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  • il y a 17 heures
Le 12 avril prochain, les capitales européennes auront les yeux tournés vers les élections législatives en Hongrie où se joue l'avenir politique de Viktor Orban. Le Premier ministre hongrois, au pouvoir depuis 16 ans, est en retard dans les sondages. Son adversaire, l'eurodéputé de centre-droit Peter Magyar, leader du parti d'opposition Tisza, pourrait remporter ce scrutin, et ce malgré les campagnes de désinformation de ces dernières semaines. En plein bras de fer entre les défenseurs de l'Union européenne et le Premier ministre hongrois, soutenu par Moscou, ces élections ouvriront-elles la porte à un début d'alternance ? Caroline de Camaret et Alexandre Poussard ouvrent le débat dans Ici l'Europe, avec Fabrice LEGGERI Député européen, Patriotes pour l'Europe (France), Radan KANEV Député européen, Parti populaire européen (Bulgarie) et BENEDEK JAVOR Représentant de la ville de Budapest auprès de l'UE. Année de Production :

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Transcription
00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:15Bonjour et bienvenue dans Ici l'Europe, votre émission sur France 24 et les chaînes parlementaires LCP et Public Sénat.
00:22Nous sommes aujourd'hui à la Commission européenne à Bruxelles pour prendre la température de l'agriculture européenne,
00:27très concernée par chacune des décisions prises à Bruxelles et même ailleurs.
00:31Les agriculteurs sont régulièrement dans les rues pour défendre leurs modèles et leurs revenus.
00:36Nous en parlons aujourd'hui avec Christophe Hansen, le commissaire chargé de l'agriculture.
00:41Bonjour monsieur.
00:41Bonjour madame.
00:42Je rappelle que vous êtes un luxembourgeois, vous avez été député européen pour le Parti populaire européen qui est à
00:47droite de l'hémicycle.
00:49Alors, les tensions au Proche-Orient, un véritable choc pétrolier et gazier en Europe.
00:55Les Européens très pénalisés côté pouvoir d'achat.
00:58Les agriculteurs qui utilisent évidemment pour leur production pétrole et gaz et dont les revenus ont diminué en particulier.
01:06Oui, effectivement la crise qui est en cours a la probabilité d'avoir un impact très grave sur notre production
01:13européenne.
01:14D'un côté évidemment pour la production des engrais par exemple et la flambée du prix des engrais.
01:20Mais aussi le diesel qu'ils utilisent dans leur tracteur qui est susceptible d'augmenter significativement.
01:27Ce qui évidemment rendra nos entreprises moins compétitives et moins productives.
01:32Donc c'est effectivement des préoccupations qu'on a.
01:34Évidemment on a aussi les flux commerciaux parce qu'on exporte beaucoup de nos biens agricoles aussi vers ces pays
01:41qui sont en guerre actuellement.
01:43Donc l'impact à prévoir n'est pas à sous-estimer.
01:47Vous allez commencer à le mesurer à la Commission européenne, c'est ça ? Et à essayer de le compenser
01:51peut-être ?
01:52On suit de très proches les marchés évidemment.
01:55On a aussi pour la question des engrais.
01:57Effectivement on est déjà dans une situation inacceptable et très inconfortable pour nos agriculteurs.
02:04Les engrais ont augmenté de 60% depuis 2020.
02:08Ce qui évidemment les grandes cultures les met dans une position depuis trois ans en France qui ne sont plus,
02:14qui sont dans le rouge, qui mettent en gros de l'argent pour pouvoir produire.
02:18Donc on doit trouver des solutions pour les aider sur cette question-là.
02:24Évidemment on a eu aussi une récolte globale qui était très favorable, ce qui évidemment a aussi conduit à des
02:31prix qui sont très bas pour les grandes cultures.
02:34Alors je vous propose de suivre tout de suite quelques nouvelles du vieux continent, monsieur le commissaire.
02:39C'est l'Europe en bref compilée par Oyana Almandos.
02:47Vitesse réduite sur l'autoroute, recours aux transports publics ou pratiques du télétravail.
02:51La Commission européenne préconise une série de mesures pour diminuer la demande de pétrole dans l'UE.
02:57Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, son prix a augmenté de 60% en Europe.
03:02Pour épargner le portefeuille des automobilistes, l'Espagne, l'Italie ou la Suède ont fait baisser le prix du carburant
03:07en réduisant la TVA.
03:09Mais le commissaire à l'énergie, Dan Jorgensen, craint que cela ne pousse à la consommation.
03:14Nous sommes dans une situation susceptible de s'aggraver.
03:16Une réduction de la demande est nécessaire.
03:19J'encourage vivement les États membres à en tenir compte lorsqu'ils appliquent différentes mesures de crise.
03:24Les Hongrois espionnent-ils les Européens pour le compte des Russes ?
03:26Des médias ont publié des conversations téléphoniques dans lesquelles le ministre des Affaires étrangères hongrois
03:32déclare à son homologue russe être à son service.
03:34Des informations stratégiques discutées entre les 27 à Bruxelles sont ainsi arrivées aux oreilles de Moscou.
03:41Comme ligne de défense, le gouvernement nationaliste pro-russe de Viktor Orban dénonce une ingérence étrangère à travers ces fuites.
03:48Et ce, avant les élections législatives du 12 avril, où Viktor Orban est à la peine dans les sondages.
03:54Dehors les drapeaux européens à la mairie, place aux drapeaux français.
03:58C'est le message posté sur X par Christophe Barthez, le nouveau maire de Carcassonne.
04:01Comme plusieurs autres élus du Rassemblement national, il a retiré les drapeaux européens de la façade de sa mairie au
04:07nom du souverainisme.
04:09Le ministre français chargé de l'Europe a qualifié ce geste de populiste.
04:13Selon la loi, la présence du drapeau de l'UE n'est pas obligatoire, à l'exception de la journée
04:17de l'Europe, le 9 mai.
04:19En janvier, plusieurs mairies avaient déjà décroché le drapeau européen pour dénoncer le traité de libre-échange entre l'UE
04:25et le Mercosur.
04:27Christophe Hansen, commissaire à l'agriculture.
04:30Sur l'accord UE-Mercosur, le Parlement européen a voté en faveur d'une saisine de la Cour de l
04:34'Union européenne, la Cour de justice,
04:36pour évaluer la conformité du texte avec les traités européens, gelant ainsi la ratification finale pour une période qui pouvait
04:43aller jusqu'à deux ans.
04:44Seulement, voilà, votre présidente, Ursula von der Leyen, a décidé de mettre en oeuvre provisoirement l'accord commercial entre l
04:52'UE et le Mercosur,
04:53ce qui déclenche une vague de protestations à Paris et puis chez les agriculteurs.
04:58Oui, il est vrai que le Parlement européen n'a pas pris sa responsabilité pour voter tout de suite sur
05:03l'accord en soi, pour la ratification,
05:05parce que le Parlement a ce droit et cette obligation aussi de se prononcer.
05:10Le Parlement a préféré retarder ce processus-là.
05:14Il faut aussi dire que Mme von der Leyen agit aussi sur mandat des États membres parce qu'elle a
05:19eu un mandat très clair,
05:20la Commission a eu un mandat très clair pour cette application provisoire,
05:24ce qui permettra par rapport au Parlement européen, évidemment, de juger...
05:28On est d'accord que ce n'était pas un consensus, c'était la majorité qualifiée, sans la France.
05:32Sans la France, effectivement, il y a d'autres pays qui n'étaient pas d'accord, mais effectivement, la majorité
05:38est là.
05:38Les traités sont là aussi à être respectés et je pense que les traités sont bien connus aussi par le
05:43Parlement européen,
05:45ce qui permettra, après au Parlement européen, après cette entrée en vigueur provisoire,
05:51aussi de juger sur les bienfaits que cet accord apportera,
05:54parce que si on parle aux filières, il y a évidemment les filières qui sont, même sans l'accord du
06:00Mercosur, sous pression.
06:02On a des clauses de sauvegarde spécifiques pour ces secteurs-là,
06:05mais on a aussi, et je parle aussi avec ces secteurs-là, qui sont en crise, mais qui voient les
06:09opportunités.
06:10Le secteur des vins et spiritués, par exemple, qui le voient là, mais qui le voient aussi dans l'accord
06:15qu'on a conclu avec l'Inde.
06:17Alors justement, parlons des autres accords commerciaux, en effet, avec l'Inde.
06:20Vous espérez que les agriculteurs auront, au contraire, plus de débouchés, en particulier, vous l'avez dit,
06:25pour le vin, d'autant qu'on protège les importations agricoles.
06:29Mais l'accord avec l'Australie soulève beaucoup de questions,
06:31avec une production intensive de bœufs en Australie,
06:34qui veulent exporter, cumuler aux tonnes déjà exportées par les autres.
06:38Est-ce que là, on n'utilise pas sans arrêt le renouvellement de ces accords de commerce,
06:43et on n'attise pas ainsi la colère agricole ?
06:45Je pense que les accords comme l'Inde, où on a décidé d'exclure, par exemple, la viande bovine,
06:51mais aussi des produits comme le riz ou encore le sucre,
06:55qui sont des secteurs sensibles pour l'Union européenne.
06:58Avec l'Australie, on avait évidemment déjà des négociations qui étaient presque abouties en 2023 à Osaka,
07:05aussi à cause du Mercosur qui a été négocié,
07:08parce qu'effectivement, il faut voir la consommation, la capacité d'absorption de nos marchés.
07:13Monsieur le commissaire, vous étiez évidemment au Salon de l'agriculture en France,
07:16qui a été un grand rendez-vous.
07:18Vous avez pu mesurer là-bas la détresse du monde agricole en regardant autour de vous.
07:23D'ailleurs, c'est une voix qui porte assez peu en Europe,
07:26parce que le secteur primaire représente à peine 1% de la richesse européenne du PIB,
07:30et compte à peine 17 millions d'emplois.
07:33Effectivement, je confirme que c'était un salon, comparé à l'année dernière,
07:37qui était plutôt triste, parce qu'il avait moins de visiteurs,
07:41mais il n'y avait aussi pas de bovins, qui évidemment le rend moins attractif aussi.
07:45Et le secteur des grandes cultures, qui font des chiffres rouges depuis 3 ans,
07:52là, évidemment, ce n'est pas très bon.
07:54J'ai vu des secteurs comme le secteur viticole, qui était très content,
07:58à cause de nouvelles débouchées, où on est vraiment en train d'y aller,
08:02mais aussi dans le cadre du paquet 20,
08:05et aussi de la réserve agricole, où j'ai pu libérer 40 millions d'euros pour le secteur.
08:10Mais précisons quand même ce que vous venez de dire.
08:13Les bovins étaient absents en raison de l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse,
08:18qui est maintenant maîtrisée en France.
08:20Mais est-ce que vous avez le sentiment que les épidémies sont de plus en plus fréquentes en Europe,
08:25pour les animaux, avec d'ailleurs un risque de transmission à l'homme ?
08:30Le risque de transmission à l'homme, c'est une question, mais je confirme.
08:33J'ai en tout cas la perception qu'on a énormément de maladies animales à travers toute l'Union Européenne.
08:40On a la fièvre rafteuse, on a la dermatose, la peste porcine africaine, la grippe aviaire.
08:49Et quand je parle aux vétérinaires, qui sont plus experts que moi,
08:51ils me disent qu'ils n'ont pas connaissance, qu'on avait une telle fréquence et intensité de maladies animales.
08:56Je pense que si on veut vraiment être...
09:00Ça, ce n'est pas la mondialisation, justement ?
09:02Ce n'est pas la mondialisation, parce que justement, les animaux vivants, on ne les importe pas de n'importe
09:09où dans le monde.
09:10C'est plutôt nous qui les exportons.
09:12Je pense que la mondialisation n'y est pour rien.
09:14C'est quand même plutôt une réalité.
09:16Si on parle de la sécurité alimentaire, on connaît un déclin des troupeaux en Europe.
09:23D'un côté, parce que c'est un métier très dur et les agriculteurs qui arrêtent,
09:27souvent la succession n'est pas assurée.
09:30Mais c'est aussi ces maladies animales qui se multiplient, qui contribuent à ce déclin.
09:36Et je pense que la sécurité sanitaire, on doit vraiment la relever à un niveau supérieur.
09:42Et c'est le bien-être animal aussi, alors la sécurité sanitaire, c'est la place pour les animaux, etc.
09:47Ça va dans le sens...
09:48Tout à fait. Et on doit aussi se poser des questions, par exemple, sur les chaînes de valeur plus courtes,
09:55parce qu'on a de moins en moins d'abattoirs.
09:57Par exemple, je vois dans certains États membres, c'est encore possible d'avoir des abattoirs mobiles,
10:02respectivement des abattoirs à taille réduite.
10:04Si effectivement, on transporte moins les animaux vivants, le risque est minimisé déjà.
10:11Donc on doit aussi penser dans ces directions-là, qui d'ailleurs aussi aura pour affaire qu'il y aura
10:16moins d'intermédiaires
10:17et éventuellement un meilleur prix pour le producteur.
10:20Et c'est des pistes à poursuivre, en tout cas.
10:22Alors, Christophe Hansen, je rappelle que la France, c'est la première puissance agricole d'Europe.
10:27Et vous aviez mentionné la filière viticole.
10:30Dans le Bordelais, la crise frappe de plein fouet les agriculteurs et en particulier les viticulteurs.
10:37La région représente 46% des défaillances du secteur en 2025.
10:43Baisse de la consommation, surproduction, arrachage des vignes massifs.
10:46La filière est contrainte de se réinventer pour survivre.
10:50Christophe Hansen, vous l'avez souligné, vous avez annoncé 40 millions d'aides de l'Union européenne
10:55aux viticulteurs français pour aider cette filière viticole à distinguer ses surproductions.
11:01D'autant qu'il y a les droits de douane assez incertains.
11:05Ça change pas mal la donne.
11:07Pour le secteur vitivinicole, je pense qu'on a effectivement créé un certain moment,
11:12un certain des initiatives avec le paquet vin, mais aussi avec le soutien, par exemple,
11:16à cette distillation de crise pour la France.
11:19Donc, j'ai libéré 10% de cette réserve agricole que j'ai pour les 27 États membres,
11:24juste pour le secteur viticole français.
11:26Donc, c'est considérable.
11:27D'un autre côté, je dois aussi dire, ça me fait quand même un peu mal au cœur
11:32de voir qu'on détruit des vins de qualité, qu'on procède aussi à l'arrachage,
11:36détruit en quelque sorte nos paysages historiques.
11:39Moi, je préférerais qu'on puisse continuer à produire.
11:42Oui, parce que le marché est inondé par des vins, finalement, peu chers et en vrac espagnol aussi,
11:49le marché français.
11:50Qui sont des vins européens, en fin de compte.
11:52Mais je pense que, justement pour ça, il est très important de trouver de nouvelles débouchées.
11:56On a des problèmes, par exemple, avec les États-Unis.
12:0015% de droits de douane pour Donald Trump sur les vins et spirituels.
12:03Et ça met, effectivement, beaucoup de producteurs dans le rouge à nouveau,
12:08ou en tout cas, ce n'est pas rentable.
12:09C'est pour ça, des accords comme, par exemple, l'Inde,
12:12où on aura des meilleures conditions que, par exemple, un compétiteur qui est l'Australie,
12:16pour les vins, où on aura des meilleures conditions que le Royaume-Uni pour les spirituels.
12:22Donc, effectivement, 1,4 milliard de consommateurs potentiels,
12:26ça donne, en tout cas, de l'espoir au secteur.
12:29La politique agricole commune, dont vous êtes le garant,
12:33tant de commissaire, M. Hansen,
12:35représente aujourd'hui à peine un quart du budget européen.
12:39La nouvelle architecture de cette PAC proposée par Bruxelles
12:43pour les années suivantes, 2028-2034, c'est une baisse quand même.
12:48Un budget qui rencontre de fortes critiques dans les pays très agricoles,
12:51et en France en particulier.
12:53Là, on parle de quasiment 400 milliards,
12:55dans une situation où on a aussi d'autres priorités.
12:58Donc, je pense qu'avec un budget qui est maintenant déjà à ce stade-ci,
13:01au sein de l'Union européenne, le même, c'est déjà une grande victoire.
13:05Et on n'est pas encore au bout des discussions,
13:07parce qu'on sait que ces négociations continueront encore dans les deux ans qui viennent.
13:12Et vont aussi dépendre de la volonté des États membres à contribuer à ce budget.
13:16Ça va aussi dépendre des discussions sur les nouvelles ressources propres,
13:20qui ne sont pas encore certaines.
13:22Aussi là, les États membres doivent en être d'accord.
13:24Mais je pense qu'on a un budget pour l'Union européenne,
13:26pour la PAC, qui est comparable à ce qu'on avait avant.
13:29Ce n'est pas plus, c'est vrai, mais on a déjà le comparable.
13:32Et les États membres ont plus de flexibilité pour utiliser de l'argent
13:36qui n'est pas encore utilisé pour la cohésion, par exemple,
13:40de l'utiliser davantage pour l'agriculture.
13:43Dans ce contexte de budget contraint, qui voudrait avoir d'autres priorités,
13:47peut-être aussi le budget européen, la défense, la compétitivité, etc.
13:52Il y a aussi une peur dans le monde agricole, qui est très forte,
13:56de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne,
13:59parce que c'est un pays, évidemment, céréalier très fort.
14:02Il y a d'ailleurs des fake news qui circulent
14:03sur les méfaits sanitaires des céréales ukrainiennes.
14:06Vous voyez bien que la question de ces céréales,
14:10leur passage par le marché européen
14:12et souvent leur arrêt sur le marché européen,
14:15a causé des troubles, et un trouble dans le monde rural.
14:17Je suis d'accord qu'il y a beaucoup de fausses informations qui circulent
14:20et on doit vraiment se méfier aussi de ce qui est propagé
14:23sur les réseaux sociaux et d'autres médias non fiables.
14:27Parce qu'effectivement, et ce qui est vrai,
14:28c'est que pendant la libéralisation temporaire 2023-2024,
14:33on avait des perturbations considérables sur nos marchés.
14:36Il ne faut pas le nier.
14:37D'un autre côté, on a maintenant négocié la suite
14:40de l'accord commercial qu'on avait déjà,
14:43où on a maintenant des quotas très fixes qui sont contrôlés
14:46et qui sont aussi fortement liés à l'alignement
14:50des standards de production de l'Ukraine.
14:52Sinon, l'Union européenne a aussi le droit de l'interrompre.
14:55L'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne
14:58est évidemment loin d'être acquis.
15:01C'est basé sur le mérite.
15:02Donc, l'Ukraine, comme tous les autres pays candidats,
15:05doivent remplir les conditions sur l'état de droit, etc.
15:10Sans l'accomplissement de ce chapitre-là,
15:12l'adhésion ne se fera pas.
15:14Et je pense qu'effectivement, dans le domaine agricole,
15:17on va devoir aussi se préparer avec un très long espace de temps.
15:22Ils ne toucheront pas la PAC à 100% tout de suite ?
15:25Ça, très clairement, pas parce que le cadre financier pluriannuel actuel
15:31n'en tient pas encore compte.
15:33Monsieur le Commissaire, je rappelais que vous étiez de la famille
15:35originellement du Parti populaire européen,
15:38qui est une famille qui, au Parlement européen,
15:41demande beaucoup de simplification.
15:43Souvent, il y a un vote à droite pour plus de simplification
15:46et parfois aussi pour revenir sur certaines clauses du Pacte vert,
15:50en particulier en matière agricole.
15:52Et il y a en ce moment, justement, les nouvelles techniques génomiques,
15:55les NTG, qu'on n'appelle pas OGM,
15:59qui sont beaucoup discutées,
16:01leur introduction sur le marché européen.
16:04Est-ce qu'on a renoncé à nos ambitions écologiques
16:06en matière, justement, d'agriculture ?
16:08Non, je pense bien au contraire,
16:10parce qu'effectivement, ces nouvelles techniques génomiques
16:13nous permettent aussi d'utiliser moins d'engrais,
16:16d'utiliser moins de produits phytosanitaires,
16:19d'être plus résilients aux sécheresses, par exemple.
16:23Donc, effectivement, on donne aux agriculteurs aussi les moyens de produire.
16:26Mais elles sont brevetées.
16:27Elles sont brevetées, tout à fait.
16:29Ce qui inquiète les agriculteurs,
16:30avec la possibilité qu'elles se répandent, justement,
16:33sur le champ d'à côté,
16:34l'absence des tic-tacs pour les différencier.
16:37– Oui, c'est des peurs qui persistent,
16:41mais je pense qu'il faut quand même aussi
16:43ne pas diaboliser les produits
16:45qui, effectivement, sont là aussi
16:48pour donner plus de productivité à nos agriculteurs.
16:51Et ça, effectivement, je suis d'avis
16:53que la productivité et la compétitivité
16:55ont été négligées
16:57et nos agriculteurs en souffrent encore aujourd'hui.
17:00– Merci Christophe Hansen d'avoir été en notre compagnie.
17:03Mais c'est l'heure du débat, tout de suite,
17:04avec les chaînes parlementaires.
17:06Restez en notre compagnie.
17:07– Bienvenue au Parlement européen
17:14qui s'inquiète beaucoup d'élections nationales
17:16qui pourraient bien changer le destin
17:18de l'UE, les législatives du 12 avril en Hongrie.
17:22Après 16 ans du parti souverainiste Fides
17:24et du Premier ministre Viktor Orban,
17:26l'heure de l'alternance a-t-elle sonné ?
17:29Le chef de file du centre-droit, Peter Maguiar,
17:32est eurodéputé dans cet hémicycle.
17:34A de bonnes chances de remporter ce scrutin
17:37et ce, malgré des campagnes de désinformation
17:39et une hystérisation du discours ces dernières semaines.
17:43Alors, Moscou soutient ardemment la campagne de Viktor Orban
17:47qui multiplie les attaques verbales
17:49contre les Européens et contre l'Ukraine.
17:52Son ministre des Affaires étrangères a reconnu
17:54qu'il livrait à la Russie des informations sensibles
17:58sur les 27 lors de leur sommet.
18:00Et d'ailleurs, Viktor Orban qui mène depuis des années
18:02un bras de fer avec les institutions européennes.
18:05Depuis 2022, Bruxelles a gelé 20 milliards d'euros
18:07de subventions à la Hongrie pour manquement à l'État de droit,
18:10main mise sur la justice, non-protection des minorités
18:13ou de la liberté d'expression.
18:15Et pour débloquer ses fonds européens,
18:17le Premier ministre hongrois exerce son droit de veto à tout va
18:20pour ralentir les décisions des 27 États membres.
18:23Dernier épisode en date, il a empêché le versement
18:26de 90 milliards d'euros de prêts à l'Ukraine
18:29et exige des Ukrainiens la réparation de l'holoduc Droujba
18:32qui lui permet d'importer du pétrole russe.
18:35Alors, jamais l'Ukraine n'a été à ce point
18:38au cœur d'une campagne électorale.
18:40Écoutons d'ailleurs sur ce sujet
18:42les deux principaux candidats hongrois.
18:45Vous devez décider qui formera le gouvernement de la Hongrie,
18:48moi ou le président ukrainien Zelensky.
18:50Avec toute l'humilité qui s'impose, je me recommande moi-même.
18:58Que ce soit clair pour tout le monde,
19:00Viktor Orban a fait entrer dans notre pays
19:02les agents russes les plus expérimentés
19:04pour interférer dans les élections
19:06et nous retirer une fois de plus
19:07notre bien le plus sacré, la liberté de la Hongrie.
19:14Alors, pour parler des enjeux européens
19:16de ces élections à Hongrie,
19:18nous accueillons trois invités cette semaine.
19:20Bénédicte Javor, bonjour.
19:22Bonjour.
19:22Vous êtes hongrois, représentant de la ville
19:24de Budapest à Bruxelles,
19:26ancien eurodéputé vert.
19:28Et on rappelle que votre parti vert en Hongrie
19:31ne participe pas à cette campagne législative
19:35pour laisser le champ libre, justement,
19:36au chef de l'opposition, Peter Maguiar.
19:39On accueille également sur ce plateau
19:41Radan Kaniev, bonjour.
19:42Vous êtes eurodéputé bulgare,
19:44membre du groupe du Parti populaire européen
19:47au centre droit du Parlement européen.
19:49Et le PPE, c'est d'ailleurs le groupe
19:51de Peter Maguiar qui est eurodéputé.
19:53Et puis, pour compléter ce plateau,
19:55nous accueillons Fabrice Légeri.
19:56Bonjour.
19:57Bonjour.
19:57Vous êtes eurodéputé français.
19:58En France, vous êtes membre
19:59du Rassemblement national
20:00et ici du groupe des Patriotes pour l'Europe,
20:03un groupe d'ailleurs fondé par
20:04Marine Le Pen et Victor Orban.
20:06D'ailleurs, on va parler de cet enjeu
20:07avec place au Hongrois d'abord, bien sûr.
20:10On est dans une élection très serrée,
20:12ce 12 avril en Hongrie,
20:13qui peut changer la face de la Hongrie,
20:15mais aussi de l'Europe.
20:16Oui, bien sûr, c'est le cas.
20:19En fait, cette élection décide
20:21si la Hongrie continue la route européenne
20:25ou il va changer la route
20:27et team up avec la Russie.
20:31Aujourd'hui, le gouvernement Fidesz
20:34n'est pas seulement devenu critique
20:36envers de l'Europe.
20:37Il décide désormais ouvertement
20:40l'UE comme le principal ennemi de l'Europe
20:43et parallèlement,
20:45il a établi des relations étroites
20:48avec la Russie
20:49et la campagne électorale
20:50est marquée aussi
20:52par une ingérence russe
20:54brutale et avérée.
20:56Et oui, Fabrice Leggeri,
20:58on voit une campagne de Viktor Orban
20:59qui est très hostile
21:00envers les institutions européennes,
21:02envers Ursula von der Leyen,
21:04la présidente de la Commission,
21:05envers l'Ukraine,
21:06et avec des affiches hostiles
21:07au président ukrainien
21:08Volodymyr Zelensky.
21:09Est-ce que vous,
21:10en tant qu'allié de Viktor Orban,
21:12vous vous retrouvez
21:12dans ce positionnement
21:14anti-européen et pro-russe ?
21:15L'enjeu de la campagne électorale
21:17en Hongrie,
21:19c'est le choix
21:20entre une Europe des nations,
21:23celle qu'incarne Viktor Orban
21:24et le groupe des patriotes
21:25dont je fais partie,
21:26ou bien une Europe
21:28beaucoup plus intégrée
21:29sous la houlette
21:30de la Commission européenne,
21:32avec une Commission européenne
21:33dirigée par Madame von der Leyen
21:35qui entend dicter
21:36de plus en plus
21:37au peuple d'Europe
21:38comment ils doivent décider,
21:40comment ils doivent fonctionner
21:42en matière budgétaire,
21:43en matière économique,
21:45mais aussi sur le plan des valeurs
21:48et sur le plan de l'identité.
21:50C'est pas ce que dit Viktor Orban,
21:51il dit que l'enjeu c'est l'Ukraine,
21:52vous l'avez entendu ?
21:53Alors l'enjeu de l'Ukraine
21:54est un autre enjeu
21:56par rapport aux intérêts
21:57notamment d'approvisionnement
21:59pétrolier de la Hongrie
22:01et ce que je comprends,
22:03c'est qu'en réalité,
22:04ce pipeline,
22:05qui est un héritage historique
22:08entre la Hongrie
22:09et ce qui était autrefois
22:10l'Union soviétique,
22:12eh bien,
22:13ce pipeline est le seul moyen
22:16d'approvisionnement de pétrole.
22:18Et donc,
22:18ce qu'a demandé Viktor Orban,
22:20c'est la réparation
22:21de ce pipeline qui a été endommagé
22:24et l'Ukraine,
22:27si je comprends bien,
22:28a traîné des pieds.
22:29Mais finalement,
22:30il a été conclu lors du dernier Conseil européen
22:33que ce pipeline serait réparé.
22:34Alors, vous étiez avec Marine Le Pen
22:36à Budapest,
22:36je le précise,
22:38justement,
22:38au meeting des Patriotes.
22:40On voit partout
22:41dans Budapest
22:43des grands panneaux
22:44anti-Ursula von der Leyen,
22:46anti-Zelensky, etc.
22:49On a entendu
22:49Viktor Orban centraliser sa campagne
22:52sur son opposition
22:53au soutien à l'Ukraine.
22:55Quitte à jouer sur les peurs,
22:56la désinformation,
22:57vous connaissez ça un petit peu
22:58en Europe de l'Est ?
23:00Oui, je pense que c'est une situation
23:03tout à fait claire.
23:04C'est une stratégie très claire
23:07de M. Orban
23:08et de son parti Fidesz
23:11d'échapper les questions
23:14domestiques dans la campagne
23:16et de créer une stratégie
23:19contre l'Europe,
23:20contre l'Ukraine,
23:22bien pro-russe,
23:24avec des clichés
23:25qu'on a entendus
23:26de mon collègue
23:27avec l'Europe de la nation,
23:29ou bien l'Europe,
23:31disons, fédérale.
23:32Ce qui est un petit peu
23:34le ridicule
23:35dans la situation
23:36où la politique commune
23:40de défense en Europe
23:42est basée sur l'unanimité
23:44et le veto.
23:45La politique étrangère
23:47est basée sur l'unanimité
23:49et le veto.
23:49La politique budgétaire
23:51est bien basée
23:51sur l'unanimité
23:52et le veto.
23:53Alors c'est l'Europe de la nation
23:55qu'on vit maintenant.
23:56pour le pire
23:59ou pour le bien.
24:00Mais la question est
24:02que l'opposition
24:03en Hongrie
24:04a la stratégie
24:06très domestique.
24:08Ils font la campagne
24:10contre la corruption,
24:12contre les réseaux
24:13oligarchiques
24:14de M. Urban
24:15est bien basée
24:17sur l'échec économique
24:19de la politique
24:19d'Urban
24:20pour une période
24:21de 16 ans
24:22et l'échec
24:24dans le pouvoir
24:25d'achat
24:26des citoyens hongrois
24:28comme le paradoxe
24:29est que maintenant,
24:31l'Hongrie
24:32ayant
24:34un produit
24:35à un terme
24:35plus haut
24:36que Bulgarie,
24:37mon pays,
24:37par exemple,
24:39les citoyens hongrois
24:40ont le pouvoir
24:41d'achat
24:42bien plus bas
24:43qu'à les Bulgares.
24:44Et un problème
24:45d'inflation
24:45ces dernières années
24:46notamment en Hongrie.
24:47Bénédicte Javor,
24:48dites-nous ce qu'en pensent
24:49les hongrois.
24:50Est-ce que ça peut marcher
24:51cette stratégie
24:51de Viktor Orban
24:52de tout centraliser
24:53sur la guerre en Ukraine
24:54avec un discours hostile
24:56vis-à-vis de l'Europe ?
24:57Est-ce que ça peut convaincre
24:58les hongrois ?
24:59Je crois que
25:01la majorité
25:02des citoyens
25:03est intéressée
25:04par la situation économique
25:06et les questions
25:07de la vie quotidienne.
25:09Et c'est le gouvernement
25:11qui veut faire
25:12une campagne
25:15de l'Ukraine,
25:16de la guerre en Ukraine
25:18et de la Russie.
25:19Mais en fait,
25:20les hongrois,
25:22ils veulent vivre mieux.
25:25Et maintenant,
25:27c'est vrai qu'après 16 ans
25:28de gouvernement
25:29de Fides,
25:31la Hongrie,
25:32qui était,
25:33il y a 30 ans,
25:35peut-être
25:36le plus riche
25:38ou le plus
25:42avancé
25:44pays
25:44de l'Europe de l'Est,
25:46maintenant,
25:47est le plus pauvre.
25:48Et c'est le résultat
25:50de gouvernance...
25:51Contributeur net
25:51est devenu
25:52contributeur net
25:53au budget
25:53de l'Union européenne
25:54parce que justement,
25:55l'Union européenne
25:56a gelé ses fonds,
25:57gelé 18 milliards d'euros
25:59de fonds structurels
26:00parce qu'il y avait dérive
26:02sur toutes les questions
26:03d'État de droit.
26:04C'est les questions
26:06d'État de droit
26:06mais aussi la corruption.
26:08Comme c'était déjà dit,
26:11la corruption,
26:12c'est un grand problème
26:13et c'est aussi
26:13une des causes
26:15qui a fait Hongrie
26:18le membre État
26:19plus pauvre
26:20de l'Union européenne.
26:21Fabrice Légeri,
26:22une réaction
26:23à cette information.
26:23Le ministre des Affaires
26:24étrangères hongrois
26:25a reconnu
26:26qu'il transmettait régulièrement
26:28des informations
26:28sensibles à Moscou,
26:30à la Russie,
26:31sur ce qui se passait
26:31au sein du Conseil européen
26:33des données stratégiques
26:34pour l'Union européenne.
26:36Finalement,
26:36est-ce que vous n'êtes pas allié
26:37à un cheval de Troie russe
26:39qui est au sein
26:40de l'Union européenne ?
26:41Écoutez,
26:42le Rassemblement national
26:43en France
26:43a toujours dit
26:45et répété
26:45que l'Ukraine
26:47avait été agressée,
26:48est agressée
26:49par la Russie
26:50et que bien entendu,
26:52nous soutenons
26:53le fait
26:54que l'Ukraine
26:54doit arriver
26:55à la table
26:56des négociations
26:56en bonne posture.
26:57Mais est-ce que ça
26:58vous pose problème
26:59que le ministre
26:59des Affaires étrangères
27:00hongrois
27:00passe des coups de fil
27:01à Moscou
27:02pendant les pauses
27:03des réunions
27:03du Conseil européen ?
27:04Il vous expliquera
27:05lui-même
27:06ce qu'il a fait
27:08exactement.
27:09Moi,
27:09je vous dis simplement
27:11que chez les patriotes,
27:12les questions
27:13de politique internationale
27:15relèvent de...
27:16Vous êtes divisé, quoi.
27:16Nous sommes libres
27:18d'être,
27:19en fait,
27:20souverains
27:20dans notre
27:21politique internationale.
27:23Ça fait partie
27:24de la charte
27:25constitutive
27:26du groupe des patriotes.
27:27Et donc,
27:27il peut arriver
27:28que sur des questions
27:29de politique internationale,
27:31les différentes délégations
27:32nationales des patriotes
27:33n'aient pas spontanément
27:35la même position
27:37sur tout.
27:38Alors,
27:39d'ailleurs,
27:39M. Canef,
27:40Viktor Orban
27:41veut que l'UE
27:41et l'Ukraine
27:43réparent au plus vite
27:44ce fameux oléoduc,
27:45on l'a dit,
27:45de Droujba,
27:46pour continuer à importer
27:47du pétrole russe
27:49peu cher.
27:49Et contre ça,
27:50d'ailleurs,
27:51ils bloquent 90 milliards
27:52de prêts
27:53à l'Ukraine
27:53au bord du précipice
27:55et de la faillite,
27:56ce pays.
27:57Qu'est-ce que vous en pensez ?
27:58Qu'en pensent
27:59les Européens ?
28:00Qu'est-ce que ça changerait
28:00une élection
28:01d'Orban Biss
28:02ou Peter Magyar ?
28:04En parlant
28:05de cette crise
28:07avec le pipeline
28:08de Droujba,
28:09il y a des faits
28:10très intéressants.
28:11Et le plus intéressant
28:12pour moi,
28:13c'est qu'avant
28:15cette crise,
28:16avant cet endommagement
28:17du pipeline,
28:18les prix de carburant
28:20en Hongrie
28:21étaient 20%
28:22plus hauts
28:24que les prix
28:24en Bulgarie
28:25et bien plus hauts
28:26que les prix
28:27en Autriche.
28:28Ce qui veut dire
28:29que les prix de carburant
28:30sur le marché hongrois
28:31sont un échec économique
28:33du gouvernement
28:33d'Orban
28:34et pas un problème
28:35du transfert
28:37du gaz russe
28:37ou du pétrole russe.
28:39Mais le transfert
28:41de l'information sensible,
28:43je pense que
28:43c'est la conversation
28:47bien plus importante,
28:48la plus importante,
28:51prioritaire,
28:52comme à mon avis...
28:54L'Union européenne
28:54a dit qu'elle allait
28:55investiguer d'ailleurs.
28:56Oui.
28:56Si M. Orban
28:57gagne les élections,
28:59ça va mener
29:00à l'exclusion
29:01de l'Hongrie
29:02du processus
29:03de politique
29:04commune
29:05de défense.
29:06Donc la Hongrie
29:06pourrait être écartée
29:07du fonctionnement
29:08institutionnel européen.
29:09On finit ce débat
29:10en évoquant
29:11l'état de droit
29:11qui est un sujet
29:12de bras de fer
29:12depuis des années
29:13entre Bruxelles
29:14et le gouvernement
29:15de Viktor Orban.
29:17On va écouter
29:17sur ce sujet
29:18l'état de droit
29:19en Hongrie
29:19à l'un des responsables
29:21d'amnestie internationale
29:22dans ce pays.
29:24Quand le Fidesz
29:26est arrivé au pouvoir
29:27en 2010,
29:30ils ont mis en place
29:31un système
29:32pour prendre
29:33le contrôle
29:34des institutions
29:35qui protègent
29:37les libertés
29:38individuelles.
29:39Ils ont criminalisé
29:41les sans-abri,
29:45la minorité LGBT,
29:48mais aussi
29:49la communauté
29:50rome
29:51et les médias.
29:52Alors,
29:53Bénédicte
29:53y a voir
29:53effectivement,
29:55Viktor Orban
29:56parle d'une démocratie
29:57illibérale.
29:58L'Union européenne,
29:59elle, estime
30:00qu'il y a
30:00des manquements multiples
30:02à l'état de droit.
30:03Elle a sorti
30:04des sanctions financières.
30:06Est-ce que d'ailleurs
30:06Peter Magyar
30:07a l'intention
30:08de revenir
30:09entièrement
30:10sur des mesures
30:11concernant l'état de droit ?
30:12Parce qu'on a vu
30:12qu'en Pologne,
30:13le retour de l'état de droit
30:15avait été un peu limité.
30:17Oui,
30:18Peter Magyar a dit
30:19qu'il voudrait
30:22récréer
30:23la démocratie
30:23en Hongrie
30:24avec le respect
30:26pour l'état de droit.
30:29Et je crois
30:31que ce n'est pas facile.
30:32Bien sûr,
30:33ce n'est pas
30:35qui va arriver
30:37dans quelques jours
30:38et nous avons vu
30:39en Pologne
30:42comme c'est difficile.
30:43Mais en fait,
30:44je crois que
30:45c'est la grande question
30:46européenne.
30:47Ce n'est pas
30:47uniquement pour la Hongrie.
30:49Comment on peut
30:50récréer une démocratie
30:52après une démocratie libérale
30:54comme la Hongrie ?
30:55Fabrice Legéré,
30:56est-ce que la Hongrie
30:57est encore une démocratie
30:58et est-ce que Bruxelles
30:58a raison de sanctionner
31:00ce pays
31:00en gelant les fonds européens ?
31:01La Hongrie
31:02est une démocratie
31:02puisqu'il y a des élections
31:03et la Commission européenne
31:05et depuis...
31:06Il faut des élections
31:07fair-play.
31:08Les médias sont du côté
31:09d'Orban, etc.
31:10Il y a depuis
31:11de nombreuses années
31:12une instrumentalisation
31:13par la Commission européenne
31:15de la notion
31:15d'état de droit.
31:16Elle a été utilisée
31:17contre la Pologne
31:18lorsque le PIS,
31:19droit et justice,
31:20gouvernait la Pologne.
31:21Il y a des tentatives
31:22de l'utiliser
31:23contre l'Italie
31:24de Giorgia Meloni
31:25et nous sommes
31:26absolument certains
31:26que si
31:28d'autres partis patriotes
31:30et notamment
31:30le Rassemblement national
31:31gagnent les élections
31:32en 2027,
31:33il y aura naturellement
31:34une instrumentalisation
31:35de l'état de droit
31:36contre la France.
31:37Car ce qui est en jeu...
31:38Vous êtes d'accord
31:38avec l'histoire d'Orban ?
31:39C'est la faute à Bruxelles.
31:41Ce qui est en jeu,
31:42ce qui est en jeu,
31:43c'est qu'en 2027,
31:44il va y avoir des élections
31:45dans les principaux pays
31:47de l'Union européenne
31:48par leur taille.
31:49La France,
31:49l'Espagne,
31:50l'Italie,
31:51la Pologne.
31:52Et dans tous ces pays,
31:53les idées patriotiques,
31:55les idées
31:55d'un attachement
31:56à l'Europe des nations
31:57qui respectent
31:58nos identités,
31:59qui respectent les choix,
32:00notamment par rapport
32:00à l'immigration.
32:02Tout ça sera au cœur
32:03des élections.
32:04Censurer les médias,
32:05M. Canef,
32:06les ONG,
32:07les juges,
32:08verrouiller le système électoral,
32:10redessiner la carte,
32:11comme ça a été le cas
32:11pour Victor Orban,
32:13en pratiquant
32:14une rhétorique décomplexée
32:15anti-Union européenne
32:16qu'on vient d'entendre.
32:17Victor Orban,
32:18est-ce qu'il peut
32:19vraiment perdre
32:19cette élection ?
32:20On se demande du coup.
32:22Oui, bien sûr.
32:24Il peut perdre
32:25les élections,
32:26mais on ne doit pas
32:27se voiler la face.
32:29Il peut aussi
32:30gagner les élections.
32:32Mais ici,
32:33je veux bien
32:34opposer
32:35une manipulation
32:37politique
32:38et c'est que
32:38les élections
32:39en Gris,
32:40par exemple,
32:41sont des élections
32:42autour de questions
32:43de migration,
32:44disons.
32:45On peut facilement
32:46voir que les positions
32:47de Tissa
32:48et Peter Magyar
32:50sont très, très proches
32:52des positions
32:53d'Urban
32:53sur l'immigration.
32:54On peut facilement
32:56dire qu'en Europe
32:57de l'Est,
32:58il y a plus ou moins
32:59un consensus
33:00sur la politique
33:01de migration.
33:02Il n'y a pas
33:02d'une division
33:03des libéraux
33:05contre les conservateurs,
33:06pour exemple.
33:07Mais sur l'État
33:08du droit,
33:09il y a une différence
33:10disons dramatique
33:12parce qu'encore une fois,
33:13en Europe de l'Est,
33:14c'est quelque chose
33:15que mon collègue français
33:16peut-être ne peut pas
33:17vraiment comprendre.
33:20Il y a le phénomène
33:21de l'État profond,
33:24des réseaux
33:26de pouvoir
33:27qui sont bien tracés
33:30dès que les services
33:33se créent
33:33du régime communiste.
33:35Il y a l'influence
33:36illégitime
33:37sur les médias
33:38par le pouvoir.
33:40Il y a la capture,
33:41disons,
33:42des médias publics
33:44par le pouvoir.
33:45Et quand un parti
33:46est au pouvoir
33:46pour 16 années,
33:48avec une majorité
33:50constitutionnelle
33:50de temps en temps,
33:52ça crée
33:53un régime
33:54qui peut faire
33:55des élections,
33:56mais on ne peut pas
33:57le nommer
33:57une démocratie.
33:59Merci à vous
34:00d'avoir très bien
34:01illustré ce débat.
34:02Et très bonne suite
34:03des programmes
34:03sur nos antennes.
34:04– Sous-titrage Société Radio-Canada
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