00:08Bonjour, bienvenue à tous.
00:09Depuis le sommet de la mesure d'impact édition 2026, on est ravis d'accueillir Anne-Leïla Battelle.
00:15Bonjour Anne-Leïla.
00:15Bonjour.
00:16Vous êtes directrice générale de Pulse et PPI, deux ONG qui ont fusionné cette année.
00:22Alors expliquez-nous ce que font les ONG et pourquoi cette fusion.
00:24Oui, alors cette fusion part d'un constat simple qui est qu'aujourd'hui la croissance dans les pays en
00:31développement qui est pourtant importante
00:33et qui devrait être synonyme d'opportunité, elle ne suffit pas à fournir des opportunités suffisantes pour la population.
00:40Je vous donne un chiffre. Dans les dix prochaines années, il y a 1,2 milliard de jeunes actifs qui
00:45vont arriver sur le marché du travail.
00:46Ils seront plus nombreux d'ailleurs en Afrique que dans le reste du monde réuni.
00:50Et face à ça, les économies vont fournir qu'une fraction des emplois nécessaires.
00:54Donc l'idée évidemment c'est d'agir, mais d'agir efficacement.
00:57C'était d'ailleurs un des grands sujets aujourd'hui sur toutes les tables rondes dans un contexte de baisse
01:01des financements.
01:02Et voilà, c'est dans ce contexte-là qu'on a choisi de mutualiser nos forces.
01:05Donc Pulse et PPI sont deux ONG avec deux expertises complémentaires.
01:10Pulse qui agit depuis 20 ans pour l'entrepreneuriat et puis PPI depuis 28 ans sur l'inclusion financière.
01:17Voilà, deux savoir-faire qui s'imbriquent bien et une fusion qui renforce notre capacité d'action au service de
01:22notre mission.
01:23Oui, on rappelle PPI, People Power Inclusion.
01:27C'est ça.
01:27C'est vraiment quelque chose qui vous anime.
01:31Si on résume, le problème de fond finalement que vous adressez, c'est quoi ?
01:35Oui, alors le problème de fond, ce n'est pas seulement le manque d'emploi que je citais là et
01:39qui est colossal.
01:40C'est le fait que ces opportunités sont inégalement réparties d'une part et qu'aujourd'hui les économies créent
01:45encore plus de précarité finalement que d'opportunités.
01:50On regarde par exemple sur le continent africain, on a 80 à 90% des emplois qui sont de l
01:55'auto-emploi, du micro-entrepreneuriat.
01:56Ce sont des personnes qui créent leur propre activité, qui génèrent des revenus pour leur famille, leur communauté, mais qui
02:03restent fragiles car elles évoluent dans un contexte très contraint,
02:06sans accès au financement, sans accès à l'accompagnement évidemment, mais aussi sans accès au marché et qui évoluent aussi
02:12sans filet.
02:13C'est un point important dans l'économie informelle et qui vont de fait être plus vulnérables face aux chocs,
02:19les chocs personnels, mais aussi les chocs climatiques.
02:21Et on le voit à chaque fois qu'il y a un choc climatique, ce sont des moyens de subsistance,
02:25les moyens de subsistance qui s'effondrent du jour au lendemain avec des personnes qui retournent dans la précarité.
02:29Donc voilà, l'entrepreneuriat est massivement répandu, mais c'est plutôt je dirais une nécessité enfermante, là où ça pourrait
02:36être soutenu efficacement, un levier de mobilité économique, de trajectoire économique.
02:41Donc voilà, c'est pas seulement la question du nombre d'emplois, mais aussi pour qui, dans quelles conditions.
02:45Et concrètement, comment vous aidez justement ces populations ?
02:48Et bien donc avec des programmes de formation qui vont mêler de la formation théorique et de la formation plutôt
02:56pratique,
02:57avec notamment un accent fort sur les compétences comportementales et puis des solutions adaptées, des solutions de financement adaptées.
03:07Donc ça va aller de la finance communautaire, donc des groupements d'épargne et de crédit pour pouvoir emprunter sans
03:12passer par une banque jusqu'à des prêts d'honneur.
03:14Est-ce que ça marche ? Est-ce qu'il y a justement des expériences dont vous pouvez nous faire
03:18part, qui ont été des succès ?
03:20Oui, bien sûr. Les résultats sont clairs.
03:22Si on regarde par exemple l'amélioration des revenus, on a trois fois plus de chances, quand on bénéficie de
03:29cet accès, de ce soutien combiné économique, d'améliorer durablement ses revenus.
03:33Il y a une étude qui date de novembre dernier aussi, qui montre que ces mêmes personnes, elles ont jusqu
03:38'à 20 fois plus de chances de se sentir mieux préparées face aux chocs climatiques, personnels, les chocs divers.
03:45Et puis au-delà de ces indicateurs individuels, je dirais, qui sont notre boussole, on regarde aussi la capacité de
03:51ces entrepreneurs au travers de leurs activités à générer un impact positif.
03:55L'emploi en cascade, dynamiser les économies locales, avoir un impact social, c'est le cas pour 60% des
03:59projets qu'on accompagne, 80% pour environnemental.
04:02Donc des externalités positives aussi au-delà.
04:05Oui, on le constate, l'emploi c'est vraiment un enjeu clé dans nos économies occidentales, mais aussi ailleurs.
04:12Justement, qu'est-ce qui va faire son actualité ? Quel est l'enjeu en ce moment le plus pressant
04:16pour vous ?
04:16Oui, je crois qu'un des enjeux, c'est que le monde aujourd'hui réagit beaucoup aux crises visibles, alors
04:22qu'ils se transforment en réalité sous des dynamiques plus profondes.
04:26Je citais tout à l'heure le 1,2 milliard de jeunes actifs qui vont arriver sur le marché du
04:31travail, effectivement c'est énorme.
04:32C'est quoi, la moitié en Afrique ?
04:33Oui, plus de la moitié qui seront en Afrique, l'Asie juste après, donc dans les pays en développement.
04:38Et donc l'enjeu, évidemment, ça va être quelle place on va pouvoir donner à cette génération, selon qu'on
04:43lui trouve une place dans l'économie,
04:45et qu'elle puisse s'exprimer, qu'elle puisse être un moteur de prospérité, de stabilité, ou au contraire qu
04:50'elle en est exclue avec des risques de fractures évidents.
04:53Et face à cet enjeu, on voit bien qu'on peut soit en faire une opportunité, soit pas, et un
04:58constat qui peut sembler évident,
05:00on entend beaucoup dans le discours dominant, en tout cas depuis un an, finalement une tentative de repli sur soi,
05:05avec presque l'idée que ces problèmes vont se résoudre d'eux-mêmes.
05:09Alors je ne crois pas, je crois qu'il faut agir, agir tôt, investir dans les capacités individuelles, et celles
05:14de la jeunesse notamment,
05:16et faire de la confiance le premier capital de développement, c'est en tout cas notre vidéo manifeste qui sortira
05:21demain.
05:22Merci Anne-Leïla, Anne-Leïla Battel, je rappelle que vous êtes la directrice générale de Pulse, CTPPI,
05:26ça va fusionner, il y aura un nouveau nom ou pas encore ?
05:28Ça sera Pulse.
05:29Ça sera Pulse, on dira donc directrice générale de Pulse. Un grand merci et à très bientôt sur ce sommet.
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