- il y a 5 heures
Télétravail, déferlement de l’IA, ou encore digital nomade, notre rapport au travail évolue. Si 58% des Français considèrent leur emploi comme une contrainte nécessaire pour subvenir à leurs besoins, 42% des personnes interrogées trouvent que c’est un bon moyen pour s’épanouir. Alors quelle place occupe le travail dans la vie des Français ? Les évolutions récentes ont-elles un impact sur notre façon de considérer nos métiers et comment les innovations technologiques ont pu faire évoluer cette relation ? Sur son plateau, Quentin Calmet donne la parole à cinq citoyens. Ensemble, ils témoignent et interrogent les sénateurs sur les difficultés à s’insérer sur le marché du travail, sur l’envie de quitter une voie parfois toute tracée ou encore, de la façon d’appréhender le télétravail quand on est chef d’entreprise. Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:07Améliorer les revenus des salariés, faire progresser les carrières, mieux partager la richesse, améliorer les conditions de travail,
00:17trouver des solutions à l'usure professionnelle, accroître l'emploi des seniors et aider aux reconversions.
00:23Le télétravail implique forcément, a des impacts sur la santé de chacun et donc il est important de pouvoir analyser
00:31ça,
00:31de comprendre qu'on ne manage plus un télétravailleur de la même façon qu'on manageait quelqu'un sur place
00:37dans l'entreprise, donc il importe d'évoluer.
00:39Le temps de travail en France, vous savez, c'est 1 607 heures par an.
00:43Et quand on regarde dans l'ensemble de notre pays, le temps de travail par habitant, nous travaillons en France
00:50100 heures de moins par habitant qu'en Allemagne.
00:54Et voilà, vous l'avez compris, nous allons parler aujourd'hui de notre rapport au travail.
00:58Avec cette question, les évolutions récentes dans nos vies professionnelles ont-elles eu un impact sur notre façon de considérer
01:06nos métiers ?
01:07Une étude de l'IFOP de 2023 indique que 58% des Français considèrent leur travail avant tout comme une
01:13contrainte nécessaire pour subvenir à ces besoins.
01:17Pour les autres, c'est donc un moyen pour s'épanouir dans la vie.
01:21Dans ce nouveau numéro de Dialogue Citoyen, 5 Français et Françaises vont témoigner sur leur recherche de sens, la précarité,
01:30la reconversion subie.
01:31Bonjour à tous les 5, merci d'avoir accepté de participer à cette émission.
01:36Avec vous, nous allons faire un tour de France, également un tour d'horizon, débouleversement de notre rapport au travail
01:43par les télétravail, déferlement de l'IA, également des difficultés des jeunes à s'insérer sur le marché du travail.
01:51En plateau, 3 sénateurs et sénatrices vont pouvoir réagir à vos témoignages.
01:55Bonjour à tous les 3, vous êtes déjà installés pour un dialogue direct, des réponses concrètes aux questions et interpellations
02:01qui ne manqueront pas.
02:02Merci à vous d'avoir accepté cette invitation.
02:04Pour commencer, nous allons à Montpellier, dans l'Hérault, pour rencontrer Edi-Pierre Lara.
02:11Bonjour Edi-Pierre.
02:13Vous êtes directement impacté par le développement de l'intelligence artificielle générative, car vous êtes traducteur indépendant.
02:20Nous sommes allés à votre rencontre pour mesurer l'impact de l'irruption de l'IA sur votre activité, aussi
02:25voir votre attachement à votre métier.
02:27Un reportage tourné avec vous par Gaspard Bunel.
02:32À Montpellier ce matin, Edi-Pierre Lara s'apprête à commencer sa journée de travail.
02:37Depuis plus de 15 ans, il est traducteur spécialisé en finances durables et passe le plus clair de son temps
02:44devant ses écrans.
02:51Et en français, ma traduction, il en résulte ce que l'on appelle une boucle salaire-prix dont il est
02:56difficile de s'extraire.
02:57Le rythme est intense. Il doit traduire plus de 3000 mots par jour de l'allemand vers le français.
03:03Une affaire de concentration. C'est un métier qui demande beaucoup de concentration.
03:06À 39 ans, Edi-Pierre est ce qu'on appelle un passionné. Pour lui, la traduction est bien plus qu
03:11'un métier. C'est son identité.
03:13C'est ce qui m'a défini une bonne partie de ma vie, les 20 dernières années. J'ai fait
03:20mes études dans cette optique-là. J'ai été en agence dans cette optique-là. Je suis devenu indépendant dans
03:26cette optique-là. C'est vraiment viscéral comme passion.
03:30Mais il y a quelques années, sa vie professionnelle bascule et il doit faire face à un nouveau défi.
03:35En effet, le métier a été percuté par une météorite qui s'appelle l'IA. De traducteur, on devient post
03:42-éditeur.
03:43C'est-à-dire qu'on part d'un modèle où on traduit nous-mêmes, on réfléchit nous-mêmes, à
03:48un modèle où c'est la machine qui traduit automatiquement.
03:53Et on doit passer derrière pour vérifier s'il n'y a pas d'erreur.
03:56Face à cette nouvelle concurrence, l'entrepreneur de 39 ans a perdu 70% de ses clients en un an
04:02et demi.
04:03Conséquence, une baisse de 25% de son chiffre d'affaires en 2025.
04:07Évidemment, avec des revenus qui baissent fortement, on doit composer, faire d'autres choix, réduire des dépenses.
04:16Ça veut dire moins de vacances ou moins loin, des activités pour les enfants.
04:22Voilà, c'est beaucoup de choses qui se repensent, beaucoup de choses à ajuster, à repenser.
04:27Ça a complètement transformé ma relation à travailler.
04:29S'il espère encore continuer son activité le plus longtemps possible, il sait d'ores et déjà qu'il devra
04:34s'inventer un avenir, en dehors de la langue de Goethe.
04:38Bonjour Edi Pierre, merci d'être avec nous.
04:40Dans le reportage, on entend vous parler d'un métier percuté par une météorite.
04:44C'est vraiment des mots très forts.
04:46Qu'est-ce qu'on peut dire de votre état d'esprit aujourd'hui ?
04:48Est-ce que vous êtes accablé ? Est-ce que vous diriez que vous êtes résigné, combatif ? Qu'en
04:53est-il ?
04:55Bonjour, merci de cette intervention.
04:58Je dirais que je suis très combatif.
05:01La résignation n'était pas une option.
05:03Et être accablé, j'ai la chance d'avoir passé ce stade-là depuis un petit moment.
05:08Mais oui, c'est vraiment dans un esprit combatif que j'ai réorienté l'activité,
05:11en tout cas pour faire que les compétences de traducteur soient transférées, transférables,
05:16tant qu'elles le sont, vers une activité à plus forte valeur ajoutée.
05:19Et pour retrouver du sens aussi.
05:21Et on le voit dans le reportage, on parle vraiment d'une baisse de revenus,
05:25quelque chose qui est arrivé il y a deux ans environ.
05:27Vous y attendiez, à cette météorite, comme on disait ?
05:31Alors, météorite, non.
05:32Dans le secteur où j'évolue la spécialisation qu'est la finance,
05:36et particulièrement la finance durable,
05:37non, je pensais que c'était suffisamment pointu et de niche pour ne pas échapper,
05:43mais en tout cas être moins impacté que des secteurs comme le marketing ou le tourisme, etc.
05:50Où il y a beaucoup plus de personnes.
05:54Mais après, ça s'est fait progressivement par les choix des entreprises et des agences en face,
06:00enfin de certaines, pas de toutes,
06:03qui ont fait que, voilà, il y a eu, et puis même de la part de la demande des entreprises
06:06en elles-mêmes,
06:07et d'autres ordres finaux,
06:09qui ont, de leur côté, une partie de la demande qui est disparue,
06:13parce qu'ils servent au ChatGPT ou autre outil pour faire leur traduction.
06:20Comment est-ce que vos clients expliquent ne plus avoir besoin d'avoir recours à vos services ?
06:26Il n'y a pas vraiment d'explication franche et honnête,
06:29si ce n'est que pour les agences, j'ai été mis devant le fait accompli.
06:33Voilà, si on vous propose de continuer avec nous,
06:35mais pour un tarif dividé par deux,
06:38donc ça a été non.
06:40Économiquement, ce n'est pas viable,
06:41donc j'ai cherché à faire autre chose.
06:43Et les autres clients, malheureusement,
06:47subissent, en fait,
06:48ils subissent les décisions qui viennent du management, du top management,
06:52et quand même ce sont des linguistes,
06:55ils ne peuvent pas résister à la pression sur les coûts
06:59qui est omniprésente.
07:02Et alors, est-ce qu'il peut y avoir des retours en arrière ?
07:05Par exemple, si on réalise que le travail des IA n'est pas assez rigoureux
07:09en matière de traduction,
07:10est-ce que, dans ces cas-là, vous pourriez revenir en arrière
07:13dans votre secteur, vous le croyez ?
07:16Je pense que le secteur, de mon point de vue,
07:19passe le ré, ne reviendra pas totalement en arrière.
07:21Il y a des entreprises qui comprennent,
07:24elles passent par l'IA, puis elles reviennent à un traducteur
07:26parce que ça ne leur condient pas,
07:28et elles ont compris la valeur ajoutée
07:29et l'expertise du traducteur.
07:31Mais si vous voulez, c'est comme si on nous demandait,
07:33c'est comme si on demandait aux gens d'arrêter d'utiliser l'Internet.
07:36On n'ira pas en arrière.
07:37Qu'il y ait une bulle,
07:38que, quoi qu'il se passe, on ne reviendra pas
07:40au modèle qu'on a connu précédemment
07:44avec une traduction totalement humaine.
07:46Alors, pour réagir à votre témoignage,
07:48je le disais, il y a trois sénateurs-sénatrices
07:50en plateau avec nous.
07:51Bonjour, Katia Poursopoli,
07:53sénatrice communiste du Pas-de-Calais.
07:55Également avec nous, Olivier Henault,
07:57sénateur centriste du Nord.
07:59Et enfin, Emmanuel Caput,
08:01sénateur Les Indépendants,
08:02le groupe de la droite macroniste,
08:04élu du Maine-et-Loire.
08:05Merci d'être avec nous.
08:08Katia Poursopoli,
08:09qu'est-ce que vous avez envie de dire à notre premier témoin ?
08:10Il est, en quelque sorte,
08:12une des premières victimes
08:13d'une nouvelle révolution technologique,
08:14comme on l'avait connue
08:15dans le monde ouvrier avec les machines.
08:17Oui.
08:18Moi, il y a des mots
08:19qui me viennent tout de suite à l'esprit.
08:21D'abord, bonjour, monsieur.
08:23Vous avez parlé de passion,
08:25d'une véritable passion
08:26pour votre métier.
08:27Vous nous avez expliqué,
08:29évidemment,
08:30que vous étiez confronté
08:32à un travail difficile.
08:333 000 mots par jour
08:35à traduire,
08:36ce n'est pas rien.
08:37Moi, je pense
08:37qu'on n'a pas assez anticipé les choses.
08:40Je pense qu'il y a des métiers
08:41qui, au fur et à mesure,
08:44vont disparaître.
08:45Et c'est catastrophique
08:46parce que monsieur le disait bien,
08:48l'IA ne peut pas tout.
08:50On le dit,
08:50c'est 5 millions de personnes
08:51qui pourraient être impactées directement
08:53dans les prochaines années
08:54par l'irruption de l'IA.
08:55Est-ce qu'on a assez anticipé ?
08:56Qu'est-ce que vous répondez,
08:57madame Aporsopoli ?
08:58Qu'est-ce qu'on peut dire aussi
08:59comme ça à notre premier témoin
09:01sur cette déferlante de l'IA ?
09:03Merci d'abord, monsieur,
09:05de votre témoignage
09:06et puis d'aborder les choses
09:09avec raison et avec analyse
09:12comme vous le faites.
09:13Je crois que vous avez eu
09:14l'expression juste.
09:16C'est une météorite.
09:19Difficile d'anticiper
09:20l'arrivée d'une météorite.
09:22C'est sûr qu'on peut toujours
09:23mieux anticiper.
09:24Mais c'est un véritable choc.
09:26Mais quand une météorite est tombée,
09:28on ne revient pas
09:30à la situation de vie
09:31d'avant la météorite.
09:32Il faut s'adapter
09:33à cette vie nouvelle.
09:35Il y a une dimension bouleversante.
09:37Oui, est-ce que ça veut dire
09:38hausse du chômage inéluctable,
09:39par exemple ?
09:40Non, je ne le crois pas.
09:41Moi, il me semble
09:42que l'IA,
09:43du point de vue de la créativité,
09:44du point de vue de l'humour,
09:46du point de vue
09:46de la dimension humaine,
09:49j'espère, je crois,
09:51qu'elle ne sera jamais au rendez-vous.
09:53Donc, quels atouts,
09:54pour vous renvoyer la question,
09:56quels atouts vous disposez
09:58par rapport à l'IA
10:00pour faire en sorte
10:01qu'on ait des armes
10:03pour faire ce choc
10:04de productivité ?
10:05Parce que si on adapte bien l'IA,
10:07ça peut être un choc de productivité
10:09pour tout le pays, je crois.
10:10Allez-y, Edipierre, répondez,
10:11on vous écoute.
10:12Merci.
10:13Merci, monsieur le sénateur.
10:15Donc, quels atouts on apporte ?
10:16J'ai envie de dire,
10:17tout simplement,
10:17l'intelligence humaine.
10:19Je vais vous donner
10:19un exemple très concret.
10:20Je reviendrai sur la productivité ensuite.
10:23je traduis une publication macroéconomique
10:25tous les mois
10:25qui est passée, là,
10:26on s'appelle en post-édition,
10:27c'est-à-dire que la machine traduit
10:29et on passe derrière
10:30pour corriger les erreurs.
10:31Donc, c'est ça qui est payé deux fois moins.
10:33Par contre, dans la source,
10:35c'était en allemand,
10:36il y a marqué Iran Krieg.
10:37Donc, c'était,
10:38on parlait de la guerre en Iran,
10:39actuellement.
10:40Eh bien, la machine,
10:41dans ses données d'entraînement,
10:42n'avait pas cette guerre en Iran.
10:43Donc, elle m'a proposé
10:44guerre en Irak.
10:46Emmanuel Capu,
10:47est-ce qu'il ne faut pas,
10:47dès aujourd'hui,
10:48réorganiser certaines filières professionnelles
10:50pour mieux intégrer l'IA ?
10:51Généraliser aussi,
10:52donc, la formation,
10:53ça a été évoqué
10:54par Mme Apourso-Polli,
10:55aussi informer les jeunes
10:57que certains métiers
10:58ne seront plus les mêmes
10:59dans quelques années.
11:00Est-ce qu'on a pris la mesure
11:01de l'ampleur
11:02de cette révolution IA ?
11:03Je pense qu'on est face
11:04à quelque chose qui émerge
11:05et auquel on n'était pas
11:07forcément préparé,
11:07mais comme on n'était pas
11:08forcément préparé
11:09à la révolution de l'informatique
11:11ou à la révolution d'Internet.
11:13Les parlementaires l'utilisent,
11:15très, très peu.
11:16Très, très peu.
11:17Je ne sais pas encore
11:19si on a des collègues
11:19qui font leurs discours
11:20avec l'IA.
11:21Je m'interroge.
11:22Je ne crois pas.
11:23On voit que chacun a sa patte.
11:24On peut s'en servir
11:25pour améliorer, quoi.
11:26On pourrait l'imaginer.
11:27À titre personnel,
11:28pas du tout.
11:30Mais on n'est jamais vraiment
11:31en avance.
11:32On s'est mis pas mal
11:32au télétravail
11:33et à ces choses-là
11:34aux vidéoconférences
11:35pendant le Covid,
11:35vous vous souvenez ?
11:36Donc, l'IA va sans doute apparaître.
11:39Non, mais moi,
11:39je voudrais saluer quand même
11:40ce que fait M. Édipière,
11:43parce que c'est vrai
11:43que lui, il est aux avant-postes,
11:44en fait.
11:45Il y a quand même des professions,
11:46c'est à celles à laquelle
11:47on pense en premier.
11:48La traduction, c'est vrai
11:49que c'est ce pourquoi,
11:51même moi qui utilise
11:52assez peu l'IA,
11:53j'utilise les traducteurs,
11:55principalement en anglais.
11:56Alors, en allemand,
11:57je ferais plus confiance
11:57à monsieur,
11:58parce que moi, je crois
11:58qu'il n'est de richesse
11:59que d'hommes,
11:59comme disait Jean Baudin.
12:01Mais on voit bien
12:02que ce sont des professionnels
12:04qui sont aux premières loges
12:05et qui risquent d'être remplacés.
12:06Et on le voit,
12:07il nous a déjà dit
12:08qu'il s'était réorienté.
12:09Son métier a déjà changé,
12:11il a déjà évolué,
12:12perte de 70% de clientèle,
12:15mais 25% de chiffre d'affaires.
12:16Ça veut dire que quand même,
12:17il réussit à retrouver
12:18un modèle différent
12:18en étant en post-production
12:20et en utilisant l'IA
12:22à son compte.
12:23Et à mon avis,
12:24ça peut fonctionner
12:25à certains temps.
12:26Ce qui est clair,
12:27c'est que pour les jeunes,
12:28il va falloir les réorienter.
12:30Là, je n'ai pas le temps
12:30d'aborder,
12:31on peut aborder
12:32la question de la réorientation,
12:33mais il y a un énorme travail
12:34sur la réorientation
12:35vers les travails de demain,
12:37vers les emplois de demain,
12:39vis-à-vis des jeunes.
12:40Ça, je peux en parler après,
12:41si vous le souhaitez.
12:42Dans cette émission,
12:43les citoyens témoignent,
12:44ils préparent à l'avance
12:45une petite interpellation
12:47pour les sénateurs.
12:48Edipier,
12:49est-ce que vous pouvez
12:49nous poser la question
12:50que vous avez préparée
12:51pour les sénateurs ?
12:52Il faut sacraliser des domaines
12:54comme la santé
12:54et la justice
12:56par rapport à l'IA.
12:57Parce que prendre des décisions
12:58de santé,
13:00que l'IA aide la recherche
13:01sur le cancer,
13:02sur les techniques d'imagerie,
13:04etc.,
13:05à mon point de vue,
13:06c'est génial.
13:06C'est génial.
13:08Dans la justice,
13:09je pense notamment
13:09aux interprètes
13:10qui déjà sont payés
13:11avec des mois
13:12et des mois de retard,
13:13ce qui est inadmissible.
13:15Les interprètes,
13:16comment assurer
13:17les droits justiciables,
13:19quelle que soit sa langue,
13:20au sein de nos systèmes
13:21juridiques français,
13:22et judiciaires, pardon.
13:22Est-ce qu'il y en a un
13:23qui veut répondre ?
13:23Donc, ces domaines sensibles
13:24à la santé,
13:25la justice,
13:25qu'il va falloir comme ça
13:27préserver par rapport à l'IA ?
13:29Sur la justice,
13:30moi, je veux bien répondre.
13:30C'est vrai qu'après la traduction,
13:33il y a aussi le secteur juridique
13:37qui prend de plein fouet
13:40l'intelligence artificielle.
13:41Je pense aux avocats,
13:42mais je pense aussi aux magistrats
13:43qui pourraient être tentés,
13:44c'est le cas aux États-Unis,
13:47de faire écrire,
13:48même de faire juger,
13:49c'est-à-dire de faire juger
13:51les cas,
13:52de soumettre les cas à l'IA
13:53et d'avoir un jugement qui sort.
13:56Ça, ça arrive.
13:56Il faut des garde-fous.
13:57C'est déjà.
13:57Donc ça, pour le coup,
13:58il faut vraiment des garde-fous.
13:59Il faudra légiférer.
14:00Donc, peut-être,
14:02on n'est pas obligé
14:03de légiférer sur tout,
14:04mais il faudra en tous les cas
14:05mettre comme garantie
14:06le fait que ce soit toujours
14:07de l'humain qui tranche.
14:09Allez, on part à la rencontre
14:10de notre deuxième citoyen
14:12qui témoigne dans cette émission.
14:14Bonjour, Olivier Lambert.
14:15Vous avez 40 ans
14:16et vous êtes le cofondateur
14:18et PDG d'une entreprise spécialisée
14:19dans la souveraineté numérique.
14:21Et vous et votre centaine de salariés,
14:23vous êtes en 100% télétravail.
14:25Avant de vous entendre,
14:27on regarde une petite vidéo
14:28que vous avez filmée pour nous.
14:31Bonjour, je suis Olivier Lambert,
14:33cofondateur et PDG
14:34de la société Vates.
14:35Je suis depuis chez moi
14:37et c'est normal.
14:38Le télétravail,
14:39c'est notre mode de fonctionnement
14:40depuis le premier jour chez nous.
14:42Vates, c'est une société
14:43éditrice de logiciels
14:45dans le cloud et la tech.
14:46On a des équipes
14:47qui sont partout en France
14:49et à l'international.
14:50On a des bureaux à Grenoble,
14:51mais c'est plutôt avoir une vocation
14:53de rassembler les équipes,
14:55pas d'imposer une présence.
14:56Aujourd'hui, Vates,
14:57c'est plus de 100 salariés.
14:59On est en hypercroissance
14:59depuis ces dernières années
15:00et le télétravail fonctionne
15:02parce que c'est dans notre ADN.
15:04Bonjour Olivier.
15:05Est-ce que vous pouvez nous raconter
15:06le point de départ ?
15:07Pour vous,
15:07c'est d'abord une question logistique.
15:11Alors, le point de départ,
15:12c'était une réflexion
15:14dès l'origine de la création
15:15de l'entreprise.
15:16C'était que l'entreprise
15:18n'est pas définie
15:19par son lieu de travail,
15:20mais par les contributions
15:21de chacun.
15:22Et donc, on a tout construit
15:23au moment où,
15:24avec mes associés,
15:25on s'est lancé
15:26pour permettre aux gens
15:27de travailler d'où ils le souhaitent.
15:28Donc, ça a été vraiment
15:29dès la conception,
15:30l'origine de la société
15:31qu'on a mis en place,
15:33on va dire,
15:33l'outillage et la philosophie
15:34pour recruter des gens
15:36qui sont capables
15:36de travailler dans ces conditions.
15:37Quels sont les avantages
15:39de cette formule ?
15:40Est-ce que vous le dites,
15:41c'est d'abord un facteur
15:42de compétitivité
15:43pour votre entreprise ?
15:45Alors, c'en est un,
15:46très clairement,
15:47c'en est un,
15:48puisqu'on est en capacité
15:49de recruter des profils
15:50parfois qui viennent
15:51de grosses sociétés américaines
15:53qui sont en Europe
15:55et qui ont fait un petit recul
15:56sur le télétravail.
15:57Donc, ça nous donne
15:57un avantage en termes RH
15:59à la fois pour aller dénicher
16:01des profils très intéressants
16:02et en même temps
16:03pour avoir un excellent
16:04taux de rétention
16:04puisque, voilà,
16:06on recrute des profils
16:07adaptés,
16:07mais ensuite
16:08qui se trouvent,
16:09voilà,
16:09très contents
16:10de travailler dans la structure
16:11et d'y rester par la suite,
16:12ce qui est super important
16:13dans une entreprise aujourd'hui.
16:14Et on le rappelle,
16:15c'est possible aussi
16:16parce que vous travaillez,
16:17votre entreprise,
16:18dans le domaine
16:19de l'informatique.
16:20Est-ce que vous diriez
16:21qu'il y a aussi
16:22un bien-être pour les salariés ?
16:23Qu'est-ce qu'ils en disent ?
16:26Alors, c'est vrai que ça fait partie
16:28un petit peu du contrat
16:29chez nous
16:29quand on recrute des gens
16:31dès le départ
16:32et connaissent les conditions
16:33et c'est super important
16:34nous en tant qu'employeurs
16:35de bien préciser
16:36la façon dont on fonctionne
16:38dès le départ
16:39et les gens qui viennent
16:40chez nous,
16:40ce n'est pas un hasard,
16:41c'est des gens
16:41qui adhèrent
16:42à cette philosophie.
16:43Donc, aujourd'hui,
16:44oui, ils s'en sont contents
16:45mais parce que dès l'origine,
16:47ils sont venus chez nous
16:47pour cette même raison.
16:49Donc, c'est pour ça
16:49qu'il y a un alignement
16:50entre notre philosophie
16:51et les gens qu'on recrute.
16:52C'est pour ça, encore une fois,
16:54que le recrutement
16:54est essentiel là-dedans
16:56et s'assurer que tout le monde
16:57soit bien aligné
16:58avec les valeurs de l'entreprise
16:59dès le départ.
16:59Et est-ce qu'il y a des exemples
17:00de salariés
17:01pour lesquels cette organisation
17:02a été, même après ce très long
17:04processus de recrutement,
17:06quelque chose
17:06qui n'a pas fonctionné ?
17:09Il peut y avoir
17:10un petit peu de surprise
17:11et j'allais dire,
17:12là aussi,
17:13c'est un petit peu
17:14dans notre identité,
17:14c'est qu'on recrute des gens
17:15qui sont globalement autonomes
17:17et qui n'ont pas forcément eu
17:19cette habitude
17:20d'être autonomes
17:20dans leur façon
17:21de travailler précédemment.
17:22Donc, il s'avère que parfois,
17:24il y a des ajustements nécessaires.
17:26Il y a aussi un point
17:26sur lequel on est très attentif,
17:29c'est les profils juniors
17:30pour qu'ils découvrent
17:31le monde de l'entreprise.
17:32On a quand même
17:32un quartier général
17:33qui est basé à Grenoble,
17:34là où basait la société,
17:35qui permet une intégration
17:37pendant quelques semaines
17:38et de quand même
17:39donner les codes
17:39de l'entreprise
17:40à des juniors
17:41pour s'assurer
17:41qu'ils puissent quand même
17:42s'insérer dans le monde du travail.
17:44Et le deuxième point de vigilance,
17:45c'est l'isolement
17:46puisque c'est un point
17:48très important
17:49en termes RH de notre côté,
17:50c'est de s'assurer
17:51que les gens qui sont situés
17:53dans des endroits
17:53un petit peu reculés,
17:55qui ont fait ce choix de vie,
17:56quand même arrivent
17:57à avoir des contacts
17:58suffisamment
17:58pour ne pas se retrouver
17:59en situation d'isolement.
18:00Donc, c'est une autre approche
18:02qui nécessite d'avoir
18:03un point de vue
18:04et une façon de gérer
18:05les salariés
18:05qui est différente
18:06du présentiel.
18:07Allez, on va faire réagir
18:08les sénateurs en plateau.
18:10Olivier Henault,
18:11on a vu que certaines entreprises,
18:12grandes entreprises
18:12ont tenté de revenir en arrière.
18:14Par exemple,
18:15la Société Générale
18:16au début de l'année
18:16qui a tenté de supprimer
18:17un jour de télétravail,
18:18il y a eu des grèves.
18:19On se dit, voilà,
18:20c'est une évolution maintenant
18:20qui est une avancée majeure
18:22sur laquelle on ne reviendra plus
18:24pour les salariés.
18:25Qu'est-ce que vous en pensez ?
18:25Je ne sais pas
18:26si c'est une avancée,
18:28mais en manière
18:29d'organisation du travail,
18:32à condition, bien évidemment,
18:34que tout ça soit concerté,
18:36organisé, discuté
18:37avec les syndicats.
18:38Règle numéro un,
18:39c'est qu'il n'y a pas de règle
18:40en quelque sorte.
18:42C'est en fonction
18:43de la spécificité
18:45de chaque entreprise
18:47et de l'activité.
18:48D'abord, je salue monsieur,
18:49je le remercie.
18:50Il a un très beau prénom,
18:52je crois qu'on peut dire ça,
18:54puisque je m'appelle Olivier moi-même
18:56pour détendre l'atmosphère.
18:59Mais comme tout à l'heure,
19:00on disait que la question,
19:01c'était que l'humain,
19:04pour l'IA,
19:04devait avoir le dernier mot.
19:06Là, c'est une question
19:07de management.
19:08Je crois que c'est une question
19:09de management
19:09et d'adaptation
19:11au secteur d'activité.
19:13Mais bien évidemment,
19:14ce n'est pas possible
19:14pour tous les domaines
19:15d'activité.
19:16On voit quand même
19:16la spécificité.
19:18Et moi, j'avoue que peut-être
19:20en étant old school,
19:22vieille école,
19:23mais je m'inquiète quand même,
19:26en m'étant intéressé
19:28dans une partie de ma vie
19:29au management,
19:30du défi que ça doit être
19:32de lutter contre l'isolement,
19:34l'échange des informations,
19:36parce que quand on est
19:37en entreprise,
19:38il y a quand même
19:39l'agrément de prendre
19:40un café ensemble,
19:41de discuter,
19:42d'avoir des corridors aussi,
19:44vous savez,
19:44des corridors de créativité,
19:46le déjeuner,
19:47enfin, tout ça.
19:47Donc, vous êtes circonspect,
19:48on voit vos réserves.
19:49Non, je comprends la spécificité,
19:51mais j'avoue qu'en termes
19:53de management,
19:54je ne doute pas
19:54que ça se passe très bien
19:56pour les personnes
19:56qui sont partantes
19:58pour ce type de défi,
20:00mais je ne pense pas
20:02que ça puisse être
20:02pour tout le monde,
20:03parce qu'il y a toujours
20:04la question du projet collectif,
20:06où qu'on soit,
20:07et de la rencontre entre eux.
20:09C'est là aussi une question
20:10d'humanité,
20:10comme tout à l'heure.
20:12Comment on gère l'humain
20:13dans une telle organisation ?
20:14Emmanuel Caput,
20:15un gain de productivité,
20:17dit à ce chef d'entreprise,
20:18qu'est-ce que ça vous évoque ?
20:20Si je fais le parallèle
20:21avec ce que vient de dire
20:21Olivier Henault,
20:22effectivement,
20:23il n'y a plus la pause café
20:24ni la pause déjeuner.
20:26Donc, non,
20:27plus sérieusement,
20:28c'est vrai qu'on est maintenant
20:29à la troisième étape
20:30du télétravail.
20:31Il y a eu la première étape
20:32d'apparition,
20:33ça apparaît en 2012
20:34dans le Code du travail,
20:35premier accord interprofessionnel,
20:36c'est 2005.
20:37La deuxième grande étape,
20:39on l'a vécu ici,
20:40nous, c'est le Covid,
20:41où là,
20:41le télétravail a été imposé
20:43et c'est devenu
20:44une évidence
20:45et une obligation.
20:46Et aujourd'hui,
20:47on est à la troisième,
20:47voire la quatrième étape
20:48de stabilisation
20:49avec ce que vous avez dit,
20:50Quentin,
20:50c'est-à-dire la recherche,
20:52parfois,
20:52chez certaines entreprises,
20:53de revenir
20:54à un télétravail partiel.
20:55Mais aujourd'hui,
20:56on est passé de 9%
20:57de télétravailleurs
20:58en 2019
20:59à 26% en 2023.
21:01Donc, on voit bien
21:01qu'on est dans quelque chose
21:03qui est installé,
21:04qui est important,
21:05qui semble-t-il,
21:06d'après les études,
21:08ne porte pas atteinte
21:09à la rentabilité
21:10parce que vous gagnez
21:11les temps de transport,
21:12vous gagnez des temps
21:12de concentration,
21:14vous n'avez effectivement
21:15pas tous ces échanges
21:16avec les collègues,
21:16mais ça peut aussi
21:17être un gain de temps,
21:18qui posent d'autres difficultés
21:19en revanche,
21:20ceux de l'isolement,
21:21ceux du droit
21:22à des connexions,
21:23ceux de l'inégalité
21:24par rapport à ceux
21:25qui ne peuvent pas
21:26télétravailler,
21:27évidemment,
21:27ce n'est pas ouvert
21:27à tous les postes.
21:29Donc,
21:29c'est tout un ensemble
21:31d'équilibres à trouver.
21:33Je pense qu'on est
21:33à ce stade-là aujourd'hui.
21:34Madame Apourceau,
21:35selon l'INSEE,
21:36c'est bien un quart
21:36des Français,
21:37j'avais le même chiffre
21:37que vous,
21:38qui télétravaillent régulièrement,
21:39mais c'est très inégalitaire.
21:41Un employé sur dix
21:42contre deux tiers des cadres.
21:44Est-ce qu'on n'est pas
21:44en train de créer
21:45des membres du travail
21:46en parallèle ?
21:47Monsieur le dit fort bien,
21:49il est dans le domaine
21:49de l'informatique.
21:50Bonjour monsieur,
21:51d'abord.
21:52Je pense qu'il y a,
21:53et ça a été dit
21:54par mes collègues,
21:55il y a des métiers
21:56où finalement,
21:56on peut télétravailler,
21:58d'autres où on ne peut pas.
21:59Donc évidemment,
22:00ça crée un peu
22:00une inégalité.
22:01Puis moi,
22:02j'aimerais après dire une chose,
22:03c'est qu'il faut les moyens
22:05de pouvoir télétravailler.
22:07Parce que ce n'est pas
22:08la même chose
22:08de télétravailler
22:09dans un appartement
22:10de 30 mètres carrés
22:12avec un ou deux enfants
22:13et travailler dans une maison
22:15où on a un jardin.
22:16Donc il y a
22:17et les conditions
22:18de là où on habite,
22:20et puis après,
22:22il y a les conditions
22:22du métier que l'on fait.
22:24Mais oui,
22:25depuis le Covid,
22:26d'ailleurs nous-mêmes,
22:27avec nos collaborateurs,
22:28moi je suis passée
22:29au télétravail
22:30pour mes collaborateurs
22:32d'ailleurs.
22:33Alors,
22:34ce n'est pas possible
22:35tous les jours
22:35parce qu'on a des métiers
22:36un peu différents
22:37où on a besoin
22:38d'être en présentiel,
22:41de discuter ensemble,
22:43de pouvoir...
22:44Mais donc c'est déjà
22:44arrivé au Parlement.
22:45Mais on le fait maintenant.
22:47Moi je le fais,
22:48par exemple,
22:48j'ai du télétravail
22:49dans mon équipe.
22:50Olivier,
22:51vous aviez préparé
22:51une question à l'avance
22:52pour nos sénateurs.
22:53Est-ce que vous pouvez
22:54nous la lire s'il vous plaît ?
22:56Oui,
22:57la question,
22:57elle était un petit peu
22:58le développement du télétravail
23:00dans notre contexte,
23:01on va dire économique,
23:03voire sans peut-être dire
23:04le mot crise pétrolière,
23:05mais on voit
23:05qu'il y a quand même
23:06un intérêt très intéressant
23:07à développer le télétravail
23:09dans les différents territoires
23:10et permettre aux gens,
23:12parfois,
23:12on a conscience
23:13des inégalités,
23:14mais de justement
23:15en remettre à égalité
23:17puisqu'on peut aller
23:17se loger ailleurs
23:18où ça peut être moins cher,
23:19on peut aussi moins utiliser
23:20son véhicule
23:21et avec le coût de l'énergie
23:22aujourd'hui,
23:23on peut imaginer
23:23que ça peut être une chance.
23:25Et donc,
23:25qu'en est-il,
23:26par exemple,
23:27même au niveau de l'État,
23:28de faciliter le télétravail,
23:30même par exemple
23:30de fonctionnaires
23:32pour qu'on puisse réduire
23:33la dépendance
23:34au carburant,
23:34par exemple ?
23:35Faire du télétravail,
23:37un outil durable
23:38d'aménagement du territoire,
23:39Olivier Henault,
23:40qu'est-ce que ça vous évoque ?
23:41On y pense dans les territoires ?
23:42C'est une opportunité.
23:44Bien sûr,
23:45il y a eu le temps
23:46de parier le désert français,
23:48peut-être le temps
23:49d'une surmétropolisation
23:51qui fait qu'il y a des endroits
23:53où il y a du logement très cher
23:56et des difficultés
23:57pour les personnes
23:58de se loger et travailler.
23:59Peut-être qu'on va vivre
24:00un autre temps
24:01et qu'en termes
24:01d'aménagement du territoire,
24:03ça peut être
24:04une opportunité formidable.
24:05Mais encore une fois,
24:06ça n'est pas pour tout le monde
24:07et c'est aussi une question
24:09de management
24:11qu'il ne faut pas ignorer.
24:13On en reparlera
24:14dans cette émission
24:14prochain numéro
24:15consacré à la crise de l'énergie.
24:16On verra que c'est aussi
24:17effectivement au cœur
24:18de cette problématique.
24:19On va rencontrer maintenant
24:21notre troisième témoin,
24:22c'est Théophile Duchâteau.
24:24Vous vous en souvenez peut-être,
24:26il faisait partie
24:27de ses étudiants
24:28de l'école d'ingénieurs
24:29Agro-ParisTech
24:30qui avait à la tribune
24:31choisi de renoncer
24:33à une carrière
24:34dans un grand groupe
24:35refusant, disait-il à l'époque,
24:37de participer, je cite,
24:38aux ravages sociaux
24:39et écologiques en cours.
24:41Bonjour Théophile,
24:43vous avez bifurqué
24:45comme on dit,
24:46vous avez maintenant 28 ans,
24:48vous êtes ingénieur agronome
24:49et vous vivez dans le Tarn,
24:50dans une ferme collective
24:51et pour commencer,
24:52on va voir une courte vidéo
24:54que vous avez tournée pour nous
24:55justement là où vous travaillez
24:56désormais.
24:58Bonjour, moi c'est Théophile Duchâteau,
25:00je fais partie du groupe
25:01des bifurkeurs
25:02et des déserteurs
25:02d'Agro-ParisTech.
25:05Ici, on est sur une ferme collective
25:06que j'ai montée avec des amis.
25:09Sur la ferme,
25:09il y a un paysan boulanger,
25:10des brasseurs,
25:11des maraîchers
25:12et un transformateur de légumes.
25:14Les cultures sont majoritairement
25:17arrosées avec l'eau
25:18qui est présente dans ce lac-là.
25:19Ce n'est pas une méga-bacille,
25:20on ne pompe pas dans une nappe phréatique,
25:22c'est l'eau de fluide
25:24qui se retrouve dans ce lac-là à la fin.
25:30Et à travers les arbres,
25:32là, on a la parcelle de maraîchage
25:34et donc si vous arrivez à voir
25:37à travers les arbres,
25:38on a des plantations d'arbres
25:39en agroforesterie dans le maraîchage
25:41et donc c'est des arbres
25:42qui ont été plantées
25:43avec un vol vert.
25:45Et voici l'espace où je travaille.
25:48Merci Théophile
25:49d'avoir accepté de témoigner
25:50dans cette émission.
25:52Vous aviez donc fait
25:52une de l'actualité,
25:53je le disais,
25:54c'était en 2022.
25:55Quatre ans plus tard,
25:56on peut faire un petit point avec vous,
25:58est-ce que vous assumez toujours ce choix ?
26:02Oui, oui, tout à fait.
26:03Je pense que c'est un discours
26:04qu'on était nombreux à porter,
26:06quelque chose qui résonnait
26:07avec ce que je pensais politiquement
26:11et ma vision du travail à l'époque
26:12et ça n'a absolument pas,
26:14ça a été très très peu changé.
26:16Je suis toujours d'accord
26:18avec ce qui a été dit
26:18pendant ce discours-là
26:20et c'est toujours quelque chose
26:21que j'essaie de porter dans ma vie.
26:24Qu'est-ce que vous avez trouvé
26:25avec cette bifurcation,
26:27en devenant bifurqueur ?
26:28C'est une rupture avec un modèle,
26:30c'est aussi de trouver davantage de sens.
26:32Vous vouliez revenir à une forme d'emploi
26:35plus en rapport avec la terre ?
26:41Sans forcément être dans un emploi avec la terre,
26:43c'était vraiment l'idée
26:44de trouver du sens,
26:46de partir du principe
26:47que le travail en termes d'emploi,
26:48en termes de salariés,
26:51ce n'est pas quelque chose,
26:52c'est quelque chose qui nous a été vendu
26:54comme un facteur d'émancipation,
26:55comme un facteur de trouver du sens dans sa vie,
26:57comme un facteur de bonheur
26:59et le fait est que ce n'est pas le cas.
27:02Sous plein d'aspects,
27:03je pense qu'on est nombreux à le penser,
27:05on parlait des 58% de personnes
27:06qui considéraient que le travail
27:08était une contrainte.
27:10C'est quelque chose
27:10qu'on est obligé de faire
27:11dans un monde capitaliste,
27:12on est obligé d'avoir un salaire
27:13pour s'en sortir
27:15et ce n'est pas forcément
27:16quelque chose de souhaitable.
27:18Le travail n'est pas bon en soi
27:21et c'est quelque chose
27:22qui est toujours vrai.
27:23Du coup, la question,
27:24c'est peut-être
27:24comment trouver une activité
27:25qui permette de faire avancer
27:27la société dans le bon sens.
27:28Comment est-ce qu'on trouve du sens
27:30dans ce qu'on fait
27:30qui ne soit pas forcément
27:32un emploi salarié,
27:33mais qui soit l'activité principale
27:34qu'on fait dans nos semaines.
27:37Et alors, en renonçant à cette carrière,
27:39vous avez renoncé également,
27:41on l'imagine,
27:41des revenus confortables.
27:43Il n'y a pas de regrets
27:43sur cette question-là ?
27:46Je pense que j'ai surtout
27:47renoncé à un burn-out.
27:49Donc, j'avoue que non.
27:50Très, très peu de regrets
27:51de ce point de vue-là
27:54entre gagner sa vie
27:56de manière très confortable
27:57et participer à la destruction
27:58de la planète,
28:00à la crise écologique
28:01et à la crise sociale
28:03et potentiellement
28:03se mettre en burn-out
28:04parce qu'on ferait un métier
28:05qui ne correspond pas
28:06à ses valeurs
28:08ou avoir certes
28:09un peu moins
28:10de confort matériel,
28:11mais avoir le privilège
28:14de faire une activité
28:17qui permet d'aller
28:18dans le sens de ses valeurs.
28:19Pour moi,
28:19le choix est très, très vite fait.
28:21Et alors,
28:22parlez-nous un peu
28:22de votre activité actuelle.
28:23Comment est-ce que vous diriez
28:24que vous réparez ?
28:26Comment est-ce que vous luttez
28:27contre cette crise écologique ?
28:30Alors, du coup,
28:31moi, dans mon travail,
28:32je fais de l'accompagnement
28:33d'agriculteurs
28:33sur des projets agroforestiers
28:35au sein d'une association
28:35qui s'appelle Envoque Vert
28:36qui agit globalement
28:38contre la déforestation
28:39dans le monde,
28:40donc en Colombie,
28:41au Pérou et en France.
28:45Et donc,
28:45c'est intéressant
28:46que vous utilisiez
28:46le terme de réparer
28:47parce qu'on est vraiment là-dessus.
28:48En fait,
28:49le fait de planter des arbres
28:50avec des agriculteurs,
28:50c'est quelque chose
28:51de très intéressant,
28:51quelque chose de très pertinent
28:52en termes de biodiversité,
28:53en termes de lutte
28:54contre les changements climatiques,
28:55parce qu'on est vraiment
28:56sur de l'agriculture d'avenir,
28:57même si ça ne va pas
28:58dans le sens
28:58de l'agroindustrie classique
29:01et de plusieurs des positions
29:02du gouvernement.
29:03Je pense à la loi du plomb,
29:04notamment.
29:06Mais effectivement,
29:06c'est une réparation.
29:07On est en train
29:08de réparer des choses.
29:09On est en train
29:09de replanter des arbres
29:11qui, pour la majorité,
29:13étaient présents
29:14il y a encore
29:15quelques décennies.
29:16On a eu énormément
29:17d'arrachages de haies,
29:18d'arrachages d'arbres agricoles.
29:20Et donc là,
29:20on fait un travail de réparation.
29:22Le travail que je fais actuellement
29:24est intéressant
29:25et important,
29:26mais on est sur un travail
29:27qui n'aurait pas besoin
29:30d'exister
29:30si ces arbres-là
29:31n'avaient pas été
29:32rendus à la baisse.
29:33Et donc,
29:34on le dit,
29:34pour autant,
29:35vous ne comptez pas
29:35vos heures.
29:36Après votre travail,
29:38vous donnez aussi
29:38un coup de main
29:39à la ferme
29:39qu'on a aperçu
29:41dans la petite vidéo.
29:42Vous faites une différence
29:43entre votre emploi
29:44et le travail
29:46que vous accomplissez ?
29:50Oui,
29:50parce que
29:51c'est le principe
29:53du terme de travail.
29:54On pense souvent
29:54au travail
29:55en termes d'emploi
29:56alors que de fait,
29:57la quantité de travail
29:58qu'on accomplit au quotidien
29:59dépasse très largement
30:00son emploi.
30:01Moi,
30:02je fais le choix
30:03de porter un projet collectif
30:05avec des amis
30:06et ça demande du travail.
30:07C'est un travail
30:08que j'essaie de comptabiliser.
30:10C'est un travail
30:10qui est réel
30:11et que je sors
30:13de mon emploi.
30:13J'ai la chance
30:14d'avoir un emploi
30:14qui me permet quand même
30:15de faire quelque chose
30:15qui a un rapport
30:16avec mes valeurs
30:17et d'avoir ce travail-là
30:19en plus au sein
30:21de la ferme collective
30:21qui est pour le coup
30:22non rémunérée.
30:23Ce n'est pas quelque chose
30:23de salarié.
30:25Et oui,
30:26c'est des choses
30:26qui sont importantes pour moi
30:27et qui me permettent
30:27de me nourrir.
30:29Alors,
30:30à faire réagir en plateau
30:31à votre témoignage
30:32qu'il y a pour Sopoli,
30:33on le voit,
30:34il y a aussi cette génération
30:35qui a d'autres critères
30:37sur la réussite
30:37que par le passé.
30:38Est-ce que c'est une bonne
30:39ou une mauvaise chose
30:40selon vous ?
30:41Écoutez,
30:41dans la vie,
30:42bonjour monsieur,
30:43dans la vie,
30:44je pense qu'on a le droit
30:45d'être heureux
30:46et qu'on a le droit
30:47de faire ses propres choix.
30:48Moi,
30:49je salue votre engagement.
30:50Je rencontre effectivement
30:51de nombreux jeunes
30:52aujourd'hui
30:53qui s'engagent,
30:55qui quittent
30:55leur activité professionnelle
30:56parce que d'abord,
30:59monsieur travaille,
31:00il le disait fort bien,
31:01mais il n'accepte plus
31:03d'aller,
31:04de partir à 6h du matin
31:05et de rentrer
31:06à 22, 23h,
31:08de passer leur vie
31:09dans le métro,
31:10à l'entreprise
31:11où sans cesse,
31:13on leur demande
31:13d'en faire plus
31:14parce que c'est
31:16monsieur Lafford bien dit,
31:17on est quand même
31:17dans une société capitaliste
31:19et puis je trouve
31:21que c'est bien
31:21de donner du sens
31:22à sa vie
31:25et donc,
31:26être heureux,
31:27eh bien,
31:28participe finalement
31:29à avoir une société
31:30qui soit bien meilleure.
31:33Monsieur Caput,
31:34vous n'allez pas
31:35être totalement d'accord,
31:36j'ai l'impression
31:36avec Katia Poussopoli,
31:38les grands groupes
31:38comme Repoussoir,
31:39est-ce que,
31:40voilà,
31:41qu'est-ce que ça vous évoque ?
31:43C'est un constat,
31:44c'est vrai que les jeunes
31:44maintenant recherchent
31:45plus de sens
31:47au travail
31:48qu'ils vont faire,
31:49aussi parce qu'ils ont
31:49la possibilité,
31:50dans une période
31:51où on était proche
31:52du plein emploi,
31:52c'est plus facile
31:53de se poser la question
31:54du sens de son emploi
31:56et moi,
31:57je ne suis pas tout à fait d'accord,
31:58je comprends très bien
31:59le choix de monsieur,
32:01je trouve ça très intéressant,
32:03c'est vrai que ça reflète
32:04aussi une tendance générationnelle,
32:06en revanche,
32:07je ne suis pas effectivement
32:08tout à fait d'accord
32:08quand il dit,
32:09j'ai noté,
32:10le travail n'est pas bon en soi,
32:11moi j'aurais tendance
32:13à penser que c'est plutôt
32:13l'oisiveté qui en elle-même
32:15est plutôt nuisible
32:17à l'être humain
32:18et que le travail
32:19peut être source
32:21de satisfaction
32:22à condition,
32:24et c'est là où je pense
32:25qu'on peut se rejoindre,
32:26à condition que ce travail
32:27soit choisi,
32:27que l'emploi soit un emploi
32:29choisi et pas subi.
32:31Dans cette émission,
32:32on propose aux personnes
32:34qui nous suivent
32:34sur les réseaux sociaux
32:35de commenter le thème
32:36de l'émission,
32:37je voulais vous lire
32:37le témoignage de Maud
32:38qui nous a écrit
32:39via les réseaux sociaux,
32:40elle dit,
32:41pour moi le travail
32:41est une composante
32:43de ma vie parmi d'autres
32:44qui prend certes
32:45le pas sur le reste
32:46en termes de temps passé,
32:48mais n'est pas central
32:49à mon existence,
32:50mes relations sociales,
32:52mon engagement
32:52sont plus importants,
32:53j'aime mon métier,
32:54mais ça reste une activité
32:55au service
32:56du reste de ma vie.
32:57Monsieur Henault,
32:58qu'est-ce que ça vous évoque,
32:59ce qu'elle dit Maud ?
33:00Je vois bien
33:02que c'est une évolution
33:05un peu globale,
33:06c'est un phénomène
33:07qu'on peut appeler
33:08de générationnel.
33:10Après,
33:12ce choix par rapport
33:13au travail,
33:14cette demande,
33:15n'est pas non plus
33:17un abandon du travail.
33:19Moi, effectivement,
33:20je continue de penser,
33:21mais il faut trouver
33:22une question d'équilibre,
33:23que le travail
33:24est une émancipation,
33:26qu'il y a aussi
33:27une dimension
33:27de goût de l'effort
33:28dans le travail
33:29et qu'on ne construit
33:30pas un grand pays
33:31sans avoir des personnes
33:33qui se passionnent
33:34pour leur travail,
33:35mais monsieur est passionné
33:36par son travail.
33:38Et vous voyez,
33:38j'aime bien toujours
33:39cette phrase,
33:40mais ça nous concerne tous,
33:41on ne vit pas grâce
33:43aux efforts des autres.
33:44Donc,
33:44on ne construit pas
33:46un grand pays
33:46sans qu'il y ait
33:48des efforts
33:48des uns et des autres
33:49et une participation citoyenne.
33:51Mais maintenant,
33:52je respecte parfaitement
33:53le choix,
33:56je lui pose juste
33:58la question,
33:59est-ce que son activité
34:00est viable ?
34:01Est-ce qu'il en vit bien ?
34:02Comment ça se passe ?
34:03Mais c'est quand même
34:05la question centrale
34:06par rapport
34:06à toute activité.
34:07Il va vous répondre.
34:08Parce que c'est
34:08une activité économique.
34:09Vous pouvez répondre
34:10à ce qui a été dit
34:11en plateau.
34:12Théophile,
34:12on vous laisse le mot de la fin,
34:13on ira voir
34:13notre citoyen suivant après.
34:17Merci beaucoup.
34:18J'ai beaucoup aimé
34:19la phrase
34:19de « on ne vit pas
34:20des efforts des autres ».
34:23C'est très faturien
34:24comme phrase.
34:28dans ce cas,
34:28les milliardaires
34:29vivent de quoi ?
34:30C'est une vraie question
34:31que je me permets de poser.
34:33On a 53 milliardaires.
34:34Les 53 milliardaires
34:35les plus riches en France,
34:37ils sont plus riches
34:37que 32 millions de personnes
34:39d'après le dernier rapport
34:40d'Oxfam
34:41qui est sorti
34:41en janvier 2026.
34:43Du coup,
34:43ces personnes vivent de quoi
34:44si elles ne vivent pas
34:45des efforts
34:45des autres personnes ?
34:47Il y a quelque chose
34:48que je trouve absolument
34:50pas logique
34:50dans votre argumentaire-là.
34:53la question
34:54de trouver du sens
34:55dans son travail
34:56du fait de le choisir
34:57plutôt que de subir.
34:58Moi,
34:58c'est carrément court.
34:59Monsieur Capu,
34:59vous en parliez.
35:01Mais dans ce cas,
35:01est-ce qu'on peut dire
35:02que des personnes
35:03qui sont obligées
35:04de travailler
35:04dans un monde
35:06de capitalisme
35:07ultralibéral
35:07dans lequel on vit,
35:09qui font des métiers
35:10qui sont pénibles,
35:11qui sont éreintants
35:12pour le corps,
35:13qui peuvent tuer même.
35:14On a 1 287 morts
35:17au travail l'année dernière
35:18selon le rapport
35:19de l'assurance maladie.
35:21Comment est-ce qu'on peut
35:22considérer que le travail
35:23n'est pas subi
35:23dans ces conditions ?
35:26Monsieur Capu,
35:26une réponse,
35:27et puis on va voir
35:27notre quatrième citoyen.
35:28Il faut améliorer
35:29les conditions de travail,
35:30c'est évident.
35:31Je crois que le gouvernement
35:32le fait beaucoup,
35:33c'était une des priorités.
35:34Il y a deux accidents mortels
35:37par jour, effectivement,
35:39donc je n'arrive pas
35:39tout à fait au même chiffre
35:40que monsieur.
35:42Ce que je veux dire,
35:43et là aussi je suis d'accord
35:44avec Olivier Henault,
35:45c'est qu'une société
35:46ne peut pas exister
35:48sans le travail.
35:49Et qu'il faut donc
35:51défendre le travail,
35:54toutes les formes
35:54de travail,
35:55et que le pays
36:00ne peut pas vivre
36:00qu'en se renfermant
36:02sur soi-même.
36:03Monsieur,
36:04il est autosuffisant,
36:05ça j'ai bien compris,
36:06mais il faut aussi
36:07nourrir la planète entière,
36:08il faut nourrir
36:09toute la France,
36:10et demain,
36:11il faudra travailler
36:12davantage.
36:12Dans le petit générique
36:14de base,
36:14au tout début,
36:15vous aviez montré
36:16Amélie de Montchalin
36:16qui disait que les Français
36:18travaillaient 100 heures
36:19de moins que les Allemands.
36:20En fait,
36:21en moyenne,
36:21c'est 664 heures
36:23par an.
36:24La durée légale du travail
36:26c'est 1607,
36:27elle le disait,
36:27on travaille 664 heures
36:29de moins.
36:30Donc on n'est pas une île,
36:31on n'est pas seul au monde,
36:32et donc on ne peut pas
36:34s'arrêter de travailler
36:35tout seul.
36:35Il se rappelle à l'idéologie.
36:37Exactement.
36:38Monsieur Travail,
36:39on est d'accord,
36:40Monsieur Travail,
36:40il a fait un choix de vie
36:42différent,
36:42et ce n'est pas
36:43que générationnel,
36:44parce que moi,
36:45je connais des gens
36:46autour de moi
36:47qui étaient à domicile,
36:49aides-soignantes,
36:49qui travaillaient
36:50dans des conditions
36:50très difficiles
36:51et qui ont choisi aussi
36:53aujourd'hui,
36:54eh bien,
36:55qui ont fait
36:55un autre choix de vie,
36:57qui sont aussi
36:58dans des associations,
36:59qui travaillent aussi
37:00à participer
37:01aux questions écologiques,
37:03etc.,
37:04et je pense que
37:04c'est un autre choix de vie,
37:06et ce n'est pas gênant
37:08pour personne.
37:09Merci Théophile
37:10pour votre témoignage.
37:12On va prendre la direction
37:12de notre quatrième citoyenne,
37:15direction la Meurthe-et-Moselle,
37:16pour aller à la rencontre
37:18de Kalinour,
37:19Kurt Von Tjanova.
37:20Si certains se posent
37:21la question du sens,
37:22d'autres cherchent d'abord
37:23à décrocher
37:24un emploi stable.
37:25Kalinour,
37:26depuis la fin
37:27de vos études,
37:28vous enchaînez
37:28les petits boulots,
37:30c'est des missions
37:31d'intérim
37:32qui se terminent
37:33pour ensuite
37:33en chercher une autre.
37:34Depuis la fin
37:35de votre BTS
37:36en 2021,
37:38vous avez ainsi
37:38enchaîné l'émission
37:39entre 15 jours
37:40et un an maximum.
37:42J'ai une première question
37:43pour vous,
37:43Kalinour,
37:44comment est-ce que vous expliquez
37:45cette difficulté
37:46à trouver un emploi stable ?
37:48Bonjour.
37:49Donc, effectivement,
37:50comme vous posez la question,
37:51comment je retrouve
37:52du travail ?
37:54c'est que je me bats
37:55avec les agences d'intérim,
37:57avec le réseau,
37:58tout ce que je peux trouver
38:00pour trouver un emploi pérenne.
38:01Mais lorsqu'on ne me propose
38:02pas quelque chose
38:03que je souhaite,
38:04je prends ce qu'on me donne,
38:05c'est-à-dire des remplacements
38:06de congés de maternité,
38:07remplacements de vacances
38:09ou tout ce qu'on peut avoir.
38:11Vraiment,
38:12je prends tout ce qu'on me donne
38:12pour ne pas rester
38:13à ne rien faire,
38:15étant donné que j'habite seule,
38:17ce qui fait que je dois subvenir
38:19à mes besoins,
38:19mais également payer les factures
38:21et je n'ai littéralement
38:23pas le choix.
38:24Alors, Kalinour,
38:25quelle est votre formation
38:28à l'origine
38:28et qu'est-ce que vous cherchez
38:30comme métier ?
38:31Dans quelle branche
38:31est-ce que vous êtes ?
38:34Initialement,
38:34j'ai un BTS en gestion
38:36de petites et moyennes entreprises,
38:37autrement dit,
38:38c'est un petit manager.
38:39À l'heure actuelle,
38:40là au mois de juin,
38:41ça ferait 5 ans d'ancienneté
38:43que j'ai depuis mon diplôme
38:44parce que je n'ai presque pas arrêté.
38:46J'ai toujours réussi
38:47à trouver de l'emploi.
38:48J'ai un maximum
38:49de 15 à 3 semaines
38:50de coupures
38:51entre les contrats
38:52parce que parfois,
38:53c'est un petit peu plus compliqué
38:53que prévu.
38:55Initialement,
38:55oui,
38:55je suis un petit manager.
38:57Je n'ai jamais eu la chance
38:58de travailler avec ce diplôme.
39:00Lorsque vous avez eu
39:01votre diplôme en 2021,
39:02est-ce que vous disiez
39:03que ça allait être aussi difficile
39:04d'entrer sur le marché du travail ?
39:08Non.
39:09Je me suis dit
39:10que c'est un métier que j'aime.
39:12Je suis passionnée
39:12de justement faire
39:17le mix entre l'humain
39:18et le papier
39:19parce que c'est ce que j'adore le plus.
39:21Aujourd'hui,
39:22je me dis
39:22que j'aurais dû choisir
39:23un métier beaucoup plus concret
39:26que de juste être simple manager.
39:29Est-ce que ça s'explique
39:30par un manque d'offres ?
39:31Qu'est-ce que vous répond
39:32les entreprises
39:33auprès desquelles
39:34vous démarchez ?
39:35Est-ce qu'elles vous répondent
39:37quelque chose
39:37de toujours similaire ?
39:40Malheureusement,
39:41oui.
39:41On répond toujours
39:42à ma question.
39:44On me dit
39:44écoute,
39:45tu n'as pas assez d'expérience.
39:47Effectivement,
39:48en ayant 21 ans,
39:49j'ai surtout sorti d'école,
39:50je n'ai pas pu avoir
39:51de l'expérience énormément
39:52à part mon petit stage
39:53de quelques semaines
39:54que j'ai dû avoir
39:54pendant le BTS
39:56que je l'ai obtenu
39:56pendant la COVID.
39:58La période n'est pas très favorable,
40:00on va dire ça comme ça.
40:02Donc,
40:02c'est à l'issue de ça.
40:02Donc,
40:02j'ai essayé.
40:04Mais c'est toujours
40:05tu n'as pas d'expérience.
40:07Prends un peu de recul,
40:09prends un peu d'expérience,
40:09reviens.
40:10Mais si personne ne donne
40:11l'expérience,
40:12personne ne donne la chance
40:13de faire cet emploi,
40:14comment je peux avoir
40:15de l'expérience ?
40:16C'est une question
40:17assez personnelle,
40:18mais financièrement,
40:20comment est-ce que
40:20vous vous en sortez ?
40:21Est-ce que vous arrivez
40:22à avoir un petit revenu
40:24quand même ?
40:26Je mets des ronds
40:26dans les carrés.
40:28Je fais de mon mieux
40:29pour m'en sortir.
40:30Je fais des venteux
40:32vinted,
40:33je fais des brocantes,
40:34j'essaye de faire
40:35des petits jobs
40:35si j'y arrive
40:36à garder les enfants,
40:38des amis ou autres
40:38et je m'arrête là.
40:40Et vous,
40:41vous ne vous cherchez pas à...
40:41Mais bien évidemment,
40:42j'ai un petit chômage
40:43qui arrive,
40:45mais ce n'est pas suffisant
40:46pour vivre.
40:47Est-ce que vous voulez répondre ?
40:50On voit cette difficulté
40:52à mettre un premier pied
40:53dans une entreprise.
40:55Monsieur Caput,
40:56ça concerne des milliers
40:57et des milliers de jeunes
40:58aujourd'hui.
40:59Cette entrée dans le marché
40:59du travail,
41:00c'est toujours quelque chose
41:01de très concrètement
41:01difficile à faire.
41:03C'est vraiment l'enjeu majeur
41:04à mon avis
41:05des années qui viennent.
41:06C'est l'emploi des jeunes
41:08parce qu'on a un vrai problème
41:09de travail en France.
41:10On parle beaucoup des seniors,
41:12on parle beaucoup
41:12et donc des retraites aussi,
41:14mais on a aussi
41:14un vrai, vrai, vrai problème
41:15du chômage des jeunes
41:16qui rentre très difficilement
41:18dans le marché du travail.
41:20Alors,
41:20Calinour,
41:20elle doit avoir 26 ans,
41:22si j'ai bien compris,
41:23donc elle n'est pas
41:24dans les 9 millions
41:25de 15-24 ans
41:26qui sont sans emploi.
41:289 millions à 15-24 ans,
41:29c'est les fameux...
41:30Et sur ces 15 millions-là,
41:32il y a un million de needs,
41:33c'est-à-dire sans emploi,
41:34sans formation
41:36et sans travail.
41:39Donc,
41:40c'est un vrai enjeu.
41:41Donc moi,
41:42j'en vois deux solutions.
41:44Un,
41:45l'orientation,
41:46d'ailleurs,
41:46elle le dit elle-même,
41:47peut-être que j'aurais
41:48peut-être pas dû faire
41:48le BTS de PME
41:50parce que c'était
41:51peut-être pas un truc
41:53où c'était peut-être
41:54pas assez concret
41:54et j'ai du mal
41:55à trouver un travail.
41:56Et puis,
41:59l'apprentissage.
42:00Là,
42:00il y a un truc
42:01qui marche très très très bien,
42:02qui a très bien marché,
42:03c'est l'alternance en fait
42:04en entreprise
42:05où les taux d'embauche
42:07sont plus élevés
42:08et ça répond
42:08à la question
42:09que vous posez.
42:11Ça répond au fait
42:12que j'ai pas d'expérience.
42:14Comme vous avez
42:14l'expérience au fur et à mesure,
42:16ça répond très concrètement
42:18à cette difficulté
42:20du manque d'expérience
42:21qu'on nous met dans la figure
42:22quand on cherche du travail
42:23et qu'on est jeune.
42:24Et on va redonner le chiffre,
42:25vous en avez évoqué un chiffre
42:27au quatrième trimestre 2025.
42:29Pour l'INSEE,
42:3021,2% des moins de 25 ans
42:33étaient sans activité.
42:35Olivier Henault,
42:35on a beaucoup parlé
42:36de la réforme des retraites,
42:37effectivement,
42:38emploi des seniors
42:39sortis de l'activité.
42:41Est-ce qu'on a assez pensé
42:42aux jeunes dans ce débat ?
42:43Non,
42:44mais dans la difficulté du pays
42:46et dans la faible croissance
42:49et une création de richesse
42:51qui est quand même moindre
42:52que ce qu'elle devrait être,
42:54il y a bien évidemment
42:55le nombre d'heures travaillées
42:56qui est inférieur,
42:57100 heures de moins
42:58qu'en Allemagne.
42:58Emmanuel Capul a dit
42:59300 heures de moins
43:01qu'aux États-Unis.
43:02Mais il y a aussi le fait
43:03qu'il n'y a que 4 Français
43:05en comptant tout le monde
43:06sur 10 qui travaillent.
43:08Et parmi ceux
43:09qui ont des difficultés
43:11à intégrer le marché du travail
43:14et la question
43:15de l'insertion professionnelle,
43:16ça a été dit,
43:17bien évidemment,
43:17ce sont les jeunes.
43:18Calino,
43:19vous pouvez réagir
43:19et aussi,
43:20si vous le voulez bien,
43:20poser la question
43:21que vous aviez préparée
43:22pour les sénateurs,
43:23s'il vous plaît.
43:24Effectivement,
43:24je souhaiterais juste réagir
43:25par rapport à l'alternance.
43:27Effectivement,
43:27l'alternance,
43:28c'est une très bonne porte
43:29pour pouvoir avoir
43:30de l'expérience.
43:31Sauf qu'aujourd'hui,
43:32comme j'ai évoqué à l'instant,
43:33je vis seule.
43:34Donc,
43:34ce qui fait que je dois
43:34subvenir à mes factures
43:35et à mes besoins.
43:37En ayant un petit salaire,
43:40mais également,
43:41être payée au pourcentage
43:43du SMIC
43:43en fonction de l'âge,
43:44je ne pouvais pas me permettre
43:46d'avoir de l'alternance.
43:47Aujourd'hui,
43:47le mois prochain,
43:48j'ai 26 ans.
43:48Effectivement,
43:49je pourrais dire
43:50que je serais payée
43:50à 100% du SMIC
43:51pour pouvoir,
43:52ne serait-ce que payer
43:53mes factures
43:54qui sont assez élevées.
43:55Je me dis,
43:56youpi,
43:56je peux commencer,
43:57sauf que je suis déjà
43:59trop vieille.
44:00Aujourd'hui,
44:01c'est le débat
44:02qui creuse
44:04dans ma tête actuellement.
44:05C'est que je me dis,
44:06effectivement,
44:06je peux faire l'alternance
44:07aujourd'hui,
44:08mais les entreprises
44:08préfèrent de quelqu'un
44:09plus jeune
44:10pour pouvoir avoir
44:12sûrement les mêmes
44:13tâches de travail
44:13à effectuer,
44:14mais à moindre coût.
44:16On voulait proposer
44:17à notre citoyen
44:18qu'on avait plutôt
44:19dans l'émission
44:20Olivier,
44:21de réagir
44:22aux témoignages
44:23de Kalinour.
44:24Olivier,
44:24qu'est-ce qu'en tant
44:26que chef d'entreprise,
44:27vous pourriez conseiller
44:28à Kalinour
44:28justement pour rentrer
44:29sur le marché du travail ?
44:30Est-ce que vous avez
44:30envie de lui dire
44:31quelque chose
44:31de très concret
44:32là aujourd'hui ?
44:34De très concret ?
44:35Très concret,
44:35c'est un petit peu compliqué
44:36parce qu'on voit bien
44:37que la situation
44:37de se retrouver
44:39entre deux eaux
44:40et puis les exigences
44:41des employeurs
44:42aussi qui recourent
44:43massivement au CDD,
44:44alors nous,
44:45encore une fois,
44:45on n'est pas représentatif
44:48de toutes les entreprises,
44:48mais on a une préférence
44:49d'utiliser beaucoup
44:51l'alternance aussi,
44:53d'éviter les contrats courts.
44:55Donc, je ne sais pas
44:56si je serais
44:56de bons conseils,
44:57mais moi,
44:58ce que je dirais
44:58de mon point de vue
44:59peut-être aussi
44:59avec mon parcours
45:00d'entrepreneur,
45:01c'est de ne pas lâcher.
45:02Je vois que vous êtes
45:03combattive
45:03et c'est une très bonne chose.
45:05Ce n'est pas une situation
45:06simple.
45:07Maintenant,
45:08je pense que vous
45:08arriverez à trouver.
45:09Vous n'avez rien lâché
45:11jusqu'à maintenant
45:11et si jamais
45:12vous souhaitez
45:13vous réorienter
45:14à un moment,
45:14n'hésitez pas
45:15et je vous souhaite
45:17vraiment bonne chance
45:17dans votre recherche
45:18parce qu'effectivement,
45:19structurellement,
45:20on est dans un marché
45:21qui est moins équilibré
45:23qu'il y a encore
45:23quelques années
45:24et qui est assez difficile,
45:25il faut le reconnaître.
45:27Allez,
45:27on va réagir en plateau.
45:29Merci à tous les deux
45:30pour cette interaction.
45:31On voit que
45:31la caline ours sourit
45:32et que ça lui fait
45:33peut-être du bien
45:34d'entendre ses encouragements.
45:36Madame Apourceau,
45:37sur l'alternance,
45:38est-ce qu'on n'a pas
45:39fermé la vie
45:40cette année
45:41notamment dans le budget
45:42ce qui fait qu'on a
45:43des jeunes aussi
45:43qui ne peuvent pas
45:45avoir recours
45:46à ces formations
45:47professionnalisantes ?
45:48Enfin,
45:48il y a quand même
45:49un problème.
45:49On nous avait dit
45:50qu'il suffisait
45:51de traverser la route
45:52pour trouver du travail,
45:53je rappelle.
45:54Là,
45:55en l'occurrence,
45:55on voit bien
45:56que ce n'est pas le cas
45:57et Madame est diplômée.
45:58Elle a un BTS,
45:59elle a fait des études
46:00et donc,
46:01elle a un BTS.
46:02On voit qu'elle
46:04fait contrat après contrat
46:058 jours,
46:0615 jours,
46:07qu'elle cherche
46:08à se débrouiller
46:09à payer ses factures,
46:11à pouvoir survivre
46:12parce qu'on ne vit pas
46:15lorsqu'on fait
46:158 jours de travail
46:16ou 15 jours de travail,
46:18on survit
46:18et encore
46:19avec bien
46:20des difficultés.
46:22Donc,
46:22vous parlez
46:23de l'alternance.
46:25Oui,
46:26Madame est diplômée
46:26déjà,
46:27elle a un BTS.
46:28je veux dire,
46:29demain,
46:30oui,
46:30elle peut être alternante
46:31mais comment va-t-elle faire
46:32pour vivre ?
46:33Enfin,
46:34alternante,
46:34ce n'est pas suffisant
46:35pour pouvoir vivre
46:36et moi,
46:37j'aimerais rebondir
46:38quand même
46:39parce qu'on a parlé
46:39de la réforme des retraites.
46:41On a allongé
46:42la durée de travail
46:43pour certaines catégories
46:45de personnes,
46:45d'abord pour l'ensemble
46:47des catégories de personnes
46:48alors qu'il y a des jeunes
46:49qui sont diplômés
46:51et qui sont sur le marché
46:52du travail.
46:53Je pense que là,
46:54on a fait une erreur
46:55en allongeant
46:56la durée du travail
46:57pour les gens
46:58parce que ça ne permet pas
46:59à tous ces jeunes
47:00et bien finalement
47:01de trouver un emploi.
47:02Allez,
47:03on passe au dernier témoignage
47:05dans cette émission.
47:06Un témoignage heureux
47:06des mutations
47:07du monde du travail
47:08pour finir.
47:09Bonjour,
47:10Jennifer Theron,
47:11merci d'être avec nous.
47:12Vous avez 34 ans
47:13et vous êtes
47:14une digital nomade.
47:16En français,
47:16on pourrait dire
47:17que vous faites
47:18de l'itinérance numérique.
47:19Vous êtes rédactrice
47:20sur Internet
47:21depuis 2022
47:22et vous avez
47:22le statut
47:23d'entoure-entrepreneuse
47:24et vous vivez
47:25dans un van aménagé
47:27qui se déplace
47:28partout en Europe.
47:29Avant de vous entendre,
47:30on regarde votre bureau,
47:31donc pardon,
47:32dans votre van.
47:34Hello,
47:34moi c'est Jen
47:35et je suis un nomade
47:36depuis plus de 10 ans
47:37et je travaille
47:38depuis mon van
47:39depuis 4 ans.
47:40Je suis consultante
47:41éditoriale dans le tourisme,
47:42donc je travaille
47:43avec les agences au voyage
47:44et les offices de tourisme
47:45et j'ai également créé
47:47le Nomade Business Club
47:48qui est un accompagnement
47:49business
47:49pour les entrepreneurs nomades
47:50pour les aider
47:51à structurer leur business
47:52sur la route.
47:53Je travaille majoritairement
47:54depuis mon van
47:55mais il m'arrive également
47:56de travailler dehors,
47:57dans des cafés
47:58ou dans des co-working.
47:59Ici,
48:00comme vous pouvez le voir,
48:01c'est mon setup habituel
48:03quand je travaille
48:03à l'intérieur du van.
48:05Bonjour Jennifer,
48:06on le comprend,
48:07donc il n'y a pas
48:07ce petit rituel
48:08de la machine à café
48:09de lundi matin
48:10avec vos collègues
48:11pour se raconter
48:11son week-end.
48:13C'est exact.
48:14J'ai quand même
48:15le petit rituel
48:15avec le café le matin
48:17mais dans le van
48:19ou dehors
48:20au niveau des paysages
48:21où je peux me trouver.
48:23Et donc,
48:23pour vous,
48:24le point de départ,
48:25c'est la crise du Covid.
48:27C'est là que vous avez décidé
48:28de passer le pas,
48:30de franchir un cap
48:31et de devenir
48:31comme ça
48:32un digital nomade.
48:35Alors,
48:36pas forcément
48:37parce que j'ai toujours aimé
48:38beaucoup voyager.
48:39J'ai fait des études
48:40dans le tourisme,
48:41j'ai une licence
48:41tourisme et marketing
48:43et par la suite,
48:44j'ai travaillé
48:45dans le tourisme
48:46que ce soit en France
48:47ou à l'étranger.
48:48Donc,
48:48j'ai toujours aimé
48:50le goût du voyage
48:51mais par contre,
48:53j'ai profité
48:53de la pause Covid
48:54pour aménager un fourgon
48:57et être plus libre,
48:58on va dire,
48:58géographiquement.
49:00Alors,
49:00est-ce que vous diriez
49:01que vous travaillez beaucoup ?
49:02Quelle est votre journée type ?
49:04Un travail solo ?
49:05Est-ce que ce n'est pas trop dur ?
49:06Racontez-nous un petit peu
49:07votre quotidien.
49:09Oui,
49:10bien sûr.
49:11Forcément,
49:11il y a des institutions
49:12dans un certain nombre d'heures.
49:14Il y en a peut-être
49:14forcément plus
49:15qu'en termes de salariés
49:17parce qu'en soi,
49:17on a notre cœur de métier
49:19mais on a aussi
49:20tout ce qui est
49:21comptabilité,
49:22marketing,
49:23vente,
49:24prospection.
49:24En fait,
49:25on fait plusieurs métiers,
49:26ce n'est pas qu'un seul métier
49:28mais par contre,
49:30on fait quelque chose
49:30qui nous plaît vraiment.
49:31Moi,
49:32personnellement,
49:32j'ai choisi deux secteurs
49:34qui me passionnent.
49:35Je suis restée
49:36dans le secteur du tourisme
49:37mais maintenant,
49:39j'aide les offices de tourisme
49:40et les agences de voyage
49:43à produire des contenus
49:44qui reflètent vraiment
49:45la réalité du terrain.
49:46Voilà,
49:47on le rappelle
49:47et c'était écrit sur votre fiche,
49:48vous êtes rédactrice web.
49:51Parlez-nous un tout petit peu
49:51du statut d'auto-entrepreneur.
49:54Est-ce qu'il n'est pas
49:54difficile à gérer ?
49:56Il est moins protecteur
49:57en tout cas
49:57que le statut de salarié.
50:00Oui,
50:01il est moins protecteur,
50:03ça c'est sûr,
50:03surtout que les métiers
50:05dans le digital
50:07sont de nouveaux métiers
50:09donc en fait,
50:09ils sont considérés
50:10comme du libéral
50:11alors qu'on ne l'est pas du tout.
50:13Donc,
50:13c'est vrai qu'il y a
50:15on va dire
50:16un secteur assez flou
50:17au niveau juridique
50:18et légal
50:19sur ces nouveaux métiers.
50:21Et alors,
50:21est-ce que vous diriez
50:22que vous gagnez bien
50:23votre vie
50:23ou est-ce que l'idée
50:24c'est aussi
50:25de vivre un peu plus modestement
50:27parce que vous êtes en van
50:28et que la vie
50:29au jour le jour
50:29coûte peut-être moins cher ?
50:33Ça peut être les deux.
50:34Moi,
50:34j'en vis confortablement
50:36parce que j'aime pouvoir
50:39profiter avec ma famille,
50:40avec mes amis,
50:42envoyer par exemple,
50:43amener mes parents
50:44en voyage
50:45sur une destination
50:46que j'ai découvert.
50:48Forcément,
50:48le coût de la vie
50:49est beaucoup moins cher
50:51vu que j'habite
50:52dans un van
50:52donc je n'ai pas
50:53de loyer à payer.
50:57mais pour moi,
50:58le plus important,
50:59c'est vraiment
50:59d'avoir mon business
51:01qui est au service
51:02en fait de ma vie
51:03et pas l'inverse.
51:05Le plus important,
51:06c'est vraiment
51:06de pouvoir profiter
51:07de la liberté
51:08qu'offre ce mode de vie.
51:10C'est vraiment pour ça
51:11que je suis devenue nomade
51:12et je tiens à préciser
51:13qu'être digital nomade,
51:15c'est un mode de vie
51:16et pas un métier
51:17parce que c'est vrai
51:17que maintenant,
51:18ce mot ne veut plus rien dire
51:19donc c'est vraiment
51:20le mode de vie
51:21qui est adapté.
51:22Après,
51:23on a son propre métier
51:24et c'est là
51:25où ça peut être
51:26on va dire difficile,
51:27c'est qu'effectivement,
51:28on est seul
51:29pour construire son business
51:30et pour le structurer
51:31de A à Z
51:32et surtout le développer
51:33et qu'on vienne
51:35en fait
51:36au mode de vie choisi.
51:38Allez,
51:38on fait réagir.
51:39Allez,
51:39sénateur en plateau,
51:40monsieur Henault,
51:41vous avez demandé la parole.
51:41Dans le respect
51:43avec Cathy Apourso-Poli,
51:45c'est un clivage.
51:45Moi,
51:46je ne pense pas
51:46que le travail se partage
51:47parce que le travail
51:48a sa spécificité,
51:50on le voit bien
51:50au travers de ses témoignages
51:54et il s'ajoute,
51:55il s'additionne
51:56et c'est comme ça
51:56qu'on fait
51:57un pays prospère.
52:00Il n'y a pas de concurrence
52:00entre les travailleurs,
52:01selon vous ?
52:02Il n'y a pas de spécificité,
52:02on le voit bien.
52:04Mais c'est très intéressant
52:06cette émission.
52:08Mais tout de même,
52:08vous voyez,
52:09la question que je vais renvoyer,
52:10c'est comment
52:11ce type de spécificité,
52:13de type d'organisation
52:14du travail
52:16s'adapte quand même
52:17à un moment donné
52:18à la vie familiale.
52:19et là,
52:19c'est le rapporteur
52:20de la branche famille
52:21qui parle,
52:22c'est que comment fait-on
52:23quand on fait ce genre
52:24de choix de vie
52:25pour,
52:27à un moment donné,
52:28quand on choisit
52:29d'avoir des enfants,
52:31vous voyez,
52:33je comprends,
52:33d'ailleurs,
52:34les gens peuvent faire
52:34un autre choix,
52:35mais ça me paraît quand même
52:37dans tout ce qu'on a vu
52:39un questionnement.
52:40C'est qu'à un moment donné,
52:42comment on rend compatible
52:43la vie familiale
52:45et d'autres choix possibles
52:47qui vont arriver ?
52:49C'est une question
52:50que je lui pose.
52:51Jennifer,
52:52est-ce que c'est un moment
52:53dans votre carrière professionnelle
52:54où vous ne posez pas encore
52:55la question de la famille
52:56et que ça viendra peut-être après ?
52:58Je ne sais pas,
52:58vous pouvez répondre.
53:01Pourquoi ça ne serait pas possible
53:02avec des enfants ?
53:02Moi, c'est ma question.
53:04Je veux dire,
53:04j'ai des amis,
53:05je connais plein de monde
53:06qui sont entrepreneurs,
53:08qui sont nomades,
53:09qui ont des enfants.
53:10Après,
53:11être nomade
53:11ne veut pas forcément dire
53:13bouger tous les jours.
53:14On peut rester posé
53:16un an,
53:16deux ans
53:17à un endroit,
53:18trois mois.
53:18En fait,
53:20il y a vraiment
53:20différents types
53:22de nomadisme
53:22et on ne peut pas
53:23le généraliser
53:27à un seul mode.
53:29Pour moi,
53:29il n'y a aucun souci
53:30d'avoir ce mode de vie-là
53:32avec des enfants
53:32ou une famille.
53:34Tout est possible.
53:36Voilà.
53:37On arrive progressivement
53:38à la fin de cette émission
53:39et via le témoignage
53:40de Jennifer.
53:41On le comprend,
53:41il y a des nouvelles
53:42façons de travailler.
53:43Qu'est-ce que ça dit
53:44de notre société ?
53:45Repenser comme ça aussi
53:46notre rapport au travail.
53:47C'est très intéressant
53:48ce que font ces jeunes.
53:49Qu'est-ce que ça vous évoque,
53:50M. Capu ?
53:51C'est un exemple de plus
53:52du fait que les nouvelles générations
53:54souhaitent plus de liberté.
53:55En plus,
53:56ça répond à un vrai problème
53:57qui est celui de la mobilité
53:58des salariés
53:59parce qu'en fait,
54:00du coup,
54:00Jennifer,
54:00elle va là où il y a le travail
54:01et elle ne reste pas figée
54:03là où elle est,
54:04ce qui est une vraie difficulté
54:05aujourd'hui
54:05dans les différents bassins d'emploi.
54:07Je ne pense pas
54:07que le modèle soit reproductible
54:09à l'infini
54:10pour tous les types
54:10de situations,
54:11mais ça correspond
54:12à cette recherche de sens.
54:14Et du coup,
54:14moi,
54:15ça me pose la question
54:16en tant que législateur,
54:17on voit bien
54:17que le statut
54:18d'auto-entrepreneur
54:19est particulier,
54:20pas très très sécurisé,
54:21donc ça nous pose,
54:22je pense,
54:22la question de savoir
54:23si on ne doit pas basculer
54:24de l'époque du 19e siècle
54:26ou du droit du salariat
54:27où tout notre droit du travail
54:28est fondé
54:28sur le salariat
54:30style
54:31grandes entreprises,
54:33grandes usines
54:34du 19e siècle
54:34à un droit
54:35plus de l'activité
54:36qui correspond beaucoup plus
54:38à l'activité
54:39aujourd'hui
54:40de Jennifer.
54:41Et ce sera le mot
54:42de la fin,
54:42Madame Apourceau,
54:43mais qu'est-ce que ça dit aussi ?
54:44La façon dont
54:45les avancées technologiques,
54:47clairement Internet,
54:48a modifié le cadre
54:49du travail aussi
54:50pour tous ces cas de figure.
54:52Madame est
54:53digital nomade,
54:55donc elle vit sa passion
54:57parce qu'elle
54:59change de région,
55:00elle change de département,
55:01elle visite,
55:03elle l'a dit,
55:03elle est d'ailleurs
55:04très attachée au tourisme,
55:06donc et puis elle travaille
55:07et je pense qu'il faut
55:08effectivement sécuriser
55:10les auto-entrepreneurs
55:11parce que c'est une façon
55:14de vivre différente,
55:15qui est totalement différente,
55:16c'est un mode de vie choisi
55:18qu'il faut respecter
55:19et donc je pense
55:20effectivement
55:21qu'il faut sécuriser
55:23les auto-entrepreneurs
55:24qui choisissent
55:25ce mode de vie.
55:26Eh bien,
55:27c'est la fin de cette émission.
55:28Je voudrais remercier
55:29les Français,
55:30Françaises
55:31qui ont participé
55:31à ce débat,
55:33qui ont témoigné.
55:33Merci à tous les trois aussi,
55:35sénateurs présents
55:36en plateau
55:37d'avoir joué le jeu
55:37comme ça,
55:38des échanges directs.
55:39Merci aussi aux équipes
55:40techniques et éditoriales
55:42qui ont permis
55:42de réaliser
55:43ce dialogue citoyen.
55:45Notre émission
55:45est à retrouver
55:46sur publicsénat.fr,
55:47également disponible
55:48sur les plateformes
55:49de podcasts.
55:51Vous pouvez
55:51les réécouter
55:52comme ça
55:53en podcast.
55:54N'hésitez pas
55:54à nous suivre aussi
55:55sur les réseaux sociaux,
55:56Instagram,
55:57Facebook et X
55:58parce qu'on y partage
55:59bientôt
56:00notre prochaine
56:01antenne d'émissions
56:01et on pourra ainsi
56:02vous proposer
56:03de réagir
56:04à très vite
56:04sur Public Sénat.
56:05J'ai trouvé ça
56:06très chouette.
56:08C'était assez fidèle
56:09à ce que je pensais.
56:10C'était bien
56:10d'avoir des gens
56:11d'horizons un peu différents
56:13avec des philosophies,
56:15des expériences
56:16de vie différentes
56:17et puis d'avoir
56:18des sénateurs en face,
56:19c'était une très chouette
56:20opportunité.
56:21J'ai bien aimé
56:22les interventions
56:24de tout le monde
56:24donc c'était chouette
56:25de pouvoir partager ça
56:27mais c'est vrai
56:27que j'aurais aimé
56:28qu'on aille
56:29un peu plus de temps.
Commentaires