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  • il y a 2 heures
C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :

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00:03Générique
00:09Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin.
00:14Nous ne sommes jamais dans les livres, c'est le titre du dernier ouvrage du journaliste Edouard Zambo, il est
00:19notre invité aujourd'hui.
00:21On va revenir ensemble sur plusieurs thèmes abordés cette semaine, à commencer par l'université de Mayotte.
00:26Comment envisager de se former sur son territoire lorsque tout ou presque manque au quotidien ?
00:332000 étudiants, peu de filières, mais des jeunes qui veulent y croire, nous les avons rencontrés.
00:38Près de 8 mois qu'à Madagascar, l'armée a pris le pouvoir, 8 mois d'une transition politique instable.
00:45Un pouvoir en place sous pression, alors que la GNZ, par qui tout a commencé, accroît sa surveillance et s
00:51'organise en vue de la présidentielle de 2027.
00:54Enfin, plus de 325 millions d'euros ont été mobilisés depuis 2018 pour la restauration du patrimoine en péril.
01:021000 sites patrimoniaux, dont plus de 70% sont aujourd'hui restaurés ou en cours de restauration.
01:08Illustration dans un instant sur l'île de La Réunion.
01:12Bonjour Edouard Zambo.
01:13Bonjour.
01:14Je suis ravie de vous accueillir sur le plateau de C'est pas si loin.
01:16C'est une jeune Guyanaise qui s'appelle Patricia, qui vous a donné finalement le titre de votre ouvrage,
01:23Nous ne sommes jamais dans les livres, un cri du cœur.
01:26Elle qui, dans son manuel de géo, voyait les Alpes, mais rien sur la Guyane.
01:31Comment et pourquoi est née cette aventure éditoriale, comme vous la nommez vous-même ?
01:36Parce que la zone d'expression prioritaire, qui est à l'origine de ce travail que j'ai créé avec
01:42mon camarade Emmanuel Vaillant,
01:43on essaye d'identifier ce qu'on considère être des angles morts de la représentation médiatique.
01:49Et il se trouve que les Outre-mer en sont un, un grand.
01:52Et donc on a essayé de, toujours à notre méthode, d'aller rencontrer les habitants des territoires ultramarins en leur
02:00disant
02:00« Faites-nous votre récit, qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur vous-même qui nous aide à
02:06mieux appréhender le territoire,
02:08le pays dans lequel vous vivez ? »
02:10Et voilà, et on a rencontré au cours de cette année, parce que c'est une année de pérégrination,
02:15à peu près 600 habitants, de 13 à 80 ans à peu près, et qui chacun ont apporté une pierre
02:23à ce qu'on a voulu être un récit collectif,
02:25un récit choral de ces territoires qui ont des points communs et aussi des très grandes différences.
02:32Et effectivement, Patricia, c'est très drôle parce que c'est le premier atelier que j'ai animé à Cayenne.
02:36Ah oui, je savais que c'était l'un des premiers, mais carrément le premier.
02:39C'est le premier atelier à Cayenne dans ce collège.
02:40Et donc, je dis aux adolescents qui vont participer et je leur dis « Et si tout se passe bien,
02:46à la fin, on écrira un livre ensemble. »
02:49Et du fond de la classe, cette jeune fille se lève et me dit « Mais monsieur, nous, on n
02:52'est jamais dans les livres. »
02:54Et voilà, et on ne savait pas encore, on n'était pas sûr que ce livre existerait.
02:57Et forcément, cette interpellation est revenue au moment où il a fallu lui trouver un titre.
03:02Donc, non seulement Patricia est dans le livre, mais elle lui a donné son titre.
03:05Effectivement. Alors effectivement, il y a toutes sortes de profils dans cet ouvrage.
03:08Et aussi des jeunes, des octogénaires, vous le rappeliez, une succession de récits à la première personne.
03:13Comme Betty, une Guadeloupéenne de 39 ans.
03:15Je vais citer ce qu'elle dit dans cet ouvrage.
03:17« Je suis un arbre sans racines. »
03:20C'est qui Achille, René Boineuf, Gerti Archimède, Félix Eboué ?
03:23Aucune idée. Je n'ai pas su répondre aux touristes qui m'ont posé ces questions.
03:26Pourtant, l'histoire de France, je la connais.
03:29Je sais qui est Napoléon, qui est Charles de Gaulle.
03:31Je situe la Renaissance.
03:32J'ai étudié et surtout, j'ai voyagé et j'aime la Guadeloupe.
03:36Il est triste, cet échange. Il est réaliste, mais il est triste.
03:39Vous vous en souvenez ?
03:41Alors, c'est pas moi qui ai fait cet atelier.
03:42C'est un journaliste avec lequel on travaille, Ludovic Clérima,
03:45qui est installé en Guadeloupe, qui travaille sur la Guadeloupe et la Martinique
03:49et qui habite en Guadeloupe.
03:51Donc, ce n'est pas moi personnellement qui l'ai accompagné,
03:54mais il est très révélateur.
03:55Il est très révélateur de ce que je vous disais, de l'angle mort.
03:58De l'angle mort dans lequel un certain nombre de nos concitoyens
04:01sont condamnés à vivre.
04:03Et ça rejoint effectivement ce que dit Patricia sur le
04:06« Nous ne sommes jamais dans les livres ».
04:07On avait tourné, et c'est comme ça qu'on a écrit ce texte avec cette adolescente,
04:11on a méthodiquement tourné les pages de son manuel d'histoire géo.
04:14Elle n'est pas dedans, sauf au moment où il est question de l'abolition de l'esclavage.
04:19On n'est pas réduit à être des descendants d'esclaves
04:21quand on est un ultramarin.
04:22– Édouard Zambaud, beaucoup avant vous ont aussi écrit sur cette France à part,
04:28sur les inégalités, ont comme vous parfois été stupéfaits, ont été en colère.
04:33Et puis nous voici aujourd'hui de nouveau à dire et à montrer, parfois à dénoncer.
04:38Est-ce que vous nourrissez un espoir tout particulier ?
04:41Est-ce que vous avez un objectif à travers cet ouvrage ?
04:43– Alors, d'abord, vous me donnez la paternité de cet ouvrage,
04:47qui est un travail collectif.
04:48– Oui, je dis vous, évidemment, parce que vous n'êtes pas sa voix.
04:50– Non, mais effectivement, c'est un travail collectif.
04:52– J'ai la chance d'être là aujourd'hui avec vous.
04:54– Bien sûr, vous n'y avez pris part.
04:55– Voilà, c'est une quinzaine de journalistes,
04:57j'en suis même un peu à l'origine,
04:58mais c'est une quinzaine de journalistes et une structure.
05:01Et puis, 600 participants.
05:03Sans eux, rien n'existerait.
05:05Vous me demandiez la question de l'objectif.
05:07Il est tout simplement d'offrir à des gens
05:11la possibilité de se raconter tel qu'ils souhaitent se raconter
05:15et de choisir un événement.
05:18Et ce n'était pas du tout un travail biographique ou autobiographique.
05:20C'est quelle est la petite expertise ou la grande expertise
05:24qui va nous permettre de mieux embrasser une réalité qui est la tienne.
05:28Et voilà, c'est ça qu'on voulait apporter
05:30et c'est ça qu'on vient défendre aujourd'hui chez vous.
05:32Et je vous remercie de nous accueillir.
05:34Mais c'est ces paroles-là, on est des passeurs vraiment dans notre intention.
05:39Allez, on en vient au premier thème sur lequel vous avez souhaité rebondir cette semaine.
05:437 lycéens sur 10 quittent Mayotte après le bac.
05:47Conséquence d'une offre de diplôme assez faible,
05:49largement portée par des universités partenaires à La Réunion ou dans l'Hexagone.
05:53Conséquence aussi d'un quotidien dans lequel tout manque.
05:57De l'eau au sanitaire, de la sécurité au logement universitaire.
06:00Extrait.
06:09Poursuivre des études supérieures à Mayotte demande courage et résilience pour les plus modestes.
06:14Ici, aucune offre de logement étudiant n'est proposée.
06:18Venant des quatre coins de l'île,
06:20les élèves doivent se lever très tôt pour rejoindre le campus de Dembéni.
06:24Grâce à un seul moyen de transport, le car, parfois caillassé dans certains secteurs.
06:31On manque construire un avenir en sachant qu'on se réveille avec la boule au ventre.
06:34Parfois je me réveille, je me dis j'y vais ou j'y vais pas.
06:39C'est ça la question.
06:40C'est une réalité.
06:41C'est une question, j'y vais ou j'y vais pas.
06:43Aussi, il faut avoir la persévérance pour se réveiller à 4h et 3h du matin et se préparer à aller
06:48à l'université.
06:49Tenir la journée jusqu'à 17h, c'est pas évident.
06:51Et en sachant que parmi les étudiants, il y en a qui n'arrivent même pas à trouver à manger
06:57pour la pause-déj.
06:59Et pourtant, ils sont là.
07:01Le quotidien des étudiants a aussi été bouleversé par le passage du cyclone Chido en décembre 2024.
07:07Et notamment par les coutures d'eau.
07:10Les étudiants ne peuvent même pas aller aux toilettes.
07:13Et ça, encore une fois, je le répète, je sais très bien qu'en France métropolitaine, on ne laisserait pas
07:17passer cela.
07:18On ne peut même pas aller aux toilettes.
07:19C'est...
07:23Moi, pour enfant, j'allais à la mosquée.
07:34Chido, j'ai envie de dire, nous a secoué, mais d'une manière, waouh, difficile.
07:40Parce que déjà, l'amphithéâtre, elle était détruite.
07:44On s'est retrouvés, nous, étudiants, à faire des cours dans des petites salles.
07:47Quand on avait en retard, il n'y avait plus de place, il n'y avait pas nécessaire par terre.
07:50Moi, je me suis assis par terre à plusieurs reprises.
07:52Encore une fois, je dis que c'est triste.
07:54Beaucoup d'étudiants maorais rêveraient de rester.
07:56Mais les conditions ne sont pas réunies pour pouvoir rester.
08:00Vous avez rencontré des étudiants maorais, des témoignages vous reviennent ?
08:04Oui, on a fait un travail avec des étudiants, et particulièrement des étudiantes.
08:08Et c'est ce qui me saute, la première chose aux yeux, c'est que vous aviez...
08:11Vous avez trois garçons dans cet extrait.
08:13On a aussi beaucoup interrogé des filles et des femmes tout au long de cette émission.
08:18J'imagine, mais parce qu'il y a encore une autre inégalité qui s'applique sur les jeunes filles.
08:25Et c'est pour ça que je le souligne.
08:26Mais ce qu'ils disent est parfaitement vrai.
08:29On a travaillé avec les étudiantes du campus de Dames-Béni.
08:33Je reconnais les images à la maison de l'étudiant.
08:37Et effectivement, la solution, oui, la seule solution est de partir.
08:42Enfin, quasiment la seule solution, quand on veut suivre un parcours universitaire
08:47dans les territoires ultramarins, il faut forcément regarder ailleurs.
08:50Et c'est cruel, parce que ce n'est pas facile peut-être de retourner voir ses parents
08:56à Clermont-Ferrand quand on étudie à Paris.
08:57Mais c'est totalement impossible de retourner à Mamoudzou ou à Saint-Pierre-de-la-Réunion.
09:03Et je pense à une dame, une adulte, Fatima, qui, à La Réunion, m'avait proposé un texte.
09:12Elle voyait tous ses enfants partir les uns après les autres.
09:15qui avaient toutes, c'était ses trois aînés d'abord, et puis le garçon arrivé, le quatrième.
09:20Elles avaient toutes des parcours d'excellence, des mentions très bien au bac.
09:24Vraiment la méritocratie, on pourrait dire.
09:27Et cette dame, qui était une dame qui avait des revenus modestes,
09:31se saignait pour que ses enfants puissent étudier à Paris.
09:35Et c'est maintenant l'aîné qui, heureusement, a fait son cursus
09:38et qui a aujourd'hui une situation stable.
09:41Mais la grande sœur est obligée de prendre en charge…
09:45C'est une réalité très fréquente outre-mer, effectivement, malheureusement.
09:48Les plus petits, et on voit cette différence.
09:51Édouard Zembault, on parle là des étudiants, des étudiantes, en l'occurrence.
09:55Et puis il y a aussi les plus jeunes, les collégiens.
09:56Et d'ailleurs, dans votre ouvrage, il y a un jeune garçon, Ismaël,
09:59me semble-t-il, qui a 14 ans, qui parle de son départ extrêmement matinal,
10:02vers 4h du matin pour aller au collège,
10:04pour prendre le bus qui va emmener tous les collégiens au collège.
10:07Donc lui, il arrive assez tôt,
10:09puis le bus va chercher d'autres collégiens pour d'autres collèges.
10:12Problème, lorsqu'il arrive tôt,
10:14il y a un risque de se faire agresser, caillasser devant l'établissement.
10:17Un collège qui est obligé d'ouvrir ses portes plus tôt
10:19pour protéger les élèves, ce qui est terrible.
10:22Cette insécurité de jeunes collégiens, de jeunes lycéens,
10:26vous l'avez retrouvée ailleurs.
10:28Elle est très particulière à Mayotte.
10:30Elle est très particulière à Mayotte.
10:32Je me souviens, on avait dans notre organisation,
10:35on faisait des résidences de 15 jours dans chacun des territoires.
10:38Et un de ces jours, pendant qu'on était à Mayotte,
10:4114 bus scolaires avaient été caillassés le même matin.
10:44C'est-à-dire que c'est l'attaque...
10:45Le bus scolaire, c'est un peu l'attaque de la diligence, parfois.
10:49Il faut prendre le bus.
10:50Alors, voilà, caillasser d'ailleurs.
10:51Tous les bus scolaires, on n'en voit pas si un dans votre reportage.
10:56n'ont plus de glace.
10:57Elles sont remplacées par des plexiglas.
10:59Parce qu'effectivement, à force de recevoir des pierres.
11:02Et puis, effectivement, il y a à Mayotte,
11:06et c'est quand même très particulier dans tous les territoires,
11:08cette histoire des coupeurs de route.
11:10Enfin, des gens qui...
11:13Mais même nous, on se déplaçait en scooter,
11:15parce que c'est impossible de prendre une voiture à Mayotte,
11:18tellement il y a d'embouteillage.
11:19On se déplaçait en scooter.
11:20Et c'est vrai qu'il y a des moments,
11:21quand on devait rentrer un peu tard, à la nuit tombée,
11:25ben on...
11:26Donc, des personnes qui bloquent la route...
11:28Voilà, qui sortent du bord de la route
11:30pour détrousser les...
11:32Tout simplement.
11:32Voilà, les...
11:33La sécurité permanente.
11:34Les personnes qui passent.
11:35On imagine que vos échanges consistaient à écouter,
11:38bien sûr, avant tout.
11:39Mais surtout, peut-être que ces personnes voyaient en vous
11:42la possibilité d'être entendues plus qu'écoutées.
11:46Est-ce qu'il y avait des attentes particulières,
11:48formulées, verbalisées ?
11:49Bien sûr.
11:51Alors, évidemment, notre premier stade est celui de l'écoute.
11:55On fait un travail qui se déroule sur 10 heures de temps.
11:58En 5 séances de 2 heures qu'on prend,
12:00soit sur le temps scolaire,
12:02quand on est en partenariat avec des enseignants,
12:03soit sur le temps libre, à l'heure du déjeuner,
12:06avec les étudiantes, par exemple, de l'université de Mayotte.
12:09D'abord, on écoute.
12:10Et ensuite, on essaye de dire aux personnes,
12:13d'identifier la problématique dont les gens sont porteurs
12:17en disant, ça, c'est vachement intéressant.
12:19Est-ce que tu es d'accord ?
12:21Parce que le travail est un travail de co-construction.
12:23Ce qu'on essaie de faire,
12:24c'est de mettre une sorte de technicité d'écriture au service.
12:28En disant, voilà, tu as quelque chose à dire.
12:30Et toujours, au début, les gens nous disent,
12:32mais je n'ai rien à dire.
12:33Et puis, mon histoire n'intéressera personne.
12:35Et puis, de toute façon,
12:36je ne suis pas trop capable de la raconter.
12:37Il faut qu'on fasse tomber un à un ces trois freins
12:40en leur disant, mais si.
12:41Et on se rend compte que chacun d'entre nous
12:43est porteur d'une expertise qui éclaire.
12:46La petite histoire qui révèle la grande, en quelque sorte.
12:48Absolument, c'est capital.
12:49Allez, on en vient au deuxième thème de la semaine.
12:51On va rester avec la jeunesse,
12:53rester aussi dans l'océan indien,
12:54mais aux côtés de celle que l'on appelle désormais
12:56la Gen Z.
12:57C'est elle qui, à Madagascar, en septembre dernier,
13:00faisait bouger les lignes,
13:01entraînant le départ du président Andra Zohel.
13:04Elle qui, aujourd'hui encore,
13:05entend peser dans le pays.
13:07Extrait.
13:11Une capitale affairée,
13:14la place de la démocratie rendue
13:15à la circulation automobile,
13:18Antananarive semble avoir oublié
13:19la révolte de la Gen Z.
13:21Mais les militants continuent
13:23la mobilisation à leur façon.
13:25Aujourd'hui, c'est une première projection débat.
13:32La lutte n'est pas terminée.
13:34On est très, très loin de ça.
13:36Et justement, pour essayer aussi
13:38de remobiliser, se retrouver,
13:40parce qu'on a tous repris
13:41le train-train de la vie quotidienne.
13:43Ces moments-là sont importants
13:45et je suis là pour ça aujourd'hui.
13:46Je vous souhaite une bonne projection
13:49et après, on pourra entamer
13:50des échanges, des discussions
13:52et ainsi de suite
13:53autour de ce que vous avez vu.
13:56Sept mois après les manifestations
13:58qui avaient fait tomber l'ancien président,
14:00la jeunesse n'a pas abandonné
14:02ses revendications démocratiques
14:03et anticorruption
14:04face au régime dit de refondation
14:06instauré par les militaires.
14:10Aujourd'hui, la mobilisation
14:12est peut-être moins forte
14:13que le 25 septembre,
14:14mais elle est en cours
14:16d'organisation très forte.
14:17En fait, la stratégie prioritaire
14:19aujourd'hui est de s'organiser mieux
14:21politiquement,
14:21de pouvoir avoir un discours
14:23qui parle au niveau
14:24de toute la frange de la population,
14:25au niveau de tous les jeunes.
14:27Car aujourd'hui, quasiment,
14:28je pense que près de 70%
14:29des votants sont des jeunes
14:31et ne voter quasiment pas
14:33sur les dernières élections,
14:34c'est d'avoir une mobilisation
14:35qui est très forte,
14:35cette fois-ci, électoralement.
14:37Il y a toujours espoir
14:37que la refondation se fasse
14:38si elle se fait réellement
14:39dans les bonnes conditions
14:40et si elle est menée
14:42par tout le monde
14:42et de la manière transparente.
14:45En préparant cette émission,
14:46vous nous disiez notamment
14:47y voir un parallèle
14:48avec la Nouvelle-Calédonie
14:49où tout est politique.
14:51Qu'entendez-vous par là ?
14:54J'entends qu'à la suite
14:56de ces événements,
14:57il faut que le politique
14:58soit en mesure
14:59de faire quelque chose,
15:00de transformer ces moments-là.
15:02On revient de Nouvelle-Calédonie
15:04qui n'est pas dans ce livre,
15:05qui sera dans un prochain,
15:07puisqu'on est un petit peu
15:08entêté, voire têtu
15:10et qu'on veut finir le tour.
15:12Donc on revient
15:13de Nouvelle-Calédonie
15:13et on caresse l'espoir
15:15d'aller au Polydésie
15:16pour finir la boucle.
15:16C'est vrai que vous en revenez
15:17tout juste un de Calédonie.
15:19Et on a pu mesurer
15:21à quel point
15:22les émeutes de 2024
15:23sont partout,
15:26dans tous les moments,
15:28dans chaque texte
15:30qu'on a accompagné
15:31pratiquement.
15:34Et que va-t-il advenir
15:36de cette onde de choc ?
15:38Je ne mesurais pas,
15:39honnêtement,
15:40je ne mesurais pas
15:41l'importance
15:42de cet événement
15:43vu à travers
15:44la narration
15:47que j'en ai eue
15:48à travers ma radio,
15:49ma télévision
15:50en hexagone.
15:51Je n'arrivais pas
15:53à comprendre
15:54à quel point
15:55il y a eu un séisme
15:56qui s'est abattu
15:57sur cet archipel
15:59en 2024.
16:01Au moment de 2024,
16:02des émeutes.
16:02Qu'est-ce qu'on en fait ?
16:04Cette semaine encore
16:05était débattue au Sénat.
16:08La question du corps électoral
16:10qui est une question
16:14absolument fondamentale
16:15et très épineuse.
16:17Effectivement,
16:18elle est très compliquée,
16:19cette question
16:19du corps électoral.
16:20Mais comment faire
16:22et puis comment faire avec,
16:24surtout ?
16:25Et c'est exactement
16:26ce que disent
16:27ces jeunes
16:28dans votre reportage
16:30à Madagascar,
16:31c'est comment faire
16:32avec nous ?
16:33Ce qui est difficile aussi,
16:34c'est que vous parliez
16:35d'événements marquants
16:36qui sont parfois
16:36bien plus marquants
16:37de l'intérieur
16:37ou quand on s'intéresse
16:38à la façon
16:39dont on s'est vécu
16:39de l'intérieur.
16:41À Madagascar,
16:41il y a beaucoup de jeunes
16:42qui sont absolument désespérés.
16:44On a rencontré
16:44un étudiant en médecine
16:45en octobre dernier
16:46qui finalement aujourd'hui
16:47se retrouve en France
16:48parce qu'il a lâché prise.
16:49Et il me semble
16:50que dans votre ouvrage,
16:51il y a une jeune malgache
16:52qui est allée chercher
16:53une meilleure vie
16:54à Mayotte.
16:56Nous,
16:56quand on parle de Mayotte,
16:58qu'on entend
16:58les jeunes de Mayotte,
17:00ils nous disent
17:00les difficultés.
17:01On l'a entendu
17:02encore tout à l'heure,
17:02le manque d'eau,
17:03le manque de tout.
17:04Et cette jeune malgache
17:05qui vient chercher
17:05une meilleure vie à Mayotte,
17:07ça dit quoi ?
17:09Du manque de tout
17:10dans son pays à elle,
17:11du désespoir
17:12qui peut être le sien ?
17:13Ça dit du pouvoir d'attraction
17:16d'une île comme Mayotte
17:17qui nous paraît effectivement
17:19vivre dans des conditions
17:20extrêmement difficiles
17:21mais qui sont
17:22quasi luxueuses
17:23pour une jeune malgache.
17:25Alors, cette jeune fille,
17:27c'est ses parents
17:28qui ont décidé pour elle.
17:30Mais il y a aussi,
17:30dans ce livre,
17:32un texte que j'ai adoré accompagner.
17:35C'est un des rares textes collectifs,
17:36on en fait très peu,
17:37avec des très jeunes enfants.
17:39Et je leur ai proposé
17:41qu'on écrive
17:42une sorte d'allégorie
17:43du voyage en bateau.
17:45Et tous ces enfants
17:46venaient soit des Comores,
17:47soit de Madagascar.
17:48Et chacun avait les mêmes...
17:50Ils avaient des souvenirs communs.
17:52l'odeur de l'essence,
17:54le moteur qui s'arrête,
17:56la hauteur des vagues,
17:58un animal,
17:59le fait de comment on fait
18:00pour uriner sur une barque.
18:02Et puis,
18:03et on est arrivé,
18:04et ils avaient aussi
18:05un souvenir commun,
18:06quand ils arrivent à Mayotte
18:08dans une famille
18:09qui est la leur
18:10ou celle de leurs oncles,
18:12etc.
18:13Et entre autres,
18:13il y avait l'odeur des draps.
18:17Dormir dans un lit.
18:18Et voilà.
18:19Ça tient parfois à un détail,
18:20c'est ce que vous nous dites, en fait.
18:21L'odeur des draps,
18:23l'odeur de...
18:24On avait beaucoup travaillé
18:25avec ce groupe de jeunes.
18:27J'avais essayé de les amener
18:28à expérimenter leurs cinq sens
18:30dans l'écriture.
18:31Et donc,
18:32on avait essayé
18:32de trouver un goût,
18:34de trouver une odeur,
18:35de trouver un toucher.
18:36Et on a pu construire ce texte.
18:38C'était avec une association
18:40qui s'occupait justement
18:42des enfants sans papier.
18:44Je rappelle quand même
18:45qu'il y a environ
18:4630 000 enfants
18:47non scolarisés à Mayotte.
18:49Absolument.
18:50Et on en parle très régulièrement
18:51dans cette émission.
18:52Merci de le rappeler.
18:53Je le sais bien.
18:53Troisième thème
18:54de la semaine Édouard Zambaud.
18:55Le 14 avril dernier,
18:5718 sites régionaux
18:58étaient sélectionnés
18:59et dévoilés
19:00par la mission patrimoine
19:01dans le cadre
19:01du loto du patrimoine.
19:03Tous bénéficieront
19:04d'un soutien financier
19:05pour leur sauvegarde.
19:06Cinq se situent
19:07Outre-mer.
19:08Extrait.
19:13Toute la commune
19:14a été rythmée
19:15par l'activité
19:16sucrière
19:17jusqu'en 1995.
19:19Chacun a un souvenir,
19:21un parent
19:22qui a travaillé ici.
19:24Pendant 160 ans,
19:26l'usine de Beaufond
19:27a été l'une des principales
19:29usines sucrières
19:29de l'île,
19:30témoin de l'âge d'or
19:31de la canne à sucre
19:32pendant l'époque coloniale.
19:34Des centaines d'ouvriers
19:35y ont travaillé.
19:37Ils avaient l'ancien
19:38magasin ici,
19:38t'es là ?
19:39L'ancien magasin ?
19:40Non.
19:40Mais t'es là aussi ?
19:41L'ancien magasin,
19:41t'es là ?
19:43T'es là, t'es là ?
19:44T'es là ?
19:44T'es là, l'ancien magasin ?
19:47Mon papa,
19:48mon grand-père,
19:49mon beau-frère,
19:50mon tonton,
19:51tous ont travaillé
19:53dans l'usine.
19:53L'ont fait
19:54quand même un monsieur
19:54et appellent M. Blanc
19:56et nous, t'es noirs là.
19:57Et nous, les noirs,
19:58nous ne savons
19:59qu'on arrive là.
20:00Ça peut devant M. Blanc.
20:01Si vous ne voulez pas
20:02savoir devant lui là,
20:03bien,
20:06et le travailleur
20:08l'avait peur.
20:10Oui, voilà,
20:11il y a encore des restes.
20:13Encore des restes dedans.
20:16J'ai cinq enfants.
20:18J'ai fait grande,
20:19il y avait cinq enfants
20:21avec le travail de l'usine.
20:23C'était vraiment dur.
20:24On n'avait pas de sécurité.
20:26On travaillait
20:27dans des endroits difficiles.
20:29Il y avait des morts,
20:30beaucoup de morts
20:31dans l'usine,
20:31mais comme ça,
20:33l'accident de travail.
20:35C'était dur le travail,
20:36mais sûrement,
20:37il y avait quand même
20:39un bon ambiance.
20:45Moi, les créoles,
20:47et qu'en tant que réunionnaise,
20:50je suis touchée
20:51parce que ma famille,
20:52même mon papa,
20:53était coupeur de cannes.
20:54C'est mon histoire
20:54qu'on raconte
20:55à travers ce patrimoine
20:57que je défends
20:58avec les bénévoles
20:59qui m'accompagnent.
21:00C'est l'histoire
21:00de la réunion
21:01qu'on défend.
21:02Si ce n'est pas nous
21:03qui le faisons,
21:03qui le fera ?
21:08Ce qui est fou,
21:09c'est qu'un ultramarin
21:10saura facilement citer
21:11des sites patrimoniaux
21:12en France,
21:13mais rarement
21:13sur son propre territoire.
21:15Alors,
21:16qu'outre-mer,
21:16il y a un réel attachement
21:17à sa terre,
21:18à son histoire,
21:18à sa culture.
21:19Comment l'expliquer ?
21:21Je ne sais pas.
21:22Je n'ai pas d'explication,
21:24mais ça rejoint
21:24la première question
21:25de cette connaissance
21:26commune,
21:27académique,
21:28si je puis dire,
21:29et que pratiquement,
21:30on ne partage pas exactement,
21:31mais les mêmes livres scolaires
21:32et les mêmes apprentissages.
21:34Et effectivement,
21:35c'est vrai qu'on voit
21:37beaucoup d'ultramarins
21:38qui viennent,
21:38par exemple,
21:38faire des voyages scolaires
21:39à Verdun.
21:42Il y a pourtant
21:43des sites historiques
21:44qui pourraient être…
21:45Et puis,
21:45il y a ce patrimoine
21:47bâti,
21:48ces murs,
21:48et il y a le patrimoine
21:49immatériel
21:50qui me paraît aussi
21:51important à valoriser.
21:53Et en restant
21:54à la réunion,
21:55je pense…
21:56Encore une autre collégienne
21:58qui avait eu cette…
22:00Elle voulait faire un texte
22:01sur le créole
22:01parce qu'elle avait le droit
22:02pour la deuxième année
22:03d'apprendre le créole
22:05à l'école.
22:06Ce n'était pas possible avant.
22:07C'était dans le sud
22:08de la réunion
22:09et elle avait cette formule
22:11et elle disait
22:12le créole,
22:12c'est une langue sucrée
22:14qui rend heureuse.
22:16Je suis assez d'accord.
22:17Voilà.
22:19Et elle finissait son texte
22:21en disant
22:21que pour un réunionnais,
22:24entendre « me am I you »
22:25est bien plus doux
22:26que d'entendre un « je t'aime ».
22:28Voilà.
22:29Et ce patrimoine-là aussi,
22:32on est très friands
22:33de nos richesses régionales.
22:37Bien sûr.
22:38Pourquoi ne le saurait-on pas
22:39de nos richesses régionales
22:40quand elles sont ultramarines ?
22:41Effectivement.
22:42Et c'est important de le rappeler.
22:43Vous parliez de patrimoine immatériel.
22:44Je pense aussi
22:45à la montagne Pelée en Martinet.
22:46Bien sûr.
22:46Clacée au patrimoine immatériel.
22:47Et le boissail en Guyane.
22:49Absolument.
22:50Et la chasse aux tangues
22:50à la réunion.
22:51Outre-mer.
22:52Et les picolettes, etc.
22:53Ah bon, on peut commencer.
22:55Allez, on va terminer
22:57avec votre photo du jour,
22:58Édouard Zambo.
22:59Elle va s'afficher.
23:00Je la découvre en même temps
23:01que nos téléspectateurs.
23:01La voici.
23:02De qui s'agit-il ?
23:03De quoi s'agit-il ?
23:04Racontez-nous un peu ce cliché.
23:06C'est...
23:08Il y a un mois et demi,
23:10en Nouvelle-Calédonie,
23:12Kanaki est précisément
23:13sur l'île d'Ouvert.
23:15Et j'aime bien cette photo
23:16parce qu'elle montre
23:18que c'est un atelier d'écriture.
23:19On ne dirait pas.
23:21Mais c'est un des ateliers d'écriture
23:22que j'ai pu faire.
23:23Pourquoi vous dites
23:24qu'on ne dirait pas ?
23:24Il faudrait que ce soit protocolaire,
23:25à table avec tout ce qu'on imagine
23:28dans un atelier d'écriture.
23:28Dans l'imaginaire,
23:29on le voit plutôt comme ça.
23:32Et c'est Farah et Nelly
23:35qui...
23:36Voilà.
23:36Donc, vous pourrez découvrir
23:37leurs textes
23:38dans le prochain ouvrage.
23:42Mais je pense,
23:43et c'est ça aussi
23:45auquel il faut s'astreindre,
23:46c'est que quand on veut
23:47aller récolter
23:48et accompagner des textes,
23:50il faut aller les chercher
23:51là où ils sont
23:51et les accompagner
23:53dans les conditions
23:53qui sont les plus propices
23:55pour qu'ils émergent.
23:57Et on avait effectivement installé,
23:59et c'était merveilleux,
24:00et Ouvéa est un endroit
24:01tellement merveilleux.
24:02De toute façon,
24:03ça a bien plus de sens
24:04d'aller chercher l'information
24:05de cette façon
24:06plutôt que de sortir
24:06les individus de leur contexte.
24:08Vous vous définissez
24:09comme journaliste promeneur,
24:11comme un breton
24:12qui connaît
24:13le sentiment d'insularité.
24:14Est-ce que vous diriez
24:15que vous avez une sensibilité
24:16toute particulière,
24:17peut-être justement
24:18à ce sentiment d'insularité
24:20ressenti par les trois quarts
24:21des ultramarais
24:22hors Guyane ?
24:23Oui, probablement,
24:25parce que j'ai mon port d'attache
24:27sur une île de Bretagne,
24:28donc je sais ce que c'est
24:30d'être sur une île,
24:31même si je n'y ai jamais habité
24:33de manière permanente.
24:35Donc j'ai cette attirance.
24:38Et puis, j'ai été…
24:41Enfin, pour la petite histoire,
24:43quand j'ai fini
24:44mon école de journalisme,
24:45il y avait un poste
24:46qui était ouvert
24:48pour le service militaire.
24:49À l'époque,
24:49il y avait encore
24:49le service militaire à Kourou
24:53et…
24:53En Guyane.
24:54En Guyane.
24:55Et j'ai hésité à le prendre
24:56et c'est un copain de promo
24:57qui y est allé,
24:58Laurent Marot,
24:58qui travaille aujourd'hui
24:59sur France Télévisions
25:00à la première
25:01et qui y est toujours.
25:03Effectivement.
25:03Et un salut à Laurent Marot
25:04de Guyane, la première.
25:05Effectivement.
25:06Je rappelle le titre
25:06de votre ouvrage,
25:07« Nous ne sommes jamais
25:08dans les livres ».
25:08La sortie du deuxième tome
25:10est prévue pour ?
25:11J'espère la rentrée
25:12de septembre, octobre ?
25:14Et d'ici là,
25:15le prochain territoire,
25:16il me semble que c'est
25:16la Polynésie ?
25:17On croise les doigts
25:18si on arrive.
25:19C'est vulgairement
25:21une question d'argent,
25:22malheureusement.
25:23On croise les doigts
25:24pour vous, ma foi.
25:25Merci beaucoup,
25:25Édouard Zembault,
25:26d'être venu sur le plateau
25:27de C'est pas si loin.
25:28Un grand merci à vous
25:29d'être fidèles
25:30à C'est pas si loin,
25:31émission que, bien sûr,
25:32vous pouvez retrouver
25:33en replay
25:33sur la plateforme
25:34france.tv.
25:35Et puis, je vous le rappelle,
25:36en podcast
25:36sur toutes les plateformes audio.
25:38Excellente fin de journée
25:39sur France Télévisions.
25:40Très bon week-end aussi.
25:41À la semaine prochaine.
25:42Même lieu, même heure.
25:43Sous-titrage Société Radio-Canada
25:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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