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  • il y a 1 jour
Ce mercredi 1er avril, la dernière note du Conseil d'analyse économique publiée hier qui préconise d'accélérer sur la montée en puissance de l'euro a été abordée par Ludovic Subran, correspondant du CAE et directeur des investissements du groupe Allianz, Patrick Bertrand, directeur général des opérations d'Holnest, et Isabelle Bordry, co-fondatrice de Retency, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On est de retour pour la seconde partie de l'émission, il est 10h31, vous êtes toujours en direct sur
00:04BFM Business pour les experts avec Ludovic Subran, Patrick Bertrand et Isabelle Bordry.
00:11On va parler de la dernière note du conseil d'analyse économique publié hier, d'apparence technique et pourtant hautement
00:18politique, un choix très stratégique pour l'avenir de l'Europe.
00:23Alors que le monde se dédollarise, le conseil d'analyse économique préconise d'accélérer sur la montée en puissance de
00:33l'euro.
00:33Ludovic Subran, vous êtes le co-auteur avec Hélène Rey qui est professeure à Londres de la London Business School,
00:41me semble-t-il, membre du cercle des économistes en France.
00:44Vous êtes le co-auteur de cette note. D'abord, comment est née cette note et surtout quel est son
00:51objectif ?
00:52Alors, le pitch, elle est née d'une discussion avec Hélène et Xavier Jaravel, le président délégué du CAE, l
00:59'année dernière parce que moi j'observais sur les marchés cette course pour couvrir les positions des investisseurs en dollars.
01:06Je rappelle que vous êtes le directeur des investissements d'Allianz.
01:08Et donc, il y avait cette grande question de, est-ce que Donald Trump, à travers sa politique économique agressive,
01:14casse la crédibilité des institutions comme la Banque Centrale Américaine, la Fed ?
01:19Et on a vu l'euro se déprécier très fortement.
01:22Et on se disait, tiens, entre les mesures budgétaires très inflationnistes, le fait qu'il ne croit pas à l
01:28'indépendance, les gens sont en train de se dire, attention, le dollar n'est plus ce qu'il était.
01:31Oui. Et donc, il y a ce fameux secrétaire d'État au Trésor sous Nixon, Connelly, qui appelait ça «
01:37Our dollar, your problem ».
01:39Et qui disait, en gros, c'est notre dollar, c'est votre problème.
01:41Notre monnaie, votre problème.
01:41Voilà. Et donc, on s'est dit, il faut qu'on trouve… L'alternative au dollar, c'est très compliqué.
01:46Il y a bien sûr le yuan, il y a l'euro, il y a la sterling, il y a
01:48le yen.
01:49Mais est-ce qu'on peut récupérer des miettes de ce que le dollar laisse derrière nous ?
01:53Et quels bénéfices ça peut avoir ? C'était ça un peu l'idée.
01:55C'est juste parce qu'on parle beaucoup de la guerre en Iran.
01:57Ce qui se passe depuis quelques semaines, c'est une masterclass en dominance du dollar.
02:01C'est-à-dire que les gens…
02:03C'est-à-dire ?
02:03Vous êtes obligés de vendre vos actifs pour acheter des dollars,
02:09pour acheter des barils de pétrole chaque jour plus cher.
02:12Donc, vous avez accumulé de l'or, vous le vendez pour acheter de l'or.
02:15Vous avez des bons au Trésor américain, vous les vendez pour acheter.
02:18Et tout ça, c'est une boucle qui s'active très vite en période de crise.
02:21Donc, cette note, elle n'est pas complètement déconnectée de l'actualité.
02:24Nous, ce qu'on dit, c'est la suivante.
02:26En fait, il y a trois grandes choses à faire pour que l'euro devienne
02:30une monnaie alternative intéressante.
02:32Un, il faut travailler sur l'architecture financière.
02:34Deux, il faut travailler sur l'euroisation des échanges,
02:36notamment des échanges commerciaux.
02:38Il faut pousser l'euro dans l'échange.
02:39Et trois, il faut être à la frontière de tout ce qui est euronumérique,
02:42stablecoin et tout ça qui était…
02:43Alors maintenant, on en parle moins parce qu'il y a la guerre.
02:45Mais l'année dernière, c'était un peu le sujet.
02:46Je rappelle que Tether, par exemple,
02:48la plus grosse boîte de stablecoin en dollars aux États-Unis,
02:51elle détient aujourd'hui autant de dollars qu'un gros pays européen.
02:54Donc, c'est pas non plus…
02:55Enfin, c'est assez…
02:57Ça monte en puissance.
02:58Donc, nous, ce qu'on dit, c'est
03:01faisons, augmentons le volume d'actifs sûrs en euros,
03:05que ce soit des dettes pan-européennes,
03:07notamment pour financer la défense,
03:08parce que c'est un actif commun,
03:10des dettes d'entreprises.
03:12Et faisons en sorte que la BCE fasse des lignes de liquidité
03:14avec les banques centrales, comme le fait la Fed.
03:16Donc, c'est un euro puissance, un euro politique,
03:18un euro attractif.
03:20Euro, ils ont les échanges.
03:21Quand vous allez taper à la porte de la Commission européenne
03:23pour avoir de l'aide pour la défense,
03:24que vous êtes l'Italie,
03:25et que sur chaque euro que vous dépensez dans la défense,
03:27il y en a 75 cents qui vont aux États-Unis en dollars,
03:30vous dites, tu n'as accès à ces aides européennes
03:32que si tu utilises l'euro.
03:33Grande question de la préférence européenne.
03:35Exactement.
03:35Quand vous faites un accord de libre-échange avec l'Inde,
03:38ça ne sert à rien de faire des accords de libre-échange
03:40pour aller les faire en dollars,
03:41essayer de pousser l'euro.
03:43Et enfin, sur le stable coin,
03:44on dit accélérons, accélérons,
03:45tout ce qui est euro numérique,
03:46notamment, et la connectivité,
03:48l'interopérabilité entre les pays
03:50qui ont aussi des systèmes de paiement numérique avancés,
03:52notamment les pays émergents,
03:53mais aussi entre notre monnaie de banque centrale de gros
03:55et le fameux euro numérique de détail,
03:57parce que toutes ces histoires de dépôts tokenisés,
04:00et ça, c'est un peu la partie technique,
04:01mais il faut se dire que c'est la nouvelle frontière en finances,
04:03et qu'en fait, ce qu'on voit aujourd'hui,
04:05c'est qu'au moment où on essaie de dédollariser l'économie
04:08et d'être un peu moins dépendant,
04:09arrive une armada de stable coins
04:12et autres dépôts tokenisés des banques américaines
04:15qui vont encore plus...
04:16C'est une vraie concurrence, ça.
04:17Ah ouais, sur les paiements.
04:19Ça arrive vraiment.
04:19Sur tout l'univers bitcoin et la finance non traditionnelle,
04:22tout est en dollars.
04:23Et donc, en fait, comme il y a beaucoup de gens
04:25qui ne croient plus vraiment aux institutions
04:26qui sont un peu plus hétérodoques, on va dire,
04:29en fait, il faut capter aussi,
04:30au-delà de l'informalité, de la transparence, de la fiscalité,
04:32il faut aussi capter le fait que ça peut être un gisement
04:35pour les paiements en euros.
04:36Donc, nous, on dit, repensons un peu ça,
04:38cet euro comme une arme monétaire
04:41pour les dépendances,
04:42parce qu'en fait, on parle toujours du commerce,
04:44de l'énergie, de la technologie,
04:46les intrants critiques,
04:47mais on ne parle pas de la monnaie.
04:49Et la monnaie, je suis désolé,
04:50c'est le nerf de la guerre.
04:51On est déjà à la deuxième monnaie
04:53de réserve internationale.
04:54Mais on peut faire plus.
04:55C'est pas une petite monnaie en l'euro.
04:56On peut faire plus.
04:57Grignotant.
04:57Et en même temps, qui n'a pas d'influence.
04:59Grignotant.
04:59Bah si, on a de l'influence,
05:00mais grignotant encore des parts de marché,
05:02notamment en Asie,
05:03qui est la deuxième zone dollarisée,
05:04dans les pays avec lesquels
05:05on veut faire de la diplomatie économique,
05:06les Américains font ça shamelessly,
05:08pour parler mal français.
05:09C'est-à-dire qu'ils le font sans vergogne.
05:11Quand vous allez signer un accord libre-échange
05:13avec le Mexique,
05:14que vous êtes américain,
05:15vous venez avec la Fed,
05:16vous venez avec vos banques,
05:17et vous mettez toute la valise d'offres.
05:18Nous, on ne fait jamais ça
05:19parce que Bruxelles et Francfort,
05:21c'est indépendant par dogme.
05:22Arrêtons avec ce dogme.
05:23Ça peut être indépendant,
05:24mais renforçant.
05:25Patrick Bertrand.
05:26Vive les dogmes.
05:29Ce qui était très bien exprimé,
05:30en fait,
05:31on est une puissance d'épargne.
05:33C'est considérable.
05:3410 000 milliards.
05:3410 000 milliards.
05:35Certains chiffres montent jusqu'à 15 000 milliards.
05:39Pas de financement.
05:40Et en fait,
05:41si on file la métaphore,
05:43on a le carburant,
05:46l'épargne,
05:46on a la voiture,
05:47qui est l'euro,
05:49mais on n'a pas le moteur.
05:51Et on n'a pas les autoroutes.
05:52Et on n'a pas les autoroutes.
05:53Et donc, le sujet est là.
05:55La vraie question,
05:56et si je reviens à ce que nous vivons,
05:58nous, en tant qu'entrepreneurs,
06:00la vraie question,
06:01c'est qu'il n'y a pas de marché commun.
06:02Et on sait qu'il n'y a déjà pas de marché commun
06:05en Europe.
06:06C'est-à-dire que quand on vend un produit,
06:08il y a des réglementations différentes,
06:09par pays, etc.
06:10Mais le marché commun du financement,
06:13ça se saurait si tout se concentrait
06:15et qu'on pouvait assez naturellement
06:17aller se faire financer
06:20par des acteurs
06:22comme on peut le faire aux Etats-Unis.
06:24Donc, le marché unique des capitaux
06:27est essentiel.
06:29La vraie question,
06:29c'est quels sont les chemins
06:31pour y arriver.
06:32Et tant qu'on considérera
06:33que c'est un truc purement technique,
06:34ça n'arrivera pas.
06:35On va y venir à l'union des marchés de capitaux
06:37parce que ça avance quand même au niveau européen.
06:39Le dernier conseil, notamment du 19 mars,
06:41a posé un agenda un peu plus tangible
06:44avec vraiment des objectifs en fin d'année.
06:47Simplement, Isabelle Borandry.
06:48Oui, effectivement.
06:49Le paradoxe, c'est qu'on est la deuxième monnaie,
06:51qu'on représente 20 à 30 % des réserves.
06:53Donc, effectivement, en 26 ans,
06:55puisque l'euro a 26 ans,
06:56ou un petit peu plus,
06:57c'est déjà colossal.
06:59Mais là où on n'est pas encore
07:00effectivement premier leader
07:02et où on n'arrive pas à émerger,
07:04je pense pour des bonnes raisons,
07:05c'est le fait qu'on n'ait pas une monnaie de transaction.
07:09Et ce qu'évoquait effectivement Ludovic tout à l'heure
07:11est absolument primordial.
07:13Le simple fait que les transactions de pétrole
07:16et sur toutes les matières premières
07:17aujourd'hui sont réalisées en dollars
07:20donne de facto un droit
07:22aux chambres de compensation américaines
07:24de pouvoir mettre en place
07:27leurs droits internationaux.
07:28Je voudrais qu'on explique
07:29le pouvoir extraterritorial du dollar.
07:33Vous utilisez du dollar,
07:34vous êtes soumis aux lois américaines.
07:37C'est quand même ça.
07:38On l'a vécu en France violemment,
07:40les sanctions financières.
07:41Mais qui fait comprendre l'intérêt
07:43quand même de la puissance d'une monnaie.
07:45Vous pouvez nous rappeler Ludovic,
07:47la puissance d'une monnaie
07:49et notamment du dollar.
07:50L'Iran, il y a des boîtes comme PSA
07:53qui ont dû quitter l'Iran.
07:54Bien sûr.
07:55Et d'ailleurs, je pense qu'il y a tellement
07:57de choses à dire.
07:58Sinon, plus le droit d'utiliser le dollar.
08:00Le regain d'intérêt de Donald Trump
08:02pour le Venezuela comme l'Iran,
08:03c'est aussi pour recycler les pétro-dollars.
08:06Il n'y a pas d'autre raison.
08:07Et donc Isabelle le disait très bien.
08:08C'est-à-dire qu'il y a une question
08:10d'extraterritorialité,
08:11il y a une question de dépendance critique.
08:13Alors, je rappelle aussi
08:14pour la petite anecdote historique
08:16que Saddam Hussein voulait dénominer
08:18ses ventes de pétrole en euros.
08:21Donc, il y a toujours...
08:22Et qu'en Iran, sur le marché de Téhéran...
08:24C'était l'écu peut-être à l'époque,
08:26c'était d'ailleurs au début des années 90.
08:27Enfin, c'était...
08:28Non, parce qu'on parlait déjà,
08:29il y avait déjà une forme d'euro numérique.
08:31L'euro monnaie est arrivé bien après,
08:33le moment où on a eu des échanges en euros
08:35ou un euro qui était numérique.
08:37Et puis, je rappelle aussi que Téhéran,
08:40au bazar de Téhéran,
08:41on trouvait tout en Remibi.
08:43C'était parce que c'était que
08:44des produits importés de Chine,
08:45parce qu'ils étaient justement bloqués
08:46de l'accès au dollar.
08:47Donc, c'est un truc de géoéconomie
08:49et de géopolitique.
08:50C'est quelque chose qui est,
08:51à mon avis,
08:52au-delà de l'extraterritorialité,
08:56il y a aussi ce truc qu'on oublie tout le temps.
08:59C'est dans la facturation,
09:02dont parlait Isabelle,
09:04il y a aussi la Chine
09:04qui monte très, très, très, très vite.
09:06Et on l'a vu dans le détroit d'enrouze.
09:08Nous, on est la deuxième monnaie.
09:09Mais demain, je ne suis pas sûr
09:10qu'on soit la deuxième monnaie.
09:12Et donc, il faut maintenant faire l'effort
09:13parce que la Chine, la chance qu'on a,
09:14c'est que son compte de capital
09:15n'est pas ouvert.
09:16Donc, ils sont une monnaie de facturation,
09:17mais pas une monnaie...
09:18Qu'est-ce que c'est ?
09:19Alors, expliquons.
09:20Il faut expliquer tout ça
09:20quand même très technique.
09:21Le compte de capital,
09:22qu'est-ce que ça veut dire ?
09:23Le compte courant,
09:24les exports, les imports,
09:25le tourisme, les trucs comme ça.
09:27Et puis, le pendant de ça,
09:28c'est ce qui se passe sur les transactions.
09:29Comment on compense les paiements ?
09:32Et donc ça, généralement,
09:32il faut acheter de la dette
09:33dénominée dans la monnaie.
09:35Les Chinois, par exemple,
09:36le fait qu'il n'y a pas d'obligation
09:38d'État chinoise accessible
09:40au reste du monde
09:41fait que le yuan ne reste pas
09:42une monnaie financiarisée.
09:44C'est une monnaie d'échange réelle.
09:46Mais si vous voulez avoir des réserves
09:47et vous voulez les investir,
09:48vous avez plein de yuan.
09:49Si vous voulez les mettre quelque part,
09:51à part les garder dans un gros coffre-fort,
09:53vous êtes obligé d'acheter des obligations.
09:55C'est ce que font tous les gens
09:56qui ont des réserves en dollars.
09:57Et les obligations d'État
09:59en yuan chinoise,
10:00elles n'existent pas.
10:00Donc en fait,
10:01ça ne peut pas être
10:01une vraie monnaie de réserve.
10:03Même si elle est dans
10:05les paniers de monnaie du FMI, etc.
10:08Donc ça, c'est la chance qu'on a.
10:09C'est qu'il y a une fenêtre d'ouverture.
10:10Nous, on parle d'ailleurs,
10:11c'est une référence historique,
10:13on parle de Charles Kinderberger,
10:14qui était un économiste américain,
10:16qui parle du Kinderberger Gap,
10:17la fenêtre d'ouverture
10:19de Charles Kinderberger.
10:20Alors, qu'est-ce que c'est ?
10:21C'est quand le Royaume-Uni
10:24cesse d'être
10:25cet hégémone bienveillant
10:26qui fournit la sécurité,
10:28qui est leader du commerce
10:29et qui donc a la sterling
10:31comme monnaie de réserve.
10:33Et d'ailleurs, à cette époque-là,
10:35le Royaume-Uni avait
10:36des excédents courants.
10:37Il n'avait pas des déficits,
10:38juste pour dire.
10:39Et donc nous, on dit, en fait,
10:40il y a ce moment de bascule
10:41entre la sterling,
10:44l'or, le dollar.
10:45Et donc nous, on dit,
10:46peut-être que c'est aussi
10:47la fenêtre de Kinderberger
10:48qui s'ouvre sur le dollar,
10:49parce qu'entre tout ce que fait
10:50le président Trump,
10:51entre la perte de confiance
10:52dans les institutions américaines,
10:54si cette fenêtre s'ouvre,
10:55prenons un petit peu
10:56des lances sur
10:58ce qu'on a mis peut-être
10:59dans le moyen terme
11:00et qui nécessite
11:01d'être remis
11:02sur le court terme
11:03pour faire avancer
11:05l'euro
11:06et toutes les gammes
11:06de la monnaie de l'euro
11:07dans leur totalité.
11:09Mais le vrai sujet,
11:10ce qu'évoquait
11:11Ludovic,
11:12c'est que l'économie
11:14a besoin de sécurité.
11:15Et aujourd'hui,
11:16l'Europe,
11:17non seulement,
11:17n'a pas des American bonds
11:20facilement accessibles,
11:21ce qu'évoquait tout à l'heure
11:22Ludovic,
11:23mais en plus,
11:24n'assure pas
11:24une sécurité réelle
11:26de son économie,
11:27parce qu'il y a
11:28des très fortes dépendances
11:29et puis,
11:29il y a une sécurité
11:30en termes de défense.
11:33Le premier investissement
11:35aujourd'hui,
11:36le pays le plus protecteur
11:38au niveau international,
11:39c'est quand même
11:39les Américains.
11:41Et aujourd'hui,
11:42l'Europe n'est pas capable
11:43de démontrer
11:45qu'elle est en capacité
11:46de défendre son économie
11:48de manière spécifique.
11:50Mais moi,
11:50je trouve que c'est justement ça
11:51quand maintenant,
11:51on fait plus de dépenses
11:52de défense,
11:53il y a aussi,
11:53on aligne un peu
11:54nos intérêts sécuritaires
11:56et nos intérêts monétaires.
11:57Donc,
11:57c'est pour ça qu'il faut
11:58en profiter un peu.
11:59Et c'est pour ça,
11:59nous, on dit par exemple,
12:00faisons des peace bonds.
12:01C'est-à-dire,
12:02au lieu d'avoir l'effort
12:03de défense porté
12:03par les Allemands seuls,
12:05parce que c'est les seuls
12:06à avoir un peu
12:06d'espace budgétaire,
12:08profitons du fait
12:09qu'on peut y mettre ça.
12:10On a doublé notre
12:10programmation militaire,
12:11quand même.
12:12Et puis,
12:12on est là sur son nucléaire.
12:14ok,
12:14mais c'est toujours pareil,
12:15qui paye ?
12:16Parce que moi,
12:16je veux bien qu'on double
12:17notre effort
12:17de programmation budgétaire,
12:18mais c'est où est-ce
12:19qu'on baisse les dépenses
12:20et qui paye l'impôt ?
12:21Je rappelle qu'historiquement,
12:22quand on augmente
12:23les dépenses militaires,
12:24il y a toujours
12:24quelqu'un qui paye.
12:26Emmanuel Macron,
12:27le 15 mars 2025,
12:28nous dit
12:29la Russie,
12:30il faut qu'on augmente
12:30les dépenses,
12:31etc.,
12:31on n'augmentera pas
12:31les impôts,
12:32ça ne marche pas,
12:33ça n'a jamais fonctionné.
12:37on peut faire croire
12:38jusqu'en mai 2027,
12:40mais ça ne marche pas,
12:41en vrai.
12:41Donc,
12:42il y a souvent,
12:42soit on rogne
12:43sur la protection sociale,
12:44soit on rogne
12:44sur les dépenses
12:45d'infrastructures,
12:45etc.
12:46Donc,
12:46moi,
12:46je dis,
12:47utilisons aussi l'Europe
12:48qui peut émettre
12:50des obligations
12:51pan-européennes
12:52de défense,
12:53comme ça,
12:53il n'y a pas
12:53de passagers clandestins,
12:54tout le monde est associé
12:55et avec ça,
12:56on finance la technologie
12:57européenne de défense.
12:58Sauf qu'il n'y a pas
12:58d'industrie européenne
12:59de la défense.
13:00mais il y a un grand problème.
13:01Vous voyez le scaf,
13:03c'est très national.
13:05Toute la filière est à rebâtir
13:06et à repenser
13:07puisqu'on a vécu
13:08pendant 40-50 ans
13:09dans une illusion
13:10de paix
13:10et de protection
13:11de la part des États-Unis
13:13et aujourd'hui,
13:14la filière,
13:14en fait,
13:15n'est absolument pas
13:16concurrentielle
13:16sur le marché européen
13:17et on l'a bien vu
13:18avec l'Ukraine.
13:19Et sur ça,
13:19moi,
13:20je dis d'ailleurs
13:20on augmente les dépenses
13:21mais c'est attention
13:23à l'oligopole.
13:24C'est pour ça que je dis
13:25en tant que citoyen,
13:26quand on dit
13:27il faut augmenter
13:27les dépenses de défense,
13:28certes,
13:28il faut augmenter
13:29notre dissuasion
13:30et aussi notre attirail,
13:32notre artillerie,
13:35mais attention
13:36parce que s'il n'y a
13:37que quelques entreprises,
13:38ça sent la rente,
13:39ça sent l'oligopole
13:40et ce n'est pas
13:40de l'argent bien dépensé.
13:42Donc c'est sûr
13:42qu'il y a...
13:43Cette notion de compétitivité
13:44aujourd'hui
13:45dans l'écosystème défense
13:47en Europe
13:47n'existe plus.
13:49Et c'est un vrai sujet
13:49d'efficacité.
13:50En France,
13:51la base industrielle
13:52de technologie et de défense
13:53c'est les petites PME,
13:53pardon,
13:54mais ok,
13:54il y a Rheinmetall
13:56en Allemagne,
13:57on a des Dassault,
13:58des Thalès...
13:58C'est l'idée de la note.
14:00Sur ce que disait Patrick,
14:01l'union des marchés de capitaux,
14:02juste rapidement,
14:03il y a trois...
14:04L'union des marchés de capitaux,
14:05on va dire,
14:06c'est un peu le rêve.
14:07Entre-temps,
14:08on peut faire plein de choses.
14:09On peut faire des coalitions
14:09de volontaires,
14:10on peut faire le 28ème régime,
14:11ce fameux régime
14:12qui permet à une entreprise
14:13de ne pas être soumise
14:16à des barrières réglementaires
14:16très nationales
14:17et donc d'être
14:18en chute de compétitivité.
14:19On peut...
14:20Je ne sais plus
14:21le nombre de rapports
14:21entre l'État,
14:22Draghi,
14:23Noyer,
14:23Cookies,
14:24moi j'ai arrêté de les compter,
14:25qui nous expliquent
14:26comment on fait
14:26pour financer
14:27des entreprises innovantes,
14:28notamment l'accès...
14:29On peut parler de dette,
14:30mais on peut parler
14:30en fonds propres.
14:31Et tout ça,
14:32encore une fois,
14:32au-dessus de 100 millions,
14:33quand vous êtes une entreprise
14:34de la défense,
14:34vous allez aux États-Unis,
14:36vous allez en Angleterre.
14:37Ça, je suis désolé,
14:37c'est une perte majeure
14:40technologique,
14:41emploi,
14:42compétitivité pour l'Europe.
14:43Ça, je suis désolé,
14:43ça fait partie de la note,
14:45ce n'est pas technique,
14:46c'est juste qu'à un moment donné,
14:46il faut se prendre par la main
14:47et se dire
14:48est-ce qu'on veut être sérieux
14:49sur un écosystème
14:50entre nous,
14:51et donc européens,
14:53qui financent
14:53des entreprises
14:54qui vont être
14:54à la pointe technologique
14:55en usage dual, etc.
14:57Et ça, je pense que ça fait partie,
14:58à mon avis,
14:58des choses qu'il faut faire
14:59dès maintenant,
15:00parce que sinon,
15:01on n'apprend rien
15:01et on continue
15:02de nourrir la bête
15:03de l'autre côté
15:04de l'Atlantique.
15:05Et aujourd'hui,
15:05l'épargne des Européens
15:06et notamment l'épargne
15:08des Français
15:08est principalement fléchée
15:09vers des obligations d'État
15:11et vers les grandes entreprises,
15:12mais absolument pas
15:13vers les entreprises.
15:14Les unités de compte
15:14montent au mois de février,
15:15collectent le record
15:16près de 20 milliards
15:17sur l'assurance-vie
15:18et les unités de compte,
15:20bon,
15:20fonctionnent un peu mieux,
15:21on verra ce que ça peut donner.
15:23Mais donc,
15:23le sujet majeur,
15:24ce que je retire,
15:25c'est l'union des marchés
15:27de capitaux.
15:28Parce que c'est le carburant,
15:30c'est ce qui a été évoqué
15:31et ce qui est assez frappant
15:33dans nos échanges,
15:34c'est qu'on a parlé
15:36d'un premier sujet,
15:37pétrole,
15:38et donc on est arrivé
15:39sur la notion de dépendance
15:40et souveraineté.
15:41Maintenant,
15:42nous parlons du sujet
15:43de l'euro,
15:44on revient sur un sujet
15:46de souveraineté et dépendance.
15:47Donc c'est un vrai sujet.
15:48Et pour revenir
15:50à la question de l'armement,
15:52la vraie question
15:53que soulevait Isabelle,
15:55c'était le sujet
15:56de la filière,
15:57mais peut-être
15:58devrions-nous préciser
15:59filière au sens
16:00de capacité de production.
16:02Parce que la filière
16:03au sens des talents,
16:05du know-how
16:06et du savoir-faire
16:07et notamment
16:08celui de la France,
16:09l'Allemagne
16:11ne veut pas trop
16:12nous aider
16:13à développer
16:14la partie production,
16:15est remarquable.
16:16C'est-à-dire que nous avons,
16:17mais comme toujours en Europe,
16:19nous avons tous les moyens
16:20d'eux.
16:20Les moyens intellectuels,
16:22c'est d'abord ça,
16:23les talents
16:24et le know-how.
16:26et la filière...
16:28mais qu'est-ce que vous avez dit ?
16:29Le savoir-faire.
16:30Le know-how sur...
16:32Mais le problème,
16:33c'est qu'on n'a pas
16:35ou insuffisamment
16:35de capacité de production.
16:37En fait,
16:38la gros paradoxe,
16:39c'est qu'on a les talents,
16:41on n'a les pas,
16:42mais aujourd'hui,
16:43on n'a pas les filières
16:45qui permettent d'investir,
16:46de production
16:47et de financement.
16:48Permettre aux talents,
16:50effectivement,
16:50de produire
16:51et de créer de la valeur ajoutée.
16:52Ça, c'est au pouvoir public
16:53de s'en occuper ?
16:54Non !
16:55Arrête avec les pouvoirs publics.
16:57Les pouvoirs publics,
16:58ils sont là pour mettre le cadre,
16:59mais c'est aux privés
17:00de pouvoir nourrir dans le cadre.
17:02Là, aujourd'hui,
17:02il faut amorcer.
17:03C'est ce qu'on fait
17:04sur la défense.
17:05Bien sûr,
17:05il y a une histoire d'amorçage.
17:06Mais là, la question,
17:07c'est comment on fait
17:08pour faire grossir l'écosystème ?
17:10Et pour que l'écosystème grossisse,
17:11il faut qu'il ait accès
17:12aux différents...
17:13aux financements,
17:14aux talents,
17:16aux financements épargnés de dette,
17:18aux talents,
17:18à une énergie pas chère,
17:19parce que la défense
17:20est très énergivore, en fait.
17:22Et donc, ça, c'est le cadre.
17:23Et là-dessus, moi, je pense...
17:24Encore une fois, je me dis
17:25que c'est trop dommage
17:25de voir...
17:26Il y a encore une start-up...
17:27Enfin, une start-up,
17:27maintenant, c'est une licorne, presque,
17:28qui a dû partir aux Etats-Unis
17:30alors qu'ils font des drones
17:30super sympas,
17:32alors qu'on a un excédent
17:33d'épargne majeur.
17:34Moi, j'avoue que ça,
17:35j'ai du mal.
17:36Je me dis, ben non...
17:37Alors, bien sûr,
17:37on est dans l'OTAN
17:38et donc, c'est pas l'ennemi
17:39des Etats-Unis.
17:40Mais on peut être dans l'OTAN
17:42tout en essayant
17:43d'avoir une spécialisation
17:44efficiente qui nous est utile.
17:45Oui, et puis on voit
17:46qu'on va devoir être
17:46de plus en plus indépendants
17:47de toute façon,
17:48les Etats-Unis, bien sûr.
17:49L'OTAN a notre forme
17:50de dépendance.
17:51Oui, et encore une fois,
17:52moi, je suis pas contre...
17:53Je pense que, de toute façon,
17:54il faut qu'on continue
17:55à travailler avec les Etats-Unis.
17:57Mais ce qu'on apprend
17:57depuis un an et demi,
17:59et encore une fois,
18:00c'est un choc pour tout le monde,
18:01c'est qu'on doit aussi
18:03avoir une stratégie
18:04qui nous est propre.
18:05Et c'était Macron,
18:05le discours de la Sorbonne.
18:06C'est la chance
18:07de l'Union européenne.
18:08Bien sûr.
18:09Et quand on compare
18:11effectivement les Etats-Unis
18:12et l'Europe
18:13en termes de méthode
18:14de financement,
18:15les entreprises américaines
18:16se financent à 70%
18:17auprès du marché,
18:19alors qu'en France,
18:20c'est 30%.
18:21C'est 70% les banques.
18:23C'est l'inverse.
18:23Le ratio est inversé.
18:24C'est 70% les banques
18:25avec effectivement...
18:27Et les contraintes réglementaires
18:28qui vont avec,
18:28qui sont fléchées
18:29pour les assureurs.
18:30Extrêmement strictes.
18:31Et encore,
18:32il y a quelques 2-3 ans,
18:34je ne sais pas si ça existe
18:35encore à la marge,
18:36mais vous savez
18:37qu'il y a eu une grosse bagarre
18:39au niveau européen
18:40parce que financer
18:42l'industrie de l'armement
18:43ne rentrait pas
18:44dans le cadre
18:45de la RSE.
18:47Oui, absolument.
18:48Donc heureusement
18:49qu'on est passé
18:50à côté du gouffre
18:52dans ce domaine
18:52parce qu'on aurait été
18:53encore plus...
18:54Les capitaux patients
18:55ne vont toujours pas
18:56financer des armes
18:58qui ôtent la vie
18:59des enfants.
19:00Et encore heureux,
19:01je pense.
19:02Donc c'est pour ça
19:03qu'il faut aussi voir
19:04comment...
19:05Enfin,
19:05c'est une histoire
19:06en effet de responsabilité
19:08devant l'investissement.
19:09Il y a plein d'autres choses
19:10à financer.
19:11Nous, par exemple,
19:12on regarde beaucoup
19:12les infrastructures
19:13de la défense,
19:14les infrastructures critiques
19:15de la défense
19:15parce que les entrepôts
19:17logistiques,
19:18toute l'électricité,
19:21là, il y a beaucoup
19:22de choses à faire.
19:22Après, il y a ceux
19:23qui peuvent se permettre...
19:24Souvent, d'ailleurs,
19:25c'est le rôle du public
19:26puisque tu en parlais.
19:27Moi, ce qui m'a surpris
19:28beaucoup dans le départ
19:28sur la défense,
19:29c'était qu'il faut faire
19:30un livret défense.
19:31Et ça, c'est prendre le problème
19:32par le mauvais côté.
19:34Parce qu'en fait,
19:35il y a assez d'épargne.
19:36Ce n'est pas un sujet.
19:37Le sujet, c'est la commande publique.
19:39Ça, c'est le sujet public.
19:40C'est-à-dire que si tu veux
19:41qu'une start-up de la défense
19:42se...
19:42Aux Etats-Unis,
19:43comment ils font ?
19:44Enfin, ils mettent
19:45des carnets de commande en place
19:46et donc du coup...
19:47Et sur le long terme,
19:48ce qui ment terriblement
19:49en France, notamment,
19:50du côté de la DG.
19:51Et donc, c'est acheteur public,
19:51ça, ça permet à la boîte
19:52de voir venir
19:53et après,
19:53elle trouvera toujours du capital.
19:55Après, il faut qu'on fasse
19:55la plomberie.
19:56C'est la DARPA.
19:58La Silicon Valley
19:59est née, entre guillemets,
20:02par la commande
20:02du complexe militaro-industriel.
20:04Mais pas en allant
20:05aux droits du secteur.
20:07Elle s'est irriguée.
20:08En France,
20:08on adore l'État gestionnaire
20:10versus l'État stratège.
20:11Oui, et puis on adore aussi
20:12les grosses entreprises
20:13qui vont toquer
20:14à la porte de Bercy.
20:15Il y a aussi un impact
20:17de Faust un peu organisé.
20:18Et aujourd'hui,
20:19les Ukrainiens,
20:21pour leur plus grand malheur,
20:22ont acquis effectivement
20:24des expériences incroyables,
20:25notamment sur les drones,
20:27se voient racheter
20:27leur société
20:28par les Américains.
20:30Donc, on marche sur la tête.
20:32Bon, un dernier mot
20:33avant qu'on passe
20:34aux États-Unis, justement.
20:36On va parler d'Apple un peu.
20:37C'est les 50 ans.
20:37Bon anniversaire.
20:39Simplement,
20:40cette union des marchés capitaux
20:42dont moi, j'entends parler
20:43depuis plus de 15 ans.
20:45Donc, arrête d'y écouter.
20:48Oublions l'union des marchés
20:49capitaux.
20:49Pourtant, on a décidé
20:50d'accélérer au dernier conseil
20:51européen des chefs d'État
20:52et du gouvernement.
20:53Titrisation, supervision,
20:55pension complémentaire.
20:56Je pense que le problème
20:57de l'union des marchés
20:57de capitaux,
20:58c'est exactement ça.
20:59C'est que c'était un projet.
21:01C'est un truc qui a...
21:03On en est à 11 ans.
21:04Et en fait,
21:05il faut avancer
21:05par petites étapes.
21:07Donc en fait,
21:07c'est, tu vois,
21:08le 28e régime,
21:09la titrisation,
21:11le rapport cookies noyé
21:12sur le financement
21:13des entreprises innovantes
21:14en fonds propres en Europe.
21:15C'est ça, en fait,
21:16le vrai sujet.
21:16Et la coalition de volontaires.
21:18Évitez de faire
21:19tout ça tous ensemble.
21:20Donc moi,
21:20ce que j'essaie de dire...
21:21Moi, j'ai l'impression
21:21qu'on avance petit à petit.
21:23Oui, on avance.
21:23Sous les coups de butoir
21:24des États-Unis,
21:25mais on avance.
21:26Parce que sinon,
21:26les gens,
21:26ils se disent toujours
21:27qu'on n'a toujours pas
21:27l'union,
21:28elle est incomplète, etc.
21:29Et je trouve que
21:30pour des raisons un peu
21:30peut-être psychologiques,
21:32ça nous crée
21:33un choc de défiance.
21:35On dit,
21:35on n'y arrivera jamais.
21:36Moi, je dis,
21:37en fait,
21:37on avance petit à petit.
21:38Tu vois,
21:38ce qui s'est passé pour Covid,
21:40c'est une avancée.
21:40On a réussi à émettre
21:41de la dette ensemble
21:42pour sortir de la crise.
21:43Ce qui est en train
21:43de se passer sur la titrisation,
21:44c'est une avancée.
21:45Si on fait le 28ème régime,
21:46c'est une avancée.
21:47Donc nous,
21:47ce qu'on dit dans la note,
21:48c'est faisons des petits pas,
21:51mais faisons tous les petits pas
21:52dans la bonne direction.
21:53Et petit à petit,
21:54on va avoir une forme
21:55de complétude
21:55qui nous est propre.
21:56Mais parce que ce gros
21:57Big Bang,
21:57je pense que c'est
21:58très compliqué à 27.
21:59Ça, c'est sûr.
22:00Oui, ça ne se décrète pas.
22:01C'est vieux comme l'Europe.
22:02Surtout avec une commission
22:04qui est faible.
22:05L'Europe sera la solution
22:06des crises
22:07qu'elle aura rencontrées.
22:08Complètement.
22:09C'est ce que disait Jean Monnet
22:10il y a plus d'un demi-siècle.
22:10C'est la grande différence
22:11entre des États-Unis
22:13organisés politiquement
22:14de manière fédérale
22:15et l'Europe
22:16qui est en fait
22:17intergouvernementale.
22:18Et donc,
22:18c'est extrêmement compliqué
22:19à gérer.
22:21Allez,
22:21on va fêter
22:22les 50 ans d'Apple.
22:23C'est aujourd'hui,
22:24il y a 50 ans
22:25qu'est née
22:26la firme à la pomme.
22:29Apple peut-il encore
22:30nous surprendre ?
22:32Isabelle Bordry,
22:32vous êtes une grande
22:33spécialiste de la tech.
22:34Je rappelle que vous avez
22:34dirigé Yahoo en France.
22:36Qui a disparu depuis.
22:38Qui a quasiment disparu.
22:39Et donc,
22:40ce qui va m'intéresser
22:41effectivement,
22:42c'est que
22:42dans le cimetière
22:43de la tech
22:44il y a plein d'anciens
22:46géants.
22:4750 ans,
22:47c'est vieux finalement
22:49quand on parle
22:50des Magnificent Seven.
22:51C'est peut-être
22:53la doyenne d'ailleurs
22:54Apple,
22:55si je ne dis pas
22:56de bêtises.
22:58Il y a Microsoft.
23:00Alors sur Microsoft,
23:01oui.
23:02En fait,
23:02pas tant que ça.
23:03Vous avez IBM
23:04qui est aussi
23:06très âgée.
23:06Alors je ne vais pas
23:07dire de bêtises
23:07mais je crois
23:08qu'elle a quasiment
23:09plus de 100 ans.
23:10SAP
23:11qui est effectivement
23:12européenne
23:13et qui est aussi
23:14assez âgée.
23:15Donc vous vous apercevez,
23:16il y a Dassault Systèmes
23:17si on revient
23:18sur le marché européen
23:19qui est aussi
23:21maintenant,
23:22alors peut-être
23:22pas 50 ans
23:23mais qui s'y rapproche
23:24dangereusement.
23:26Mais ce qui est
23:26assez fascinant
23:27avec la société Apple,
23:28c'est la capacité
23:30qu'elle a eue
23:30à peu près
23:31tous les 10 ans
23:32à se réinventer.
23:33Et c'est un exemple,
23:35véritablement un exemple.
23:36C'est-à-dire qu'au départ,
23:37on a eu effectivement
23:37l'iMac
23:38qui a révolutionné
23:39le marché
23:40de l'ordinateur
23:41avec une interface
23:42qui a démocratisé
23:43en fait l'accès
23:43à ce qu'on appelait
23:44avant l'informatique.
23:46Ensuite,
23:46il y a eu le départ
23:47de Steve Jobs
23:47et son retour
23:48et son retour
23:49a marqué de nouveau
23:51des innovations
23:52extrêmement fortes
23:53qui a complètement
23:53impacté l'usage
23:54d'abord de la musique
23:56qu'on a un peu oublié
23:57mais avec l'iPad,
23:58c'était au début
23:59des années 2000.
24:00Avec l'iPod
24:01à l'époque.
24:02L'iPad,
24:03l'iPod,
24:04c'est ça.
24:04Et ensuite l'iPad.
24:05Pardon,
24:05l'iPod exactement
24:06et l'iPad ensuite.
24:08Et puis entre-temps,
24:08il y a eu l'iPhone
24:09qui a été une révolution
24:10absolument considérable,
24:12qui a transformé
24:12l'usage complet
24:14de l'intégralité
24:16de la planète
24:16et qui a eu
24:17un impact
24:17absolument colossal
24:18sur l'économie mondiale.
24:20Aujourd'hui,
24:21il y a à peu près
24:211,6 milliard
24:23d'iPhone actifs.
24:25Il y a 2,4 milliards
24:27hardware
24:27ou produits Apple
24:30qui sont en activité.
24:31Et avec l'iPhone,
24:33en fait,
24:33ce qui s'est passé,
24:34c'est une réinvention
24:35d'un modèle en fait,
24:36puisqu'effectivement,
24:37il y avait la vente
24:38de hardware,
24:39mais en plus,
24:40les fameuses applications,
24:41donc toute cette gamme
24:44de services
24:44qui aujourd'hui
24:46représente,
24:46cet écosystème
24:47qui représente
24:48une partie extrêmement importante
24:49de la marge positive
24:51en fait d'Apple
24:53et qui ont développé
24:55des services
24:55sur lesquels
24:56on ne pourrait plus
24:57vivre aujourd'hui.
24:58C'est-à-dire qu'il y a eu
24:59un usage
25:00qui a été complètement
25:02au niveau international
25:03pris par tous
25:05et sur lequel
25:06on est devenu
25:06complètement addict.
25:07C'est-à-dire que
25:08les autres ont suivi,
25:09ont amélioré,
25:11mais n'ont pas innové
25:12et créé de rupture.
25:13Voilà,
25:14donc ça,
25:14c'est un point
25:15absolument clé.
25:16Pardon ?
25:17Non, vas-y.
25:18Et donc,
25:19c'est une entreprise
25:20absolument surprenante.
25:21Alors après,
25:21certains disent
25:22oui, mais l'IA,
25:23ils ont pris du retard
25:24sur l'IA
25:25et effectivement,
25:26on l'a dit aussi
25:26beaucoup de Google
25:27et puis Google
25:28nous a surpris
25:28avec Gemini 3 Pro
25:30qui est absolument
25:32fascinant
25:32et d'une pertinence
25:33très très forte.
25:35Et alors effectivement,
25:35le choix d'Apple
25:37et ce qui s'explique
25:38par ces deux,
25:39plus de 2 milliards
25:39en fait,
25:40de produits en activité,
25:42c'est de jouer
25:43l'IA local,
25:44c'est-à-dire
25:45de faire en sorte
25:45que l'IA tourne
25:47directement en fait
25:48sur ses propres
25:49hardwares
25:49et ils y travaillent
25:50en réalité
25:51de manière un petit peu
25:52cachée
25:52depuis plusieurs années
25:54avec des puces
25:55très spécifiques
25:56qui vont permettre
25:57de faire tourner
25:58en fait des capacités
25:59de calcul localement
26:00et qui vont permettre
26:01aussi
26:02de préserver
26:03la privacy
26:04des usagers.
26:05Et puis là,
26:06c'est vraiment un point
26:07sur lequel j'ai énormément
26:08de respect
26:08pour Steve Jobs
26:09et Tim Cook
26:10à la différence
26:12d'autres pratiques
26:12de la Silicon Valley.
26:12C'est certainement
26:13l'environnement
26:13le plus sécurit
26:14aujourd'hui
26:15effectivement en termes
26:16de data personnelles.
26:16Et d'assurer
26:18et de faire en sorte
26:20que ça soit
26:21un critère différenciant
26:22sur le marché,
26:23c'est-à-dire
26:24la protection
26:24des individus
26:25et des coûts de base.
26:25Allez,
26:25ce sera le mot de la fin.
26:27Merci beaucoup.
26:27Ce soir,
26:27ne ratez pas une spéciale
26:28Tech & Co
26:29pour les 50 ans d'Apple
26:30avec un des fondateurs,
26:33j'ai oublié son nom,
26:34mais qui vous racontera
26:35des anecdotes
26:35absolument incroyables,
26:36notamment comment
26:37il a failli perdre
26:37le premier prototype
26:39de l'iPhone
26:40dans un avion.
26:41Ne ratez pas ça,
26:42c'est ce soir,
26:4319h30
26:43avec François Sorel,
26:44bien sûr.
26:45Merci à tous les trois
26:46pour cette émission passionnante.
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