéler
28:13la vraie nature
28:15des choses
28:16qui vous entourent
28:17et donc d'une certaine façon
28:18c'est ce qui m'a aidé aussi
28:20à approcher le goût
28:22à approcher la compréhension
28:23du goût
28:24et les pratiques du goût
28:25et en même temps
28:26à me cultiver
28:26et mélanger les deux
28:27ce qui est étonnant
28:28parce que vous ne faites
28:29jamais rien comme tout le monde
28:30Bruno Verjus
28:31vous avez ouvert un restaurant
28:33à l'âge
28:33où d'autres prennent
28:34presque leur retraite
28:35ah oui tout à fait
28:36j'ai ouvert un restaurant
28:37à 54 ans
28:38j'étais
28:39j'enregistrais
28:40des émissions
28:41avec mon ami Alain Crugère
28:42on ne parle pas
28:42la bouche pleine
28:43sur France Culture
28:45depuis 4 ans
28:46et pendant
28:47l'enregistrement
28:48d'une émission
28:48comme ça
28:49j'écoutais l'invité
28:50et puis je pars un peu
28:51comme elle m'arrive souvent
28:52dans un
28:53voilà
28:54je décloisonne
28:55je pars dans un autre monde
28:56qui est le mien
28:56et je me dis
28:58mais
28:58moi je veux nourrir
29:00j'ai envie de nourrir
29:01je vais faire un restaurant
29:02alors
29:03évidemment
29:04quand on est sérieux
29:04on dit
29:05ça c'est normal
29:06c'est la dose d'enfance
29:08qui nous habite tous
29:09et qui nous amène
29:09à faire des choses
29:10un peu folles
29:11bon chez moi
29:11je pense qu'il s'agissait
29:12plutôt d'un énorme
29:13déni de réalité
29:14en disant
29:15ça va être merveilleux
29:15de faire un restaurant
29:16en même temps
29:17vous n'avez pas fait
29:18d'école de cuisine
29:20vous avez appris
29:21sur le terrain
29:21et votre but au départ
29:22c'est de gérer le restaurant
29:23pas forcément d'être
29:24tout le temps en cuisine
29:25pour nos verjus
29:26si j'ai pas le choix
29:26je dois être en cuisine
29:27tout le temps
29:27parce que je suis tout seul
29:28avec un serveur
29:29ou une serveuse
29:30mais vous savez
29:31quand vous êtes autodidacte
29:32en France
29:33et que vous démarrez
29:33quelque chose
29:35vous récupérez
29:35ceux dont personne n'a voulu
29:37qui ont été chassés
29:38de tous les établissements
29:39et qui arrivent chez vous
29:40donc je me retrouve
29:40un peu comme un collectionneur
29:41de papillons
29:42avec des espèces rares
29:43mais comme tous les papillons
29:44ils arrivent
29:45ils s'envolent
29:45puisque moi j'ai pas vocation
29:47à les punaisers sur le mur
29:48donc la plupart du temps
29:49je me retrouve presque au sol
29:50à faire à manger
29:50par chance
29:51j'ai très peu de clients
29:53donc j'arrive à tenir le coup
29:55parce que si j'avais eu
29:56un restaurant
29:56qui était complet midi et soir
29:57j'aurais arrêté
29:58en disant
29:59mais quel cochefort
29:59mais vous avez appris
30:00la cuisine instinctivement
30:02je la faisais à la maison
30:03je la faisais pour des amis
30:04je la faisais pour Pierre Hermé
30:05justement
30:07je la faisais à l'époque
30:08il était marié
30:09avec Frédéric Grasset
30:11Hermé
30:12qui est une cuisinière
30:12hors normes
30:13et qui m'a beaucoup
30:14beaucoup appris
30:14dans la pratique
30:16de la cuisine
30:17elle a dit que moi
30:18j'étais déjà né
30:18rôtisseur
30:19c'est vrai que j'aimais rôtir
30:20mais elle m'a appris
30:21beaucoup de subtilité
30:21Pierre
30:22a éduqué
30:24ma palette de goût
30:26ma liberté de penser
30:27aussi dans mon rapport
30:28aux choses
30:29et puis après
30:30ben voilà
30:31je suis un peu
30:34comment
30:35j'apprends
30:36j'apprends en pratiquant
30:37en réalité
30:38alors en fait
30:39vous dites que vous avez commencé
30:40à 54 ans
30:41mais vous pouvez dire
30:42longtemps
30:42parce que j'ai repéré
30:43Giro Ono
30:44je ne sais pas si vous le savez
30:45c'est une légende
30:46du chouchi
30:47qui vient de fêter
30:48ses 100 ans
30:49et qui continue tous les jours
30:50à être dans son restaurant
30:52oui alors ça
30:53c'est quelque chose
30:53qui me fascine
30:54toujours
30:55on en parlera tout à l'heure
30:56mais légende
30:57qui justement continue
30:59à des âges
31:00extrêmement avancés
31:01avec autant de passion
31:02et avec ce regard d'enfant
31:03à faire des belles choses
31:05c'est quelque chose
31:06qui me bouleverse
31:07alors il se trouve
31:07que votre restaurant
31:08vous avez démarré discrètement
31:09ça s'appelle la table
31:11et petit à petit
31:11vous avez trouvé un concept
31:12tout à fait original
31:13et inédit
31:15c'est à dire
31:16qu'il n'y a pas de carte
31:17on vient
31:18et c'est l'improvisation
31:19et c'est votre humeur du moment
31:21et ça
31:21c'est aussi très particulier
31:23oui alors ça
31:24c'est un luxe
31:26que j'ai gagné
31:26que j'ai gagné
31:28justement
31:28par le temps
31:29par beaucoup de ténacité
31:31par un travail de fond
31:32qui fait qu'aujourd'hui
31:34table est un restaurant
31:35qui est reconnu
31:35dans le monde entier
31:36pour être un lieu
31:37tout à fait particulier
31:38tout à fait unique
31:39c'est à dire
31:40qui se passe à table
31:41ne peut se passer que là
31:42et à l'instant
31:43où les clients sont là
31:46je considère que
31:47voilà
31:48je fais la cuisine
31:49comme je la ressens
31:50au moment donné
31:51c'est à dire
31:51c'est véritablement
31:52presque comme une
31:53comment dire
31:54comme un happening artistique
31:56on mange bien sûr
31:58on mange très bon
31:59et en fonction
32:00de ce que je reçois
32:01les produits que je reçois
32:02je ne demande jamais
32:03à mes producteurs
32:04que je veux ci
32:06je veux ça
32:06en telle quantité
32:07ils m'envoient ce qu'ils veulent
32:08quand ils veulent
32:08et avec ça
32:09tous les matins
32:09c'est un peu Noël
32:10avec l'équipe
32:11on regarde les produits
32:12on les comprend
32:13et puis on regarde aussi
32:14le temps qu'il fait
32:15c'est pour ça que ça s'appelle
32:15la couleur du jour
32:17qui est aussi un hommage
32:18un peu à Jacques Domi
32:19où il y a des couleurs
32:20les robes couleur de soleil
32:21couleur de lune
32:22mais à moi
32:23je fais un menu
32:23qui est à la couleur du jour
32:24et de mon inspiration
32:25et avec ça
32:26je construis une narration
32:27qui raconte toute une histoire
32:29et qui nourrit
32:30aussi bien le corps
32:31que l'âme
32:32et ça marche
32:33je crois que vous êtes complet
32:34pratiquement
32:35jusqu'à la rentrée
32:36non mais par chance
32:37on est à peu près complet
32:38même si les conditions
32:39en ce moment
32:39sont toujours un peu compliquées
32:41pour tout le monde
32:41mais j'ai un restaurant
32:43effectivement
32:43qui fait qu'il y a des gens
32:44qui traversent le monde
32:45pour venir manger
32:46parce que
32:47voilà
32:47parce qu'aujourd'hui
32:48j'ai deux étoiles rouges
32:49une étoile verte
32:50parce que je suis aussi
32:51classé dans les dix meilleurs
32:53restaurants du monde
32:54maintenant depuis trois ans
32:55troisième je crois
32:56et que voilà
32:56et que donc ça
32:58voilà
32:58ça suscite de l'intérêt
33:00ça fait en sorte
33:01que les gens viennent
33:01mais au-delà de l'intérêt
33:03qui est suscité
33:03et des récompenses
33:05je crois qu'on rend
33:06les gens heureux
33:07deux fois par jour
33:08et qu'au bout d'un moment
33:10les gens le savent
33:11reviennent
33:11et en parlent
33:12à leurs amis
33:12c'est comme ça
33:13qu'un restaurant est complet
33:14mais comment est venue
33:15l'idée justement
33:16de faire ce restaurant
33:17hors normes
33:17Bruno Vurgi
33:18écoutez ça s'est fait
33:19petit à petit
33:20c'est à dire que
33:21dès le départ
33:22on poursuit un objectif
33:23qui est celui
33:24de faire une belle cuisine
33:25qui soit la vôtre
33:26et de l'ouvrir
33:27le plus possible
33:28dans quelque chose
33:30de très particulier
33:31et sans jamais
33:33donc j'ai fait table
33:34en étant probablement
33:36plus consensuel
33:37au début
33:37et bien plus simple
33:38évidemment
33:38comme je l'évoquais
33:39mais sans ne jamais
33:41rien céder
33:43je dirais
33:44sans renoncer
33:45jamais
33:45à ce que j'avais
33:47envie de faire
33:48et petit à petit
33:49justement
33:49j'ai gagné
33:50par le travail
33:51j'ai gagné
33:52cette possibilité
33:53de pouvoir faire
33:54les choses
33:54exactement comme
33:55j'ai envie
33:56quand j'ai envie
33:57et vous avez fait évoluer
33:58une cuisine
33:59que Juliette Gréco
34:00chantait à sa façon
34:01ça a beaucoup changé
34:19depuis Juliette Gréco
34:20non ?
34:21oui ça a beaucoup changé
34:23aujourd'hui
34:24je retiens
34:27les meilleurs chefs
34:28de partout
34:29qui veulent travailler
34:29chez moi
34:31fini l'époque
34:31où j'étais tout seul
34:32en cuisine
34:33aujourd'hui
34:33j'emploie 18 personnes
34:3618 collaborateurs
34:37qui ont des talents
34:37absolument inouïs
34:39alors eux
34:40ils ont vraiment appris
34:41la cuisine en cuisine
34:42ils ont vraiment appris
34:43le service en service
34:44et ils ont vraiment appris
34:45la sommellerie en sommellerie
34:46mais chacun
34:47ici vient pour fleurir
34:48pour s'ouvrir au monde
34:49et pour pouvoir offrir
34:51le meilleur
34:52qui est en lui
34:52et que je sais faire éclore
34:54et vous avez gagné
34:55un pari
34:56Bruno Verjus
34:57auquel Alain Ducasse
34:58ne croyait absolument pas
35:00il a dit
35:01il va s'arrêter tout de suite
35:02oui c'est très étonnant
35:04parce que
35:04c'est le jour
35:05où j'ai deux étoiles
35:06effectivement Alain Ducasse
35:07que j'aime vraiment beaucoup
35:08qui est un homme
35:09qui a toujours été
35:09d'une immense délicatesse
35:10avec moi
35:12vient me voir
35:13en me disant
35:13tu sais
35:14le jour où on m'a dit
35:15que tu ouvras un restaurant
35:16je me suis
35:17le pauvre Bruno
35:18je l'aime beaucoup
35:19mais là vraiment
35:20le pauvre
35:21dans six mois
35:22c'est terminé
35:24vraiment
35:24il me dit
35:25j'avais vraiment de la peine
35:26pour toi objectivement
35:27parce que je me suis
35:28le pauvre etc
35:29et là Alain me dit
35:31mais là
35:32tu me bluffes
35:33vraiment deux étoiles
35:34il me dit
35:35mais c'est
35:37voilà
35:37c'est inouï
35:39et en revanche
35:40un autre Alain
35:40a cru en vous
35:41c'est Alain Passard
35:42chef également
35:43très célèbre
35:45oui Alain Passard
35:46c'est une grande histoire d'amour
35:48c'est mon frérot
35:49comme il dit
35:50Alain
35:51c'est quelqu'un qui
35:52d'ailleurs il est très drôle
35:53Alain
35:54parce que quand je lui ai porté
35:55mon livre l'autre jour
35:56parce que je parle beaucoup
35:57d'Alain à l'intérieur
35:57je lui ai offert
35:58et j'ai vu en lui
35:59une illumination incroyable
36:00qui est celui de votre ami
36:02que vous rendez heureux
36:04par ce qui vous arrive
36:05il était transfiguré
36:06de bonheur
36:08et puis il me dit
36:09mais tu sais
36:09moi je dis à tout le monde
36:10je dis Bruno
36:11il a travaillé à l'arpège
36:13bon il n'a pas travaillé en cuisine
36:15mais à table
36:15il a tellement mangé chez moi
36:17que c'est comme s'il avait travaillé
36:19et Alain
36:19c'est quelqu'un
36:20qui quand j'ai démarré
36:21le restaurant
36:23pratiquement toutes les semaines
36:24m'envoyait un petit message
36:25un petit SMS
36:26en me disant
36:27je sais que c'est pas facile
36:28mais tiens le coup
36:29t'as la belle main
36:30t'es le meilleur d'entre nous
36:32et tu vas faire quelque chose de beau
36:33et c'était il y a 14 ans
36:35quand j'ai commencé
36:3613 ans
36:37et il n'a jamais cessé
36:39et là l'autre jour
36:40il m'a fait une surprise incroyable
36:41c'est qu'il a fait
36:42une espèce de petite vidéo
36:43avec mon livre
36:43dans une casserole
36:44pour aller dire des merveilles
36:46évidemment
36:46sur le livre et sur moi
36:47et comment il m'aimait
36:48et Alain
36:49c'est
36:50voilà
36:51je vais pleurer
36:51parce que c'est
36:52quelqu'un de bouleversant
36:53Alain Passart
36:54d'abord
36:55on a la chance
36:56d'être les contemporains
36:57d'un des plus grands chefs
36:58je trouve
37:00du monde
37:00aujourd'hui
37:01qui est Alain Passart
37:01qui se remet en question
37:02tout le temps
37:03et qui chaque fois
37:04amène des choses extraordinaires
37:05et en même temps
37:06qui est d'une humanité
37:08et d'une puissance
37:09en amitié
37:10qui est hors norme
37:11justement ce livre
37:12on va l'évoquer
37:13à travers la date
37:14de sa sortie
37:15le 1er avril 2026
37:17à tout de suite
37:18sur Sud Radio
37:18avec Bruno Verjus
37:20Sud Radio
37:21les clés d'une vie
37:22Jacques Pessis
37:23Sud Radio
37:24les clés d'une vie
37:25mon invité Bruno Verjus
37:26on a évoqué
37:27votre parcours
37:28tout à fait étonnant
37:29de Los Angeles
37:30à la Chine
37:31en passant par Lyon
37:32et ce restaurant
37:33La Table
37:34et puis
37:341er avril 2026
37:36un roman
37:37La Recette
37:38chez Albain Michel
37:40qui est publié
37:41en général
37:42des livres de recettes
37:42mais là
37:43un roman
37:43qui donne des recettes
37:45c'est une première
37:46finalement
37:47oui alors
37:48en fait
37:49ça s'appelle
37:49La Recette
37:50parce que c'est la quête
37:51d'une recette
37:51perdue
37:52en tout cas
37:53la recette originelle
37:54de la tarte aux pralines roses
37:56disparue
37:57que mon héroïne Mickey
37:58va finalement
37:59par tout un tas
38:00de circonstances
38:02assez extraordinaires
38:03retrouver
38:03mais
38:05c'est pas du tout
38:05un livre de recettes
38:06j'ai égrené
38:07comme un clin d'œil
38:083-4 recettes
38:09à l'intérieur
38:10que j'ai inventées
38:11pour le livre
38:11mais qu'on peut faire
38:12qui marche
38:13mais
38:14c'est véritablement
38:16c'est une oeuvre
38:17de fiction complète
38:18mais c'est ça
38:18qui est original
38:19ça ne s'est jamais fait
38:20une oeuvre de fiction
38:21autour de la cuisine
38:22avec cette recherche
38:24de cette tarte aux pralines roses
38:25c'est une première
38:25comment est venue l'idée ?
38:27En fait
38:28c'est une idée
38:30qui m'a habité
38:31à partir d'une conversation
38:33avec mon éditrice
38:34Anna Pavlovitch
38:36qui me dit
38:37il faudrait que tu fasses ça
38:39et bon
38:39c'est vrai que je ne m'étais pas
38:41du tout interrogé
38:42sur l'écriture d'un roman
38:44mon dernier livre
38:45L'art de nourrir
38:46c'est plutôt un recueil
38:47un essai philosophique
38:49sur le travail
38:50que je conduis à table
38:51et ce que je pense
38:52de la cuisine
38:53un livre
38:54qui a eu un grand succès
38:55d'ailleurs
38:56publié chez Flammarion
38:57il y a 5 ans maintenant
38:58et donc
38:59elle a en quelque sorte
39:00planté une graine
39:01Anna
39:01et un jour
39:04est venue l'idée
39:04de
39:05je me suis dit
39:06mais j'ai plein de choses
39:07j'ai plein d'histoires
39:08à raconter finalement
39:09qui peuvent tisser
39:11un roman
39:12un roman
39:13comme une quête
39:15sur une personne étrangère
39:17qui
39:18à l'égal
39:19d'un légume
39:21ou d'un
39:22ou d'un animal
39:23finalement
39:24qu'on transporte
39:25d'un lieu
39:26dans un autre
39:26va faire des nouvelles racines
39:28et à partir de là
39:29va proposer autre chose
39:31alors le point de départ
39:32c'est un carnet
39:33un carnet
39:34avec
39:35une recette
39:35qui n'est pas terminée
39:36et une recette
39:37que votre héroïne
39:38va chercher
39:39c'est vraiment
39:40c'est la quête du Graal
39:41oui c'est la quête du Graal
39:42alors c'est assez amusant
39:43parce que finalement
39:44c'est un roman
39:45mais le carnet
39:45il est vrai
39:46c'est-à-dire qu'en fait
39:47enfin il est vrai
39:47cette histoire
39:50d'Henri Cornille
39:51puisqu'on parle de lui
39:53industriel
39:55foodies
39:55on dirait aujourd'hui
39:56c'est-à-dire qu'il passait
39:57son temps à manger
39:58dans les grands restaurants
40:00parmi lesquels
40:01Bocuse
40:01mais aussi Chapelle
40:02qui était son préféré
40:03et qui un jour
40:05va dire à Alain Chapelle
40:07tiens pourquoi
40:07tu ne fais pas une tarte
40:08aux pralines roses
40:09qui est devenue
40:09l'emblème de Lyon
40:10la praline existait
40:11mais pas la tarte aux pralines
40:12il dit
40:13je ne sais pas ce que c'est
40:14il lui en apportune
40:14en disant écoute
40:15on en fait une chez moi
40:17formidable
40:17tous les week-ends
40:18je t'en apportune
40:19Chapelle la trouve en géniale
40:20va la refaire
40:21et va d'ailleurs intituler
40:22dans son menu
40:23tarte aux pralines roses
40:24selon la recette
40:25de mon ami
40:27Henri Cornille
40:28et un jour
40:28le petit-fils d'Henri Cornille
40:29m'appelle
40:30et me dit
40:30écoutez je sais
40:31que vous faites
40:31une tarte aux pralines roses
40:33chez Table
40:33est-ce que vous pouvez
40:34m'expliquer comment
40:35vous la faites
40:35parce que mon grand-père
40:36avait un carnet
40:37dans lequel il prenait
40:39des notes
40:39et il y avait notamment
40:40la recette
40:41de la tarte aux pralines roses
40:42ce carnet a disparu
40:44on ne le retrouve plus
40:45et j'essaie d'appeler
40:46différentes personnes
40:46qui la font
40:47pour reconstituer
40:48à peu près
40:48une recette
40:50puisqu'on a envie
40:51de retrouver
40:52un peu les idées
40:53du carnet
40:53et donc je me suis
40:55souvenu de cette histoire
40:55et j'ai inventé
40:56finalement le contenu
40:57de ces carnets disparus
40:59j'ai même inventé
41:00deux au lieu d'un
41:01en disant
41:02il avait toutes ses notes
41:03de dégustation
41:04ses repas
41:04ses envies
41:05ce qu'il aimait
41:06et puis
41:06la recette de la tarte
41:08aux pralines roses
41:09qui évidemment
41:10se trouvait un peu
41:11effacée par le temps
41:12dans le carnet
41:13mais qui va reconstruire
41:14et il se trouve
41:15en plus que votre héroïne
41:16vient de Canton
41:17et qu'elle aime
41:18la cuisine française
41:19qu'elle apprend le français
41:20dans les restaurants
41:22dans les menus de restaurants
41:23oui c'est amusant
41:24c'est à dire
41:24qu'elle fait comme moi
41:25quand j'étais finalement
41:26à Canton
41:26c'est à dire
41:27où j'ai essayé d'apprendre
41:28un peu le chinois
41:29en commandant des plats
41:30elle
41:31elle va découvrir
41:32la culture française
41:33et elle va devenir
41:34et avoir envie
41:36de devenir française
41:37et plus que française
41:38encore parisienne
41:39en mangeant
41:40en redécouvrant
41:41le monde par la bouche
41:42comme quand on est
41:42un tout petit bébé
41:43et qu'on porte
41:45ce qui exaspère
41:46généralement
41:46les parents
41:47les tout petits
41:48comme ça
41:48dès qu'ils peuvent
41:48un peu se mouvoir
41:49ils portent tout
41:50à la bouche
41:50ils ont envie
41:51dévorer le monde
41:52et ils le dévorent
41:53pour le comprendre
41:53et je pense qu'on ne quitte
41:55jamais ça
41:55et elle elle va faire ça
41:56c'est à dire qu'elle va
41:57commander des plats
41:57et puis elle va les goûter
41:59elle va les manger
41:59pour les comprendre
42:00et comprendre aussi
42:02les mots
42:02qu'elle peut essayer
42:03de relire sur les cartes
42:04et en faisant ça
42:05elle va finalement
42:08incorporer
42:09digérer
42:09la culture Paris
42:11de Paris
42:12la culture française
42:13la culture
42:15d'une ville
42:16et de ses émotions
42:17et vous prenez aussi
42:19votre
42:20la relève d'Alexandre Dumas
42:21qui lui avait fait
42:22un dictionnaire
42:23de la cuisine
42:24qui était mythique
42:25oui le grand dictionnaire
42:27d'Alexandre Dumas
42:28qui était absolument mythique
42:29dont j'adore la préface
42:30d'ailleurs
42:31et je lui rends
42:32un discret hommage
42:34à travers
42:35le grand coque vierge
42:36de Barbosio
42:37que j'ai vendu
42:37aux enchères
42:38d'ailleurs
42:38chez Arcurial
42:39puisque mon ami
42:40Frédéric Ménager
42:41la ruchotte
42:41en avait réélevé
42:43pour faire
42:44pour cette vente là
42:45puisqu'il n'existe plus
42:46et elle
42:46elle va se rendre
42:47jusqu'à
42:48la ferme de la ruchotte
42:49à côté de Beaune
42:50au-dessus de Beaune
42:51pour aller découvrir
42:52justement
42:52la cuisine
42:53de Frédéric Ménager
42:55qui est
42:56un ancien
42:57d'Alain Chapelle
42:58qui était commis
42:59chez Chapelle
43:00et qui a encore un lien
43:01finalement
43:01avec cette
43:02grande belle cuisine
43:03bourgeoise française
43:04et au milieu de la fiction
43:05il y a des personnages
43:06authentiques
43:06car vous rencontrez
43:07plein de chefs
43:08votre héroïde
43:09rencontre plein de chefs
43:10des gens que vous connaissez
43:11et que vous avez mis
43:12dans la situation
43:12habituelle
43:13de leur travail quotidien
43:14oui alors
43:16au milieu de tout cela
43:17évidemment
43:18il y a celui
43:19qui à mes yeux
43:20incarne aujourd'hui
43:21le lien
43:22avec cette grande cuisine
43:23classique
43:24des points
43:24des bocus
43:25des chapelles
43:27c'est Emmanuel Martinez
43:29Manu Martinez
43:30qui est celui
43:31qui avait mis
43:31les trois étoiles
43:33à la tour d'argent
43:34à la grande époque
43:35et qui aujourd'hui
43:36a un restaurant
43:36qui s'appelle
43:36le Relais Louis XIII
43:37et donc
43:38elle va
43:39écoutant la chronique
43:44sur Instagram
43:45d'un chroniqueur
43:47d'un critique
43:48elle va être
43:49piquée d'intérêt
43:50pour découvrir
43:51ce restaurant
43:52aller y déjeuner
43:53et à partir de là
43:54il y a un certain
43:55nombre d'éléments
43:55qui vont se mettre
43:56en place
43:57et qui vont
43:58la conduire
43:59ça
44:00plus les guides
44:01qu'on lui a retrouvés
44:02pas les guides
44:03mais les notes
44:03d'Henri Cornille
44:04qui vont lui servir
44:05un peu de guide gastronomique
44:07et la guider
44:07dans ses découvertes
44:09de la tarte aux pralines roses
44:10il y a eu
44:10Emmanuel Martinez
44:11moi j'ai connu
44:11la tour d'argent
44:12quand Claude Terra
44:13est dirigé
44:13la tour d'argent
44:14Claude Terra
44:15je ne sais pas si vous le savez
44:16il a réussi quelque chose
44:17d'extraterinaire
44:17pendant la guerre
44:18il a muré
44:19les caves
44:21pour éviter
44:22que les bouteilles
44:23qui étaient centenaires
44:24ou bicentenaires
44:25soient trouvées par les Allemands
44:26et il a sauvé sa cave
44:28de cette façon
44:28mais oui bien sûr
44:29c'est pour ça que la cave
44:31est totalement légendaire
44:32exactement
44:33alors il se trouve aussi
44:34qu'il y a une mystérieuse secte
44:35rue du Dragon
44:36qui apparaît
44:37est-ce qu'elle existe
44:38cette secte ?
44:39non rien de tout ça
44:39n'existe évidemment
44:40mais c'était assez amusant
44:42d'imaginer
44:42parce que vous savez
44:43souvent les foodies
44:44où nos amis
44:47du club des sangs
44:48en France
44:49ou de clubs étrangers
44:50comme ça
44:51de grands gastronomes
44:52éduqués
44:53et cultivés
44:54il y a quelquefois
44:55un peu
44:55il y a un peu
44:57de la secte
44:57chez eux aussi
44:58je trouve
44:59et donc je trouvais
44:59amusant
45:00de faire ces rendez-vous
45:02un peu secrets
45:02de la rue du Dragon
45:03la rue du Dragon
45:05étant aussi
45:08métaphoriquement
45:09chinoise
45:10bien sûr
45:10alors il se trouve
45:11qu'effectivement
45:11les critiques
45:12en prennent quelquefois
45:13plein leur grade
45:13dans votre livre
45:14tellement
45:14un petit peu quand même
45:16pas vraiment
45:16et il y a un critique
45:17qui a marqué
45:19l'histoire
45:20du genre
45:21mais pour les enfants
45:26le film Ratatouille
45:27avec ce fameux critique
45:29gastronomique
45:30Antoine
45:31qui vraiment
45:32découvre la recette
45:33de son enfance
45:33ça c'est quelque chose
45:34qui aurait pu finalement
45:36toucher beaucoup de gens
45:37aussi
45:37ça peut exister
45:38ce genre de choses
45:38d'être touché
45:39par un plat
45:40de son enfance
45:42je crois que c'est
45:43la beauté
45:44de la cuisine
45:45justement
45:45c'est qu'on donne
45:47des émotions
45:48qui sont extrêmement
45:49éphémères
45:50et en même temps
45:51elles sont capables
45:52d'aller s'ancrer
45:54en vous
45:55pour l'éternité
45:56et un jour
45:57sans le savoir
45:58un goût
45:59va vous provoquer
46:02une mémoire
46:03enfouie
46:04ancienne
46:05très ancienne
46:06qui peut quelquefois
46:07remonter aussi
46:08jusqu'à l'enfance
46:09ou à un être aimé
46:10qui vous cuisiner
46:12tel ou tel plat
46:13et vous bouleverser
46:14et ça c'est quelque chose
46:15qui est toujours touché
46:16c'est-à-dire que c'est
46:17finalement
46:17l'éphémère
46:18qui va aller toucher
46:19un instant d'éternité
46:21et la poésie
46:22de la cuisine
46:23à laquelle vous attachez
46:24beaucoup d'importance
46:25oui parce que je crois
46:26que le premier rapport
46:27qu'on entretient
46:28avec la cuisine
46:28c'est la lecture
46:29d'une carte
46:30et il arrive
46:31qu'à la lecture
46:32d'une carte
46:32on a envie de tout manger
46:33ou on a envie
46:34de rien manger
46:34donc la poésie
46:35du mot
46:36conduit
46:37souvent
46:39ce vers quoi
46:39on va manger
46:40alors il se trouve
46:41aujourd'hui aussi
46:42que dans ce livre
46:43il y a une sorte de quête
46:44une quête dans différents restaurants
46:45ça va du petit bistrot
46:46à Paris
46:47à la Grèce
46:48et ça ce sont des lieux
46:49que vous connaissez
46:50et que vous mettez en valeur
46:51et qui aident
46:52à construire votre roman
46:54oui alors la Grèce
46:55c'est quelque chose
46:56qui me touche beaucoup
46:57parce que
46:57évidemment
46:58je suis devenu un peu grec
46:59par adoption
47:00c'est à dire
47:00je suis allé mirefugier
47:02pendant la deuxième fermeture
47:05du Covid
47:06et j'ai découvert
47:07un endroit extraordinaire
47:08dans le Manique
47:09et dans le Péloponnèse
47:10c'est au sud
47:12sud sud d'Athènes
47:13et j'ai trouvé
47:14un endroit extraordinaire
47:15en bord de mer
47:16où les gens sont très sauvages
47:18presque autant
47:18que les chats
47:20qui vivent
47:20de façon libre
47:21et sauvage aussi
47:22et ça m'a bouleversé
47:24les produits sont
47:25plutôt intéressants
47:26bien que peu nombreux
47:27et rugueux
47:28et il y avait quelque chose
47:29de très beau
47:30et j'avais envie
47:30de le partager
47:31justement
47:32par rapport à
47:33dans l'éducation aussi
47:35de Mickey
47:35où à un moment
47:36elle se retrouve là-bas
47:38et donc c'était intéressant
47:39d'aller se confronter
47:40finalement
47:41à cette forme
47:41de rugosité
47:43de la nourriture
47:44et des sensations
47:44par rapport au raffinement
47:46que peut produire
47:47l'atmosphère parisienne
47:49et dans la recherche
47:50de sa tarte
47:51au pralide rose
47:52où on découvre
47:52finalement
47:53que votre héroïne
47:54découvre un art de vivre
47:56de penser et d'aimer
47:57qu'est la cuisine
47:58oui
47:59qui vient à l'essentiel
48:00on parlait de Pierre Hermé
48:02tout à l'heure
48:02par rapport à la pâtisserie
48:04et je crois
48:05qu'effectivement
48:06voilà
48:06la cuisine
48:07c'est ça
48:07c'est d'ailleurs
48:08c'est le bandeau
48:09de mon livre
48:10la cuisine
48:11est un geste d'amour
48:13et je crois
48:14que la belle cuisine
48:15c'est une cuisine
48:16qui est adressée
48:17adressée à celui
48:18qui la mange
48:18et c'est peut-être
48:19aussi pour ça
48:20qu'elle est capable
48:20de s'inscrire
48:21dans un moment d'éternité
48:22et de revenir plus tard
48:24parce qu'elle est véritablement liée
48:26aux choses les plus intimes
48:27qu'on entretient avec soi-même
48:29qui est se nourrir
48:30et se nourrir
48:31c'est pas se nourrir
48:32juste d'aliments
48:33c'est se nourrir aussi
48:34de sentiments
48:34et puis vous évoquez aussi
48:36le futur
48:36car on en parle peu
48:37Bruno Verjus
48:38mais vous évoquez
48:39des techniques numériques
48:40qui pourraient un jour
48:41aider le cuisinier
48:43oui c'est vrai
48:44je crois qu'elles le font déjà
48:46on s'interroge
48:47il y a beaucoup de chefs
48:48notamment
48:49mon ami Rasmus
48:51chez Alchemist
48:52dont on parle beaucoup
48:53au Danemark
48:54et qui utilise
48:56des impressions 3D
48:57des machines
48:58qui sont dignes
48:59de science-fiction
48:59pour créer de la nourriture
49:01et des sensations
49:02je crois que c'est une voix
49:03qui a été induite aussi
49:04par Alberto
49:05enfin par Ferran
49:06et Alberto Adria
49:07à la grande époque
49:08d'El Boulis
49:09où effectivement
49:10on se dit
49:11que la science
49:12venait aussi
49:13en appui
49:14de la dégustation
49:16alors moi
49:16je ne suis pas tellement
49:17je suis un homme de science
49:18pour comprendre
49:19les choses
49:20et savoir comment elles marchent
49:21évidemment
49:22en revanche
49:23je suis très traditionnel
49:26dans le rapport
49:26aux produits
49:27et aux vibrations énergétiques
49:28du produit
49:29c'est-à-dire que je crois plus
49:30finalement
49:30à la science métaphysique
49:32c'est-à-dire à ce qui vous vient
49:33à la science holistique
49:35aux sciences cognitives
49:37aux sciences même quantiques
49:39pour ce qui concerne
49:40les produits
49:41plus que pour
49:41la réplication
49:43avec des imprimantes 3D
49:44et des petits robots
49:46qui fabriquent les choses
49:47mais il faut être naturel
49:48en fait l'intuition
49:49qui mène votre héroïne
49:51vers la tarte
49:52auprès de l'hydrose
49:52cette intuition
49:53elle existe aussi
49:54chez les cuisiniers
49:55et vous donnez comme exemple
49:56Bruno Verjus
49:57Jean-François Piège
49:59qui pour vous est un exemple
50:00d'intuition en cuisine
50:02oui parce que Jean-François Piège
50:03c'est quelqu'un d'assez extraordinaire
50:04c'est-à-dire qu'il y a à la fois
50:06la culture de l'histoire
50:09la culture livresque
50:11de l'histoire
50:11et qui en même temps
50:14a une pratique
50:15qui est extrêmement classique aussi
50:17qui se lie véritablement
50:19à la grande cuisine classique
50:20bourgeoise française
50:21du XXe siècle
50:22et qui en même temps
50:23a des intuitions de modernité
50:24et qui est guidée
50:26par ces intuitions-là
50:27et donc pour moi
50:28c'est véritablement
50:29c'est la meilleure alternative
50:31à l'imprimante 3D
50:33Jean-François Piège
50:34Alors ce livre est sorti
50:35et beaucoup de gens le découvrent
50:37on se nourrit en le lisant
50:39l'avenir maintenant pour vous
50:40Bruno Verjus
50:41est-ce que c'est continuer ainsi ?
50:42Vous avez toujours de nouvelles idées ?
50:44Il faut avoir toujours
50:45de nouvelles idées
50:46je pense qu'au-delà
50:46d'avoir des idées
50:47d'abord on a la curiosité
50:48et je crois que
50:49quand on fait la cuisine
50:50quand on aime nourrir
50:51quand on aime rencontrer
50:52c'est aimer rencontrer
50:54faire la cuisine aussi
50:55c'est un propos
50:55c'est un dialogue
50:56c'est la construction
50:57d'un échange
50:59donc j'ai cette curiosité
51:00j'ai cet appétit de la vie
51:02et de la curiosité
51:02comme vous cher ami
51:03et donc qui nous fait
51:05que tous les matins
51:06on est heureux
51:06d'avoir envie
51:08que des choses se passent
51:09donc qu'est-ce qui se passera
51:11plus tard ?
51:11Je n'en ai aucune idée
51:12la seule chose que je sais
51:14c'est qu'il va se passer des choses
51:15C'est certain
51:16et ce qui se passe aujourd'hui
51:17c'est que la recette
51:17est sortie chez Albin Michel
51:19un roman que l'on savoure
51:20que l'on déguste justement
51:22parce qu'elle est digne
51:23parce qu'elle est recette
51:24et parce qu'on comprend
51:25l'amour que vous pouvez avoir
51:27pour la cuisine
51:27et on sait que la cuisine française
51:29est quand même
51:29la meilleure du monde
51:30Je ne sais pas
51:31si c'est la meilleure du monde
51:32en tout cas
51:32c'est une cuisine
51:33extrêmement intéressante
51:33et ce qu'il y a de formidable
51:34dans ce roman
51:36on apprend plein de choses
51:38Complètement
51:39On suit l'énigme
51:40mais on apprend plein de choses
51:40Moi j'aime ça
51:41on apprend beaucoup de choses
51:43Continuons à apprendre
51:44c'est l'essentiel
51:45Et à partager
51:46Exactement
51:47La recette chez Albin Michel
51:49Merci Bruno Verjus
51:50et puis retournez à vos cuisines
51:51parce que je crois qu'on vous attend
51:52Merci infiniment
51:53Très bonne soirée
51:54fin de soirée
51:55Les Clés d'une vie
51:56c'est terminé pour aujourd'hui
51:57on se retrouve bientôt
51:58Restez fidèles
51:59à l'écoute de Sud Radio
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