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  • il y a 23 heures
En 1962, Enrico Mattei, fondateur de la compagnie pétrolière ENI, trouve la mort dans le crash de son avion. Probable assassinat, cet évènement illustre l'éternelle importance économique, politique et stratégique de l'or noir et résonne avec l'actualité. En effet, derrière l'enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela ou les menaces de l'administration Trump sur le Groenland et l'Iran se cachent les convoitises des grandes puissances sur cette ressource plus essentielle que jamais.Dans un contexte de montée des tensions à l'échelle internationale, quels sont les enjeux géopolitiques liés au pétrole ?Pour en parler, Jean-Pierre Gratien reçoit Francis Perrin, chercheur à l'IRIS spécialiste des problématiques énergétiques et Matthieu Auzanneau, directeur du think tank The Shift Project.

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Transcription
00:00:00Générique
00:00:01Bienvenue à tous et bienvenue dans le monde impitoillable de l'or noir aujourd'hui dans ce débat doc
00:00:21avec le documentaire exclusif qui va suivre pour commencer
00:00:24Enrico Mattei, le rebelle du pétrole ou la ténébreuse histoire, vous allez le voir
00:00:31de celui qui a fondé l'ENI, la société pétrolière italienne juste après la seconde guerre mondiale
00:00:37Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après sur ce plateau
00:00:40en compagnie de mes invités pour nous interroger sur les considérables enjeux géopolitiques du marché pétrolier aujourd'hui
00:00:49Bon doc
00:00:54Temperature 9 gradi, pista 36, visibilité 600 metri, piogge, con nebbia
00:01:03Resultation à la faute
00:01:06Trèsfic a la faute
00:01:08Maschine mis en
00:01:32En Italie et dans le monde, émotions considérables, Enrico Mattei, le roi du pétrole, est mort hier en fin d'après-midi dans un accident d'avion.
00:01:57Mattei meurt en pleine réussite et dans la force de l'âge. Ceux qui l'ont bien connu reconnaissent qu'il n'avait pas le goût de l'argent, mais surtout la passion du pouvoir, de la bataille et la passion de la victoire.
00:02:07Et c'est à son esprit d'aventure qu'il dut ses succès les plus éclatants. Il savait oser.
00:02:12C'est qu'il se souvenait d'avoir sans cesse lutté seul contre l'adversité, la misère, le fascisme, l'égoïsme, le scepticisme. Jusqu'à la mort, il aura combattu avec une ténacité extraordinaire.
00:02:27Dans la nuit du 27 octobre 1962, meurt un homme rare.
00:02:36Un homme qui a tout fait pour s'asseoir à la table des puissants, pour juste après la renverser.
00:02:44Un de ces hommes qui voulait changer l'ordre du monde.
00:02:48Un de ces hommes qui ne meurt pas par hasard.
00:02:51De ce géant, il est resté 10 kilos de membres épars qu'un prêtre a béni.
00:02:57Matei s'est littéralement volatilisé.
00:03:00Pour l'heure, l'accident est inexplicable.
00:03:03Le pilote était à l'ence de guerre, il avait fait des centaines d'atterrissages sur l'aérodrome de Milan.
00:03:07Alors, peut-être sabotage, puisque c'est bien, il y avait déjà eu une tentative en janvier.
00:03:17Pour l'instant, cette hypothèse du sabotage, la police italienne se refuse à la retenir, il faut le dire.
00:03:23Pour les enquêteurs de l'époque, l'avion de Matei s'est écrasé au sol à cause du mauvais temps.
00:03:28Et d'une erreur du pilote.
00:03:36Pourtant, le soir de la mort de Matei, les témoins avaient parlé.
00:03:40Alla cascina Albaredo, sita a circa 200 metri dal luogo dove è caduto l'aereo,
00:03:46si è avuti per primi la sensazione della disgrazia che era accaduta.
00:03:49Il signor Mario Ronchi, che è il proprietario della cascina, cosa ha visto e cosa ha sentito lei?
00:03:55Ma ho visto del fuoco, c'era del fuoco, delle fiamme.
00:03:58Che ora era circa?
00:04:017...
00:04:017 e 10, 7 e 4.
00:04:04C'est l'audi qui manque, a été effacé volontairement.
00:04:17C'est un silence qui parle, ce qui de Mario Ronchi.
00:04:23Il impliquait un interesse particulier de quelqu'un
00:04:28a nascondre les choses que le contadine avait dit dans l'interviste.
00:04:35Je t'ai appelé un sordomuto,
00:04:39il lui a fait lire les labra.
00:04:42Il lui a dit qu'il a senti une éplosion in aria,
00:04:45qu'il a senti une éplosion in aria,
00:04:47qu'il a senti des luci et puis un botte et quelque chose pour terre.
00:04:52L'éplosion était venu en aria
00:04:56et non au suolo.
00:05:04Non era vero quello qui a été propalé,
00:05:08non era vero la versione ufficiale,
00:05:10ma era ragionevole ritenere
00:05:12qu'il pourrait y avoir quelque chose à approfondir.
00:05:19Depuis la mort de Matei, l'Italie a tout fait pour cacher la vérité.
00:05:24Je me rendais compte, et je me rendais compte maintenant,
00:05:28que c'était une éplosion dans l'éplosion,
00:05:30que avait l'opposité de tout.
00:05:40Dire comme c'est mort, c'est un fait neutre,
00:05:43c'est un fait essentiel,
00:05:45si veut parler d'Enrico Matei,
00:05:48car il dà un significato à l'opera d'Enrico Matei en vie.
00:05:54L'histoire de cet homme commence parmi les décombres.
00:06:24quand l'ivresse de la libération se mêle à la poussière d'une Italie détruite.
00:06:34Les alliés ont libéré le pays.
00:06:38La guerre est enfin finie.
00:06:43Et l'Italie se retrouve parmi les pays vaincus.
00:06:46Le fascisme de Mussolini s'est écroulé.
00:06:59Les chefs des partisans incarnent la promesse d'un avenir meilleur.
00:07:05Parmi eux marche Enrico Matei,
00:07:08qui a rejoint les rangs de la démocratie chrétienne pendant la guerre.
00:07:11Proclamé officiellement hier,
00:07:16la République italienne doit faire face,
00:07:19dès les premiers jours de son existence,
00:07:21à de très graves problèmes politiques, économiques et diplomatiques.
00:07:25Quelles perspectives s'offrent à l'Italie démocratique ?
00:07:28Quelles sont les chances et quels sont les périls
00:07:30que court la plus jeune république du monde ?
00:07:33Le pays s'apprête à écrire un nouveau chapitre.
00:07:38Mais les alliés ne font pas confiance à cette jeune république
00:07:41qu'ils contrôlent de près.
00:07:45Churchill l'a résumé ainsi.
00:07:48La seule chose que nous ne laisserons pas à l'Italie,
00:07:51ce sera une totale liberté politique.
00:07:54Pour se redresser,
00:08:02le pays a besoin d'énergie.
00:08:03Les alliés l'ont compris.
00:08:24Ceux qui contrôleront l'approvisionnement en énergie du pays
00:08:27contrôleront aussi son avenir.
00:08:33Mais quatre lettres leur barrent la route.
00:08:37Agip, l'agence d'État créée par Mussolini
00:08:41pour la recherche et l'exploitation du pétrole.
00:08:50En 1945, la structure n'est plus qu'une vieille dame endormie.
00:08:56Mais elle repose sur un trésor caché.
00:08:59Elle détient toutes les concessions de recherche de pétrole
00:09:02dans la plaine du Pau.
00:09:05Les alliés font donc pression sur le gouvernement
00:09:07pour qu'elles soient vendues à des entreprises privées.
00:09:10La tâche est confiée à Matei.
00:09:38Il prend ses fonctions le 28 avril 1945,
00:09:44la veille de ses 39 ans.
00:09:47Le jour où tous les yeux des Italiens
00:09:49sont rivés sur la mort de Mussolini.
00:09:58Matei est un homme timide.
00:10:00Mais la soumission n'a jamais été une qualité chez lui.
00:10:04Il premier travail à 14 ans
00:10:08était de peindre les bedsteads dans cette fabrique.
00:10:12Mais il n'a pas de peindre pour longtemps.
00:10:14C'était la plus grande industrie dans la ville,
00:10:16une tânerie.
00:10:17Et à l'âge de 16,
00:10:18Enrico Matei a pris un travail comme un handi-man,
00:10:20de changer les skins de la tânerie
00:10:22vers la tânerie vers la tânerie vers la tânerie vers la tânerie vers la tânerie vers la tânerie vers la tânerie vers la tânerie.
00:10:24Il qu'il 1223 ?
00:10:52Quand la crise de 1929 frappe le pays,
00:11:09Matei décide de quitter son village et tenter sa chance à Milan.
00:11:13À 30 ans, il est un entrepreneur prospère.
00:11:19Sa détermination a changé le cours de son destin.
00:11:22Son engagement dans la résistance lui a appris qu'il est aussi possible de changer celui d'une nation.
00:11:46Malgré les pressions du gouvernement, Matei refuse de fermer la gipe
00:11:51et intensifie les recherches.
00:11:53Si è fatto silenzio, ma qualcosa comincia a salire.
00:12:08Ce lo dice l'odore caratteristico che si è sparso nell'aria,
00:12:11ce lo dicono le bolle nel fango.
00:12:13Ultime notizie.
00:12:29L'Italia n'a pas de réseau de distribution pour exploiter cette nouvelle ressource.
00:12:50Matei s'attaque alors à sa construction avec brutalité.
00:12:53Il faut convaincre définitivement les Italiens que la gipe doit rester entre les mains de l'État.
00:13:01La gipe est en train de l'État.
00:13:15Il y a dans les mains de l'État.
00:13:15On a construit une rette de distribución et de métanodontes plus difficile du monde.
00:13:21parce qu'elle est ubicée dans la zone plus habituée
00:13:26où passe une chaîne de metanologues.
00:13:33Matei n'hésitait à agir,
00:13:35une énergie près de la pré-potence.
00:13:38Les stérateurs entrent de surprise
00:13:40sur le fonds des propriétés remittés,
00:13:42excavait des fossés,
00:13:43faisaient des murs protéts d'autres équipes de ex-partigènes.
00:13:51Metano, qui alimenta circa 2000 industrie
00:14:00nella Valle del Po,
00:14:03che vanno dalla construzione di tutte le automobili italiane,
00:14:08fabbriche di cemento,
00:14:09impianti siderurgici,
00:14:11impianti meccanici,
00:14:15industrie tessili,
00:14:16industrie cartarie,
00:14:18tutte le plus grande imprese italiane
00:14:20della Valle del Po, oggi.
00:14:22En quelques années seulement,
00:14:24le metane commence à nourrir
00:14:25toute l'industrie du nord,
00:14:27qui peut enfin se développer.
00:14:30La Jeep aussi prend son essor.
00:14:33Un énorme flux d'argent
00:14:34commence à remplir ses caisses
00:14:36et permet à Matei
00:14:37de viser encore plus loin.
00:14:41Il rêve d'un pays moderne
00:14:44et industrialisé.
00:14:45Mais pour l'Italie,
00:14:51le chemin est encore long.
00:14:56La promesse d'un nouveau bonheur
00:14:58est pourtant dans l'air.
00:15:00Dans les veines de cette nouvelle vie
00:15:27coule une substance obscure
00:15:29qui va bientôt devenir
00:15:31le synonyme même
00:15:33de la réussite.
00:15:34Dans la plaine du Pau,
00:15:39la Jeep de Matei
00:15:40a frôlé le miracle.
00:15:41comme par hasard,
00:15:55le pétrole a jailli
00:15:56juste au moment
00:15:57où le ministre des Finances
00:15:58était en visite,
00:16:00accompagné par des journalistes.
00:16:01Toute la presse
00:16:09s'empare de cette grande nouvelle.
00:16:22Même si les gisements sont faibles,
00:16:24Matei invente une nouvelle marque,
00:16:27Super Corte Maggiore,
00:16:28la puissante essence italienne.
00:16:30raffinée
00:16:32et commercialisée
00:16:33par Agip.
00:16:34Bienvenue de Super Corte Maggiore.
00:16:36Super Corte Maggiore.
00:16:37Certo,
00:16:38la potente benzina italiana.
00:16:52Grâce au pari réussi du méthane
00:16:54et à la promesse
00:16:55du pétrole italien,
00:16:57Matei convainc la classe politique
00:16:59de créer une grande entreprise d'État
00:17:01qui puisse élargir
00:17:03le champ d'action de Agip.
00:17:06La caméra des députés
00:17:07et le Sénat de la République
00:17:08ont approuvé,
00:17:09article 1,
00:17:11est institué
00:17:12l'Ende nationale hydrocarbure.
00:17:13C'est l'acte de naissance
00:17:16de Henni
00:17:16et Matei
00:17:18et son président.
00:17:22Mais Matei sait
00:17:24que le pétrole italien
00:17:25n'est qu'un mirage.
00:17:28La puissante essence italienne
00:17:30est presque entièrement importée.
00:17:32Le pétrole est ailleurs.
00:17:39Il faut aller le chercher.
00:17:40Pour l'Ende
00:17:50lle Sénat,
00:17:51d'une sorte
00:17:52dioud Olivier
00:17:53espér Amazon
00:17:54en danger
00:17:55d'avoir
00:17:56été
00:17:57pensé
00:17:58grande
00:17:58.
00:18:01t'es
00:18:02idé
00:18:04
00:18:04vous
00:18:04finden
00:18:05À l'aube de l'ère pétrolière, le marché est impénétrable.
00:18:21Un cartel de sept sociétés privées, majoritairement américaines et britanniques,
00:18:26contrôle 90% des gisements de pétrole connus dans le monde.
00:18:30Et ce privilège, elles ne sont pas prêtes à y renoncer.
00:18:43Matey regarde vers l'Iran, le cœur battant du flux de pétrole vers l'Occident.
00:18:50Il sait qu'avoir un accès au pétrole ici est crucial, mais il sait aussi que c'est presque impossible.
00:18:55Les britanniques sont arrivés ici au début du siècle.
00:19:01L'anglo-Iranian Oil Company, plus tard renommée BP, British Petroleum,
00:19:29s'est approprié ce pétrole et a construit la plus grande raffinerie du monde à Abaddon.
00:19:36Puis un jour, un vent de révolte se lève.
00:20:00Le Parlement a fallu en ligne derrière un vieux ennemi des britanniques,
00:20:10l'ascétique, bitter Mohamed Mossadegh.
00:20:14Après entendre une série de harangues,
00:20:16les députés votaient unanimement pour confisquer les gisements de pétrole britannique.
00:20:20L'Iranien a longtemps complainé que ses royalties sur ce l'or liquide n'ont pas suffisamment.
00:20:26Le premier ministre iranien, Mossadegh, ose nationaliser le pétrole.
00:20:36Mais le Royaume-Uni ne peut pas renoncer à cet avant-poste stratégique.
00:20:40Ce grand député, construit depuis plusieurs années par l'équipe britannique et avec l'argent britannique,
00:20:46a maintenant été évacué dans des circonstances humiliantes.
00:20:49Vous pensez que les Persiens peuvent continuer à renoncer votre refinerie ?
00:20:52Non, je pense que les Persiens eux-mêmes admettent qu'ils ne peuvent pas renoncer la refinerie
00:20:57sans help de renoncer.
00:20:59Et je me sens très fort que nous sommes les les personnes qui peuvent donner cette aide.
00:21:05Je ne pense pas qu'il y a aucune autre personne qui serait acceptable ou capable de faire ce que nous avons fait en Persia.
00:21:13Des négociations sont entamées.
00:21:26Mais derrière la façade de la diplomatie officielle,
00:21:29le gouvernement britannique convainc la CIA d'orchestrer un coup d'État pour renverser Mossadegh.
00:21:35Trois ans après la nationalisation d'Abadan,
00:22:03les Britanniques reprennent le contrôle du pétrole en Iran.
00:22:07Ils partagent leur butin avec les six autres sociétés du cartel et la compagnie des pétroles français.
00:22:15Le consortium d'Abadan est né.
00:22:19Ce pouvoir absolu du cartel n'impressionne pas Matei.
00:22:24Il veut lui aussi un accès au pétrole.
00:22:26A la table des puissants, il n'y a pas de place pour un pétrolier sans pétrole venu de nulle part.
00:22:52A partir de ce moment, Matei baptise les sept compagnies pétrolières les sept sœurs.
00:23:04Il avait ce terme énergique, extrêmement énergique.
00:23:26On comprenait tout de suite dans son regard qu'il voulait quelque chose.
00:23:29Il le savait bien ce qu'il voulait et on imaginait qu'il aurait tout fait pour l'avoir.
00:23:37Quand le désir de libération du système colonial s'éveille à travers le monde, Matei en devine tout de suite la portée.
00:24:04Au début des années 50, en Égypte, Nasser incarne la vision d'un monde libéré des puissances coloniales.
00:24:19C'est avec lui que Matei signera le premier contrat hainé.
00:24:25La formule de ce contrat est révolutionnaire.
00:24:28Aujourd'hui, dans les champs du Sinaï, le pétrole s'occupe, une grande richesse, équamment divise entre l'Italie et l'Égypte.
00:24:38Cette richesse, qui est le magnifique fructe d'une collaboration réaliste, contribue de manière essentielle à la prospérité économique des deux nations.
00:24:45C'est cette logique conséquence d'une nouvelle et plus juste forme de coopération entre les pays possesseurs du pétrole et les sociétés concessionnaires.
00:24:52Pour la première fois, une société étrangère offre à un pays producteur de participer à l'exploitation de ses propres ressources et à un revenu de 75%.
00:25:05La nouvelle de ce nouveau contrat attire l'attention du Shah d'Iran, qui souhaite réduire le pouvoir du consortium d'Abadan.
00:25:21Trois ans après avoir été chassé d'Iran par les sept sœurs, Matei prend sa revanche.
00:25:27L'onorevole Matei se trouvait à Teheran pour la firma d'un important document, l'acte constitutif d'une société italo-iranienne pour la recherche et le sfruttement du pétrole dans trois vaste zones du pays.
00:25:38C'est un accord qui s'occupe d'une deux parties.
00:25:41C'est ce qui signifie pour l'Italie la concreta possibilité d'atteindre directement les grandes fonds du pétrole.
00:25:47Pour l'Iran, les conditions plus vantagistes de celles assicurées d'une conférence que les autres compagnies internazionales.
00:25:53Le monde des pays émergents
00:26:23semble alors s'ouvrir à Matei.
00:26:26La venue au Maroc de M. Henrico Matei fera certainement date dans l'évolution de l'économie marocaine.
00:26:32Au stade de l'exploitation, l'État percevra 75% des bénéfices totaux.
00:26:38C'est une expansion que les sept sœurs ne peuvent pas se permettre de laisser progresser.
00:26:42Si il restait en Italie alone, ça serait pas mal.
00:26:48Mais maintenant qu'il est expérimenté dans l'Europe et l'Afrique, nous pouvons seulement résoudre la compétition inférieure qu'il nous a face.
00:26:56M. Henrico Matei dit qu'il travaille dans l'intérêt de l'industrie italienne.
00:27:00Ce qui peut dire qu'il travaille contre l'intérêt de l'industrie d'autres pays.
00:27:05Les services secrets américains redoutent désormais l'effondrement de l'ancien ordre qui régit le marché du pétrole.
00:27:35Il faut arrêter Matei.
00:27:45Si è letto che per suggestioni di alcune grande compagnie straniere, il governo libico avrebbe negato ad un certo punto una concessione di ricerca nel Sahara, nel Fezzan, mi pare, all'Eni.
00:28:00E che questo intervento straniero, diciamo pure americano, sarebbe una rappresaglia in seguito all'accordo che l'Enias ha stretto con la Persia, per le ricerche petrolifere in Persia.
00:28:11Io questo non posso rispondere proprio così, ma posso vedere, posso dire quelli che sono, quelli che i fatti che sono avvenuti.
00:28:23Venne il primo ministro, Bellalin, venne da me, che riuscì ben lieto di poter essere anche noi insieme con le altre compagnie che operano in Libia.
00:28:35Mettiamo appunto i contratti in alcuni mesi, lo discutiamo, tutti d'accordo, d'accordo i ministri, d'accordo le autorità, d'accordo tutti.
00:28:45E dovevamo solo firmare. All'ultimo momento avvenne un rinvio definitivo di questa firma e questa concessione passò alla società americana.
00:28:58On pourrait y voir un'obsession.
00:29:03Difficoltà, ostacoli, tanti. Ne troveremo ancora. Però abbiamo la preparazione, la capacità, la volontà e io direi la necessità di superarli,
00:29:15per dare lavoro e benessere al nostro paese.
00:29:18Un'obsession che alterna con un'altra.
00:29:21Il ha portato in la palla e la trucia la même passion, la même force che in queste affaire.
00:29:46Il era incredibile. Il era incredibile. Il parto all'auberto. Il parto all'auberto, il nous plaquiamo, reveniamo al mattino,
00:29:53con la stessa forma, passando 10, 12 ore, le lungo di una riviera.
00:29:59E io penso, luttando con le trucia, come il luttava con le società contro le quali il era in guerra.
00:30:07I rapporti di forza sono cambiati.
00:30:16Ma è difficile, sa?
00:30:17Quando la gente è abituata a comandare da sempre, è difficile che nel momento, posso ammettere,
00:30:22sono diventati più deboli e che
00:30:25degli altri
00:30:28possono
00:30:30essere andati ad occupare le posizioni che prima avevano loro.
00:30:33I giorni sforzi
00:30:42io ho firmato un nuovo accordo
00:30:44in Sudan.
00:30:46Una società europea
00:30:48si era fatta il dovere
00:30:50di dare ad ogni ministro un dossier contro di noi.
00:30:53A ogni funzionario un dossier contro di noi,
00:30:56che parlava male di noi.
00:30:58abbiamo concluso per 11 concessioni sul Mar Rosso.
00:31:07L'abbiamo spuntata noi.
00:31:11e quando si vince in queste condizioni, si diventa pure, senza pietà.
00:31:17l'abbiamo spuntata noi.
00:31:19L'abbiamo spuntata noi.
00:31:20L'abbiamo spuntata noi.
00:31:21l'abbiamo spuntata noi.
00:31:23Il combattato di Mattei
00:31:25è sempre più lungo.
00:31:27In delle e le più profonde.
00:31:29L'abbiamo spuntata di l'indipendanza in Algeria.
00:31:31Il combattato di l'indipendanza in Algeria.
00:31:34Il combattato di l'indipendanza in Algeria.
00:31:36La Francia rischia di perdere il controllo
00:31:38sul più grande gisellere del petrol
00:31:40ultimamente scoperto.
00:31:41L'abbiamo spuntata di paraguosti nel Sahara algerino
00:31:47attorno alle sondi di petrolio di Assi Mel.
00:31:49Mattei, il vuole un'opportunità.
00:31:53Il offre son supporto al FLN,
00:31:55il Front de Libération Nationale.
00:31:57Un bureau de presse fictif
00:32:00écrì a Tunis
00:32:02per stabilire un contact
00:32:03con il governo provisoire
00:32:05della Révolution Algérienne in exile.
00:32:10Le Homme di Mattei
00:32:10lavorano al progetto
00:32:11di un accord maggiore con l'Algérie
00:32:13nella perspectiva di sua indipendanza.
00:32:17In 1961, Mattei
00:32:19reço una prima lettre di menace.
00:32:22Signé OAS,
00:32:24l'organizzazione clandestina
00:32:26che incontrava una serie di attenti
00:32:27meurtrii
00:32:28per s'opposare
00:32:29all'indipendanza algérienne.
00:32:36Le intérêt che Mattei menace
00:32:38se multiplie.
00:32:41E Mattei
00:32:42non ha l'intention
00:32:43di fare marche arrière.
00:32:44Au début
00:33:01des années 60,
00:33:03l'Italie vit
00:33:03une période
00:33:04de reprise économique
00:33:05extraordinaire.
00:33:07Tellement inattendue
00:33:07que l'on parle
00:33:08d'un miracle italien.
00:33:09La politique énergétique
00:33:28de Mattei
00:33:29a changé
00:33:30le destin
00:33:31du pays
00:33:31et Eni
00:33:33est devenu
00:33:34un grand empire
00:33:35qui s'étend
00:33:38vers de nouveaux secteurs.
00:33:42Des motels,
00:33:45des engrais,
00:33:48des textiles.
00:33:50Au début
00:33:50des années 1960,
00:33:51le groupe
00:33:52compte 80 sociétés.
00:33:53Moins de dix ans
00:33:56après avoir créé Eni,
00:33:58le pouvoir
00:33:59de Mattei
00:34:00est à son zénith.
00:34:03Many people feel
00:34:05that a man like Mattei
00:34:06is necessary
00:34:07in Italy today.
00:34:08If there were not one,
00:34:10he should be invented
00:34:11because
00:34:12he is
00:34:13instrumental
00:34:14in developing
00:34:16this new prosperity
00:34:17and this new
00:34:19economic revolution
00:34:20which we are
00:34:21having in Italy.
00:34:22On the other hand,
00:34:23there is the danger
00:34:25of which many people
00:34:26are aware
00:34:26that he may someday
00:34:27have too much power.
00:34:32So in the end,
00:34:33the question comes back
00:34:34to Mattei.
00:34:35What sort of man is he?
00:34:37At about eight
00:34:38every morning,
00:34:39he walks to his office
00:34:40in Rome,
00:34:41accompanied by his
00:34:42personal bodyguard
00:34:43and ex-partisan.
00:34:45He likes to stop
00:34:46and buy a morning paper.
00:34:48He doesn't like crowds,
00:34:50doesn't live much
00:34:50of a social life,
00:34:51doesn't go to the theater
00:34:52or concerts or parties.
00:34:55Although his name
00:34:56is known throughout Italy,
00:34:57he's not often recognized
00:34:58and he is in fact
00:34:59a bit shy in public.
00:35:02Unlike other tycoons,
00:35:03he does things for himself
00:35:04and detests special treatment
00:35:06unless prestige is involved.
00:35:09Mattei and his wife
00:35:10have lived for the last
00:35:1114 years
00:35:11in two small rooms
00:35:12in a hotel in Rome,
00:35:14the only two rooms
00:35:15in the hotel
00:35:15that have not been redecorated
00:35:17because he refuses
00:35:18to have his surroundings
00:35:18changed.
00:35:20Unlike other tycoons,
00:35:21he doesn't reject
00:35:22his humble past.
00:35:23He's almost attached to it.
00:35:25He has no children
00:35:26and he hands over
00:35:27his official salary
00:35:27to an orphanage
00:35:28where about 60 girls
00:35:29are trained to become secretaries
00:35:31and learn typing
00:35:32and commercial English.
00:35:34Ce qui motive Mattei
00:35:35n'est pas le profit
00:35:37pour bâtir
00:35:37une richesse personnelle,
00:35:39mais le profit
00:35:40pour construire
00:35:41une société nouvelle.
00:35:42On the outskirts of Milan,
00:35:49Enni has built
00:35:49a brand-new township,
00:35:51Metanopoli.
00:35:52The architecture
00:35:52is uncompromisingly modern.
00:35:55Here the elite of Enni
00:35:56are trained
00:35:56and work on plans
00:35:57for the future.
00:36:02But Metanopoli
00:36:03is more than a planning
00:36:04and research centre.
00:36:05It's virtually
00:36:06a way of life.
00:36:09Nearby is the supermarket
00:36:11and the shopping centre.
00:36:12The buildings, again,
00:36:14are owned by Enni
00:36:14but are occupied
00:36:15by cooperative
00:36:16or private enterprise concerns.
00:36:20It has its own church,
00:36:22Santa Barbara,
00:36:23designed in a modern style
00:36:24which manages to stay
00:36:25in the tradition
00:36:26of Italian church architecture.
00:36:31Leisure, too,
00:36:32is taken care of
00:36:33by the company.
00:36:34There are sports clubs
00:36:35with nominal membership fees
00:36:37and after work,
00:36:38the Enni employees
00:36:39only a minute or two's walk
00:36:40from the tennis courts.
00:36:42or the swimming pool.
00:36:45have you seen
00:36:50our sports games?
00:36:52The pool is what
00:36:54is the most modern
00:36:54in Europe.
00:36:56We are earning.
00:36:59If we can give
00:37:00the cash
00:37:00to our dependents,
00:37:02they pay
00:37:02for a long time.
00:37:03We have an affitto here
00:37:03that is the 8%
00:37:05of their salary
00:37:06instead of the 30%
00:37:08as it is,
00:37:08unfortunately,
00:37:09but for everything.
00:37:11They are equal
00:37:12for everything.
00:37:13For the employees
00:37:13as for the workers.
00:37:15They are the same
00:37:16apartment.
00:37:18They are equal
00:37:19to our minds.
00:37:20Everyone can sit
00:37:21where they want.
00:37:22There is a difference.
00:37:23The table
00:37:24are rotund.
00:37:24Even if you don't
00:37:26can pass
00:37:27in front of an operai.
00:37:31Mattei
00:37:31believed
00:37:32in the things
00:37:32that he was
00:37:33going to do
00:37:33and above all
00:37:35and above all
00:37:35he had
00:37:36deep intuition.
00:37:38In essence,
00:37:39Mattei
00:37:40entrepreneur,
00:37:42Mattei
00:37:42president
00:37:43of the Enni,
00:37:44what is
00:37:44expressed?
00:37:45The conviction
00:37:47that our country
00:37:49was not a poor country.
00:37:51That is,
00:37:51a act of revolt.
00:37:53The revolt
00:37:54to that general
00:37:55that Italy
00:37:56should be
00:37:57so condemned
00:37:58to an eternal misery.
00:38:00He understood
00:38:01that the wealth
00:38:02of a country
00:38:03was not in the natural resources.
00:38:05It was, above all,
00:38:06in the ability
00:38:07and the will of its people.
00:38:10His work
00:38:11certainly has
00:38:12huge dimensions.
00:38:13In fact,
00:38:14in part of the methane
00:38:15he managed to build
00:38:17a number of things
00:38:19with great proportions
00:38:20and great things.
00:38:22These things
00:38:23are so valuable
00:38:24I don't believe
00:38:25that he could
00:38:26increase
00:38:27because he had
00:38:28the money
00:38:29of the state
00:38:29which he did not
00:38:31realize
00:38:32of the usage
00:38:33that he made
00:38:33of this money.
00:38:35The usage
00:38:35that he made
00:38:36of this money
00:38:37was especially
00:38:38the corruption.
00:38:40It is to say
00:38:40that Mattei
00:38:41was the biggest
00:38:41corruptor
00:38:42of the life
00:38:43italian.
00:38:44The most
00:38:45corruptor
00:38:46but not
00:38:47the only.
00:38:49Mattei
00:38:49adapted
00:38:49to the rules
00:38:50of the game.
00:38:52He will
00:38:52say clearly
00:38:52that the parties
00:38:54are for me
00:38:54like the taxis.
00:38:56They take me
00:38:57to the destination
00:38:57I pay
00:38:59and I go
00:39:00and I go.
00:39:03But all
00:39:04those who
00:39:04will be in return
00:39:05and will
00:39:05buy it
00:39:06and will
00:39:06stop it
00:39:06will always be
00:39:07déçu.
00:39:07on
00:39:09parlera
00:39:10de
00:39:10lui
00:39:10comme
00:39:10un
00:39:10corruptor
00:39:11incorruptible.
00:39:15Il
00:39:15a
00:39:16corrompu
00:39:17toute
00:39:17la vie
00:39:17politique
00:39:18italienne
00:39:18pour
00:39:19monter
00:39:19des
00:39:19choses
00:39:20dont
00:39:21de l'utilité
00:39:23desquelles
00:39:23enfin
00:39:24je me
00:39:25doute.
00:39:26Dans
00:39:26les
00:39:26médias
00:39:27Mattei
00:39:28est
00:39:28attaqué
00:39:28de
00:39:28toutes
00:39:29parts.
00:39:31Donc
00:39:32ingénieur
00:39:33Mattei
00:39:33je dois
00:39:34faire
00:39:34une
00:39:35dura
00:39:36premesse.
00:39:37Nous
00:39:37sommes
00:39:38dei
00:39:38cronisti
00:39:38notre
00:39:39compito
00:39:40non
00:39:40est
00:39:40de
00:39:40defender
00:39:41une
00:39:41tesi
00:39:42mais
00:39:42de
00:39:42appurare
00:39:43la
00:39:43vérité.
00:39:44Donc
00:39:44non
00:39:44se
00:39:44ne
00:39:45abbia
00:39:45con
00:39:45me
00:39:45se
00:39:46io
00:39:46sparerò
00:39:46à zero
00:39:47contre
00:39:47di
00:39:47lei
00:39:47questa
00:39:48sera
00:39:48è
00:39:49il
00:39:49mio
00:39:49dovere
00:39:49e
00:39:49d'altra
00:39:50parte
00:39:50io
00:39:50credo
00:39:50che
00:39:50lei
00:39:51sia
00:39:51venuto
00:39:51qui
00:39:51proprio
00:39:52per
00:39:52farsi
00:39:52sparare
00:39:53a
00:39:53zero
00:39:53pour
00:40:02faire
00:40:02face
00:40:03aux
00:40:03critiques
00:40:03Mattei
00:40:04invente
00:40:04une
00:40:05méthode
00:40:05de
00:40:05contre
00:40:06attaque
00:40:06singulière
00:40:07questa
00:40:08è
00:40:08una
00:40:08documentazione
00:40:09qui
00:40:10sono
00:40:10gli
00:40:11attacchi
00:40:11rivolti
00:40:12all'en
00:40:12fino
00:40:13al
00:40:131954
00:40:14all'
00:40:15l'agip
00:40:15allora
00:40:15e
00:40:16d'allora
00:40:17sono
00:40:17ancora
00:40:17aumentati
00:40:18perché
00:40:18quando
00:40:18raccogliermo
00:40:19anche
00:40:19la
00:40:19documentazione
00:40:20degli
00:40:20attaques
00:40:20del
00:40:2155
00:40:2157
00:40:22la
00:40:24documentazione
00:40:25diventerà
00:40:25almeno
00:40:26così
00:40:26alta
00:40:26perché
00:40:27mano
00:40:27mano
00:40:27che
00:40:28noi
00:40:28andiamo
00:40:28avanti
00:40:29la
00:40:29polémica
00:40:30aumenta
00:40:30l'intensità
00:40:31perché
00:40:31sono
00:40:31più
00:40:32gli
00:40:32interessi
00:40:32che
00:40:32sono
00:40:32toccati
00:40:33ma
00:40:33anche
00:40:33nel
00:40:33campo
00:40:34qui
00:40:34finira
00:40:35qui finira
00:40:36par
00:40:36compter
00:40:3736
00:40:37volumes
00:40:37Mattei
00:40:38l'affichera
00:40:39avec
00:40:39fierté
00:40:39sur
00:40:40son
00:40:40bureau
00:40:40puis
00:40:43pour
00:40:43déjouer
00:40:44l'influence
00:40:44que
00:40:44les
00:40:44grands
00:40:45groupes
00:40:45privés
00:40:45détiennent
00:40:46à travers
00:40:46la
00:40:46presse
00:40:47et
00:40:47pour
00:40:47défendre
00:40:48ses idées
00:40:48il
00:40:49fonde
00:40:49un
00:40:50nouveau
00:40:50journal
00:40:50il
00:40:51giorno
00:40:52moderne
00:40:54dans sa
00:40:54mise
00:40:54en page
00:40:55et
00:40:55tournée
00:40:55vers
00:40:55le
00:40:55monde
00:40:56il
00:40:56giorno
00:40:57devient
00:40:58en
00:40:58quelques
00:40:58années
00:40:58le
00:40:59troisième
00:40:59quotidien
00:41:00d'italie
00:41:00le
00:41:27pétrole
00:41:28a
00:41:28transformé
00:41:28Mattei
00:41:29en un
00:41:30homme
00:41:30politique
00:41:30à part
00:41:31entière
00:41:31prêt
00:41:32à
00:41:32enjamber
00:41:33le
00:41:33gouvernement
00:41:33s'il
00:41:34le
00:41:34faut
00:41:34c'est
00:41:37c'est
00:41:37qu'on
00:41:37peut
00:41:37dire
00:41:38le
00:41:38président
00:41:39de la
00:41:39politica
00:41:39estera
00:41:40di
00:41:40Mattei
00:41:41ovvia
00:41:42comme
00:41:42ministro
00:41:43de l'estero
00:41:43non
00:41:43nasconde
00:41:44que
00:41:44quelque
00:41:45volte
00:41:45mi
00:41:45sono
00:41:45trovato
00:41:46en
00:41:47difficulté
00:41:48parce que
00:41:49non
00:41:50sempre
00:41:51determinati
00:41:53contatti
00:41:54de l'Eni
00:41:55erano
00:41:56allineati
00:41:58con
00:41:58gli orientamenti
00:41:59de la
00:42:00politica
00:42:00estera
00:42:01italiana
00:42:02en
00:42:04pleine
00:42:04guerre
00:42:04froide
00:42:05Mattei
00:42:06bafoue
00:42:06le
00:42:06monde
00:42:06occidental
00:42:07en
00:42:07signant
00:42:08un
00:42:08accord
00:42:08avec
00:42:08l'union
00:42:09soviétique
00:42:09vorrei
00:42:13ricordare
00:42:13un
00:42:13piccolo
00:42:14episodio
00:42:14che
00:42:14Mattei
00:42:15rammentava
00:42:18spesso
00:42:18con
00:42:19una
00:42:19certa
00:42:20compiacenza
00:42:20l'episodio
00:42:22del
00:42:22suo
00:42:22primo
00:42:23incontro
00:42:23con
00:42:23quello
00:42:24che
00:42:24oggi
00:42:25è
00:42:25il
00:42:25primo
00:42:25ministro
00:42:25dell'Unione
00:42:26sovietica
00:42:27Kossighine
00:42:27che era
00:42:28allora
00:42:28il
00:42:28vice
00:42:28primo
00:42:29ministro
00:42:29ed era
00:42:30responsabile
00:42:30della
00:42:31pianificazione
00:42:32in
00:42:32Russia
00:42:32in
00:42:33quel
00:42:34primo
00:42:34incontro
00:42:35raccontava
00:42:35Mattei
00:42:36Kossighine
00:42:36iniziò
00:42:37il
00:42:37colloquio
00:42:39piuttosto
00:42:39solennemente
00:42:40dicendo
00:42:41che
00:42:41l'Unione
00:42:42sovietica
00:42:42era ben lieta
00:42:43di aprire
00:42:44fruttuosi
00:42:45rapporti
00:42:46di collaborazione
00:42:47e di scambio
00:42:47anche con
00:42:49delle grandi
00:42:50imprese
00:42:50capitalistiche
00:42:51dell'Occidente
00:42:51Mattei
00:42:52lo fermò
00:42:52subito
00:42:53e disse
00:42:54guardi
00:42:54io la prego
00:42:56non credo
00:42:58che io
00:42:58possa essere
00:42:59definito
00:42:59un capitalista
00:43:00io non
00:43:00possiedo
00:43:01nulla
00:43:01dell'Eni
00:43:02l'Eni
00:43:03è una
00:43:03impresa
00:43:03dello
00:43:04Stato
00:43:04e d'altronde
00:43:05credo
00:43:06anche
00:43:06di non
00:43:07essere
00:43:07quello
00:43:08che s'intende
00:43:09tradizionalmente
00:43:09per
00:43:10un
00:43:10funzionario
00:43:11pubblico
00:43:11e dunque
00:43:13se lei
00:43:14mi vuole
00:43:14chiamare
00:43:15in qualche
00:43:15modo deve
00:43:16inventare
00:43:16un nome
00:43:17nuovo
00:43:17oppure
00:43:19se non
00:43:19vuole
00:43:19inventarlo
00:43:19mi chiami
00:43:20semplicemente
00:43:20Enrico
00:43:21ma
00:43:23l'Italia
00:43:23è
00:43:23membre
00:43:24dell'OTAN
00:43:24l'allianza
00:43:25militaire
00:43:26che
00:43:26gli Etats
00:43:26Uniti
00:43:26hanno
00:43:27creato
00:43:27per
00:43:27limitar
00:43:28l'avancere
00:43:28soviétique
00:44:29commerciale
00:44:29presidente
00:44:31vorrei
00:44:32domandarle
00:44:33questo
00:44:33lei
00:44:34ha accennato
00:44:35poco fa
00:44:35alla convenienza
00:44:37che l'Italia
00:44:37ha avuto
00:44:38nell'acquisto
00:44:39di grossi
00:44:40quantitativi
00:44:41di petrolio
00:44:42sovietico
00:44:43lei
00:44:44certamente
00:44:44non ignora
00:44:45che questi
00:44:45acquisti
00:44:46sono stati
00:44:47oggetto
00:44:48di critiche
00:44:48e di reazioni
00:44:50molto aspre
00:44:50in tutto
00:44:51il mondo
00:44:51occidentale
00:44:52io non la vedo
00:44:54proprio così
00:44:55perché
00:44:55noi abbiamo
00:44:56comperato
00:44:57in pratica
00:44:57sia no
00:44:58il 10%
00:44:59dei nostri
00:45:00fabbisogli
00:45:00e
00:45:03abbiamo venduto
00:45:05240.000 tonnellate
00:45:07di tubo
00:45:08abbiamo venduto
00:45:0950.000 tonnellate
00:45:10di gomma sintetica
00:45:11impianti
00:45:12del pignone
00:45:12e se mi
00:45:14pento di una cosa
00:45:15è di aver fatto
00:45:16troppo poco
00:45:17perché
00:45:18subito dopo di noi
00:45:20dopo un mese
00:45:21la Germania
00:45:22ha venduto
00:45:23tanti tubi
00:45:24quei tubi
00:45:25famosi
00:45:25che dovevano
00:45:26sparare
00:45:26contro l'occidente
00:45:27quanti ne avevo
00:45:28venduti io
00:45:28più il 20%
00:45:29prendendo in cambio
00:45:31non 2 milioni
00:45:32e mezzo
00:45:32di prodotti
00:45:33petrolifera
00:45:33all'anno
00:45:34ma 3 milioni
00:45:34di tonnellate
00:45:35all'anno
00:45:35la Svezia
00:45:3720 giorni fa
00:45:38ha venduto
00:45:39135.000 tonnellate
00:45:40di tubi
00:45:41contro petrolio
00:45:42e questa è la realtà
00:45:44tutti vanno a comprare
00:45:46petrolio in Russia
00:45:47perché costa di meno
00:45:48costa di meno
00:45:49e c'è lo scatto
00:45:50non si paga
00:45:51in dollari
00:45:51non si paga
00:45:52in valuta
00:45:53per già
00:45:54l'autonomia
00:45:55Mais les Américains craignent que derrière le jeu du pétrole se cache un dessin politique beaucoup plus large.
00:46:03L'autonomie que Mattei réclame pour l'Italie brouille les cartes de la guerre froide.
00:46:09Mais la classe politique n'est pas prête à le suivre.
00:46:14Mattei est désormais un problème.
00:46:19Le 26 octobre 1962, Mattei s'envole pour la Sicile.
00:46:25En visite à Galliano, Mattei est reçu comme un héros.
00:46:37Eni vient de découvrir un gisement de méthane dans la région.
00:46:41Pour les habitants, cela représente l'espoir de pouvoir enfin trouver du travail.
00:46:47Mattei leur promet que cela marquera un nouveau départ pour la Sicile.
00:46:52Ils peuvent dire à leurs fils émigrés de revenir.
00:46:55Ce même jour, le président de la région, Giuseppe D'Angelo, fait aussi un discours.
00:47:06Mattei, en retrait dans l'ombre, écoute.
00:47:08Un texte de la guerre froide qui aidentité de la guerre.
00:47:10Le 2000 aidentité de la guerre.
00:47:11Le 2021 aidentité de la guerre.
00:47:12Le 2021 aidentité de la guerre.
00:47:14C'est du coup de l'ombre, mais le président de la guerre.
00:47:16Le 2021 aidentité de la guerre.
00:47:18Et puis, sous les éloges, se glisse l'ombre d'une menace.
00:47:48Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:18Quelques heures après ce discours, Matei trouvera la mort.
00:48:24La mort.
00:48:30All'anello, all'orologio e ad altri frammenti metallici che furono recuperati.
00:48:38E' possibile far svolgere degli accertamenti metallografici che consentirono di accertare con assoluta certezza,
00:48:52questa è la conclusione raggiunta dagli scienziati, con assoluta certezza che a bordo dell'aereo sul quale viaggiava Enrico Matei
00:49:03si era verificata una esplosione.
00:49:07Chiusa definitivamente l'inchiesta sulla morte in un incidente aereo di Enrico Matei, il presidente dell'ENI,
00:49:13secondo la procura di Pavia, fu vittima nel 62 di un attentato, ma non ci sono le prove per dire chi furono i responsabili.
00:49:19Non è che parlava della morte, lui diceva solamente che, insomma, sti minacci che erano fatte da tutte le parti,
00:49:30che, insomma, ogni tanto lo preoccupavano.
00:49:32Una notte sono svegliata e visto che lui piangeva ed era molto preoccupato.
00:49:38Dico, ma cosa c'è? Perché sei così riquieto?
00:49:41Allora lui mi diceva, sì, è un'altra minaccia, mi vogliono, insomma, levare dalla circolazione,
00:49:49e piangeva molto, e aveva una carta che io ho chiesto, uno scritto, insomma,
00:49:56io ho chiesto, me lo fai leggere? Chi è? Cosa ti dicono? Com'è questa minaccia?
00:50:01No, no, no, meglio che tu non lo leggi perché poi tu ti agiti e poi non pensi a tante cose,
00:50:08è meglio che tu stai tranquilla, e così non me lo fece leggere.
00:50:13Il pianto di quella notte, signora, fu un episodio sconcertante per lei?
00:50:17Sì, io sono rimasta perché come un uomo molto forte, molto difficilmente l'ho vista piangere,
00:50:23l'ho vista solamente in occasione, quando è morta la mamma e il padre,
00:50:27ma se no non era un uomo che piangeva.
00:50:29Quella notte proprio si vede che ha avuto una cosa che lo preoccupava molto.
00:50:35Io adesso non so cosa c'era scritto in questa minaccia, ma però era molto agitato.
00:50:41La bataille di Mattei s'è urtata aux forces de son temps.
00:50:50La soif de pétrole des sette sœurs.
00:50:53Le désir obsessionnel de domination des Etats-Unis.
00:50:58Les derniers râles violents du colonialisme français en Algérie.
00:51:01Mais c'est en Italie qu'il faut chercher ceux qui l'ontraï.
00:51:08Dagli archivi è scomparso tutto, non ci sono più, si chiedevano informazioni all'aeronautica militare,
00:51:19ai servizi, al ministero degli interni, alle varie prefetture, questure.
00:51:24I fascicoli riferibili alla vicenda Mattei non esistevano.
00:51:29Probabilmente è inconfessabile che qualcuno nelle alte sfere del nostro paese
00:51:36abbia collaborato per l'eliminazione di Mattei.
00:51:44So quali sono gli ambienti, ma non ho le prove.
00:51:59So quali sono gli ambienti, ma non ho le prove.
00:52:29So quali sono gli ambienti, ma non ho le prove.
00:52:59Il l'a probabilmente payé de sa vie, come l'avance a l'instant,
00:53:04ce documentaire realisé par Flambetta Luino.
00:53:07L'occasion de nous interroger maintenant sur ce plateau de débattoc
00:53:11sur les considérables enjeux géopolitiques concernant encore et toujours l'or noir aujourd'hui.
00:53:18Mathieu Osano est tout d'abord avec nous.
00:53:20Bienvenue à vous, vous êtes un ancien journaliste et aujourd'hui directeur du ThinkFank.
00:53:24Je sifte Project, groupe de réflexion qui vise à éclairer et influencer le débat sur les défis climato-énergétiques.
00:53:34Ils sont nombreux, on y reviendra sans doute tout à l'heure.
00:53:36Vous êtes l'auteur de « Or noir, la grande histoire du pétrole » disponible chez Découverte Poche et de Pétrole.
00:53:42Le déclin est proche, co-écrit avec Hortense Chauvinet et édité aux éditions du Seuil.
00:53:49Et puis enfin, Francis Perrin est avec nous également.
00:53:51Bienvenue à vous, vous êtes directeur de recherche à l'IRIS,
00:53:54bien sûr l'Institut de relations internationales et stratégiques,
00:53:57et spécialiste des problématiques énergétiques.
00:54:01Après ce film concernant Enrico Matei et son histoire,
00:54:06nous avons eu envie de faire un focus sur ce fameux marché du pétrole
00:54:10et pour cela, je vais vous donner les principaux chiffres de ce domaine
00:54:14pour que tout le monde comprenne bien.
00:54:15On commence par les principaux pays détenteurs de pétrole
00:54:19et on voit tout en haut de ces chiffres, en première position,
00:54:24le Venezuela qui détient aujourd'hui 17,5% des réserves mondiales,
00:54:28suivi par l'Arabie saoudite, le Canada, l'Iran, l'Irak.
00:54:32Plus généralement, vous allez le voir, le Moyen-Orient concentre
00:54:36près de 50% de ses réserves aujourd'hui
00:54:39et l'organisation des pays exportateurs de pétrole,
00:54:44l'OPEP créé en 1960, lui recouvre 70% de ses réserves.
00:54:51Et puis voici maintenant les principaux pays producteurs de pétrole aujourd'hui.
00:54:57On trouve les Etats-Unis en première position,
00:54:59l'Arabie saoudite ensuite et la Russie en troisième position.
00:55:04Voilà quelques chiffres clés pour bien comprendre.
00:55:07C'est vrai que cette émission, nous avons d'abord eu envie de la faire
00:55:10à cause de l'intervention américaine au Venezuela.
00:55:14C'était au tout début du mois de janvier dernier.
00:55:18L'exfiltration du président vénézuélien.
00:55:21Et puis la mainmise, je ne sais pas si on peut dire les choses comme ça,
00:55:24des Etats-Unis sur ce fameux pétrole vénézuélien.
00:55:28Il a certaines caractéristiques, on y reviendra tout à l'heure, ce pétrole,
00:55:32mais c'est bien comme ça qu'il faut comprendre les choses.
00:55:34Pour ce qui s'est passé au Venezuela,
00:55:36le premier producteur mondial de pétrole a mis la main sur le pays
00:55:40et les réserves les plus importantes au monde de pétrole aujourd'hui.
00:55:44Oui, on peut interpréter ça complètement comme ça.
00:55:47En fait, il suffit de prendre à la lettre ce que nous a dit Donald Trump,
00:55:49l'intervention vénézuélien, ce coup de force, ce retour à la diplomatie de la canonnière.
00:55:56C'est l'exercice du dominium américain sur la planète pétrole.
00:56:03Et il y a une continuité là-dedans,
00:56:05les circonstances suspectes dans lesquelles Enrico Matei a trouvé la mort.
00:56:11L'hypothèse la plus probable étant que c'est un assassinat qui a été commandité
00:56:18par ce qu'on appelle Big Oil, c'est-à-dire l'industrie pétrolière américaine
00:56:24qui à l'époque contrôlait totalement le marché mondial.
00:56:27Finalement, on avance de plus d'un demi-siècle.
00:56:32L'intervention américaine au Venezuela, pour moi,
00:56:35il y a une filiation très forte dans la manière impitoyable
00:56:39dont la puissance américaine assoie son emprise sur l'échiquier pétrolier mondial.
00:56:46Là, vous parliez de Big Oil, il a été beaucoup question des sept sœurs dans ce documental.
00:56:51Elles sont cinq aujourd'hui, on va les voir d'ailleurs.
00:56:53BP, British Petroleum, Chevron, ExxonMobil, Royal Dutch Shell
00:56:58et le Français Total, tout de même en cinquième position.
00:57:02LGT7 à l'époque, il y a eu un mouvement de concentration.
00:57:04Aujourd'hui, ça permet de mieux comprendre de qui on parle
00:57:08lors qu'on parlait des Seven Sisters.
00:57:12À l'époque, la mort de Matéi, c'est à peu près au même moment
00:57:17que la création de l'OPEP.
00:57:19L'OPEP, l'Organisation des produits des pays exportateurs de pétrole,
00:57:23a été créée pour faire pièce au cartel des sept sœurs.
00:57:29Et c'est Enrico Matéi qui a popularisé cette expression de sept sœurs.
00:57:33Sous-entendu, toutes ces compagnies anglo-saxonnes, plus la compagnie française qui était la huitième sœur,
00:57:41contrôlaient à l'époque à 100%, dans les moindres détails, la production pétrolière mondiale.
00:57:48Et l'OPEP et Enrico Matéi, qui s'est fait un allié des gens qui ont créé l'OPEP,
00:57:53ont tenté de faire pièce.
00:57:55Et Matéi, probablement, en est mort.
00:57:57– Alors, il y a peut-être deux leçons à tirer de ce qui s'est passé au Venezuela.
00:58:02On va y revenir.
00:58:03Et la première, c'est de constater, vous avez un petit peu défloré le sujet,
00:58:07que cette ressource énergétique façonne depuis très très très longtemps aujourd'hui
00:58:12les rapports de force entre les nations.
00:58:14– Tout à fait, effectivement, ce n'est pas nouveau.
00:58:17Mais c'est vrai que l'exemple du Venezuela, qui est d'une actualité brûlante,
00:58:21illustre totalement ces liens très étroits entre pétrole et géopolitique mondiale.
00:58:28Alors, sur le Venezuela, le pétrole est clairement au cœur.
00:58:31Ça ne veut pas dire qu'il n'y a que le pétrole, mais il est au cœur.
00:58:33Et il est au cœur à plusieurs égards.
00:58:37Donald Trump dit, on nous a volé le pétrole.
00:58:40Allusion aux nationalisations d'intérêts américains,
00:58:42notamment sous le régime d'Hugo Chavez.
00:58:44– Le socialisme d'Hugo Chavez.
00:58:45– Première décennie de Hugo Chavez.
00:58:46– Ce qui est socialiste, évidemment, n'est pas un compliment à Washington,
00:58:48et notamment pour l'administration Trump.
00:58:52Deuxième élément, je tiens le pétrole, je, Donald Trump, évidemment, pas moi.
00:58:56Et donc, le gouvernement vénézuélien actuel, sans Maduro,
00:59:01sera obligé de faire ce que je veux.
00:59:02Parce que sinon, il ne peut plus exporter une goutte de pétrole.
00:59:05Et le Venezuela, en termes d'économie, c'est pétrole, pétrole.
00:59:08Il y a du gaz aussi, mais c'est moins important.
00:59:10Troisième élément, toujours vu de l'administration Trump, numéro deux,
00:59:14si je prends le contrôle de ce secteur pétrolier au Venezuela,
00:59:18que je le remets en état de marche, parce qu'il est en très mauvais état de marche,
00:59:22en envoyant, notamment, les compagnies pétrolières américaines,
00:59:25ce pays qui a un potentiel énorme, vous l'avez rappelé,
00:59:27pourra produire et exporter plus de pétrole.
00:59:29Donc, ça fera baisser les prix du pétrole.
00:59:31Et Donald Trump veut faire baisser les prix du pétrole dès le 20 janvier 2025.
00:59:36Et il veut continuer.
00:59:39Quatrième point, si on contrôle le pétrole vénézuéen,
00:59:42en étant toujours Washington, il ne sera pas contrôlé par d'autres,
00:59:46dont la République populaire de Chine, qui n'est pas notre meilleur ami,
00:59:49je parle toujours à la place de Donald Trump, si je puis me permettre,
00:59:52et qui est en plus un pays extérieur à l'hémisphère occidental.
00:59:55N'oublions pas, Marco Rubio, la tête pensante dans cette affaire du Venezuela,
01:00:01c'est fini que des puissances extérieures au continent américain,
01:00:04à l'hémisphère occidental, et qui sont nos adversaires,
01:00:08puissent contrôler des ressources stratégiques sur le continent américain.
01:00:11Pétrole, c'est stratégique.
01:00:12Et dernier élément, et ça en fait cinq, ça fait beaucoup,
01:00:15Marco Rubio toujours, si le pétrole était mieux géré au Venezuela,
01:00:18l'économie irait mieux, ça c'est logique.
01:00:21Et donc, il n'y aurait pas 8 millions de Vénézuéliens en dehors de leur pays,
01:00:24dont pas mal aux Etats-Unis,
01:00:25et l'immigration massive, nous dit Marco Rubio, sont déstabilisantes.
01:00:29On sait à quel point l'immigration est un dossier chaud
01:00:32pour l'administration Trump, 1 et 2.
01:00:34Donc tout ça est lié au pétrole, ça fait au moins cinq éléments clés.
01:00:37Il y a un élément de sous-texte, Francis l'a dit,
01:00:41mais il faut enfoncer le clou.
01:00:43Pourquoi est-ce que le pétrole, c'est stratégique, comme tu l'as dit ?
01:00:46Pour une raison toute bête, c'est que,
01:00:49quand on parle de puissance géopolitique,
01:00:54on parle de puissance politique, économique, éventuellement militaire,
01:00:58on perd complètement de vue qu'on parle à la lettre d'énergie.
01:01:02La puissance, c'est une expression de l'énergie dans un rapport au temps.
01:01:07Si je veux effectuer une puissance,
01:01:09dans l'ordre économique, politique, éventuellement militaire,
01:01:12il me faut des ressources adéquates en énergie.
01:01:15La superpuissance américaine,
01:01:17le fondement de sa superpuissance est le fait qu'elle contrôle
01:01:21et exporte beaucoup de puissance à la lettre.
01:01:27Et ça, c'est un élément absolument structurant de toute la géopolitique,
01:01:32qui est une gestion des rapports de puissance.
01:01:35Vous appelez ça d'ailleurs le sale petit secret de la puissance américaine.
01:01:40Parce que si on revient un peu en arrière,
01:01:41par exemple la guerre en Irak 2003,
01:01:43l'objectif, ça aurait été le pétrole.
01:01:46Griezmann, d'ailleurs, l'ancien patron de la Fed,
01:01:47l'avait affirmé à l'époque.
01:01:50Il y a une constante.
01:01:51Il y a une constante dans la logique de puissance,
01:01:55des grandes puissances,
01:01:57c'est de contrôler l'accès à l'énergie
01:01:59qui permet d'effectuer sa puissance.
01:02:02Ça fait un siècle que c'est ultra structurant
01:02:06dans la géopolitique américaine.
01:02:08Il y a un siècle tout pile.
01:02:09Le président de ce qu'on appelle aux Etats-Unis
01:02:12les années 20 rugissantes, Calvin College,
01:02:16avait remarqué dans une note
01:02:18qu'il avait adressée aux membres de son gouvernement,
01:02:20de manière beaucoup plus articulée peut-être
01:02:21que l'actuel locataire de la Maison-Blanche,
01:02:26mais avec non moins de précision,
01:02:29il avait dit, finalement,
01:02:30la puissance des nations est peut-être d'abord
01:02:34et avant tout tributaire de l'accès au pétrole.
01:02:36Bon, en termes moins chantournés,
01:02:40Trump, il a dit à propos de l'Irak,
01:02:43moi, j'aurais pris le contrôle de ce pays,
01:02:48de bout en bout.
01:02:49Moi, j'aurais pris le pétrole.
01:02:50Voilà ce qu'il avait dit à l'époque.
01:02:51C'est une guerre en Irak.
01:02:52Absolument.
01:02:53Et en fait, de Calvin College,
01:02:55du président College des années 1920
01:02:57à Donald Trump, le président des années 2020,
01:03:01il y a une constante,
01:03:02mais dans la politique américaine,
01:03:04mais dans la politique de la France,
01:03:06à sa petite histoire crapoteuse de l'Empire pétrolier.
01:03:10L'assassinat de Matéi,
01:03:11l'une des hypothèses,
01:03:12c'est que Matéi avait commencé à discuter
01:03:16avec l'Algérie,
01:03:17avec les indépendantistes algériens,
01:03:18et que ça n'a pas du tout plu à Paris.
01:03:21Et parmi les suspects de la mort de Matéi,
01:03:24il y a le petit jeu,
01:03:27le sale petit secret de la puissance française en Afrique.
01:03:31On se rappelle tous de la France-Afrique,
01:03:33le Gabon, le Congo-Brazzaville,
01:03:36la guerre du Biafra.
01:03:38On a tous un petit sale secret
01:03:40lorsqu'il est question du pétrole.
01:03:43Absolument.
01:03:43Si vous voulez exercer une puissance,
01:03:45il vous faut des ressources adéquates en énergie.
01:03:48No matter what.
01:03:50Tout le monde connaît la phrase.
01:03:51Il a fait tout haut,
01:03:52ce que les autres ont peut-être fait un peu plus bas.
01:03:55On pense d'ailleurs au père et au fils Bush, notamment.
01:03:59Il a fait tout haut.
01:04:00Et du tout, peut-être, d'une certaine manière,
01:04:02ce que les autres ont fait avant lui ?
01:04:04A quelques défauts, mais il n'est pas hypocrite.
01:04:07Ça, on ne peut pas lui reprocher ça.
01:04:09On n'a quasiment jamais vu ça dans le monde.
01:04:12Peut-être jamais vu, je dis.
01:04:13Presque jamais, pour une question de précaution historique.
01:04:15Plus de genesis-can, peut-être.
01:04:18Il faudrait effectivement remonter très loin.
01:04:20Alors, juste un mot sur l'Irak.
01:04:23Parce qu'il y a eu des guerres en Irak.
01:04:25Évidemment, il y a eu la guerre Iran-Irak, 1980-1998.
01:04:28Il y a eu ensuite l'invasion du Koweït par l'Irak, août 1990.
01:04:33Il y a eu la libération de l'Irak,
01:04:35donc l'opération tempête du désert, janvier-février 1991.
01:04:38Et il y a eu la guerre en 2003,
01:04:40où Georges Bush, fils, vient reverser le régime Samuels.
01:04:42Et disons l'embargo américain entre les deux.
01:04:45Et tous ces conflits...
01:04:46Peut-être la dernière est moins une guerre pétrolière que les précédentes.
01:04:50D'accord.
01:04:51Celle de 2003.
01:04:52Parce que tout le monde a dit
01:04:53que les Américains viennent prendre le contrôle du pétrole irakien.
01:04:56Eh bien, ils ne l'ont pas fait.
01:04:58Après la guerre.
01:04:59Alors qu'ils pouvaient le faire, sans problème.
01:05:01Ils étaient absolument maîtres du pays.
01:05:03Donc, le pétrole a les épaules très larges.
01:05:05Il est traillé la guerre, c'est évident.
01:05:06Ça ne veut pas dire qu'on peut expliquer toutes les guerres par le pétrole.
01:05:09Mais, puisque nous étions sur des phrases extrêmement célèbres,
01:05:13tout le monde connaît cette phrase de Clémenceau,
01:05:15mais il faut la redire.
01:05:16Désormais, pour les nations et pour les peuples,
01:05:18une goutte de pétrole a la valeur d'une goutte de sang.
01:05:21Phrase superbe.
01:05:21C'était Clémenceau, ce n'est pas n'importe qui.
01:05:23Mais c'était, par rapport à la Première Guerre mondiale,
01:05:26c'est toujours aussi valable aujourd'hui.
01:05:27Il l'a écrit dans un appel au secours au président Wilson.
01:05:29Tout à fait.
01:05:29Président américain, de façon à ce que l'Amérique
01:05:32envoie les ressources de la puissance dans l'effort de guerre.
01:05:35Pour la guerre, la Première Guerre mondiale.
01:05:37Pour ravitailler les forces...
01:05:38L'énergie, c'est ce qui fait tourner le moteur économique mondial.
01:05:42On fait la guerre avec de l'énergie,
01:05:44et notamment avec du pétrole.
01:05:46Donc, tout ce qui est énergie est stratégique,
01:05:48et le pétrole est l'énergie numéro un encore aujourd'hui.
01:05:51Donc, c'est le stratégique du stratégique.
01:05:52C'est finalement très simple, très logique.
01:05:56Ce qui se passe au Venezuela, ce qui se passe avec Trump, le montre.
01:06:00Tout le monde a en tête ce fameux slogan de Trump.
01:06:02Drill, baby drill.
01:06:04Tout le monde s'amuse.
01:06:05Creuse, bébé creuse, en français.
01:06:07Mais pas creuser pour forer de l'eau.
01:06:09Pour trouver de l'eau, c'est pour trouver du pétrole.
01:06:11Ça veut dire quoi ?
01:06:11Ça veut dire que dans la vision que Trump a de l'énergie, de l'économie, de la géopolitique,
01:06:15le pétrole est au centre.
01:06:17Et c'est pas complètement faux, puisque c'est la première énergie dans le monde.
01:06:21Son secrétaire au Trésor, Scott Besant,
01:06:24début 2025,
01:06:25donc a priori, il s'occupe pas spécialement de pétrole,
01:06:27mais de l'économie, des finances,
01:06:28il nous dit, je voudrais que les Etats-Unis produisent 3 millions de barils par jour
01:06:32de pétrole de plus dans les quelques années qui viennent.
01:06:36Ce pays est déjà, vous l'avez rappelé, le premier producteur mondial de pétrole.
01:06:40Largement devant Arabie Saoudite 2, Russie 3.
01:06:43Jamais ce pays n'a produit autant de pétrole dans son histoire.
01:06:47Jamais aucun autre pays dans l'histoire mondiale n'a produit autant de pétrole que les Etats-Unis aujourd'hui.
01:06:51Et M. Besant envoie encore 3 millions de barils par jour de plus.
01:06:55Donc pour l'administration Trump, numéro 2, le pétrole est au cœur.
01:06:59C'est peut-être pour préparer les lendemains de ce marché du pétrole,
01:07:02on va en parler.
01:07:03La deuxième leçon que j'ai tirée en préparant ce dossier,
01:07:07de cette intervention au Venezuela,
01:07:09c'est qu'il met la main sur un pétrole dit non conventionnel.
01:07:13Et là, il faut peut-être expliquer à ceux qui nous regardent
01:07:15ce qui s'est passé entre le pétrole dit conventionnel
01:07:18et le pétrole non conventionnel,
01:07:20dans lequel on met du pétrole extra-lourd,
01:07:23beaucoup plus difficile à exploiter que le pétrole conventionnel,
01:07:26c'est celui qu'on trouve au Venezuela,
01:07:28mais aussi le pétrole de schiste,
01:07:30qui a relancé les Etats-Unis en matière de production de pétrole.
01:07:35Expliquez-nous ce qui s'est passé au cœur des années 2000.
01:07:39On craignait un pic,
01:07:41et finalement c'est ce pétrole non conventionnel
01:07:46qui a changé la donne sur ce marché dans ces années 2000.
01:07:49Qui a pris le relais, c'est tout simple.
01:07:51En fait, ce qu'on appelle le pétrole conventionnel,
01:07:53c'est le pétrole liquide classique,
01:07:54qu'on trouve dans des roches, qu'on appelle des roches réservoirs.
01:07:57Et ça a été quasiment 100% de la production
01:08:01jusqu'au tournant des années 2000.
01:08:04Il n'y avait pas autre chose que le pétrole conventionnel.
01:08:07Il y avait le pétrole tout court, qu'on appelait l'or noir,
01:08:09pour une raison, là encore, triviale.
01:08:12C'est que c'était la source de puissance économique,
01:08:17c'est-à-dire les taux de profit pratiquement
01:08:19les plus inouïs de toute industrie.
01:08:24Ce pétrole a atteint des limites dans son exploitation,
01:08:28d'abord aux Etats-Unis, en 1970.
01:08:30À partir de 1970, la production américaine conventionnelle décline.
01:08:34Elle avait décliné jusqu'à l'essor de la source reine
01:08:37de pétrole non conventionnel.
01:08:38Donc, la première source alternative, vous l'avez dit,
01:08:41le pétrole de schiste.
01:08:42Et puis, au niveau mondial, cette fois,
01:08:44le pic pétrolier pour le conventionnel
01:08:46a été franchi en 2008,
01:08:48l'année de la crise des subprimes.
01:08:51On ne reviendra pas, mais je pense qu'il y a un lien très fort entre les deux.
01:08:55Donc, en fait, finalement,
01:08:56toutes les sources de pétrole non conventionnelles,
01:08:58c'est un peu comme les fruits pourris en haut de l'arbre
01:09:00qu'on n'avait pas envie de cueillir en premier.
01:09:02On a cueilli d'abord les bons gros fruits mûrs
01:09:05qui étaient à portée de main,
01:09:06c'est le pétrole conventionnel.
01:09:07Et maintenant, ayant atteint cette limite,
01:09:10l'industrie doit aller chercher globalement
01:09:12des pétroles, on va dire, plus compliqués.
01:09:15Par exemple, tout ce qui est pétrole offshore
01:09:18ou pétrole arctique, en général,
01:09:20ce sont des pétroles conventionnels
01:09:22géologiquement ou chimiquement.
01:09:24Par contre, ce sont des pétroles qui sont très, très compliqués
01:09:26à aller chercher.
01:09:26Et en fait, le point de bascule,
01:09:28il a lieu en 1970 aux Etats-Unis
01:09:31et au niveau mondial en 2008.
01:09:33À partir de ces dates-là,
01:09:35l'industrie n'a pas d'autre choix
01:09:36que d'aller chercher des pétroles
01:09:37plus compliqués à extraire,
01:09:39moins profitables.
01:09:41Et parmi ces sources très, très profuses,
01:09:44très généreuses de pétrole non conventionnel,
01:09:47alors il y a le pétrole de schiste
01:09:48et il y a, on l'avait un peu oublié,
01:09:50le pétrole extra-lourd du Venezuela,
01:09:53sur lequel les Américains ont l'œil
01:09:55dès que leur production conventionnelle
01:09:58entre en déclin en 1970.
01:10:00Et en fait, tout le drame avec Chavez
01:10:02se noue entre 1970
01:10:04et la prise du pouvoir de Chavez.
01:10:07C'est-à-dire que tous les raffineurs américains
01:10:08qui contrôlent l'exploitation
01:10:10de ce pétrole vénézuélien
01:10:12s'équipent, investissent énormément
01:10:14pour pouvoir le traiter
01:10:15et puis Chavez arrive
01:10:16et leur prend le trésor.
01:10:18Alors est-ce qu'il faut y voir
01:10:19une marque de fébrilité,
01:10:21une anticipation
01:10:21sur l'avenir de ce marché pétrolier
01:10:24à travers cette mainmise
01:10:26sur un pétrole non conventionnel
01:10:28au Venezuela ?
01:10:29Alors, Marco Rubio, secrétaire d'État,
01:10:32conseiller à la Sécurité nationale,
01:10:34deux postes clés,
01:10:36et tête pensant
01:10:37de ce qui vient de se passer
01:10:38sur le Venezuela,
01:10:40nous dit
01:10:41qu'on n'a pas besoin
01:10:42du pétrole du Venezuela.
01:10:43Nous, États-Unis,
01:10:44on est le premier producteur mondial,
01:10:45ce qui factuellement est vrai.
01:10:47On a besoin de le contrôler
01:10:48pour que d'autres ne le contrôlent pas,
01:10:50d'autres étant la Chine.
01:10:52Ça, c'est une vision clé.
01:10:54La Chine très dépendante
01:10:56sur ce marché pétrolier.
01:10:57Principal importateur
01:10:58de pétrole vénézuélien,
01:11:00principal importateur
01:11:01de pétrole iranien,
01:11:02pays sanctionné
01:11:03par Washington également,
01:11:04principal importateur
01:11:05de pétrole russe.
01:11:06Premier importateur au monde.
01:11:07Premier importateur mondial.
01:11:08Et qui n'a peu ou peu
01:11:09de pétrole sur ce thème.
01:11:10Non, c'est un grand producteur
01:11:11de pétrole.
01:11:12Mais sa consommation interne
01:11:14est tellement énorme
01:11:14que bien qu'étant
01:11:16un gros producteur,
01:11:17environ,
01:11:18ça dépend des classements,
01:11:19mais ils ont 6 ou 7e,
01:11:20donc c'est quand même pas mal.
01:11:21Et quand même,
01:11:22le deuxième consommateur mondial
01:11:24est le premier importateur mondial.
01:11:26Mathieu Osano a tout à fait raison
01:11:27de généraliser
01:11:28et de ne pas seulement parler
01:11:30des pétroles non cruciales,
01:11:31très important, bien sûr,
01:11:32et des pétroles complexes,
01:11:34dont ils font partie.
01:11:36Mais ça inclut,
01:11:37comme il l'a,
01:11:37à juste titre,
01:11:38souligné,
01:11:39des pétroles conventionnels,
01:11:40mais très difficiles.
01:11:40Un exemple pour nos téléspectateurs,
01:11:43un champ qui s'appelle Ancor,
01:11:45c'est Golf d'Amérique,
01:11:47on va dire le,
01:11:49pour ne pas faire de peine
01:11:49à Trump qui nous écoute certainement,
01:11:51donc je vais dire Golf d'Amérique
01:11:52et pas Golf du Mexique.
01:11:53Donc c'est un projet
01:11:54qui entre en production
01:11:55à l'été 2024,
01:11:56c'est Chevron,
01:11:57dont vous avez parlé,
01:11:57Total Energy,
01:11:58deux des majors pétrolières actuels.
01:12:02Caractéristique de Ancor,
01:12:03une première technologique mondiale,
01:12:06ces deux géants pétroliers
01:12:07vont chercher du pétrole,
01:12:09donc sous le Golf d'Amérique,
01:12:10dans un réservoir
01:12:12qui est à 10 400 mètres
01:12:14sous le niveau de la mer.
01:12:15Première technologique.
01:12:16C'est du pétrole conventionnel,
01:12:18mais du pétrole très complexe.
01:12:19Et Chevron vous dit,
01:12:21ce sera un projet rentable,
01:12:23et même très rentable,
01:12:24avec une première technologique mondiale.
01:12:27Leçon,
01:12:27ne jamais sous-estimer
01:12:28la capacité des géants pétroliers
01:12:30à repousser les limites,
01:12:32ce qui ne veut pas dire
01:12:32supprimer les limites,
01:12:33grâce au progrès technologique.
01:12:35Élément clé.
01:12:36Deuxième remarque,
01:12:38Mathieu Osano disait à juste titre,
01:12:39« Le pétrole, c'est énormément d'argent ».
01:12:42Bien sûr, tout le monde le sait.
01:12:43Un chiffre pour nos téléspectateurs.
01:12:46Saudi Ramco,
01:12:47donc État saoudien,
01:12:49le géant pétrolier mondial.
01:12:50Le géant pétrolier n'est pas ExxonMobil,
01:12:52c'est Saudi Ramco,
01:12:53compagnie étatique.
01:12:532022,
01:12:55guerre en Ukraine,
01:12:56flambé des prix,
01:12:58bénéfice net saoudi Ramco,
01:13:00161 milliards de dollars.
01:13:03Absolument unique.
01:13:04C'est ça,
01:13:04ce que les économistes appellent
01:13:06la rente pétrolière.
01:13:07Et troisième élément,
01:13:08et le dernier,
01:13:09quand nous parlions du non-conventionnel,
01:13:11nous avons Venezuela,
01:13:13pétrole extra-lourd,
01:13:14États-Unis,
01:13:15pétrole de gis,
01:13:16et Canada,
01:13:17pétrole extrait des sables bitumineux.
01:13:18Il y a aujourd'hui trois pays
01:13:20qui, entre parenthèses,
01:13:21sont tous sur le continent américain,
01:13:23ce qui est intéressant géopolitiquement,
01:13:24qui exploitent massivement
01:13:26des pétroles qu'on qualifie
01:13:27de non-conventionnels.
01:13:29Ça explique les pressions exercées
01:13:30par Donald Trump au Canada,
01:13:33par exemple ?
01:13:33S'il mettait la main sur le Canada,
01:13:34vous vous rendez compte ?
01:13:35Déjà, en termes de superficie,
01:13:36il deviendrait le plus grand pays
01:13:38dans le monde,
01:13:38en ajoutant un peu le Groenland en plus.
01:13:40Et puis le Canada,
01:13:41c'est le quatrième producteur mondial
01:13:44de pétrole,
01:13:44après le tridot de tête
01:13:45que vous avez évoqué,
01:13:46États-Unis,
01:13:47Arabie saoudite.
01:13:47Le Canada,
01:13:48c'est un géant pétrolier
01:13:50avec du pétrole non-conventionnel.
01:13:52Alors, le pétrole
01:13:54est une ressource tarissable.
01:13:57Dans les années 2000,
01:13:58au début des années 2000,
01:13:59le fameux peak oil,
01:14:01ça, ça a été conceptualisé,
01:14:03je crois, en 1956.
01:14:06Peak oil, c'est le peak
01:14:07de production attendue du pétrole.
01:14:11Alors, ce peak oil
01:14:13n'a pas eu lieu dans les années 2000
01:14:15à cause, justement,
01:14:16de l'émergence de ce pétrole
01:14:17non-conventionnel,
01:14:18notamment du côté
01:14:19du pétrole de schiste
01:14:20aux États-Unis.
01:14:21Néanmoins,
01:14:22la question est posée,
01:14:23vous le dites,
01:14:23à travers vos ouvrages,
01:14:24notamment,
01:14:25le peak oil,
01:14:26ça veut dire qu'on aura atteint
01:14:27un pic de production
01:14:28et qu'à partir de là,
01:14:30la production sera dégressive,
01:14:31les prix risquent d'augmenter
01:14:33et au bout du compte,
01:14:34il y aura peut-être une fin du pétrole.
01:14:36Et là, il s'agit de s'y préparer,
01:14:37notamment en Europe,
01:14:38par exemple.
01:14:39Ça, c'est un domaine
01:14:39que vous connaissez bien.
01:14:41À quand ce peak oil ?
01:14:42On a repoussé simplement
01:14:44l'échéance avec le non-conventionnel ?
01:14:46On a repoussé.
01:14:46Il est devant nous,
01:14:47forcément, non ?
01:14:48Dans l'absolu,
01:14:49il est devant nous,
01:14:50c'est une ressource finie,
01:14:51on habite sur une sphère,
01:14:52à un moment donné,
01:14:53il y a une limite physique
01:14:54qui sera atteinte.
01:14:55Le peak...
01:14:57On n'a pas d'échéance, là.
01:14:59Alors, le peak pour le conventionnel,
01:15:03donc 85%, je dirais,
01:15:06de la production mondiale actuellement,
01:15:07100% quasiment de la production
01:15:09lorsqu'il s'est produit,
01:15:11le peak de la production
01:15:12a eu lieu.
01:15:13Il a eu lieu en 2008,
01:15:15c'est tout à fait officiel.
01:15:16Et on sait que c'est un peak
01:15:17très vraisemblablement irréversible
01:15:19compte tenu de la dégradation
01:15:22du déclin des réserves mondiales
01:15:26pétrole conventionnel.
01:15:26Alors, il y a des progrès technologiques
01:15:28qui peuvent faire jouer un peu,
01:15:31je dirais, à la marge,
01:15:32cette limite, mais...
01:15:35Et ce relais pris par le pétrole
01:15:37non-conventionnel
01:15:38peut nous amener bien au-delà ?
01:15:41Il amène l'Amérique très au-delà,
01:15:43tu l'as dit, Francis,
01:15:44de la production record,
01:15:46conventionnel que les Américains
01:15:48avaient atteint en 1970.
01:15:50La question est de savoir...
01:15:51En fait, il n'y a pas...
01:15:53La question du peak pétrolier,
01:15:54c'est une question
01:15:56d'un ensemble de peaks.
01:15:59En fait, chaque champ,
01:16:01chaque zone pétrolifère,
01:16:04sa production parle de zéro,
01:16:05elle passe par un maximum
01:16:06ou elle passera par un maximum
01:16:08ou elle est passée par un maximum
01:16:09et puis elle déclinera.
01:16:10En fait, la question est de savoir...
01:16:12Et pas de savoir, à mes yeux,
01:16:13surtout avec Trump au pouvoir,
01:16:16n'est pas tellement de savoir
01:16:16quand est-ce qu'il n'y aura plus
01:16:19assez de pétrole,
01:16:20la question est plus précisément
01:16:21de savoir quand est-ce qu'il n'y en aura
01:16:22plus assez pour tout le monde.
01:16:24Et là, en l'occurrence,
01:16:26pour le cas de l'Europe,
01:16:27je pense qu'on est dans une situation,
01:16:28dans une nasse terrible,
01:16:30on est dans une position
01:16:31extrêmement vulnérable
01:16:32parce que notre source première
01:16:35d'énergie,
01:16:38c'est-à-dire de puissance,
01:16:39qui s'appelle la mer du Nord,
01:16:40la mer du Nord,
01:16:41c'est l'une des premières formes
01:16:42de pétrole complexe
01:16:44qui a été développée
01:16:45après 1970, justement,
01:16:47est passée par un maximum
01:16:48et a décliné beaucoup
01:16:50depuis son pic
01:16:52qui a eu lieu au début des années 2000.
01:16:53Aujourd'hui, la production
01:16:54de la mer du Nord, d'une part,
01:16:55est à peine la moitié
01:16:56de ce qu'elle a été
01:16:57au moment de ce pic
01:16:58et elle est vouée,
01:16:59vraisemblablement,
01:17:00plus ou moins rapidement,
01:17:01à continuer à décliner.
01:17:01Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:17:03Ça veut dire qu'on disait
01:17:04que la Chine est le premier
01:17:04importateur de pétrole.
01:17:06Elle est le premier importateur
01:17:08de pétrole
01:17:09à égalité avec l'Europe.
01:17:10Avec l'Union européenne, oui.
01:17:12Avec l'Europe.
01:17:12Avec l'Europe.
01:17:13Avec l'Europe continentale
01:17:14au sens de l'OCDE.
01:17:14Bref.
01:17:15Donc, qu'est-ce que ça veut dire ?
01:17:15Ça veut dire qu'on est
01:17:17dans une tenaille
01:17:19entre les deux,
01:17:20ce qu'on appelait pendant
01:17:20la guerre froide,
01:17:21les deux superpuissances,
01:17:22les deux plus grands exportateurs
01:17:24de pétrole,
01:17:25Russie d'un côté,
01:17:26Etats-Unis de l'autre.
01:17:28Parce que,
01:17:29si tu veux effectuer
01:17:30ta puissance,
01:17:31il faut que tu contrôles
01:17:32tes ressources en énergie.
01:17:33Si ta puissance,
01:17:34en particulier industrielle
01:17:35en Europe,
01:17:36est tributaire de bout en bout
01:17:37des hydrocarbures,
01:17:38tu te mets à la merci
01:17:39des gens qui te la vendent.
01:17:41On a échangé aujourd'hui,
01:17:42c'est très clair,
01:17:43la dépendance qu'on avait
01:17:43vis-à-vis de Poutine
01:17:44avant l'invasion de l'Ukraine
01:17:47à une dépendance
01:17:48vis-à-vis de Trump.
01:17:50Et les deux,
01:17:50on le voit très bien,
01:17:51sont prêts à nous appuyer
01:17:51sur la carotide.
01:17:52Donc, finalement,
01:17:53pour nous,
01:17:54on est de plus en plus
01:17:55à se dire
01:17:56qu'au Shift Project
01:17:58et dans d'autres instances
01:17:59où on réfléchit
01:18:00à ce que ça peut être
01:18:01la logique de puissance
01:18:01de la France et de l'Europe,
01:18:03en fait,
01:18:04miser sur la sortie
01:18:05des énergies fossiles,
01:18:07c'est la seule voie
01:18:09qui nous permettra
01:18:10de reconstituer
01:18:11une autonomie stratégique
01:18:13dans un monde
01:18:13où on est déjà
01:18:14en tenaille
01:18:15entre M. Trump
01:18:17et M. Poutine.
01:18:18Votre réaction ?
01:18:19Ce sera la conclusion
01:18:20de cette émission.
01:18:21Sur la question du pic,
01:18:24il y a des limites physiques,
01:18:25soyons clairs,
01:18:26c'est évident.
01:18:27Ne sous-estimons pas
01:18:29quand même
01:18:30le progrès technologique.
01:18:31Je donnais un exemple
01:18:32tout à l'heure,
01:18:32il y en a d'autres.
01:18:34Ne sous-estimons pas
01:18:35non plus
01:18:35le Moyen-Orient.
01:18:38Vous prenez deux pays
01:18:39qui sont des géants pétroliers,
01:18:40Iran-Irak.
01:18:42Ce sont des producteurs
01:18:43importants,
01:18:44mais ils produisent
01:18:45largement en dessous
01:18:46de leur potentiel
01:18:47pour des raisons
01:18:47géopolitiques principalement,
01:18:49sanctions américaines
01:18:50en Iran
01:18:51et histoires très troublées
01:18:53de l'Irak,
01:18:53des guerres,
01:18:54invasions,
01:18:54sanctions, etc.
01:18:55Troisième élément,
01:18:57on n'est pas dans un jeu
01:18:59à somme nulle.
01:18:59Il y a de nouveaux pays
01:19:00producteurs de pétrole.
01:19:02Guyana,
01:19:03au nord du continent américain,
01:19:05demain,
01:19:05ce sera Namibie, etc.
01:19:06Donc,
01:19:07ce que dit Mathieu Osano
01:19:08est juste en termes
01:19:09de limites physiques,
01:19:10mais les pétroliers
01:19:11nous réservent
01:19:12des surprises
01:19:13et ils sont très forts
01:19:13pour ça,
01:19:14il ne faut pas les sous-estimer
01:19:15technologiquement
01:19:16et financièrement.
01:19:18Donc ça,
01:19:18c'est un élément
01:19:18qui me semble important.
01:19:20Et puis,
01:19:21sur la question de pique,
01:19:23pique de la production
01:19:24liée à une insuffisance
01:19:25des réserves,
01:19:27je suis réservé,
01:19:28c'est un débat
01:19:29que nous avons avec Mathieu
01:19:30depuis quelques années,
01:19:31débat passionnant,
01:19:32pique de la production
01:19:33liée à un pique
01:19:34de la consommation.
01:19:35Parce que,
01:19:36si demain,
01:19:38parce qu'il y a
01:19:38une concurrence
01:19:39d'autres sources d'énergie,
01:19:40la consommation,
01:19:41je dis bien
01:19:41la consommation pétrolière mondiale
01:19:43arrive à un pique,
01:19:44pique ou plateau,
01:19:45un pique,
01:19:46normalement,
01:19:47on descend après,
01:19:47un plateau,
01:19:48on peut rester
01:19:48et puis après,
01:19:48on décline.
01:19:49pique ou plateau,
01:19:51les producteurs
01:19:51ne vont pas continuer
01:19:52à augmenter la production
01:19:53alors que la consommation
01:19:54n'augmente plus.
01:19:56Donc moi,
01:19:56je crois plus
01:19:57dans les années qui viennent,
01:19:58je ne peux pas vous donner
01:19:59de date,
01:19:59soyons clairs,
01:20:00à un pique de la consommation
01:20:01mondiale de pétrole
01:20:02qui entraînera,
01:20:03très logiquement,
01:20:04un pique de la production
01:20:05sans que ce pique de la production
01:20:07soit forcément dicté
01:20:08à ce moment-là
01:20:09par une insuffisance
01:20:09des réserves.
01:20:11Donc c'est un pique
01:20:11mais une autre vision.
01:20:12l'avenir nous dira
01:20:13si vous aviez raison,
01:20:16l'un et l'autre
01:20:16ou l'un ou l'autre.
01:20:17On reviendra en parler.
01:20:18Un grand merci vraiment
01:20:19à tous les deux
01:20:19d'avoir participé
01:20:20à ce débat doc
01:20:21aujourd'hui
01:20:22après ce documentaire
01:20:23consacré
01:20:24à Matéi.
01:20:26Matéi,
01:20:27ça a été le patron
01:20:28de Lénie
01:20:28et nous avons découvert
01:20:30son dramatique parcours
01:20:32avec ce documentaire.
01:20:33Merci aussi
01:20:34à Félicité Gavalda,
01:20:36Thibault,
01:20:36Brosset et Kael
01:20:37qui m'ont aidé
01:20:38à préparer cette émission
01:20:39et puis moi,
01:20:41tout simplement,
01:20:41je vous donne rendez-vous
01:20:42pour un prochain débat doc
01:20:43sur un autre thème.
01:20:44Ça sera à la même place,
01:20:45la même heure
01:20:45mais toujours
01:20:46avec son documentaire
01:20:48et son débat.
01:20:49À très bientôt.
01:20:49Sous-titrage Société Radio-Canada
01:21:03C'est parti.
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