00:00Voilà, qui sont accueillis chaleureusement par Emmanuel Macron.
00:05Je crois qu'Anthony Eubos est sur place à l'Élysée pour BFM TV, Anthony.
00:12Extrêmement chaleureuse entre le président de la République,
00:15Cécile Collère et Jacques Paris.
00:17Ils viennent d'arriver ici à l'Élysée par l'arrière du palais, dans les jardins.
00:21Il y a quelques instants, on a vu leurs proches,
00:24les membres de leur famille arriver aussi dans ce salon des ambassadeurs
00:27qui va les accueillir, Emmanuel Macron.
00:30On est en train d'échanger quelques mots avec eux.
00:32On ressent beaucoup d'émotions sur leur visage,
00:35même si nous nous situons à quelques dizaines de mètres d'eux.
00:39Ils sont arrivés ce matin à l'aéroport de Roissy, peu avant 9h.
00:44Emmanuel Macron avait déjà exprimé le profond soulagement
00:48après leur libération définitive.
00:50C'est la fin d'une terrible épreuve de 3 ans et demi,
00:52c'est ce qu'il avait déclaré ce matin en ouverture du Conseil de défense.
00:56L'Élysée d'ailleurs s'est coordonné avec la famille de ces anciens détenus en Iran
01:01pour justement leur laisser le temps dont ils avaient besoin pour se retrouver ensemble.
01:06Emmanuel Macron avait déjà échangé par téléphone avec eux hier.
01:10Ils sont désormais sur le sol français, reçus à l'Élysée.
01:13Ils vont entrer à l'intérieur, vous le voyez, dans ce salon des ambassadeurs.
01:17L'Élysée nous faisait savoir qu'Emmanuel Macron tenait à marquer l'affection
01:22et le soutien de toute la nation par cette réception.
01:26L'Élysée soulignait aussi l'effort diplomatique et la mobilisation des services de l'État
01:31pour assurer cette libération définitive de Cécile Colère et de Jacques Paris.
01:36À chaque appel d'ailleurs, avec son homologue iranien, Emmanuel Macron exigeait à chaque fois leur libération.
01:42Ils sont désormais libérés définitivement sur le sol français
01:46et vont s'entretenir avec le chef de l'État en ce moment.
01:49– Anthony Bosse à l'Élysée pour BFMTV, où sont donc effectivement la vue en direct à l'instant,
01:54où sont donc reçus Cécile Colère et Jacques Paris après avoir retrouvé leurs proches
01:58après quatre ans, quatre ans de calvaire en Iran.
02:01Ils avaient été condamnés et emprisonnés pour espionnage d'un mot quand même Patrick.
02:05Peut-être que certains se posent la question du calendrier si je puis dire.
02:08C'est-à-dire que c'est un hasard l'autorisation qui leur a été donnée de quitter le territoire
02:13iranien
02:13juste avant la fin de l'ultimatum américain ?
02:16– Ni un hasard, ni un geste humanitaire.
02:18Ce ne sont pas des philanthropes, on l'a bien compris, les Iraniens.
02:21Ils ont vu notamment qu'il y avait la possibilité de jouer un peu sur l'hiatus,
02:28pour ne pas dire la fracture à venir entre les États-Unis et les Européens.
02:32La position de la France, évidemment, sans être absolument jamais pro-iranienne,
02:37mais se mettre sur une posture totalement défensive.
02:41La diplomatie aussi, au-delà de la guerre, ça fait trois ans et demi,
02:44moi pour en avoir discuté plusieurs fois avec Jean-Noël Barraud,
02:49c'est le premier dossier dont il s'est emparé.
02:51Depuis le début de la guerre, il y a eu six appels entre Jean-Noël Barraud
02:54et Abbas Arraqchi, son homologue iranien.
02:57Et puis effectivement, oui, diplomatie des otages pour les Iraniens,
03:01mais le fait est qu'on a réalisé un échange hier.
03:05Il y avait une citoyenne iranienne qui a été renvoyée dans son pays,
03:09elle avait été condamnée pour apologie du terrorisme.
03:11Ça faisait partie, il ne sera jamais dit comme ça, mais de la monnaie d'échange, vraiment.
03:16Et on a bien compris que la diplomatie française, singulière,
03:19comme on dit depuis le général de Gaulle, a fonctionné.
03:22On l'a vu avec l'exemple du porte-conteneur de CMACGM qui a pu passer,
03:27avec effectivement cette libération totale aussi.
03:31Et le fait que, parce qu'on pourrait aussi en parler beaucoup,
03:35le convoi, parce que vous avez vu la quatrième personne qui était là,
03:38c'est l'ambassadeur de France à Théran, Pierre Cochard,
03:40qui n'a pas conduit la voiture, mais qui était dans ce convoi routier extrêmement périlleux,
03:46alors même que les Israéliens, parce qu'on est vraiment sur le nord-ouest du pays,
03:49étaient en train de mener des opérations de bombardement.
03:51Ils le savaient, les Israéliens, et pourtant ça s'est fait.
03:55Et donc c'est vraiment la diplomatie, c'est pour ça qu'on a beaucoup appuyé là-dessus,
03:58notamment du côté d'Emmanuel Macron, sur vraiment le travail du Quai d'Orsay là-dessus,
04:03à bas bruit.
04:04Parfois ça a été difficile pour le comité de soutien,
04:06parce que ce genre de choses, vous ne pouvez pas annoncer,
04:09écoutez, voilà, on avance, on avance, surtout avec des gens qui reculent,
04:12puis avancent, et des éléments parfois extérieurs,
04:14le bombardement de la prison des villes dans lequel se trouvaient Cécile Collère et Jacques Paris.
04:19Mais ça a été quasiment quatre ans, vraiment, d'un effort surhumain des diplomates,
04:25et puis aussi de ce comité de soutien de nos deux compatriotes.
04:28Et évidemment, Cécile Collère et Jacques Paris qui sont à l'intérieur de l'Élysée en ce moment même,
04:33s'il y a de nouvelles images, on vous les montrera évidemment,
04:35mais revenons quand même d'un mot sur ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient,
04:37parce que ça bouge sans cesse, et la guerre continue.
04:40Preuve en est, le Koweït qui dit en ce moment même faire face à une intense vague d'attaques iraniennes,
04:45et ce depuis des heures, et vous l'apprenez, Patrick, des alertes aux missiles sur les Émirats en ce moment
04:50même.
04:50Oui, la défense anti-aérienne du côté des Émirats arabes uniques est en marche,
04:53alors que oui, il y a cinq minutes, je vous expliquais que pour l'instant, c'était cantonné là-dessus.
04:57Donc on est simplement là en train de subir le scénario,
05:00je ne vais pas pouvoir vous analyser pourquoi là les Émirats,
05:03et pourquoi le Koweït en plus des infrastructures, semble-t-il, énergétiques qui ont été touchées,
05:08mais on est vraiment dans le test pour tout le monde.
05:12Il y a Hormuz, il y a le Liban, comme le disait Philippe,
05:15mais il y a aussi effectivement cette menace qui va rester de toute façon pour ces pays du Golfe.
05:20Rouvrez Hormuz, on l'a entendu il y a quelques instants,
05:23le vice-président américain s'exprimer en direct de Budapest en Hongrie.
05:28Il y a de l'impuissance américaine ce matin ?
05:30Si ça se décrétait, pour le coup,
05:32ils auraient essayé de mettre un porte-avions,
05:34ils auraient pu essayer de le revendre eux-mêmes,
05:35évidemment ils ne l'ont pas fait.
05:37La logique ici, c'est qu'on est sur une logique de marché
05:39dont le politique essaie de se saisir.
05:41Sauf qu'en réalité, ce que par exemple des travaux théoriques
05:44ont montré sur les logiques d'escalade guerrière en termes de conflit,
05:48ont montré que tout simplement ce genre de cessez-le-feu
05:50dans un cadre où vous avez des parties belligérantes
05:54qui ne sont pas d'accord avec ce cessez-le-feu,
05:55je pense au gouvernement israélien bien sûr,
05:57vous avez les capacités de nuisance ou les capacités d'attaque
06:00qui sont intactes, qui sont là, qui sont prêtes,
06:02qui sont opérationnelles.
06:03Et vous avez des forces qui sont donc toujours déployées,
06:06de fait vous n'avez pas une situation de cessez-le-feu,
06:08vous avez une situation où on a,
06:10ce n'est pas une désescalade,
06:12c'est une interruption temporaire du conflit.
06:15Sauf qu'ici, comme on est dans un conflit très particulier,
06:17où ce n'est pas la taille,
06:19ce n'est pas la capacité de frappe véritablement
06:21qui fait la victoire,
06:22c'est en revanche la capacité d'effet de levier
06:25sur la vulnérabilité des autres,
06:27eh bien si les Iraniens veulent maintenir cet effet de levier,
06:30il faut qu'ils puissent le prouver,
06:31et c'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles
06:33ils continuent malheureusement à frapper.
06:34Et d'ailleurs, d'après le Wall Street Journal,
06:36la marine iranienne informe les navires
06:38qu'ils ont toujours besoin d'une autorisation
06:40pour transiter par le détroit d'Hormuz.
06:41Tout navire qui tentera de traverser le détroit
06:43sans autorisation sera détruit.
06:45Et fait de levier, on reste là-dessus.
06:47Et ici, il y a une dimension juridique qui est claire,
06:49attention,
06:50c'est que l'Iran,
06:51les États-Unis et Israël
06:52ne sont pas partis à la Convention de Montego,
06:55à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
06:57Alors que Oman, par exemple, l'est tout à fait.
07:00Donc Oman doit défendre le droit international maritime.
07:03Et ce que l'Iran est en train de faire,
07:05c'est qu'en forçant par la coercition
07:07les navires à utiliser un rail
07:09qui passe, un rail de navigation,
07:10qui passe dans ses eaux intérieures,
07:12l'Iran se crée une situation juridique
07:15où il pourrait, selon eux,
07:16pouvoir imposer un certain nombre de choses,
07:18à commencer par les taxes ou les autorisations.
07:20Donc de fait, ici, on a deux acteurs,
07:22Oman et l'Iran,
07:24qui ne sont pas partis au même traité.
07:27qui n'ont pas la même approche du droit maritime
07:29et qui ne se sentent pas limités
07:31par les mêmes obligations.
07:32De fait, c'est difficile d'arriver à un consensus
07:33dans ce cadre-là.
07:34– Et un vice-président américain
07:35qui déclare donc à l'instant
07:36que le CCF en Iran est, je cite, « fragile »
07:39et que Trump est, je cite encore,
07:40« impatient de faire des progrès ».
07:42Bon, en d'autres termes…
07:43– C'est presque le plus inquiétant.
07:45– C'est le vieillot et les prochaines heures
07:46seront de nouveau décisives.
07:48– C'est l'homme qui a discuté,
07:49c'est d'accord,
07:50c'est l'homme qui l'a « vendu »
07:52au président américain,
07:54dont l'entourage dit qu'il était très remonté
07:57pour concrétiser ses menaces d'escalade militaire.
08:04Si lui-même n'y croit pas plus que ça,
08:06si lui-même met en doute la bonne foi,
08:10bon, il est fondé à mettre en doute la bonne foi
08:12de ses interlocuteurs iraniens,
08:14mais ce dont on peut s'inquiéter à cette heure,
08:17c'est que ça n'aille même pas jusqu'à vendredi
08:19au rendez-vous d'Islamabad.
08:21Parce que tout peut, on le voit sous nos yeux,
08:24tout peut capoter en quelques heures
08:28si chacun continue à penser
08:30qu'il peut jouer de son avantage
08:33et joue sa main trop fort,
08:36comme on dit.
08:37– C'est la théorie des géographiques.
08:38– Fébrilité et fragilité
08:40exprèment au 40e jour de la guerre.
08:42Et pendant ce temps-là,
08:43Léopold de Debert,
08:44on vous retrouve en direct de l'Elysée,
08:46Cécile Collère et Jacques Paris
08:47qui sont reçus par Emmanuel Macron
08:48en ce moment même, après 4 ans de calvaire en Iran.
08:52– Oui, c'est des images effectivement très fortes
08:56auxquelles on vient d'assister, François,
08:58dans ses jardins arrière de l'Elysée,
09:01Cécile Collère et Jacques Paris
09:02qui sont donc arrivés,
09:04atterrissage ce matin,
09:05et puis donc après 3 ans et demi
09:07de détention et d'assignation à résidence,
09:10c'est le retour à Paris en France
09:13avec ce moment qui est en cours,
09:16réception, échange avec Emmanuel Macron.
09:19Emmanuel Macron qui a déjà une matinée assez chargée,
09:22ça a commencé à 8h30
09:24par un conseil de défense
09:26qui a été annoncé dans la nuit,
09:28conseil de défense pour faire un point évidemment
09:29sur la situation,
09:30plusieurs messages que je peux vous résumer,
09:33très importants de la part du président de la République.
09:36Le premier, c'est qu'évidemment,
09:37ce cessez-le-feu est, je cite,
09:39une très bonne chose pour la France,
09:41mais on sent qu'il reste évidemment,
09:43comme vous le disiez, extrêmement fragile
09:44et qu'il y a plusieurs conditions encore
09:46à respecter pour le chef de l'État,
09:48deux pays qu'il faut inclure dans ce cessez-le-feu.
09:51D'abord, c'est le Liban,
09:52alors qu'Israël a laissé entendre,
09:54affirmer qu'il continuerait à potentiellement attaquer
09:58le Liban malgré ce cessez-le-feu.
10:00Et puis l'Irak,
10:01dont on le sait,
10:02la situation politique est très volatile
10:03et qui doit rester également
10:05dans cette phase de cessez-le-feu
10:07un élément extrêmement important.
10:09Un moment également pour le chef de l'État
10:11pour faire un point avec le Premier ministre,
10:13la ministre des Armées,
10:14le ministre des Affaires étrangères,
10:16également les chefs d'État-major sur la situation,
10:18le détroit d'Hormuz également,
10:20puisqu'Emmanuel Macron a redit
10:22que la France aurait une position,
10:23je cite,
10:24« défensive »
10:25avec une quinzaine de pays
10:26pour intervenir,
10:28pour aider à débloquer ce détroit d'Hormuz
10:29au moment où, je cite,
10:31« les conditions de sécurité seraient réunies »,
10:34ce qui n'est pas forcément encore le cas
10:35au moment où on se parle,
10:36et donc en concertation avec l'Iran.
10:38Et puis Conseil des ministres,
10:39bien évidemment,
10:40comme tous les mercredis,
10:41avec dans quelques instants
10:42un compte-rendu également
10:44par la porte-parole du gouvernement,
10:45Maude Bréjon,
10:46et bien évidemment,
10:47lors de ce moment,
10:48ça sera l'objet de différentes apartés,
10:50différents points
10:51sur la situation internationale.
10:53Pour vous raconter les coulisses,
10:54encore une fois,
10:55on sent que l'entourage
10:56du chef de l'État
10:57et le chef de l'État lui-même
10:58sont extrêmement prudents,
11:01bien que satisfaits.
11:02C'est vrai,
11:02le ton a changé depuis plusieurs heures,
11:04mais il ne s'agit pas
11:04de crier non plus victoire trop vite
11:06parce qu'on sait
11:07que les choses sont extrêmement changeantes,
11:10d'une heure à l'autre,
11:11une déclaration qui peut tout faire changer,
11:12et puis surtout,
11:14des protagonistes dans cette histoire
11:15qui sont des deux côtés sous tension.
11:17Ça sera donc peut-être
11:18le prochain moment qu'on suivra ensemble,
11:20éventuellement,
11:21on guettera si Jacques Paris
11:23et Cécile Collère
11:24prendront peut-être la parole
11:25à l'issue de cet échange.
11:26Ça sera potentiellement donc,
11:28Christophe et Roselyne,
11:29dans quelques instants,
11:29sur BFM TV.
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