00:00...
00:08Thomas Brezard, bonjour.
00:09Bonjour Mathieu.
00:09Ravi de vous accueillir sur ce plateau aujourd'hui pour la 4e édition du Sommet de la mesure d'impact.
00:14On vous connaît, vous êtes un habitué de ce sommet, vous êtes le président, le coprésident de Bilab en France.
00:19Vous êtes également en charge de la perma-entreprise au sein du groupe Norsys.
00:24Pourquoi vous venez aujourd'hui...
00:25Pourquoi faire tout ça ?
00:26Pourquoi vous venez parler aujourd'hui sur ce thème de votre table ronde qui arrive ?
00:30En fait, la mesure de l'impact, on en fait depuis longtemps.
00:33On en fait même depuis très longtemps.
00:35Et souvent, on a pensé que ce serait une bonne façon de montrer que les entreprises avaient un rôle à
00:39jouer au niveau sociétal.
00:40Maintenant, l'objectif, c'est de prouver qu'elles ont un rôle à jouer au niveau sociétal et que ça
00:43renforce leur pérennité.
00:44Et c'est le gros défi du moment.
00:46Et donc, le thème de cette édition porte particulièrement sur ce point-là.
00:49Et nous, on va venir montrer notamment avec le nouveau standard de Bicorp qui a été mis en œuvre depuis
00:53quelques semaines tout juste après 3 ans de consultation,
00:55qu'on peut être plus efficace économiquement tout en étant plus au service de la société.
00:59Deux mots sur ce nouveau standard, si on devait les retenir.
01:01Parce qu'on connaît bien Bicorp, mais donc il y a une mise à jour...
01:04Alors, oui, on connaît bien.
01:05Donc Bicorp, c'est une très grande exhaustivité de critères historiquement.
01:08Ça fait 20 ans que c'est comme ça.
01:09Aujourd'hui, c'est 10 000 entreprises dans le monde qui ont passé le cap de cette certification et 650
01:13environ en France.
01:14Il y a une grosse bascule qui est opérée pour deux raisons.
01:17C'est que, un, on veut être plus adapté à l'ensemble de la diversité des entreprises que l'on
01:21représente aujourd'hui.
01:22Toute taille, tout secteur, toute région, tout type de business.
01:26Donc de salariés à 20 000.
01:28Oui, oui, potentiellement.
01:29Et puis aussi, en fait, la société change, le monde change.
01:32Il change même très vite désormais.
01:34Donc, il faut qu'on soit capable de restituer d'autres types d'impacts.
01:36Des impacts sur l'ancrage sur le territoire, sur la santé mentale des individus.
01:40On va aussi, par exemple, je voudrais donner un des exemples qui est peut-être le plus marquant, je trouve,
01:44dans ces nouveaux standards.
01:45C'est l'action collective.
01:47Comment une entreprise, au-delà de balayer devant sa porte, crée des dynamiques collectives pour faire changer toute une industrie.
01:52Parce que toute seule, elle ne peut pas y arriver.
01:53Et pour ça, il faut faire des coalitions sectorielles.
01:55Il faut travailler avec les acteurs de sa chaîne de valeur.
01:57Et donc, il va y avoir de la mesure d'impact là-dessus.
01:59Ça, c'est très innovant.
02:00Et je pense que c'est une des clés pour que l'économie dans son ensemble change vraiment.
02:04Oui, on est sur toute la logique allemande de fournisseur, de client.
02:08Oui, et client, ça peut être en B2B, mais client aussi, surtout consommateur.
02:13Comment la société civile est embarquée dans ces dynamiques-là ?
02:16Voir comment elle peut la rendre plus en capacité d'avoir une influence sur l'évolution des marques.
02:21On pourrait prendre, par exemple, dans l'alimentaire, une appli comme Youka,
02:24qui a vraiment fait changer la pratique de conception des produits alimentaires transformés dans la grande distrie.
02:29Je pense que demain, on pourrait imaginer avoir des choses similaires qui se produiraient dans d'autres secteurs d'activité.
02:32Un standard comme le nôtre peut le provoquer avant qu'il y ait des formes de manifestation et de presque
02:38de désamour pour des marques et des entreprises
02:40qui jouent trop le jeu de la création de richesses financières, qui est surtout une destruction de richesses sociales et
02:45environnementales.
02:47Je le disais, vous êtes également en charge de la perma-entreprise au sein de Norsis.
02:51Donc, au sein de votre organisation, quelles valeurs, pratiques ou actions contribuent concrètement à cette ambition de développement durable et
02:56d'impact ?
02:57Alors, Norsis fait du numérique.
02:58C'est de là qu'est née la perma-entreprise.
03:00Chez Norsis, c'est une entreprise de 700 salariés où on conçoit des systèmes d'information.
03:04Notre métier, par définition, dégrade du vivant et peut-être parfois, malgré lui, a pu dégrader du lien social.
03:10On a remplacé de l'interaction humaine par de l'interaction logicielle.
03:13Et aujourd'hui, tout notre modèle permet de rééquilibrer les discussions pour que les services numériques se mettent davantage au
03:19service des dynamiques collectives humaines
03:20et prennent beaucoup plus en considération ces conséquences environnementales.
03:25Alors ça, au départ, c'est un sujet d'engagement sociétal.
03:27Maintenant, les choses changent parce qu'à l'heure des pénuries en matière d'énergie, à l'heure des risques
03:31de souveraineté auxquels nous sommes confrontés de façon très immédiate ces derniers mois,
03:35on voit bien que des systèmes d'information qui seraient plus souverains et plus sobres en énergie sont des systèmes
03:40qui seront plus pérennes et plus utilisables dans le temps long.
03:42Donc, c'est aussi un devoir qu'on a vis-à-vis de nos clients que de leur permettre de
03:45développer ce type de système.
03:46Sans parler des collaborateurs, comme vous le disiez, lors des cinq ans de la perte d'entreprise, des collaborateurs qui
03:53sont en meilleure santé, qui sont plus engagés.
03:56Alors même qu'on voit, on en a parlé à l'instant avec un professeur d'université émérite, qu'il
04:00y a une explosion des sociopathologies.
04:02Oui, alors nous, on le voit aussi, mais même sur des populations de développeurs, des gens qui sont de plus
04:06en plus éco-anxieux, par exemple,
04:08ou qui se demandent quel est le sens de la création pour eux, voire quel est le métier de demain
04:12à l'heure de l'IA.
04:13Je pense qu'il y a un gros, gros sujet là-dessus aussi aujourd'hui.
04:16Notre rôle, et à travers ce modèle de perte d'entreprise, c'est de poser les bases pour que même
04:20dans 5, 10, 15 ans, on ait un projet d'entreprise qui soit utile à la société,
04:24qui prenne soin de l'humain au niveau de sa santé physique et mentale et qui préserve les conditions d
04:29'habitabilité de la planète,
04:30c'est-à-dire sa soutenabilité, carbone, biodiversité, etc.
04:32Si on arrive à faire tout ça, c'est carton plein, mais c'est quand même assez...
04:34En 2026, tous les dirigeants doivent faire preuve de courage pour garder autant d'engagement, si tenté qu'ils en
04:40prennent déjà certains.
04:41Sauf à faire la preuve, et je pense que c'est le cas de Nord 6, nous, ça fait 5
04:44ans qu'on fait ça de façon très structurée avec le modèle PERMA.
04:46Aujourd'hui, le marché recule, nous, on est stable.
04:49Aujourd'hui, il y a un turnover énorme dans notre secteur, nous, il est très faible.
04:52On fait la preuve que tout ça a une utilité, une valeur.
04:54Moi, je suis aussi actionnaire de la boîte, donc mon discours, il est aussi très pragmatique de ce point de
04:58vue-là.
04:58La valeur de Nord 6 a plutôt augmenté à l'heure de tout ça versus ce qu'on pourrait penser,
05:03c'est-à-dire on a dégradé de la valeur financière.
05:05Moi, je pense que les boîtes qui veulent exister demain, qui veulent être pérennes et rentables demain, elles doivent commencer
05:10maintenant.
05:10Si elles commencent dans 5 ans, ce sera trop tard.
05:13Une dernière question, cher Thomas.
05:16Qu'est-ce qui, pour vous, compte vraiment, parce que c'était le thème de cette année, ce qui compte
05:19vraiment en 2026, là, à la fin de ce premier trimestre ?
05:23Qu'est-ce qui compte pour vous, Thomas Brezat ?
05:26Alors, pour moi, ce qui va compter de plus en plus, c'est le fait que les entreprises, déjà, au
05:30-delà de leurs engagements historiques en matière d'impact ou de RSE, fassent la preuve de ça dans le business.
05:35Est-ce qu'elles ont été capables de renoncer à des choses qui seraient trop problématiques au niveau social et
05:39environnemental ?
05:40Je pense que c'est un juge de paix. Après, il y a des façons de mesurer l'impact aussi.
05:44C'est un des propos que je vais tenir aujourd'hui, d'ailleurs. C'est des indicateurs croisés.
05:48Quelle est l'intensité carbone de mon chiffre d'affaires ? Il n'y a pas que le chiffre d
05:51'affaires isolé dans un coin.
05:53Il doit être connecté à la valeur environnementale. Il doit être connecté à la valeur sociale.
05:57On pourrait dire aussi, par exemple, quel est le lien que je peux faire entre l'absentéisme au travail et
06:02l'épanouissement de mes salariés dans leur quotidien ?
06:05Voilà, ça, c'est une façon de compter ce qui compte vraiment. Donc, ça veut dire des indicateurs croisés.
06:09Et puis enfin, compter ce qui compte vraiment, c'est ces nouveaux types d'indicateurs sur l'action collective.
06:13J'ai donné l'exemple tout à l'heure. Peut-être que demain, ce sera aussi sur la vitalité démocratique
06:18du projet dans l'entreprise,
06:20à l'heure où notre démocratie est mise à mal par des contextes institutionnels, géopolitiques,
06:25qui percutent sévèrement notre capacité à bien vivre ensemble.
06:29Merci Thomas Brezard, co-président de Bilab France et directeur par l'entreprise au sein de Norsi.
06:33C'était un plaisir de vous recevoir en plateau.
06:35Merci.
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