00:00L'économie.
00:02Good morning business.
00:04Marc Antino est avec nous à 8h43.
00:07Bonjour sur BFM Business et sur RMCLA.
00:10Je sais que vous êtes toujours à mes côtés.
00:12On a vu ces discussions budgétaires en commission des finances.
00:14On va tout recommencer dans l'Assemblée Nationale à partir d'aujourd'hui.
00:17On se demandait à quoi ça servait la commission des finances.
00:19Peut-être que ça a servi à une chose, c'est à crédibiliser le RN
00:22qui s'en sert de marche-pied pour sa stratégie de la cravate.
00:25Vous avez regardé son budget alternatif qu'il a présenté hier.
00:29Qu'est-ce que vous en avez pensé ?
00:30Je suis frappé en fait de façon générale.
00:33C'est intéressant ce que vous dites sur toute cette semaine qui vient de s'écouler.
00:36C'est-à-dire qu'on a vraiment le sentiment que j'ai déjà exprimé ici à plusieurs reprises
00:40qu'en fait on n'a aucun parti libéral en France.
00:43C'est quand même un truc absolument incroyable.
00:45C'est-à-dire qu'on a, quelles que soient les mesures,
00:47quelles que soient les parties, on va revenir spécifiquement
00:50sur le Rassemblement National qui n'a pas fait SAMU,
00:53on a des parties qui sont des parties en fait qui proposent des mesures
00:56toutes étatistes, toutes, qu'on regarde quel que soit le parti,
01:01y compris Renaissance, PS, LFI, Rassemblement National,
01:05toujours l'État d'abord, d'accord ?
01:06Il n'y a pas d'économie sans l'État.
01:08Il y a une très très mauvaise connaissance globale de l'économie réelle.
01:12Ça c'est vraiment absolument frappant.
01:14Et puis on est sur des mesures qui sont systématiquement non financées
01:19avec toujours ce recours à l'impôt.
01:21Donc ça c'est vraiment assez intéressant.
01:23C'est qu'on a dans un paysage en fait 90% on va dire,
01:27des partis politiques et des membres et des politiciens.
01:30Avec plus ou moins d'impôts et un curseur qui bouge.
01:33Finalement, si vous regardez un peu tout,
01:36il y a une sorte d'unité.
01:38Puis quand vous voyez que les LR eux-mêmes rentrent dans le gouvernement
01:41alors qu'on suspend la réforme des retraites
01:43et qu'ils ne comprennent pas vraiment grand-chose non plus à l'économie.
01:46On l'a vu quand même avec Bruno Le Maire pendant 7 ans
01:48qui était ex-LR et qui a mis le pays dans le mur.
01:50Donc on a quand même globalement des partis
01:53qui sont des partis, on va dire,
01:55allez soyons sympas, socialistes,
01:56on ne va pas dire marxistes, on va dire socialistes.
01:58Et puis alors on a le RN, c'est très intéressant
02:00parce que le RN on le sent très bien déchiré au cœur du RN.
02:04C'est-à-dire qu'on voit très bien qu'il y a la tendance des anciens,
02:07la tendance Marine Le Pen,
02:09et puis Bardella qui essaye de faire le jeune
02:11qui veut plaire au patron.
02:13Mais pour l'instant, quand on regarde le contre-budget
02:15que j'ai regardé avec attention,
02:17ils appellent ça le contre-budget,
02:20bon c'est vraiment un gag quoi.
02:21C'est-à-dire qu'il n'y a aucune crédibilité économique,
02:24c'est dramatique.
02:25C'est-à-dire qu'il y a deux éléments qui sont dramatiques,
02:28et c'est vraiment un conseil que je leur donne,
02:29s'ils veulent vraiment accéder au pouvoir,
02:31il va falloir qu'ils bossent un peu l'économie.
02:33C'est-à-dire qu'est-ce que vous avez trouvé dramatique ?
02:34Il y a deux choses qui sont totalement dramatiques.
02:36D'abord, ce sont des mesures globales
02:39que pourrait revendiquer le LFI ou autre.
02:42Je vous rappelle quand même que dans le programme économique,
02:44il y a la retraite à 60 ans,
02:46il y a le nationalisme et le patriotisme économique.
02:50Je veux dire, pour la France,
02:50on ne voit pas ce que ça peut représenter
02:52dans un monde globalisé.
02:54Donc des mesures qui seraient totalement possibles
02:57pour le LFI et une partie du PS,
03:00voire tout le PS, d'adopter.
03:01Donc là, on est dans un mode étatiste,
03:04protectionnisme à l'ancienne,
03:06vraiment le truc un peu grotesque.
03:09Et puis de l'autre côté,
03:10on a en fait un manque de crédibilité.
03:13C'est-à-dire, d'un côté, cette voie
03:15qui n'est pas une voie libérale,
03:16et de l'autre côté, une voie qui n'est pas crédible.
03:18C'est-à-dire, les deux mots principaux,
03:22c'est toujours la même chose.
03:24C'est-à-dire de dire, on fait des dépenses,
03:26plus de dépenses,
03:27et on n'a pas de crédibilité
03:29pour montrer qu'on va les financer.
03:30Et quand on n'a pas de crédibilité
03:31pour montrer qu'on va les financer,
03:33on crée des impôts.
03:34Donc ça, c'est le mal de tous les partis politiques,
03:37et en partie dans le contre-budget du RN.
03:39Alors évidemment, eux,
03:41leur grand leitmotiv,
03:44c'est on va faire des économies
03:45sur l'immigration, avec des mesures.
03:47Alors, ils présentent des mesures
03:48qui sont inconstitutionnelles,
03:51c'est-à-dire qui ne pourront pas passer.
03:53Donc, ce n'est pas crédible
03:54de proposer un programme,
03:56qui sera rejeté
03:58par toutes les lois constitutionnelles,
04:00en disant par exemple
04:01qu'un étranger qui n'est pas là
04:03depuis moins de cinq ans,
04:04il ne bénéficiera pas
04:06des mêmes avantages
04:07qu'un étranger qui n'est plus...
04:08C'est impossible.
04:10Un rapport aux multinationales
04:11et aux riches un peu compliqué.
04:12Non, mais on sent qu'ils sont déchirés.
04:14C'est-à-dire que, si vous voulez,
04:15on voit ce qui s'est passé.
04:16Si on regarde,
04:17on prend un tout petit peu de recul,
04:18et notamment avec l'avènement
04:19de Donald Trump.
04:20En fait, tous les partis politiques
04:22d'extrême droite,
04:23en partie en Europe,
04:25notamment, on l'a vu,
04:26l'exemple le plus frappant,
04:27c'est évidemment l'Italie,
04:28qu'on ressort tout le temps,
04:29ont fait leur mue.
04:30C'est-à-dire, sous la pression
04:32aussi des États-Unis,
04:33en se disant,
04:34globalement, si on a envie
04:35d'être dans le sillage de Donald Trump,
04:37d'être copain de Donald Trump,
04:38il va falloir qu'on soit pro-business.
04:40Il n'y a pas le choix.
04:41Et nous, on voit très bien
04:43que le Rassemblement national,
04:44lui, il est partagé.
04:45Alors, on voit très bien
04:46qu'il y a eu une pression,
04:47on ne va pas les citer,
04:48de plein d'hommes d'affaires
04:49et de milliardaires français
04:51pour les obliger,
04:53ou en tout cas,
04:53les pousser à faire cette mue.
04:55Et on voit très bien
04:56qu'il y a une résistance
04:57au sein du parti,
04:58avec les vieux de la vieille,
05:00qui disent,
05:00ben non, nous,
05:01si déjà,
05:02on abandonne, par exemple,
05:03la retraite à 60 ans,
05:04on va perdre une partie
05:04de notre électorat.
05:06Autre sujet d'actualité,
05:07je voudrais qu'on parle
05:08des marchés avec ce pétrole
05:09qui est reparti à la hausse,
05:10plus 7%,
05:11l'or qui rebaisse,
05:13c'est Donald Trump
05:13qui a envoyé le pétrole
05:14vers les 65 dollars.
05:16Oui, alors là,
05:16c'est très intéressant
05:17ce qui est en train de se passer.
05:18C'est essentiel,
05:18ce qui est en train de se passer,
05:19parce qu'on a un virage américain.
05:22C'est-à-dire que,
05:22pour la première fois,
05:23alors qu'on se pose ici,
05:25même depuis des mois,
05:26la question de savoir
05:26pourquoi Donald Trump
05:27ne tape pas sur les doigts
05:29de Poutine
05:29et qu'il y a eu
05:30toutes les théories
05:31les plus complotistes
05:32où on peut imaginer
05:33sur le fait
05:34que Poutine avait
05:36des dossiers sur Trump.
05:38Là, pour la première fois,
05:39alors on ne sait pas pourquoi,
05:40il s'est réveillé,
05:41il s'est dit
05:41bon maintenant il faut y aller.
05:43Alors il n'y va pas carrément
05:44et il y va
05:45sur les sanctions économiques.
05:47Alors la première chose,
05:47ça a été évidemment
05:48les sanctions
05:49contre les deux compagnies
05:50pétrolières russes,
05:51très important.
05:52Mais surtout,
05:53ce qui est très important,
05:54c'est que depuis
05:54la guerre en Ukraine,
05:56on sait que la plus grande partie
05:58du pétrole russe
05:59est recyclée
06:00sur le marché international
06:01par l'Inde
06:02et par la Chine.
06:04Et donc c'est intéressant,
06:05le Financial Times
06:06d'ailleurs faisait
06:06tout un article ce matin
06:07sur le sujet
06:08en disant
06:09c'est en train de bouger.
06:10C'est-à-dire que l'Inde
06:11commence à se dire
06:12bon là il va falloir quand même
06:14qu'on ne se mette pas trop
06:14à dos Donald Trump
06:15comme c'est un gars
06:16qui peut s'énerver
06:17du jour au lendemain.
06:18Donc ils ont commencé
06:19à prendre des mesures
06:21pour importer moins
06:23de pétrole russe.
06:24Donc ça c'est le premier élément.
06:26Et même la Chine,
06:27disait le Financial Times,
06:28commence à réduire
06:29son volume d'importation
06:31au-delà de ses propres besoins
06:32dans le cadre du recyclage.
06:34Donc l'inquiétude des marchés
06:35c'est de dire
06:36bah oui
06:36mais si on prend moins
06:37de pétrole russe
06:39dans le marché
06:39il y aura moins de pétrole
06:40en général
06:41par rapport à une demande
06:42qui sera la même
06:42et donc le cours augmente.
06:43C'est que momentané
06:44c'est temporaire
06:45puisque les Saoudiens
06:46vont réaugmenter
06:48la production
06:49pour que le pétrole
06:50reste autour
06:51du niveau de 60 dollars.
06:52Juste sur les sanctions
06:53c'est l'interdiction
06:54d'utiliser le dollar
06:55sur les deux compagnies
06:56qui a un impact.
06:57Oui, c'est une sanction
06:58qui est une sanction majeure.
07:00Notamment pour les Chinois.
07:02Autre sujet d'actualité
07:03nous avons plein de sujets
07:04d'actualité.
07:05Marc, la croissance américaine
07:08et notamment...
07:08On ne parlait pas
07:08de la note de la France ?
07:10Ah vous voulez avant ?
07:11Moi j'aime bien parler
07:12de l'économie américaine.
07:12Allez-y, allez-y.
07:13Non, bon ben c'est pas grave.
07:14C'est vous la bosse ?
07:16Non, non, non.
07:17Moi je ne suis que votre
07:17humble serviteur.
07:20Oui, c'est pareil.
07:21Bon alors la note de la France
07:22Moody's ce soir.
07:23Oui, malheureusement...
07:24Dégradation à attendre ?
07:25Alors, oui
07:27mais malheureusement
07:28no news quoi.
07:30C'est-à-dire que
07:31c'est une nouvelle
07:32qui n'aura aucun impact.
07:33C'était pour dire ça.
07:33Ben oui, non.
07:34C'était pour dire
07:35que ça me désole en fait
07:36parce que j'aimerais bien
07:37que ces sanctions
07:38et que ces dégradations
07:39aient un impact
07:40et que ça nous réveille.
07:41Mais on voit bien
07:42que c'est paradoxal d'ailleurs.
07:44On voit bien
07:44cette pitrerie
07:46qu'on a eue en commission
07:47pendant toute la semaine
07:48avec cette sorte
07:49de foire aux idées
07:50foireuses
07:51d'augmentation d'impôts.
07:53Et puis à côté de ça
07:54pendant le même moment
07:55on a les agences
07:57qui nous dégradent
07:57les unes après les autres.
07:58On a l'impression
07:59que ces deux mondes
07:59ne correspondent pas.
08:01Ça reboucle
08:02avec ce qu'on disait tout à l'heure
08:03à savoir que les partis politiques
08:04ne sont pas
08:05dans l'économie réelle.
08:06Mais est-ce qu'il y a
08:06un sujet prudentiel
08:07avec des assureurs
08:09ou des banques
08:10qui pourraient sortir
08:11des obligations françaises
08:12parce qu'à un moment donné
08:12l'écran...
08:13On ne dit pas du tout.
08:14Pour l'instant
08:14on a encore une notation
08:15qui est une notation...
08:16On a une notation
08:17dans l'absolu
08:18qui est une bonne notation.
08:19C'est-à-dire qu'on a
08:20un 14 sur 20
08:21alors qu'on mérite
08:22un 8 sur 20.
08:22Il faut qu'on passe
08:23en tout de la moyenne
08:24pour qu'on commence
08:25à inquiéter les compagnies
08:25d'assurance.
08:26Mais moi là
08:26ce que je vous propose
08:27c'est qu'on parle
08:27d'économie américaine.
08:28Oui parce que
08:29j'aimerais bien.
08:29Pourquoi ?
08:30Parce qu'on a eu Coca,
08:31on a eu Domino's Pizza
08:32qui annonce
08:33qu'ils font
08:33des plus petites portions
08:34des petites canettes
08:35parce que les gens
08:35n'ont pas assez d'argent
08:36pour s'acheter
08:37des grosses portions
08:38des crédits auto
08:39difficiles à payer
08:40en fin de mois.
08:41Est-ce qu'on a là
08:42un consommateur américain
08:43qui est en difficulté ?
08:44Oui et on a
08:46si je prends une expression
08:47que j'ai trouvée ce matin
08:48une sorte d'économie
08:49à deux vitesses
08:49puisque d'un côté
08:51on a une partie
08:52de la population
08:53c'est très frappant
08:54en fait il y a une partie
08:55de la population
08:55qui a bénéficié du boom
08:57notamment de la hausse
08:58de la bourse
08:59c'est très frappant
09:00en fait c'est la hausse
09:01de la bourse
09:01il y a deux choses
09:02qui ont alimenté
09:02la croissance américaine
09:03c'est d'un côté l'IA
09:05on en a parlé
09:06vous en avez parlé largement
09:07et de l'autre côté
09:08l'effet richesse
09:10de la bourse
09:10sauf que l'effet richesse
09:11de la bourse
09:12il ne concerne
09:13qu'une partie de la population
09:14C'est ceux qui tirent
09:14la croissance d'Hermès
09:15par exemple
09:15Voilà
09:16et ceux qui tirent
09:17la croissance en général
09:19et ceux qui tirent
09:20la consommation en général
09:21et donc ce qu'on voit
09:22c'est que d'un côté
09:23il y a les gens
09:24qui ont des actions
09:25c'est assez
09:25amusant
09:27c'est étonnant
09:28aux Etats-Unis
09:29aujourd'hui il y a
09:30les Etats-Unis
09:31ils sont coupés en deux
09:32avec ceux qui ont des actions
09:34et qui vivent très bien
09:35et qui pourraient avoir
09:37un contre-effet richesse
09:39s'il y avait une correction
09:39sur les actions
09:40d'où l'importance
09:41du niveau des actions
09:42et ceux qui n'ont pas d'action
09:43et qui vivent très mal
09:44Il nous reste une minute
09:46vous voulez parler du Japon ou pas ?
09:47Avec plaisir
09:48Alors le Japon
09:48qu'est-ce que ça change
09:49cette nouvelle première ministre ?
09:50Ça change tout en fait
09:51ce qui change au Japon
09:53c'est le fait
09:54qu'on a un nouveau paradigme
09:55pour moi le Japon
09:56ça a été toujours un modèle
09:57en me disant
09:58quand je me projetais
10:00l'Europe ça va devenir le Japon
10:02et donc comme j'ai le modèle japonais
10:03je sais très bien où on va
10:04et je pensais que le modèle japonais
10:06c'était un peu la fin de l'économie
10:07c'est-à-dire c'était la déflation
10:08et puis qu'on mourait petit à petit
10:10et en fait le Japon
10:11est en train de nous montrer
10:12qu'après la déflation
10:13il peut y avoir une vie
10:14on peut avoir une vie
10:16avec une population très vieille
10:18et plus de naissance
10:18et ça je trouve ça très intéressant
10:20parce que ça ouvre des perspectives
10:22sur cette spirale
10:24qui paraît être une spirale mortelle
10:25Et c'est quoi la sortie de crise ?
10:27La sortie de crise
10:28c'est qu'en fait déjà
10:29première chose
10:30très rapidement
10:31quand on a de moins en moins
10:32de population active
10:33avec un vieillissement
10:34au Japon
10:35alors qu'on n'a pas eu
10:36de hausse des salaires
10:37pendant plus de 25 ans
10:38on a des hausses des salaires
10:38quand on a une hausse des salaires
10:40on a une hausse du pouvoir d'achat
10:41quand on a une hausse du pouvoir d'achat
10:43ça relance l'économie
10:44et c'est pour ça qu'au Japon
10:45on recommence à avoir de la croissance
10:47on a même une inflation
10:48qui est au-dessus de 2%
10:49c'est très intéressant
10:50d'un point de vue macroéconomique
10:51Merci Marc d'être venu ce matin
10:53dans mon émission