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  • il y a 16 heures
Depuis deux mois, la France traverse une crise énergétique significative. Le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz font flamber le prix des carburants. Avec un surcoût à la pompe de plus de 25 %, les conséquences sont immédiates pour les particuliers, les entreprises ou encore les collectivités. Comment aider les plus exposés ? Est-on au début d'un nouveau cycle inflationniste ? Faut-il taxer les pétroliers ? Les Français ont-ils les moyens de s'engager dans la transition énergétique et les nouveaux modes de transports électriques ? Dans ce nouveau numéro de Dialogue Citoyen, Quentin Calmet donne la parole à cinq Français. Ensemble, ils témoignent et interrogent les sénateurs sur les conséquences de cette nouvelle crise pétrolière. Année de Production : 2026

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Transcription
00:08Lorsque la crise a démarré, les prix ont augmenté très très vite à la pompe,
00:13alors que les citernes avaient été achetées et remplies avant le début de la guerre.
00:18Il faut bien sûr encadrer les marges injustifiables des groupes pétroliers et taxer leurs super profits.
00:24Allez-vous prendre des mesures fortes, immédiates, pour protéger nos concitoyens en bloquant les prix des carburants ?
00:31Et on le voit dans le contexte géopolitique qui est le nôtre.
00:34Combien, lorsqu'on est trop dépendant des hydrocarbures, cela peut devenir un instrument de pression, voire de déstabilisation.
00:42Bonjour à tous, on le voit, la classe politique qui cherche la solution à la crise énergétique que la France
00:48traverse maintenant depuis deux mois.
00:50Une crise qui dure et qui frappe les Français au portefeuille.
00:54Avec le blocage du détroit d'Ormouz lié à la guerre en Iran, les prix des carburants flambent.
00:59Fin mars, ces prix à la pompe ont bondi de 25% par rapport à fin février.
01:04Dans ce nouveau numéro de Dialogue Citoyens, cinq Françaises et Français vont témoigner sur les conséquences de ces hausses des
01:11prix des carburants.
01:12Merci à tous les cinq d'avoir accepté de participer à cette émission.
01:15Avec vous, nous allons faire un grand tour de France, que vous soyez entrepreneur, grand rouleur ou encore élu locaux.
01:22Comment vous êtes-vous adapté ? La situation est-elle tenable ? Et qu'attendez-vous des pouvoirs publics ?
01:28En plateau, trois sénateurs vont pouvoir réagir à vos témoignages.
01:32Bonjour à tous les trois.
01:33Vous êtes déjà installés pour un dialogue qu'on espère direct.
01:36Des réponses concrètes aux interpellations qui sans doute ne manqueront pas.
01:40Merci en tout cas d'avoir accepté notre invitation.
01:42Pour commencer, direction le département de la Meuse pour rencontrer Jean-François Régnier.
01:48Bonjour Jean-François.
01:49Vous êtes entrepreneur spécialisé dans la fabrication de chalets en bois.
01:53Et vous le dites, la crise actuelle a des conséquences sur les transports, mais pas seulement.
01:57On regarde une courte vidéo que vous avez tournée pour nous.
02:00On en parle avec vous juste après.
02:11Aujourd'hui, le bois, c'est de l'or.
02:14Depuis le 1er janvier, on vient de prendre 15% sur le bois.
02:18Et on nous renonce encore une hausse de 15% dans les deux prochains mois, voire plus.
02:23Comment travailler dans ces conditions ? Comment faire un vie ?
02:27Bonjour Jean-François.
02:28Donc vous le dites, on pense tout de suite au prix des carburants à la pompe.
02:33Mais il y a aussi toute une série de hausses des coûts.
02:36Le bois qui vient de loin, il faut l'acheminer.
02:38Les tuiles, il faut les cuire.
02:40Tout ça, ça consomme de l'énergie.
02:43Absolument.
02:44Aujourd'hui, la problématique, c'est d'arriver à acheminer les matériaux par camion complet.
02:53Je vous prends un exemple.
02:55Nous, on achète de la tuile sur le secteur de Bourges, 480 km.
02:59Donc quand on achetait de la tuile, on demandait un camion, un asmi,
03:02et on faisait un appel d'offre par le BNFRET.
03:07Et on avait réponse, c'est goût livraison sur 15 jours.
03:10Aujourd'hui, le transporteur s'assure d'avoir un retour.
03:14Il ne déplacera pas un camion s'il n'est pas assuré d'avoir son retour pour minimiser les coûts,
03:18ce qui est normal.
03:19Autre exemple, un camion, c'est 24 palettes.
03:23Donc quand on achète un seul colis, on est dépendant que le camion soit rempli.
03:29Et donc l'entrepreneur ne prend plus le risque d'opter pour la reprise de notre matériel.
03:37Donc ça, c'est le vrai problème.
03:39Tous les secteurs qui se tentent d'un seul coup, on a la sensation quand vous nous racontez.
03:44Et vous l'avez dit aussi en préparant cette émission, c'est toute une filière hommage finalement assez faible
03:48et qui est fragilisée.
03:50Est-ce que vous êtes inquiet pour l'année de 2026 ?
03:52Est-ce que vous feriez un comparatif par exemple avec 2022 avec la guerre en Ukraine ?
03:57Alors 2022 a été une surprise totale.
03:59On avait des hausses sur le bois par exemple.
04:01On a pris 2 fois 25% en un trimestre.
04:05Donc c'était intenable.
04:06On avait fait des vieilles sur un an auparavant.
04:09Donc là, je vous promets que c'était quand même très difficile à assumer.
04:15D'autant plus que quand on signa une vie, on l'assume.
04:19Donc là, on a quand même été prévenus.
04:212026-2025 a été très mauvais.
04:24La construction est en recul quand même de 30% sur deux ans.
04:27La construction neuve.
04:28La rénovation sur laquelle on comptait aujourd'hui du fait des instabilités réglementaires,
04:35ne serait-ce que ma prime rénov' plus de 20 réformes en cinq ans je crois.
04:38C'est inacceptable, je dirais.
04:41C'est insoluble.
04:43Tant pour l'entreprise que pour le client.
04:49Plus personne y retrouve ses petits.
04:51Et Jean-François, quelles sont les conséquences directes ?
04:53Vous avez déjà dû geler des embauches ?
04:57Alors oui, absolument.
04:59Ça a une conséquence sur les embauches, mais également sur les investissements.
05:05Puisqu'on ne sait pas de quoi demain sera fait.
05:08Aujourd'hui, on a obligé de faire des stocks de précautions.
05:13Donc on enchérit la pénurie.
05:16Mais c'est comme ça.
05:18On a tellement été contraints en 2022, justement,
05:22qu'on essaie de faire ce qu'on peut.
05:25Mais maintenant, on espère que la crise ne durera pas jusqu'à la fin de l'année.
05:30Ce qui paraît apparemment bien parti.
05:33Et aussi, on espère avoir quelques aides du gouvernement.
05:37Puisque ne serait-ce que sur le carburant, on est sur des hausses de 45 centimes en deux mois.
05:44Et nous, pour les gros rouleurs, c'est énorme.
05:47Et vous avez commencé à le dire.
05:49Vous ne pouvez pas répercuter ces hausses de coûts sur vos clients.
05:54Les devises sont établies à l'avance.
05:56Et donc, pour l'instant, vous absorbez ces surcoûts.
05:59C'est vous qui les absorbez.
06:01Mais combien de temps est-ce que ça peut durer ?
06:04Alors, jusque maintenant, c'est encore tenable.
06:07Mais il ne faudrait pas qu'on continue à avoir des hausses successives.
06:10Puisque nos marges, vous savez, dans le bâtiment, on est sur des marges entre 3 et 5%.
06:15Donc, quand vous prenez des hausses de 15%, ça devient compliqué, quoi.
06:22Donc, pour réagir à votre témoignage, Jacques est en plateau.
06:25Trois sénatrices et sénateurs.
06:27Sophie Prima, bonjour.
06:28Sénatrice LR des Yvelines.
06:30Vous êtes membre de la délégation sénatoriale aux entreprises.
06:32Vous avez été membre des gouvernements Barnier et Bayrou.
06:36Également avec nous, Audrey Nkenel.
06:37Bonjour.
06:38Vous êtes sénatrice socialiste du Nord.
06:40Vous êtes membre du groupe d'études énergie au Sénat.
06:43Tout comme vous, Bernard Bui, bonjour.
06:45Bonjour.
06:45Membre du groupe RDPI, c'est le groupe des sénateurs macronistes.
06:49Vous êtes élue de la Drôme.
06:50Sophie Prima, qu'est-ce que vous avez envie de dire à Jean-François ?
06:53Est-ce qu'on a assez pris conscience dans le débat public de toutes les conséquences,
06:58pas seulement à la pompe, de la crise qu'on traverse ?
07:00Je crois qu'on est au début de l'effet en domino, en fait,
07:05des crises de l'énergie et de ce qui se passe dans le Détroit d'Hormuz,
07:10qui tapent évidemment tout de suite les carburants,
07:13mais évidemment les énergies d'une façon générale,
07:15et donc la production, puisque nous sommes beaucoup trop dépendants
07:18de ces énergies fossiles, pour des raisons qui sont des raisons environnementales,
07:22écologiques, de transition énergétique.
07:25On a longtemps porté ce discours de transition énergétique
07:28qu'il faut absolument faire, mais on voit aujourd'hui
07:32qu'on a une crise économique et une crise économique avec des conséquences
07:35dans la vie quotidienne, y compris des entreprises.
07:38Et donc qu'est-ce que vous avez envie de dire à Jean-François ?
07:39Est-ce qu'il faut qu'il soit patient et qu'il absorbe cette crise ?
07:43Ou est-ce qu'il va falloir rebondir ?
07:45Je crois qu'il faut qu'on réalise tous ensemble,
07:48et je crois que ça traverse les groupes politiques.
07:50Bien sûr, je ne parle pas pour mes collègues,
07:52mais il me semble que c'est de bon sens de se dire aujourd'hui,
07:54il faut qu'ensemble, on réorganise notre économie, en réalité.
07:59J'entendais monsieur parler des problèmes de logistique.
08:02Aujourd'hui, on a créé notre logistique et nos systèmes logistiques
08:06avec un transport qui n'était pas gratuit,
08:08mais qui était avec un niveau de coût qui était peu cher.
08:14On a créé nos approvisionnements en bois sans stock,
08:17et du coup, on a des fiscalités qui pénalisent les stocks.
08:20Donc c'est toute cette mécanique-là qui, en réalité,
08:23il faut revoir aujourd'hui pour nous défaire des zones de risque
08:27et nous défaire de notre sensibilité, notamment à ce problème des énergies.
08:32Puis après, plus structurellement, j'y reviendrai probablement tout à l'heure,
08:35il faut vite se débarrasser de notre dépendance aux énergies fossiles.
08:41Bernard Bui, est-ce que vous aussi, dans votre département,
08:43vous avez des cas de figure comme celui de Jean-François,
08:47avec comme ça, des fragilités d'un seul coup de tout un tissu économique ?
08:50– Oui, on a exactement les mêmes problèmes.
08:53Je crois que partout en France métropolitaine, et je dirais même en Europe,
08:58la plupart des pays sont touchés par la crise,
09:01aujourd'hui qu'on connaît, sur l'augmentation des tarifs d'énergie.
09:03Après, ça nous oblige à modifier notre comportement et à changer nos habitudes.
09:09Sophie Primal disait à l'Estaing,
09:11on ne peut plus concevoir aujourd'hui que des camions fassent des allers-retours à vide.
09:14Moi, j'habite dans un secteur, le Diwa, dans la Drôme, qui est assez loin.
09:18Ça fait déjà des années que les camions ne font plus de trajet à vide.
09:22Chaque fois, c'est organisé.
09:23Alors, quelquefois, il faut attendre un jour, deux jours, trois jours pour pouvoir être livré,
09:26parce qu'il faut être sûr que le camion va avoir un retour.
09:30Donc, c'est une autre habitude à prendre.
09:31Il faut qu'on habite un peu loin pour connaître ses habitudes.
09:35– Mais donc, il ne faut pas revenir au « quoi qu'il en coûte »,
09:36qu'on avait pu utiliser pendant les crises précédentes.
09:39C'est ce que les Français vont se dire rapidement.
09:41– Aujourd'hui, je crois qu'il faut qu'on se dise des choses.
09:42Le « quoi qu'il en coûte », on voit aujourd'hui la crise où on est,
09:45et financièrement, on ne peut plus supporter ça.
09:48Personne n'en veut, parce que derrière, il faut payer.
09:50Et aujourd'hui, on en paye les conséquences du « quoi qu'il en coûte »,
09:53qu'on a fait, et il faut des mesures ciblées.
09:55Donc, sans aucun doute, il faut porter des mesures ciblées,
09:58mais on ne peut pas avoir des mesures génériques pour tout le monde.
10:01– Oui, donc des mesures ciblées, y compris pour des filières
10:03qui ne sont pas concernées pour l'heure.
10:05– Y compris.
10:05– Comme celle de Jean-François.
10:06– Sans aucun doute, je crois que c'est les engagements du Premier ministre
10:09de dire qu'on va réagir au jour le jour.
10:11– Oui, aujourd'hui, Nicolas, je laisse la parole immédiatement,
10:13mais Jean-François, vous voulez réagir, on vous écoute.
10:16– Alors, quand on parle de trois jours de décalage pour un acheminement,
10:19bien sûr, on l'accepterait facilement.
10:21Là, on est plutôt sur trois semaines.
10:23Bon, bref.
10:24Et là où il y a un vrai problème, ça serait aussi de restructurer les filières.
10:29La filière bois, aujourd'hui, elle n'existe plus, quasiment plus.
10:32– On est d'accord.
10:32– Aujourd'hui, trois corps de nos richesses partent à l'étranger,
10:35pour ne pas dire en Chine.
10:37– On est d'accord, puisque chez nous, moi, je suis de la Drôme,
10:39on a mis un bonus utilisation du bois des Alpes
10:44pour pouvoir avoir une incitation à utiliser le bois des Alpes.
10:48Et on recommence à avoir des équipes de bûcherons
10:51qui viennent travailler dans le Vercors et autres
10:53pour essayer de couper du bois.
10:54C'est vrai que ça fait des années qu'on n'en coupait plus.
10:57– Audrey Lincolnel, on commence un tout petit peu à ouvrir le sujet.
11:00Et tout de suite, on nous parle d'investissement,
11:03de plans à mettre en place, des énormes chantiers.
11:06On va être devant un mur,
11:07quelque chose d'une énorme construction à faire politiquement.
11:10– Oui, alors d'abord, je pense que je voudrais dire
11:15que Jean-François, il est chef d'entreprise,
11:17donc il sait qu'un certain nombre des éléments
11:19sur lesquels il fonde son modèle
11:22peuvent être soumis à des variations
11:24plus ou moins importantes, plus ou moins soudaines.
11:27Là, c'est l'imprévisibilité de ces variations
11:31qui, je pense, pose problème.
11:33Et ça renvoie finalement au double niveau de réponse
11:38que je crois qu'il faut qu'on apporte.
11:40C'est-à-dire que, moi, je ne partage pas complètement
11:42l'analyse sur le quoi qu'il en coûte,
11:44parce que l'endettement de la France,
11:45il n'est pas lié qu'aux solutions du quoi qu'il en coûte
11:48de la crise de 2022.
11:49C'est en 10 ans que ça s'est fait.
11:52Et c'est vrai qu'il rend la chose difficile,
11:54mais je pense que…
11:56– Pour vous, on peut quand même.
11:56– Je pense que ça n'est pas une raison
11:59pour évacuer, comme ça, d'un tour de main,
12:02les aides ponctuelles qui peuvent se justifier
12:04pour certains secteurs.
12:05Et en l'occurrence, là, on est, Jean-François l'a dit,
12:08dans le secteur aussi du bâtiment,
12:10de l'immobilier, un secteur qui, depuis 10 ans,
12:13c'est un sujet que je connais assez bien,
12:15a beaucoup souffert des politiques Macronies.
12:18Je ne rentre pas dans le détail, mais voilà.
12:20Donc, il y a des aides ponctuelles qui doivent être apportées
12:23parce qu'il faut que ces entreprises-là,
12:25ces entrepreneurs-là puissent survivre
12:28à cette crise ponctuelle.
12:29Et puis après, je pense que mes collègues l'ont dit,
12:32ça montre qu'en fait, on n'est pas face
12:35à une espèce de lubie écologique,
12:38comme parfois on a pu nous le dire.
12:41La transition vers le bas carbone,
12:43ça n'est pas qu'une transition,
12:44c'est un bouleversement de la manière
12:47dont on conçoit notre économie.
12:49On parlait à l'instant d'économie circulaire.
12:52Voilà.
12:52L'économie de ressources, ça demande à repenser
12:55beaucoup de choses.
12:56Et j'ai envie de dire que les entreprises
12:57qui sont concernées par tout ça
12:59sont les premières à l'avoir mesuré,
13:00sans doute beaucoup plus que les hommes et les femmes politiques.
13:03Et ça va être au cœur de cette émission
13:04au fur et à mesure des témoignages.
13:06Les citoyens qui, à l'avance,
13:08ont préparé des questions pour vous,
13:09sénateur en plateau.
13:10Jean-François, quelle est votre question, s'il vous plaît ?
13:15Ma question, c'est est-ce qu'on va arriver à donner
13:20un peu de stabilité à toutes ces politiques ?
13:22Là, on est quand même contraints par une instabilité politique
13:26que personne ne gère, on est bien d'accord,
13:29mais on pourrait quand même gérer,
13:30ne serait-ce la rénovation.
13:32Je pense qu'on parle aujourd'hui d'économiser l'énergie
13:37et on doit commencer par la rénovation des bâtiments.
13:39Voilà.
13:40Comment offrir un cadre réglementaire stable ?
13:42Il faudrait la durée, justement.
13:44Voilà, de la stabilité, s'il vous plaît.
13:46Comment offrir un cadre réglementaire stable
13:48pour développer mon activité ?
13:49On voit, il y a cette instabilité des marchés,
13:51de la situation internationale,
13:53mais il y a ce que vous, au Parlement,
13:54vous auriez pu faire avec la stabilité des normes.
13:57Bernard Bue, est-ce que vous avez été à la hauteur,
13:58vous, parlementaire ?
13:59Ce n'est pas des normes, c'est des aides.
14:00Ça, c'est au niveau des aides, je pense,
14:02que le monsieur veut parler,
14:03par rapport à la lisibilité.
14:05Je pense qu'effectivement, aujourd'hui,
14:07on a un maquis dans les aides,
14:09plus personne n'y comprend rien
14:11et c'est très difficile à monter les dossiers.
14:13Donc ça met à le coup de là aussi.
14:14Moi, je le vois, y compris sur ma prime Rénov',
14:15avec les intermoments qu'il y a eu,
14:18où une fois on aide, une fois on n'aide pas.
14:20Et je pense qu'il faut qu'on ait...
14:21Alors, certains endroits,
14:22on a mis en place des guichets uniques
14:23pour pouvoir accompagner les personnes
14:25et je crois que c'est ça qu'il faut qu'on fasse
14:27de manière générale.
14:28Oui, mais il y a des endroits où ça existe depuis 10 ans,
14:30les guichets uniques, très sincèrement,
14:32je n'ai pas l'habitude de défendre le gouvernement,
14:34mais ma prime Rénov', je trouve que pour le coup,
14:36on avait trouvé là quelque chose qui faisait sens.
14:39Ce qui pose problème,
14:40ce n'est pas tellement le maquis des aides,
14:42parce que c'est normal qu'il y ait des aides
14:43qui s'adaptent à des situations locales,
14:45à des situations techniques.
14:46Ce qui pose problème, c'est que ça change tout le temps.
14:48Parce qu'on fait finalement du logement,
14:52de la rénovation, de l'écologie parfois,
14:54la variable d'ajustement budgétaire
14:56d'un certain nombre de sujets.
14:57C'est ça, ma prime Rénov'.
14:58C'était un changement plutôt budgétaire que normatif.
15:01Vous voulez dire un mot rapidement ?
15:02On passera ensuite à notre prochain citoyen.
15:04Oui, je voudrais dire à monsieur
15:05qu'en fait, il a touché du doigt
15:07le problème principal politique en ce moment,
15:10qui est l'instabilité des politiques.
15:11Et cette instabilité des politiques,
15:13elle vient de la Constitution, de l'Assemblée nationale,
15:15du moment politique particulier dans lequel on se trouve,
15:19mais qui génère derrière des instabilités financières,
15:23budgétaires, et du coup,
15:25qui empêchent des réformes structurelles,
15:27qu'elles soient portées par un côté ou de l'autre.
15:30Il faut des réformes structurelles,
15:31et il faut, je pense, je fais vite,
15:34que dans les prochains quinquennats,
15:35on réfléchisse au fait d'une obligation
15:37à stabiliser les normes et des aides dans le temps.
15:41Il faudra les choisir, en abandonner certaines,
15:44choisir d'autres, et les garder stables
15:46pour une période de temps qui soit compatible avec l'économie.
15:49– Voilà, un engagement très concret, merci.
15:52– On peut partager.
15:52– Les simplifier aussi.
15:53– Voilà, et je voudrais remercier à Jean-François
15:55pour avoir été le premier à témoigner.
15:57– Merci.
15:57– On va prendre la direction de la Vienne
15:59pour rencontrer Muriel Barraud en région de Nouvelle-Aquitaine.
16:03Bonjour Muriel.
16:04Vous vous chauffez au fioul,
16:05et même si les beaux jours arrivent,
16:07la hausse des prix vous inquiète.
16:09On regarde une courte vidéo que vous allez tourner pour nous.
16:12On en parle juste après.
16:14– Ma chaudière se trouve au sous-sol.
16:18Cette chaudière chauffe la salle à manger,
16:22ma cuisine,
16:26et une autre chambre qui se trouve au nord.
16:30– Et voilà, les prix du fioul ont aussi grimpé.
16:34Votre dernière facture avant la crise,
16:36le prix du fioul était à 1,24€ le litre.
16:38Le prix qui a nettement augmenté,
16:40il est à 1,78€ le litre.
16:42Vous avez fait vos calculs, Muriel,
16:44c'est plus 400€ à la prochaine commande.
16:47Qu'est-ce que vous vous dites quand vous faites ce calcul ?
16:52– Je me dis pas grand-chose.
16:56Qu'est-ce que je peux faire ?
16:59Est-ce que je peux changer le système non de chauffage,
17:06compte tenu que j'ai 64 ans,
17:09pour rien vous cacher,
17:11et pour lequel ce lieu qui est la maison de mes parents,
17:15que j'ai depuis 30 ans,
17:17et même un peu plus,
17:18et que je viens d'une façon assez régulière,
17:22avec mes petits-enfants et mes enfants.
17:25Donc, pour moi, m'engager dans d'autres moyens de chauffage,
17:33je les laisserai sûrement à mes enfants de le faire.
17:38– Oui.
17:39Ce qui vous inquiète, c'est que cette hausse,
17:40elle s'ajoute aux autres.
17:42D'ailleurs, vous notez toutes vos dépenses
17:44dans un petit carnet comme ça,
17:46et vous faites l'addition.
17:47À la campagne, dans la Vienne,
17:49vous avez aussi une voiture,
17:50voilà, le petit carnet, on le voit.
17:52Et donc, c'est de l'argent
17:53que vous ne pouvez pas dépenser ailleurs, en fait.
17:54C'est de l'argent qui, d'un seul coup,
17:57vient gréver vos budgets.
17:58– Un petit peu, voilà.
18:00Comme vous dites, tout à fait.
18:01Ce qu'on donne d'un côté,
18:03on ne peut pas le donner de l'autre,
18:04puisqu'au point de vue revenu,
18:06qui reste stable et les mêmes en tant que retraité.
18:10Voilà.
18:12Mais bon, je suis parti pris
18:14de garder cette chaudière
18:16pour les raisons que je viens de vous évoquer
18:19et pour lesquelles également,
18:22je ne sais pas ce que l'avenir me viendra,
18:25quand je serai peut-être plus vieille ou quoi.
18:29Je verrai, je verrai.
18:30Mais je laisserai ça à mes enfants.
18:32Voilà.
18:33– Est-ce que vous diriez
18:34que vous vous sentez piégée
18:36par cette chaudière au fioul ?
18:37– Je ne sais pas si je peux dire ça.
18:45Entre nous, qu'est-ce que ça veut dire piégée ?
18:47Que je ne peux pas faire autrement ?
18:50Voilà, peut-être.
18:52Peut-être.
18:53Ou peut-être pas vouloir m'embêter,
18:57entre guillemets.
19:00Voilà.
19:01J'aurais peut-être 35.
19:03Je serais peut-être d'autres dispositions,
19:05même 50 à aujourd'hui.
19:07Voilà, c'est ma maison de famille.
19:09Je suis là, je viens, je retourne,
19:12je vais à Paris, je reviens.
19:14Voilà.
19:14Je suis dans cette situation-là de retraitée.
19:17Voilà.
19:18– Voilà, cette situation de la majorité
19:20un peu silencieuse
19:21qui ne va pas aller manifester sur les ronds-points,
19:23mais qui voit les factures augmenter.
19:27Audrey Linkenheld.
19:27– Oui.
19:29– 400 euros sur la prochaine facture.
19:31– Ça me permet de réagir.
19:33Je trouve que cet exemple,
19:34il montre surtout
19:35qu'engager une transition énergétique,
19:39ça repose à la fois sur des politiques publiques
19:41qui croisent ensuite
19:42des trajectoires individuelles et personnelles
19:45et qui relèvent du libre arbitre de chacun.
19:48et Muriel a très bien expliqué,
19:50je pensais à la conscience
19:52qu'il faudrait idéalement remplacer cette chaudière.
19:56Je crois qu'elle sait qu'il existe des aides pour cela.
19:59Elle a fait son calcul,
20:01elle l'assume d'ailleurs et elle dit
20:03« ce sera peut-être mes enfants,
20:05mes petits-enfants ».
20:06– Qui feront cet investissement.
20:07– C'est son choix
20:07et nous, quand on construit des politiques publiques,
20:09on doit tenir compte aussi
20:11de ces choix individuels,
20:13mais chacun ensuite en assume les conséquences
20:16et pour le coup,
20:18là, la conséquence est assumée,
20:20il y a une conséquence financière,
20:21mais que Muriel assume,
20:22je pense que là où ça pose une difficulté,
20:24c'est quand cette liberté,
20:27ce libre arbitre,
20:28il n'est pas aussi important
20:30que Muriel ne l'exprime
20:32parce qu'on a effectivement
20:33d'un côté des revenus qui n'évoluent pas
20:35et de l'autre côté des charges qui évoluent.
20:37Mais dans le cas présent,
20:39la charge liée au fioul
20:41pourrait diminuer
20:42si on passait à une énergie
20:44qui soit moins polluante
20:46et en l'occurrence,
20:47il existe des aides en la matière.
20:48Mais je trouve que ça montre bien
20:50qu'on construit tous ensemble
20:53les politiques publiques
20:54et puis le choix de chacun.
20:55– Alors, on a posé le thème de l'émission
20:57sur les réseaux sociaux,
20:58on a l'exemple de Muriel,
20:59mais on en a un autre,
21:00Alice Arodez,
21:01qui nous a interpellés
21:02sur les réseaux sociaux,
21:04elle a fait le calcul pour nous également.
21:05Le fioul domestique pour le chauffage
21:08et l'eau chaude est passée
21:09de 1 euro le litre en janvier 1,83.
21:11Donc, pour une livraison minimum
21:13de 500 litres,
21:14cela coûte 915 euros,
21:15soit près du double.
21:16Elle termine son témoignage,
21:18le prix étant trop élevé,
21:19je vis actuellement
21:20sans chauffage ni eau chaude.
21:22Il y a des cas plus compliqués
21:24que celui de Muriel,
21:26de gens qui se privent littéralement
21:28de chauffage et d'eau chaude,
21:29Madame Prima ?
21:30Est-ce que là,
21:30on ne se dit pas
21:30qu'il faut jouer,
21:31par exemple,
21:31sur les taxes,
21:34sur le fioul,
21:35pour pouvoir alléger
21:36la facture de nos concitoyens ?
21:38– Je sais que c'est très populaire
21:41de dire ça,
21:41de jouer sur les taxes,
21:42mais en réalité,
21:44– On ne règle pas le problème.
21:45– On ne règle pas structurellement
21:46le problème.
21:47Donc, je comprends le problème
21:48à court terme de cette dame,
21:49mais c'est évidemment terrible
21:50de se dire qu'on n'a pas
21:51d'eau chaude,
21:52pas de chauffage, etc.
21:54Mais je pense que si cette crise
21:55doit nous apprendre une chose,
21:57je le redis,
21:57c'est que structurellement,
21:59il faut qu'on se prépare
22:00à faire autrement.
22:02Et je comprends le choix de Muriel.
22:05Peut-être que c'est aussi
22:08un choix qui est porté
22:09par un peu d'anxiété.
22:10Enfin, je ne sais pas,
22:11elle n'a peut-être pas autour d'elle
22:12des gens qui la conseillent suffisamment,
22:14qui la rassurent,
22:15qui lui proposent des solutions.
22:17Je ne sais pas, Muriel,
22:18je me demande,
22:19mais je crois qu'il faut
22:21qu'on s'engage tous,
22:22j'allais dire,
22:23quel que soit notre âge
22:24et nos revenus.
22:25C'est là où je partage
22:27avec Audrey le fait
22:29qu'il faut que nous,
22:30pouvoir public,
22:30on s'assure que chacun,
22:32quels que soient ses revenus,
22:34soit en capacité
22:35de faire face à ces changements.
22:36Et il faut qu'on le fasse
22:38avant que la crise arrive.
22:39Et c'est ça
22:39où on n'a pas réussi
22:40à transformer les choses.
22:43Et donc même à 74 ans,
22:44vous diriez à Muriel,
22:45ça vaut le coup
22:46d'investir dans une pompe à chaleur.
22:47Au moins de se renseigner,
22:49de voir quel est
22:50le retour sur investissement.
22:51Parce que peut-être
22:52que Muriel serait surprise.
22:54Et peut-être qu'avec les aides
22:55qu'on pourrait lui apporter,
22:56peut-être qu'avec d'autres travaux,
22:57d'ailleurs,
22:58qu'une pompe à chaleur
22:58moins onéreuse
23:00et plus efficace,
23:02en s'adressant
23:03au guichet unique,
23:04elle pourrait réduire
23:07considérablement
23:08le coût du fioul.
23:09On est au cœur du sujet.
23:10Si on vous demande,
23:11Muriel,
23:12la question que vous aviez préparée
23:13en amont
23:14pour nos sénateurs,
23:14est-ce que vous pouvez
23:15nous la lire,
23:16s'il vous plaît ?
23:17– Je n'ai pas vraiment
23:18posé de questions.
23:21Je leur demanderais
23:22ce qu'ils pensent
23:23que pour ce fameux mazout,
23:26on va aller dans une,
23:28peut-être plus,
23:30une stabilité,
23:31je ne sais pas,
23:32compte tenu de tout ce qui se passe
23:35au niveau international.
23:36et moi,
23:37je voudrais rappeler
23:38que quand même
23:39dans la maison
23:40où je viens
23:41assez fréquemment,
23:43mon chauffage
23:44est du 15 octobre
23:47au 1er avril,
23:48à peu près,
23:48sur 17 mois.
23:51Parce que le Pays-Tout
23:52étant une région
23:53où il ne fait pas trop froid,
23:56et en plus,
23:58ce que je vous ai expliqué,
24:01mon chauffage
24:02n'est pas à 20,
24:03il est entre 17 et 18.
24:06Voilà.
24:06Donc,
24:07est-ce qu'on va aller
24:08dans une stabilité
24:10plus grande
24:10de ce fioul domestique ?
24:14Point d'interrogation.
24:16On verra.
24:17– Bernard Bué.
24:18– Je crois qu'aujourd'hui,
24:19on le voit concrètement,
24:20le prix du fioul augmente
24:22à la moindre crise qu'il y a
24:23et des crises,
24:23malheureusement,
24:24il y en aura encore.
24:25Aujourd'hui,
24:25je pense qu'il faut
24:26qu'on arrive
24:27à moins dépendre
24:28de l'énergie fossile
24:29et en particulier du fioul
24:30et utiliser les énergies
24:32qui peuvent être disponibles
24:33en France
24:34et notamment aujourd'hui
24:35tout ce qui a trait
24:35à l'électricité.
24:36Donc,
24:37il faut avancer
24:38sur les nouvelles technologies
24:39et lorsque je vous entends parler,
24:40je pense que vous devez
24:41consommer à peu près
24:42entre 2000 et 2500 litres
24:43de fioul par an.
24:45Vous voyez l'augmentation,
24:46ça va vous représenter
24:471500 euros par an
24:48d'augmentation.
24:49Donc,
24:49à 1500 euros par an
24:50sur 4 ou 5 ans,
24:52vous avez largement financé
24:53une pompe à chaleur
24:54et ça vous coûtera moins cher
24:55en consommation d'électricité
24:57dans le futur.
24:57Sachant que l'enjeu
24:59n'est pas seulement
25:00le prix,
25:00Muriel,
25:01le fioul est aujourd'hui
25:02considéré comme une des énergies
25:04les plus polluantes
25:05et donc depuis des années déjà,
25:07on essaye de convaincre
25:08ceux qui sont encore chauffés
25:09au fioul
25:10de passer à une autre énergie.
25:11Donc,
25:11le prix,
25:12y compris de la part
25:14des pouvoirs publics,
25:15indépendamment même
25:16des guerres
25:17qui malheureusement
25:17nous entourent,
25:18ce prix-là,
25:19il ne sera jamais amené
25:21ni à baisser
25:21ni même à se stabiliser.
25:23Donc,
25:24vraiment,
25:24il y a là un enjeu
25:25qui est financier
25:26mais aussi écologique.
25:27J'ai une question
25:27par rapport à ce qu'on est
25:28en train d'évoquer,
25:29l'investissement
25:30d'installation
25:31d'une pompe à chaleur.
25:32On va vers un modèle
25:33d'électrification
25:35massif des usages.
25:36Est-ce qu'on est sûr
25:37que c'est la bonne trajectoire
25:40que cette électrification
25:41à tout va ?
25:42L'électrification,
25:44l'électricité
25:45et l'énergie
25:46qu'on sait produire
25:47en France
25:48de façon
25:49la plus abondante.
25:51On le fait
25:52par nos centrales nucléaires,
25:53on le fait
25:53par nos barrages hydroélectriques,
25:55on le fait
25:55par le développement
25:55du solaire,
25:57par le développement
25:57des éoliennes,
25:58même si c'est soumis
25:59à quelques contestations.
26:02Mais aujourd'hui...
26:02En 2022,
26:03on a risqué des blackouts,
26:04souvenez-vous,
26:04des coupures de courant.
26:05mais parce que notre parc
26:07n'était pas en bonne santé
26:09et notre parc nucléaire.
26:11Aujourd'hui,
26:12c'est le plus cas.
26:13On est en surproduction
26:14même d'électricité.
26:15Donc là aussi,
26:16on peut se retrouver
26:16en sous-production
26:17et surproduction.
26:18Mais globalement,
26:19c'est quand même
26:19l'énergie qu'on sait produire
26:21le plus facilement possible
26:23en France
26:23et qui assure notre souveraineté
26:24parce qu'on a des centrales,
26:26parce qu'on a des parcs
26:28photovoltaïques,
26:28parce qu'on a des énergies
26:30renouvelables.
26:30Donc vraiment,
26:32je pense que c'est
26:32une bonne solution.
26:33Mais il y a aussi
26:34les chaudières,
26:35les chaudières à bois
26:36qui sont appelées,
26:37etc.,
26:37qui sont des solutions
26:38qui sont peut-être
26:39un tout petit peu moins chères
26:40et qui sont des solutions
26:41alternatives aussi intéressantes.
26:43Il y a notre premier citoyen,
26:44Jean-François,
26:45qui voulait réintervenir
26:46dans le débat.
26:46Ça l'a interpellé.
26:47Jean-François,
26:48on vous écoute,
26:48vous voulez réagir ?
26:51Oui,
26:51je voulais simplement dire
26:52que la meilleure énergie,
26:54c'était celle
26:54qui n'était pas consommée.
26:56Avant de regarder
26:57la boîte de chauffage,
26:58il fallait peut-être regarder
27:00quand même l'isolation,
27:01comment a été faite
27:02la toiture,
27:03les sols,
27:04les fenêtres,
27:05Et arrêtez du bois
27:06quand c'est possible.
27:08C'est un peu facile.
27:09Non, non, non.
27:09Mais c'est pour ça
27:10que je suggérais à Muriel
27:11peut-être d'avoir un contact
27:12dans les maisons
27:13qui sont spécialisées
27:14sur l'énergie
27:16parce que souvent,
27:17d'ailleurs on dit
27:18il faut une pompe à chaleur
27:19mais souvent,
27:20il faut d'abord
27:20commencer par isoler
27:21parce que la pompe à chaleur
27:22sur une maison pas isolée,
27:23ça ne fait pas d'économie.
27:24Donc voilà,
27:25il faut un diagnostic global.
27:26Non mais il n'y a pas
27:27de solution unique
27:28de toute façon.
27:29Merci, en tout cas,
27:30on voit les conseils
27:31comme ça vers Muriel
27:33mais on va aller rejoindre
27:34notre troisième témoin,
27:36c'est Mathieu de Vornijac.
27:38Bonjour Mathieu,
27:39vous êtes infirmier à domicile
27:40autour de la ville de Douai
27:42dans le Nord.
27:43Notre reporter Flora Sauvage
27:45vous a suivi toute une journée,
27:46on regarde ce reportage
27:48et on en parle juste après.
27:51Tous les dix jours,
27:52avant d'aller travailler,
27:54cette infirmier libérale
27:55se rend à la station service
27:56pour faire le plein.
27:57Mais depuis le début
27:58du conflit en Iran,
27:59sa facture est de plus en plus salée.
28:01On ne voit pas vraiment
28:02de perspectives positives
28:04et ça,
28:05ça nous inquiète
28:06puisque du coup,
28:08on ne sait pas trop
28:09vers où on va
28:10et c'est des conséquences
28:12qui pourraient être néfastes
28:14pour notre profession
28:16de soignant
28:17qui est la seule
28:17encore à se déplacer
28:18à domicile.
28:19Pour se rendre
28:20au chevet de ses patients,
28:21cet infirmier parcourt
28:22de 60 à 80 km par jour
28:24et ce matin,
28:26c'est la queue
28:26à la station essence.
28:28Malheureusement,
28:29on n'a pas le choix.
28:30Si on veut faire des économies,
28:32on choisit
28:32les stations les moins chères.
28:33Il peut y avoir
28:34des files d'attente
28:35qui nous pénalisent
28:37et qui pénalisent
28:38nos patients
28:39puisque c'est du temps
28:40en moins
28:40pour aller à consacrer
28:41pour les soigner.
28:43À la pompe,
28:44le gazole s'affiche
28:45à 2,20 euros le litre
28:46et l'essence.
28:471,99 euros.
28:49Ça a encore augmenté
28:50depuis la semaine dernière.
28:51Depuis le début
28:52de la crise pétrolière,
28:53cet infirmier dépense
28:5430 euros de plus
28:55par mois en essence.
28:56Allez-y,
28:57installez-vous.
28:57On s'assoit.
28:59Ce serait bien
29:00qu'on puisse avoir
29:01une aide
29:02au même titre
29:03que les transporteurs,
29:04les pêcheurs.
29:07Parce que nous,
29:08on ne peut pas
29:09faire répercuter
29:10la hausse du carburant
29:11sur nos tarifs.
29:12Un déplacement,
29:13c'est 2,75 euros
29:14et ce n'est pas plus,
29:15ce n'est pas moins.
29:16Car les tarifs
29:17des infirmiers libéraux
29:18sont réglementés.
29:19Impossible pour eux
29:20de répercuter
29:21la hausse du carburant
29:22sur leurs prestations.
29:24Merci Mathieu
29:25d'avoir accepté
29:25de participer à notre émission.
29:27On l'a vu dans le reportage
29:28de Flora Sauvage.
29:30Impossible pour vous
29:31de rationner les kilomètres,
29:33même en période de crise.
29:34C'est au cœur
29:35de votre problématique ?
29:37Oui, tout à fait.
29:39Au niveau de l'essence,
29:41on ne peut pas faire autrement.
29:43Alors, on a déjà,
29:44de par notre expérience,
29:46parce que notre cabinet,
29:49il exige depuis 2001.
29:50Donc, on a un peu l'habitude
29:52et on a sectorisé
29:54un peu plus notre tournée.
30:02mais il y a des collègues
30:03qui font jusqu'à 200-250 km par jour
30:05et ils n'ont pas le choix
30:06si on veut les soigner
30:08si on veut les soigner
30:09les patients.
30:10Du coup,
30:11pour ces patients,
30:13le surcoût de l'essence,
30:15on ne peut pas
30:15le récupérer.
30:15le répercuter.
30:18Oui, c'est ça.
30:19C'est ce qu'expliquait Flora
30:20dans la fin de son reportage.
30:22Les prix des actes médicaux
30:24sont fixes.
30:26Donc, vous,
30:26vous devez absorber,
30:27en fait,
30:28la hausse des prix du carburant
30:29sur vos revenus.
30:31On n'a pas le choix.
30:33Et alors,
30:34question toute simple,
30:35pourquoi est-ce que
30:35vous n'êtes pas passé à l'électrique ?
30:38Alors,
30:39mes collègues et ma femme,
30:41qui est infirmière libérale aussi,
30:42ont son passé à l'électrique.
30:45Mais c'est aussi
30:46le prix des véhicules électriques.
30:49Donc,
30:49savoir qu'on est
30:50deux infirmiers libéraux,
30:51ça veut dire
30:51deux chargeurs à la maison.
30:54Ça devient un peu compliqué
30:55à gérer.
30:56Donc, pour l'instant,
30:57il n'y a qu'une voiture
30:58en électrique
30:58et pas la deuxième.
31:00Mais on a quand même
31:01limité les dégâts
31:02en prenant une hybride
31:04qui consomme
31:04un petit peu moins
31:05qu'une essence classique.
31:07Qu'est-ce que vous attendez
31:08de l'État ?
31:09Du coup,
31:09est-ce que vous attendez
31:10de l'État
31:10qui vous aide
31:11sur le prix à la pompe
31:13ou plutôt
31:13dans l'investissement
31:14de cette double prise
31:15à la maison
31:16ou de l'achat
31:16de ce deuxième véhicule ?
31:17Qu'est-ce que vous attendez
31:18de l'État ?
31:20Il y a une aide
31:22déjà
31:22pour pallier
31:23aux déplacements
31:26qui sont là
31:27à l'heure actuelle.
31:29La première chose,
31:29ce serait ça.
31:30Après,
31:31ce serait aussi
31:32une aide
31:33pour l'électrification
31:36parce que les véhicules
31:38électriques
31:39sont beaucoup plus
31:40chers
31:40que les véhicules
31:41thermiques.
31:42Est-ce que c'est
31:43très possible
31:43d'avoir une aide
31:44supplémentaire ?
31:45Je pense que c'est
31:46en train d'être négocié
31:47au niveau des syndicats
31:49mais pour l'instant,
31:51on n'a pas
31:53de retour là-dessus
31:54et on a fait
31:55une lettre
31:55à Mme Riste
31:56pour avoir
31:57un petit coup de pouce
31:58qui nous avait bien aidé
32:03au moment du Covid.
32:04On avait eu
32:044 centimes du kilomètre
32:06et ça nous avait bien aidé.
32:07Donc,
32:07si on pouvait avoir
32:08un petit coup de pouce
32:09du côté du gouvernement,
32:10ce serait sympa.
32:11Il y a une aide,
32:11un grand rouleur
32:12qui va être mise en place.
32:14Baisse de 20 centimes
32:15par litre.
32:16Il faut gagner
32:18moins de 17 000 euros
32:20par an,
32:21un plafond
32:21à 50 000 euros
32:22pour un couple
32:23avec deux enfants.
32:23Vous savez déjà
32:24que vous ne serez pas concerné ?
32:26On ne sera pas concerné, non.
32:27Vous gagnez trop
32:28pour être concerné
32:29par les aides.
32:30Tout à fait.
32:32Alors,
32:32qu'est-ce que ça vous inspire
32:33en plateau ?
32:34On est dans le cas de figure
32:35où là aussi,
32:36c'est des infirmiers
32:38qui vont devoir absorber
32:39cette hausse
32:40des prix du carburant
32:40sur leurs revenus.
32:41Audrey Lincoln-Held ?
32:42Oui,
32:42ça souligne
32:43ce qu'on disait tout à l'heure.
32:44Il y a des secteurs,
32:46des professions,
32:47des territoires
32:47pour lesquels
32:48à un moment donné
32:49une aide complémentaire
32:50est nécessaire.
32:51Là,
32:52on est en plus
32:52sur des métiers essentiels.
32:54Évidemment,
32:54c'est difficile
32:55pour un infirmier,
32:56c'est même impossible
32:56de répercuter
32:57la hausse
32:58du coût de l'énergie.
32:59Il y a des solutions
33:00alternatives qui existent.
33:02Monsieur les a évoquées.
33:03Donc,
33:03il faut accompagner
33:04pratiquement aussi
33:05la transition
33:06vers ces solutions
33:07qui,
33:08encore une fois,
33:08pas de solution miracle.
33:10On doit s'adapter
33:11à chaque situation,
33:12y compris
33:13pour l'électrification.
33:15Mais je crois
33:16qu'il faut accompagner
33:17ceux qui en ont besoin.
33:20Là,
33:20en l'occurrence,
33:21ça semble être le cas.
33:22Il y a eu
33:23des tentatives
33:23de leasing social
33:25qui ont été mises en place
33:25qu'on a à nouveau
33:27abandonnées
33:27uniquement pour des questions
33:28d'ajustement budgétaire
33:30parce que tout le monde
33:31était convaincu
33:31de l'intérêt.
33:32Donc,
33:32je pense que là,
33:33on est sur des enjeux
33:35structurants
33:35et que le stop and go
33:36est extrêmement dangereux.
33:38Et en plus,
33:39ce n'est pas très incitatif,
33:40ce n'est pas très pédagogique
33:42non plus pour nos concitoyens.
33:43Donc,
33:43il faut continuer
33:44à accompagner
33:46quand on connaît
33:47les bonnes solutions
33:48parce qu'on a tous
33:49besoin d'infirmiers.
33:50Et puis,
33:51je pense qu'il faut
33:51qu'on s'habitue collectivement,
33:53les trois exemples
33:54qu'on vient d'évoquer
33:55le montrent,
33:56à ce que l'énergie
33:57peu chère
33:58n'existe plus.
33:59On a longtemps pensé
34:01que l'énergie
34:01était une ressource
34:03illimitée,
34:03extrêmement abondante.
34:05Ça n'est pas vrai.
34:05Et construire nos économies
34:05là-dessus.
34:06Aucune d'entre elles ne l'est.
34:08Pas plus le nucléaire
34:09que les autres.
34:09Donc,
34:10il faut s'habituer à ça
34:11et gérer cette ressource
34:12comme elle le nécessite,
34:14c'est-à-dire avec parcimonie
34:16et comprendre
34:17que des coûts
34:18sont aussi associés
34:19à cette énergie.
34:19Sophie Prima,
34:20on a vu encore récemment
34:21l'Allemagne baisser
34:23les taxes sur les carburants
34:25et pour baisser comme ça
34:26une généralisation
34:28des baisses des prix.
34:30Est-ce que la France
34:30en a les moyens là encore ?
34:31L'auto-endettement
34:33de l'Allemagne
34:34lui permet de faire ça,
34:35lui permet d'avoir
34:35des marges de manœuvre
34:36ce que nous ne pouvons pas.
34:38Et donc,
34:38moi,
34:38je préfère aujourd'hui
34:40qu'il y ait
34:41des dispositifs de soutien
34:42puisque le gouvernement
34:44a dit qu'il ne baisserait pas
34:44la TVA
34:45et je crois qu'il a raison
34:46et que les surplus
34:48de recettes de TVA
34:50seront destinés à aider.
34:53Je préfère que ces aides
34:54soient des aides structurelles
34:55pour aider,
34:56par exemple,
34:56les professionnels indépendants
34:58comme les infirmiers
34:59sur la route
34:59à transformer
35:00leur véhicule thermique
35:01en véhicule électrique,
35:02à installer des bornes
35:04chez eux
35:04ou à côté de chez eux
35:06que de faire une aide
35:07au carburant.
35:07Et on trouve l'argent ?
35:08Est-ce qu'on ne la trouve pas
35:09dans les caisses de Total,
35:10par exemple ?
35:11Par exemple ?
35:11La légende.
35:12Alors,
35:13on va peut-être commencer
35:14à avoir des différences politiques.
35:16Est-ce que là,
35:16pour l'instant,
35:17c'était consensuel ?
35:18On va avoir des différences politiques.
35:20Évidemment,
35:20la légende de Total.
35:21Moi,
35:21je remercie Total
35:23d'être français
35:23et d'être en France.
35:24Moi aussi.
35:26J'ai fait ce week-end
35:28un petit aller-retour
35:29avec la côte atlantique
35:30sur l'autoroute.
35:32Les stations-services de Total
35:34étaient pleines.
35:35Pourquoi ?
35:35Parce que les tarifs
35:36étaient plafonnés.
35:37Voilà.
35:38Alors qu'on passait devant Esso,
35:40qui, à mon avis,
35:40n'est pas tout à fait français.
35:42Et là,
35:42le carburant était très cher
35:43et il n'y avait évidemment personne.
35:46Donc,
35:46les bénéfices...
35:47ils ont joué le jeu dans la crise.
35:48Pour moi,
35:48ils jouent le jeu dans la crise.
35:50Ils sont en train
35:50totalement de le jouer
35:51en jouant le plafonnement.
35:53Ils font des bénéfices
35:55et des bénéfices records
35:56qui font les l'échange chaudes
35:57de l'opposition.
35:575,8 milliards d'euros
35:58de bénéfices
35:59au premier trimestre 2026,
36:00un chiffre en hausse
36:01de 51% sur un an.
36:03Mais qu'ils ne font pas
36:04en France
36:05et dont ils redistribuent
36:08au bénéfice des Français.
36:09Donc,
36:10je crois que c'est ça
36:10qu'il faut dire.
36:11Moi,
36:11je suis très contente
36:11qu'ils fassent des bénéfices,
36:13très contente
36:13qu'ils le fassent à l'étranger
36:14et très contente
36:15qu'ils en fassent bénéficier
36:16les Français
36:17au prix du plafonnement
36:19des carburants.
36:20Audrey Lincolnel,
36:21donc,
36:21vous n'êtes pas d'accord
36:22avec vos deux collègues,
36:22on l'a compris.
36:23Pas complètement.
36:24Alors,
36:24je précise que moi,
36:25je ne suis pas là
36:26pour dire du mal de Total
36:27et je trouve ça très bien aussi
36:28qu'on ait des grandes entreprises
36:30du secteur de l'énergie
36:32sous pavillon français.
36:33Je pense néanmoins
36:34que pour les Français,
36:36il y a encore
36:37une inégalité trop forte
36:39entre ce qu'ils vivent,
36:40eux,
36:41au quotidien,
36:41où ils doivent se serrer la ceinture,
36:43on a vu plein d'exemples là,
36:44et l'exemple de Total
36:46qui, certes,
36:48plafonne de manière généreuse
36:49comme dirait le Premier ministre
36:50Sépli,
36:51mais dont on sait très bien
36:52qu'il fait encore des marches
36:53qui, elles aussi,
36:54sont généreuses.
36:55Donc,
36:55l'idée,
36:55ce n'est pas de s'attaquer à Total,
36:58l'idée,
36:58c'est de...
36:59Il y a eu des propositions
37:00à l'échelle européenne
37:01de pays qui ne sont pas
37:03tous dirigés
37:03par des socialistes.
37:04Il y a l'Allemagne,
37:06il y a l'Espagne,
37:06il y a l'Italie.
37:06D'encadrer les marges.
37:07D'encadrer les super profits,
37:09en tout cas,
37:09les marges exceptionnelles.
37:11Ça s'est fait en 2022.
37:12On peut en tirer les leçons
37:14et c'est d'améliorer
37:15ce dispositif
37:16à l'échelle européenne
37:17parce que je pense
37:17que la solution
37:18n'est pas nécessairement
37:18franco-française
37:19pour dégager
37:21des marges de manœuvre
37:23budgétaires.
37:23On vient de dire
37:24qu'on en manquait
37:25et grâce à ces marges
37:26de manœuvre,
37:27aider ceux
37:28qui en ont besoin.
37:29Mathieu,
37:30est-ce que vous pouvez
37:30nous lire la question
37:31que vous aviez préparée
37:32à l'avance
37:32pour nos sénateurs
37:33et sénatrices,
37:33s'il vous plaît ?
37:34Oui, tout à fait.
37:36Alors,
37:36des personnalités importantes
37:38comme Michel-Édouard Leclerc,
37:39Patrick Poignet
37:40et d'autres experts indépendants
37:43présentent la durabilité
37:44du conflit
37:44au moyen-ouriant.
37:46Et du coup,
37:47quelles mesures
37:49prévoyez-vous
37:49pour anticiper
37:50une éventuelle pénurie
37:52de carburant
37:54qui mettrait
37:54la profession
37:55en difficulté ?
37:57Sophie Prima.
37:58Oui, alors,
37:59d'abord,
37:59je ne suis pas sûre
38:00qu'on aille vers
38:00une pénurie
38:01parce que,
38:02même si le détroit
38:04d'Hormuz
38:04est tout à fait stratégique,
38:06il n'est pas
38:06pour toutes les énergies
38:07et il n'est pas
38:08pour l'ensemble
38:09de la volumétrie
38:10consommée dans le monde
38:11et elle touche
38:14surtout l'Asie
38:15et moins notre pays.
38:17Elle touche notre pays,
38:18bien sûr,
38:19et s'il y a
38:19une crise de pénurie,
38:21évidemment.
38:22C'est d'ailleurs
38:23la raison pour laquelle,
38:24par exemple,
38:25l'idée de baisser
38:28le prix
38:29ou de limiter
38:31définitivement
38:32le prix de l'énergie
38:32n'est pas forcément
38:33une bonne idée
38:34parce que les raffineurs
38:35iront,
38:36dans les autres pays,
38:37livrer leur volume
38:39de carburant.
38:40Il y a une forme
38:41de concurrence
38:41comme ça.
38:42Il y a une forme
38:42de concurrence
38:43entre les pays.
38:44Vous êtes plutôt rassurante
38:45sur les risques de pénurie ?
38:46Sur les pénuries,
38:47je pense qu'on n'y est pas encore
38:49en tout cas.
38:50Il faudrait,
38:50alors on sait
38:51qu'elles nous restent...
38:51Vous avez eu des gouvernements,
38:52le gouvernement vous a rassuré ?
38:55Le gouvernement m'a pas rassuré.
38:56Il y a des stocks stratégiques aussi.
38:57Il y a des stocks stratégiques
38:59et encore une fois,
39:00l'Asie est plus pénalisée
39:01que nous ne le sommes.
39:02Mathieu,
39:03on vous écoute,
39:03vous avez demandé la parole.
39:05Oui,
39:06c'est parce que
39:07c'est la perspective
39:08à 2-3 mois.
39:09On n'est pas sur
39:09la perspective
39:10tout de suite.
39:11c'est plus dans 2-3 mois
39:13que c'est prévu.
39:14Oui,
39:15mais je pense que
39:16Sophie Prima a raison.
39:17D'abord,
39:18les chefs d'entreprise
39:19que vous mentionnez
39:19sans doute
39:20réagissent à la proposition
39:21de certains
39:22sur le blocage des prix
39:23qui leur fait un peu peur
39:24et qui peut effectivement
39:25conduire à une crise
39:26de la production.
39:27Mais on a quand même
39:28connu des crises
39:29du pétrole
39:31dans notre monde
39:32ces dernières décennies
39:33d'une ampleur
39:34bien plus importante
39:35que celle qu'on connaît
39:36en ce moment
39:37et qu'on a su,
39:38je dirais,
39:39gérer,
39:39et dont on a su tirer
39:40un certain nombre
39:41d'enseignements
39:41et encore une fois,
39:42le meilleur enseignement
39:43c'est de ne pas se rendre
39:44dépendant
39:45d'une seule énergie,
39:47pas plus le gaz russe
39:48il y a 4 ans
39:49que maintenant
39:50le pétrole.
39:51Donc,
39:51on continue à engager
39:53cette transition
39:54à chaque fois
39:55qu'on le peut
39:55pour que les réserves
39:57qu'il y a
39:57et encore une fois,
39:58le pétrole
39:58n'est pas une ressource
40:00illimitée
40:01pour que les réserves
40:02qu'il y a,
40:02on les gère
40:03de la manière
40:04la plus correcte possible
40:05notamment pour des services
40:06essentiels.
40:07Je voudrais remercier
40:08Mathieu
40:08et puis on va aller voir
40:09notre quatrième témoin
40:11dans cette émission
40:12prendre la direction
40:13du Gers
40:13parler des défis
40:14pour les collectivités locales
40:16un sujet important ici
40:17au Sénat
40:18Chambre des Territoires
40:18Bonjour
40:19Jean-Guy Dupuis
40:20vous êtes le maire
40:21de Saint-Antoine
40:23commune de 200 habitants
40:24dans le Gers
40:25donc
40:25vous êtes également
40:27frappé
40:27de plein fouet
40:29par la crise
40:29vous avez travaillé
40:30à moins subir
40:32ces hausses
40:32des prix de l'énergie
40:33on regarde
40:34une courte vidéo
40:35que vous avez tournée pour nous
40:35on en parle avec vous
40:36juste après.
40:38Pour une petite promule
40:40l'augmentation de l'électricité
40:43a causé des problèmes budgétaires
40:46très souvent
40:46et afin de pallier
40:48à ces augmentations successives
40:51j'ai passé tout mon éclairage public
40:54en LED
40:55les bâtiments
40:56les plus énergivores
40:57sur la mairie
40:58et la salle des fêtes
40:59j'ai fait de l'isolation
41:00par l'extérieur
41:01ça nous a réduit
41:03la facture
41:04de 60%
41:05sur la place
41:06j'ai également
41:07mis une borde
41:08de recharge
41:09pour les véhicules électriques
41:11de façon que
41:11les ministres
41:13n'aient pas
41:14à courir
41:15pour aller
41:16recharger leur voiture
41:17et qu'ils puissent
41:17le faire
41:18de façon confortable
41:19tout près de chez eux.
41:21Bonjour
41:22monsieur le maire
41:22merci d'être avec nous
41:24vous nous le dites
41:25donc depuis la crise
41:26de 2022
41:27vous avez appris
41:28vous avez appris
41:29des enseignements
41:30et vous avez réussi
41:31à réduire la facture
41:33concrètement
41:34pour vous administrer.
41:36De toute façon
41:37vous savez
41:38on n'a pas le choix
41:39j'ai le commun
41:40200 habitants
41:41il faut regarder
41:42les lieux budgétaires
41:43qui montent le plus
41:45la facture
41:47donc
41:48c'était surtout
41:49les bâtiments
41:50effectivement
41:50et les pérarches publics
41:52effectivement
41:52et nous avons réussi
41:54avec ça
41:55à réduire
41:56comme je l'ai dit
41:57la facture de 60%
41:58d'autant que
41:59sur l'éclairage public
42:01par exemple
42:01il y a encore
42:02des possibilités
42:03c'est-à-dire
42:04d'éteindre la nuit
42:05ou bien
42:05de mettre un dispositif
42:07qui permet
42:08de réduire
42:08la luminosité
42:09de 20 à 80%
42:11par exemple
42:12pour consommer moins.
42:13Donc on le voit
42:14vous avez réussi
42:15à trouver
42:15deux leviers
42:17effectivement
42:18cet éclairage
42:19et l'isolement
42:19des bâtiments
42:21est-ce qu'il y a encore
42:21d'autres idées
42:22que vous pourriez avoir
42:23pour travailler
42:24dans ce sens
42:25très concrètement ?
42:27Ah ça les idées
42:28il y en a
42:29ça c'est pas les idées
42:31qui manquent
42:31mais il y a par exemple
42:33la possibilité
42:34de poser des panneaux
42:36sur les
42:37sur les
42:38bâtiments
42:40de la collectivité
42:41des panneaux
42:42photovoltaïques
42:43de produire
42:44son électricité
42:45mais le problème
42:46c'est que
42:46le patrimoine
42:48et les énergies
42:49renouvelables
42:50ne vont pas
42:51très bien ensemble
42:52lorsqu'on est
42:52dans des périmètres
42:53protégés
42:55sous régime
42:56de l'ABF
42:56de l'architecte
42:58des bâtiments
42:58de France
42:59qui nous interdit
43:01de mettre
43:02des panneaux
43:03ou bien même
43:03faire de l'isolation
43:04par l'extérieur
43:07sur le bâtiment
43:08donc ça va pas ensemble
43:09il faudrait que là
43:10ça change peut-être un peu
43:12et qu'on regarde
43:13les choses
43:14d'un peu plus près
43:15et qu'on aille tous
43:16dans la même direction
43:17Et alors monsieur le maire
43:18on a parlé dans cette émission
43:20de la hausse des prix
43:20des carburants
43:21du fioul
43:21il y a aussi pour vous
43:23une hausse des prix
43:24de l'électricité
43:24et du gaz
43:25vous avez vu
43:26ces prix-là
43:26augmenter aussi
43:27vous nous avez dit
43:28en préparant l'émission
43:29plus 20% pour l'électricité
43:31c'est une hausse
43:32encore plus nette
43:33pour le gaz
43:33avez-vous dit
43:35comment est-ce qu'on explique
43:36ces hausses
43:37des prix de l'électricité
43:38et du gaz ?
43:40Déjà
43:41c'est une question
43:43que j'aimerais bien
43:44avoir posé
43:44à mon grand élu
43:46comment se fait-il
43:48que sur le marché européen
43:50par exemple
43:51une énergie
43:53carbonée
43:53conditionne
43:55le prix
43:56d'une énergie
43:57décarbonée
43:58puisque
43:59le prix d'électricité
44:00est conditionné
44:01par le prix du gaz
44:02ça c'est quand même
44:03assez difficile
44:05à comprendre
44:07nous on a mis
44:08on a mis en place
44:09un système
44:10puisque je préside
44:11également
44:11territoire d'énergie
44:13du GERSS
44:14on a mis en place
44:15un système
44:16d'achat groupé
44:17pour l'électricité
44:19sur 13 départements
44:21d'Occitanie
44:22de l'Ottawa
44:23de la Losea
44:24ce qui nous permet
44:26d'acheter
44:26des gros volumes
44:27et d'avoir
44:28des prix plus intéressants
44:30aujourd'hui
44:30par exemple
44:31nous sommes
44:32à 20%
44:33de moins
44:34que le TAV
44:36au niveau
44:37achat
44:37et d'intérêt
44:38je ne parle pas
44:38des taxes
44:39et des abonnements
44:40Alors qui veut répondre
44:41notamment
44:42sur cette question
44:43un peu technique
44:44mais qui fait que
44:45on voit
44:45les prix d'électricité
44:46augmenter mécaniquement
44:47à cause
44:48de la hausse
44:49des prix du gaz
44:49comment est-ce qu'on
44:50explique
44:50et d'ailleurs
44:51comment est-ce qu'on
44:52répond comme ça
44:52à monsieur le maire
44:53madame Dupuis
44:54madame Prima
44:55ah madame Dupuis
44:56voilà
44:59excusez-moi
44:59c'est pas grave
45:01non bonjour
45:02monsieur le maire
45:02d'abord
45:03merci pour votre
45:05pour votre témoignage
45:06parce que
45:06ça montre
45:08que voilà
45:08dans nos territoires
45:09ruraux
45:09et dans
45:10des communes
45:11de toute petite taille
45:12sans offense
45:14à votre
45:15à votre commune
45:16et bien on trouve
45:17des solutions
45:17qui sont des solutions
45:18qui
45:20permettent
45:20l'équilibre
45:21du budget
45:22de ces collectivités
45:23on sait que c'est
45:24de plus en plus
45:25compliqué
45:25alors vous avez raison
45:27on touche du doigt
45:28un sujet
45:28qui est le sujet
45:29du lien
45:30entre le prix du gaz
45:31et le prix
45:31de l'électricité
45:32ça fait très longtemps
45:33qu'ici au Sénat
45:35on questionne
45:36en fait ce système
45:37qui est un système
45:37dû à l'interconnexion
45:39entre les pays européens
45:41et dû en fait
45:41au lien de production
45:43entre le gaz
45:44et l'électricité
45:44et on prend
45:46un modèle
45:47qui dit
45:48que
45:48ce lien
45:50est fait
45:50sur le prix
45:51de la dernière centrale
45:52à gaz
45:53qui fonctionne
45:54pour produire
45:55d'électricité
45:55donc c'est un modèle
45:56qui correspond
45:57à une organisation
45:59aujourd'hui
46:00de production
46:00qui n'est plus la nôtre
46:02et qui nous fait
46:04demander au Sénat
46:05très très souvent
46:05de la réformer
46:06quand j'étais
46:07à la commission
46:07des affaires économiques
46:08avec Bernard
46:09on l'a plusieurs fois
46:10demandé
46:10à la commission
46:11des affaires européennes
46:12on a fait plusieurs
46:13résolutions
46:14dans ce sens là
46:15pour demander à l'Europe
46:16d'aller plus vite
46:17et de délier
46:18en fait
46:19ces deux prix
46:20parce que ça devient
46:21aujourd'hui
46:22incompréhensible
46:23et puis pénalisant
46:24pour nous
46:24qui produisons
46:25de l'électricité
46:26à des tarifs
46:26qui sont corrects
46:27Bernard oui
46:28qu'est-ce qu'on répond
46:29à monsieur le maire
46:30effectivement
46:30sur le fait
46:31qu'on produit
46:31une énergie
46:32qui est propre
46:33et on en paie
46:34quand même
46:34les conséquences
46:35avec des pays européens
46:37à côté
46:37qui produisent
46:38une énergie
46:39moins propre
46:39oui mais là
46:40c'est effectivement
46:40comme l'a dit
46:41Sophie Prima
46:42c'est la législation
46:43européenne
46:43qui a mis ça
46:44en place
46:44aujourd'hui
46:45on n'arrive pas
46:46à sortir
46:46de cette réglementation
46:48ça fait des années
46:49qu'on se bat
46:49parce qu'essentiellement
46:51il faut dire les choses
46:51c'est l'Allemagne
46:53qui gagnait
46:53puisqu'elle était
46:55essentiellement pourvue
46:56avec le gaz
46:56qui venait de Russie
46:57à l'époque
46:58et donc pour être compétitive
46:59au niveau de la sidérurgie
47:00et c'était un grand
47:01pays sidérurgique
47:02elle produisait
47:03beaucoup
47:04elle avait besoin
47:04de beaucoup
47:05de consommation de gaz
47:06et comme elle avait
47:07abandonné
47:07l'électricité moins chère
47:09liée au nucléaire
47:10elle s'est arc-boutée
47:12sur ses fondamentaux
47:13en voulant garder
47:14un prix du gaz
47:15bas
47:16et donc aujourd'hui
47:17on en paye les conséquences
47:18moi j'étais maire
47:19d'une petite commune
47:20de 50 habitants
47:21monsieur le maire
47:21donc je voudrais vraiment
47:22vous féliciter
47:23pour toutes les initiatives
47:24que vous avez mis en place
47:25par rapport à ce que vous avez
47:27mis sur l'électricité
47:28avec le LED
47:29effectivement
47:29beaucoup de communes
47:30sont passées
47:31avec un éclairage LED
47:31et je crois que les économies
47:33sont très intéressantes
47:34et puis chacune
47:35essaye de faire preuve
47:36d'initiative
47:37donc là si j'ai bien compris
47:38vous faites des achats
47:39groupés d'électricité
47:40aussi pour votre population
47:42nous on a mis en place
47:43des centrales villageoises
47:45au niveau de l'électricité
47:47et c'est vendu sur le secteur
47:48et c'est aussi quelque chose
47:49qui permet de baisser le tarif
47:50pour nos concitoyens
47:51parce qu'on ne travaille
47:52pas que pour nous
47:52on travaille aussi
47:53pour tous nos concitoyens
47:55allez dans le temps
47:56qui nous reste
47:56on va aller voir
47:57notre dernier témoin
47:58dans cette émission
47:59peut-être une idée de solution
48:01face à cette crise
48:02bonjour Olivier Barraud
48:03vous êtes le président
48:04de l'entreprise
48:04Grain de Sale
48:05une entreprise de transports
48:07maritimes à voile
48:08implantée à Morlaix
48:10créée en 2012
48:11et vous exportez
48:12des marchandises
48:13aux Etats-Unis
48:14vous revenez des Antilles
48:16avec d'autres denrées
48:17Olivier
48:18comment vous est venue
48:19cette idée ?
48:20c'est d'abord un intérêt écologique
48:22de décarboner
48:23les transports
48:24des marchandises
48:24la première idée
48:26en fait
48:27c'était de
48:29reconstruire finalement
48:30des navires
48:31marchands à la voile
48:31donc
48:32modernes évidemment
48:33beaucoup plus performants
48:35que les navires
48:36du début du siècle
48:38mais donc
48:39cette idée
48:39c'était une bonne chose
48:41évidemment
48:41mais il fallait d'abord
48:42réussir à charger
48:43ces navires
48:44construire un navire
48:45qui n'est pas chargé
48:46ça ne sert pas à grand chose
48:48si ce n'est à créer
48:49de la forte dette
48:49pour l'entreprise
48:50donc on est d'abord devenu
48:51trois facteurs de café
48:53puis chocolatier
48:55et on a fini
48:56par construire
48:57notre premier cargo
48:59notre premier voilier cargo
49:00d'ailleurs
49:02de 24 mètres
49:03et puis là
49:04vous voyez le deuxième
49:04à l'image
49:05qui est un Grand Sail 2
49:07donc
49:07qui fait cette fois-ci
49:0952 mètres
49:10et là
49:11on envisage
49:11un troisième navire
49:13qui fera cette fois-ci
49:13dans les 150 mètres
49:16donc pour non seulement
49:17servir l'entreprise
49:18pour ses cafés
49:19et cacao
49:20mais également
49:21permettre à
49:22toutes les entreprises
49:23qui le souhaitent
49:23de décarboner
49:25quasi totalement
49:26leur transport
49:27leur transport maritime
49:28donc
49:29on travaille avec
49:30en gros
49:31tout le meilleur
49:32savoir-faire français
49:33qu'on exporte
49:33aux Etats-Unis
49:34et puis on importe
49:36nos matières premières
49:36et d'autres produits
49:37qui viennent
49:38des Etats-Unis
49:39le tout à la voile
49:40avec un taux de décarbonation
49:41qui est record
49:42parce qu'on
49:43on divise par mille
49:44à peu près
49:44les émissions
49:45par rapport à un avion
49:47et on divise
49:48par à peu près
49:4910
49:50les émissions
49:51par rapport
49:52aux meilleurs
49:53navires marchands
49:54donc nous on est
49:55à 1 gramme
49:56de CO2
49:57par tonne
49:57de matériel
49:58transporté
49:59par kilomètre
49:59c'est un record
50:01du monde
50:01voilà
50:02alors comment est-ce
50:06que vous voyez
50:06la crise actuelle
50:08déjà
50:08est-ce qu'elle vous impacte
50:09et est-ce que
50:10c'est une opportunité
50:11pour vous
50:12pour être plus compétitif
50:13qu'avant
50:15la crise
50:16est d'une logique
50:17absolue
50:18elle nous pendait au nez
50:19depuis des années
50:21elle n'a pas d'ailleurs
50:22démarré
50:22simplement cette année
50:23ça fait longtemps
50:24qu'on patauge
50:25un peu
50:26dans divers problèmes
50:28nous rentrons
50:29dans un monde
50:30de plus en plus
50:31instable
50:31et il va falloir
50:33basculer
50:34d'un mode
50:34de production
50:36ou d'un mode
50:37de vie
50:37un peu basé
50:38sur la performance
50:39vers un mode
50:40de vie
50:41plutôt basé
50:42sur la robustesse
50:44et il y a un excellent
50:46ouvrage
50:46d'Olivier Hamant
50:47en fait
50:48qui décrit
50:49d'ailleurs
50:49ces concepts
50:50qui sont des concepts
50:51absolument
50:53nécessaires
50:53et salvateurs
50:56pour toute la population
50:58toute notre civilisation
50:59et
50:59si on veut avoir
51:01une chance
51:01de vivre correctement
51:02il va falloir
51:03impliquer
51:03ces principes
51:04alors on est d'accord
51:06pour le dire
51:07le constat
51:07votre
51:08aujourd'hui
51:09entreprise
51:10elle est minuscule
51:11par rapport
51:12au nombre
51:12de portes
51:13conteneurs
51:13que l'on a
51:14sur la planète
51:15on est d'accord ?
51:17Oui
51:18mais comme
51:18toute industrie
51:20qui démarre
51:21au début
51:22on commence
51:22petit
51:22et puis petit à petit
51:23ça grandit
51:24évidemment
51:25là si on construit
51:26un grain de sail 3
51:28qui fera
51:28150 mètres
51:30on va quand même
51:31commencer à construire
51:32un voilier
51:33absolument gigantesque
51:35ce sera toujours
51:36un cargo
51:37relativement modeste
51:38mais
51:39on commence déjà
51:40à passer à l'échelle
51:41donc il faut du temps
51:43de la progressivité
51:45il faut apprendre
51:47régulièrement
51:48gagner en expérience
51:49pour se donner une chance
51:51de construire
51:52des navires
51:52vraiment efficaces
51:53et je peux vous assurer
51:55qu'il ne suffit pas
51:56de mettre des voiles
51:57sur un navire
51:57pour que ça décarbone
51:58c'est très compliqué
52:00en fait
52:01mais c'est ça
52:02qui fait le charme
52:03également
52:03de ces opérations
52:05Madame Lincolnel
52:06qu'est-ce que vous avez
52:06envie de dire
52:07à Olivier Barreau
52:09est-ce que dès que le détroit
52:10d'Ormousse va rouvrir
52:11on aura oublié
52:12toutes ces initiatives
52:13qu'on pourrait soutenir
52:15comme ça
52:16de transition énergétique
52:17qu'est-ce que vous en pensez ?
52:18J'aimerais vous répondre
52:19que non
52:19mais comme on a déjà eu
52:21il n'y a pas si longtemps
52:23la crise de 2022
52:24et que juste après
52:25on est retombé
52:26dans un centre de travers
52:27et qu'après le Covid
52:28on l'a fait aussi
52:29je ne suis pas
52:30complètement optimiste
52:31mais voilà
52:33restons déterminés
52:34j'espère qu'on n'aura pas
52:35tout oublié
52:36dès que cette guerre
52:37se termine
52:38et que c'est rapidement
52:40mais encore une fois
52:41alors c'est facile de dire ça
52:43mais le vent
52:44est une ressource illimitée
52:45voilà
52:45contrairement
52:46l'énergie propre
52:47et à d'autres énergies
52:49qu'on a évoquées
52:50donc j'espère que
52:51ça fait partie des leçons
52:52qu'on retiendra
52:53il ne s'agit évidemment pas
52:54de revenir
52:55ni à la bougie
52:56ni voilà
52:57mais en tout cas
52:58d'avoir conscience
52:59qu'un certain nombre de choses
53:01qu'on a connues
53:02doivent être revues
53:03il ne s'agit pas
53:04de revenir
53:06complètement en arrière
53:07remplacer la performance
53:08par de la robustesse
53:09je partage
53:10je disais tout à l'heure
53:11qu'économiquement
53:12il faut repenser aussi
53:13ceux qui engagent
53:14leurs entreprises
53:15dans le bas carbone
53:17disent qu'il faut passer
53:18de la compétition
53:18à la coopération
53:20voilà
53:20c'est quelque
53:21c'est vraiment
53:22quelque chose
53:22à retenir
53:23on peut continuer
53:24à vivre
53:25comme on le fait
53:25si on intègre
53:27ces éléments là
53:28si on intègre
53:29que nos ressources
53:30ne sont pas limitées
53:31et que chacun
53:32là où il est
53:32en prend conscience
53:33s'adapte
53:34ces modes de vie
53:34et ces modes de consommation
53:35on arrive à la fin
53:36de cette émission
53:36vous l'avez compris
53:37donc une forme
53:38de conclusion
53:38Bernard Bui
53:40est-ce qu'on aura
53:41tout oublié
53:42une fois que le Détroit
53:43aura rouvert
53:43ou est-ce qu'on peut
53:44vraiment penser
53:45cette crise
53:45pour aussi faire évoluer
53:46notre modèle
53:47je crois qu'il faut
53:48être novateur
53:49et je crois que
53:50vous en êtes un exemple
53:51je pense que
53:52toutes les crises
53:53sont bénéfiques
53:53parce qu'elles permettent
53:54de sortir
53:55de nouvelles idées
53:57et après
53:58il faut qu'elles prospèrent
53:59et je partage
54:00ce que vous dites
54:00il faut du temps
54:01et je crois que
54:02ça ne s'est pas fait
54:03en 5 minutes
54:04que vous avez mis
54:04au point vos bateaux
54:05vous avez fait
54:06un 50 mètres
54:07150 mètres
54:08vous allez peut-être
54:08passer à plusieurs
54:09mètres de long
54:11aujourd'hui
54:11je crois qu'il faut
54:13qu'on soit modeste
54:14à notre échelle
54:15et puis qu'on
54:16prenne parti
54:17pour tout ce qui innove
54:19et qu'on les accompagne
54:20parce que c'est
54:21sans aucun doute
54:21des bonnes idées
54:22demain
54:22pour pouvoir avancer
54:24ensemble
54:24et donc je pense
54:26que là-dessus
54:26il faut qu'on ait
54:28peut-être
54:28un accompagnement
54:29plus fort
54:30que ce qu'on a aujourd'hui
54:31oui
54:31alors justement
54:32avant de vous donner
54:32le mot de la fin
54:33juste Olivier Barraud
54:33est-ce que vous avez
54:35bénéficié
54:35d'aides de l'État
54:36ou d'aides de subventions publiques ?
54:39Oui un petit peu
54:41au départ
54:43relativement peu
54:43on essaye
54:44avec le projet
54:45Grain de Sainte 3
54:46d'être un peu
54:48plus accompagné
54:49mais
54:50j'avais posé
54:52une question
54:52en fait
54:52qui était
54:53je pense importante
54:54la France
54:55a aujourd'hui
54:56je crois
54:56de grandes capacités
54:58techniques
54:59à concevoir
55:00et même
55:01à construire
55:02partiellement
55:02en tout cas
55:04ces grands navires
55:05marchands à la voile
55:06il y a un vrai savoir-faire
55:07en France
55:08et aujourd'hui
55:09c'est une filière
55:10qui je pense
55:11est leader mondial
55:12actuellement
55:14ce serait bien
55:15que cette filière
55:16reste à terme
55:18leader mondial
55:19également
55:19et qu'on
55:20ne passe pas
55:21devant la vitrine
55:22comme ça a été le cas
55:23pour l'éolien
55:24par exemple
55:24donc comment faire
55:26pour rendre
55:26cette filière robuste ?
55:28Ce sera le mot de la fin
55:30Sophie Prima
55:31pouvez répondre
55:31à cette question
55:32Oui
55:33je voudrais répondre
55:34d'abord que moi
55:35je me suis beaucoup battue
55:36pour les chantiers
55:36de l'Atlantique
55:37pour qu'ils restent
55:39en France
55:39et c'est la raison
55:40pour laquelle
55:41le mot de la fin
55:42peut-être
55:43je veux le dire
55:44je suis à la fois
55:45optimiste
55:46parce que je pense
55:46qu'on a des champions
55:47comme les chantiers
55:48de l'Atlantique
55:49ou on a des armateurs
55:50comme CGM
55:54qui aujourd'hui
55:55se mettent à la voile
55:55on a eu un très médiatique
55:58lancement de cargos
55:59ou qui se mettent
56:00au gaz naturel
56:02liquéfié
56:02mais c'est des investissements
56:03qui sont des investissements
56:04très lourds
56:05donc on voit
56:05que c'est une mécanique
56:07qui commence à être
56:09irréversible
56:09donc moi ça me rend
56:09optimiste
56:10ça me rend ambitieuse aussi
56:12parce que ça veut dire
56:12que nous en politique publique
56:14il faut qu'on aide
56:14cette industrie
56:15qui est une industrie
56:16de production
56:16qui est une industrie
56:17qui demande des compétences
56:18donc il faut qu'on fasse
56:20de la formation
56:20il faut qu'on y croit
56:21et puis la troisième chose
56:22que je voudrais dire
56:23c'est que je suis
56:24particulièrement gourmande
56:24et que le chocolat
56:26que vous faites
56:27surtout ne l'arrêtez pas
56:28parce qu'il fait mes délices
56:29et bien voilà
56:31ce sera le mot de la fin
56:32merci
56:33merci à nos françaises
56:35à nos français
56:36qui ont participé
56:37à cette émission
56:38merci aussi
56:40à vous trois
56:41en plateau
56:42d'avoir joué le jeu
56:43de ces échanges
56:44avec nos citoyens
56:47un grand merci
56:48aux équipes éditoriales
56:49techniques
56:49qui ont permis
56:50de réaliser cette émission
56:51notre émission
56:52qui est à retrouver
56:53sur publicsena.fr
56:54bien sûr
56:55également disponible
56:56en podcast
56:57sur toutes les plateformes
56:59n'hésitez pas aussi
57:00à nous suivre
57:00sur les réseaux sociaux
57:02on vous donne
57:03comme ça
57:03le thème
57:04de la prochaine émission
57:05vous pouvez réagir
57:06directement
57:06sur les réseaux sociaux
57:07à très vite
57:08sur publicsena
57:09j'ai écouté d'une façon
57:21très religieuse
57:24on peut dire
57:25les différents témoignages
57:27qui étaient très diverses
57:28c'était très intéressant
57:30dans la mesure
57:30dans la mesure
57:30où c'était ouvert
57:33alet
57:34consomm går
57:34c'est l'accès
57:36à l'écran
57:36g
57:36seminparte où
57:36on
57:37pas
57:39quand
57:39medal où était
57:41on
57:41on
57:41Merci.
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