- il y a 13 heures
Les clefs d'une vie de Gérard Mancet
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-05-13##
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Catégorie
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PersonnesTranscription
00:00C'est parti.
00:02Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:05Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:07En près de six décennies de carrière, vous avez construit une oeuvre unique
00:11et pas seulement parce qu'elle est très personnelle.
00:13Vous avez beaucoup donné musicalement, mais très peu médiatiquement.
00:17C'est-à-dire le bonheur et même le privilège de vous recevoir aujourd'hui dans les clés d'une
00:21vie.
00:22Bonjour Gérard Mancet.
00:23Bonjour.
00:24Alors c'est vrai qu'il y a un nouvel album qu'on va évoquer, je ne veux pas,
00:28et pourtant vous voulez puisque vous êtes là.
00:30Un album étonnant comme tous les autres.
00:31Et le principe des clés d'une vie, c'est de revenir sur votre parcours
00:34qui est quand même extraordinaire et unique en la matière.
00:38Aujourd'hui, je précise qu'on ne vous verra pas à l'image,
00:41qu'on verra des dessins à la place.
00:44Pourquoi ?
00:44Exactement.
00:45Parce que je me méfie de toute représentation temporelle,
00:50j'allais dire physique temporelle.
00:52Le temps passe, la voix est quelque chose de beaucoup plus intemporel.
00:56Et donc vous avez un jour décidé de ne plus vous montrer à l'image,
00:59de refuser toute photo.
01:01Exactement.
01:01Ça c'était pour des questions professionnelles.
01:03C'est une télévision qui s'est très très mal placée,
01:07qui s'est très mal passée au Bchaumont à l'époque.
01:10Et voilà, donc il y a eu des grèves, des machins.
01:12J'ai décidé de ne plus y en mettre les pieds.
01:14Donc aujourd'hui, on va vous écouter et on va voir des dessins que vous faites,
01:19car vous êtes peintre, on en parlera tout à l'heure.
01:21Alors, la première date que j'ai trouvée, puisque le principe des clés d'une vie,
01:24ce sont des dates, c'est le 9 mai 1968, la sortie de votre premier disque.
01:31« Animal, on est mal, on a le dos couvert d'écailles, on a la paille. »
01:38Et Samson qui est un classique.
01:39Et curieusement, Gérard Mancet, ce 45 tours est sorti, pas de chance,
01:43à la veille de la nuit des barricades à Saint-Germain-les-des-Prés.
01:47Alors, pas de chance et chance.
01:49D'abord, juste une parenthèse sur l'histoire des dessins, dessinateurs, artistes.
01:54Non, là, c'est des graffitis, c'est parce que j'avais dit,
01:56plutôt que de me montrer, je peux montrer ma main en train de gribouiller.
01:59Ce sont des gribouillis que je fais depuis tout petit.
02:01J'ai toujours fait ça quand j'étais jeune, sur des carnets.
02:04Et je me suis rendu compte que toutes les émissions de radio, à force,
02:07il y en a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup,
02:08j'ai gardé quelquefois les dessins en partant.
02:11Voilà, c'était une sorte de truc un peu mnémotechnique, comme ça,
02:16pavlovien de graffitis.
02:17Qui évoque votre parcours, qui évoque ce dont on parle.
02:20Bon, et pour en revenir à Animal, non, malheureusement,
02:23non, parce que, heureusement aussi, que c'est tombé en mai 68,
02:27parce que, l'anecdote, c'est que les radios ont été bloquées
02:32pendant un certain temps, et donc, ce qui avait été gravé sur des bandes,
02:34les bandes tournaient en rond, et moi, j'ai été sur les bandes,
02:36j'ai tourné en rond pendant un mois ou deux.
02:38Voilà, et il y a un autre dans le même cas que vous,
02:40c'est Julien Clerc, qui avait sorti La Cavalerie,
02:43et en même temps que vous, et vous avez eu beaucoup de chance.
02:46Alors, ça vous a permis de vous faire un nom,
02:47même si l'audisque ne s'est pas vendu, puisque les magasins étaient fermés ?
02:52Ils étaient fermés pendant un mois ou deux,
02:54mais après, ils ont rouvert.
02:55Non, mais c'est vrai que je n'en ai pas vendu beaucoup,
02:57mais Julien non plus, à l'époque, non, non.
02:59Ça ne change pas grand-chose, mais bon,
03:01il y a eu cette petite déflagration tranquille.
03:05Oui, mai 68, vous l'avez vécu à Saint-Cloud,
03:07peut-être, où vous étiez, non ?
03:08Non, j'étais déjà à Paris.
03:11Dans le 16e, je crois ?
03:12Oui.
03:12Parce que Saint-Cloud, vous êtes né à Saint-Cloud,
03:14vous avez grandi à Saint-Cloud, et dans le 16e arrondissement.
03:18Oui, mes parents ont déménagé, j'avais 8 ou 9 ans,
03:21et on est venus à Paris, oui.
03:23Et quand vous parlez de votre jeunesse, Gérard Mancet,
03:25vous parlez d'un côté bon enfant,
03:27d'une époque où on respirait la joie de vivre.
03:30Ben oui, c'est un peu ce que tous ceux qui l'ont vécu
03:34répètent en permanence, avec le « C'était mieux avant »,
03:37qui était d'ailleurs tourné en sarcasme,
03:39et qui l'est moins maintenant.
03:41Bon, en fait, il n'y avait pas de lutte entre les riches et les pauvres,
03:45les ouvriers, les intellectuels,
03:47tout ça était bon enfant ?
03:48Ben, je ne peux pas aller jusque-là,
03:51je ne peux pas l'affirmer,
03:52mais en tout cas, une chose est certaine,
03:54ça n'était pas attisé comme ça l'est aujourd'hui par les médias,
03:57c'est simplement ça.
03:58Il y avait très peu de journaux,
04:00il y avait le Figaro, il y avait le Monde,
04:02peut-être l'Humanité, ou je ne sais quoi,
04:03j'ai pu, ou François, ou des machins comme ça,
04:05ou Paris Presse, je ne sais plus.
04:07Mais en tout cas, évidemment que peu de gens lisaient la presse,
04:12peut-être un peu quelques bourgeois,
04:14quelques érudits à Saint-Germain
04:16qui feuilletaient le monde sur les terrasses des cafés,
04:18et pour le reste, la France travaillait.
04:20Et la France, dans les campagnes,
04:22se foutait complètement d'avoir la communication médiatique
04:26de tous les événements nombrilistes d'aujourd'hui, voilà.
04:29Et le travail, en revanche, à l'école, pour vous,
04:31ce n'était pas votre truc,
04:33vous étiez, selon vos termes,
04:35le mouton noir de la famille Gérard Mancet.
04:37Ah, pas de la famille, non.
04:39Non, le mouton noir, pas de la famille, non, non.
04:42De l'école ?
04:42Mon père m'adorait, ma mère aussi.
04:45Non, non, oui, le mouton noir,
04:49dans mes premières années, oui,
04:51même jusqu'au lycée,
04:52parce que c'est vrai que je m'y sentais très mal.
04:58Oui, et en fait, je crois que votre père
05:00était un brillant ingénieur dans le monde de l'aviation,
05:02qui s'était fait tout seul, en plus.
05:04C'est vrai, c'est vrai.
05:05Et il était fier, en même temps, de ses deux enfants,
05:07car votre frère, je crois, a fait Polytechnique.
05:10Exactement.
05:11Et ça vous...
05:12Je lui, je dois dire que je lui ai laissé la place.
05:14J'aurais préféré Polytechnique à sa place.
05:16J'ai préféré, comme c'était l'aîné, je lui ai...
05:18Voilà.
05:19Mais en même temps, c'était un modèle pour vous, je crois.
05:21Oui, bien sûr.
05:22Ah oui, oui.
05:23Parce qu'il vous apprenait plein de choses ?
05:25Ben, il ne m'apprenait pas du tout,
05:26parce qu'il me prenait un peu de haut, gentiment,
05:29mais fraternellement.
05:30Mais non, mais c'est quand même un grand privilège
05:32d'avoir un frère aîné,
05:33qu'on puisse admirer,
05:35ce qui a été mon cas.
05:36Voilà.
05:37Il savait tout sur tout,
05:38il lisait beaucoup,
05:39il écoutait beaucoup.
05:41Toutes ces structures,
05:42ou toute cette formation de musique classique
05:44que j'ai eue après,
05:46les triolaises et le sextolais bétoviens
05:50qui me sont venus immédiatement
05:52dès que j'ai commencé à composer
05:54moi-même pour des orchestrations,
05:56je me suis rendu compte que ça me venait
05:58des Léonore III et compagnie,
06:00enfin, de tout ce qui est de concerto pour violon,
06:03de l'Empereur,
06:04enfin, de tout ce que mon frère écoutait
06:06sans arrêt, les Sibélus et autres,
06:08les Dvorjac, les bons.
06:10Alors que, moi, je somnolais
06:12en attendant qu'il ait terminé de travailler,
06:16je somnolais vaguement en attendant le sommeil,
06:18sans me rendre compte que
06:21cette musique infusait, me pénétrait
06:24et allait laisser des séquelles comme ça.
06:26J'étais très sensible, non pas à l'audition,
06:30mais quand même,
06:31je suis rendu compte qu'après,
06:32à 15, 16 ans, 17 ans,
06:33oui que si, quand même,
06:35la sanata Kreuzer,
06:36ça me donnait les larmes aux yeux
06:38et puis beaucoup de choses comme ça.
06:39Puis, il y avait aussi la lecture,
06:41je crois que vous avez commencé très jeune
06:42à écrire des pièces en verre,
06:44des alexandrins,
06:45j'ai ramassé.
06:45Oui, exactement.
06:46À Claude Bernard,
06:48j'étais à l'époque un brillant cancre de Claude Bernard.
06:51Bienvenue au club.
06:53Bon.
06:54Et néanmoins,
06:56ça n'empêchait pas que j'avais une publication
06:58que nous renéotypions avec un ami à moi
07:01et où, voilà,
07:03on écrivait chacun,
07:04on était deux ou trois à écrire
07:05des pièces en verre,
07:07des alexandrins,
07:08des octosyllables,
07:09enfin tout le falbalat Victor Hugo,
07:12rien de cette génération d'adolescents,
07:15de pré-adolescents.
07:16Oui, car vous adoriez Victor Hugo.
07:18Oui.
07:19Ça, c'est un des premiers auteurs
07:20qui vous a marqué.
07:21Oui, oui, oui, oui,
07:22la poésie surtout,
07:23je lisais, voilà,
07:25c'est quoi,
07:25c'est la légende des siècles,
07:26si je ne me trompe,
07:27voilà, bon, ça, oui.
07:29D'ailleurs, il paraît
07:30que l'un des plus beaux verts
07:30de la langue française,
07:31c'était l'heure tranquille
07:33où les lions vont boire
07:34dans bouse endormie.
07:36Alors ça,
07:36je ne me souviens pas de celle-là.
07:37C'est ce qu'on m'a appris à l'école.
07:38Moi, je me souvenais de
07:40voici l'échelle,
07:41voici le trou descendé.
07:43Bon.
07:44Alors, le problème,
07:45c'est que malgré,
07:46et en dépit de votre passion du français,
07:48vous allez avoir zéro en français au bac.
07:51Oui, à cause de la note éliminatoire
07:54pour quatre fautes d'orthographe.
07:56Non.
07:56Ah ben si, c'était comme ça,
07:57on avait zéro.
07:58C'est qu'on avait quatre fautes d'orthographe.
08:00Donc, dans mon rendu,
08:01dans ma copie,
08:02j'ai eu quatre fautes d'orthographe
08:03et donc j'ai eu zéro.
08:05Et ça a été un problème
08:06pour dans votre famille, non ?
08:09Mon fichier ?
08:11Je ne sais plus trop.
08:12Enfin, mon père m'en a pas trop voulu,
08:14d'abord parce que je suis entré
08:15tout de suite quasiment
08:16à l'école nationale supérieure
08:18des arts décoratifs
08:20et donc l'un rachetait l'autre, voilà.
08:22Et puis, à la musique,
08:23je crois que votre mère était violoniste
08:25et que c'est aussi un point de départ
08:26de votre passion pour la musique.
08:28Alors non,
08:28ce n'est pas du tout un point de départ
08:29de ma passion pour la musique.
08:32C'est simplement que j'ai dû être aussi
08:35un petit peu habité
08:37par ces choses-là.
08:38Peut-être qu'elle jouait du violon
08:40pendant sa grossesse,
08:42je ne sais pas.
08:42Mais non,
08:43elle a arrêté le violon assez tôt.
08:44En revanche,
08:44vous avez découvert la guitare
08:46et la batterie.
08:47Comme tout le monde.
08:48Oui,
08:49mais il faut encore aimer la musique.
08:50La guitare s'est venue,
08:51ça a presque été un déclic pour vous.
08:53Alors,
08:54ce n'est pas vraiment,
08:54ça ne s'appelle pas aimer la musique.
08:56Ça s'appelle,
08:57c'est une sorte de petit trublion adolescent.
09:01Et puis,
09:01oui,
09:01on s'exprime un peu
09:03avec ce qu'on a sous les doigts.
09:05Bon,
09:05ça a été mon cas.
09:06Tout de suite,
09:07les quelques premiers accords.
09:08Voilà,
09:09mais il n'y a pas de...
09:10Et je crois que c'est grâce
09:11à la méthode de piano
09:12de votre sœur
09:13que vous avez vraiment appris
09:14à déchiffrer la musique.
09:16Oui,
09:16c'est exactement ça.
09:17C'est la méthode rose.
09:18Ça suffit largement.
09:20Et puis après,
09:21le Dan Houser
09:22d'un instrumentation musicale.
09:24Et puis tout de suite,
09:25j'ai volé de mes propres ailes.
09:26Et puis,
09:27vous avez un jour écrit
09:29un début de texte.
09:30Et puis,
09:30les accords sont venus tout de suite.
09:32Ça a été votre première chanson.
09:33Ça a été le cas après
09:35pour toutes les jeux.
09:37Voilà,
09:38pour toutes les mélodies,
09:39pour tous les textes,
09:39tout est toujours venu
09:43quasiment immédiatement,
09:44spontanément.
09:45C'est-à-dire que
09:45vous avez appris
09:46et vous avez compris
09:48qu'il fallait laisser courir
09:50votre imagination
09:50pour tout ce passe-vient.
09:51C'est exactement ça.
09:53Après,
09:53j'ai sempiternellement
09:55tenté de le faire comprendre
09:57aux artistes
09:58que je côtoyais.
09:59Je parle dans le domaine musical
10:01qui s'énervaient
10:03de ne pas avoir d'inspiration,
10:05d'attendre,
10:06de copier
10:06les faits et gestes
10:08d'un tel,
10:08d'un tel,
10:09les beauis,
10:10les machins.
10:11Alors,
10:11il croyait qu'en attendant
10:13l'heure qu'il fallait,
10:14sous la position lunaire
10:17qu'il fallait,
10:18mais rien de tout ça.
10:20On est né avec,
10:21on n'est pas né avec.
10:22ça sort tout seul.
10:24Dès que ça doit sortir,
10:25ça bourgeonne.
10:26Moi,
10:26le bourgeon était là,
10:27le bleu somme
10:28qui viendrait beaucoup plus tard.
10:29Voilà,
10:29il était déjà là.
10:31Il se trouve aussi que
10:33lorsque vous écrivez
10:34Animal,
10:34on est mal,
10:35un copain vous propose
10:37de le produire,
10:38mais il va partir aux Etats-Unis.
10:39Mais vous n'allez pas
10:40lâcher l'affaire.
10:41Bon,
10:42c'est très long.
10:44Oui,
10:44on va faire court là-dessus.
10:46Oui,
10:46j'ai été obligé
10:47de me produire moi-même.
10:49Mais c'est un métier
10:50que vous ne connaissiez pas
10:50au départ.
10:51Si,
10:51parce que j'avais fait
10:52pas mal de 45 tours
10:53avec 2-3 productions,
10:55dont un ami
10:55avec lequel je ferai
10:56le studio de Milan ensuite.
10:58Et donc,
10:58j'avais assisté
11:00au studio Blanqui,
11:01qui était le grand studio
11:01de l'époque.
11:03J'avais assisté
11:04à des séances
11:04de 30-40 musiciens
11:06avec des arrangeurs,
11:07des orchestrateurs
11:08de l'époque
11:09absolument magiques.
11:11Je citerai Goraguer,
11:13dont je me souviens.
11:14Et donc,
11:15toutes ces formations
11:15c'étaient les musiciens
11:16de l'opéra.
11:17Il y avait des pianistes
11:19éblouissants,
11:19des guitaristes éblouissants,
11:21des cordes,
11:22et toute la partie.
11:24Et je savais déjà tout ça.
11:25Enfin,
11:25je l'avais vu,
11:26je l'avais vécu.
11:28Instinctivement,
11:28donc vous êtes devenu
11:30musicien,
11:30auteur-compositeur
11:32et interprète.
11:33Alors,
11:33il y a une autre date
11:34importante dans votre parcours.
11:35C'est le 8 juin 1975.
11:37On va l'évoquer
11:39dans quelques instants
11:40sur Sud Radio
11:40avec Gérard Mancet.
11:43Sud Radio,
11:44les clés d'une vie,
11:45Jacques Pessis.
11:46Sud Radio,
11:47les clés d'une vie,
11:47mon invité Gérard Mancet
11:49pour ce nouvel album,
11:50Je ne veux pas.
11:51Alors,
11:51vous voulez,
11:52et vous voulez bien
11:53répondre à mes questions
11:54sur Sud Radio
11:55dans les clés d'une vie
11:56et j'en suis très heureux
11:56parce que vous vous faites
11:57rare dans les médias.
11:58On a évoqué vos débuts.
12:00Alors,
12:00le 8 juin 1975,
12:02c'est aussi une date importante
12:03car pour la première fois
12:05à la télévision
12:05et pour l'une des dernières
12:06d'ailleurs,
12:07vous interprétez
12:08cette chanson.
12:09Il voyage en solitaire
12:14Et nul ne l'oblige
12:17à se taire
12:18Je ne sais pas
12:19si vous gardez
12:20le souvenir de ce passage,
12:21c'était en ring parade
12:22entre Sheila,
12:23Carlos et Christian Delagrange.
12:24Ça,
12:24il ne faut pas m'en parler,
12:25on va très vite sortir.
12:27Exactement.
12:28En fait,
12:28cette chanson
12:29est devenue
12:29mais est devenue
12:30non seulement un classique
12:32mais il voyage en solitaire,
12:33c'est une expression populaire
12:34ce que vous n'auriez jamais
12:35imaginé au début.
12:36Non,
12:36je tiens simplement
12:37là-dessus à dire,
12:38je l'ai déjà dit une fois,
12:39je l'ai écrit,
12:40c'est que simplement
12:41il y a une sorte d'arnaque
12:43immonde
12:44de la part de cette truc
12:45qui s'appelle
12:46Télémélodie,
12:46par exemple,
12:48de passer des vidéos
12:49pour lesquelles
12:50ils n'ont aucun droit
12:51et c'était le cas
12:51de celle de Guilux.
12:53Donc,
12:53j'ai eu beau être
12:54auteur,
12:55compositeur,
12:56éditeur,
12:56enfin co-éditeur
12:57de ce titre
12:59et interprète,
13:00eh bien,
13:01les droits sont bafoués
13:02de A à Z
13:03donc je suis une victime
13:05de Télémélodie.
13:06Voilà.
13:06Bon,
13:07eh bien,
13:07c'est noté.
13:08Sans qu'aucun,
13:10sans qu'aucun juriste
13:11n'ait pu remonter l'affaire
13:13parce qu'il y a eu
13:13plusieurs procès
13:14qui n'ont pas abouti.
13:16Voilà,
13:16moi je ne suis pas du tout
13:17dans les procès,
13:18je n'en ai jamais eu
13:18avec personne,
13:19je me suis toujours entendu
13:20très bien avec tout le monde,
13:21mais là,
13:22il y avait une sorte
13:23d'abus généralisé
13:24sur tous les trucs
13:25pour lesquels
13:26il n'y avait pas de contrat
13:27et qui se sont arrogés
13:28le droit de mettre en ligne.
13:30Malheureusement,
13:31la justice est comme ça
13:32de temps en temps.
13:33Alors,
13:33il se trouve aussi
13:34que cette chanson,
13:34moi je me souviens très bien
13:35vous avoir préparé
13:36une émission de Philippe Bouvard
13:37à l'époque
13:37où vous veniez chanter
13:38cette chanson
13:39pour la première fois
13:39et tout le monde a dit
13:41ça va devenir un classique
13:42et c'est devenu un classique
13:43ce que vous n'imaginiez pas
13:44au départ
13:44et je crois que c'est une chanson
13:46qui correspondait à l'époque.
13:47Oui,
13:48alors là,
13:51on est quand même
13:51très en amont,
13:52très en arrière
13:53dans le passé
13:54mais quand même
13:54il y a un détail
13:55que j'ai aussi
13:56quelquefois souligné.
13:57Je n'ai plus le nom
13:59de ce présentateur
14:00ou de ce...
14:03Mais le solitaire
14:04n'aurait jamais eu
14:05la destinée qu'il a eue
14:06si quelqu'un n'avait pas
14:08du matin,
14:09enfin un matin
14:09en se réveillant
14:10décidé qu'il allait le passer
14:12plusieurs fois par semaine.
14:14C'était sur France Inter
14:15je crois,
14:15je ne peux pas être certain.
14:17Mais bon,
14:18après c'est devenu
14:19numéro 1
14:20de toutes les radios
14:22mais comment dire
14:23il aurait très bien pu
14:24passer inaperçu
14:25donc on est quand même
14:27à la merci
14:27enfin peut-être moi aujourd'hui
14:29quoi qu'il y a tellement
14:30de monde aujourd'hui
14:31on était déjà
14:32à la merci
14:32de comment je pourrais dire
14:34d'un engouement
14:35de quelqu'un
14:36d'un particulier
14:37d'un des professionnels
14:38qui pouvait se mettre
14:39en charge
14:40de défendre un produit.
14:42Ça a été le cas
14:42près de Michel Lancelot
14:43qui m'a beaucoup défendu
14:45par exemple.
14:46Oui, oui.
14:46Mais il se trouve aussi
14:47que cette chanson
14:48correspondait à l'ère du temps
14:49parce qu'on commençait
14:50à faire des voyages
14:51on ne parlait pas d'écologie
14:52vous étiez presque en avance
14:54sur votre temps
14:54Gérard Mancet.
14:55Oui, mais ça c'est...
14:58Peut-être, mais je ne vois pas
15:00la chose comme ça
15:01je vois simplement
15:01qu'on a une sorte
15:03d'urluberlu
15:04qu'on ne connaît pas
15:06un petit peu particulier
15:08qui chante avec une voix
15:10oui, assez magique
15:11comme on l'entend
15:12un titre presque
15:14comment je pourrais dire
15:17mystique
15:18mystique, oui
15:19il y a de la religiosité
15:20là-dedans
15:21il y a quelque chose
15:24et ça
15:25ça a toujours
15:25de tout temps
15:26on ne parlait pas
15:27d'écologie
15:27mais ça a de tout temps
15:28touché
15:29les gens sincères
15:30il y a une sincérité
15:31voilà, on va dire
15:32qu'il y a une sincérité
15:32arrêtons-nous là.
15:34Il se trouve aussi
15:34que le côté mystique
15:36vous l'aviez déjà
15:37évoqué
15:38dans votre premier album
15:39qui est sorti
15:39après Animal, on est mal
15:40où il y avait
15:41Je suis Dieu
15:42et on ne dit pas
15:42son prochain
15:43là ça avait surpris
15:44tout le monde aussi
15:44et après il y a eu Jeanne
15:46et après il y en a eu
15:47beaucoup, oui
15:47non mais je vois
15:48que vous connaissez tout
15:49donc c'est difficile
15:50de lutter contre
15:52oui, mon matériel musical
15:53qui a très souvent
15:55été emprunt
15:56oui, de foi
15:57de religiosité
15:59d'aspiration
16:00je ne sais quelle
16:02ceci sans que j'y crois
16:03particulièrement
16:04c'est plus une aspiration
16:07naturelle
16:07pavlovienne
16:08je ne sais pas
16:08comment je pourrais dire
16:09oui, toutes les statues
16:10toutes les églises
16:11toutes les nefs
16:12tout ça m'emplit
16:13me baigne
16:14sans pour autant
16:15que j'y attache
16:17vraiment d'importance
16:18autre que
16:20sculpturale
16:20plastique
16:22émerveillante
16:23voilà
16:23si je puis me permettre
16:24ce terme
16:25émerveillante
16:26et il se trouve aussi
16:27que vous êtes le créateur
16:28de ce que je peux considérer
16:29comme l'un des premiers
16:30albums concept français
16:31avec la mort d'Orion
16:33et la mort d'Orion
16:34c'était une chanson
16:35qui occupait
16:35toute la première phase
16:36du 33 tours
16:37c'était aussi très rare
16:38en France
16:39même unique
16:40oui
16:40je l'ai su
16:41après
16:42je ne me posais pas
16:43ce genre de question
16:43il n'y avait rien
16:44de prémédité
16:45rien de calculé
16:46mais là on est vraiment
16:47en train de ne parler
16:48que des années 70
16:50on va venir aux autres
16:51ensuite
16:51bon alors venons-y quand même
16:52parce qu'après
16:53il y a 40 ans de boulot
16:54il y a une trentaine
16:55d'albums
16:55enfin 25 albums
16:56avec tous des concepts
16:58avec tous des concepts
16:59comme Aphrodite
17:00comme Blossom
17:00comme tout ça
17:01il y a beaucoup de choses
17:02et donc
17:04oui peut-être
17:05que le jeune homme
17:05d'alors
17:06qui a fait la mort d'Orion
17:07qui avait la barbe
17:08qui était très ténébreux
17:09qui composait tout
17:11qui partait
17:11dans des évocations
17:13comme ça
17:15périlleuses
17:15je ne sais pas
17:16pour quelle raison
17:17d'ailleurs
17:18et qui se laissait
17:20dominer
17:21par son moi
17:22par son intellect
17:23par son nombril
17:26mais en même temps
17:27il y avait
17:28The Wall
17:28avec Pink Floyd
17:29et il y avait
17:30Gérard Mancet
17:31les deux ont été comparés
17:33par les critiques
17:33à cet époque-là
17:34ben oui
17:35bon
17:35je n'ai rien à dire
17:37oui
17:37mais je crois en plus
17:38que le cosmos
17:39l'espace
17:40ça vous a toujours passionné
17:42oui je lisais
17:43beaucoup
17:43de ce qu'on appelait
17:45les romans
17:45de science-fiction
17:46à l'époque
17:47toujours grâce à mon frère
17:49parce qu'il avait tout
17:50et donc toutes les collections
17:51fiction
17:52c'est pour ça
17:52que j'ai ressorti
17:54longtemps après
17:55la couverture
17:56de ce gouacheur
17:58de ce peintre
17:59qui s'appelle Brantome
18:00qui faisait toutes les collections
18:01de la série Fusée
18:02et tous les titres
18:07étaient plus étonnants
18:08les uns que les autres
18:09les textes étaient un peu
18:10quelconques quelquefois
18:11mais enfin ça faisait rêver
18:12beaucoup plus qu'aujourd'hui
18:13tous les trucs
18:14de Spes Opéra
18:15ou de Galaxie
18:16au cinéma
18:17qui sont d'un grotesque
18:18enfin
18:18tous les vampires
18:20et tous les surhommes
18:22non à l'époque
18:23on rêvait beaucoup
18:23avec ça
18:24oui et la science-fiction
18:25était quelque chose
18:25de très sérieux
18:26c'était pas Star Wars
18:28exactement
18:28c'était Dune d'ailleurs
18:30qui était apparue
18:31à peu près à ce moment là
18:33exactement
18:33qui est resté un classique
18:34Jenny Esposito
18:36est dans votre album
18:37La Mordorion
18:38on ne parle toujours
18:39que des années 70
18:40on va y revenir
18:41dans la séquence suivante
18:42dans les années 70
18:43il y a une autre chose importante
18:44car vous commencez
18:45à écrire des chansons
18:46et il y a une chanson
18:47moi j'avais totalement oublié
18:48que vous en étiez l'auteur
19:00Chimène de René Jolie
19:01parce que cette chanson
19:02était un classique
19:03et franchement
19:03j'avais oublié
19:04que vous étiez
19:04à l'origine des paroles
19:05c'est vrai
19:06et de l'orchestration
19:07et comment c'est arrivé ça ?
19:10pardon ?
19:11comment c'est arrivé ?
19:12parce que René Jolie débutait
19:13il a fait Starmania ensuite
19:14mais ça a été son grand succès
19:16non mais puis j'ai fait
19:16un album avec lui
19:17j'ai fait beaucoup de 45 tours
19:18non mais parce que j'avais
19:19à l'époque j'avais des bureaux
19:21j'étais directeur artistique
19:22chez Paté Marconi
19:23j'avais des bureaux
19:24rue Lord Byron
19:25et dans mon studio de Milan
19:26je produisais des artistes
19:28et j'ai produit René
19:29comme j'en ai produit d'autres
19:31oui car vous avez créé
19:31un studio d'enregistrement
19:32où vous êtes resté 8 ans
19:33et là aussi c'était innovant
19:36c'était innovant
19:37c'est ça ?
19:38oui
19:38bah pas vraiment
19:39sauf qu'il y en avait d'autres
19:41qui installaient des studios
19:43mais ils le faisaient
19:43avec des fonds propres
19:44très importants
19:45alors que moi j'avais rien
19:46il n'y avait pas un rond
19:47mais j'avais un de mes amis
19:49Malek
19:49avec lequel j'ai fait ça
19:50et vous avez tout appris
19:52en autodidacte ?
19:53non
19:54non non non
19:56il faut rendre à César
19:58et d'ailleurs le César
19:59il était grand
20:01c'était le chevelu
20:02de la rue Championnet
20:04Bernard Estardi
20:06au studio où j'ai fait
20:07la mort d'Orient
20:08où j'avais refait Animal
20:09après bien des péripéties
20:11mais qui m'a tout appris
20:12c'était un ingénieur du son
20:14enfin plutôt électronicien
20:16qui avait quelqu'un
20:17qui lui construisait
20:17tout son matériel
20:18qui savait tout sur tout
20:19mais qui était lui
20:20et pas une sorte d'autodidacte
20:22mais de chevalier
20:24voilà
20:26et pendant les 2-3 années
20:28où j'ai travaillé avec lui
20:29oui j'ai bien vu
20:30qu'il suffisait
20:32d'avoir de l'imagination
20:33et de prendre des fers à souder
20:34et de ne pas trop s'occuper
20:35des oscilloscopes et compagnie
20:37et que tout roulait tout seul
20:38donc j'ai installé mes consoles
20:40j'ai fait mes plugins
20:41j'avais tous les patchs du monde
20:42enfin c'est des termes
20:43un peu techniques à l'époque
20:44j'ai inventé des choses
20:45comme par exemple
20:46je l'ai dit
20:47ça fait rire
20:48le phasing
20:48tout le monde connait le phasing
20:50aujourd'hui
20:50mais j'étais le premier
20:51à faire du phasing
20:52avec Bernard Rastardi
20:53en 70
20:54ben justement je crois
20:56sur Chimène
20:57il y a du phasing
20:58c'est là où on a inventé le phasing
20:59c'est quoi le phasing
21:00pour ceux qui ne le savent pas
21:01ben c'est quand il y a deux
21:02on fait tourner deux bandes
21:04en même temps
21:04qui forcément
21:05ne tournent pas exactement pareil
21:07et qui donc
21:07les sons
21:09enfin les ondes
21:09phaisent
21:10c'est à dire se chevausse
21:11ou se rattrape
21:13ou se précède
21:14et donc ça fait des chuchuch
21:15là où ça devrait faire
21:16un son normal
21:17et puis un jour
21:18Dick Rivers m'a dit
21:19qu'il vous devait
21:20le plus bel album
21:20de sa carrière
21:22c'est gentil
21:22oui
21:23il avait insisté beaucoup
21:25vous avez fait un album
21:26avec lui
21:26qui était très particulier
21:28parce que ce n'était pas
21:29un album de rock classique
21:30tous les genres musicaux
21:31étaient représentés
21:32va-t-on dépasser
21:33les années 70
21:34dans quelques instants
21:35oui
21:37il y a d'autres artistes qui doivent quelque chose
21:40William Scheller, le groupe Ange
21:41sont nés dans vos studios
21:42c'est vrai
21:45Magma aussi
21:47vous vous rendez compte ?
21:49c'est dans l'histoire tout ça aujourd'hui
21:51dans l'histoire, je ne sais pas si demain on fait un sondage
21:55si ce serait dans l'histoire
21:56peut-être Magma pour quelques concerts
21:59mais le reste a été dit
22:00William Scheller aussi peut-être
22:02William, oui, qui a eu
22:03je me souviens, une fois il a eu une soirée
22:06avec, je ne sais pas, 4 ou 5 victoires de la musique
22:09pour un titre qui était très beau
22:11non, c'est un garçon touchant
22:12mais bon, oui, on est d'accord
22:14oui, oui, bien sûr
22:15on va aller un peu plus loin
22:18mais revenir un peu en arrière pour une raison particulière
22:21en évoquant la date du 10 février 1966
22:24à tout de suite sur Sud Radio
22:25avec Gérard Mancet
22:27Sud Radio, les clés d'une vie
22:29Jacques Pessis
22:30Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Gérard Mancet
22:32ce nouvel album
22:34Je ne veux pas, on va en parler dans quelques instants
22:36vous continuez à faire des petits graffitis
22:38sur notre discussion
22:41alors, si je parle du 10 février 1966
22:44qui est bien avant 70
22:45c'est que c'est la première fois
22:47que vous vous exposez au Centre d'automne de Paris
22:49dans la section gravure
22:51je ne sais pas si vous en avez
22:51ah oui, ça c'est un beau souvenir
22:54j'avais 15 ans ou 16 ans
22:56et j'arrive avec ma gravure
22:57pour prendre je ne sais quelle médaille
23:00et j'arrive dans la salle
23:02et je vois qu'il n'y a que des
23:05à l'époque, je me dis des vieux jetons
23:07mais il ne faut pas m'en vouloir
23:09j'ai pensé ça parce que j'avais 15 ans
23:11mais ils avaient tous 60 ans, 70
23:14et je me suis dit
23:15mais qu'est-ce que je fais là ?
23:17et c'est vrai que je dessinais
23:19de manière très classique
23:20donc ma gravure, ça aurait pu être Durer
23:23donc oui, mais je ne me posais pas de question
23:25pourquoi à ton âge dessines-tu comme Durer ?
23:28bon, ce n'est pas grave
23:29mais après j'ai compris qu'il ne fallait pas
23:31qu'il fallait aller de l'avant
23:33qu'il fallait surtout ne pas être
23:35alors réactionnaire, ce n'est pas le mot
23:37mais classique, tout simplement classique
23:39bon, j'en ai, je ne vais pas dire souffert
23:42été étonné toute ma vie
23:43comme après en littérature
23:45moi qui suis versé dans le 16e, dans le 17e
23:47à la limite dans le 18e
23:51qui ne peut absolument pas lire trois lignes
23:53des auteurs d'aujourd'hui
23:54quelle que soit leur qualité, leurs compétences
23:56c'est que simplement les sujets ne m'intéressent pas
23:58et la langue ne m'intéresse pas
23:59la langue qui m'intéresse
24:01c'est celle d'Honoré Durfé
24:03c'est l'astré
24:04c'est celle que je retrouve
24:05là je l'ai trouvé il n'y a pas longtemps
24:07les voyages de Gulliver, de Swift
24:09dans les versions d'origine
24:10très bien traduites du début du siècle
24:13et là on voit une langue qui n'existe plus
24:16qui est celle des liaisons dangereuses
24:19et tout, enfin voilà
24:20alors le dessin c'est une autre de vos qualités
24:23tout a commencé je crois par un concours général
24:26dans la catégorie dessin
24:27nous sommes toujours en 66
24:29oui mais c'est plus de la chanson
24:31c'est du dessin
24:32mais l'heure tourne
24:33ne vous inquiétez pas
24:34on a tout notre temps devant nous
24:36c'est vrai que vous vous êtes retrouvé aux arts déco
24:38après avoir montré
24:39que vous saviez des grandes qualités de dessinateur
24:44c'est mon père auquel je dois ça
24:46parce qu'il a fait le siège du prof de dessin
24:48qui ne m'avait jamais vu
24:50j'ai failli me faire virer d'ailleurs
24:53j'étais à Jean-Baptiste à l'époque
24:54de Jean-Batte à cause de ça
24:55mais je m'étais déjà fait virer
24:57de Claude Bernard et de Rambouillet
24:59j'étais impressionné à cause de la musique
25:00alors on n'allait pas non plus me virer aussi
25:03à cause du dessin
25:04ça commence à faire beaucoup
25:05on sait tout
25:06mais en même temps
25:08vous avez ensuite exposé régulièrement des toiles
25:10en France, en Belgique
25:11oui, oui, oui, oui, oui
25:13j'ai eu mes petites périodes
25:14je ne pouvais pas tout faire à la fois
25:16la peinture c'est très très astreignant
25:18on ne peut pas changer de casquette
25:20on peut devenir écrivain
25:21trois heures sur le toit d'une voiture
25:23à une terrasse de café
25:24on peut remonter, corriger des trucs
25:26avoir des carnets dans la poche
25:28oui, on peut à la limite
25:30faire quelques croquis de temps en temps
25:32mais la peinture à l'huile
25:34non, l'atelier c'est un sacerdoce
25:36pour lequel là il faut plonger
25:37il faut mettre son batiscaf
25:40non, il faut mettre son scaphandre
25:43pardon
25:43il faut mettre son scaphandre
25:45et il faut plonger pour des années
25:46alors il y a aussi la photo
25:48vous vous définissez comme un technicien de la photo
25:50oui, parce que ça m'a un peu énervé
25:53très vite alors que j'étais
25:55un front tireur
25:57ce qu'on appelait un foregneur
25:59le voyageur impénitent
26:01qui avait toujours son boîtier quelque part
26:04un tout petit boîtier
26:06planqué avec un
26:07un semi grand angle
26:09un 40 mm
26:10même pas encore un 35
26:12et puis
26:14pas de flash
26:15et puis des
26:17une connaissance des cellules
26:19et de la luminosité
26:20et de la lumière
26:21de sorte que j'avais pas besoin
26:23je pouvais
26:23j'avais pas besoin de cellules
26:24à l'époque on travaillait avec des cellules
26:26et donc
26:27oui je savais si c'était 8
26:29à f8 ou à f11
26:31au 125ème de seconde
26:32rien qu'à la lumière
26:34quelquefois il y avait un nuage qui passait
26:35alors là fallait
26:36mais en tout cas
26:37et puis j'ai eu mon labo
26:39j'avais une glaceuse sécheuse
26:41et puis j'imprimais tout
26:43sur les cartelignes de l'époque
26:44je faisais mes tirages
26:46je faisais mes développements
26:47j'étais très mauvais là-dedans
26:49parce que je suis trop rapide
26:50donc je foutais un film sur deux
26:51donc en général
26:52je faisais développer ça
26:54dans des labos normaux
26:55mais les tirages
26:56le noir et blanc
26:57c'est quelque chose
26:58auquel j'ai été accroché
26:59très longtemps
27:00parce que là
27:01c'est vraiment de l'artistique
27:02la photo n'est pas de l'artistique
27:04toutes ces histoires
27:04de huitième art
27:05de machin
27:06comme le cinéma
27:07c'est du charabia pour moi
27:08sur un plateau de cinéma
27:10il y a 40 personnes
27:10il n'y a pas d'auteur
27:11ou alors s'il y a des auteurs
27:13c'est que c'est un peu
27:13des fêlés de leur égo
27:15ils sont à trois
27:15autour d'une caméra
27:16non
27:17la photo
27:19pareil
27:19on nous citait des noms
27:21alors je ne vais pas dire
27:21les
27:22mais
27:24pour moi ça commence
27:25en labo
27:25c'est-à-dire
27:26il faut faire
27:27ces tirages soi-même
27:28ces masques
27:29voir les bains monter
27:30alors il y en a quelques-uns
27:31qui le faisaient
27:32je ne dis pas qu'il n'y en avait pas
27:33à l'époque
27:33il y en avait beaucoup
27:34qui le faisaient
27:34d'ailleurs
27:34tous les quelques très bons
27:36photographes que j'ai croisés
27:37qui sont anonymes
27:38inconnus
27:39eux faisaient ce travail
27:40de labo
27:41mais alors
27:42les grands machins
27:43dont on nous parlait
27:43qui faisaient la mode
27:44qui faisaient je ne sais pas quoi
27:45les comédiennes
27:46les soirées
27:47je ne sais où
27:48alors eux non
27:49ils avaient des assistants
27:50ils avaient des grands boîtiers
27:51ils avaient des discours
27:52mais non
27:53c'est du charabia
27:54oui
27:54alors en même temps
27:55ce mélange de photos
27:57de peinture
27:58et d'écriture
27:59a donné des livres
28:00et des livres
28:01et un de vos livres
28:02porte le titre
28:03d'une de vos chansons
28:04qui n'est pas
28:05des années 70
28:17je me demande
28:18chaque fois que je vous écoute
28:19si Francis Cabrel
28:20n'a pas un peu
28:21s'est pas un peu
28:22inspiré de votre style
28:24c'est vrai
28:25qu'il est venu après
28:26non
28:26il y avait un petit côté
28:28Gascon
28:29chez lui
28:29enfin
28:30d'Artagnan
28:31machin
28:31bon
28:32donc je ne me rends pas compte
28:33il a cette
28:33surtout cet accent
28:34qui nous différencie
28:35mais bon
28:36c'est un auteur tout à fait
28:37on a été amis
28:38pendant un certain temps
28:39là je ne le vois plus
28:40depuis pas mal de temps
28:41mais non
28:43je n'ai pas d'opinion
28:43là-dessus
28:44le royaume de Siam
28:45c'est une chanson
28:46et un livre
28:46car vous avez fait
28:47beaucoup de voyages
28:48en particulier en Asie
28:49en Amérique latine
28:50qui vous ont marqué
28:51Gérard Mancet
28:52les premiers surtout
28:53parce qu'après
28:54ça a très vite changé
28:55non après
28:56j'ai voyagé en Afrique
28:57j'ai voyagé en Amérique latine
29:00je suis revenu en Asie
29:01parce que oui
29:02je passais à Banco
29:03d'abord je parlais Thaï
29:03parce que j'ai fait
29:04les langues ZO
29:05et donc c'était ma langue
29:06principale aux langues ZO
29:07c'était le Thaï
29:08après j'ai appris
29:09l'Indonésien
29:10après j'ai appris
29:10le Tagalog
29:13mais j'ai très vite
29:16abandonné
29:17le Siam en l'occurrence
29:19pour aller beaucoup
29:20en Indonésie
29:23et pour aller pas mal
29:24aux Philippines
29:25et pour aller en Birmanie
29:26pour aller dans
29:27toutes ces régions
29:28après j'ai fait le passif
29:29j'ai été non
29:30dans toutes les régions du monde
29:31après je veux dire
29:32je ne faisais que passer
29:34à Bangkok
29:34parce que c'était
29:35la plaque tournante
29:36en même temps
29:37c'est là que vous avez
29:37commencé à noircir
29:38des pages et des pages
29:40des tonnes de pages
29:40qui sont devenues des livres
29:42oui mais j'avais déjà commencé
29:44et j'ai continué après
29:47et ces livres aussi
29:48c'est une autre façon
29:49de voir le monde
29:50c'est le complément
29:52de votre carrière artistique
29:53de chanteur
29:53d'interprète
29:55je l'ai cru
29:57je réalise que je me suis trompé
29:59parce qu'en fait
30:00même
30:01alors il y a eu
30:03il y a eu trois romans
30:04aux belles lettres
30:05après il y a eu
30:06trois romans
30:06chez Gallimard
30:07après il y a eu
30:08trois romans
30:08deux pardon
30:10Albain Michel
30:11entre temps
30:12il y a eu des livres
30:13de photos
30:14et j'ai vu petit à petit
30:15j'ai eu du mal
30:16à comprendre
30:17que
30:18enfin à admettre
30:19pardon
30:20j'ai compris très vite
30:21mais j'avais du mal
30:22je piétinais un peu
30:23sur place
30:23à comprendre que non
30:25les gens
30:25ils aiment ma musique
30:26ils connaissent ma musique
30:27ce ne sont pas des lecteurs
30:29ils s'en foutent
30:30de Nori Durfé
30:30quand j'ai sorti
30:32ce qui était basé
30:33sur l'astré
30:36enfin pas sur l'astré
30:37mais il y a deux ou trois albums
30:40le crabe aux pinces d'homme
30:41il y avait une très belle chanson
30:42qui s'appelle
30:43la fontaine de la vérité d'amour
30:45qui était un hommage
30:46à Nori Durfé
30:47tout le monde s'en fout
30:48personne ne connaît l'astré
30:50et voilà
30:51donc je me suis rendu compte
30:52que non
30:53il y a vraiment deux mondes séparés
30:55il y a ceux qui aimaient
30:55les 45 tours
30:56mes vinyles
30:57qui se sont baladés
30:58en Asie
30:59j'en ai croisé très souvent
31:00en ayant
31:01comme un guerrier
31:02dans la poche
31:02en ayant Lumière
31:03en ayant beaucoup
31:04de mes albums
31:04en mini cassette
31:05ils allaient
31:07je ne sais pas
31:07au Népal
31:07ou tout ça
31:08avec ça
31:08ils écoutaient ça la nuit
31:09bon ça c'est merveilleux
31:11ça m'a rempli
31:12de satisfaction
31:13de savoir que j'avais
31:14procuré un peu de bonheur
31:16comme ça
31:16moi j'aime bien me faire plaisir
31:17et procurer du bonheur
31:19mais après
31:21grande déception
31:22non
31:22ma littérature
31:23mon écriture
31:24est mal comprise
31:25elle est compliquée
31:26elle est chargée
31:27elle est touffue
31:29les gens aujourd'hui
31:30veulent des choses simples
31:31donc c'est pas grave
31:33au moins oui
31:34ça participe de mon personnage
31:35ça existe
31:36ça existera encore
31:38un livre comme
31:39l'avant dernier
31:40les deux derniers
31:41d'Albin Michel
31:42celui qui s'appelle
31:43Cupidon de la nuit
31:44qui est une sorte
31:45d'autoportrait décalé
31:47parce que je n'ai pas voulu
31:47d'autoportrait
31:48d'un autoportrait en creux
31:49où je parle de beaucoup de choses
31:50et puis après
31:51le tout dernier
31:52qui est un livre de contes
31:53moi j'ai toujours écrit
31:54des contes
31:55mais les contes
31:55ça fatigue tout le monde
31:57il ne faut pas écrire de contes
31:58alors j'ai quand même écrit des contes
32:00ça s'appelle
32:00Récit barbare
32:01ça a été salué
32:02c'est merveilleux
32:03je suis très fier de moi
32:05mais ça n'intéresse personne
32:07ou pas grand monde
32:07moi je me souviens
32:08d'une fête du livre
32:10chez Gonzague Saint-Brie
32:12à la sortie de l'été
32:14et vous avez eu un prix
32:15vous êtes resté caché
32:16vous n'avez pas reçu votre prix
32:18mais la foule a salué
32:19ce livre
32:20oui c'est vrai
32:21alors c'était lequel ?
32:22je crois que c'était
32:24Cupidon de la nuit
32:25exactement
32:25alors il se trouve aussi
32:26qu'un album très curieux
32:28c'est le Manitoba
32:29ne répond plus
32:30car ça
32:30si mes souvenirs sont exacts
32:31c'est la première partie
32:33du rayon du mystère
32:34une aventure de
32:34Josette et Jocco
32:36par Hergé
32:36oui ça va en remonter
32:38un petit peu vers le présent
32:39ça va je me sens
32:39un peu plus à l'aise
32:41parce que
32:41je dis pourquoi
32:42un peu plus à l'aise
32:42parce que le chevelu
32:44des années 70
32:44je ne le connais pas
32:46quelquefois on m'en parle
32:47bon je l'ai peut-être croisé
32:49mais alors bon
32:49c'est quelqu'un d'abstrait maintenant
32:51en tout cas déjà
32:52oui on entre dans quelque chose
32:54que j'ai peut-être croisé
32:55plus récemment
32:56qui est donc
32:57le Manitoba ne répond plus
32:58oui c'est Josette
32:59pourquoi cet hommage à Hergé ?
33:01c'est pas vraiment un hommage
33:03non il y a eu un hommage avant
33:04pour Magritte
33:05qui était le langage oublié
33:06avec une très belle toile de Magritte
33:08mais non j'aime beaucoup Hergé
33:10j'ai été comme tous les enfants
33:12de l'époque
33:12à 5 ans, 6 ans, 8 ans
33:14bercé par l'oreille cassée
33:17ou tous ces trucs là
33:18enfin tous les grands volumes
33:20l'île mystérieuse
33:22où chaque bulle
33:24était une merveille
33:25d'inventivité
33:26d'intelligence
33:27de sobriété
33:27alors que j'étais totalement
33:29à sans lieu
33:30et ça me faisait vomir
33:31même les astérix
33:32et compagnie
33:33ou alors je ne sais plus
33:35qui étaient les
33:36les navigateurs de l'espace
33:38ou je ne sais pas
33:38au pire
33:39non les trucs qui se passaient
33:40en Égypte
33:41le mystère de la grande pyramide
33:43oui ces machins là
33:44je ne sais plus comment ils s'appelaient
33:45ça je n'aimais pas du tout
33:46ça je n'aimais pas
33:48ça ne me touchait pas
33:50je ne sais pas pourquoi d'ailleurs
33:51peut-être que
33:53Hergé avait quand même
33:55dans la main et dans la cervelle
33:56une sorte d'imaginaire
33:58bien au-delà des autres
34:00il y a aussi quelqu'un
34:01qui a compté dans votre parcours
34:02et qui vous a chanté
34:05c'est un grand terrain
34:06de n'il part
34:12comme un égo
34:13Alain Bachung
34:14parce qu'en plus
34:16vous avez collaboré
34:16on le sait peu
34:17sur l'album
34:18Bleu Pétrole
34:19qui est mythique
34:19Gérard Mancet
34:20oui j'ai 4 titres
34:21sur l'album
34:23et c'est vrai
34:24que cet album
34:25a marqué
34:25la carrière de Bachung
34:26Bachung d'ailleurs
34:27qui correspond
34:28dans le parcours
34:29correspond un peu
34:30au vôtre
34:30dans la façon
34:31de se comporter
34:31une liberté totale
34:33oui enfin
34:34je ne dirais pas du tout
34:36non non
34:37pas du tout
34:38liberté totale
34:39c'est la moindre des choses
34:40dans la mesure du possible
34:41non mais
34:42lui c'était un fumeur de joint
34:44pendant très longtemps
34:45après c'était un guitariste
34:48un peu
34:48comment je ne sais pas
34:49comment je pourrais dire
34:50pas associable
34:50enfin quand même
34:51un peu pas vindicatif
34:52mais enfin
34:54ténébreux
34:56mais lui
34:56il a partagé
34:57il a donné aux foules
34:58il a fait de la scène
34:59il a tourné
35:00pendant tout le temps
35:01il a cru à la musique
35:02il a cru
35:03voilà
35:04à ces ambiances là
35:05bon moi je m'en suis toujours
35:06tenu écarté
35:07en me demandant
35:07ce que je faisais là
35:08donc on est complètement
35:09différent sur ce point là
35:10alors vous parlez
35:11de la jeune génération
35:12et je sais que Axel Raid
35:13et surtout Raphaël
35:14le doivent beaucoup
35:15et là on est dans le monde
35:16d'aujourd'hui
35:16car les premières chansons
35:18de Raphaël
35:18vous y avez participé
35:21c'est vrai
35:21mais Raphaël
35:22ne me doit rien
35:23contrairement à ce qu'on
35:24dit quelquefois
35:25non Raphaël
35:25il est indépendant
35:27Raphaël a eu
35:28beaucoup d'inspiration
35:30au tout début
35:31il joue d'ailleurs
35:33très bien de la guitare
35:34toujours
35:36moi je suis tombé
35:37en désaccord
35:38avec lui
35:38une ou deux fois
35:39mais c'est personnel
35:40mais il n'y a pas
35:40de secret non plus
35:41sur le fait
35:42que j'aurais voulu
35:43qu'il fasse du rock
35:44il n'a jamais voulu
35:45faire du rock
35:46je pense qu'il aurait
35:47pris sa place
35:49plus qu'un
35:50qu'Axel Bauer
35:51aujourd'hui
35:51il aurait voulu faire du rock
35:53qu'il se serait défoncé
35:55avec la guitare
35:55qu'il a
35:56avec des bons musiciens
35:57il a fait des trucs
35:58entre deux
35:59il a fait des choses
36:00bizarres
36:02avec toujours
36:03des choses
36:04remarquablement belles
36:05et d'autres
36:06critiquables
36:07bon voilà
36:07mais enfin
36:08après je dis ça
36:10mais moi
36:10on m'a fait les mêmes
36:11remarques
36:11pour mon matériel
36:13donc c'est pas une critique
36:14c'est simplement
36:15que je l'ai bien connu
36:16je l'ai côtoyé
36:17pendant très longtemps
36:17et je pense que ça aurait été
36:19notre seul rocker
36:21après peut-être Bachung
36:22et bien
36:23on ne sait jamais
36:24ça peut changer
36:25alors ça maintenant
36:26on va arriver au présent
36:28avec la date du 3 avril 2026
36:30tout de suite sur Sud Radio
36:31avec Gérard Mancet
36:34Sud Radio
36:35les clés d'une vie
36:36Jacques Pessis
36:37Sud Radio
36:38les clés d'une vie
36:38mon invité
36:39Gérard Mancet
36:40vous admirez
36:42son trait
36:43de crayon
36:43de plume
36:44et de feutre
36:44avec ses dessins
36:46ses croquis
36:47liés à notre émission
36:49alors
36:49on a parlé du passé
36:51dans le lointain passé
36:52d'un peu plus présent
36:53et le 3 avril 2026
36:55sort enfin
36:56un nouvel album
36:57qui s'appelle
36:58Je ne veux pas
36:58alors le titre
36:59on va parler
37:00de Je ne veux pas
37:00bien sûr
37:01parce que c'est important
37:02mais le titre
37:03qui ouvre cet album
37:05ça s'appelle
37:05Petit Prince
37:25C'est vrai que vous êtes fidèle
37:27à votre style
37:28avec
37:29c'est un petit prince
37:30que c'est un rapport
37:30avec Saint-Exupéry
37:31oui d'ailleurs
37:32le texte le dit
37:33si on écoute un peu
37:34si on perçoit
37:36un peu
37:36je me plaisante
37:37mais je veux dire
37:38je me comprends
37:38mais bien sûr
37:40bien sûr
37:41parce que Saint-Exupéry
37:42fait partie des écrivains
37:43qui vous ont marqué
37:44ton volcan
37:44ta fleur
37:45je ne sais pas quoi
37:46oh non
37:46ils ne m'ont pas marqué
37:47non
37:47alors pardon
37:48le petit prince
37:49non pas vraiment
37:50c'est charmant
37:52mais enfin de là
37:52à être le support
37:54notamment de Gallimard
37:55qui vit aussi dessus
37:57depuis très longtemps
37:58mais enfin
37:58il ne vit pas que
37:59sur le petit prince
38:00mais je veux dire
38:01le petit prince
38:01c'est sûrement
38:02le titre le plus connu
38:03au monde
38:03par toutes les traductions
38:05non non
38:06c'est extraordinaire
38:07le petit prince
38:07mais on n'est pas
38:08dans la littérature
38:09donc par contre
38:11non d'autres textes
38:12de lui
38:12oui
38:13et pourquoi cette chanson
38:14petit prince
38:16oh j'en sais rien
38:17c'est communé comme ça
38:18ben ça vient toujours
38:19comme ça
38:20je ne me pose pas de questions
38:21alors simplement
38:21après quand c'est un peu
38:22grotesque
38:23c'est une chanson
38:23que j'ai gardée longtemps
38:24je trouvais un petit peu
38:25ridicule
38:26un peu mièvre
38:27un peu
38:28et donc voilà
38:29alors après j'ai changé
38:30quelques mots
38:31ce qui m'arrive rarement
38:32mais il suffit de quelque chose
38:33de très peu de choses
38:34pour que d'un seul coup
38:34ce soit digeste
38:35comme il y avait
38:36c'est ça toujours un peu
38:38mon problème
38:38de création
38:40c'est que j'ai toujours
38:41quand quelque chose me vient
38:45sur lequel je ne réfléchis pas vraiment
38:47sinon
38:48c'est comme quelqu'un
38:49qui ferait du bobsleigh
38:50ou qui conduirait
38:51à l'époque
38:52des prix en voiture
38:53qui conduirait à 300 à l'heure
38:56il ne regarde pas
38:58les arbres
38:58ni les fleurs
38:59qui passent
39:00donc voilà
39:01il attend qu'une chose
39:03c'est de terminer sa course
39:04et de freiner
39:04et de descendre de bagnole
39:06et voilà
39:06et qu'il est entier
39:07il est encore en vie
39:08il est entier
39:08donc moi que je suis dans un titre
39:10c'est un petit peu trivial
39:11peut-être de comparer
39:12mais c'est comme ça
39:13je vais jusqu'au bout
39:14en me demandant
39:15en serrant les dents
39:15si ça ne va pas s'arrêter
39:16en plein milieu
39:17puisque l'inspiration
39:18elle est spontanée
39:19tout vient
39:19guitare et texte
39:21à peu près en même temps
39:22et donc là
39:25si tu connaissais le monde
39:26ça haine son ignominie
39:27oui alors là
39:28c'est bien parti
39:28avec les guitares
39:29puis après je ne sais pas
39:30pourquoi tombe ce petit prince
39:32je ne sais pas
39:33en parallèle
39:34en filigrane
39:36en ombre chinoise
39:38de cette structure
39:40du démarrage
39:41qui était très sévère
39:43et voilà
39:44alors après
39:45j'ai changé 2-3 mots
39:46puis ça m'a semblé
39:47un peu moins insipide
39:48que ne l'était
39:49la première version
39:50mais c'est tout
39:50oui en tout cas
39:51vos lectures vous ont influencé
39:53je crois qu'il y a quelqu'un
39:53qui a beaucoup compté
39:54dans votre démarche
39:55c'est Gérard de Nerval
39:58oui enfin
40:00non
40:00non
40:01alors non
40:01non
40:02non
40:02pardon
40:03quelques fois
40:04je dis des choses
40:05sans trop me rendre compte
40:07alors on s'en empare
40:08alors le
40:08j'ai souvent cité
40:09Gérard de Nerval
40:10Voyage en Orient
40:11mais pas que
40:13surtout non
40:14les filles de feu
40:15c'est Gérard de Nerval
40:16c'est ça oui
40:16oui oui non
40:17les filles de feu
40:17je ne sais plus laquelle
40:19mais il y en a 2 ou 3
40:19qui font pleurer
40:20quand ils montent l'échelle
40:21à la fin
40:22pour aller dans le grenier
40:23je ne sais plus
40:23bon
40:24c'est très loin
40:25non
40:26j'ai
40:28comment dire
40:29j'ai commencé à être
40:31à être
40:32soumis
40:33et sujet
40:34de la littérature
40:35et de nos
40:36grands auteurs
40:36de nos auteurs
40:39quand un jour
40:41un dénommé
40:41Bayon
40:42Bruno Bayon
40:43journaliste à Libé
40:44on était très proche
40:45à l'époque
40:45il faisait beaucoup d'articles
40:47sur les matrices
40:48lumières
40:49et comme un guerrier
40:50et un jour
40:52il m'a mis dans les mains
40:52il savait que je voyageais
40:53beaucoup
40:54mais il m'a mis dans les mains
40:56Ovirie écrit
40:57d'un sauvage
40:58qui est le
41:00récit de
41:00de Gauguin
41:02et là je suis tombé
41:04de ma chaise
41:04tellement c'était
41:05magistral
41:06personne ne connait
41:08Gauguin
41:08comme écrivain
41:09alors c'est plutôt
41:10des sortes d'aphorismes
41:12de journal de bord
41:13et puis alors bon
41:14petit à petit
41:15je suis entré dans les Zola
41:16dans les Balzac
41:17j'en suis plus sorti
41:19mais ça c'est vers 40-45 ans
41:21donc je n'ai pas été du tout
41:22influencé par quoi que ce soit
41:23avant
41:24tout était né
41:26ex nihilo
41:26spontanément
41:27de je ne sais quelle
41:29méthampsychose
41:30qui m'a toujours poursuivi
41:32sans que j'ouvre
41:33le moindre livre
41:34alors j'en reviens
41:35à cette nouvelle album
41:35il y a une caractéristique
41:37de vos albums
41:38c'est que l'introduction
41:39de chaque chanson
41:41c'est un long passage musical
41:42c'est le cas de Petit Prince
41:48car c'est vrai
41:49à chaque fois
41:50on remarque
41:51qu'il y a de très longues
41:52introductions musicales
41:53à un mouvement
41:53qui a chanté
41:54oui pas toujours
41:55non je ne suis pas d'accord
41:57mais c'est assez rare aussi
41:59c'est quelque chose
42:00qui apporte quelque chose
42:01à la chanson
42:02quand c'est nécessaire
42:03non
42:04c'est encore une fois
42:04des questions
42:05que je ne me pose pas
42:06je me les pose
42:07sur l'organisation
42:09d'un album
42:09sur l'organisation
42:10d'un titre
42:11à travers lui-même
42:12oui évidemment
42:13il y a des équilibres
42:13des trucs à respecter
42:17mais là
42:18il y a un moment
42:18je suis un musicien aussi
42:20j'ai envie de tourner
42:20de jouer
42:21de laisser un petit peu
42:23les gens s'exprimer
42:23je regrette d'ailleurs
42:24de ne pas l'avoir fait
42:25plus souvent
42:25non mais après
42:26il y a eu quelquefois
42:27des ponts
42:28des tapis de cordes
42:29des introductions
42:30oui
42:31dans Blossom
42:31toute l'introduction
42:32ce pays
42:33je ne sais pas quoi
42:34oui ça m'est arrivé
42:36bien sûr
42:36c'est pas systématique
42:38c'est pas une
42:39ça arrive dans cet album
42:41alors il se trouve
42:41que cet album
42:42on l'attendait
42:43depuis quelques temps
42:43vous avez été
42:44pendant 40 ans
42:45dans la même maison de disques
42:46vous êtes aujourd'hui
42:46dans une nouvelle maison de disques
42:48et vous avez eu envie
42:49de refaire cet album
42:50c'est venu comme ça
42:50spontanément
42:51ou est-ce que ce sont
42:52des années de travail
42:55si vous voulez
42:56depuis
42:56on parlait d'animal
42:58on est mal
42:58on va essayer de pas revenir
42:59en 68
43:00mais en tout cas
43:02depuis
43:02on va dire
43:03depuis la mort d'Orion
43:04voilà
43:06donc une cinquantaine d'années
43:08ou plus même
43:09de 71 à 2026
43:11oui ça fait 55
43:13voilà
43:13et donc
43:16ça n'a jamais été
43:17qu'un long parterre
43:19un long jardin
43:22voilà
43:23dans lequel je pénétrais
43:25pour prendre
43:26tel ou tel fruit
43:27tel ou tel fleur
43:28tel ou tel pouce
43:29et donc
43:30il n'y a pas de chronologie
43:31vraiment
43:33la seule chose
43:34c'est que j'ai voulu
43:35instituer une chronologie
43:37donc j'ai de moi-même
43:39forcé
43:41l'inspiration
43:43à faire des sortes
43:44de boîtes
43:45à l'époque
43:45je crois que j'ai utilisé
43:46le mot boîte
43:47oui
43:48c'est-à-dire
43:48des boîtes
43:49qui toutes ont une couleur
43:50une forme
43:51un sujet différent
43:52j'ai voulu toujours
43:53c'est pour ça que je m'attachais
43:54c'est pour ça qu'aujourd'hui
43:55le métier me sent
43:56beaucoup moins passionnant
43:58ou captivant qu'avant
43:59j'ai failli m'en retirer
44:01comme j'ai eu la chance
44:02de croiser ce label
44:03avec quelqu'un que j'aime bien
44:04bon pourquoi ne pas repartir
44:06pour un ou deux albums
44:07mais aujourd'hui
44:08il n'y a plus
44:10la sacralisation
44:11des pochettes
44:12d'abord
44:12de 33 tours
44:14qui étaient toutes illustrées
44:15de manière merveilleuse
44:17dans les années 70
44:18et puis après
44:20quand même
44:21même les cd
44:21moi j'arrivais à faire
44:22des objets
44:23des boîtes
44:24donc je faisais la pochette
44:25l'artwork
44:25ce qu'on appelle l'artwork
44:26c'est-à-dire le graphisme
44:28l'image
44:28la typo
44:30j'ai toujours pratiqué
44:31tous les logiciels
44:32de mise en page
44:33et donc je
44:34pour moi
44:35je citais tout à l'heure
44:37le langage oublié
44:38j'avais choisi
44:39cette très belle toile
44:40je crois que c'est
44:40les demoiselles de Villadan
44:41de Magritte
44:44absolument splendide
44:45et donc j'ai été obligé
44:47de décliner tout ça
44:49mais je suis seul
44:50maître à bord
44:50je choisis effectivement
44:52la typographie
44:53les nuances
44:54les agrandissements
44:56les recadrages
44:57combien de pages
44:58dans le livret
44:59quel texte
45:00comment
45:01bon et voilà
45:02et tout est comme ça
45:02alors le titre
45:04de cet album
45:04c'est
45:05je ne veux pas
45:06et c'est le titre
45:07d'une des chansons
45:08de cet album
45:21je ne veux pas
45:24je ne veux pas
45:29mourir sans toi
45:30je ne veux pas
45:32je ne veux pas
45:34mourir dans tes bras
45:36je ne veux pas
45:39je ne veux pas
45:40que tu meurs
45:40sans moi
45:41je ne veux pas
45:42que tu meurs
45:43dans mes bras
45:43dans les bras
45:45d'un autre
45:45alors cette chanson
45:47vous avez réalisé
45:49un clip
45:49qui est tout à fait
45:50original
45:50puisqu'il est réalisé
45:52à partir
45:53de l'intelligence
45:54artificielle
45:54ce qui est une première
45:56oui
45:57on n'a pas vraiment
45:58eu le choix
46:01ça s'est proposé
46:02comme ça
46:02par le label
46:03avec le
46:03je suis là
46:04donc
46:05quelqu'un
46:06de très talentueux
46:07qui a piché
46:07tout ce que j'ai dit
46:08j'ai pondu un scénario
46:09qui me semblait
46:09très habile
46:14on marchait à l'envers
46:17on rajeunit
46:18enfin bon voilà
46:18et puis ça s'est produit
46:19comme ça
46:20il y a 2-3 scènes
46:21qui étaient un peu délicates
46:22il les a merveilleusement
46:23bien gérées
46:24sans que j'ai eu à discuter
46:26comme ça a été le cas
46:27pendant des dizaines d'années
46:28avec des productions
46:30ni faites ni affaires
46:32de réalisations
46:33d'images
46:36où les réalisateurs
46:37n'en sont pas
46:37où les graphistes
46:38n'en sont pas
46:39où les directeurs
46:40de production
46:40n'en sont pas
46:41et c'est toujours
46:42des charabias
46:43en permanence
46:43ben là je suis tombé
46:44enfin sur quelqu'un
46:463 fois une demi-heure
46:47au téléphone
46:48un déjeuner
46:49dans un café
46:49et puis voilà
46:50et le produit fini
46:52qui était magnifique
46:53et le sous-titre
46:54c'est
46:54au pays de l'éternelle jeunesse
46:55oui
46:56pourquoi ?
46:57je l'ai mis au tout dernier moment
46:58parce que ça dit bien
46:59ce que ça veut dire
47:00on remonte le temps
47:02au pays de l'éternelle jeunesse
47:03puisque dans le texte
47:04je ne veux pas mourir sans toi
47:05je ne veux pas que tu meurs sans moi
47:08et personne ne meurt
47:09dans ce texte
47:10c'est à la fois cauchemardesque
47:12mais idyllique
47:12c'est le jardin d'Éden
47:14mais voilà
47:14et d'ailleurs
47:15il y a un château
47:16dans le clip
47:16on voit un château
47:17on voit des personnages
47:18vieux, jeunes
47:19tout ça
47:21il y a un côté onirique
47:22dans tout ça
47:23bien sûr
47:24et ça c'est quelque chose
47:25pour vous
47:25l'idée est venue aussi
47:26comme ça spontanément
47:27un jour
47:28en disant
47:28j'ai envie de faire ça
47:29ah non
47:29je le redis
47:31ça doit faire la troisième fois
47:32que je le dis
47:33et la 250ème fois
47:36au long des interviews
47:37donc
47:39sempiternellement
47:39on me repose la question
47:40je réponds
47:40mais on n'entend pas
47:41non
47:42j'ai compris
47:43c'est spontané
47:44je ne me pose pas la question
47:46spontanément
47:47on va écouter un nouvel extrait
47:48je ne veux pas aller
47:50dans cette église
47:52sans toi
47:54le télé
47:55à m'entendre
47:56et sur ton corps
47:58descendre
47:58seul un sol
48:00quand les ordres
48:01le jour
48:01comme un bûcher
48:03sans joie
48:04ah bravo
48:04j'avais oublié tout ça
48:06mais c'est extraordinaire
48:07parce qu'en plus
48:07la chanson dure 9 minutes
48:10la chanson
48:11elle dure 11h30
48:1311h30
48:13pour le clip
48:14elle fait 9 minutes
48:14voilà
48:15mais en même temps
48:16c'est aussi
48:17chaque histoire
48:18est une chanson
48:19chaque chanson
48:19est une histoire plutôt
48:21évidemment
48:21et une chanson
48:22de 11 minutes
48:23aujourd'hui
48:23à part vous
48:24je ne connais pas
48:25grand monde
48:25qui le fasse
48:25moi j'en ai toujours
48:27j'aime bien
48:28alors ça par contre
48:29c'est une sorte de petit tic
48:30que j'ai pris
48:31oui
48:31ça a dû commencer
48:33avec lumière
48:34il y en avait déjà
48:35dans la mort d'Orient
48:36des 11 minutes
48:36mais quand même
48:38j'ai commencé
48:39à m'habituer
48:40à avoir toujours
48:41un titre
48:43je ne peux pas
48:43m'exprimer
48:44en 3 minutes
48:45c'est comme
48:46peut-être
48:47Balzac
48:47il ne s'exprimait pas
48:49en une petite nouvelle
48:50de 4 pages
48:51ou de 8 pages
48:53donc il y en a
48:53quelques-uns
48:54où je me dis
48:54bon ben voilà
48:55j'y vais
48:55capitaine courageux
48:57ça dure 7 minutes
48:58ou je ne sais pas quoi
49:00Aphrodite
49:02Aphrodite
49:02le titre principal
49:03d'Aphrodite
49:03il dure 10 minutes
49:04ou 11 minutes
49:06oui mais
49:06dans cette année
49:07il y a une chanson aussi
49:08que je trouve absolument
49:09merveilleuse
49:10c'est Hommageunesse
49:28ce sont des semaines
49:31de préparation
49:33parce que la musique
49:35les arrangements
49:36ils sont très poussés
49:37j'ai ramassé
49:38alors j'allais le dire
49:40là en réentendant
49:40ces quelques
49:41j'allais dire deux choses
49:44d'abord c'est très émouvant
49:46parce que quand moi
49:47je suis avec mon matériel
49:48je redis
49:49mais bon
49:50les gens ne peuvent pas mesurer
49:53Julien Clerc ne l'a pas
49:54je ne sais pas quoi
49:55Esnavour ne l'avait pas
49:57Cabrel un petit peu
49:58mais
49:59personne n'a tout son matériel
50:01au bout du doigt
50:02à portée de la main
50:03moi j'ai des chambres
50:04ou différentes pièces
50:06en semi-atelier
50:07enfin des studios
50:08ce qu'on veut
50:09mais comment dire
50:10j'ai tous mes
50:11on appelle ça
50:12des audio files
50:13c'est à dire
50:13toutes les pistes
50:15depuis toujours
50:15j'ai gardé tout ça
50:17j'ai archivé
50:18j'ai des disques durs
50:19à l'infini
50:20de toutes ces choses là
50:21et quand il me vient
50:22une idée
50:23quelquefois
50:23je vais prendre quelque chose
50:24je le ressors
50:25je réécoute
50:25je revisite mon passé
50:27enfin le passé
50:27de cet artiste ingérable
50:30et donc
50:31pourquoi je disais ça
50:32parce que
50:35de réentendre
50:36quand je suis chez moi
50:37et que je fais mes mix
50:38mes prémixes
50:39avant d'aller en studio
50:39mettre ça sur une console
50:41évidemment que je n'ai pas
50:44le même sentiment
50:45que là
50:46ce que je viens d'entendre
50:46au casque
50:47totalement déconnecté
50:48de tout ça
50:49là quand j'entends
50:50le hommage jeunesse
50:51avec les trois accords
50:52de guitare
50:53oui je suis émerveillé
50:56oui j'ai le droit
50:57d'être émerveillé
50:57par ce que j'ai fait
50:58j'ai le droit
50:58d'être nombriliste
50:59à ce niveau là
51:00je le revendique d'ailleurs
51:01parce que
51:02je suis très ravi
51:03de ce que je fais
51:03heureusement
51:04c'est ça qui m'a maintenu en vie
51:05mais comme un enfant
51:06qui fait de la pâte à modeler
51:07je le dis souvent
51:08ou un beau petit dessin
51:10et que sa mère vient féliciter
51:11donc j'ai le droit
51:12de temps en temps
51:13d'être moi-même
51:13ma mère
51:14et de venir me féliciter
51:16ou venir féliciter
51:17le petit enfant
51:18qui a fait ce petit bijou
51:20ce petit cadeau
51:20bon en tout cas
51:21j'entends donc la chose
51:23comme je ne l'entendais pas
51:24chez moi
51:25j'en suis déconnecté
51:26et je suis ravi
51:27et je souligne
51:28c'était ça le deuxième point
51:29que je voulais mettre
51:30c'est un peu long
51:30mes explications
51:31ne vont pas m'en vouloir
51:32et donc le deuxième point
51:35c'était que je salue
51:35une fois encore
51:36les quelques musiciens
51:38parce qu'il n'y en a pas eu
51:39des vingtaines
51:40mais les quelques musiciens
51:41qui sont eux-mêmes
51:42des cisleurs
51:43des orfèvres
51:44en la matière
51:45les guitaristes
51:46j'en ai quelques-uns
51:47je ne vais pas les citer là
51:48parce qu'il y en a plusieurs
51:49mais qui tous
51:50se sont succédés
51:51avec un doigté phénoménal
51:53depuis toujours
51:54et puis un pianiste
51:56et puis un organiste
51:57qui n'est plus de ce monde
51:59quelques cuivres
51:59enfin voilà
52:00j'ai eu la chance
52:01je suis très vigilant
52:02mais on a vite fait
52:04de passer à côté
52:04on a vite fait
52:05d'avoir quelqu'un
52:06qui ne joue pas comme il faut
52:07tout au moins
52:07pour mon univers
52:08qui jouerait très bien
52:10pour quelqu'un d'autre
52:10et alors c'est ça
52:11le problème d'aujourd'hui
52:12un peu c'est que les musiciens
52:13ont trop joué sur n'importe quoi
52:15et qu'ils ont beaucoup de mal
52:16alors j'ai des marginaux
52:18j'ai des
52:18j'ai par exemple un breton
52:20je le recite
52:21Patrice Marzin
52:22qui est merveilleux
52:23mais il y en a d'autres
52:24et voilà
52:25mais c'est en général des gens
52:26j'ai eu Didier Batard
52:28Bassiste
52:28qui maintenant ne joue plus
52:29mais qui a fait au moins
52:30sur mes 25 ou 28 albums
52:33qu'on a fait au moins 20 avec moi
52:34et donc
52:36et Didier voilà
52:37c'est une sorte de marginal
52:38alors il a joué avec Bachoum aussi
52:40mais bon
52:41il avait ses marottes
52:43ses tiques
52:45bon je
52:48époustouflant Didier
52:49parce que
52:49je peux prendre d'autres bassistes
52:51faire jouer les mêmes
52:52et puis non
52:53ça ne sonne pas pareil
52:54moi qui suis cartésien
52:56logique
52:57rationnel
52:57je suis obligé de convenir
53:00que
53:01non
53:02on fait conduire
53:03la même voiture
53:04à deux individus
53:05et
53:05il y a des sorties de route
53:07c'est pas ça
53:08en tout cas moi
53:09vous accepterez
53:10que je vous remercie
53:11j'ai le droit de vous remercier
53:12pour cet album
53:13au nom de
53:14celles et ceux
53:14qui sont
53:15demeurent plus que jamais
53:16vos inconditionnels
53:17cet album
53:18je ne veux pas
53:19qui en précédera d'autres
53:20parce que je suis convaincu
53:21que votre éternelle jeunesse
53:22ne fait que commencer
53:22Gérard Mancet
53:23c'est gentil
53:24on espère
53:26à très bientôt
53:26pour le prochain album
53:27et bien merci
53:28les clés d'une vie
53:29c'est terminé pour aujourd'hui
53:30on se retrouve bientôt
53:31restez fidèles
53:32à l'écoute de cette radio
53:32à l'écoute
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