- il y a 2 heures
Premier retour en Syrie, un an après la chute de la dictature. A Damas, certains travaillent déjà à la restauration du patrimoine de la capitale. Ernest Hemingway, toujours omniprésent à Pampelune. L'écrivain s'était pris de passion pour cette ville d'Espagne. (Et réciproquement)... Enfin, Marseille en passe de devenir l'une des villes phares du cinéma en France. Studios et écoles se multiplient. Un espoir de débouché pour certains jeunes de la ville qui souhaitent devenir comédiens. Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:05Dans votre magazine Méditerranéo, aujourd'hui, premier retour en Syrie un an après la chute de la dictature,
00:11à Damas, certains travaillent déjà à la restauration du patrimoine de la capitale.
00:16Ernest Hemingway, toujours omniprésent à Pamplune, l'écrivain s'était pris de passion pour cette ville d'Espagne, et réciproquement.
00:23Enfin Marseille, on passe de devenir l'une des villes phares du cinéma en France,
00:27studios et écoles se multiplient, un espoir de déboucher pour certains jeunes de la ville qui souhaitent devenir comédiens.
00:55En Syrie, la situation reste instable, mais la vie et l'espoir reprennent.
01:00A Damas, la capitale durement touchée pendant la dictature de Bachar el-Assad,
01:068 millions de touristes y venaient chaque année avant la guerre.
01:09En attendant leur retour, certains s'activent déjà pour redorer l'image de la ville.
01:26Il faut que je vous raconte l'histoire de cette ville.
01:30Il faut à tout prix que je vous apprenne des choses sur le vieux Damas.
01:35Rania Katef est une amoureuse du vieux Damas.
01:39Et ça se voit un peu.
01:42J'adore prendre des photos des vieilles façades de la ville.
01:48Je sais que ça peut paraître un peu romantique, mais j'ai toujours l'impression qu'il y a quelque
01:54chose de nouveau qui m'appelle.
01:57Cette relation-là que j'entretiens avec Damas.
02:02Depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, cette chercheuse, spécialisée dans le patrimoine syrien, a l'impression
02:11de redécouvrir sa ville.
02:14« On sent que tout le monde est plus calme. Il y a moins de stress. Les gens sont moins
02:23inquiets.
02:24Maintenant, où qu'on aille, on voit le nouveau drapeau syrien.
02:28Il me donne l'impression que des lendemains meilleurs sont possibles.
02:31Cela redonne de l'espoir. C'est exactement ce que suscite chez moi ce drapeau. »
02:37Damas est considéré comme l'une des plus anciennes villes habitées au monde.
02:43Ancien carrefour des civilisations et commerciales, longtemps ville touristique,
02:49la cité se remet tout juste des 14 années de guerre qui ont ensanglanté le pays.
02:57« Regardez une des vieilles portes. C'est beau. »
03:00L'UNESCO vient tout juste de reprendre ses activités dans le pays.
03:04Pour Rania, il y a une urgence. Sauvegardez les vieilles bâtisses d'Amassène.
03:11« Bonjour ! »
03:12Elle nous emmène voir l'une de ses préférées.
03:15« Oh, ça sent bon ! »
03:18« Cette maison est vraiment une pépite cachée.
03:23Pendant un moment, on a eu peur de la perdre parce qu'elle était sous l'autorité du gouvernement. »
03:30« C'est une des demeures qui a appartenu à l'émir Abdelkader, l'algérien. »
03:37« Elle est unique parce qu'on pense qu'il avait sa bibliothèque et son bureau à l'étage. »
03:42« On peut aller voir l'étage. »
04:03« Tu sais, c'était effrayant de prendre ce genre de photos avant la chute d'Al-Assad. »
04:09« Vraiment ? »
04:11« Oui, bien sûr. C'était une zone très sécurisée et puis il y avait des caméras partout. »
04:17« On nous surveillait en permanence ici. »
04:25« Je pense qu'une maison comme celle-ci doit être ouverte au public.
04:30On devrait en faire un musée ou une bibliothèque, surtout qu'elle est quasiment intacte. »
04:36« C'est assez rare de trouver une maison dans cet état désormais. »
04:43Voir Damas briller à nouveau.
04:46Y contribuer à son échelle.
04:49C'est aussi le rêve d'Assad.
04:54« Nous allons ouvrir une petite librairie dans le vieux Damas et nous sommes venus jeter un œil au livre
04:59disponible. »
05:00Cet ancien journaliste basé à Paris a sauté dans un avion à la chute de Bachar al-Assad.
05:06Dans les allées du salon du livre de Damas, le premier depuis la fin de la dictature, il goûte à
05:14une liberté nouvelle.
05:15« La raison pour laquelle je suis ici aujourd'hui, que j'essaie moi à lancer une librairie à Damas,
05:22c'est parce que sous Bachar al-Assad, moi je suis grandi en Syrie,
05:25j'avais aucun accès aux livres de qualité intellectuelle, des livres vraiment indépendants sur l'histoire de la Syrie.
05:32Même pas l'histoire contemporaine, mais l'histoire moderne, l'histoire antique, les idées. »
05:41Accompagné de Brandt, son associé américain, Asser fait ses premières acquisitions.
05:47« Il y a tout. Il y a les livres conservateurs, il y a les livres peu plus libéraux.
05:53Là je vois des romans syriens par exemple, des œuvres classiques arabes comme Ibn Khaldun,
05:58ou des poètes modernes comme Gibran Khalid Gibran, Dostoyevsky par exemple. »
06:05« On peut mesurer en fait la sainteté de la démocratie et ce nouveau chapitre en Syrie
06:11par les livres qui sont disponibles aux lecteurs.
06:16Et après c'est à nous de vendre ces livres accessibles à tout le monde. »
06:21En tout, ils repartiront avec une centaine de livres ce jour-là.
06:25« Les ouvrages achetés seront ensuite revendus ou loués. »
06:32« Ici, dans le vieux Damas. »
06:36Dans cette échoppe, Kasser et Brandt se sont mis en tête de transformer en boulangerie-librairie.
06:43« C'est grand jour, la façade de la boutique vient d'arriver. »
06:53« Voilà, pour moi, ça signifie qu'on est finalement là, qu'on est prêt à ouvrir.
07:01On peut dire que c'est le grand jour.
07:03C'est un grand jour. Là, ça devient sérieux.
07:05Il faut voir. Moi, je crois qu'on a une idée magnifique.
07:10Et voilà, je suis un peu stressé, mais très heureux. »
07:17Un projet qui vient revitaliser le quartier.
07:25« Comme je te le disais, mon four a une profondeur de 2,5 mètres.
07:28J'aurais donc besoin d'une pelle à enfourner d'environ 3 mètres. »
07:34« J'ai fait leur connaissance ici, près de la boutique.
07:38C'est une belle idée de projet qu'ils ont.
07:41J'espère que ce sera un succès, surtout que cette boutique est restée fermée depuis 20 ans.
07:46Ils l'ont nettoyée et restaurée ?
07:49J'ai 45 ans et je ne savais même pas qu'il y avait des pierres anciennes dans cette boutique.
07:53Grâce à eux, elles sont visibles désormais. »
07:58Une aventure qui s'annonce prometteuse.
08:08À quelques encablures de là, dans la vieille ville de Damas,
08:15Rania continue toujours ses déambulations quant à elle.
08:20Au détour des ruelles, il lui arrive de tomber sur des particuliers qui restaurent de vieilles bâtisses.
08:28Et comme toujours, elle ne résiste pas à la tentation d'en trévoire
08:32et de donner son avis sur la meilleure façon de procéder pour redonner un éclat à la demeure.
08:39« Voyons voir, c'est bleu la couleur d'origine ici. »
08:46« Les spécialistes savent le faire. »
08:48Malgré les soubresauts politiques et sécuritaires que connaît la Syrie,
08:52Rania veut rester confiante.
08:54Comme beaucoup de Syriens, elle estime que rien ne peut être pire que la dictature d'Al-Assad,
09:01père et fils.
09:07« C'est une renaissance, vraiment.
09:10D'ici cinq ans, j'espère qu'il y aura plus de bâtisses restaurées
09:13et qu'il y aura plus d'investissements. »
09:17« Si on se fie à l'histoire de la Syrie, on voit que ce pays a été attaqué, détruit
09:22de nombreuses fois,
09:23dans des guerres ou des tremblements de terre.
09:25Et il a toujours ressuscité. »
09:28Débarrassés du tyran, les Syriens doivent maintenant apprendre à se parler et s'écouter,
09:34écrire surtout une nouvelle page de leur histoire.
09:44Avec « Le soleil se lève aussi », son premier roman à succès,
09:49Hemingway a fait connaître Pamplune au monde entier.
09:51L'écrivain et journaliste est venu participer pendant 50 ans
09:55aux fêtes votives de la capitale de la Navarre.
09:58L'histoire d'amour entre lui et la ville est toujours bien vivante.
10:13Pamplune est une ville élégante sur un plateau entre les montagnes de la Navarre.
10:18La meilleure terre que je n'ai jamais vue.
10:22Ces mots sont ceux de l'écrivain américain, Ernest Hemingway.
10:26Ils traduisent toute la passion et l'amour qu'il porte à la capitale de la Navarre.
10:30Nous sommes en 1924.
10:33Il s'installe dans le célèbre hôtel La Perle.
10:36Sa chambre aujourd'hui porte toujours son nom,
10:38un lieu de pèlerinage obligé pour tous les fans de l'écrivain.
10:43Jeune journaliste et reporter de 25 ans,
10:46il découvre cette ville pendant ses célèbres fêtes de la Saint-Fermain.
10:49Deux ans plus tard, il publie son premier roman,
10:52salué par la critique internationale,
10:54« Le soleil se lève aussi », fiesta en espagnol.
11:01Dans ce livre, de nombreuses pages décrivent la ville de Pampelune
11:06et son ambiance si particulière.
11:13On revenait dans la rue et on jeta notre regard sur la cathédrale.
11:17C'est un bon exemple d'un souvenir disparu.
11:20Elle me parut très jolie, vieille et obscure,
11:24comme toutes les églises espagnoles.
11:32L'émotion ressentie dans cette pièce,
11:34c'est de se rappeler que Hemingway a vécu ici
11:37quand il venait à Pampelune.
11:39Tout le monde pense qu'il a écrit sur ce bureau.
11:43En aucun cas.
11:44Il venait faire la fête pour la Saint-Fermain,
11:47pas pour travailler.
11:50Et en plus, il n'écrivait que deux bouts sur un pupitre
11:54où était posée sa machine à écrire.
11:56Jamais assis.
12:03Un choc culturel pour une découverte hors norme.
12:08Il faut imaginer ce jeune journaliste américain
12:11ne parlant pas un mot d'espagnol,
12:13plongé au milieu de cette foule qui célèbre la Saint-Fermain,
12:16ses taureaux lancés dans les rues
12:18et ses corridas enflammés.
12:27Ajoutés à cela, son goût prononcé pour les apéritifs
12:30et les repas bien arrosés.
12:31Et l'on comprend facilement alors que l'Espagne
12:34et son sens de la fête ne pouvaient que le séduire.
12:45Il ne faut pas oublier que l'on parle de l'année 1923.
12:53L'année d'avant, il avait découvert le monde de la corrida à Madrid.
12:57Mais ici à Pampe-Lune, au-delà des traditionnels corrida,
13:00il a connu notre feria,
13:02avec dès le matin les gens qui couraient devant les taureaux dans les rues.
13:07Et ce qu'il a vécu à ce moment-là
13:09a été le moteur déclencheur de sa passion pour notre ville.
13:15C'est ainsi que pendant neuf ans ensuite,
13:17il a participé régulièrement à notre Saint-Fermain,
13:20de 1923 à 1959,
13:23pour sa dernière venue.
13:42Son premier livre, son premier succès,
13:45a fait découvrir Pampe-Lune au monde entier.
13:48Aujourd'hui, avec tout le temps qui a passé,
13:51déjà un siècle que ce livre a été publié,
13:54il y a beaucoup de personnes qui disent que s'il y a autant de gens,
13:57surtout des étrangers, qui viennent pour nos fêtes de la Saint-Fermain,
14:01la faute en revient à Hemingway.
14:05On peut dire que la mémoire d'Hemingway plane encore sur nos fêtes,
14:09parce que des centaines de milliers de visiteurs sont venus ici grâce à lui.
14:15Des écrivains, il y en a des milliers dans le monde,
14:18mais il n'y en a qu'un qui a été capable de faire venir autant de monde
14:21qui répond à la seule lecture de son œuvre.
14:27Et cette personne, c'est Ernest Hemingway.
14:36Le café Irounia, au centre de Pampe-Lune.
14:39Il date de 1888.
14:44Un endroit légendaire qui fut le premier édifice de la ville
14:48à être éclairé à l'électricité.
14:54Un joyau de la cité où se trouve également le célèbre coin de Hemingway,
14:59un bar attenant conservé précieusement en l'état originel.
15:05À Côté-Rocontor, une sculpture en bronze,
15:08grandeur nature de l'écrivain américain.
15:10L'hommage de Pampe-Lune à celui qui a fait connaître
15:13la capitale de la Navarre dans le monde entier.
15:16À Pampe-Lune, il est venu neuf fois.
15:19Et à chaque fois, il venait ici, au café Irounia.
15:23Il aimait le café, le vin, le cognac.
15:28Le cognac de la marque Fondador.
15:31En 1997, on a installé ici cette statue pour lui rendre hommage.
15:38Aujourd'hui, c'est devenu une référence dans notre ville.
15:42De la même manière que les gens viennent visiter la cathédrale,
15:45la mairie ou les arènes,
15:48ils viennent ici et font une photo avec Hemingway.
15:57Dès sa première venue à Pampe-Lune,
16:00Ernest Hemingway a été d'emblée adopté par la population locale.
16:04Il n'en croyait pas ses yeux.
16:08Puis survint la guerre civile en 1936.
16:11Il choisit alors de rejoindre les combattants républicains.
16:14Une période dramatique qu'il décrit dans son roman,
16:17Pour qui sonne le glas.
16:19Il ne revient à Navarre que bien des années plus tard.
16:27Quand survient la guerre civile,
16:31il rejoint tout de suite le camp des républicains.
16:36Une fois la guerre terminée,
16:37et la victoire de Franco,
16:39il ne se risque pas à revenir à Pampe-Lune.
16:42Il pensait alors qu'il ne serait pas bien accueilli.
16:46Et jusqu'en 1953,
16:48il n'a pas eu la volonté de revenir.
16:54Et quand il est revenu cette année-là,
16:56il s'est de suite aperçu que personne ne lui reprochait son passé de républicain.
17:00On a continué à l'inviter partout dans les bars.
17:04Il était déjà connu comme un célèbre écrivain.
17:08L'année d'après, en 1954,
17:11il obtient le prix Nobel.
17:13Et quand il a vu que personne ne lui reprochait son passé,
17:16il a fini par tomber définitivement amoureux de Pampe-Lune.
17:21Mais ce qu'il a beaucoup déçu,
17:22c'est que lors de son retour en 1953,
17:25il y avait déjà beaucoup d'Américains pendant les fêtes.
17:28Ils étaient là parce qu'ils avaient lu son livre.
17:31Et cela ne lui a pas pu.
17:36Parce que la Pampe-Lune qu'il aimait
17:40était celle sans la présence des touristes étrangers.
17:42« Je ne pourrais jamais en faire autant
17:51que ce que Pampe-Lune a fait pour moi. »
17:55Une déclaration d'Emmingway de 1953 qui a tout de même avec sa célébrité
18:00resitué la ville de Pampe-Lune sur la carte du monde.
18:04Le soleil s'élevait aussi sur la capitale de la Mavare,
18:07le jour où un jeune écrivain américain
18:10l'a choisi comme ville d'adoption.
18:19Ils sont jeunes, plein d'envie, plein d'espoir.
18:22Le grand écran les fait rêver.
18:24À Marseille, l'Afriche de la Belle-Domée,
18:26un lieu de culture pour tous,
18:28leur offre l'occasion de découvrir la réalité du métier de comédien
18:31le temps d'un stage avec des professionnels.
18:36« Sortez de la salle de bain ! »
18:40« Vous l'avez vu ? »
18:42« Mettez les mains sur la tête ! »
18:44« Mettez les mains sur la tête ! »
18:45Nessim et Laura jouent Tom Hanks et Leonardo DiCaprio
18:49dans « Arrête-moi si tu peux »,
18:51film culte de Steven Spielberg.
18:54Pendant dix jours, à l'Afriche Belle-Domée de Marseille,
18:57ils suivent un stage d'immersion au cœur du métier d'acteur.
19:00« Coupez ! »
19:02« Ok, super ! »
19:04Nassim a 27 ans.
19:05Il est infirmier libéral, mais rêve d'être comédien.
19:08« Bien sûr, j'aimerais que ce soit mon métier.
19:10Moi, je fais le travail nécessaire, je le sais.
19:11Je travaille, je ne lâche pas.
19:13Je fais mon chemin et on verra. »
19:14« Maître des lieux, maître du monde. »
19:16Laura a fait une école de théâtre
19:18et c'est la première fois qu'elle tourne
19:20avec un réalisateur professionnel.
19:22« Je ne me pose pas la question de s'il y a de la place pour moi ou pas.
19:27C'est là où je me sens bien.
19:29J'essaie de faire mon travail au mieux.
19:31Et si je le fais bien, si je tiens sur la longueur,
19:34il n'y a pas de raison que je n'y ai pas ma place. »
19:36« C'est pas des séquences d'une sur une, prise une. »
19:3914 jeunes, éloignés des circuits traditionnels,
19:42ont été sélectionnés parmi une centaine de profils.
19:45Ils sont suivis pendant deux ans.
19:47« L'objectif de ce stage est d'accompagner les jeunes
19:49dans un parcours professionnalisant,
19:52de leur donner des codes,
19:54de leur permettre de constituer un réseau,
19:56de rencontrer des professionnels
19:58et de se faire connaître potentiellement
20:02par des directeurs et des directrices de casting. »
20:05Le groupe séduit Sébastien Tullard.
20:07Il se nourrit, lui aussi, de ces échanges.
20:10« Ils ont beaucoup d'humilité
20:12et ça, c'est toujours quelque chose
20:15que j'aime retrouver.
20:17Il y en a qui viennent de pays différents
20:18et en fait, c'est des richesses.
20:20Ils ont chacun leur histoire.
20:22On est passé par une matinée
20:23où on s'est raconté nos vies.
20:25C'était très intense et j'ai appris beaucoup d'eux. »
20:30La vie de Raoul Omid force le respect.
20:32Il est arrivé d'Afghanistan il y a cinq ans
20:35grâce à son père, venu à pied jusqu'en France.
20:38Le théâtre lui a permis d'apprendre le français
20:40à la maison des jeunes de Martigues.
20:42À 23 ans, il vit de petits boulots
20:45mais rêve de cinéma.
20:47« Finalement, elle prend un euro.
20:49Mais alors, quel cirque ! »
20:52« Je peux jouer tous les rôles.
20:57Drôle, sérieux, timide, tout ça.
21:00Mais j'aime jouer un rôle d'amour
21:03et aussi de colère.
21:06Ça, je me sens beaucoup très à l'aise. »
21:09« Toi, le dernier, une fois qu'il a créé pareil, bam ! »
21:12« Il allume, le dernier, bam ! »
21:15L'envie, c'est ce qui a poussé Cédric Jiménez
21:17à faire des films.
21:19Autodidacte, le réalisateur marseillais de Bac Nord
21:21fait travailler des talents locaux sur ses tournages.
21:25Pour lui, tous les métiers du cinéma
21:28permettent de s'épanouir.
21:29Il faut travailler et surtout y croire.
21:32« Il y a plein d'exemples de jeunes et de gens
21:36qui sont arrivés
21:38et qui n'étaient pas forcément destinés
21:40à faire ce métier
21:40ou en tout cas qui, sur le papier,
21:43il n'y avait pas d'évidence.
21:43On a vu Suleyman au César,
21:45Karim Le Clou,
21:46qui a commencé figurant sur un prophète
21:48que j'adore, avec qui j'ai tourné,
21:51qui vient de recevoir le César du meilleur acteur.
21:52Donc y croire que c'est la base. »
21:56Les places sont chères dans le cinéma.
21:58Peu de films sont en effet tournés chaque année.
22:00Mais la filière est en pleine effervescence à Marseille.
22:03Les décors et la lumière
22:05séduisent des productions du monde entier.
22:07Alors, il faut former les jeunes comédiens de la région.
22:11« Ce qu'il faut qu'on arrive à susciter
22:12avec Immersion Cinéma
22:14et avec d'autres projets que la réplique mène
22:15au niveau du cinéma,
22:16c'est que les produits locaux soient consommés.
22:19Et nous aussi, les acteurs et les actrices
22:22résidant dans cette région,
22:23on est des produits locaux.
22:24Donc tu préfères acheter tes tomates locales
22:26et pas les importer d'ailleurs.
22:28Ici, c'est possible aussi
22:30d'utiliser un peu plus les acteurs et les actrices.
22:33La vie de certains
22:35a même basculé grâce au tournage.
22:38C'est le cas de Jasmine et Kevin,
22:40castés alors qu'ils vivaient dans la rue
22:42à ce moment-là.
22:43À l'écran,
22:44ils jouent un couple dans un foyer.
22:46L'expérience a complètement changé leur vie.
22:49Depuis qu'il y a eu ça,
22:50ça nous a donné quand même un gros coup de pouce.
22:53Ça nous a aidés, tout ça.
22:55On a pu avancer, trouver un logement,
22:57avoir de l'argent.
22:59Voilà quoi.
23:00Ça a ouvert une porte.
23:01Après, moi, depuis le début,
23:02je voulais faire ça.
23:03Déjà, donc après,
23:04c'est venu vers moi,
23:05donc je ne peux pas refuser.
23:07Yannis aussi revient de loin.
23:09Originaire du 3e arrondissement de Marseille,
23:12il a été touché par une balle perdue
23:14il y a un an.
23:15Le cinéma a croisé sa route
23:16pendant le tournage de Salem
23:18de Jean-Bernard Marlin,
23:19dans le même quartier, Félix Piat.
23:22Pour ce nouveau long-métrage,
23:23il joue le second rôle masculin.
23:26Son personnage vient de sortir de prison.
23:28Un rôle qui lui colle à la peau.
23:31Auparavant, c'était plutôt compliqué.
23:34Et j'ai de m'en sortir
23:35et j'ai trouvé cette voie
23:37qui me semble plier bien à mon goût.
23:41J'ai trouvé vraiment une ambiance familiale.
23:46C'est pour ça que tous les matins,
23:47je me levais, j'étais content.
23:49Après une expérience si intense,
23:51pas facile de retourner à sa vie quotidienne.
23:54Certains ont des petits métiers alimentaires,
23:56mais pour d'autres,
23:57redevenus invisibles,
23:58la désillusion guette.
24:00Il n'y a aucune infrastructure
24:01pour leur donner
24:03l'appétence pour ce métier.
24:05Donc on les utilise dans un film ou deux.
24:07Et après, déjà,
24:08il y a une perte sèche pour le métier
24:09parce que c'est des gens
24:10qui du coup capitalisent pas du tout
24:11sur l'expérience
24:12et risquent de repartir vers d'autres métiers.
24:15Mais souvent, malheureusement,
24:16c'est très violent.
24:17Et du coup,
24:18on peut aussi en perdre des plumes.
24:21Les apprentis comédiens
24:22du stage d'immersion
24:23ont déjà créé
24:24une joyeuse petite famille à Marseille.
24:27inscrire leur nom
24:28au générique d'un film,
24:30ils en rêvent tous,
24:31chacun à leur manière.
24:33Le but, c'est d'en vivre
24:33et de ne plus faire de métier à côté,
24:35mais ça prendra le temps que ça prendra.
24:37Moi, j'en ai marre d'attendre,
24:38donc j'ai envie de faire les choses
24:40par moi-même s'il faut.
24:41Manger le monde, quoi.
24:43Franchement,
24:44si je pourrais aller loin,
24:46j'y vais.
24:49Ma rêve,
24:50je vais devenir un grand acteur de France.
24:52J'espère que je vais réussir.
24:56Réussir
24:56et même fouler
24:58le tapis rouge de Cannes.
25:00...
25:06C'est ce qu'a vécu
25:07Malou Kebizi,
25:08la révélation de Diamant Brut.
25:10Avec, comme un symbole
25:12à ses côtés,
25:12Idira Zougli,
25:14étoile montante
25:14et marseillais comme elle.
25:16C'est un casting sauvage
25:17qui les a tous deux révélés.
25:19Pour son premier rôle à l'écran,
25:21Malou joue une bimbo,
25:22candidate de télé-réalité.
25:24Elle a même été nommée
25:25au César de la révélation féminine.
25:28Elle est parfaite, la meuf.
25:29Arrête.
25:31Elle domine tout le monde.
25:35Voilà de quoi donner
25:36encore plus envie
25:37aux jeunes acteurs
25:38en devenir de s'accrocher.
25:40Car un jour,
25:41tout peut basculer.
25:47Fin de ce magazine.
25:49À bientôt
25:50pour de nouvelles découvertes
25:51en Méditerranée.
26:03Sous-titrage Société Radio-Canada
26:07Sous-titrage Société Radio-Canada
26:10Sous-titrage Société Radio-Canada
26:12Sous-titrage Société Radio-Canada
26:14Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires