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  • il y a 34 minutes
Mardi 14 avril 2026, retrouvez Michel Prouteau (Partner, Pareto Asset Management) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:01Musique
00:10Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui des marchés nordiques et de leur attractivité grandissante dans le monde de l
00:19'investissement.
00:19Nous en parlons avec Michel Proutot, parteur chez Pareto Asset Management à mes côtés en plateau.
00:23Bonsoir Michel.
00:24Bonsoir Grégoire.
00:25Bienvenue, ravi de vous retrouver, on s'était parlé en visio il y a quelques semaines, quelques mois pour évoquer
00:31déjà Pareto qui est un groupe financier au sens large.
00:34Pareto Asset Management étant la division d'Asset Management mais juste pour rappeler que Pareto est natif, local dans ses
00:41marchés nordiques.
00:42Vous êtes vous-même basé à Oslo en Norvège, vous êtes à Oslo avec une empreinte locale, native très très
00:48forte dans ses marchés financiers nordiques.
00:51Un mot en lien avec l'actualité puisque tous les yeux des investisseurs sont focalisés sur les dépendances, les mix
00:58énergétiques aujourd'hui des différents pays.
01:00C'est l'occasion de rappeler, c'est une évidence quand on parle de la Norvège notamment, de rappeler quand
01:04même que cette zone des nordiques, Norvège, Suède, Danemark, Finlande bien sûr, est une zone assez autosuffisante en matière énergétique
01:12Michel.
01:12Oui tout à fait, alors moi j'ai coutume de dire en fait, de reprendre ce slogan que les pays
01:16nordiques c'est à la fois proche et lointain.
01:19Et donc pourquoi c'est lointain ? En fait sur un certain nombre de sujets ils sont très différents des
01:23pays européens et notamment sur l'énergie.
01:24Alors donc effectivement le gaz et le pétrole en Norvège il y en a en abondance, c'est exporté, ça
01:29alimente le fonds souverain qui fait 2000 trilliards de dollars.
01:34Et ça, ça donne une aisance à la Norvège très clairement, il faut voir que les rendements accumulés sont de
01:41l'ordre de 8% par an, ils reversent 3% au budget de l'État.
01:44Donc chaque année, un peu comme notre métier d'ailleurs, ça ne cesse de grandir en fait la fortune des
01:49Norvégiens au point qu'on se demande si les Norvégiens, si la Norvège n'est pas devenu un pays trop
01:53riche.
01:54Donc ça c'est sur le volet un peu je dirais énergie fossile, mais en même temps depuis 20 à
01:5930 ans ils ont développé des énergies renouvelables à la fois en Norvège et en Suède.
02:04Et c'est des leaders, ils ont eu une politique consistante sur longue période, 95% de l'électricité en
02:11Norvège est d'origine hydroélectrique, voilà donc décarbonée, pas cher.
02:16Et dans le contexte actuel, clairement ils profitent sur les deux volets, à la fois le prix de l'essence
02:21du gaz et du pétrole est élevé, donc ça ça alimente en fait le fonds souverain norvégien.
02:26Et d'autre part les citoyens à la fois suédois et norvégiens ont accès à une énergie pas trop chère,
02:33qui n'augmente pas dans ces périodes de crise, à la fois pour se chauffer, pour consommer, pour utiliser leur
02:38véhicule.
02:39Donc ça oui c'est une particularité de ces pays-là.
02:42Ah oui bien sûr, mais si on regarde ces caractéristiques à l'aune du monde actuel où la question de
02:46l'accès aux ressources en général va devenir clé, que ce soit des ressources énergétiques ou autres,
02:51là on a des pays qui sont quand même plutôt bien positionnés en relatif notamment par rapport à d'autres
02:56voisins européens.
02:57Tout à fait, ça confère une indépendance énergétique, ça c'est clair.
03:00Les pipelines vont de la Norvège vers la Pologne, vers l'Allemagne et vers l'Angleterre et pas l'inverse.
03:07Donc effectivement en plus il y a des aléas un petit peu géopolitiques, c'est plutôt les pays européens qui
03:12seront en première ligne pour en subir les conséquences.
03:15Non c'est sûr, indépendance énergétique et énergie moins chère, ça c'est clair.
03:19Moi je le vois, la pompe n'a rien changé, rien n'a bougé.
03:23Ça ne bouge pas.
03:24Ça ne bouge pas.
03:25Donc ça, ça protège aussi le pouvoir d'achat des consommateurs, leur capacité à épargner.
03:30Et puis voilà.
03:31À partir de la stabilité effectivement de ces pays.
03:34Petite parenthèse là, parce qu'on va parler de l'investissement, mais qui dit que la Norvège est un pays
03:38trop riche ?
03:38C'est quoi ce débat Michel ?
03:40C'est bien que le débat a été ouvert.
03:42Pourquoi pas ?
03:43C'est un débat en Norvège ?
03:45Tout à fait, il y a deux ans, le responsable de McKinsey,
03:49a publié un livre effectivement sur ce sujet là.
03:52Voilà, c'est mécanique.
03:53Le fonds il fait 2000 milliards, il fait...
03:54Voilà, et chaque année, il engrange autour de 6 à 8% de rendement.
03:58Ce qu'on essaye de faire pour nos clients, quelque part.
04:01Et il reverse autour de 3% au budget de l'État,
04:03et ça représente 25% du budget de l'État norvégien.
04:05C'est 3% qui s'en reverse.
04:06Donc chaque année, il croît de l'ordre de 5%, et c'est 5 millions de denvégien.
04:11Et donc ça veut dire que, d'une certaine manière, c'est pas qu'ils vivent dans le confort,
04:15mais quand vous avez en arrière-plan cette masse de capitaux qui ne cessent de croître,
04:22voilà, ils sont quelque part riches de façon éternelle,
04:24s'il n'y a pas un choc, un astéroïde qui vient impacter l'économie mondiale.
04:30Oui, quelque chose de très vertueux quand même,
04:32du fait notamment de ces ressources et de la bonne gestion.
04:35Avoir les ressources, c'est une chose, bien les gérer, c'en est une autre également.
04:38Comment vous participez à ce développement ?
04:40Alors à travers notamment des fonds crédits,
04:42ça fait partie des classes d'actifs sur lesquelles vous êtes très fort chez Paris Tourème, Michel.
04:47À travers le thème de l'énergie, ces industries, elles se sont créées aussi,
04:51grâce à le crédit et grâce à de la dette, j'imagine ?
04:54Tout à fait, le marché du high yield nordique a été créé dans les années 2000,
04:57justement pour financer la création d'une industrie ex-Nilo pétrolière en Norvège.
05:04Et puis c'est développé, c'est ça l'intérêt,
05:05c'est que le marché nordique high yield maintenant est très diversifié.
05:09Et il apporte vraiment un intérêt,
05:11il représente une attractivité assez forte pour des investisseurs européens.
05:15On voit de plus en plus, nous on le voit bien,
05:17l'Europe continentale, d'investisseurs qui viennent se positionner sur cette zone-là.
05:21On le voit là, il suffit de voir le premier trimestre de cette année,
05:24notre fonds est en territoire positif,
05:26tous les indices Fixed Income sont en territoire négatif.
05:29Donc vous voyez qu'on délivre une performance qui est différenciante,
05:32décorrélante quelque part,
05:35des indicateurs, des indices traditionnels Fixed Income européens.
05:39Et ça c'est lié à ces sujets-là,
05:42à savoir ces secteurs qui sont un petit peu particuliers,
05:44l'énergie, on en a parlé, mais le secteur bancaire également.
05:46Il faut savoir qu'on fonctionne à taux variable.
05:49Oui, les banques scandinaves.
05:50En France notamment.
05:51Voilà, les banques scandinaves ont bénéficié d'une période juste fantastique,
05:55les trois dernières années, quand les taux ont été élevés,
05:57on n'utilise pas le chèque là-bas, les chèques sont existants,
05:59il y a très peu de distributeurs de billets, très peu d'agences.
06:02Donc j'aime bien citer ce chiffre sur le coefficient d'exploitation des banques nordiques,
06:06c'est de l'ordre de 40%.
06:09Contre, je dirais en moyenne, 63% pour la BNP,
06:12qui est une banque plutôt bien gérée en ordre.
06:14Vous voyez déjà nativement, c'est le cas de le dire.
06:16Quelque chose de très light, de très lean dans leur modèle.
06:19Voilà, ça génère quand même une profitabilité substantielle, structurelle.
06:24Sur l'énergie, je reviens, parce qu'il y a à la fois l'aspect fossile et l'aspect renouvelable.
06:28Est-ce que tous les investisseurs embrassent le thème de l'énergie au sens large,
06:32fossile, renouvelable, on est prêt à jouer dans les deux camps ?
06:36Et vous-même, en tant qu'apporteur de solutions, en termes d'offres,
06:40est-ce qu'il faut distinguer les choses, ou est-ce que c'est un sujet énergétique avant tout ?
06:44Non, c'est une réelle question.
06:46C'est vrai que, notamment en France, on a beaucoup d'investisseurs institutionnels
06:51qui veulent qu'on ait plutôt des solutions où le pétrole ne soit pas trop présent.
06:55Et donc on a répondu à ces questions-là, puisque justement on a matière pour le faire.
06:59On peut très bien construire des fonds avec zéro exposition sur le pétrole, sur le renouvelable.
07:04Il faut savoir quand même que, par exemple, des leaders industriels mondiaux,
07:08comme Yara, par exemple, sur les engrais, le leader mondial,
07:11a développé un processus de production d'engrais décarboné.
07:15Même chose en Suède, où vous avez un des leaders suédois,
07:19un des plus gros pollueurs suédois,
07:23qui a développé un processus de production d'acier décarboné.
07:27Donc vous voyez, il y a énormément d'initiatives dans le monde aussi,
07:30de l'énergie décarbonée.
07:32Donc on a matière à pouvoir construire des stratégies,
07:35à la fois purement, je dirais, fossil free,
07:39et d'autres qui embrassent tout l'univers d'investissement nordique.
07:42Et donc pour revenir aux banques, je reviens aux banques,
07:45du coup, Michel, modèle un peu différent de ce qu'on connaît en France,
07:49on parle d'entreprises qui sont considérées comme des entreprises de croissance,
07:53par exemple, quand on parle du secteur bancaire dans les pays nordiques ?
07:57Or, croissance, à la mode bancaire, je dirais,
07:59mais très dynamique, oui, ça c'est qu'il n'y a pas de doute.
08:03Et surtout qu'on ait une capacité à générer de la profitabilité,
08:06on parlait de JP Morgan tout à l'heure,
08:08on s'attend aussi à de très bons résultats sur le secteur bancaire
08:11à la fin de ce premier trimestre.
08:13Et puis accompagner, voilà, c'est ce qu'on dit souvent auprès de nos clients aussi,
08:17c'est toujours plus facile d'opérer dans un environnement en croissance,
08:21et c'est des pays en croissance fondamentalement,
08:23à la fois pour les acteurs bancaires comme pour les acteurs corporels sur lesquels on investit.
08:28Donc là, voilà, c'est vraiment un substrat très positif pour tous ces acteurs économiques.
08:34Et pour nous aussi.
08:35Oui, oui, comment vous regardez, parce que les sujets bancaires sont toujours nombreux,
08:38mais je veux dire en termes de réglementation, de capitalisation,
08:42oui, il y a une bonne gestion de ces établissements bancaires nordiques,
08:47je ne sais pas, tout le monde parle de l'exposition au crédit privé, par exemple,
08:51enfin, il y a une transparence, il y a...
08:53Oui, il y a une transparence, et puis ils ont appris aussi de leurs erreurs,
08:55dans les années 90, il y a eu pas mal de défauts sur l'immobilier notamment,
09:00et depuis, les contraintes en fonds propres ont été renforcées,
09:05donc vous avez des ratios de tier 1 juste phénoménaux,
09:08là on est à 17, je crois, pour les banques scandinaves,
09:11comparé à 13.
09:11Donc elles sont même surcapitalisées, pour dire les choses.
09:14C'est profitable, donc c'est à la fois le meilleur des deux mondes en tant qu'investisseur.
09:17Et du coup, nous, dans nos deux fonds crédits d'ailleurs,
09:21on a une exposition assez substantielle sur les valeurs bancaires.
09:25Bon, je reviens à l'attractivité grandissante, effectivement, là vous le mesurez,
09:28vous sentez, je ne sais pas, dans une crise comme celle du Golfe,
09:32vous avez tout de suite un peu plus d'appels, la prospection est plus facile,
09:36le message commercial est plus facilement écouté par vos prospects, Michel.
09:41Voilà, par les prospects, je pense que nos clients sont bien informés du fait qu'on apporte de la diversification.
09:48Mais en fait, ça joue sur deux volets, à la fois du côté client, mais aussi pour nos gérants.
09:53Dès qu'il y a une petite crise de cet ordre-là, ça leur permet d'avoir des opportunités de
09:56réinvestissement.
09:57Il faut savoir que dans nos fonds, on a des maturités très courtes sur les obligations,
10:01donc chaque mois, vous avez beaucoup de cash qui tombent dans le fonds à réinvestir.
10:04Et donc là, quand il y a un petit choc un peu, des décalages de prix,
10:08c'est des opportunités pour nos trois gérants sur notre fonds à île et les deux gérants sur le fonds
10:12cross-credit,
10:13de trouver des mispricings et des opportunités,
10:18ce qui leur permet de délivrer une performance supérieure au rendement embarqué des fonds d'ailleurs.
10:23Donc ça, c'est quand même assez attractif.
10:27Décorrélation jusqu'où ?
10:28Michel, vous dites que c'est diversifiant, il y a un pouvoir diversifiant, décorrélant dans une allocation d'actifs.
10:34Quand est-ce que la décorrélation est optimale, j'ai envie de dire,
10:37et quand est-ce que la décorrélation est un peu moins importante ?
10:41En quel type d'environnement ?
10:43Je suis vendeur, donc je vous dirai, il n'y a pas de moment de bien améliorer ça.
10:47C'est toujours le moment d'en prendre, et la preuve en l'air.
10:50Non, c'est vrai, puisqu'en fait, ce qui est intéressant, au-delà, on a beaucoup parlé de l'économie,
10:56mais aussi les caractéristiques financières des obligations.
10:59On est essentiellement à taux variable, on a des maturités courtes, ce qui fait qu'on est peu volatile.
11:05Et donc on est un peu décorrélé, effectivement, le premier trimestre le montre bien,
11:09la performance quand il y a des chocs.
11:11Et puis après, on encaisse tout de suite, lorsqu'il y a eu une hausse des spreads de crédit,
11:15on est passé de 5 à 5,50 en termes de rendement embarqué sur notre fonds à île.
11:20Donc on est en mesure aussi de délivrer ce surplus de rendement pratiquement ipso facto.
11:24Cette attractivité, elle se mesure aussi au nombre d'émetteurs étrangers,
11:28quand je dis étrangers non nordiques, qui viennent profiter de ces marchés de capitaux nordiques ?
11:31Tout à fait, il y a ces deux volets, effectivement.
11:33Il y a d'une part les investisseurs qui viennent chercher cette diversification dans nos fonds.
11:39Et il y a aussi, et ça c'est le travail de notre société mère, Parto Securities,
11:43d'aller voir des émetteurs européens, notamment SMI, mid-size, qui peuvent accéder à ce marché.
11:50Et c'est en croissance ?
11:51C'est en très forte croissance.
11:51Très forte croissance.
11:52Très forte croissance.
11:53Chaque année, le volume d'émissions, les encours, dépasse ceux de l'année précédente.
11:59Donc on est vraiment sur une très très belle dynamique.
12:01Côté émetteurs également.
12:02Oui, oui.
12:02Ça c'est clair.
12:03Merci.
12:04Voilà.
12:04Oui, oui, non, non, mais très intéressant.
12:06Merci beaucoup Michel.
12:07On n'a pas fini de parler des marchés nordiques.
12:09On le fait avec petite touche régulière pour parler de ces marchés effectivement
12:14qui possèdent des caractéristiques très particulières.
12:16Et notamment ce pouvoir de décorrélation par rapport à d'autres marchés
12:20quand on réfléchit en termes d'allocation d'actifs
12:22et cette attractivité grandissante donc des marchés nordiques.
12:25Michel Proutot qui était l'invité de ce dernier quart d'heure
12:27de Smart Bourse Partners chez Pareto Asset Management.
12:30Merci.
12:30Merci.
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